Si une Le Pen au pouvoir equivaudrait à un Pinochet, un Mélenchon vaudrait bien un Castro :
Taux de remplissage et de permissions de sorties des prisons à peu prés analogue.
Kzimir a écrit:Entre Sarkozy et Hollande, la différence est plus faible, donc la question se pose moins. On peut rester dans une posture plus confortable d'accord avec nos principes.
sebiseb a écrit:
Bref, dimanche chacun fera ce qu'il juge bon de faire... La gueule de bois risque de ne pas toucher que ceux qui auront scandé "Hollande président" mais peut-être aussi ceux qui auront laissé passer le train en attendant le grand soir de la révolution sociale, libertaire et expropriatrice ! Et quoique ces derniers puissent en penser, malgré nos divergences, je serais quand même dans leurs rangs (d'ailleurs je ne les ai jamais quitté, contrairement à ce qu'ils peuvent penser) pour la mener à bien même si aujourd'hui nous ne sommes pas d'accord sur la stratégie.
kuhing a écrit:Parce que si l'on sait que l'élection de Sarkozy peut donner un coup de massue à tout mouvement de riposte, celle de Hollande peut d'une autre façon jouer le rôle d'une anesthésie profonde.
kuhing a écrit:Ou, au contraire, dans les deux cas, amener un déferlement inattendu.
sebiseb a écrit:kuhing a écrit:Ou, au contraire, dans les deux cas, amener un déferlement inattendu.
...si seulement !


Français d'origine étrangère, nous refusons d'être la variable d'ajustement de l'élection présidentielle
Le Monde.fr | 04.05.2012 à 09h43
Par Rokhaya Diallo, Faïza Guene, Alice Diop, Disiz, Maboula Soumahoro, Ridan, Sid Rouis, Marc Chebsun, Fatou Diome, Ofer Bronchtein, Gilles Sokoudjou
Sitôt les résultats du premier tour de l'élection présidentielle proclamés, Nicolas Sarkozy et ses partisans de se sont emparés des idées les moins reluisantes du Front national avec une promptitude déconcertante.
Contre le droit de vote des étrangers vecteur de "communautarisme", pour l'affirmation des "racines chrétiennes" de l'Europe dans la Constitution européenne, pour la défense de "nos" coutumes, Nicolas Sarkozy s'est montré particulièrement virulent à l'égard de tout ce qui lui apparaissait insuffisamment français.
Il y a quelques jours, Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole de François Hollande, a été la cible des accusations odieuses de la députée UMP Valérie Rosso-Debord qui mettait en doute la loyauté de l'élue socialiste en raison de ses origines marocaines.
Le clip de campagne du candidat de l'UMP, diffusé depuis le début de la semaine est quasi intégralement axé autour de la peur identitaire. On y voit Nicolas Sarkozy s'inquiéter d'une "Europe passoire", pour mieux promouvoir sa vision d'une Union européenne qui doit "vous protéger, vous défendre et être au service de la protection de note civilisation et de notre mode de vie". [/i] Il en conclut qu'en France, [i]"le système d'intégration ne fonctionne plus parce que nous avons accueilli trop de monde".
Ce "trop de monde", c'est nous. Depuis cinq ans, nous, Français d'origine étrangère, subissons les attaques répétées de la majorité qui remet de plus en plus brutalement en cause notre appartenance à la France.
Le "débat" sur l'identité nationale qui ne questionnait en réalité que l'identité de certains Français trop bronzés pour être honnêtes, les incessants débats sur la laïcité plaçant dans le viseur celles et ceux d'entre nous qui avaient le malheur d'être musulmans, le discours de Grenoble prononcé par Nicolas Sarkozy dans l'optique de dépouiller certains Français de leur nationalité - comme si celle-ci était une option -, les difficultés et humiliations que nous avons rencontrées pour renouveler une simple carte d'identité dès lors qu'un de nos aïeux était lié à un pays étrangers... Ces agressions répétées nous ont placés dans la plus grande insécurité identitaire.
Aujourd'hui la majorité semble prête à tout, y compris à puiser dans les peu ragoûtants tréfonds de la boîte à idées du Front national pour remporter l'élection présidentielle.
Nous refusons cette instrumentalisation de nos identités pour flatter les plus bas instincts d'un électorat raciste. Il est intolérable que les électeurs du Front national soient courtisés et pris en pitié, alors que l'on s'acharne allègrement sur notre dos. Les étrangers qui sont les cibles permanentes de la droite sont nos parents, nos grands-parents, nos voisins ou nos collègues.
Ce sont eux qui ont été expulsés par dizaines de milliers dans d'infâmes charters, ce sont eux qui malgré leur participation active à la production de la richesse du pays et leur longue présence sur le territoire français n'ont toujours pas le droit de s'exprimer dans les scrutins locaux, ce sont eux qui avant la même la levée du jour nourrissent les files d'attentes interminables devant les préfectures pour renouveler des papiers qu'on leur délivre à chaque fois avec leur plus grand mépris.
Les conséquences quotidiennes de ces attaques permanentes en direction des étrangers et des Français d'origine étrangère sont plus que tangibles. Amnesty International n'a d'ailleurs pas manqué de relever l'inquiétante montée de l'islamophobie en France. La médiatisation de ces discours politiques hostiles ont des conséquences concrètes sur nos quotidiens : dans la rue et dans les transports publics, on ne compte plus les propos injurieux, les voiles arrachés, les bousculades, sans compter les discriminations au logement ou à l'emploi.
Nous avons assisté tout au long de ce quinquennat à l'inquiétante dissémination d'idées racistes dans l'ensemble des discours politiques, "victoire idéologique" dont Marine Le Pen n'a pas tort de se vanter.
Nous sommes des immigrés, des enfants et des petits-enfants d'immigrés, et nous sommes chez nous.
Nous ne sommes pas une menace pour la France qui est notre pays.
Nous n'avons ni l'intention de nous "intégrer" ni celle de nous "assimiler" à un pays qui est déjà le nôtre.
Nous n'accepterons pas de raser les murs sous prétexte que nos couleurs de peau, nos patronymes ou nos religions ne correspondent pas à la conception étriquée de l'identité nationale promue par la majorité.
Nous sommes Français, nous sommes citoyens et nous refusons de devenir la variable d'ajustement de l'élection présidentielle, nous ne serons pas les boucs émissaires sur lesquels se défausseront des politiques incapables de répondre aux attentes du peuple.
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Rokhaya Diallo, éditorialiste ; Faïza Guene, romancière ; Youssoupha, rappeur ; Alice Diop, réalisatrice ; Disiz, chanteur ; Maboula Soumahoro, maître de conférences, université de Tours François Rabelais ; Ridan, artiste interprète ; Sid Rouis, producteur d'artistes ; Marc Chebsun, directeur de la rédaction de Respect Magazine ; Fatou Diome, écrivain ; Ofer Bronchtein, président du Forum international pour la paix ; Gilles Sokoudjou, président des Indivisibles.
Rokhaya Diallo, Faïza Guene, Alice Diop, Disiz, Maboula Soumahoro, Ridan, Sid Rouis, Marc Chebsun, Fatou Diome, Ofer Bronchtein, Gilles Sokoudjou
Massinissa a écrit:On est déjà assez discriminé comme ça pour retendre l'autre joue, Hollande ne vas pas changer la face du monde, mais un peu d'humanisme dans le gouvernement ne ferait de mal à personne, parce que la droite ou la gauche au niveau crise, ça sera certainement KIff kiff, mais au niveau de l'humain se sera plus vivable je pense.
"Les habitants des quartiers populaires qui s'inquiètent des flux migratoires clandestins ne sont pas des racistes", avait lancé Ségolène Royal dans Le Monde, trois jours après que la candidate du FN a recueilli plus de 18 % des suffrages. Ses camarades lui ont emboîté le pas. A commencer par M. Hollande, qui estimait ainsi, mercredi, sur BFM TV, qu'"il y a trop d'immigrés en situation irrégulière".
Auquel cas inutile de continuer à faire de la politique
sebiseb a écrit:On ne sait pas, c'est vrai, comment Hollande traduira son programme, ses promesses, ses discours, ... politiquement, mais on est sûr de ce que fera Sarkozy ; ces 5 dernières années en pire !
Alors je doute que tu puisses les convaincre par un discours anti-électoraliste qui consiste à dire que l'idéologie de gauche = l'idéologie de droite ! C'est historiquement faux d'ailleurs, et même si le ps est bien loin des idées originales qui l'ont construit mettre sur le même pied les idées des uns et des autres c'est faire preuve d'un certain renoncement à l'égard de l'humanité et donc d'un projet alternatif de société - Auquel cas inutile de continuer à faire de la politique !
Ekoué : "L'abstention est un acte politique"
Es-tu allé voter ?
Pas au premier tour. Mais je ne bouderais pas mon plaisir à voir Nicolas Sarkozy dégager. Je me réserve d'ailleurs le droit d'éventuellement apporter ma légère contribution à son départ, même si je n'attends rien du retour de la gauche au pouvoir.
La campagne électorale t'a-t-elle déçu ?
J'attendais des candidats qu'ils abordent certains sujets de fond de façon honnête et pédagogique. Qu'on prenne le temps d'expliquer aux gens l'immigration sous le prisme de la Françafrique et du néocolonialisme. L'immigration de masse est le produit du pillage éhonté de l'Afrique dans ses richesses et dans sa souveraineté. Ce qui fabrique de l'immigration, c'est surtout les politiques néocoloniales opérant sur le continent et qui sont directement tenues par la cellule africaine de l'Élysée. Parler de l'immigration - à gauche comme à droite - seulement en fonction des sempiternels débats "légale/illégale", c'est une approche pauvre qui se dédouane de la corruption qui existe en Afrique
digger a écrit: @ Massinissa; Que la gauche ou la droite l'emporte, la question du FN reste entière. La priorité du FN est que l'UMP perde et que le FN devienne le premier parti de droite. Si le PS l'emporte, la vie de celles et ceux qui recherchent un asile politique ou économique en France ou n Europe ne changera pas. Ni le regard des bons citoyens français porté sur "l'étranger". Ta voix n'y changera rien. Les frontières seront toujours fermées. le racisme ordinaire, quotidien, sera le même
Résultat nul encore une fois.
Massinissa a écrit:
Quand on a un boulot, un logement décent on peut se permettre de faire la fine bouche (excuse moi de l'expression) en boycotant le vote mais pour nous c'est vital que Sarko il dégage.
.
kuhing a écrit:La question se pose, selon moi dans une vision à un peu plus long terme qui lorsque on étudie tout ça de plus près, n'amène pas dans l'alternance présidentielle, forcément à un mieux.
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