Critique des médias

Re: Critique des médias

Messagede bipbip » 10 Fév 2018, 20:10

Il y a près de 30 ans, la télévision publique (déjà) au pied du mur

l’heure où l’audiovisuel public est plus que jamais dans le collimateur du gouvernement [1], il n’est sans doute pas inutile de revenir en arrière sur la longue histoire de l’asphyxie de la télévision publique [2].

Au crépuscule des années 1980, en effet, des figures du monde de la culture telles que Ange Casta, Max Gallo ou encore Pierre Bourdieu écrivent au président de la République, au Premier ministre et au ministre de la Culture et de la Communication afin d’enrayer la « logique de décadence » qui menace l’avenir des chaînes publiques [3]. Dénonçant notamment l’emprise de la publicité sur l’audiovisuel public, ils déplorent que « le modèle de la télévision commerciale » se soit progressivement imposé à tous et font des propositions pour permettre aux chaînes publiques de mieux remplir ses missions au service du plus grand nombre.

C’est peu de dire que trois décennies plus tard, le constat reste d’une brûlante actualité tant le pouvoir actuel semble avoir opté pour la démolition plutôt que pour le sauvetage de la télévision publique. Pour mémoire, voici donc le texte adressé à l’exécutif en mars 1989, qui préfigurait le combat que mène Acrimed pour un service public audiovisuel digne de ce nom.

... http://www.acrimed.org/Il-y-a-pres-de-3 ... lique-deja
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Re: Critique des médias

Messagede bipbip » 11 Fév 2018, 17:00

Neige et médias : de la poudreuse aux yeux !

Les médias dominants découvrent qu’il neige en hiver. Cette sur-couverture médiatique sur une fausse-info est salutaire pour le président des riches puisqu’elle invisibilise ses contre-réformes, et les mobilisations présentes et à venir. Dans ce contexte, comment arrêter les attaques anti-sociales incessantes de Macron ?

Quand les marronniers, en l’occurrence la neige en hiver, font le jeu du gouvernement…

Alors qu’Emmanuel Macron poursuit frénétiquement le passage en force de contre-réformes profondément anti-sociales, la neige qui paralyse la région parisienne est une alliée précieuse pour Jupiter. Sujet simple à traiter pour les médias, la neige cristallise les préoccupations des conférences de rédaction. Hier, 11 minutes étaient consacrées aux flocons dans le JT de 20h sur France 2. Et pendant ce temps-là, les sujets plus sensibles autour des contre-réformes d’Emmanuel Macron, ne sont pas abordés ou simplement mentionnés. Quand bien même selon l’institut Odoxa, 87% des français soutiennent les mouvements de mobilisation dans les EHPAD, les hôpitaux ou le pénitentiaire, et 70% ne font pas confiance à Macron. L’actualité brûlante autour de la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires ? Aux oubliettes. Celle autour de la mobilisation pour le retrait du plan Vidal ? Cette autre sur les grèves des personnels hospitaliers et des EHPAD ? Recouverte par 20 centimètres de poudreuse… de perlimpinpin.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Neig ... e-aux-yeux
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Re: Critique des médias

Messagede bipbip » 13 Fév 2018, 20:59

Lire : La pensée en otage. S’armer intellectuellement contre les médias dominants, d’Aude Lancelin

L’ouvrage d’Aude Lancelin – La pensée en otage. S’armer intellectuellement contre les médias dominants [1] – se présente comme « une version retravaillée et augmentée d’une conférence », prononcée le 13 septembre 2017 au colloque « Penser l’émancipation ». Dans ce court essai qui est aussi un pamphlet, Aude Lancelin analyse et pourfend la « rhétorique bien rodée pour se garder de toute critique » mobilisée par les journalistes (et quelques autres) qui montent la garde des médias dominants.

Image

Au risque de mutiler l’argumentation d’Aude Lancelin (et de se priver d’une discussion nécessaire), on se bornera ici à un résumé destiné à donner un simple aperçu : un sommaire illustré par quelques citations, en quelque sorte.

L’auteure passe en revue sept idées fausses qui, écrit-elle, « empêchent le public de prendre conscience de la nécessité de s’emparer de la question des médias, et d’en faire une question politique prioritaire ».

- « Première idée fausse : les actionnaires de médias “n’interviennent” pas ». À quoi il est aisé de répliquer, comme le fait l’auteure, en multipliant les exemples d’intervention directe des actionnaires ainsi que d’anticipation de leurs désirs et d’autocensure préventive.

- « Deuxième idée fausse : on ne peut pas se passer de ces grands capitaux privés. » Cet argument qui se prévaut d’un grand réalisme économique, sert surtout à « justifier l’injustifiable, à savoir la prise de contrôle intégrale de l’espace public par de grands conglomérats ». Une prise de contrôle à laquelle il ne suffit pas de répondre, souligne l’auteure, par l’existence de médias alternatifs, au risque de « rester cantonnés à un public de niche », alors que « le but est la reconquête de l’espace public ».

- « Troisième idée fausse : critiquer les médias, c’est attaquer les personnes. » S’en prendre aux médias ce serait s’en prendre directement à ceux qui travaillent en leur sein (et qui font de leur mieux), au risque même de compromettre leur sécurité. Une « forme de chantage grossier » qui vise à désamorcer toute critique du système médiatique.

- « Quatrième idée fausse : il y a de la diversité, “les médias” ça n’existe pas ». Couramment invoquée dans « les rangs journalistiques cramponnés aux petites différences qui permettent de se regarder encore dans une glace », cette diversité est très largement illusoire, comme le montre, par exemple, le « macronisme » ambiant. Cette illusion est renforcée par une autre : l’illusion de profusion que donnent les réseaux sociaux qui pourtant, « n’offrent pas une alternative » au système de production de l’information réellement existant.

- « Cinquième idée fausse : les journalistes doivent être neutres. » Et s’en tenir à la vérification des faits ? « Ce dont il faut se persuader, au contraire, c’est que l’on peut à la fois respecter scrupuleusement les faits et avoir des combats véritables. On met dans la tête du public et des journalistes que c’est incompatible, mais c’est ce verrou mental là qu’il faut faire sauter justement. »

- « Sixième idée fausse : les journaux sont par définition des forces démocratiques, à défendre quoi qu’il arrive. » « Par définition » et « quoi qu’il arrive ». Or pris en tenaille entre la puissance publique et les entreprises privées, les médias ne jouent pas pleinement et toujours le rôle démocratique auquel ils prétendent. Et pour le dire, comme le dit et le montre Aude Lancelin, « on peut éteindre peu à peu le caractère authentiquement démocratique d’un système médiatique sans toucher aux apparences ».

- « Septième et dernière idée fausse : les médias ne peuvent pas grand-chose. » Cet argument, souligne l’auteure, est « la dernière cartouche » que tirent les journalistes qui plaident pour l’innocuité des médias en invoquant le « libre arbitre » des usagers. Mais il en est au moins un pouvoir qui mérite qu’on s’y arrête : « Les médias peuvent beaucoup, et même tout en réalité quand il s’agit de décourager les gens ».

Bien des points soulevés par Aude Lancelin méritent discussion. Mais on ne cèdera pas ici aux facilités qui consistent à discuter un ouvrage en dressant la liste des questions qu’il n’aborde pas ou à déplorer l’absence de ces nuances que, précisément, les gardiens de l’ordre médiatique invoquent à profusion pour masquer l’essentiel. On se réjouira plutôt de lire une critique qui converge avec celle que nous pratiquons depuis longtemps.

Henri Maler


http://www.acrimed.org/Lire-La-pensee-en-otage-S-armer
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Re: Critique des médias

Messagede bipbip » 17 Fév 2018, 16:00

« La grogne » : dans le bestiaire des mobilisations sociales

Depuis le 1er janvier 2018, le terme de « grogne » a le vent en poupe. Certains journalistes n’hésitent pas à l’utiliser pour décrire n’importe quelle lutte sociale. Des gardiens de prison aux aides soignantes, tous « grognent » comme des bêtes. Tour d’horizon de ce petit vocable qui, tout en prétendant rendre compte d’un « mécontentement », dépolitise et ridiculise les mobilisations sociales. Julien Brygo pointait déjà quelques articles le 29 janvier dernier sur Twitter, accompagnés d’un commentaire de son cru : « Groin \ɡʁwɛ̃\ masculin – (Zoologie) Museau du cochon, du sanglier. “Des porcs assoupis enfonçaient en terre leur groins.” — (Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1867) ».

Quel est le point commun entre les personnels soignants des EHPAD qui dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, les professeurs et les étudiants opposés au Plan Étudiants du gouvernement et les gardiens de l’administration pénitentiaire mobilisés suite aux attaques physiques que certains d’entre eux ont subies ces dernières semaines dans l’exercice de leur travail ?

De nombreux médias ont trouvé la solution : tous « grognent ». Nous posions déjà la question en 2003 : « manifestants et grévistes sont-ils des animaux » ? Nous relevions à l’époque combien l’usage à outrance du terme « grogne », et ses connotations péjoratives, contribuaient non seulement à atténuer, dans l’imaginaire des lecteurs, l’ampleur des mobilisations sociales, mais également à les dépolitiser.

... http://www.acrimed.org/La-grogne-dans-l ... ilisations
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