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des militants défendant la petite propriété individuelle, niant la lutte des classes et la nécessité d’une révolution…
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Hé Johnny, ta présentation du courant anarcho-individualiste est quand même caricaturale.
J'en parle à l'aise car je ne me revendique pas vraiment de cette tendance.
Disons aussi que dans la FA l'existence des 3 tendances de l'anarchisme traditionnel n'existe plus vraiment. La plupart des militantEs se revendiquant tout simplement anarchiste, sans épithète.
Mais, regardons quand même ce qu'il y a derrière ce courant dit "anarchiste individualiste".
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la petite propriété individuelle" ?
Je te rappelle les principes de base de la FA qui prévoient sur ce point précis "
La possession collective ou individuelle des moyens de production et de distribution en excluant toute possibilité pour certains de vivre en exploitant le travail des autres".
Si certainEs ne veulent pas du travail associé et partagé, du moment qu'ils et elles n'exploitent personne, est-ce si choquant ? Ne risquerait-on pas de créer une nouvelle tyrannie en l'interdisant ? Plusieurs collectivités paysannes de l'Espagne 36-39 permettaient, me semble-t-il, le travail d'individuels à côté de la collectivité, du moment qu'ils/elles n'utilisaient pas + de terres qu'ils ne pouvaient travailler seuls. Je te ferai remarquer aussi que l'on parle de "possession" et non de "propriété", ce qui n'est pas la même chose... La "possession" implique de pouvoir seulement user d'un bien et en récolter les fruits alors que la "propriété" prévoit de pouvoir le vendre, en accumuler d'autre au-delà de son propre usage et de contraindre quelqu'un à travailler pour nous, ou le transmettre par héritage, par exemple... ce qui n'est pas de l'anarchisme.
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Niant la lutte des classes
" ? C'est faux. Les individualistes considèrent seulement que la lutte des classes n'est pas obligatoirement le facteur pouvant être à même de changer la société en profondeur. Les individualistes se méfient de "l'ouvriérisme" qui verrait chez l'ouvrier "le sujet révolutionnaire" par excellence. Ce courant de l'anarchisme partage d'ailleurs avec certains communistes libertaires, me semble-t-il, une méfiance envers les organisations syndicales, rapport d'une part à leur bureaucratisation potentielle (et souvent réelle) et à cause du corporatisme d'autre part.
Les individualistes de la FA reconnaissent bien l'oppression de classe mais ne font pas de la lutte des classes le centre de leur combat, de leurs implications.
Leur but est de déceler les atteintes aux libertés (individuelles et collectives), les rapports de Pouvoir et essayer de les démanteler partout où de tels rapports se nichent, aussi bien dans la sphère publique que privée d'ailleurs... Il s'agit de permettre à chaque individu de s'émanciper, de s'élever : eux/elles-mêmes bien entendu mais également les autres. Et cela passe entre autres par la culture et son accès.
Quand on combat la vidéosurveillance ou le nucléaire est-on sur le terrain de la lutte des classes ? On y affronte pourtant le Pouvoir centralisé, le capitalisme et on défend la liberté d'aller et venir sans être épié.
Tu trouveras des individualistes anarchistes dans des activités artistiques, dans le soutien aux sans-papiers, dans des ateliers d'écriture... dans des domaines très divers, etc...
"Par rapport à
la nécessité de la révolution
" :
Il faudrait définir "révolution", peut-être ? Disons simplement que le courant individualiste ne croit pas à la société idéale, au coup de force, au "grand soir" changeant en profondeur les bases de la société. Selon le point de vue individualiste, c'est à l'individu de se changer. Ils se refusent à faire des plans sur la comète de la société future qu'on risque de ne jamais voir. Il s'agit de se libérer soi-même et d'inciter chacun, chacune à s'auto émanciper, de résister à ce qui nous entrave et de s'entraider dans ce but.
C'est aussi pour ça que dire que les "anarchistes individualistes" revendiqueraient la "propriété individuelle" n'a pas vraiment de sens car cela reviendrait à se projeter dans un hypothétique futur alors qu'il est avant tout question de vivre ici et maintenant, et de se libérer (ou essayer de se libérer) des carcans aujourd'hui, sans présager de la construction de la société future de l'après révolution.
Je n'en dirai pas plus car à titre perso je milite pour réhabiliter l'idée de révolution... car je pense qu'il y a des moments de rupture profonde possible et des sauts qualitatifs importants atteignables. Et je suis ou essaie d'être de toutes les manifs sociales.
Voilà pour ça.
En revanche, je partage avec Johnny son conseil de se balader sur les sites internet des orgas pour connaître ce qu'elles défendent... Mais il est possible que tu te dises, Michael, mais pourquoi ne sont-ils/elles pas tous ensemble ??? ah ah ah
Mais de toute manière, chaque groupe local définit ses axes d'intervention, sa manière de militer et génère sa propre culture de groupe. Perso, je connais quelques groupes de la FA et aucun n'est identique ! Je pense qu'il n'existe pas de copier/coller (heureusement). Avant les orgas "nationales" (disons "fédérales" c'est + approprié) proprement dites, tu as la vie de ton groupe local. Les moments fédéraux sont plus rares que le militantisme local... bien que nécessaire, ne serait-ce que pour montrer qu'on est capable de se coordonner sur une échelle géographique de + grande ampleur. J'estime aussi qu'il n'existe pas d'orga anar idéale, et si l'une d'entre elle avait trouvé les formules pour générer la révolution sociale, ça se saurait ! Evidemmet, j'ai ma préférence, sinon je n'y serai pas !!!
Ceci dit, je t'encourage effectivement à t'organiser. 1 + 1 = 3 etc ! les outils créés par les orgas (et, pour le coup, la FA est loin d'être la + ridicule : un hebdo, une radio, des locaux, une structure d'éditions de livres et brochures, du matériel militant, l'appui éventuel de groupes proches géographiquement... Pas de ligne directrice qui t'impose tes axes d'intervention.
Certains le lui reprochent, estiment que c'est un éparpillement, une absence de stratégie... C'est aussi la liberté de faire les choses qui nous tiennent à coeur localement, avec néanmoins l'usage des outils fédéraux, et rien n'empêche de s'impliquer dans des campagnes fédérales justement).
Moi, en tout cas, je le vis comme ça.
Le + simple est que tu rencontres les gens de Lyon, que tu discutes : tu verras déjà si ça te convient, auquel cas, tu pourras t'impliquer davantage. Le groupe verra aussi s'il y a moyen de faire chemin ensemble. Le principe reste toujours la libre association (et donc le droit inaliénable à la possibilité de désassociation), sans quoi le contrat fédéral ne serait pas libertaire.