Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede mimosa rouge » 16 Juil 2015, 23:35

Merci pour les précisions, c'est effectivement bien plus clair (et peut etre que ça mérite d'etre retravaillé avec plus de précisons dans ton texte ? a toi de voir ...)

Sinon sur les propositions stratégique moi j'avance celle-ci : viewtopic.php?f=69&t=9074&start=30
Je sais que cela parait bien peu "rock and roll" mais de ma pratique et des reflexions collectives j'en retire une nécessité urgentissime pour trouver la voie de l'unité de classe . entraide, formation, fête, lutte, entraide, formation, fête, lutte, entraide, formation fête, lutte. . . +syndicats d'industrie +unions locales+comité de quartier et le tout dans un réel mouvement socialisateur donc fédéraliste et international évidemment ... voilà un programme réjouissant et qui au passage éviterait a beaucoup d'attendre la mort pour s'amuser comme le vendent les salafistes ou au contraire de se tourner vers les évangélistes parcequ'on s'y amuse vraiment ici et maintenant . Pour d'autre de croire que les balivernes nauséabonde de l’extrême droite sont un moyen rapide et sur de connaitre un mieux être immédiat ou encore de se bercer tendrement des douces paroles populistes de la gauche de Tsipras à Mélenchon! viewtopic.php?f=69&t=9074&p=139844#p139844
C'est ni nouveau ni fabuleusement radical mais c'est pas comme si c'était par urgent de revenir à ces vieilles pratiques
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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede Floran Palin » 18 Juil 2015, 23:16

De rien,

Je suis évidemment d'accord avec la stratégie que tu proposes.
Je proposais seulement en parallèle de mener des actions de propagande sur la critique structurelle du capitalisme et ses conséquences pour une société qui se voudrait égalitaire et libertaire. (Et des campagnes sur la nécessité d'une décroissance si on veut que cette société dure plus d'une génération). Sachant que c'est quand on aura véritablement l'unité de classe et un mouvement structuré au niveau syndical et de comités de quartiers qu'on pourra vraiment agir correctement sur ces deux plans.
A mon avis, les deux sont liés. L'échec des réformistes n'est pas qu'une question de structuration hiérarchique, de déconnexion et d'effet de démobilisation, mais tient dans la logique même du projet réformiste, qui tend à faire croire que les structures de base du capitalisme pourraient être aménagées au service du social et de l'écologie, et que seule une trop grande prédation des possédants industriels ou financiers pose problème. Or ces projets réformistes sont voués à l'échec social et écologique. En effet, les deux sont en contradiction fondamentale avec ce qu'il faut faire pour produire de la (sur-)valeur, qui est le carburant du système capitaliste ; et sa captation par l'Etat central stratège est la base sur laquelle les réformistes s'appuient pour envisager la mise en œuvre de leurs projets sociaux et écologiques. C'est une contradiction folle puisque, comme le capitalisme est récessif et à besoin de compenser ses pertes de valeur liés à l'augmentation de la productivité technique par une augmentation constante de la production et de la force de travail employée, il doit nécessairement puiser dans la sur-valeur destinée à l'investissement productif pour financer ses projets sociaux, et opérer une destruction écologique de plus en plus accélérée. Ainsi, il faut rompre avec le réformisme (le modèle socal-démocrate), en terme de structure de mouvement, de projet social et de stratégie, non parce que c'est timoré, qu'il s'agit de propositions en demi-teinte, mais aussi et surtout parce que ça ne marche pas, parce que c'est une chimère.

Quant aux textes que j'ai écris, je ne sais pas encore si je les reprendrais ou si je ferai une réécriture complète...
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Messagede bipbip » 02 Fév 2016, 09:21

Le revenu universel citoyen ou l’éternel retour du serpent

Cette proposition nous est d’emblée suspecte, défendue qu’elle est par des personnes ou des groupes que l’on pourrait croire adversaires ou, au moins, opposés. Ainsi ce revenu inconditionnel, sous le nom d’impôt négatif, est-il soutenu par les libéraux, les ultralibéraux et les libertariens, comme un moyen d’améliorer le fonctionnement de « l’économie de marché ».

Le 6 janvier dernier, le Conseil national du numérique (CNNum) remettait son rapport “ Travail, Emploi, Numérique, les nouvelles trajectoires ” à la ministre Myriam El Khomri. C’est à cette occasion et du fait de certaines des recommandations faites par la commission qu’est réapparu brusquement dans l’espace médiatique la promotion du fameux "Revenu universel citoyen" [1]. Au fil des années et selon les tendances, cette perspective a pris différents intitulés. Wikipédia en recense quelques uns : « Revenu de base », « revenu universel », « revenu inconditionnel », « revenu inconditionnel suffisant », « revenu d’existence », « revenu minimum d’existence », « revenu social », « revenu social garanti », « allocation universelle », « revenu de vie », « revenu de citoyenneté », « revenu citoyen », « dotation inconditionnelle d’autonomie » ou « dividende universel ». La plupart de nos lecteurs auront tendance à voir ici une sorte de porosité entre certaines revendications de l’extrême gauche et de vagues projets de la gauche institutionnelle et cybernétique. Un lecteur de lundimatin s’est proposé de nous démontrer qu’il n’en était rien et que si Frédéric Lefebvre (LR) comme Yann Moulier-Boutang le revendiquent tout deux, ce n’est ni par opportunisme, ni par hasard.

Nous allons tenter de démystifier cette chose nommée « revenu universel citoyen ». Nous allons montrer qu’il s’agit simplement d’un système fiscal alternatif, établi avec une base (une assiette) inchangée. Ce système fiscal alternatif n’implique ni une économie alternative, ni, a fortiori, une sortie de l’économie.C’est pourquoi ce système fiscal alternatif peut être proposé par des gens de droite (comme Éric Woerth, Dominique de Villepin ou, même, Christine Boutin). Et, fondamentalement, nous allons le voir, même comme système alternatif, le revenu universel est plutôt un projet de droite, soutenu par les plus grands économistes (nobélisés) ultralibéraux.

... https://lundi.am/Le-revenu-universel-ci ... du-serpent
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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede bipbip » 23 Avr 2016, 11:20

Revenu garanti, salaire social… un tour d’horizon critique

Le revenu ou salaire garanti est encore aujourd’hui défendu par nombre de courants, qui vont des libéraux jusqu’à l’extrême gauche. Petit tour d’horizon critique.

http://sous-la-cendre.info/4456/revenu- ... n-critique
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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede Blackwater » 28 Juin 2016, 18:58

Salaire à vie et communisme révolutionnaire : retour sur une discussion entre Bernard Friot et Gaston Lefranc
source : http://tendanceclaire.org/article.php?id=1004
23/06/2016

L’actuelle lutte contre la loi travail « et son monde » nous pousse à envisager des alternatives au système dans lequel nous vivons. Alors que certain-e-s mettent en avant l’abolition du salariat, Bernard Friot défend le mot d'ordre de salaire à vie – à ne pas confondre avec le revenu de base, bien moins subversif. Dans l’idée de confronter les idées – de plus en plus populaires – de Bernard Friot avec l’analyse marxiste, des militant-e-s l’ont invité à débattre avec Gaston Lefranc, statisticien et membre de la Tendance CLAIRE et du Groupe de travail économique du NPA, dans le cadre du cycle de projection-débat Critique et Radicalité de l’ENS.

Après la projection d’une vidéo introductive de Réseau Salariat1, Bernard Friot a exposé le résultat de ses travaux. Bernard Friot analyse le travail comme la partie de l’activité socialement validée comme créatrice de valeur. La reconnaissance de l’activité comme travail peut suivre trois logiques : l’emploi, le travail indépendant, le salariat.

L’emploi. La deuxième moitié de XXe siècle est une période de conquêtes sociales permettant de passer du poste de travail nu à l’emploi, qui inclurait pour Bernard Friot des droits supplémentaires : la qualification du poste de travail par les conventions collectives (qui fixe une échelle des salaires qui s’impose à l’employeur), le développement d’un droit du travail protecteur, la cotisation au régime général de sécurité sociale. Malgré ces conquêtes, la reconnaissance de l’activité de l’employé-e comme travail reste soumise à la décision du propriétaire lucratif, qui, en tant qu’employeur, est seul détenteur du pouvoir d’embaucher et de licencier (licencier, c’est précisément pour Bernard Friot cesser de reconnaître une activité comme travail).

Le travail indépendant. Il se distingue de la reconnaissance par l’emploi en ce que la sanction se fait sur le marché des biens et services et non sur le marché du travail. L’activité du/de la travailleur/se indépendant-e est reconnue comme travail quand il/elle arrive à vendre son produit. Le/la travailleur-se indépendant-e n’est toutefois pas moins aliéné-e et soumis-e à la logique capitaliste que l’employé-e. La reconnaissance de son activité comme travail est tout aussi précaire, alors même qu’il/elle ne dispose pas des protections que le code du travail et les conventions collectives garantissent à l’employé-e.

Le salariat. Dans ce que Bernard Friot appelle le « salariat », la sanction de l’activité comme travail s’opère à travers la qualification attachée à la personne, et non pas au poste de travail. Le salaire n’est corrélé ni au marché du travail ni au marché des biens et services : il est un droit attaché à la personne, reconnue en tant que telle comme seule productrice de valeur économique. Le versement de ce salaire ne passe pas par les institutions capitalistes, mais par la cotisation sociale, l’institution « salariale » par excellence. Contrairement à l’impôt, la cotisation d’après Bernard Friot n’est pas prélevée sur le profit, mais n’est que la reconnaissance de la valeur économique créée par les sphères non capitalistes de la société : non seulement les fonctionnaires, mais encore les retraité-e-s, dont le salaire continué ne sanctionnerait pas le travail passé mais la valeur qu’ils continuent à produire. Ce salaire est attaché à la qualification personnelle (comme le grade des fonctionnaires, qui ne varie pas selon le poste de travail qu’ils occupent). À partir de ce « déjà-là émancipateur » que constituent les institutions « salariales » (cotisation au régime général, qualification personnelle), Bernard Friot envisage le dépassement du capitalisme par la généralisation progressive du salaire à vie.

Gaston Lefranc a commencé par saluer l’intérêt des analyses de Bernard Friot pour un projet révolutionnaire. Comme il l’écrit dans un article de 2013, « Friot pense un au-delà du capitalisme à partir de ce qui subvertit déjà aujourd’hui la logique de valorisation du capital »2. Il souligne en particulier l’intérêt d’une analyse qui part de l’existant pour convaincre de la possibilité d’une transition vers le communisme. L’analyse de Friot permet d’échapper à l’alternative ruineuse entre un discours réformiste sans véritable perspective révolutionnaire et une théorisation de la société communiste pensée en dehors des conditions de sa réalisation effective.

Toutefois, une perspective communiste révolutionnaire amène à formuler certaines critiques aux travaux de Bernard Friot. En premier lieu, Gaston Lefranc a regretté que Bernard Friot, par souci de rendre audible ses analyses, se refuse à assumer la tradition marxiste, parlant de société salariale plutôt que de société communiste, ou encore de propriété lucrative plutôt que de propriété privée des moyens de production.

En vérité, ce n’est pas qu’une question de mots. Le changement de vocabulaire recouvre un écart bien réel entre la théorie de Bernard Friot et l’analyse marxiste de la production capitaliste. En particulier, Gaston Lefranc conteste l’analyse de la cotisation sociale comme l’ajout de valeur économique correspondant au travail des fonctionnaires et retraités. C’est bien d’une ponction sur le profit des capitalistes qu’il s’agit : quand la cotisation augmente, le profit baisse. Du point de vue du profit capitaliste, cotisation et impôt sont deux prélèvements – d’où les attaques patronales incessantes pour la baisse des « charges ». Or, le cœur de l’analyse de Bernard Friot repose justement sur la possibilité de rendre le salaire à vie indépendant du profit, en le finançant par la cotisation et non par l’impôt.

Dès lors que la cotisation est reconnue comme une ponction réelle sur le profit capitaliste, on ne peut envisager un accroissement progressif et apaisé de celle-ci. La critique de la théorie économique de Bernard Friot a des implications politiques : c’est le gradualisme du projet salarial de Bernard Friot qui est remis en cause3. L’idée de Bernard Friot d’une extension progressive du salaire à vie, en commençant par la tranche d’âge des 18-25 ans, ne tient pas. Il est impossible de la financer par un défaut sur la dette privée des entreprises comme il le suggère : d’une part, le montant de cette dette annoncé par Bernard Friot est largement surestimé (1300 milliards d’euros et non 7000 milliards) ; d’autre part, ces passifs sont les actifs d’autres entreprises, si bien que faire défaut sur la dette des entreprises, c’est leur supprimer une source de revenus. Le financement du salaire à vie ne peut que mettre en crise le secteur capitaliste, en grevant sa rentabilité. Étendre la cotisation, c’est exproprier les capitalistes (ou les propriétaires lucratifs si l’on préfère), et tout porte à croire qu’ils ne se laisseront pas faire. L’avènement de la société « salariale » n’arrivera pas par une décision politique, mais par la lutte révolutionnaire pour le contrôle des moyens de production.

Enfin, pour Gaston Lefranc, émanciper le travail ne se résume pas à une libération du travail abstrait par le salaire à vie. Même le/la salarié-e à vie peut être aliéné-e dans son travail concret : la souffrance au travail ne se limite pas à la possibilité d’être licencié-e et de perdre son salaire. D’ailleurs les fonctionnaires aussi connaissent l’aliénation au travail. Si le projet de Bernard Friot, tel qu’il le présente lui-même, consiste aussi à libérer les patrons de leur fonction d’employeur pour les limiter à leur fonction de chefs d’entreprises, ce ne peut pas être un idéal acceptable pour la société communiste. Le pouvoir du patron, même réduit à sa fonction de manageur, reste incompatible avec l’autogestion de la production par les travailleurs/ses : c’est aux travailleurs/ses eux/elles-mêmes de décider ensemble de l’organisation de l’entreprise.

Ce débat aura ainsi permis de mette en évidence non seulement ce que les militants communistes révolutionnaires ont à gagner à se saisir des analyses de Bernard Friot, mais peut-être plus encore ce que le travail de Bernard Friot gagnerait à se saisir des analyses communistes révolutionnaires.



1 https://m.youtube.com/watch?v=cjL1MuE5wpI

2 http://tendanceclaire.org/article.php?id=527

3 Gaston Lefranc l’explique plus en détail dans son article de 2013 : « Cette conception gradualiste de la transition est totalement illusoire. Soit il s’agit d’une extension de l’actuelle sphère publique non marchande (qui ne produit pas le même type de valeurs d’usage que la sphère capitaliste), et cela implique une ponction croissante sur les profits, et donc cela ne ferait qu’accentuer la crise et la chute de la production du secteur capitaliste, ce qui rendrait impossible cette extension. Soit il s’agit de remplacer progressivement l’actuel secteur capitaliste par un secteur « socialisé », dont les investissements seraient financés par la « cotisation économique », et qui cohabiterait avec un secteur capitaliste privé, mais il s’agirait alors de faire cohabiter un secteur « socialisé » avec un secteur à capitaux privés. Le secteur « socialisé » ne verserait certes pas de revenus du capital (puisqu’il n’y aurait plus d’actionnaires), mais il serait assujetti aux lois du marché capitaliste. Il ne pourrait donc fonctionner que comme un « capitaliste collectif » en concurrence avec les autres capitalistes. »
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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede Pïérô » 07 Sep 2016, 07:47

Revenu de base, exemple de misère instituée :

Finlande. Le revenu de base testé en 2017 avec 560 euros par mois

Le gouvernement finlandais souhaite tester dès 2017 le versement d'un revenu de base à chaque citoyen sans conditions. Il a annoncé jeudi qu'il avait fixé un montant de 560 euros par mois.

Le projet faisait partie des promesses électorales du Premier ministre centriste Juha Sipilä, en fonction depuis mai 2015. Il espère ainsi stimuler l'emploi et simplifier le système de prestations sociales.

Jeudi, le ministère des Affaires sociales et de la Santé indique qu'il soumet à enquête publique jusqu'au 9 septembre un projet de loi qui permettrait de mener ce test sur 2 000 personnes en âge de travailler, choisies au hasard parmi l'ensemble de la population.

« Au moment d'évaluer les effets du revenu de base, le groupe test serait comparé avec un groupe de contrôle composé de personnes du même type que le groupe visé mais ne recevant pas de revenu de base », a-t-il expliqué.

« Le premier but de l'expérience du revenu de base est de promouvoir l'emploi », a poursuivi le ministère. Mais l'exécutif souhaite aussi « réduire la bureaucratie et simplifier le système complexe des aides sociales d'une manière viable pour les finances publiques ».

... http://www.ouest-france.fr/europe/finla ... is-4434454


Il faudra regarder aussi, et en plus, ce que veut dire
« réduire la bureaucratie et simplifier le système complexe des aides sociales d'une manière viable pour les finances publiques », parce que ça peut vouloir dire que l'accès aux soins sera aussi revu au rabais.
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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede bipbip » 24 Sep 2016, 13:24

Une idée révolutionnaire... ou pas

Le revenu garanti et ses faux amis

Du Forum économique de Davos à la Silicon Valley en passant par les assemblées du mouvement Nuit debout en France, le revenu de base est sur toutes les lèvres depuis quelques mois. La Finlande affirme vouloir l’instaurer ; les Suisses ont voté sur le sujet en juin. Mais, entre l’utopie émancipatrice que portent certains et la réforme limitée que veulent les autres, il y a un monde…

... https://www.monde-diplomatique.fr/2016/07/CHOLLET/55965
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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede bipbip » 13 Oct 2016, 17:23

Salariat ou revenu d’existence ? Critique d’A. Gorz par R. Castel

Gorz a mesuré, avec justesse, les transformations du travail à partir des années 1970, devenant à ses yeux de plus en plus aliénant. Il en a conclu qu’afin de s’en libérer, il fallait promouvoir un revenu d’existence assurant pour tous des conditions de vie décentes. La proposition est séduisante, mais, comme le souligne R. Castel dans ce texte posthume, elle est économiquement et historiquement contestable.

... http://www.anti-k.org/2016/10/12/salari ... -r-castel/
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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede bipbip » 15 Jan 2017, 16:32

Contribution (sur le terrain réformiste)

Débat. Les mondes fantômes des adversaires de l’égalité

Le revenu de base n’est plus une proposition politique, c’est un feu d’artifices: de droite à gauche ou inversement, de la France d’en Haut à celle d’en Bas ou réciproquement, quel est le candidat qui n’ajoute pas à son panier électoral la proposition d’un revenu de base ou d’une allocation universelle?

En miroir, cette foison suscite son bouquet de critiques et de rejets. Et c’est là que le bât blesse car aucune critique ne prend la peine d’une analyse un tant soit peu honnête, en commençant tout bêtement par faire exprès de ne pas confondre entre les différentes variantes proposées. Or ces critiques se contentent en général de faire semblant de croire qu’en leur essence toutes les propositions de revenu social seraient peu ou prou équivalentes, qu’elles reposeraient sur le même «postulat», forcément «erroné», qu’elles déboucheraient sur une même «impasse stratégique».

Alors pour ne pas subir en retour la même critique, pour ne pas mélanger dans le même sac toutes les critiques, il nous faut nous contenter, de temps en temps, de ne lire attentivement qu’une critique à la fois: et c’est ainsi que nous sommes tombés sur la (énième) critique écrite par Michel Husson[1].

Nous avions déjà répondu à une précédente critique[2], alors pourquoi ne pas recommencer?

Commençons par la fin de son article, histoire de partir d’une base commune: «la construction d’une stratégie d’alternative ancrée dans la réalité des rapports sociaux»; fort bien. Mais il ne peut y avoir de «rapports sociaux» que s’il y a, au préalable, une «société».

La proposition que nous, en tant qu’«amis de la décroissance», nous défendons, part précisément de ce préalable qu’est l’existence d’une société. Nous ne voulons ni d’une société comme «addition d’individus» – non, nous ne sommes pas des libéraux qui croyons que les individus précéderaient logiquement, politiquement ou juridiquement la société et c’est pourquoi nous n’imaginons pas une genèse fictive de la société par un «contrat», fût-il «social» ou par une «validation sociale» – ni d’une société comme «soustraction d’individus» – et c’est pourquoi notre revendication d’un revenu est bien celle d’un revenu inconditionnel, car la moindre condition signifierait ipso facto la justification de l’exclusion, évidemment des «fainéants», ceux qui refuseraient de «travailler»!

Contre de telles critiques à la fois explicitement «travaillistes» et implicitement «individualistes», nous fondons la cohérence de notre proposition d’un revenu inconditionnel suffisant sur l’affirmation claire d’un présupposé idéologique quant à la nature même de ce que nous entendons par société: ce qui fait «société» ce n’est pas la liberté de ses individus, c’est la vie commune au sein d’un monde commun; voilà notre traduction «communiste» ou «radicalement égalitariste» de la vieille demande d’«une vie bonne au sein d’une société juste». C’est pourquoi nous n’hésiterons à violer la liberté des (plus) riches à extorquer une part indécente de la richesse pourtant produite par la contribution, directe ou indirecte, de tous: c’est pour cela qu’il n’est pas question de défendre un revenu inconditionnel s’il n’est pas suffisant.

Doublement suffisant. Suffisant par le haut: oui à un revenu maximum inconditionnel. En tant que «socialistes», nous ne croyons pas qu’il puisse exister la moindre société commune tant que sera politiquement et fiscalement permis à certains de crever tous les plafonds de la décence en matière de revenus; non à la sécession des riches, oui à la fin de cet assistanat qui consiste à laisser les riches piller des richesses dont ils se croient la source. Suffisant par le bas: oui à un revenu minimum inconditionnel car il ne s’agit pas de se réclamer d’un objectif formel – «Qu’une société garantisse un revenu décent à tous ses membres est évidemment un objectif légitime» – il faut encore en garantir matériellement les moyens, c’est-à-dire les revenus.

Doublement suffisant, donc. Il faut que le montant du revenu inconditionnel soit suffisant: voilà une frontière nette entre les versions de droite et celles de gauche; il faut aussi plafonner le revenu maximal: au-delà d’un écart de 1 à 4 ou à 6, ça suffit! C’est pourquoi nous pensons que toute revendication d’un «revenu de base» est orpheline si elle reste muette sur le «sommet»: pour lutter contre la misère, il faut s’opposer à la richesse.

... http://alencontre.org/debats/debat-les- ... alite.html
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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede Pïérô » 18 Jan 2017, 19:59

Radio : Bernard Friot, un débat

Une émission d'analyse critique et de débat des propositions et des théories de Bernard Friot, notamment du « salaire à vie » – avec Sylvain de Zones Subversives, Matt d’Alternative Libertaire et de Tantqu’il, et Benoît d’Alternative Libertaire

à écouter : http://sortirducapitalisme.fr/187-les-p ... t-en-debat
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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede bipbip » 21 Jan 2017, 13:50

Le revenu universel citoyen ou l’éternel retour du serpent

Cette proposition nous est d’emblée suspecte, défendue qu’elle est par des personnes ou des groupes que l’on pourrait croire adversaires ou, au moins, opposés. Ainsi ce revenu inconditionnel, sous le nom d’impôt négatif, est-il soutenu par les libéraux, les ultralibéraux et les libertariens, comme un moyen d’améliorer le fonctionnement de « l’économie de marché ».

Le 6 janvier dernier, le Conseil national du numérique (CNNum) remettait son rapport “ Travail, Emploi, Numérique, les nouvelles trajectoires ” à la ministre Myriam El Khomri. C’est à cette occasion et du fait de certaines des recommandations faites par la commission qu’est réapparu brusquement dans l’espace médiatique la promotion du fameux "Revenu universel citoyen" [1]. Au fil des années et selon les tendances, cette perspective a pris différents intitulés. Wikipédia en recense quelques uns : « Revenu de base », « revenu universel », « revenu inconditionnel », « revenu inconditionnel suffisant », « revenu d’existence », « revenu minimum d’existence », « revenu social », « revenu social garanti », « allocation universelle », « revenu de vie », « revenu de citoyenneté », « revenu citoyen », « dotation inconditionnelle d’autonomie » ou « dividende universel ». La plupart de nos lecteurs auront tendance à voir ici une sorte de porosité entre certaines revendications de l’extrême gauche et de vagues projets de la gauche institutionnelle et cybernétique. Un lecteur de lundimatin s’est proposé de nous démontrer qu’il n’en était rien et que si Frédéric Lefebvre (LR) comme Yann Moulier-Boutang le revendiquent tout deux, ce n’est ni par opportunisme, ni par hasard.

Nous allons tenter de démystifier cette chose nommée « revenu universel citoyen ». Nous allons montrer qu’il s’agit simplement d’un système fiscal alternatif, établi avec une base (une assiette) inchangée. Ce système fiscal alternatif n’implique ni une économie alternative, ni, a fortiori, une sortie de l’économie.C’est pourquoi ce système fiscal alternatif peut être proposé par des gens de droite (comme Éric Woerth, Dominique de Villepin ou, même, Christine Boutin). Et, fondamentalement, nous allons le voir, même comme système alternatif, le revenu universel est plutôt un projet de droite, soutenu par les plus grands économistes (nobélisés) ultralibéraux.

... https://lundi.am/Le-revenu-universel-ci ... du-serpent
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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede Lila » 22 Jan 2017, 19:08

Revenu d’existence : un danger pour l’autonomie des femmes Pour une vraie réduction du temps de travail.
Pour une vraie réduction du temps de travail

Le « revenu d’existence » est de plus en plus présenté, dans une partie du mouvement social, comme une réponse qui serait évidente à l’enracinement du chômage de masse et de la précarité.
Nous défendons ici l’idée qu’il s’agit d’une mauvaise réponse à de vraies questions, et que la bataille pour un revenu d’existence déconnecté de l’emploi représente une impasse, théorique et politique, dangereuse. Mais surtout, le point aveugle de cette discussion reste la question de l’autonomie des femmes.

Télécharger le document : https://blogs.attac.org/IMG/pdf/revenu_ ... enre-1.pdf

https://blogs.attac.org/commission-genr ... anger-pour
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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede bipbip » 05 Fév 2017, 16:22

Court et pertinent

Franck Lepage : "Le revenu universel est une mesure de droite"

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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede bipbip » 26 Mar 2017, 14:27

Economie : Le revenu universel : une mesure de gauche ?

Le revenu universel a été mis au cœur de la primaire de « gauche » par Benoît Hamon. Mais en quoi consiste exactement cette mesure mise en avant par autant de politiciens se réclamant de la gauche que de la droite ?

Le revenu universel a émergé dans la campagne de la primaire de la « Belle Alliance populaire », défendue par Benoît Hamon comme une idée de gauche, garantissant à chacun et chacune les moyens de vivre dans une société où le plein emploi est devenu inaccessible. Pourtant, l’idée de revenu universel est historiquement plutôt une idée libérale.

Ainsi, une des premières tentatives pour instaurer un revenu universel advient dans les années 1970 aux États-Unis. Défendu par John Kenneth Galbraith et 1 200 économistes keynésiens et libéraux, il s’appelle alors le Demogrant, et il est mis en en forme par James Tobin (économiste théoricien de la taxe sur les mouvements de capitaux qui porte son nom) et inclus dans le programme du démocrate George McGovern, battu à la présidentielle de 1972 par Richard Nixon.

Une arnaque pour casser la Sécu

Ce type de revenu universel serait un parachute minimum qui permettrait d’avoir de quoi vivre, mais très chichement, en restant sous le seuil de pauvreté, comme le « revenu décent » de Manuel Valls.

En France, le RMI devenu ensuite RSA est un revenu de base de ce type, même s’il est de plus en plus assorti de contraintes de type workfare, c’est-à-dire d’obligation de rechercher un emploi, voire de travail « bénévole » non rémunéré, par exemple le conseil départemental du Haut-Rhin qui a réussi à l’imposer, en toute illégalité, au mois de février.

On note qu’il cohabite avec la Sécu, le chômage et les retraites, mais qu’il se situe de beaucoup sous le seuil de pauvreté : un RSA seul est à 463 euros, un RSA + APL (aide au logement) plafonne à 690 euros environ, alors que le seuil de pauvreté se situe à 950 euros en France...

En vérité, le revenu universel libéral est tout simplement une arnaque pour casser la Sécurité sociale et le chômage. Ce ne serait plus la peine d’avoir des allocations chômages si tout le monde a un revenu bas qui le maintient juste en dessous du seuil de pauvreté. Cela permettrait aussi d’énormes économies pour le patronat, et conduirait finalement à saper un peu plus les acquis sociaux...

Ce n’est pas le cas de la version de gauche du revenu universel, d’ailleurs repris par Benoît Hamon. Il se décline en deux versions.

La première voit le revenu universel en complément de salaire, mais à un niveau de vie correct contrairement au revenu universel libéral ou au RSA. En gros, l’idée est que quand on travaille on est payé par un salaire normal, et quand on ne travaille pas, que l’on ait cotisé ou pas, on reçoit un revenu garanti équivalent plus ou moins au salaire. Il est défendu par les disciples d’André Gorz, et il a parfois été mis en avant lors d’assemblées d’intermittents et de précaires : tout le monde pourrait travailler trois jours, en chômer huit, et ainsi de suite et avoir des indemnités conséquentes en échange, ce qui serait une grande amélioration par rapport aux dispositifs actuels en place.

Néanmoins, ce qui semble le plus important, c’est l’idée selon laquelle la généralisation de ce dispositif pousse à une énorme flexibilisation et précarisation.

En gros, cela permettrait au patronat de manière généralisée d’embaucher les gens, de les mettre au placard de manière temporaire lorsque l’activité est plus faible et de les réembaucher lorsqu’il y a beaucoup plus d’activité. Cela reviendrait donc à externaliser les salaires vers l’État et la collectivité. Le salarié n’y perd pas d’argent, mais par contre est à disposition du patron. Pour le patron c’est tout bénef, il n’est obligé de payer des salaires que lorsqu’il en a réellement besoin. Même plus besoin de payer des congés vu que le revenu est garanti… Ça pousse aussi à des formes d’emplois fractionnés, parcellisés, etc.

La deuxième modalité du revenu garanti serait, elle, plus « révolutionnaire » : le revenu garanti remplacerait le salaire adossé à l’emploi. Les gens travailleraient ou pas, et un revenu sous forme monétaire leur serait alors versé par l’État.

Parmi ses partisans, on peut citer les disciples d’André Gorz, dans les années 1990 et 2000, les membres de Cargo (Collectif d’agitation pour un revenu garanti optimal), qui va aller dans AC ! (Agir ensemble contre le chômage !).

Richesse et travail

Ce changement s’appuierait sur une mutation du capitalisme assez fumeuse : ce ne se serait plus le travail qui produirait de la valeur. En effet, pour la plupart des économistes libéraux mais aussi marxistes, ce qui produit les richesses c’est le travail. Pour les marxistes, c’est le fait que la force de travail soit une marchandise qui permet au capitaliste d’extraire la plus-value. C’est ce que l’on nomme l’exploitation : les travailleurs produisent les richesses, mais ne reçoivent qu’une partie de ces richesses sous forme de salaire, le reste allant à l’exploiteur.

Pour Gorz mais aussi pour les tenants de Cargo, la valeur ne vient plus du travail. Pour Gorz, le capitalisme cognitif fait que le travail n’est plus réellement nécessaire et que c’est une sphère relativement autonome, et que le travail d’industrie ne crée plus de valeur, et c’est l’ensemble de la société en dehors du travail qui produirait les richesses.

À partir de cette conception de la valeur, étant donné que la richesse n’est plus fondée sur le matériel mais sur l’immatériel, il suffirait de mettre en place un système de revenu garanti qui abolirait en quelque sorte le capitalisme puisque le travail productif n’existe plus vraiment.

Les défenseurs du revenu de base ou du revenu garanti disent une chose simple : « De l’argent, il y en a dans la caisse du patronat, il suffit de taxer ». Néanmoins on ne sait pas combien il faudrait, ni si les patrons accepteraient vraiment. Pour nous ces conceptions, particulièrement celle qui voit le revenu garanti remplacer le salariat, relèvent d’un réformisme imaginaire, issu d’une gauche qui rêve d’un retour aux Trente Glorieuses à grands coups de baguette magique plutôt que d’une abolition du capitalisme. Toute une série de penseurs, d’économistes ont une série de mesures qui proposent d’y revenir politiquement et économiquement…

Matt (AL Montpellier)

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Re: Universaliser le salaire ou supprimer le salariat

Messagede Pïérô » 05 Nov 2017, 13:00

Déclaration sur le Revenu minimum garanti de l'Ontario Coalition Against Poverty (OCAP)

Le Collectif anarchiste Emma Goldman est signataire de la présente déclaration sur le Revenu minimum garanti de l'Ontario Coalition Against Poverty (OCAP). Nous souhaitons partager une voix critique et susciter le débat sur la pertinence de celui-ci. C'est une revendication partagée ici, dans le mouvement communautaire notamment, depuis plusieurs décennies. Sous le néolibéralisme, de plus en plus de gouvernements songent à instaurer des régimes de revenu minimum garanti. Derrière la formule tape-à-l’œil se cache en fait de nouvelles coupures dans le filet social et les services publics et de nouvelles attaques sur les droits des travailleurs et des travailleuses à l'heure du Précariat. Combattre la pauvreté, cela passe pour nous par les luttes sociales, l'autonomie et la construction de contre-pouvoirs et d'alternatives. Nous préférons détruire le système que lui demander de se détruire, c'est comme ça!

Déclaration en vue d’appuis: Nous avons préparé la déclaration suivante sur le revenu minimum garanti (RMG). Elle met de l’avant que malgré les espoirs progressistes affirmant le contraire, le RMG est partie prenante de l’offensive néolibérale et doit être opposé. Nous invitons les organisations progressistes et les individus qui interviennent dans les organismes publics ou les institutions scolaires qui sont en accord avec nos positions à cosigner cette déclaration. Nous espérons qu’elle fera connaître une voix d’opposition et qu’elle contribuera à susciter l’échange d’information et des formes de collaboration parmi ceux et celles qui, à l’échelle internationale, rejettent l’idée que le RMG représente une forme de réponse réaliste à l’attaque néolibérale.
Les appuis et d’autres formes de réponses peuvent nous être acheminées à ocap@tao.ca.

La menace néolibérale du revenu minimum garanti

Nous, les soussigné-es, sommes convaincu-es que le modèle émergent de revenu minimum garanti, reflété dans des projets pilotes et autres initiatives dans un nombre de pays et de juridictions, en est un qui intensifierait l’initiative néolibérale. L’espoir qu’il y ait une chance réaliste d’assurer un paiement vraiment adéquat et universel qui n’est pas financé par la diminution de d’autres éléments vitaux de couverture sociale est non fondé à notre avis.

Nous sommes loin de laisser entendre que les programmes existants de soutien au revenu sont même près de répondre aux besoins. Ils fournissent un revenu précaire sous le seuil de la pauvreté dans des conditions qui sont marquées par des réglementations intrusives et des formes de contrôle moralisantes. De plus, des décennies d’austérité néolibérale ont considérablement diminué ces programmes.

Mais, aussi misérables et inadéquats fussent-ils, la présomption que le RMG serait ou même pourrait constituer une amélioration du statut quo doit d’abord être soumise à la considération d’un certain nombre de facteurs. Historiquement, le soutien au revenu a été accordé par les pouvoirs politiques en place parce que ceux-ci croyaient que l’abandon pur et simple de ceux et de celles qui sont exclu-es de la force de travail causerait des niveaux d’agitation et de dislocation sociale inacceptables. Dans la tradition toujours vivante des English Poor Laws (Loi sur les indigents), le soutien au revenu a été fixé à des niveaux assez bas pour maintenir une réserve de travailleurs et de travailleuses les plus mal payé-es, dans des conditions les plus dégradantes et punitives possibles. Nous rappelons que les années néolibérales ont intensifié ces caractéristiques dans ce que nous reconnaissons avoir été une offensive très efficace pour créer un climat de désespoir et une réserve abondante de travailleurs et de travailleuses précaires et mal payé-es.

Si les gouvernements obsédés par l’austérité et les institutions du capitalisme mondial voient aujourd’hui d’un bon œil le RMG, ce n’est pas parce qu’ils et elles veulent avancer dans le sens d’une plus grande égalité, renverser les effets du néolibéralisme et améliorer le pouvoir de négociation des travailleurs et des travailleuses. Ces forces réalisent plutôt qu’un modèle régressif de RMG peut être mis en place qui offre un paiement inadéquat et selon les moyens jugés disponibles aux personne les plus appauvries, mais aussi que ce programme s’intéresse principalement et directement aux plus mal-rémunéré-es des travailleurs et des travailleuses salarié-es. Ce serait en effet une subvention directe aux employeurs, payée par les revenus d’impôt et qui serait financée par des compressions aux services publiques dans leur ensemble. Un tel modèle servirait bien à passer outre aux besoins particuliers des personnes handicapées et, en tant que «revenu citoyen», pourrait très bien être refusé à bon nombre d’immigrant-es, particulièrement aux sans-papiers. Sous un tel système, nous aurions à naviguer à travers les décombres de l’infrastructure sociale avec notre maigre RMG. Le genre de projets pilotes et les autres initiatives émergentes offrent de sévères avertissements à cet égard.

Néanmoins, certaines personnes suggèrent qu’alors que des modèles régressifs peuvent être développés et puissent poser un danger, une forme progressiste et même «émancipatrice» du RMG est un objectif possible et réaliste. Souvent, cette position s’accompagne de l’idée de préparer un «futur sans travail» dans lequel des nombres importants de travailleurs et de travailleuses mis-es de côté par les avancements technologiques pourraient être soutenu-es. La notion voudrait qu’un RMG soit accordé sans condition et qu’il soit suffisant, de sorte que le travail salarié, s’il était disponible serait une question de choix plutôt que de nécessité. Alors qu’il y a un petit nombre de personnes qui croit que cela pourrait être gagné par une mobilisation sociale à large échelle, les soutiens à un RMG progressiste semblent penser la plupart du temps que l’appui des capitaliste et l’acceptation par l’État peuvent être gagnés par un effort de lobbying vigoureux.

De notre point de vue, un RMG vraiment adéquat et redistributif, (oublier l’idée même de transformateur), n’est pas possible dans le cadre du système économique actuel. D’abord, le rapport de force dans notre société, après des décennies de néolibéralisme, ne tend pas vers la conclusion qu’une imposante mesure de réforme sociale qui renverserait la vapeur est à l’ordre du jour. Au delà de cela cependant, un système de soutien au revenu qui enlève la coercition économique de la manière dont les adeptes d’un RMG progressiste le suggèrent serait plus qu’un revirement de la vague néolibéral. Cela voudrait dire que l’État fournirait à la classe ouvrière un fond de grève illimité. Cela minerait la base même du marché de l’emploi capitaliste. Cela constituerait une transformation sociale, un changement révolutionnaire qui serait, pour le moins qu’on puisse dire, au-delà de la capacité de toute mise en œuvre possible de politique sociale.

Si le RMG en tant que mesure émancipatrice n’est pas possible, il ne peut que trop aisément prendre la forme d’une intensification de l’offensive néolibérale. Pourtant, malheureusement, ses adeptes progressistes finissent par offrir une légitimité à cette alternative régressive en mettant de l’espoir dans les rêveries sur le RMG par les milliardaires de Silicon Valley ou en présentant les projets pilotes cyniques, mis en place par des gouvernements tout dévoués à l’austérité, comme des premiers pas viciés mais importants. Autant ils et elles l’espèrent autrement, il faut le dire : on ne peut tirer de la farine d’un sac de son.

Si l’espoir d’un RMG progressiste est clairement déplacé, nous aimerions pouvoir offrir une alternative attrayante et aisément atteignable, mais cela n’est pas possible. Nous menons pour l’essentiel un combat défensif contre une offensive virulente qui mine la provision sociale et accroît le taux d’exploitation. Nous ne pouvons offrir que le travail ardu de bâtir des mouvements plus forts et plus inclusifs de résistance sociale, de régénérer les syndicats et de construire une alternative politique au néolibéralisme. Ce faisant, nous devons continuer la lutte pour des services publics plus développés, accessibles et gratuits. Nous devons arracher des salaires décents et des droits ouvriers. Nous devons nous battre pour des systèmes de soutien au revenu fondés sur leur caractère adéquat, l’accessibilité universel et s’assurer qu’ils soient purgés des règlements intrusifs et des mesures de contrôles moralisantes. Nous devons nourrir tous ces mouvements et ces luttes de la perspective d’une société fort différente de la société capitaliste que nous combattons. Cela n’a pas le lustre du rêve d’un RMG progressiste, mais reconnaît cette réalité qu’il n’y a pas de politique sociale qui nous permette de contourner le néolibéralisme et la longue lutte que nous devons lui mener. Sortir le tapis de bienvenue progressiste au RMG est une très importante erreur.

Signatures:
1. La Coalition ontarienne contre la pauvreté/ The Ontario Coalition against Poverty
2. CUPE Ontario
3. Disabled People Against Cuts (DPAC) (UK)
4. Toronto Airport Workers Council
5. Socialist Project (Canada)
6. Recovery in the Bin (UK)
7. Socialist Action (Canada)
8. David McNally, Professor of Political Science, York University, Toronto
9. Gary Kinsman, Professor Emeritus Sociology, Laurentian University, Sudbury, Ontario
10. Evan Johnston, CUPE Local 1281
11. Mike Bryck, Co-Chair, CUPE Ontario Injured Workers Advocacy Committee
12. David Camfield, Associate Professor, Labour Studies and Sociology, University of Manitoba
13. Stefan Kipfer, Faculty of Environmental Studies, York University,Toronto
14. Michael Truscello, Associate Professor, Department of English, Mount Royal University, Calgary, Alberta
15. Craig Fortier, Assistant Professor of Social Development Studies, Renison University College (University of Waterloo)
16. Stephen Pender, Professor, English, University of Windsor, Windsor, Ontario
17. Dr. Alex Khasnabish, Associate Professor, Department of Sociology/Anthropology, Mount Saint Vincent University, Halifax, Nova Scotia
18. Anti-Poverty Newfoundland and Labrador
19. Doug Nesbitt, co-founder and editor at Rankandfile.ca (Canada)
20. Ken Luckhardt, Retired Canadian Auto Workers National Representative
21. David Bush, Editor at RankandFile.ca
22. Paul Tulloch, LivingWork Analytics. Ottawa.
23. People’s Health Movement Canada/Mouvement populaire pour la santé au Canada.
24. Parkdale Community Legal Services
25. Northumberland Coalition Against Poverty (Ontario)
26. Greg Albo, political science, York University
27. Evan Coole, founding member Nova Scotia ACORN
28. Network of Women with Disabilities NOW (International)
29. Communist Party of Canada (Ontario)
30. Alliance Against Displacement (BC, Canada)
31. International Socialists (Canada).
32. Hamilton Tenants Solidarity Network (Ontario)
33. Educators for Peace and Justice (Toronto)
34. Put Food in the Budget (Ontario)
35. Raise the Rates Coalition. (Ontario)
36. Socialist Alternative, Canada
37. Raise the Rates (British Columbia)
38. Justin Podur, York University, (Toronto)
39. Donald Swartz, Carleton University [ret] (Ottawa)
40. Pam Frache, Labour and Social Justice Activist, Toronto
41. Collectif anarchiste Emma Goldman (Saguenay, Quebec)


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