Crise du capitalisme et alternative

Re: Texte d'analyse CGA sur la crise

Messagede Olé » 12 Déc 2008, 12:24

kuhing a écrit:
Berckman a écrit:alors fais toi plaisir...


c'est pas la question.
Mais faut bien faire tourner la boutique.

:lol: kuhing tjs fidèle à lui même. change pas l'ami!! :v: :wink:

sur le texte en lui même, je le trouve bien construit ( au niveau des étapes d'explication), avec une bonne analyse. Malheureusement je le trouve fait pour un public déjà bien politisé, de part son langage et ses références idéologiques. Mais je peux me tromper.
Olé
 

Re: Texte d'analyse CGA sur la crise

Messagede Ringue Denial » 12 Déc 2008, 21:24

kuhing a écrit:sur le texte en lui même, je le trouve bien construit ( au niveau des étapes d'explication), avec une bonne analyse. Malheureusement je le trouve fait pour un public déjà bien politisé, de part son langage et ses références idéologiques. Mais je peux me tromper.


Je le trouve également très bien construit et l'analyse est répond parfaitement au format "communiqué". J'apprécie en particulier le paragraphe sur la "propagande pour rendre la réalité acceptable" et l'ouverture à tous "au sein de luttes", en conclusion! Donc, je le trouve au contraire très abordable pour un public "non politisé"!
Ringue Denial
 

Re: Texte d'analyse CGA sur la crise

Messagede willio » 13 Déc 2008, 16:59

Décidément, j'apprécie les textes de la CGA. Pas si difficile à comprendre pour les gens peu politisés je trouve, sauf quelques passages ou expressions.
willio
 

Re: Texte d'analyse CGA sur la crise

Messagede Olé » 13 Déc 2008, 19:52

willio a écrit:Décidément, j'apprécie les textes de la CGA. Pas si difficile à comprendre pour les gens peu politisés je trouve, sauf quelques passages ou expressions.

ok c'est moi qui divague alors. Mes excuses Berckman. :)
Olé
 

la conjoncture des crises ,jean Zin .

Messagede poolpikan » 22 Déc 2008, 03:51

Une analyse de J.Zin que je trouve très interessante .
http://jeanzin.fr/index.php?2008/12/19/ ... des-crises


Tout pourrait revenir comme avant ou presque, semble-t-il, avec quelques règles en plus, quelques ajustements, de sévères corrections même, mais tout cela n'aurait été au fond qu'un mauvais moment à passer, une simple réduction de l'activité, des bénéfices, des revenus. On nous annonce pour l'année prochaine une récession entre 1% et 5%, la belle affaire ! Pas de quoi faire un plat pour cela, chacun peut retourner à ses petites affaires et joyeuses fêtes à tous ceux qui croient au Père Noël !

L'optimisme forcé des économistes a été dénoncé comme un des facteurs de la crise, il ne semble pas qu'on en soit sorti pour autant, passant de l'affirmation que "le plus dur est derrière nous" à ces prévisions qui ne prévoient rien mais ne font que faire tourner des modèles qui viennent pourtant de démontrer leur incapacité d'intégrer les hypothèses extrêmes, les facteurs externes, les ruptures de seuil et, donc, de calculer les risques réels alors même qu'on assiste au télescopage de toute une série de crises pas seulement économique et financière.

Ainsi, ce ne serait pas si grave, à ce qu'on nous dit, juste quelques mois de vaches maigres, une parenthèse dans l'expansion de l'économie financière et l'histoire du libéralisme. Sauf que cela suppose qu'il n'y aurait pas d'effondrement du dollar, pas de credit crunch, pas de faillite de l'industrie automobile ou d'entreprises aussi stratégiques, pas de faillite des Etats, pas de tensions graves entre pays, pas de troubles sociaux généralisés dans le monde entier ! Ce n'est pas complètement impossible mais le plus probable reste une désorganisation totale du système dans les mois qui viennent malgré toutes les mesures prises (les taux américains ne peuvent plus baisser, il n'y a plus que l'hyperinflation pour effacer leur dette).

On sait que lorsqu'il y a des tremblements de Terre cela provoque des éruptions volcaniques à retardement dans un rayon de 1000 km les années suivantes. De la même façon, il ne serait pas raisonnable de penser que tout rentrera dans l'ordre sans autre forme de procès alors qu'il y a une telle tectonique des plaques avec les bouleversements actuels qui déstabilisent déjà les points les plus fragiles (comme en Grèce).

Tout cela semble impliquer que la crise ne durera pas 1 an comme on nous le répète constamment mais qu'on pourrait en prendre pour 10 ans peut-être ! Il est raisonnable de penser que la crise sera durable et profonde mais les premiers signes et les politiques menées en renforcent l'hypothèse. On peut légitimement craindre que l'énormité des moyens mis en jeu ne fasse que faire durer le supplice en creusant un peu plus le gouffre... Non seulement, l'économie démontre encore une fois son incapacité à rendre compte du caractère non-linéaire et systémique des crises mais il n'y a pas de véritable autonomie de la sphère économique. On assiste en fait à une conjonction sans précédent des crises économique, écologique, sociale, politique, géopolitique, technologique, générationnelle, idéologique, civilisationnelle, dont les temporalités très différentes pourtant convergent ici de façon explosive. On éprouve ainsi de façon tangible à quel point la réalité n'est pas univoque mais comporte une multitude de strates. Cela devrait être l'occasion de sortir des points de vue trop simplistes et unilatéraux pour essayer de comprendre la complexité des interactions entre différents niveaux de réalité. Même des écologistes peuvent avoir une approche trop unilatérale des questions, ce qui est un comble, négligeant trop souvent les dimensions économiques et sociales en particulier.

D'une certaine façon, cette convergence exceptionnelle de différentes crises pourrait constituer une chance pour résoudre l'ensemble de ces crises à la fois. Ainsi la crise écologique pourrait bénéficier non seulement de la baisse des émissions de CO2 à cause de la récession mais d'un changement complet de mode de vie. Ce serait véritablement inespéré tant les dernières nouvelles du climat sont carrément paniquantes. Hélas, il faudrait arriver à faire comprendre que les effets de nos émissions ne se font vraiment sentir que 50 ans après et que le réchauffement contre lequel il faut se mobiliser n'a rien à voir avec les températures clémentes d'aujourd'hui. Le décalage temporel entre l'effet et la cause parait insurmontable pour réagir avant qu'il ne soit trop tard. C'est là qu'il faudrait tirer parti de la conjonction des crises : puisqu'il faut changer, profitons-en pour remettre tout à plat une bonne fois pour toutes, plutôt que de vouloir résoudre les crises une par une. Cela veut dire aussi qu'il faudra le faire ensemble plutôt que chacun dans son coin.

Il faut s'attendre à de durs conflits, au chaos, à une violence déchaînée (la menace nucléaire n'a jamais été aussi forte) mais nous entrons dans une époque de changements profonds et durables où jamais il n'aura été aussi urgent de penser et construire l'alternative, se remettre à penser large en dehors des règles de marché, penser la sortie du capitalisme malgré tout. Il y a quand même quelques atouts non négligeables puisqu'on a pour la première fois une nouvelle génération connectée de par toute la Terre, renforçant la synchronisation déjà observée en plusieurs occasions comme Mai68. D'une certaine façon, ce qui rend la crise si impensable, c'est qu'on aurait à l'évidence les moyens de réagir, qu'on ne peut rester devant notre télé sans rien faire. C'est éventuellement ce qui pourrait nous sauver si la chute était brutale mais sans doute pas si ça traîne en longueur. Il faut toujours en passer par le pire, hélas, quand il faut changer les règles, abolir les privilèges et redistribuer les rôles. Il faudrait surtout pouvoir s'accorder sur ce qu'il faudrait faire !

Il ne suffit pas de se révolter car il ne s'agit pas de faire n'importe quoi et tomber dans n'importe quelle utopie plus ou moins autoritaire sous des apparences libératrices, encore moins de revenir en arrière. Il faut répondre aux questions qui se posent, notamment du fait des nouvelles conditions de production à l'ère de l'information et qui ne sont pas encore prises en compte, ce qui provoque en particulier la précarité des surdiplomés (grecs entre autres). De même le caractère non linéaire et statistique de la productivité devra bien être reconnu par un revenu garanti qui permettra aussi de réduire les inégalités et de stabiliser l'économie tout en permettant le passage de la sécurité sociale au développement humain, du travail forcé au travail choisi et du salariat au travail autonome. Au niveau écologique, la relocalisation de l'économie s'impose avec des monnaies locales, monnaies complémentaires qui seront bien utiles en cas de désordre monétaire et dont il faut au moins connaître l'existence, savoir qu'elles existent déjà et qu'on peut les mettre en place rapidement. L'agir local s'inscrit dans une pensée globale mais peut commencer sans attendre, ici et maintenant ! Bien sûr, rien n'est possible sans une réaffirmation de nos solidarités ni sans notre mobilisation qui est la condition sine qua non et qu'il faut espérer à la hauteur de ce que la situation exige. En tout cas, c'est une refondation sociale, démocratique, écologique pas seulement économique qu'il faudra mener à bien.

Bien que cela ne soit pas encore tellement apparent, nous avons sans doute atteint le point de non-retour d'une crise de civilisation comme il y en a eu bien peu dans l'histoire humaine. Les risques sont énormes même si le monde de demain ne sera pas si différent de celui d'aujourd'hui. On ne reviendra pas à une économie de survie sauf localement de façon transitoire mais il peut y avoir vraiment une hyperinflation aux USA, des retraites réduites à rien ou non payées, des zones sinistrées, des famines, des violences, des guerres. Cela peut être aussi l'occasion d'opportunités décisives qu'il ne faudrait pas laisser passer !

On peut croire qu'il ne s'est rien passé et qu'il ne se passera jamais rien, dans un présent éternel et sans fin. Comme dans toute bulle spéculative, le pari des parieurs c'est de croire au Père Noël et qu'on n'aura jamais à payer l'addition ! On peut croire aussi que tout est foutu et qu'on n'y peut déjà plus rien mais ce n'est vraiment pas le moment de baisser les bras quand c'est notre dernière chance sans doute et que l'avenir de l'humanité est entre nos mains comme jamais. Beaucoup plus qu'on ne croit, c'est le moment et l'heure : cette génération, cette année et quelques autres. A nous de jouer. La seule issue semble de repartir du local mais il faut bien avouer que je n'y crois qu'à moitié. Il va falloir essayer, naviguer à vue, avec des stratégies plurielles à différents niveaux. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne va pas s'ennuyer au moins et qu'on va pouvoir reprendre l'initiative !

Quelque critiques que puissent être la situation et les circonstances où vous vous trouvez, ne désespérez de rien; c'est dans les occasions où tout est à craindre, qu'il ne faut rien craindre; c'est lorsqu'on est environné de tous les dangers, qu'il n'en faut redouter aucun; c'est lorsqu'on est sans aucune ressource, qu'il faut compter sur toutes. Sun Tse
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Re: la conjoncture des crises ,jean Zin .

Messagede poolpikan » 22 Déc 2008, 04:16

en effet c'est naturel de penser que le simple fait qu'il yait accumulation de crises devrait pouvoir permettre de dépasser les analyses simplistes unilatérales ,c'est malheureusement peut-être un peu court de penser seulement qu'à cause de celà les médias faisant l'opinion vont prendre un virage et de l'analyse épargnant et dédommageant le capitalisme international de tout compromission réelle (profonde) passer à un ouverture potentielle à la critique .
enfin je comprends qu'on puisse continuer à espérer un fléchissement de la rigueur roide des journaux aux ordres mais bon à priori je vois pas pourquoi ça changerait foncièrement d'orientation menfin ..

Au delà de ces considérations médiatiques hasardeuses , il aborde ici quelques pistes interressantes telles que la relocalisation de l'économie, avec des monnaies locales . dans un contexte où évidemment aujourd'hui on se demande quelle alternative pourrait être viable dans l'immédiat . Avec le thème du revenu garanti comme appui au dévellopement de ces idées, je pensais que ce serait interressant d'en discuter moi qui n'ait pas lut plus que qques pages à ce sujet !
je ne sais pas forcemment quoi trop en penser mais je suis assez d'accord avec sa conclusion
A nous de jouer. La seule issue semble de repartir du local mais il faut bien avouer que je n'y crois qu'à moitié. Il va falloir essayer, naviguer à vue, avec des stratégies plurielles à différents niveaux. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne va pas s'ennuyer au moins et qu'on va pouvoir reprendre l'initiative !

le wiki de ce J.Zin :)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Zin
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L’anticapitalisme:perspective essentielle aux luttes sociale

Messagede Phébus » 03 Juin 2010, 04:02

Le 15 mai dernier, je faisais la conférence de clôture d'une journée d'étude sur l'anticapitalisme organisée conjointement par le Centre Justice et Foi [des chrétiens de gauche] et le site web Presse-toi à gauche [une des composantes de l'aile gauche de Québec solidaire].

L’anticapitalisme : perspective essentielle aux luttes sociales ?

En regard du titre de la conférence qu’on m’a demandé de prononcer, je serais tenté de répondre « non ». Non, l’anticapitalisme n’est pas une perspective essentielle aux luttes sociales actuelles. La preuve ? Il y a plein de luttes sociales qui se mènent sans perspective anticapitaliste. C’est même le cas de la majorité des luttes au Québec. Ce qui ne veut pas dire, évidemment, qu’une perspective anticapitaliste n’a aucun intérêt, au contraire. Il faut juste remettre les choses en perspective : nous ne sommes pas essentiels.

Quel intérêt ?


Il faut comprendre et expliquer le monde et les phénomènes sociaux si on veut s’inscrire dans la réalité et influer sur elle. On peut comprendre le monde de plusieurs façons, en utilisant plusieurs grilles d’analyse différentes (nationaliste, libérale, réformiste, etc.). Toutefois, si on veut aller au fond des choses, il faut être radical et aller à la racine des problèmes. Et, dans le cas des problèmes sociaux, la racine c’est souvent le système capitaliste, d’où l’intérêt d’une perspective anticapitaliste.

Une perspective anticapitaliste est essentielle parce que dans le système économique actuel, la véritable justice sociale et l’égalité sont impossibles. On peut corriger des injustices, redresser des situations inégalitaires mais, fondamentalement, on ne peut espérer avoir la justice et l’égalité pleine et entière dans le système capitaliste. Tout simplement parce que le fonctionnement même du capitalisme produit de l’inégalité et de l’injustice. C’est dans sa nature. Pas d’exploitation de la force de travail, pas de capitalisme. Pas d’inégalité entre les salariéEs et les patrons, pas de capitalisme. Et ainsi de suite.

Il y a aussi la question de la transformation sociale. Comment obtient-on des avancées, comment fait-on des gains ? Notre société ne fait pas de cadeau aux perdants. C’est une société extrêmement dure. Si on redresse une situation d’injustice, si on donne plus à un groupe, forcément c’est qu’on enlève à un autre. Si on augmente la proportion de la richesse produite qui revient au travail, c’est forcément au détriment du capital (et vice-versa). Il faut comprendre qu’il y a des intérêts contradictoires qui sont en jeu. Il faut comprendre que la transformation sociale implique un rapport de force. Il ne s’agit pas de dialogue social mais de lutte sociale. Ce n’est pas la même chose. Dans ce contexte aussi, une perspective anticapitaliste est utile.


Des écueils à éviter


Une perspective radicale peut mener à l’impuissance. Une compréhension fine, très radicale peut amener à voir toute lutte, toute revendication comme partielle, vecteur d’intégration et réformisme. Donc, en dernière analyse, toute lutte et toute revendication fini par renforcer le système capitaliste. En conséquence de quoi on ne fait rien, sinon diffuser une vérité invariable en attendant une éventuelle lutte anticapitaliste pure et révolutionnaire.

Une perspective strictement politique, idéologique, peut amener à une séparation entre perspective et revendication, discours et pratiques. C’est-à-dire que l’on peut se satisfaire d’un énoncé de principe, d’un discours radical, sans se soucier de savoir si c’est partagé, compris, par la base.

Une perspective anticapitaliste peut également être vaine. Elle peut être bien comprise, bien partagée par la base mais ne rien changer aux revendications et aux pratiques. Ce qui nous mène au réformisme radical et au lobbyisme musclé.

Quelle articulation ?


Il faut réfléchir aux revendications et à leur articulation avec la perspective anticapitaliste. Une bonne façon de faire est de partir des besoins des gens et non de ce qui est raisonnable et gérable par le système donc immédiatement gagnable. Ça nous amène en général à des revendications antisystémiques, c’est-à-dire des revendications qui, si elles étaient appliquées, mettraient en danger l’existence même du système capitaliste tel que nous le connaissons parce qu’elles vont à l’encontre de la logique du système.

Un bon exemple de revendication antisystémique est la revendication de socialisation du parc de logement locatif portée par le FRAPRU. Après un débat assez long, le FRAPRU en est venu à la conclusion que le droit au logement et le droit de propriété étaient fondamentalement incompatibles. Dans ce contexte, la meilleure façon de garantir le droit au logement, semble être la socialisation complète du parc de logement, bref de sortir le privé du marché de l’habitation.

Il y a un piège évident à ce type de revendication. Théoriquement, ça ne peut pas être satisfait. D’ailleurs, l’extrême-gauche des années 1970 tablait justement là-dessus. Leur stratégie était de formuler des revendications justes mais incompatibles avec le système afin d’amener les gens à une perspective révolutionnaire. Une telle pédagogie de la manipulation, qui consiste à fourvoyer les gens pour les amener quelque part sans annoncer clairement où l’on veut aller est aujourd’hui complètement discréditée.

Il existe pourtant un moyen d’éviter ce piège. Il suffit de ramener les revendications sur le terrain des vaches. On ne mobilise jamais autour de grandes revendications mais plutôt autour de projets concrets. Ce n’est pas la perspective de la socialisation du parc de logements locatifs qui mobilise les locataires mais bien la perspective de projets de logements sociaux concrets. La revendication antisystémique, la perspective anticapitaliste donnent du sens, aident à expliquer, à susciter l’adhésion mais c’est leur traduction dans des projets concrets qui mobilise.

Un angle mort

Les intellectuels qui réfléchissent à des systèmes, sont souvent dans la théorie et l’abstraction et oublient un peu les gens. Il y a un angle mort historique dans la gauche et c’est la question de la pratique.

Le capitalisme, c’est un système, certes, mais c’est aussi, surtout, une relation sociale. Qu’est-ce qu’elle a de caractéristique cette relation-là ? C’est l’exploitation, l’inégalité, la réification, l’aliénation, le paternalisme et l’autoritarisme. Une perspective anticapitaliste doit rompre avec ça. Ça doit se faire dans le champ politique, dans la théorie, mais aussi, surtout, dans les pratiques. Si on reproduit le rapport social capitaliste, avec des chefs, des classes, l’aliénation, etc., on est foutu. C’est malheureusement beaucoup ce qui a caractérisé la gauche historique, avec ses grands partis et syndicats centralisés et hiérarchisé, tout au long du XXe siècle.

Heureusement, il y a des traditions qui ont essayé de rompre radicalement avec le rapport social capitaliste. Il y en a une multitude, mais je me contenterai d’en présenter deux que je connais bien, l’une historique l’autre actuelle.

L’anarchosyndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire en est une. Ce n’est pas une tradition qui influe directement sur ma pratique —je n’essaie pas de construire un syndicat libertaire— mais c’est certainement une source d’inspiration forte. Fernand Pelloutier, dans la Lettre aux anarchistes, disait « Nous sommes en outre ce qu’ils ne sont pas : des révoltés de toutes les heures, des hommes vraiment sans dieu, sans maître, sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel ou collectif, c’est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même ». Des amants passionnés de la culture de soi-même. Ce fut plus qu’un slogan. L’anarchosyndicalisme a réellement tenté de donner aux prolos qu’il organisait les moyens d’atteindre cela. Que ce soit les bourses du travail, lieu d’éducation et de culture par excellence, par la construction de mouvements autonomes mariant le social et le politique, par la démocratie directe, les mouvements anarchosyndicalistes ont essayés de développer un maximum chez les ouvriers l’autonomie individuelle et collective. La pratique anarchosyndicaliste, qui voyait l’action revendicative comme une « gymnastique révolutionnaire », qui préconisait l’action directe et voyait la nouvelle société pousser au cœur même de l’ancienne est un exemple historique d’articulation entre perspective anticapitaliste et revendications immédiates.

Plus près de nous, il y a l’éducation populaire autonome. Le saut peut sembler grand mais les pratiques d’éducation populaire me semble entrer en plein dans le type de pratique nécessaire pour rompre avec la relation sociale capitaliste. Que dit l’éducation populaire autonome ? Qu’il faut partir des préoccupations des gens, trouver le moyen de passer de l’individuel au collectif pour aboutir à la transformation sociale. Ou, comme le disait le RÉPAC, « se donner les moyens pour être fort et changer le monde ». Il me semble qu’il doit exister un continuum d’actions, de construction d’autonomie individuelle et collective dans les luttes.

Cette idée d’autonomie individuelle et collective se traduit concrètement par le concept d’autogestion qui se trouve à être le pendant positif de l’anticapitalisme tel que je le conçoit. Plusieurs intervenant-e-s ont parlé de la nécessité d’opposer des alternatives au capitalisme. On a parlé de coopératives, de nationalisation, de lois protégeant le bien commun, d’investir le champ politique. L’ennui, à mon avis, c’est qu’il est possible de faire tout ça sans rien changer, ou presque, dans la pratique. Pour pouvoir parler d’émancipation, il faut pouvoir aller plus profond, dépasser le simple cadre juridique et subvertir la relation sociale capitaliste. C’est ici que l’autogestion généralisée rentre en ligne de compte. Les gens ne veulent pas seulement être consulté et participer, ils veulent pouvoir élaborer, contrôler et ultimement décider collectivement pour tout ce qui les concerne. C’est vrai pour la société future comme pour les projets concrets et les luttes qui se vivent ici et maintenant. En ce sens, l’autogestion est à la fois un moyen et une fin permettant d’entrevoir un saut qualitatif possible dans le processus d’émancipation.

Quelles perspectives de luttes et d’actions ?


Pour développer une perspective anticapitaliste dans les luttes sociales, il me semble qu’il y a un ensemble de clefs. Premièrement, il faut adopter une perspective radicale, qui va à la racine des problèmes. Pour ne pas être vaine, cette perspective doit s’enraciner, comme notre action, dans la réalité sociale. Il faut mobiliser autour de projets concrets pour trouver un écho. Cette mobilisation doit permettre de construire l’autonomie individuelle et collective des participantes et des participants. L’autogestion des luttes est l’une des clefs de la construction de cette autonomie.

La lutte doit déboucher sur la construction de notre vérité, de notre lecture du monde, une contre-hégémonie. Pour être pleinement féconde, la perspective anticapitaliste doit se situer dans une perspective de contre-pouvoir, de contre-société. Les luttes sociales amènent inévitablement des ruptures... Il faut cultiver ces ruptures parce que c’est d’elle qu’émerge la perspective concrète de révolution.

Parti or not parti..

La question des perspectives politiques est revenue nous hanter à plusieurs reprises pendant la journée du 15 mai. Un nombre significatif d’intervenant-e-s et de participant-e-s ont lancé des appels passionnés (et répétés !) à l’action politique et à la construction de Québec solidaire.

Pour bien marquer que ce n’était pas une perspective que je partage, j’ai repris un slogan de nos camarades d’Alternative libertaire : « le premier débouché politique des luttes doit être la victoire des luttes ». C’est un peu court, j’en conviens, mais c’est quand même vrai.

Outre le fait que Québec solidaire ne soit pas un parti anticapitaliste, il faut reconnaitre qu’il y a un désaccord de fond sur la façon dont s’obtient le changement social. Plusieurs personnes, par exemple, ont insisté sur l’importance d’être au pouvoir pour faire voter des lois. Je ne nie pas que le changement social, en dehors des périodes révolutionnaires (soit la majorité du temps !), puisse se cristalliser dans des lois mais ce n’est pas la loi qui amène le changement, elle ne fait que le sanctionner. C’est lorsque le rapport de force est suffisant que les lois changent et non l’inverse. La gauche sociale n’a pas attendue d’être « au pouvoir » pour se mobiliser et obtenir des gains. Mais il me semble qu’on a assez vu, avec la loi sur l’élimination de la pauvreté ou la loi sur l’équité salariale pour nommer deux exemples récents, que la législation seule est insuffisante. Non seulement ça a pris des luttes majeures pour les faire adopter mais ça prends encore des luttes au jour le jour pour les faire appliquer ! Ce qui compte en dernière analyse c’est le rapport de force entre les classes, la présence ou non de contre-pouvoirs, et non simplement qui est à la tête de l’État.

À mon humble avis, la politique est une chose trop dangereuse pour la laisser entre les mains des politiciens et des partis. Je crois à l’organisation politique mais sous une autre forme, celle de collectifs militants autogérés et fédérés. L’organisation politique telle que les membres de l’Union communiste libertaire (UCL) la conçoivent est une minorité agissante dans les luttes et les quartiers. Elle a un rôle d’animation sociale et politique. Elle permet à des militant-e-s sur la même longueur d’onde de synthétiser des expériences, d’intervenir collectivement et de participer à la bataille des idées. C’est essentiellement une force de proposition et d’action qui n’a surtout pas vocation hégémonique. Son rôle n’est pas de prendre le pouvoir au nom du peuple mais de construire un contre-pouvoir populaire.
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Le capital -Marx et aujourd'hui

Messagede indignados » 27 Avr 2012, 23:28

Le capital - travail

L'heure est grave J

Non, la crise n'est pas finie. Mais quelle crise? Une crise économique? Elle existe en Espagne, en Grèce, en Italie, mais pas encore vraiment chez nous ni en Allemagne... Une crise politique? Ah ça oui! L'Europe traverse une véritable crise politique depuis 2 ans, qui ne s'arrange pas. Les élections françaises sont l'occasion de la rappeler. Tout simplement. Mais le système capitaliste ne vit t'il pas de crise permanente ?




Economie :
Dans la tête de la finance, « L'illogisme » de Goldman Sachs, Dès l'achat, l'esclave est marqué au fer rouge. Modèle allemand & social libéralisme, Ce jour-là, on se prendra le mur ; ensuite, nous agirons, Emplois : l

Aujourd'hui, PETITE HISTOIRE DE LA PRECARITE.  L'envers du « miracle allemand » , Qui coud nos chemises ?, Tour de la précarité
Cultures/ livres :
Insurrection des désirs dans l'Italie des années 1970


face au chaos capitaliste organisons nous pour l'anarchie 1/5 : « Quand l'ordre est l'injustice, le désordre est un début de justice, RAVAGES DU LIBRE-ÉCHANGE AU BURKINA FASO, ZOOM SUR LES COOPÉRATIVES, Les Indignés du PAF, La démocratie sans nous, [Vive la démocratie directe] Première phase d'affrontements à Athènes, Situation de la Grece ( Grece Generale), Athènes en temps réel (direct)

Marxisme économique - Wikipédia est l'économie politique proposée dans les travaux de Karl Marx, et par extension les théories qui s'en sont inspirées. À proprement parler, au sein du marxisme économique, il faut faire la distinction entre l'économie marxienne dont les représentants se revendiquent directement de la pensée de Marx, l'économie marxiste, qui appuie sa réflexion sur le marxisme, et enfin les écrits économiques de Marx. Pour désigner le marxisme économique, on parle alors suivant les cas de l'économie marxienne, de l'économie marxiste, de l'économie politique marxiste, de la science économique marxiste, de la théorie économique de Marx, des écrits économiques de Marx, de l'économie politique de Marx, etc

Baisse tendancielle du taux de profit : Marx explique donc la répartition du capital et l'exploitation des travailleurs, mais il lui reste à expliquer la contradiction fondamentale du capitalisme qui conduit à l'apparition récurrente de crises. Il l'explique par le concept de baisse tendancielle du taux de profit. Marx considère que les capitalistes sont tentés d'accroître leurs capacités de production par des innovations technologiques pour obtenir un avantage temporaire sur leurs concurrents, appelé plus-value relative. Il s'ensuit qu'ils substituent des machines à la main d'œuvre, autrement dit ils substituent du capital constant c à du capital variable v, ce qui a pour conséquence d'augmenter l'intensité capitalistique de la composition organique du capital, et que le taux de profit est pl / (c + v), il vient une baisse tendancielle du taux de profit qui provoque des crises. Cependant, Marx dit qu'il existe des contre-tendances à cette baisse. Les capitalistes tentent de la compenser en accroissant leur débouchés (impérialisme), ou en augmentant le taux de plus-value (qui est le taux d'exploitation pl / v, donc en baissant les salaires par exemple), et on pourrait envisager un état stationnaire, mais le problème est que la substitution du travail par le capital engendre de plus en plus de chômage, une armée de réserve de travailleurs, ce qui conduit inexorablement la société vers des conflits sociaux. À terme donc, le capitalisme croule sous le poids de ses contradictions, c'est l'état de crise permanent, qui ne peut être évité que temporairement par l'expansion économique à des marchés vierges, ou par l'emballement de la croissance technologique

K. Marx - Le Capital Livre I : Sommaire, Le Capital - Wikipédia :Le Capital. Critique de l'économie politique, du titre original allemand Das Kapital. Kritik der politischen Ökonomie, est l'ouvrage majeur du philosophe et théoricien de l'économie politique allemand Karl Marx. Marx a consacré plus de 20 ans de sa vie à l'écriture de cette œuvre, mais n'en a achevé qu'une partie : le premier livre, publié en 1867, consacré au développement de la production capitaliste. (... ) dans l'ouvrage Les Théories de la plus-value (4 vol., 1905-1910). C'est en observant l'industrie britannique contemporaine et ses conditions de travail ainsi qu'en s'appuyant sur les précédents théoriciens de l'économie politique (tels que David Ricardo ou Adam Smith) et en les critiquant que Marx entend démontrer la nature réelle du capitalisme, et mettre l'accent sur les contradictions internes de ce système. L'auteur considérait lui-même son ouvrage comme étant « certainement le plus redoutable missile qui ait été lancé à la tête de la bourgeoisie »

Le capital de Marx expliqué : Bien de militants s'inspirent des idées de Karl Marx, et considèrent que le combat entre les patrons et les salariés est permanent et inévitable. Pourtant, l'ouvrage le plus important de Marx, Le capital, n'est pas souvent lu. Cet article du militant révolutionnaire américain Phil Gasper tente d'introduire en quelques pages les idées essentielles du Capital. Vous pouvez lire en ligne Le Capital à http://le.capital.free.fr/
Le capitalisme ne peut pas, à long terme, résoudre le problème économique de fournir une vie humaine pour les masses... Cette proposition est la base de l'approche de classe du Marxisme. Sans elle il n'y a pas d'approche de classe, et il ne peut pas y en avoir. Si ce n'est pas vrai alors il n'y a aucune raison de ne pas être simplement un bon réformiste.3

Le Capital explique pourquoi il ne suffit pas d'être un bon réformiste.

Capital, plus-value, et exploitation

Un des traits distinctifs du capitalisme est que, contrairement aux précédentes formes de sociétés, il est poussé par le besoin de créer de la valeur d'échange plutôt que des valeurs utiles (...) Sous le capitalisme, cependant, les choses sont différentes. Le but du capitaliste est de faire de l'argent et en général il achète des marchandises non pas pour les utiliser lui-même mais pour les revendre à profit (...) En termes plus concis, « l'argent qui engendre l'argent, tel est la description du Capital. ». Une des conséquences de la différence entre le simple échange de marchandises et l'échange sous le capitalisme, est que le capitalisme contient une force qui le pousse à s'accroître. (...) L'explication de Marx quant à l'origine de la plus-value démontre que les profits du capitaliste sont le résultat de l'exploitation, c'est-à-dire payer les travailleurs en-dessous de la valeur qu'ils ajoutent aux marchandises qu'ils produisent. L'exploitation fait ainsi partie intégrante de la nature du capitalisme, même si la façon dont cette exploitation prend forme est différente de (et souvent moins évidente) celle des sociétés antérieures. Comme Marx le dit, « La différence essentielle entre les formes économiques variées des sociétés, entre, par exemple, une société fondée sur l'esclavage, et une fondée sur le travail salarié, réside seulement dans le mode d'extraction de la plus-value du véritable producteur, le travailleur. »

Pourquoi la théorie de l Baisse tendancielle du taux de profit chère a Marx ne s'est pas réalisé : Karl Marx, Semer des dragons ! http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2360 ( et BOURDIEU NI MAITRE !)

mON BLOG / http://l-indigne.skyrock.com/3085904539 ... avail.html

Le travail tue – Tue ton patron
Posted on 11 mars 2012 by juralib
Elle tue son patron et invoque le stress au travail

Le 4 mars dernier, le corps de Philippe Gletty, PDG d’une PME spécialisée dans la fabrication et de la pose de menuiseries extérieures en aluminium et en PVC, avait été découvert en rase campagne. Hier, sa secrétaire de direction a avoué avoir commis le meurtre. Elle a été mise en examen pour « assassinat » et incarcérée. L’avocate de cette femme, âgée de 41 ans et mère d’un enfant, a d’emblée démenti la piste d’une liaison entre la meurtrière présumée et son patron, et donc celle d’un crime passionnel. Selon Le Parisien de ce dimanche, elle « aurait agi pour un « motif professionnel », ne supportant plus le stress et la pression du travail dans un contexte de difficultés financières de la société ».

Rappel des faits

Le 27 février dernier, Philippe Gletty, marié et père de deux enfants, avait disparu sans laisser de trace. Cependant « il avait l’habitude de faire des breaks, sa femme ne s’est inquiétée que le lendemain », précise Jean-Daniel Regnauld, le procureur de la République de Saint- Étienne, dans le Journal du Dimanche. Quelques jours plus tard, son véhicule, un 4×4, avait été localisé dans le bourg de La Terrasse-sur-Dorlay (Loire), dans le massif du Pilat. Son corps avait été retrouvé plus loin. L’homme avait été tué par balles, à l’aide d’une arme de poing de petit calibre. Elle appartenait au mari de la meurtrière présumée. « C’était sa plus proche collaboratrice », ajoute le magistrat dans le JDD. D’après l’hebdomadaire, l’employée aurait donné rendez-vous à son patron le lundi 27 février au matin sur le parking de la mairie de La Terrasse-sur-Dorlay, situé à 6 km du siège de la société. Selon les déclarations de la meurtrière présumée, une dispute aurait rapidement éclaté. Elle aurait alors abattu son patron avant d’abandonner son cadavre sur le chemin situé près d’un ruisseau. Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Leur presse (Elle.fr, 11 mars 2012)

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En parlant
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Pourquoi parler de crise et de mobilisation ?

Messagede indignados » 16 Juin 2012, 16:13

Source Anarkia : http://anarkia12.unblog.fr/2012/06/16/p ... ilisation/

Mon blog http://l-indigne.skyrock.com/3096635999 ... tions.html

« La crise » économique a effacé « vingt ans de progrès » : http://citoyenactif.20minutes-blogs.fr/ ... ogres.html

Aujourd’hui,la Francen’est pas touchée par la crise de la même façon que d’autres pays européens commela Grèce, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal, etc. Cela ne veut pas dire qu’elle ne le sera pas mais, pour l’instant, les mesures d’austérité n’ont pas divisé les salaires par deux et les coupes budgétaires n’empêchent pas l’Etat de maintenir encore une certaine protection sociale (sécurité sociale, allocations familiales et de chômage, revenu minimum, aide au logement..) de la population.

Plusieurs pistes peuvent être avancées pour comprendre pourquoi la crise ne nous touche pas encore de plein fouet.

Rappelons tout d’abord quela Francefait partie des dix premières puissances économiques mondiales.Qu’elle a été un des pays fondateurs de l’Union Européenne et de la zone Euro et qu’elle a largement bénéficié du Marché Commun Européen. Qu’elle fut également un empire colonial dont l’héritage lui profite encore aujourd’hui. En gros, elle a une place privilégiée sur l’échiquier économique mondial.

La Francea profité de la croissance générale entre 1945 et 1973. Ses entreprises ont prospéré durant « les trente glorieuses » grâce à un prolétariat à la productivité optimale, formé et maintenu en bonne santé par un Etat-providence fort, avec un niveau de vie en hausse régulière.

Ajoutons que, à l’issue de la seconde guerre mondiale, de grandes entreprises publiques furent constituées (comme l’Agence France Presse) et d’autres entreprises (comme Renault) nationalisées, le tout venant s’additionner aux nationalisations de 1936 pour constituer un pool d’entreprises publiques conséquent et profitable.

Ce qu’on appelle le compromis fordiste[1] : augmenter les salaires en échange d’une meilleure productivité et augmenter ainsi la consommation (ou l’art de donner plus pour reprendre encore plus) a très bien fonctionné en France où les conventions collectives sont négociées au niveau national conjointement par les instances patronales et syndicales. Dans ces négociations, les syndicats ont toujours joué leur rôle de partenaires du patronat en co-gérant la force de travail et en encadrant les luttes.

Enfin, l’Etat français a de nombreux atouts pour soutenir ces fonctionnements : centralisé depuis le XVIème siècle, il s’est doté d’une administration forte et répartie sur tout le territoire et d’une police efficace disposant d’un savoir-faire et d’un matériel de pointe. Et tout cela en restant encore aujourd’hui un Etat social, un Etat-providence.

Néanmoinsla Francen’est pas le village d’Astérix et elle n’a pas échappé à la crise générale du capital et aux processus de restructuration qu’elle entraîne depuis les années 70. Des entreprises sont délocalisées, d’autres réduisent leurs effectifs ou ferment leurs portes, 9,5% de la population active (déclarée) est au chômage en fin 2011, le coût de la vie augmente bien plus vite que les salaires et les aides et revenus indirects provenant des avantages sociaux que l’Etat-providence avait mis en place se rétrécissent progressivement, mettant à mal le compromis fordiste.

Des entreprises publiques sont privatisées et les services publics gérés de plus en plus en tant que centres de profit.

Du coup, depuis les années 80, les luttes deviennent de plus en plus défensives : on ne se bat plus guère pour une augmentation de salaire mais pour conserver son travail, son niveau de vie, obtenir de meilleures conditions de licenciement.

Parallèlement à ces luttes de négociation (avec le patronat et/ou l’Etat), se développent de plus en plus des révoltes urbaines comme les émeutes dites « de banlieue » de 2005 qui ont éclaté un peu partout dans le pays avec des affrontements quotidiens avec la police, des attaques de commerces, des saccages et incendies de bâtiments publics.

Ainsi, le prolétariat lutte à différents niveaux et ce peut être aussi bien avec des revendications très défensives que sans revendication du tout en s’affrontant directement à la police et aux infrastructures de l’Etat, en pillant et détruisant les marchandises qu’il peut si difficilement s’offrir d’ordinaire.

Les luttes défensives les plus emblématiques sont celles qui précédent des fermetures d’usine comme, en 2000, celle des travailleurs de Cellatex. Ceux-ci avaient menacé de faire sauter leur usine et de déverser des milliers de litres d’acide sulfurique dans la rivière voisine pour obtenir une compensation spéciale à leur licenciement de plus de 22 000 euros et des garanties particulières de reconversion.

Le moyen de pression utilisé, qui sera repris dans plusieurs autres entreprises en liquidation au cours de la décennie qui suit, peut sembler avant toutspectaculaire. Mais, outre le fait que ce type de moyen d’action est en rapportavec la violence des attaques des capitalistes, il s’inscrit aussi dans la lignée du syndicalisme de conflit et des pratiques d’action directe [2].

Les syndicats, s’ils savent eux-mêmes très bien jouer de ces pratiques pour soutenir leurs propres objectifs, ne parviennent pas toujours à maîtriser les séquestrations de dirigeants, les occupations violentes et les destructions diverses causées à la marchandise et à l’outil de travail par une base « déchaînée », pratiques qui se sont multipliées ces dernières années en même temps que les fermetures de sites de travail. D’où de nombreux conflits des syndicats avec leur base.

Le moteur du mode de production capitaliste, c’est l’accroissement constant des profits.

Pour y parvenir en situation de crise, il faut diminuer encore plus le coût global du travail (augmentation de la productivité, création de zones franches, réduction de taxes et de charges sociales…) et, pour cela, rendre le travail de plus en plus flexible et précaire (horaires et durée des contrats au gré du patronat, travail par intérim ou en sous-traitance, externalisation forcée de travailleurs obligés de se mettre à leur compte…).

En conséquence, les gouvernements successifs ont pour mission de réformer le contrat de travail et de diminuer les dépenses liées à la reproduction de la force de travail (santé, enseignement, retraite et aides diverses).

Pour y parvenir en situation de crise, il faut diminuer encore plus le coût global du travail (augmentation de la productivité, création de zones franches, réduction de taxes et de charges sociales…) et, pour cela, rendre le travail de plus en plus flexible et précaire (horaires et durée des contrats au gré du patronat, travail par intérim ou en sous-traitance, externalisation forcée de travailleurs obligés de se mettre à leur compte…).





Un parallèle avec le lanceur d’alerte Karl Marx : Le Capital – travail : L’heure est grave J
Non, la crise n’est pas finie. Mais quelle crise? Une crise économique? Elle existe en Espagne, en Grèce, en Italie, mais pas encore vraiment chez nous ni en Allemagne…. Marxisme économique – Wikipédia(..), Baisse tendancielle du taux de profit . Cf a voir K. Marx – Le Capital Livre I : Sommaire, Le Capital – Wikipédia :Le Capital. Critique de l’économie politique, l, (… ) dans l’ouvrage Les Théories de la plus-value

Pour éviter la surchauffe de son économie, qui croît au rythme de plus de 6 % par an, le Brésil veut réduire ses dépenses publiques afin de freiner l’activité. Avec 0,1 % de croissance au premier trimestre 2010, la France entend elle aussi réduire de façon drastique ses dépenses publiques. Cherchez l’erreur



En conséquence, les gouvernements successifs ont pour mission de réformer le contrat de travail et de diminuer les dépenses liées à la reproduction de la force de travail (santé, enseignement, retraite et aides diverses). Quelques exemple : Le chili, et la Grèce., mais j’aurais pu aussi citez le Québec, le Japon…. : Les raisons de la colère Les raisons de la colère 1_3 http://www.dailymotion.com/video/xfmjx7 ... from=embed Les raisons de la colère 2_3 Les raisons de la colère 3_3 :


Ca chauffe : À terme donc, le capitalisme croule sous le poids de ses contradictions, c’est l’état de crise permanent, qui ne peut être évité que temporairement par l’expansion économique à des marchés vierges, ou par l’emballement de la croissance technologique

La tentation de l’émeute, un documentaire de Benoît Grimont :
Cinq ans après les violences de l’automne 2005 en France, y a-t-il encore des candidats à l’émeute ? Le point de vue des habitants d’un quartier populaire de Villiers-sur-Marne.
Qu’a-t-on fait pour éviter que les émeutes se renouvellent ? Les médias, le pouvoir politique, la hiérarchie policière et les experts de tout bord ont souvent simplifié le débat et réduit au silence la population des quartiers concernés. Que sont devenus les émeutiers et que reste-t-il de leur motivation ? Ce film veut rendre la parole aux habitants de ces quartiers : émeutiers d’hier ou de demain, parents, éducateurs ou simples acteurs de la vie locale. Ils s’appellent Moussa, Mara, Paul ou Penda. Ils habitent aux Hautes-Noues, quartier populaire de Villiers-sur-Marne, marqué comme tant d’autres par la pauvreté, le chômage des jeunes et la ségrégation urbaine. Ils nous disent les raisons de leur colère, et ce qui parfois en découle : la tentation de l’émeute.



En trois parties :
La tentation de l’émeute 1_3 : http://www.dailymotion.com/video/xfmqlw ... from=embed

La tentation de l’émeute 2_3 : La tentation de l’émeute 3_3




Chili : Un raz-de-marée étudiant dans la rue, du jamais-vu depuis la fin de la dictature 1 – France Culture 15.08.2011 : http://www.franceculture.fr/2011-08-15- ... tature.htm



Mardi 9 août, pour la 9ème fois depuis le mois d’avril, les étudiants envahissent les rues de Santiago. Ils sont entre 80 000 et 100 000. 500 000 dans tout le pays. Depuis quelques jours, des tintements de casseroles résonnent aux carrefours de la capitale chilienne, dans tous les quartiers, pauvres et relativement huppés comme Providencia ou Ñuñoa. Ces « cacerolazos » n’avaient pas été entendus depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet

Mario Waissbluth, le directeur du Centre des systèmes publics de l’Université du Chili, l’une des trois plus prestigieuses au Chili, affirme que :

« Même dans ses rêves, le Tea Party n’a jamais imaginé un pays comme celui qu’ont dessiné nos Chicago Boys (les économistes néo-libéraux sous Pinochet) : charge fiscale au plus bas, État minimisé, dérégulation quasi-totale. »



MalEducados! el problema de la educación en Chile :: DocuHistory (durée 28 min) , MalEducados! el problema de la educación en Chile durée 28 min. Au travers d’entretiens, fait auprès d’étudiants, écrivains, militants et professeurs, Diego Marin Verdugo reconstruit la lutte étudiante qui secoua le Chili pendant un mois. Une lutte multiforme et originale, qui conjuga critique des logiques néolibérales de réforme universitaire aux impacts de ces mêmes logiques dans touts les domaines sociaux et économiques du pays : http://www.youtube.com/watch?v=M1VOaK3Yq80





¡Pagan por trabajar! – Esto NO tiene nombre TVN | 17-10-2011 durée 53 min : http://www.youtube.com/watch?v=JfhJUfgl ... re=related



Reportage sur La Crise en Grèce : http://www.youtube.com/watch?v=q1Ccx5lU ... re=related ( durée 20 min) : Plongez au cœur de la Grèce actuelle et découvrez le portrait édifiant d’une jeunesse parfois désœuvrée mais toujours combattive.



Documentaire – Grèce – le temps des sacrifices : http://www.youtube.com/watch?v=mdpIovSE ... elated(durée 54 min) : Un petit doc dressant les contours de la situation en grèce



Documentaire – Grèce – le temps des sacrifices (Le PIB américain a grimpé, mais pas les salaires réels. En fait, les gens ont stagné, financièrement parlant — s’ils ont eu de la chance. Bon nombre de familles se sont faites prendre au piège de la bulle du crédit/de l’immobilier. Lorsqu’elle a éclaté, les gens ont été soufflés par l’explosion… perdant en fait de la richesse.



hache entre les dents - zec.blogs.letelegramme.;


Oui, à Athènes c’est bien l’avenir de la démocratie en Europe et de l’Europe elle-même qui est en jeu. Par une étonnante ironie de l’histoire, les Grecs appauvris et stigmatisés se retrouvent en première ligne de notre combat pour l’avenir commun.
Écoutons-les, soutenons-les, défendons-les !
http://zec.blogs.letelegramme.com/archi ... dents.html



Le poison grec, On lâche rien !, Printemps érable, libre le Québec vibre !, Reporterre.net – Voici pourquoi la jeunesse aux Etats-Unis ne se révolte pas , Face aux délitements des pays Européen : Une lettre des indignés grec,

Sur le contrat de travail, l’une des réformes les plus marquantes porte sur les conditions du départ en retraite. C’est cette réforme, commencée en 1993, qui provoque le mouvement de lutte de l’automne 2010. Depuis la fin mars, les syndicats avaient déjà organisé 7 journées d’action et de manifestations contre cette réforme. En octobre démarre une série de manifestations et de grèves reconductibles (en vrac : SNCF, routiers, raffineries de pétrole, éboueurs et agents municipaux, cantines scolaires, crèches et autobus à Marseille, lycées et universités…) qui vont durer jusque vers la fin novembre.

La contestation de la réforme se solde par un échec total et son application suivra inexorablement son cours. Pour la première fois, alors que de précédents projets de réforme du contrat de travail (comme par exemple : le « Plan Juppé » en 1995 ou le Contrat Première Embauche en 2006), avaient été amendés ou annulés sous la pression des luttes, l’Etat français n’a fait aucune concession, montrant ainsi que toute revendication était irrecevable.

Raté dans ses objectifs « politiques » visés par les syndicats (lesquels ont tout de même bien réussi à épuiser les luttes avec 14 journées d’action et de manifestations en 8 mois !), ce mouvement a globalement mis en évidence la faiblesse du niveau des luttes en regard de la violence d’une attaque aiguisée par la crise et d’un rapport de force nettement en faveur du capital.

Cependant, ce mouvement a aussi vu se développer des pratiques de luttes au-delà du refus de la réforme du système des retraites, sur la base de l’achat global de la force de travail qui comprend tous les coûts nécessaires non seulement à payer les travailleurs mais aussi à ce qui leur permet de rester productifs, de survivre et de faire survivre leur foyer. Il a de ce fait impliqué le prolétariat au sens large, au-delà de la seule classe ouvrière et des catégories d’âge et d’activités directement concernées par cette réforme.

La difficulté croissante de l’activité de grève – et encore plus celle d’une grève avec occupation- ( en cause, notamment: la perte de revenu insupportable pour beaucoup dans le contexte présent, la peur fréquente de perdre son emploi et de mettre en danger son entreprise dont celui-ci dépend, les restrictions du droit de grève dans certains secteurs, les statuts atomisés des travailleurs au sein d’une même entreprise…) et l’impossibilité de faire grèvepour une fraction non négligeable du prolétariat (chômeurs, intérimaires, précaires, assistés sociaux, travailleurs au noir, sans papiers…) ont favorisé le développement :

- des pratiques de blocage hors des lieux de travail proprement dits : on «bloque» les raffineries et les incinérateurs à leurs entrées (sans hélas les arrêter totalement ce qui impliquerait ensuite une longue remise en route que les syndicats ont veillé à éviter ! !) ; des travailleurs municipaux d’autres secteurs d’activité se retrouvent pour bloquer un incinérateur dont le personnel n’est pas lui-même déclaré gréviste ; les « bloqueurs » appellent des groupes ou des individus extérieurs à venir les rejoindre etc.. ce qui, potentiellement, permet de dissocier ou d’associer librement grève et blocage et ouvre les lieux de travail et les collectifs de lutte à tous, sachant que les syndicats même « inviteurs » ont bien veillé au grain tout de même ![3].

- des « AG Interprofessionnelles », instances anti et/ou para-syndicales qui intègrent travailleurs syndiqués ou non, chômeurs, précaires, retraités, étudiants, titulaires des minima sociaux etc …et tentent des coordinations directes globales et non plus sur la base d’une profession, d’un métier, d’un secteur, d’une entreprise. Malheureusement, ces AG ont souvent été investies par des groupes d’extrême gauche, leur donnant un sens organisationnel et avant-gardiste.

Viennent se rajouter aux deux phénomènes précédents :

- le fait que ce mouvement est entré en synergie avec une série de conflits antérieurs et/ou parallèles portant sur des revendications salariales et de conditions de travail notamment dans les raffineries de pétrole et différentes entreprises publiques ou para-publiques (les hôpitaux parisiens, le musée du Louvre, les archives nationales, les éboueurs, les travailleurs du port de Marseille…).

- la forte mobilisation des lycéens, pourtant pas encore intégrés au monde du travail mais réagissant en futurs exploités, au besoin avec violence (cf. les saccages au centre-ville de Lyon et au tribunal de commerce de Nanterre)

Dans ce contexte, on comprend bien pourquoi a surgi le slogan Bloquons l’économie. Même si ce slogan n’est pas plus « révolutionnaire » (il ne s’agit pas de « détruire l’économie ») qu’il ne s’est révélé efficace (le moins qu’on puisse dire c’est que l’économie française n’a été que très modérément « bloquée » !!!), il présente l’intérêt de sortir de la sphère des revendications partielles pour s’en prendre directement à l’économie.

Du côté du coût de la reproduction de la force de travail, les réformes portent sur la baisse des dépenses de santé et d’éducation et, plus généralement, la rentabilisation des services publics, la hausse des cotisations sociales et des taxes, des réductions et suppressions de minimas sociaux… Si la mise en place des réformes a été progressive depuis les années 80, elle s’accentue depuis la crise de 2008, rendant la survie de plus en plus difficile à la majorité de la population, et encore plus aux travailleurs précaires, « réservistes » de la force de travail, et aux travailleurs surnuméraires, ceux dont le capital n’a plus l’usage. Pour ces derniers, la seule chance à s’employer est le secteur de l’économie informelle, lequel appartient tout de même en réalité à l’économie globale.

Cette situation implique un contrôle social accru de l’Etat par un renforcement de la répression : fermeture des frontières, chasse aux sans-papiers, conditions tyranniques d’obtention ou de maintien des allocations de chômage et des minima sociaux, coupures de gaz et d’électricité et expulsions locatives en toutes saisons, enfermement des jeunes déviants… deviennent notre paysage quotidien et suscitent régulièrement des résistances et révoltes de prolétaires subissant l’accroissement de leurs difficultés financières et une répression de plus en plus omniprésente.

__________________________________

[1] Parce qu’il avait été soutenu par Henry Ford, patron des automobiles du même nom
[2] L’origine des pratiques d’action directe remonte au syndicalisme révolutionnaire de la fin du XIXème siècle, mis en forme par la « Charte d’Amiens » de 1906 assignant au syndicalisme un double objectif : la défense des revendications immédiates et quotidiennes et la lutte pour une transformation d’ensemble de la société en toute indépendance des partis politiques et de l’Etat. Cette charte reste aujourd’hui encore la référence d’une partie du mouvement syndical même si c’est souvent sous une forme bien édulcorée
[3] Un exemple : à la raffinerie de pétrole de Grandpuits, quand les syndicats ont vu arriver un nombre important de gens venus participer au blocage de la raffinerie, ils les ont envoyés manifester dans la villed’à côté !

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Pourquoi parler de crise ? - Posted on 22 avril 2012 by risc
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L'état de la critique sociale du capitalisme. Itw de R. Kurz

Messagede Flo » 01 Aoû 2012, 11:42

Théorie de Marx, crise et dépassement du capitalisme

A propos de la situation de la critique sociale radicale.


Qu’est-ce qui distingue la présente crise des précédentes ?

Robert Kurz : Le capitalisme n’est pas l’éternel retour cyclique du même, mais un processus historique dynamique. Chaque grande crise se produit à un niveau d’accumulation et de productivité supérieur à celui du passé. C’est pourquoi la question de savoir si la crise peut être maîtrisée ou non se pose chaque fois d’une manière nouvelle. Certains mécanismes de solution antérieurs perdent leur validité.

Les crises du XIXème siècle ont pu être surmontées parce que le capitalisme ne s’était pas encore emparé de toute la reproduction sociale. Un espace intérieur restait disponible pour le développement industriel. La crise économique mondiale des années 1930 fut une rupture structurelle à un niveau d’industrialisation beaucoup plus élevé. Elle put être surmontée grâce aux nouvelles industries fordistes et à la régulation keynésienne dont les économies de guerre de la Deuxième Guerre mondiale ont été le prototype. Quand, dans les années 1970, l’accumulation fordiste a atteint ses limites, le keynésianisme a débouché sur une politique inflationniste fondée sur le crédit d’Etat. Mais ce que l’on a appelé la « révolution néolibérale » a simplement déplacé le problème du crédit d’Etat vers les marchés financiers. Tout cela s’est produit sur fond d’une nouvelle rupture structurelle dans le développement capitaliste, marquée par la troisième révolution industrielle (la microélectronique). A ce niveau de productivité qualitativement nouveau, il était devenu impossible de créer l’espace nécessaire à une accumulation réelle. Pendant plus de vingt ans, il s’est donc développé, sur la base de l’endettement et de bulles financières sans substance, une conjoncture globale de déficit qui ne pouvait être viable à long terme. Toute l’ère néolibérale de la dérégulation s’est accompagnée d’une succession inédite de crises financières et d’endettement. Tant que ces crises sont restées limitées à certaines régions du monde ou à des secteurs particuliers, il fut possible de les endiguer grâce à un flot de liquidités émis par les banques centrales. Mais ainsi, on a seulement créé les bases de la culmination du processus de crise. Depuis l’automne 2008, la crise engendrée par la troisième révolution industrielle a pris une dimension globale. L’éclatement des bulles financières a fait apparaître au grand jour le manque d’accumulation réelle. Le nouveau keynésianisme de crise ne fait que redéplacer le problème des marchés financiers vers le crédit d’Etat, mais à un niveau beaucoup plus élevé qu’au cours des années 1970. Pas plus qu’alors, l’Etat n’est en mesure de subventionner durablement le manque d’accumulation réelle. La crise des crédits d’Etat remplace la crise financière – la Grèce n’étant que la partie émergée de l’iceberg. Le redéplacement du problème vers l’Etat (une solution nécessairement sans imagination) montre qu’il n’existe aujourd’hui aucun nouveau mécanisme permettant de résoudre la crise au niveau de productivité atteint.

Selon vous, le capitalisme touche à sa fin. Sommes-nous pour la première fois dans l’histoire face à la possibilité de dépasser le capitalisme? Fallait-il que le capitalisme développe à ce point ses contradictions internes pour que cela soit possible? Cela n’était-il pas possible avant ?

R. Kurz : La dynamique aveugle du capitalisme se déploie selon ses propres lois internes. Ce processus n’est «nécessaire» et déterminé que dans la mesure où les catégories et critères fondamentaux de ce mode de production et de vie ne sont pas remis en question dans la pratique. Une intervention appropriée aurait permis d’arrêter la marche du capitalisme à chaque stade de son évolution. La socialisation de la production aurait alors pris une forme sur laquelle nous ne pouvons rien dire car elle n’a jamais réellement eu lieu. Il ne s’agit pas là d’une question de nécessité objective, mais de conscience critique. Ni les révoltes du XVIIIème et du début du XIXème siècle, ni l’ancien mouvement ouvrier ou les nouveaux mouvements sociaux des dernières décennies n’ont été capables d’engendrer une telle conscience. Au contraire, les formes capitalistes du travail abstrait, de la valorisation de la valeur et de l’étatisme moderne ont été de plus en plus intériorisées. Mais ce ne sont là que des faits. Il n’a donc pas «fallu» que le capitalisme développe ses contradictions internes jusqu’au point aujourd’hui atteint, mais il l’a fait. Nous sommes désormais confrontés à la tâche de reformuler la critique des formes capitalistes et à celle de leur abolition étant donné le niveau de contradiction qu’elles ont atteint. C’est simplement la situation historique dans laquelle nous nous trouvons, et il serait oiseux de pleurer sur les batailles perdues du passé. Si le capitalisme se heurte objectivement à des limites historiques absolues, il n’en reste pas moins vrai que, faute d’une conscience critique suffisante, l’émancipation peut échouer aujourd’hui aussi. Le résultat serait alors non pas un nouveau printemps de l’accumulation, mais, comme l’a dit Marx, la chute de tous dans la barbarie. […]

Vous lisez la théorie marxienne de la crise comme une théorie de l’effondrement, théorie fondée sur l’idée d’une sous-production de capital. D’autres marxistes (Grossmann, Mattick) l’ont fait avant vous, mais une telle lecture de Marx a toujours été très minoritaire. Les marxistes, quelles que soient leurs différences par ailleurs, ont toujours lu et lisent encore la théorie de Marx comme une théorie de la distribution inégale de la richesse (distribution inégale qui trouverait aujourd’hui sa source dans la spéculation, la dérégulation, la recherche de surprofits sur les marchés financiers) et rejettent la théorie de l’effondrement. Ces deux lectures de Marx sont-elles légitimées par Marx lui-même? Y a-t-il deux Marx?

R. Kurz : Le terme d’effondrement est à la fois métaphorique et suggestif. Il a été utilisé, sans être théorisé, par Edouard Bernstein afin de disqualifier en bloc la théorie marxienne de la crise dans le contexte de l’évolution capitaliste de la fin du XIXème siècle. L’expression apparaît dans ce qui est appelé le « Fragment sur les machines » des Grundrisse[1] de Marx que ni Bernstein ni ses adversaires ne connaissaient, car ils furent publiés beaucoup plus tard. Dans le livre III du Capital, Marx parle plus exactement d’une «limite interne du capital» qui finit par devenir une limite absolue. Les «théories de l’effondrement» minoritaires, formulées autrefois par Rosa Luxemburg et Henryk Grossmann, parlaient de «réalisation insuffisante» de survaleur (Luxemburg) ou d’une «suraccumulation» de capital (Grossmann) qui ne peuvent plus être réinvesties de manière suffisante. Paul Mattick a vite pris ses distances par rapport à la théorie d’une limite interne objective du capital, identifiant, comme les léninistes, l’« effondrement » avec l’action politique du prolétariat. Chez Marx lui-même, on trouve deux niveaux de théorie de la crise qui ne sont pas unifiés. Le premier niveau se réfère aux contradictions de la circulation du capital, c’est-à-dire à l’écart croissant entre les actes d’achat et de vente, ainsi qu’à la disproportionnalité entre les branches de production qui lui sont liées. Le deuxième niveau, dans les Grundrisse et le livre III du Capital, se réfère d’une manière beaucoup plus fondamentale au rapport entre la productivité et les conditions de la valorisation, donc à une production insuffisante de survaleur, sous-production due au fait que trop de force de travail est rendue superflue. Dans les théories marxistes de la crise, ce sont uniquement les contradictions de la circulation qui jouent un rôle: ces théories n’abordent absolument pas la question d’un manque de substance réelle de travail. Mais, avec la troisième révolution industrielle, c’est ce deuxième niveau, plus profond, de la théorie marxienne de la crise qui devient important. La désubstantialisation réelle du capital est parvenue à un point où seule une pseudo-accumulation sans substance via des bulles financières et le crédit d’Etat est possible, et c’est elle qui se heurte actuellement à des limites. Ce n’est plus la distribution inégale de la «richesse abstraite» (Marx) qui est en jeu, mais la libération de la richesse concrète du fétichisme du capital et de ses formes abstraites. Cependant, la plupart des marxistes contemporains sont même en deçà des anciennes théories de la crise et ne font qu’adopter le point de vue classique et petit-bourgeois d’une critique du capital financier. Ils voient l’origine de la crise non dans la production réelle insuffisante de survaleur, mais dans l’avidité subjective pour le profit de spéculateurs. Ils ne mettent plus fondamentalement en cause le mode de production capitaliste et n’aspirent plus qu’à retourner à la configuration fordiste du travail abstrait. Cette option n’est pas seulement illusoire, elle est réactionnaire. Elle a des ressemblances structurelles avec l’idéologie économique de l’antisémitisme.

Vous, Robert Kurz, et Moishe Postone, dont Temps, travail et domination sociale a été publié en français, développez deux critiques de la valeur qui divergent sur un point central. Pour vous, avec les gains de productivité, le capital perd sa substance (le travail abstrait) et, avec la troisième révolution industrielle, il la perd absolument. Pour Postone, au contraire, les gains de productivité accroissent la valeur, mais provisoirement. Selon lui, dès lors que le gain de productivité s’est généralisé, l’accroissement de valeur s’annule, l’unité de base du travail abstrait (l’heure de travail) étant ramenée à son niveau initial. Ainsi, pour vous, la valeur s’effondre, alors que, pour Postone, la valeur s’accroît sans cesse puis revient à son point de départ. D’où la question: cela n’entame-t-il pas la plausibilité de la critique de la valeur? Ou faut-il y voir un point pour le moment indécidable ?


R. Kurz : Mon point commun avec Postone est la critique du concept de travail véhiculé par le marxisme traditionnel. La vision traditionnelle a donné au concept marxien purement négatif, critique et historique de travail abstrait une définition positiviste, en le réinterprétant comme condition éternelle de l’humanité. Ce qui manque chez Postone [2] dans la critique du travail abstrait, c’est la dimension d’une théorie de la crise – à cet égard, il reste traditionnel. Une productivité qui s’accroît signifie que moins d’énergie humaine engendre plus de produits matériels. C’est pourquoi la productivité n’accroît jamais la valeur, mais la diminue toujours, comme Marx le démontre déjà dans le livre premier du Capital. Ceux qui prétendent le contraire confondent le niveau social avec celui de l’économie d’entreprise, ou confondent le capital total avec le capital individuel.

Le capital individuel accroît sa propre productivité d’abord de façon isolée et acquiert un avantage dans la concurrence. Il offre la marchandise individuelle à un meilleur prix, ce qui lui permet de vendre plus de marchandises et de réaliser pour lui-même une partie plus grande de la masse sociale de valeur. Mais ce qui, en termes d’économie d’entreprise, apparaît comme plus de profit et, par-là, comme une «création de valeur» croissante contribue, au niveau social, à une diminution de la valeur, et ce aux dépens des autres capitaux individuels. Dès lors que la productivité augmentée se généralise, le capital individuel innovateur perd son avantage. Mais il ne s’agit pas là d’un retour à un point zéro ou à un point de départ antérieur?

Au contraire, la productivité augmentée se transforme en nouveau standard général. L’heure de travail, comme unité de base du travail abstrait, est toujours la même; elle ne peut avoir, en tant que telle, des niveaux «différents». Mais le nouveau standard de productivité impose que moins de ces heures de travail abstraites, toujours identiques, soient requises pour une masse croissante de produits. Lorsque, dans la crise, du capital est dévalué ou détruit, le standard de productivité atteint reste le même, car il est inscrit dans l’agrégat que constituent connaissance et savoir-faire. (Pour le dire simplement: le capitalisme ne peut retourner du standard de la microélectronique à celui de la machine à vapeur.) Un nouvel accroissement de la valeur devient de plus en plus difficile, dès lors qu’il doit avoir lieu à un niveau toujours plus élevé de productivité et, par-là, à un niveau de substance diminuée de travail abstrait. Dans le passé, cette diminution constante de la valeur était seulement relative. Certes, avec un standard de productivité toujours plus élevé, le produit individuel pouvait représenter toujours moins de travail abstrait et donc moins de valeur. Mais par la réduction de prix correspondante, de plus en plus d’anciennes marchandises de luxe sont entrées dans la consommation de masse – la production et les marchés se sont élargis. De cette manière, la diminution relative de la substance sociale de valeur par produit individuel pouvait malgré tout déboucher sur un accroissement absolu de la masse globale de valeur, car la production sociale accrue mobilisait globalement plus de travail abstrait qu’il n’en était rendu superflu dans la fabrication des produits individuels. C’est à cela qu’est lié le mécanisme que Marx appelle production de «survaleur relative». Le même processus qui réduit sans cesse la part relative de la force de travail (la seule à produire de la valeur) dans le capital total réduit aussi – avec la valeur des biens servant à la reproduction de cette même force de travail – la valeur de celle-ci, faisant ainsi augmenter la part relative de la survaleur dans la production globale de valeur. Mais cela ne vaut que par rapport à chaque force de travail individuelle. Or, ce qui est déterminant pour la quantité sociale de la valeur et de la survaleur, c’est le rapport entre l’accroissement de la survaleur relative par la force de travail individuelle et le nombre global des forces de travail qui, selon le standard de productivité, peuvent être utilisées socialement. Dans le Fragment sur les machines, Marx laisse entendre que, logiquement, l’augmentation de la productivité doit atteindre un point où elle rend superflu plus de travail qu’il ne peut en être mobilisé par l’élargissement des marchés et de la production. A ce stade, même l’accroissement de la survaleur relative par la force de travail individuelle devient inutile, car le nombre des forces de travail qui peuvent être utilisées globalement baisse trop fortement. On peut démontrer que ce point que Marx avait anticipé abstraitement est atteint à la fois concrètement et historiquement avec la troisième révolution industrielle. Autrement, le capital aurait réussi à mobiliser sur ses propres bases productives suffisamment de travail abstrait et à augmenter la production réelle de valeur, au lieu de devoir la subventionner, dans une mesure sans précédent, par l’endettement, les bulles financières et le crédit d’Etat. A tous les niveaux du capital, nous assistons aux secousses de la dévalorisation. Mais il n’y aura pas de retour à un quelconque point zéro à partir duquel tout ce cirque pourra recommencer, aujourd’hui moins que jamais. Au contraire, la cause du désastre persiste, à savoir: le nouveau standard de productivité irréversible, posé par la troisième révolution industrielle. C’est pourquoi il n’y a plus d’autre possibilité que la création toujours nouvelle, par les Etats et par les banques, de capital-argent sans substance et qui s’effondrera à intervalles toujours plus rapprochés.

Traditionnellement, la critique du capitalisme se faisait au nom du travail. Or vous, Robert Kurz, vous n’opposez pas le capital au travail. Vous considérez au contraire le capitalisme comme société de travail. Pourquoi rejetez-vous le travail ?

R. Kurz : Le concept marxien manifestement critique et négatif de travail abstrait peut être défini comme synonyme de la catégorie moderne de «travail». Dans des conditions prémodernes, cette abstraction universelle soit n’existait pas, soit était déterminée négativement d’une autre façon: en tant qu’activité d’individus dépendants et soumis (esclaves). Le «travail» n’est pas identique avec la production tout court ou avec «le métabolisme entre l’homme et la nature» (Marx), même si, à ce propos, la terminologie de Marx reste imprécise. Le capitalisme a généralisé pour la première fois la catégorie négative de «travail». Il l’a idéologisée positivement, entraînant ainsi une inflation du concept de travail. Au centre de cette généralisation et de cette fausse ontologisation du travail, il y a la réduction historiquement nouvelle du processus de production à une dépense complètement indifférente par rapport à son contenu d’énergie humaine abstraite ou de «cerveau, de nerf, de muscle» (Marx). Socialement, les produits ne «valent» pas en tant que biens d’Usage, mais en ce qu’ils représentent du travail abstrait passé. Leur expression générale est l’argent. C’est en ce sens que, chez Marx, le travail abstrait (ou l’énergie humaine abstraite) est la «substance» du capital. La fin en soi fétichiste de la valorisation, qui consiste à faire d’un euro deux euros, est fondée sur cette autre fin en soi qui est d’accroître à l’infini la dépense de travail abstrait sans tenir compte des besoins. Mais cet impératif absurde est en contradiction avec l’augmentation permanente de la productivité, imposée par la concurrence. Critiquer le capitalisme du point de vue du travail est une impossibilité logique, car on ne peut critiquer le capital du point de vue de sa propre substance. Une critique du capitalisme doit remettre en cause cette substance même et donc libérer l’humanité de sa soumission à la contrainte du travail abstrait. C’est seulement alors que l’on pourra supprimer l’indifférence par rapport au contenu de la reproduction et prendre au sérieux ce contenu lui-même. Lorsqu’on comprend le capital au sens étroit comme capital-argent et capital physique («capital constant» chez Marx), il y a certes une contradiction fonctionnelle entre le capital et le travail. Ce sont des intérêts capitalistes différents au sein d’un même système de référence. Mais lorsqu’on comprend le capital au sens plus large de Marx, alors le travail n’est que l’autre composante du capital. Le capital-argent et le capital physique représentent du «travail mort», et la force de travail (le «capital variable» chez Marx) représente, elle, du «travail vivant». Il ne s’agit là que d’«agrégats» différents du travail abstrait et donc du capital. Sous cet angle, la contradiction est une contradiction interne du capital global ou du «sujet automate» lui-même, et pas une contradiction qui mènerait au-delà du capitalisme. En se plaçant non du point de vue d’une libération vis-à-vis du travail abstrait mais d’une libération de ce travail même, le vieux mouvement ouvrier s’est condamné à n’être qu’une composante du capital et à ne trouver une «reconnaissance» douteuse qu’en ce sens-là. En conséquence, le socialisme des pays de l’Est, autrement dit le capitalisme d’Etat, n’a pas critiqué et supprimé le travail abstrait. Au contraire, la bureaucratie l’a utilisé comme catégorie fondamentale pour la tentative (ratée) d’un calcul technocratique. Aujourd’hui, dans la troisième révolution industrielle, le capitalisme a largement évidé sa propre substance-travail. Dans les bilans des grands groupes industriels, la force de travail comme composante du capital n’a plus un rôle déterminant. Il n’y a pas que la production industrielle qui soit caractérisée plus par l’utilisation de la science et de la technique que par l’activité productrice immédiate de l’homme. La dynamique aveugle du capitalisme a dépassé dans la pratique l’idée – fausse depuis toujours d’un point de vue théorique – d’un socialisme fondé sur le calcul du temps de travail et en a démontré l’absurdité. Ce qui, dans une société postcapitaliste, doit être planifié, ce n’est pas la quantité d’énergie physique humaine, mais l’Usage des ressources naturelles, techniques et intellectuelles, qui doit être raisonné et diversifié en fonction de la logique de chaque secteur de la reproduction. Bref, un Usage au sens d’une simple « administration des choses », comme le dit Marx.

http://palim-psao.over-blog.fr/article- ... 91159.html

"La société à venir n'a pas d'autre choix que de reprendre et de développer les projets d'autogestion qui ont fondé sur l'autonomie des individus une quête d'harmonie où le bonheur de tous serait solidaire du bonheur de chacun". R. Vaneigem
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Vivons nous une » crise », mais un coup d'état anti social

Messagede indignados » 06 Oct 2012, 12:42

Nous ne vivons pas une » crise », mais un coup d'état social
http://l-indigne.skyrock.com/3117826751 ... ocial.html

Japon : cette déflation qui n'en finit pas.. - citoyenactif, Nous ne vivons pas une » crise », mais un coup d'état social - anarkia,Japon : cette déflation qui n'en finit pas.. - citoyenactif : La croissance ne se décrète pas, elle se construit Elle se construit ( dans la logique du système) par l'attrait des investisseurs, des réformes sur la compétitivité ou encore la réduction des déficits. Eux préfèrent parler investissement publics, euro-bonds. Bref, endettement ». Elle est tout simplement plus possible dans un monde fini alors que la doctrine néolibérale a besoin d'une croissance infinie Lorsqu'une telle chose se produit, elle peut durer très longtemps.


Dow Jones vers ses plus hauts historiques ?

Après l'annonce du QE3 il y a trois semaines, les indices américains ont atteint de nouveaux plus hauts annuels.

Et même si le chômage n'en finit pas de progresser des deux côtés de l'Atlantique et que le potentiel de hausse paraît relativement limité sur les indices américains, le mois d'octobre sera décisif : la tentation pourrait être grande pour les opérateurs d'aller tester la zone des plus hauts historiques.

La Fed voudra probablement éviter une correction significative avant les présidentielles américaines début novembre.


Le rêve du Medef ?

5PHOTO





Octobre 2012, le retour d'octobre 2007 ?
Ces plus hauts avaient précisément été inscrits le 11 octobre 2007. Le contexte économique était alors meilleur mais avait déjà commencé à se dégrader depuis mai 2007, alors que la crise des subprime faisait parlait d'elle. La plupart des indices européens ont d'ailleurs fait leur plus haut cette année-là en mai ou en juin.

Pourtant, avant qu'une correction majeure ne s'enclenche, cela prend souvent du temps et l'indice américain a continué à faire de nouveaux plus hauts jusqu'à la mi-octobre. L'histoire pourrait se répéter ce mois-ci. Un test de cette zone de résistance des 14 100 points sur le Dow Jones .

Test des plus hauts avant une correction significative ? "Suite au dépassement des 13 330 points après la réunion de la Fed du 13 septembre dernier, cette zone des 13 300 points est devenue support à court terme. Tant qu'elle soutient les cours, rien ne s'oppose à un test des 14 100 points".
"

▪ Les Européens sont déprimés...
Nous retournerons au ranch dans une minute. D'abord, voyons ce que disent les marchés.
Eh bien, rien d'important. Pas aux Etats-Unis. Mais regardez ce qui se passe en Europe.
Un article du Financial Times nous apprend qu'on n'avait pas vu autant d'Irlandais quitter le pays depuis 1987. L'Irlande a toujours été grande exportatrice de population. Presque partout dans le monde, on trouve un Mick ou un Paddy dont le grand-père ou l'arrière-grand-père venait d'Irlande. Il y en a beaucoup en Argentine. L'un est candidat aux présidentielles depuis longtemps — Ricardo Lopez Murphy.
Et puis il y avait le célèbre Ernesto Lynch Guevara, également connu sous le nom de Che.
Mais ne nous écartons pas du sujet. Les gens quittent l'Irlande parce que l'économie est dans le pétrin. Et l'Irlande n'est pas la seule concernée. Toute l'Europe est dans le pétrin.

Nous disions hier que le chômage n'a jamais été plus élevé... depuis en 1995. 18 millions de personnes sont sans emploi.

Aujourd'hui, nous découvrons que les travailleurs britanniques sont déprimés. Ils sont un sur 10 à avoir pris des congés maladie pour cause de dépression — ce qui fait d'eux les salariés les plus déprimés d'Europe.
Et en Espagne, la partie la plus riche du pays — la Catalogne — en a tellement assez de la dette et de l'austérité qu'elle menace de faire sécession !

▪ Lorsque le prix de l'or chute, ça signifie que les gens pensent que la situation est sous contrôle... que le système actuel fonctionne... et qu'il fournira de la croissance sans inflation excessive.
Lorsque les gens perdent confiance dans le système, en revanche, le prix de l'or grimpe.
Ces derniers jours, les gens devaient être en train de perdre confiance.
L'Egypte semblait être au bord d'une explosion majeure, déstabilisant potentiellement le Moyen-Orient tout entier.
Comprendre le capitalisme japonais : citoyen actif :
Comprendre le capitalisme japonais - http://www.nonfiction.fr/article-5813-c ... ponais.htm


Résumé : En trente années de politiques néolibérales, le Japon est devenu l'un des pays les plus inégalitaires de l'OCDE. La publication du livre de Sébastien Lechevalier, "La grande transformation du capitalisme japonais" , arrive à point nommé pour éclairer une zone d'ombre de l'histoire récente du Japon mais aussi pour donner des clés de compréhension à la crise du capitalisme en cours depuis 2007



Comprendre le capitalisme japonais - Le Japon à l'envers

· Description : Le Japon est aujourd'hui très connu en France, à travers sa culture populaire - manga, animé - et sa cuisine. Mais que sait-on au juste de cette "face cachée de la lune", située quelque part entre l'extrême-orient et l'extrême-occident ? Au-delà des clichés, ce blog apporte un éclairage sur quelques aspects méconnus de la société, de la vie politique et de la culture populaire dans l'archipel.· Contact· Partager ce blog
Sans-abris à Ôsaka, avril 2012 (DR/Mathieu Gaulène)

Et du Japon venaient des nouvelles encore plus perturbantes :
"S&P rétrograde la dette japonaise", titrait un article. Selon l'agence Standard & Poor's, le Japon n'avait pas de plan plausible pour échapper à la faillite.

Le pays a le ratio dette/PIB le plus élevé au monde. Et il ne fait que s'endetter plus encore.
Est-ce un problème ? Les prêteurs — en grande partie constitués des Japonais eux-mêmes — ne semblent pas être de cet avis. Ils prêtent de l'argent au gouvernement japonais pendant 10 ans et ne demandent que 1,24% d'intérêt. Vous imaginez ? Si le yen ne perdait que 2% par an — ce qui est la cible dans la majeure partie des économies avancées — le taux d'intérêt réel serait négatif. Ce qui signifie que le prêteur perdrait de l'argent chaque année.

Et comment les Japonais rembourseront-ils ? Les prêteurs donnent de l'argent à un emprunteur qui, comme le dit S&P, n'a "pas de plan plausible" pour le rembourser. Et ils ne demandent que 1,24% de taux d'intérêt. A quoi pensent-ils ? Pensent-ils tout court ?

Les taux d'épargne diminuent, au Japon. Les gens vieillissent. On trouve plus de personnes prenant leur retraite que de nouveaux arrivants sur le marché de l'emploi. Comment ce film pourrait-il avoir une fin heureuse ?

▪ Et voici un autre titre de la presse. Il n'a probablement pas vraiment bouleversé les investisseurs. Mais il aurait dû leur montrer la direction qu'ils prennent : "L'Espagne fait passer l'âge de la retraite à 67 ans".
"Le gouvernement et les principaux syndicats d'Espagne se sont mis d'accord jeudi dernier pour augmenter l'âge de la retraite dans le cadre d'une révision du système des retraites du pays, évitant ainsi les manifestations qui menaçaient de s'organiser et répondant aux investisseurs qui exigent que l'Espagne nettoie ses finances publiques".

"Après un an de négociations, cette ébauche d'accord assure que l'âge normal de la retraite espagnol passe à 67 ans, contre 65 actuellement. Dans le cadre d'un compromis, toutefois, le gouvernement a accepté que les travailleurs prennent leur retraite à 65 ans s'ils ont cotisé pendant au moins 38,5 ans aux fonds de retraite nationaux. Cet accord devraient également réduire le coût des futurs versements de retraites en fondant le calcul de ces versements sur les 25 dernières années de salaire d'un travailleur, plutôt que les 15 dernières années de la loi actuelle".

"La réforme des retraites est un sujet brûlant dans plusieurs pays européens, dont la France, qui a subi en automne dernier une grève nationale et des mouvements de protestation avant que le gouvernement ne gagne le soutien du Parlement pour son plan de faire passer l'âge minimum de la retraite de 60 à 62 ans. De même, la Grèce a vu de sérieuses perturbations après que son gouvernement a également accepté, en juin dernier, des changements radicaux pour son programme de retraites — notamment des réductions d'allocations et des freins aux retraites anticipées — dans le cadre des changements promis par Athènes en contrepartie d'un renflouage de 110 milliards d'euros".

"Comme de nombreux autres pays occidentaux, l'Espagne est confrontée à des difficultés croissantes pour financer les coûts d'une population vieillissante, à une époque où l'économie montre peu de signes de reprise après la crise financière mondiale. L'année dernière a été la première où le système de retraite espagnol n'a pas réussi à enregistrer un surplus".

Qu'est-ce que c'est ? Un défaut de paiement. L'Espagne fait défaut sur les promesses qu'elle a faites à ses classes ouvrières.

Nous verrons des défauts similaires dans toutes les économies "avancées" fonctionnant avec le système néolibéral ( néo capitalisme) sur le crédit et la dette. Tous ont fait des promesses qu'ils ne peuvent tenir. Ils doivent donc faire défaut... de nombreuses manières différentes.

Certains briseront rapidement leurs promesses pour protéger leur crédit. D'autres se laisseront acculer, le dos au mur — comme l'Argentine en 2001. Ils ne réduiront pas volontairement leurs dépenses... ils seront forcés de le faire. Ensuite, quand ils se retrouveront à court d'argent, ils seront incapables de tenir leurs promesses et causeront toutes sortes de misères — exactement comme l'ont fait les Argentins.
Et d'autres encore... comme un homme ruiné se saisit d'un pistolet chargé... auront recours à la planche à billets.

Peu importe le nombre de renflouages que vous leur donnerez. Peu importe jusqu'à quand ils réussiront à ce périlleux jonglage. Tous feront défaut. Les seules questions, ce sont comment... et quand le système chutera.

conclusion :



Alternative libertaire : Ni austérité ni relance ! Appel d'Alternative libertaire, du Mouvement des Objecteurs de Croissance et du Parti Pour la Décroissance ,
Le changement ? c'est nous qui le ferons !, Afrique du Sud : Sommet d'oppression politique après le massacre des mineurs
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Capitalisme : Le triomphe de l'argent roi

Messagede indignados » 06 Jan 2013, 16:24

Capitalisme : Le triomphe de l'argent roi
http://l-indigne.skyrock.com/3136087190 ... t-roi.html

Dans les pays démocratiques et développés, l’argent est devenu la seule balise. Après avoir été méprisés ou honnis jusqu’à la fin des années 1970 – une Rolls était alors le sommet de la ringardise –, le « fric » et ses attributs clinquants se sont imposés en force depuis les années 1990. Une caste étroite a vu son patrimoine et ses revenus grimper à des sommets inédits, pendant que se développait simultanément une grande classe pauvre de chômeurs, d’immigrants, d’employés saisonniers ou temporaires.


Comme l’avait remarqué Adam Smith, au-delà d’un toit et d’une nourriture suffisante, l’argent n’a plus d’utilité en soi. L’accumulation monomaniaque d’argent n’a pas pour objet d’acheter produits ou services indispensables mais simplement de susciter l’admiration ou, mieux, l’envie. La richesse permet de paraître riche. L’argent, comme une épidémie, est sorti du cadre occidental pour contaminer les pays émergents et tous les anciens pays communistes, et spécialement la Russie et la Chine. En Russie, une clique de kleptocrates a confisqué l’économie jusqu’ici étatique, et, devenue instantanément milliardaire, a déversé son surplus autour d’elle, créant une tribu de minioligarques gonflés de roubles. En Chine, les dirigeants du PCC ont ouvert les vannes à une caste d’ex-cadres du parti reconvertis dans la finance ou l’industrie, rapidement enrichis, acheteurs frénétiques de produits tape-à-l’oeil.


Ces fortunes colossales et très visibles, accumulées par des financiers, des industriels ou des hommes politiques, ont redéfini le système de valeurs. La véritable hiérarchie est devenue celle de l’argent : autour de lui s’est réorganisée la structure sociale, quand le niveau d’éducation ou la profession étaient, autrefois, des critères de classement. Plus on « vaut », plus on vaut. Achetant pêle-mêle clubs de foot, chalets à Courchevel, maisons à Londres, yachts géants, chacun pour plusieurs dizaines de millions d’euros, glamourisés dans tous les journaux people, les milliardaires ont remplacé les « best et brightest » au sommet de la pyramide sociale : cette pyramide est désormais celle de l’argent.


Constatant qu’il était possible de devenir milliardaire non seulement en entreprenant avec audace et compétence, mais aussi par le biais du pouvoir d’État, des réseaux ou de la corruption pure, et qu’une fois acquises, les fortunes, petites ou grandes, lavaient les délits ou les crimes commis pour les obtenir, la classe moyenne et supérieure mondiale a intériorisé un rapport cynique à l’argent, devenu le critère dominant du succès – peu importe le moyen de l’obtenir. Une fois acquis, il blanchit les âmes les plus noires. La seule morale consiste à se remplir les poches.


Dans le monde entier, les salaires des dirigeants d’entreprise ont augmenté à une vitesse fulgurante, passant de quelques centaines de milliers de francs à des millions d’euros. Il y a trente ans, un PDG avait de quoi bien vivre. Aujourd’hui, il fait fortune. La feuille de paie du PDG de Peugeot, Calvet, à 2 millions de francs, choquait sous Giscard. Son successeur gagne dix fois plus. Michel Bon, PDG de France Télécom dans les années 1990, gagnait 120 000 euros par an. Aujourd’hui, les PDG des grandes entreprises françaises gagnent en moyenne 4 millions d’euros par an, soit 250 fois le Smic. Au États-Unis, les PDG gagnent en moyenne 400 fois plus que leurs employés de base : en un jour, ils reçoivent plus qu’eux en un an. Le salaire d’un PDG est lié à un statut et non à une performance. Le PDG de Goldman Sachs en déroute a gagné 60 millions de dollars en 2008. Aucun chiffre ne choque plus. Les dirigeants du Crédit mutuel de Bretagne se sont augmentés de plus de 50 % en 2011, contre une augmentation de moins de 2 % accordée à leurs employés. Après avoir été sauvé en 2008 par l’injection de 6 milliards d’euros de fonds publics, Dexia a consenti des bonus de plusieurs dizaines de millions d’euros à ses dirigeants en 2009 et 2010, avant de faire faillite en 2011.


Le culte de l’argent a contaminé les politiques. Les dictatures ont ouvert le bal : depuis 1980, s’enrichir rapidement tout en restant à n’importe quel prix au pouvoir est devenu le principal passe-temps des despotes. La fortune de Kadhafi était estimée à plus de 25 milliards de dollars, à égalité avec Bill Gates. Pas mal, pour un pays de 6 millions d’habitants. Au Gabon, la famille Bongo a détourné plus de 5 milliards d’euros des caisses de l’État et de son peuple, ce qui a permis à Ali Bongo de racheter un hôtel particulier à Paris pour 100 millions d’euros. Laurent Bagbo, en sept ans, aurait détourné 5 milliards d’euros, ce qui devrait lui assurer une retraite agréable quand il sortira de prison. Bachar el-Assad, sa famille et sa clique ont accumulé quelques milliards de dollars. Les gardiens de la révolution iranienne, autrefois troupes d’élite, aujourd’hui affairistes d’État, ont accumulé quelques milliards de dollars, tout comme les généraux algériens. Un dictateur, fût-ce d’un pays marginal, qui a accumulé moins de 1 milliard d’euros est aujourd’hui un loser. Même certaines démocraties ont été touchées : en Italie, Berlusconi a utilisé sa fortune, amassée grâce à la politique, pour accéder au pouvoir, et le pouvoir pour arrondir sa fortune.


L’entrée de l’Inde, du Brésil, de la Russie et surtout de la Chine dans l’hypercapitalisme a mondialisé le culte de l’argent. Dans tous les pays du monde, est apparue une nouvelle classe ultrariche, au mieux, d’entrepreneurs, au pire, de profiteurs capitalisant sur leurs connections politiques. En creusant massivement les inégalités, ce phénomène fracture les sociétés. Mais le pire a été le renversement universel des valeurs. Un pauvre est devenu un nul, un riche, un génie. Un financier enrichi sans créer de valeur regarde de haut un grand chercheur, fût-il prix Nobel, aux revenus modestes.


L’argent est devenu une fin en soi, puisque au-delà de ce qu’il permet d’acquérir, il est la clé du positionnement social. Il n’y a plus de héros. Il y a des riches. Armstrong n’est plus un sportif, mais une marque. Tapie s’est fait remettre indûment 300 millions d’euros par l’État français : joli coup ! Comme le remarquait finement l’ancêtre bronzé de la publicité, Jacques Séguéla, dans sa phrase désormais tristement célèbre : « Si, à cinquante ans, on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie. » Ou Lord Mandelson, ministre du gouvernement « travailliste » de Blair : « Je n’ai rien contre les gens qui sont ignoblement riches ! »


La religion de l’argent roi rend les dirigeants politiques et les chefs d’entreprise cyniques et égoïstes, et surtout indifférents aux drames sociaux, sanitaires ou économiques que ce culte induit. Les dirigeants d’entreprise se focalisent sur le profit maximum : c’est la mission que leur ont donnée leurs actionnaires, et leur propre « valeur » monétaire, en salaire et intéressement, en dépend. Les dommages collatéraux de cette quête éperdue de la marge bénéficiaire, comme le stress ou le licenciement des employés, les délocalisations massives et sauvages, l’appauvrissement des clients, les drames écologiques ou sanitaires, sont considérés comme secondaires. L’argent étouffe les autres valeurs.


Ces dirigeants ne sont pas méchants ou malsains : ils fonctionnent logiquement, dans le système de valeur dominant qui s’impose à eux comme l’air qu’ils respirent. Les dirigeants des grands groupes de distribution ont ainsi une responsabilité écrasante dans la création de friches agricoles ou industrielles. Pour gagner quelques centimes de marge, ils n’hésitent pas à remplacer les tomates goûteuses de maraîchers locaux par les tomates hors sol insipides d’usines agroalimentaires les font transporter par des norias de camions. Ils n’hésitent pas à abuser de leur position dominante pour faire baisser leur prix d’achat aux producteurs de fruits et légumes audessous du prix de revient. Ils n’hésitent pas, comme Walmart (Wal-Mart Stores), à déplacer massivement et rapide ment leurs achats de jouets, d’outils, de matériel électronique ou de textiles vers l’Asie.


Prisonniers de la loi d’airain du profit à court terme, ils commettent des déprédations massives, en toute bonne conscience. Le président polytechnicien d’un grand groupe de télécommunication n’a pas compris que pousser à la productivité à outrance conduirait ses employés au suicide. L’intègre président d’une grande banque ne peut comprendre que l’obsession pour le profit de sa filiale de crédit à la consommation pousse ausurendettement et au drame personnel des millions de ménages pauvres. Le dirigeant d’un grand groupe pétrolier ne peut accepter la responsabilité d’une pollution majeure. Ils ne sont que les gardiens du camp, ils n’édictent ni ne font les règles qui emprisonnent.


La priorité absolue donnée à l’argent transforme des hommes honnêtes en kapos involontaires. Pour l’argent, des entreprises pharmaceutiques ont sorti, en s’appuyant sur des chercheurs ou des régulateurs complices, des produits sans valeur thérapeutique mais aux effets secondaires meurtriers. Des entreprises ont licencié des ouvriers à l’expérience et au talent unique pour augmenter d’un ou deux points leur marge, causant à la fois un désastre social et une impasse industrielle. Le surendettement massif des consommateurs et la délocalisation forcenée vers l’Asie résultent d’une volonté psychotique d’augmenter à tout prix les profits et les bonus à court terme. Le profit n’est plus la mesure du succès de l’entreprise, de sa contribution à la société. Il est devenu une fin en soi.




Extrait de "Les sept plaies du capitalisme" par Henri Bodinat, paru aux éditions Léo Scheer, 18 euros. (voir sur Amazon)

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Re: Capitalisme : Le triomphe de l'argent roi

Messagede indignados » 06 Jan 2013, 16:33

http://www.leoscheer.com/spip.php?article2325
Editions Léo Scheer : Les sept plaies du capitalisme (Henri de Bodinat)

http://www.leoscheer.com/
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Re: Capitalisme : Le triomphe de l'argent roi

Messagede digger » 06 Jan 2013, 18:00

Oups. Besoin d'une explication de texte.
Ceux qui exploitent les autres ne sont pas coupables, mais victimes (j'allais dire, les pôvres :mrgreen: ) L'argent, c'est le coupable.
C'est çà le fond de la théorie ?
Parce que ça me fait penser au gamin pris la main dans le pot de confiture et qui dit que c'est pas lui mais sa main.
Donc les types qui dirigent une multinationale qui affame les pays du tiers-monde sont des victimes au même titre que les affamés? Le coupable étant le même, l'argent.
L'argent se dématérialisant, la culpabilité, aussi. Pffff! Plus de coupables. Que des innocentEs!
Magique
Et ça marche aussi pour le braqueur de banque ? Le voleur-à-la-tire ? Monsieur le juge, je plaide NON COUPABLE. Le vrai coupable, c'est l'argent. Je suis un voleur involontaire!
C'est vrai que cette théorie ouvre de nombreuses perspectives intéressantes.
Je connaissais pas ce Henri de Bodinat, mais ne regrette pas de l'avoir connu. Il est drôle et les humoristes se font rares de nos jours. Faut dire qu'apparemment, il sait de quoi il parle (on peut pas lui retirer ça) Il a un sacré pedigree.
La morale de cette histoire, c'est qu'il n'y a pas de morale capitaliste et écrire un livre là dessus, et le présenter comme un scoop, faut avoir le sens des affaires.
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede Pïérô » 01 Mai 2014, 03:21

Point de vue

Crise du capitalisme et fausses solutions

Le principal reproche que l’on peut adresser aux « réformistes » ne vise pas la modestie de leurs revendications. La contestation du réformisme réside dans l’affirmation de son caractère illusoire et fondamentalement irréaliste dans la conjoncture de crise du capitalisme.

Ce qui fonde un positionnement révolutionnaire, c’est la reconnaissance de l’impossibilité de réformes durables dans un sens favorable au grand nombre. Cette impossibilité n’est pas « politique ». Des réformes provisoires pourraient être mises en œuvre à la faveur d’une modification du rapport de force, mais elles échoueraient immanquablement à plus ou moins brève échéance. Plus précisément, si des latitudes existent lorsque l’accumulation connaît une dynamique forte, ce n’est plus le cas quand manifestement cette dynamique s’essouffle.

Lorsque les rapports capitalistes entrent dans un processus de crise, les opportunités de réforme en effet se ferment de façon d’autant plus définitive que le processus en question est plus avancé. La croyance qu’il pourrait en être autrement, et cela à la condition seule de le vouloir politiquement, repose sur une méconnaissance des mécanismes en jeu dans le développement du capitalisme. Pour la gauche critique, le principe des crises réside, en dernière analyse et conformément à la lecture qu’en donne un keynésianisme hégémonique en son sein, dans des déséquilibres intervenant au niveau du « partage de la richesse ». Ces déséquilibres sont supposés résulter seulement de la cupidité laissée à elle-même des détenteurs de capitaux, avec cette conséquence d’amputer l’économie d’une part toujours plus importante de la « demande ». Si tel était le cas, un rééquilibrage du poids politique des masses laborieuses et la formation d’un compromis social stable appuyé sur ce dernier ne seraient critiquables en effet qu’au titre d’objectif par trop mesuré.

Capitalisme néolibéral

La dérégulation néolibérale aurait donc été imposée à la faveur d’un coup de force mû par le désir insatiable d’argent des magnats de l’industrie et de la finance. Le « désir insatiable d’argent » est en réalité une constante anthropologique caractéristique de l’homo capitalismus et, en cela, il ne saurait rendre compte à lui seul de la bifurcation néolibérale opérée dans les années 1980. On se rappellera plus significativement qu’elle prend place dans un contexte de crise aiguë affectant avec une sévérité remarquable les profits d’alors. En réalité, pour des motifs de nature structurelle, le capitalisme est confronté de façon récurrente à une raréfaction critique de la seule forme de richesse qui lui importe, la « richesse abstraite », celle figurée par l’argent. Cette affirmation a quelque chose de contre-intuitif puisque c’est la démesure qui s’impose à l’attention : l’observation quotidienne des masses de « richesses matérielles » déversées au péril de notre écosystème et les fortunes colossales concentrées en quelques mains. Dans la société industrielle marchande, l’argent représente l’activité passée, présente et future des travailleurs. Le capital fictif à cet égard, qui a revêtu des proportions extravagantes sur les trois décennies écoulées, correspond à des « projets » d’investissements productifs. Ils ne connaitront aucune traduction dans la réalité mais serviront de gages pour obtenir de l’argent frais. Si donc la spéculation sur les gains « futurs » a gagné en importance dans la conjoncture dite néolibérale, c’est en raison de la pénurie des occasions de valorisation de court-moyen terme. Sans l’endettement massif – par exemple – des ménages américains, les excédents commerciaux européens et asiatiques n’auraient trouvé aucun débouché. Autrement dit, l’économie de la dette n’a pris l’essor considérable qu’on lui connaît qu’à partir du moment où les mécanismes endogènes de croissance ont commencé à faillir. Outre le facteur subjectif de la soif de profits immédiats de l’actionnaire, le « court-termisme » fréquemment invoqué trouve donc son origine dans le rétrécissement objectif des fenêtres d’opportunité en matière d’investissement. De ce point de vue, les profits faramineux dont la presse fait régulièrement étalage sont l’arbre qui cache le potager…Nous ne disons pas que la domination est mise à mal en général, seulement que sa modalité capitaliste est en crise. C’est ce que l’indignation réformiste ou l’« économisme atterré » contribue grandement à faire ignorer. Sacrifiant opportunément à l’humeur contestataire d’une partie croissante de la population, qui n’est pas sans entretenir une certaine ambiguïté avec le populisme, la critique réformiste procède à une dénonciation tonitruante de la finance bien faite pour conférer le charme de la subversion aux prises de position les plus banalement alter-capitalistes.

La théorie critique de Marx

Pour Marx, le caractère cyclique des crises est imputable aux contradictions propres au système capitaliste. En plus de l’antagonisme de classe qui se matérialise dans la déformation du partage des revenus en faveur des propriétaires des instruments de production, Marx identifie dans le développement technique et la rationalisation de l’organisation du travail les causes principales de la liquidation du travail humain qui, arrivée à un certain seuil, finit par constituer un obstacle décisif à la poursuite de l’accumulation. Car – et ce fait n’est pas assez compris – c’est la croissance de l’activité-travail à un certain rythme qui assure le cas échéant une demande suffisante aux marchandises produites. Or, plus les standards de productivité s’élèvent, plus cette croissance devient problématique. Ainsi, une masse toujours plus grande de marchandises est réalisée avec toujours moins de travail salarié. D’où les difficultés de réalisation des ventes qui avec la révolution de la microélectronique se sont encore approfondies. Ses conséquences potentiellement dévastatrices n’ont été repoussées que grâce au gonflement sans précédent de capital fictif. Néanmoins, comme l’indiquent la succession rapprochée des crises, ainsi que l’intensité croissante de celles-ci, l’expédient de la dette et le sursis qu’elle a pu accorder arrivent à leurs limites historiques.

Un système en crise

Les menées agressives récentes du capital contre la société ne sont pas le seul résultat de l’avidité, laquelle définit invariablement l’oligarchie. Le système capitaliste se trouve être réellement en crise. Cette crise prend certes la forme d’une paupérisation absolue des travailleurs, mais ce n’est pas seulement du fait de l’égoïsme sans borne de quelques financiers et de la prompte servilité des élites politiques. Il faut également en saisir la raison dans le recul inexorable de la part du travail salarié dans la production d’ensemble. Ce recul est opéré dans un contexte de forte concurrence et au moyen des sophistications incessantes de l’appareil productif. Il s’agit là du côté objectif et systémique de l’accumulation capitaliste qui accompagne, côté subjectif, la résolution des capitalistes à accroître leurs gains. En somme, la violence de classe joue naturellement le rôle majeur dans cette affaire, mais elle s’exerce en même temps dans le cadre des conflits inhérents à la production marchande : d’un côté le salaire apparaît comme un débouché, de l’autre comme un coût ; le capitaliste individuel cherche à réduire le plus possible les coûts du travail tandis que le capitalisme global réclame davantage de travail au titre de l’élargissement de la consommation, et tout cela dans le cadre d’un processus tendant à l’élimination croissante du travail. Aussi, le choix entre politique de l’offre et politique de la demande sur lequel la gauche supposée radicale appelle à se prononcer n’est-il rien d’autre qu’une manière d’occulter les contradictions réelles du capitalisme et leur dynamique délétère. Il importe de prendre clairement nos distances avec le réformisme théorique et politique et faire le choix de l’utopie plutôt que celui de la chimère.

Wil (AL Paris-Nord-Est)

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