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Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 30 Juil 2009, 13:42
de arvn d
Je tente une traduction du texte suivant:
http://www.anarkismo.net/article/6854
La importancia de la crítica en el desarrollo del movimiento revolucionario

L'importance de la critique dans le développement du mouvement révolutionnaire

Cet article a été écrit de façon à refléter un vieux malaise personnel dans le mouvement libertaire. Ce malaise est le manque de débats dans les médias anarchistes, ainsi que le fait que, le peu qu’il y a, est souvent criblée d'insultes et d'un esprit plus compétitif que constructif. Cet échec, qui est devenu une maladie chronique, a un remède et peut être surmonté avec détermination et hauteur d’esprit.

Les idées exprimées ici ont commencé à se développer à partir d'un document de discussion de la revue chilienne « Hombre y Sociedad » (en 2006), puisque, dans cette publication, nous avons essayé de remédier à cette situation, même si nous reconnaissons les limites de nos humbles efforts.


L'importance de la critique dans le développement du mouvement révolutionnaire

I.

Il n'est pas rare d'entendre, quand nous parlons des différences entre l'anarchisme et les autres courants de gauche, que l'anarchisme est un courant «libre de dogmes », « pas fermé sur lui-même » et « ouvert au développement par la libre critique ». Cela a été répété à satiété, et communément considéré comme vertu suprême de l'anarchisme. Cependant, le moindre contact avec la réalité des milieux anarchistes nous donne une toute autre réalité. Malgré tout ce qui a été dit sur l'absence de "dogmatisme" de l'anarchisme, ce qui est souvent constaté est un manque de réflexion systématique mélangé avec le plus récalcitrant des dogmatismes, où le calme, l'analyse de la réalité est remplacé par un certain nombre de poncifs et d’a priori. Loin de trouver un environnement propice au développement de la critique, nous découvrons un mouvement paranoïaque qui tend à prendre la critique pour une attaque ou trop timide pour discuter en termes effectifs réels des différences en son sein. Et l'on trouve un mouvement qui, loin d'accepter les différences, les discuter avec sérénité et recul, est toujours prêt à excommunier. Ceci n'est pas dû à telle ou telle publication ou tel ou tel personnage du mouvement (bien que certains ont mener cette dérive à des niveaux pathologiques), mais est profondément partagé dans le mouvement libertaire et imprègne tous les secteurs et courants de celui-ci.

En réalité, l'anarchisme a de nombreux défauts. Nous souffrons, en tant que mouvement, de pas mal de choses, nous sommes encore un mouvement en devenir, en dépit de notre longue histoire. Mais l'une des lacunes les plus douloureuses, est l'absence d'une tradition d'un véritable débat. Où il n'y a pas de débat, il ya dogmatisme, et où il y a dogmatisme, il y a ignorance. Lorsque la discussion ne « vole » librement, ce qui prévaut est le manque de dynamisme dans les idées et l'écart avec la réalité. Dans un tel environnement, ne peut se développer un mouvement « sain », avec l'ambition de transformer le monde d'aujourd'hui.

II.

Nous n'avons pas une tradition de discussion. Nous sommes trop habitués à nous dénoncer les uns les autres, au lieu d'argumenter. Il y en a beaucoup, dans le mouvement, plus proche de l'esprit de Torquemada que de celui de Bakounine. Nombreux sont ceux qui préfèrent perdre leur temps à "surveiller" les paroles et actes d’autres anarchistes pour dénoncer ce qu'ils considèrent être une « diversion », au lieu de contribuer à la construction d'un mouvement concret. L'anarchisme est donc, plutôt qu’un outil pour transformer le monde, un ensemble de dogmes élémentaires, de rudiments politiques mal digérés, et de vagues slogans qui remplaceraient le débat politique. La simplification supprime l’espace de la pensée articulée. Nous avons trop défenseurs auto-proclamés de la foi et trop peu d’anarchistes disposés à contester la situation présente et à explorer de nouvelles voies pour l'anarchisme dans un monde qui ne s'arrête pas de tourner.

Au lieu d'accepter les différences d'opinion en tant que telle et d’échanger respectueusement vigoureusement, mais toujours avec un esprit constructif, nous dénonçons et disqualifions. Nous ne savons pas débattre et, souvent, nos discussions ont été prises au piège dans des questions de principes et toutes les divergences tactiques sont élevées au niveau de l'éternel débat sur les principes de l'anarchisme. Pierre Monatte, l'ancien anarcho-syndicaliste français, s’est « plaint » au Congrès d'Amsterdam (en 1907!): «Il y a des camarades qui, pour tout, même les choses les plus banales, ressentent le besoin de soulever des questions de principe» [1 ]. De cette manière, semble-t-il, pour toute différence, nous jouons à la raison d’être anarchistes et les positions divergentes sont caricaturées comme "autoritaire", "totalitaire", "marxiste", "réformiste", etc ... Etiquettes très utiles afin d'éviter de traiter les questions sur le plan politique et pas hystérique. Dans notre mouvement, malheureusement, nous avons tendance à habiller tout argument avec un certain nombre d'adjectifs qualificatifs qui n’apportent rien, absolument rien, à la clarification de la question à discuter. Ainsi, toutes les discussions sur l'anarchisme se terminent dans une course pour voir qui est le "plus" anarchiste, qui est celui ou celle qui conserve la ligne « sacrée » .... et non pas qui a raison à la lumière de la réalité.

Il semblerait que dans cette atmosphère de «dénonciations» et d'absence de débat, la réalité elle-même n’existerai que comme un aspect qui contribue peu ou pas du tout à la question qui est sur la table.

III.

Ce sectarisme et ce dogmatisme, sont également présents dans notre propagande. Nous avons même atteint le point qu’une énorme quantité d'encre et de papier est gaspillée par des revues anarchistes pour attaquer d'autres anarchistes, au lieu de débattre sainement ou attaquer ceux qui détruisent la vie de millions de gens dans ce monde [2]. Ceux qui agissent de cette façon font de gros dommages au mouvement, non seulement en nourrissant les tendances centripètes dans l'anarchisme, mais aussi en persuadant les lecteurs qui ne connaissent pas nos idées, que l'anarchisme est un mouvement à l'esprit petit, étroit et faible, ébloui par ses propres vanités et insensible à la réalité des problèmes de notre temps. Pourquoi adhérer à un mouvement qui est trop occupé avec ses inquisitions pour faire face aux problèmes quotidiens de tous les opprimés, les pauvres, les exploités, les marginalisés? [3]

Cette virulence dans les attaques contre ceux qui pensent ou agissent différemment et ce sectarisme, ont atteint un sommet avec les possibilités offertes par Internet et la communication virtuelle. Tout le monde peut maintenant librement et lâchement insulter, dans le confort de sa maison et de la protection accordée par l'anonymat, les organisations ou les « référents » du mouvement libertaire qui « donnent le visage et le combat ». N'importe qui peut donner libre cours à ses sentiments destructifs et à son esprit misérable pour mépriser les efforts réalisés, souvent avec de grands sacrifices de compagnons qui luttent pour réaliser une réelle alternative libertaire. Avec toutes les possibilités offertes par Internet pour l'échange d'expériences et de discussions, il est révélateur que la plupart des forums sont pauvres et les plus « populaires » ne sont souvent remplis que de commentaires d'insultes. C'est une très triste et douloureuse réalité pour ceux qui sont honnêtement dans la lutte.

Ceci est propre à tout mouvement éloigné de la réalité et en vérité, même dans les rangs de l'anarchisme, nombreux sont ceux qui n'ont pas de contact -dans le sens biologique du terme-, de toute évidence, avec le « peuple » ou qui ne font aucun effort visant à produire un travail constructif au sein des exploités. La lutte ne s’apprend pas dans les livres d'histoire, mais au quotidien. Entre des personnes « éloignées » des luttes et les organisations populaires nous pensons qu'il est difficile, en effet, qu’il y ait un débat constructif. Le manque d'expérience pratique, les rend incapables de maintenir la discussion en termes de réalité et elles sont facilement aspirées dans des abstractions de principe. Et par conséquent, vers des allégations de "trahison de l'anarchisme". C'est là leur vrai terrain, et, par conséquent, face aux différences, leur réaction naturelle est de se réfugier dans la sécurité de leur propre petit groupe, une poignée de gardiens de la foi.

IV.

Ces problèmes ne sont pas nouveaux. Il y a 85 ans ils étaient déjà identifiés par Camilo Berneri de manière incisive dans un article dont le ton, de celui qui a été longtemps membre du mouvement anarchiste, semblera, malheureusement, familier:


(...) Nous sommes immatures. Ceci est démontré par le fait que lorsque l’idée d’Union Anarchiste a été discutée sur les mots parti, mouvement, sans comprendre que la question n'est pas de forme, mais de fond, et que ce qui nous manque, ce n’est pas l’extériorité du parti mais la conscience du parti.

Que voulez-vous dire par la conscience de parti?

Je comprends plus l'émotion et la passion d'une idée, que l'exaltation des idéaux. J’entends le contenu spécifique d'un programme partisan. Nous sommes dépourvus de conscience politique dans le sens où nous ne sommes pas au courant des problèmes actuels et nous continuons de diffuser des solutions acquises dans notre littérature de propagande. Nous sommes utopiques et c’est tout. Qu’il y ait chez nos rédacteurs, de nombreux qui continuent de rééditer les écrits des « maîtres », sans jamais y ajouter l’once d’une note critique démontre que notre culture et notre propagande sont entre les mains de gens qui essaient de maintenir la pensée au lieu de pousser le mouvement « de ce qui a déjà été pensé pour s’efforcer à la critique, vers ce qui est pour penser ». Qu’il y ait des polémistes qui préfèrent « embouteiller » l’adversaire au lieu de tenter de rechercher la vérité, montre que parmi nous il y a des maçons dans un sens intellectuel. Ajoutons les écrivains pour qui l'article est un soulagement ou une vanité et nous aurons un ensemble d'éléments qui entravent le travail de rénovation entrepris par une poignée d'indépendants qui promettent.

L'anarchisme doit être global dans ses conceptions, audacieux, insatiable. Si il veut vivre et remplir sa mission d’avant-guarde, il doit se distinguer et tenir bien haut son drapeau bien que cela puisse l’isoler dans le cercle restreint des siens. Mais la spécificité de son caractère et de sa mission ne doit pas exclure une plus grande intégration de son action dans les fractures de la société qui meurt et pas dans la construction pleine d’apriori des architectes de l'avenir. Comme dans toute recherche scientifique, l’hypothèse peut éclairer la voie de l'enquête mais étaint cette lumière lorque que le résultat est faux, l'anarchisme doit conserver cet ensemble de principes généraux qui constituent la base de sa pensée et de sa nourriture passionné de son action, mais doit savoir affronter le mécanisme complexe de la société d'aujourd'hui sans lunettes doctrinales et sans engagements excessifs à l'intégrité de sa foi (...)

Il est grand temps d'arrêter avec les pharmaciens des petites formules compliquées quei ne voient pas au-delà de leurs pots remplis de fumée, il est temps de se débarrasser des charlatans qui enivrent le public avec de belles paroles, le moment est venu d’arrêter avec ces simplistes qui ont trois ou quatre grandes idées dans leur tête et agissent comme les vestales du feu sacré de l’Ideal distribuant les excommunications (...)

Celui qui aurait un soupçon d'intelligence et de bonne volonté pour lutter avec ses propres pensées, pour essayer de lire dans la réalité quelque chose de plus que ce qu'ils lisent dans les livres et les journaux. Étudier les problèmes d’aujourd’hui signifie éradiquer les idées non pensées, élargir la sphère de son influence en tant que propagandiste, faire un pas en avant, même un bon saut en longueur à notre mouvement.

Il est nécessaire de rechercher les solutions en faisant face aux problèmes. Nous devons adopter de nouvelles habitudes mentales. Comme le naturalisme a dépassé la scolastique médiévale, la lecture du grand livre de la nature au lieu des textes d'Aristote, l'anarchisme dépassera le pédant socialisme scientifique, le communisme doctrinaire enfermé dans ses apriori et tous les autres idéologies cristallisées.

J’entends par anarchisme critique, un anarchisme, sans être sceptique, ne se contente pas des vérités appris avec les formules simplistes ; un anarchisme idéaliste et, dans le même temps, réaliste ; un anarchisme, en somme, qui greffe de nouvelles vérités au tronc des vérités fondamentales, qui peut tailler les vieilles branches.

Ce n’est pas une tâche de démolition facile, de nihilisme hypercritique, mais de renovation qui enrichit le patrimoine originel et lui ajoute forces et belles nouveautés. Ce travail nous le faisons maintenant, car demain, nous devrons reprendre la lutte, qui ne cadre pas bien avec la pensée, en particulier pour nous qui ne pouvons jamais battre en retraite quand la bataille fait rage.

Camillo Berneri


(Pagine Libertarie, Milán, 20 de noviembre de 1922)[4]

Les mots de Berneri nous blessent par leur acuité, mais surtout, par leurs douloureuses actualité. Déjà primait, même dans la discussion, l'intention de battre l'ennemi plutôt que d'aller de l'avant et d'apprendre. Avant tout l'esprit sectaire l'emporte sur l'esprit de parti. Cela signifie qu’à la plus petite différence, les groupes se divisaient. Non pas que nous sommes partisans de l'unité à tout prix, l'unité n'a de sens que quand il y a des pratiques et des idées fondamentales qui sont convergentes (pas identiques, car les différences sont fondamentales pour le développement d'une politique). Mais nous sommes d’amers adversaires du sectarisme et de la division mesquine.

V.

L'article cité de Berneri n'est pas seulement d’une importance capitale par la critique qu’il fait du mouvement, mais aussi pour remettre à sa place l'importance de développer la pensée critique dans notre mouvement. Je crois que notre mouvement ne sait toujours pas prendre le pouls de l'importance de la critique et de la discussion en son sein.

Il existe un lien direct entre le niveau de discussion dans un mouvement politique et sa dynamique. Et seule un mouvement dynamique prend l'initiative politique et sait influer sur la réalité. Ce facteur, le dynamisme, laisse beaucoup à désirer dans les milieux anarchistes. Nous sommes trop habitués à traiter des divergences de points de vue apparemment opposés de deux façons: soit nous insulter, en traitant ceux qui pensent différemment de ne pas être de vrais anarchistes, soit en ignorant les différences en affirmant que dans l'anarchisme au fond, tout se vaut (jusqu’aux idées les plus disparates) . Le résultat de ces deux mécanismes pour faire face aux dissensions est identique, finalement il n'y a pas de discussion. Soit nous nous enfermons dans différentes chapelles, ou nous montons un grand cirque, où tous coexistent, mais où personne n’abordent les sujets qui fâchent pour ne pas blesser les « susceptibilités ».

Bien que superficiellement ils semblent diamétralement opposées, le «tout se vaut» dans l’anarchisme le sectarisme dogmatique sont identiques dans le fait qu’à la fois ils frustrent la discussion et la promotion des idées.

VI.

Je crois que, sans savoir discuter entre nous, nous ne savons pas discuter avec d'autres secteurs du « monde populaire » et de ce fait, nous changeons la lutte politique (l'interrogation et l'échange d'idées et de pratiques) par une infatigable et insupportable prédication entre convaincus. Il est assez révélateur que la grande majorité des publications de la "propagande" anarchiste paraissent plus s’adresser à d’autres anarchistes et qu’à ceux auprès de qui elle devraient être diffusés nos idées :à toutes ces personnes qui n’agissent ni ne pense de manière ou d’un point de vue « anarchiste ».(5)

Tout comme entre nous, la différence d'opinion ou de pratique est synonyme d'anathème, envers le reste du mouvement révolutionnaire ou de la gauche, ou même de la population, preuve de la même fermeture. « Réformistes », « fascistes rouges», « autoritaires » sont des termes abusés qui ne signifient rien ou presque rien, à ce point, précisément parce qu'il est tellement sortis de leur sens. Termes, qui, au lieu de contribuer à clarifier les différences et à bâtir des ponts dans la discussion, nous ont isolé et sans nous aider à clarifier les véritables points de discorde. Tous les problèmes de méthodes et d'idées avec le reste de la gauche sont réduits à la simple formule « Vous désirez le pouvoir et Nous non. " J'ai toujours pensé à l'absurdité de cette approche: celui qui est vraiment aveuglé par l'obsession du pouvoir trouverait un meilleur allié dans le parti au pouvoir ou la bourgeoisie, plutôt que de militer au sein d’un Parti communiste ou d'inspiration socialiste, qui peut certainement vous apporter plus de problèmes que d’avantages matériels dans l'immédiat. Une autre chose est ce qui se passe quand ces partis viennent d'obtenir un certain pouvoir entre leurs mains, ou quand se développe une bureaucratie avec quelques parcelles d'influence dans un tel mouvement. Mais je le répète, il s'agit plus d’un problème de méthodes que de mauvaises intentions initiales.

Cela n'exclut pas que, dans la gauche, comme partout ailleurs, il n’y a pas des gens malhonnêtes, des opportunistes, des personnes à l'esprit petits et incapables de comprendre la réalité au-delà de leurs étroites œillères partisanes, ou pire encore, les personnes qui placent les intérêts de leurs culte comme étant ceux du peuple. Mais entre accepter cela et soutenir que nous sommes les seuls révolutionnaires bien intentionnés, purs et désintéressés, il y a une énorme différence.

VII.

Luigi Fabbri, dans son article fondamental "Influences bourgeoises sur l'anarchisme ", déjà en 1918, se plaint du problème du langage utilisé entre anarchistes, mais aussi vers d’autres mouvements populaires ou de gauche. Sa requête est particulièrement utile pour tout ce que j'ai essayé d’exposer. Fabbri nous dit:

“El fin de la propaganda y de la polémica es convencer y persuadir. Ahora bien: no se convence y no se persuade con violencias en el lenguaje, con insultos e invectivas, sino con la cortesía y la educación de los modales. [6]“

Et il continu :

“(...)Pero la violencia del lenguaje en la polémica y en la propaganda, la violencia verbal y escrita, que a veces se ha resuelto dolorosamente en hechos de violencia material contra las personas, la violencia que, sobre todo, deploro, es la que se emplea contra otros partidos progresistas, más o menos revolucionarios, que esto poco importa, que están compuestos de oprimidos y explotados como nosotros, de gentes que como nosotros están animadas por el deseo de cambiar hacia un estado mejor la situación política y social presente. Aquellos partidos, que aspiran al poder, cuando a él lleguen, indudablemente serán enemigos de los anarquistas, pero como esto está aún lejos de ser, como que su intención puede ser buena y muchos males de los que quieren eliminar también queremos nosotros verlos suprimidos, y como que tenemos muchos enemigos comunes y en común tendremos, sin duda, que librar más de una batalla, es inútil, cuando no perjudicial, tratarlos violentamente, dado que por ahora lo que nos divide es una diferencia de opinión, y tratar violentamente a alguno porque no piensa u obra como nosotros es una prepotencia, es un acto antisocial.

La propaganda y la polémica que hacemos entre los elementos de los demás partidos, tiende a persuadirles de la bondad de nuestras razones, a atraerlos a nuestro ambiente. Lo que hemos dicho anteriormente en líneas generales, es decir, que se persuade mal al que se trata mal, es más aplicable en línea particular tratándose de elementos asimilables: de obreros, de jóvenes, de inteligencias ya despiertas, de hombres que ya están en camino hacia la verdad. El choque de la violencia, al contrario, lejos de empujarles, los detiene en este camino, por reacción. Algunos de sus jefes pueden obrar de mala fe, pero decidme: ¿estamos seguros de que entre nosotros no haya también personas que obren del mismo modo? Debemos procurar atacarles cogiéndoles, como suele decirse, en el garlito, cuando realmente se ve que obran de mala fe, y no involucrar en el ataque a todo el partido. Ciertamente que muchas doctrinas suyas son erróneas, pero para demostrar su error no son necesarios los insultos; algunos de sus métodos son nocivos a la causa revolucionaria, pero obrando nosotros de modo diferente y propagando con el ejemplo y la demostración razonada, les enseñaremos que nuestros métodos son mejores.

Todas las consideraciones de este trabajo me han sido sugeridas por la constatación de un fenómeno que he observado en nuestro campo. Nos hemos acostumbrado tanto a ahuecar la voz siempre y en todo, que hemos ido perdiendo gradualmente el valor de las palabras y de su relatividad. Los mismos adjetivos despreciativos nos sirven de igual modo para atacar de frente al cura, al monárquico, al republicano, al socialista y hasta al anarquista que no piense como nosotros. Y eso es un defecto primordial. Si alguna diferencia se establece, más bien es en beneficio de nuestros peores enemigos. Se puede decir que los anarquistas y los socialistas no hemos dicho nunca tantas insolencias a los curas y a los monárquicos como a los republicanos, y que los anarquistas nunca dijeron tantas a los burgueses como llevan dichas a los socialistas. Más diré todavía: especialmente en los últimos tiempos, ha habido anarquistas que han tratado a otros anarquistas, que no pensaban exactamente como ellos, como jamás trataron a los clericales, explotadores y policías juntos.

(...) creo que sería mejor que procurásemos conocernos, y, sobre todo, trabajar sin perder nunca de vista que en frente tenemos al enemigo, al verdadero enemigo que acecha el momento de nuestra debilidad para asestarnos sus golpes. Porque nunca como en medio de los partidos en que la acción es la única razón de vida, se puede decir con mayor motivo que el ocio es el peor de todos los vicios y el primero de éstos es el de la discordia.”[7]


On ne peut pas être plus précis et plus lapidaire dans ce « procès ». Et encore, nous avons montré qu’en 90 ans, nous avons appris très peu et qu’il nous manque encore beaucoup de choses pour avancer dans la construction d'un débat sain où l'on peut apprendre et aller de l'avant.

VIII.

Pour nous, la critique et le débat doivent être des outils de construction, d'abord et avant tout. Nous ne sommes pas intéressés par le débat pour montrer « qui a raison», ou le débat purement « sportif », mais pour essayer de trouver la manière la plus appropriée de relever les défis auxquels notre mouvement est confronté et cela dans un véritable esprit constructif. En effet, ces discussions devraient se baser sur la pratique, car nous pensons que la discussion doit être fermement ancré dans la réalité pour éviter les distorsions propres à l'ignorance de la pratique ou au pur l'idéalisme. En outre, seule la discussion basée sur des expériences équivalentes peut créer un langage commun et productif. Eh bien, si une organisation est critiquée sur sa façon de faire les choses, nous devrions être en mesure de démontrer qu'il y a une autre façon de faire, ou au moins nous pouvons proposer des solutions de rechange. Même si il est nécessaire de garder à l'esprit à tout moment qu'une position est rarement totalement idéale.

Puis, un autre point important est que, si la critique n'est pas accompagnée de la pratique révolutionnaire, elle devient inutile. Quel est la valeur d'une critique révolutionnaire qui n’offre, une perspective de réalisation efficace, pour qu’il y ait un véritable mouvement révolutionnaire, et non un dilettantisme purement intellectuel? Le révolutionnaire, à la différence des hommes politiques, ne parlent pas à la place des autres, en leur nom. Un révolutionnaire doit toujours parler de l'action et de l'effort, aussi humble soit-il, qui puisse être une alternative à la réalité présente. J'ai tendance à être plutôt sceptique à propos l'hypercritique et vis-à-vis des ultra-révolutionnaires qui n'ont jamais été vus sur le terrain et qui ne sont jamais salis les mains. Il s'agit de l’idée d'une critique constructive: celle qui est forgée dans le feu de la construction concrète et non pas celle qui a pour simple but de détruire le moral des autres.

La discussion devrait également être mise au service de la pratique comme une dynamique qui devrait enrichir nos expériences. Et vice versa, la pratique donne de nouveaux éléments pour faire progresser la théorie, et comme l'a dit Berneri, vers un anarchisme qui sait comment tailler les branches âgées, qui sait intégrer de nouveaux éléments aux idées fondamentales et qui sait se renouveler. C’est l’immobilisme intellectuel qui est le principal facteur de notre incapacité à comprendre pleinement les phénomènes d'un monde qui est en constante transformation.

Mais la critique n’a pas seulement un rôle crucial pour nous aider à mieux comprendre notre réalité et à développer des concepts, des propositions les plus appropriées aux besoins de notre temps. Le débat est également important pour aller de l'avant et à débarrasser des idées fausses, insuffisantes ou mal formulées. Comme me l'a déjà dit un compagnon: "avec notre discussion tu n'as réussi à me convaincre, mais au moins, ça m'a aidé à découvrir mes propres faiblesses et de renforcer mes idées." Ce n'est pas tomber dans un dialogue de sourds, dans la mesure où nous répondons et d'écoutons les arguments de l'autre. Au contraire, c’est une aide cruciale pour progresser, cela donne de la force aux idées et semblent alors mieux argumentées, plus fortes et plus sophistiquées. Et en même temps, c’est une aide pour se débarrasser d’idées fausses ou de non-sens.

Enfin, la critique et le débat sont très importants pour construire des ponts avec d'autres courants. Par le développement de cela, nous pouvons apporter à ceux qui ont été attirés vers d'autres courants, on peut amener d’autres organisations vers nos positions et nous pouvons apprendre d’elles et réaliser que, sur des aspects particuliers de notre politique, nous avons eu tort. Seulement dans le cas où le pont a été mis en place dans une saine discussion, une pratique peut être libre de sectarisme qui, en respectant les différences, serait en mesure de rejoindre les forces de consensus.



Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 30 Juil 2009, 18:04
de arvn d
travail en cours...

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 31 Juil 2009, 04:50
de chaperon rouge
C'est vraiment très intéressant jusqu'à maintenant, dommage que ma base en espagnole soit si minime, sinon je t'aiderais volontier. Très possible que je soumette ce texte aux camarades de la province pour réflexion, si ça ne te déranges pas.

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 31 Juil 2009, 18:52
de arvn d
Comme tu veux mais ça reste une traduction approximative...

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 31 Juil 2009, 19:00
de Johan
Excellent texte, que tout les membres du forum devraient lire et méditer.
Merci pour cette traduction. :clap:

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 31 Juil 2009, 19:10
de CARNUS
C'est clair que ça s'applique bien à ce Forum, comme aux listes internes, RL, FA etc...

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 31 Juil 2009, 20:07
de Antigone
Effectivement, c'est très intéressant.
J'y adhère totalement, quoique ne faisant pas partie du mouvement anarchiste.
Ce qui y est décrit se constate également ailleurs, organisations, partis, syndicats, partout où il y a un pouvoir.
Pas besoin de longues années de militantisme pour le vérifier. On y a été, on y est, on y sera confrontés à un moment ou à un autre.

(je poursuivrai plus tard)

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 01 Aoû 2009, 12:21
de arvn d
et laissez-moi avancer dans la traduction, ce n'est même pas 10% du texte... :wink:

la suite bientôt

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 01 Aoû 2009, 12:46
de Glaucon
Il y en a beaucoup, dans le mouvement, plus proche de l'esprit de Torquemada que de celui de Bakounine. Nombreux sont ceux qui préfèrent perdre leur temps à "surveiller" les paroles et actes d’autres anarchistes pour dénoncer ce qu'ils considèrent être une « diversion », au lieu de contribuer à la construction d'un mouvement concret.


c'est exactement ce que faisait Bakounine, calomnier, polémiquer, exciter les autres. au sein de l'Internationale il ne s'en est pas privé ; on montre souvent le méchant Marx intolérant contre le gentil martyr Bakounine, mais ce dernier était tout aussi intolérant et sectaire que Marx, et n'hésitait pas à pratiquer la diffamation (il a accusé Marx d'être un agent secret prussien, d'être au service de Bismarck, de vouloir instaurer un Etat tyrannique, et j'en passe). sans compter ses liens avec Netchaïev.

en fait dans tous les mouvements politiques il y a une foule de gens intolérants et sectaires, y compris malheureusement chez les anarchistes. j'ai parlé de Bakounine ; Proudhon me semble plus mesuré mais il n'hésitait pas à stigmatiser les juifs, les anglais, les femmes... Proudhon : La haine du juif comme de l’Anglais doit être notre premier article de foi politique. (Carnets 1847). La pire espèce d’affranchie est la femme esprit fort, celle qui se mêle de philosopher, qui, aux travers habituels de l’affranchissement, à l’horreur du mariage, joint les prétentions d’une doctrine, l’orgueil d’un parti, l’espoir secret d’une déchéance en masse du sexe mâle. (De la pornocratie ou Les Femmes dans les Temps modernes, posthume).

au contraire, des personnes comme Louise Michel ou Piotr Kropotkine sont plus tolérantes que les fondateurs de l'anarchisme.

mais sinon c'est clair que si l'anarchisme, mais aussi le communisme, sont minoritaires en France, c'est en partie à cause de leur sectarisme qui les empêche d'avoir des débats ouverts et intéressants, et d'attirer des gens d'horizons différents. Marx avait lu tous les libéraux, Kropotkine était d'origine aristocrate, Louise Michel était institutrice... je pense que la révolte n'est pas seulement une pratique de combat, c'est aussi se cultiver et être ouvert aux débats sur tous les sujets, sans se braquer d'emblée.

sinon félicitations pour cette traduction en cours, c'est un travail très intéressant et généreux de ta part.

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 01 Aoû 2009, 13:10
de arvn d
De rien, mais j'avoue m'aider de traducteur automatique dont je corrige la traduction ensuite c'est un peu plus court que la traduction normale mais ça peut aussi induire en erreurs (d'ailleurs, y'en a et j'ai pris quelques libertés concernant des tournures de phrases dont la traduction littérale me semblait peu compréhensible en français).

Je viens de rajouter le deuxième "chapitre"

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 01 Aoû 2009, 17:52
de arvn d
Chapitre II et IV traduits, beaucoup de difficultés à traduire la "traduction" (sic.) de Berneri, si quelqu'un a le texte en français, ce serait sympa de le passer pour que je puisse l'utiliser car j'ai peur d'avoir commis de nombreuses erreurs de traductions...

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 01 Aoû 2009, 21:22
de joe dalton
heuresement on peut encore trouver de tres bon texte sur ce forum !
mais j'ai une piste pour ce qui s'etonne du "comment c'est possible ? "
les anarchiste en grande partie on la haine du genre humain ! sans se l'avouer bien sure, mais il haissent l'humain et se permettent de juger de haut ses petites mesquineries naturelles, exepté les leurs bien sure !
c'est pourquoi il sont si prompt a hair l'humanisme ; qui est en tant que concept une escroquerie bien sure, mais dire de quelqu'un qu'il est inhumain, c'est quelque chose de réel et qui ne se laisse pas enfermer dans des definitions !

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 01 Aoû 2009, 21:47
de willio
Merci pour cette traduction arvn d, en effet très intéressante.
Ca devrait nous inciter à avoir un regard critique sur nos propres attitudes, sur le forum comme ailleurs.

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 03 Aoû 2009, 01:34
de Kartoch
Merci pour cette traduction, très intéressante jusque là.
Ca fait réfléchir

Re: Traduction:"La importancia de la crítica en el desarrollo.."

MessagePosté: 05 Aoû 2009, 10:56
de arvn d
partie 5 traduite