Yo Rick Roll,
Je répondais surtout à Bajotierra et son approche "par l'idée" du pouvoir.
Je suis bien d'accord avec ce que tu écris.
Sur ça :
Il faut savoir que les comités qui dirrigeaient les villes avant que le gouvernement caballero soit constitué, n'étaient pas élus mais c'étaient les dirigeants syndicaux et politiques locaux (style LKP)
Ils fonctionnaient d'une manière que certains qualifieraient dans le mouvement anar actuel d'autoritaire : coercition, exécutions sommaires, tribunaux populaires, applications de décisions prises en petits comités et pas en démocratie directe...
Je suis d'accord. C'est bien ce que j'ai crû comprendre en m'abreuvant à plusieurs sources :-). Si on sort un peu des images d'Epinal, on peut effectivement constater ce type de fonctionnement dans des municipalités par exemple, où un comité "républicain/révolutionnaire" constitué de représentants de partis (gauche républicaine, poum, pce, socialistes...) et de syndicats (ugt, cnt), dirige de fait la ville, par "décrets". Parant au plus urgent. Commandant les milices... C'est un pouvoir DE FAIT. Dont seule une partie est vraiment acquise à la nouvelle situation révolutionnaires (collectivisation, autogestions...).
Sans parler de l'activité économique qui même pour des boîtes tenues par la CNT, autogérées, répondaient en fait à des commande de guerre de l'état républicain.
Là-dessus :
Et ces contre-pouvoirs faisaient disparaître petit à petit l'Etat bourgeois. Après, ça a évolué différemment à cause de choix politiques des dirigeants révolutionnaires.
Je crois plutôt, que ce fonctionnement représentant les forces politiques et syndicales en présence à la base, fonctionnait en parallèle avec celui de l'état républicain. Et peu à peu, à cause de la guerre et de la nécessité de centraliser de plus en plus la production + la nécessité de centraliser les manoeuvres militaires+ les manoeuvres des stals, alliés au pS, à la gauche républicaine, tous expression de la bourgeoisie et petite bourgeoisie républicaine, l'état a grignoté tous les pouvoirs ou presque.
Bref, on peut "ignorer" la question du pouvoir, mais elle vous revient rapidement dans la figure. Ne pas "prendre le pouvoir" à la bourgeoisie républicaine, c'est le lui laisser. Pas plus, pas moins. C'est assez clair quand on lit Camillo Berneri.
Sur ça :
Il y a eu et il y aura besoin, à mon avis, de Elies Domotas ou de Durrutis en période révolutionnaire.
Je ne sais pas si c'est un "invariant" de la "nature humaine". Je ne le souhaite pas. Mais on peut quand même constater que des personnes "expriment" un moment révolutionnaire, une étape... Il faut beaucoup s'en méfier, il faut le combattre formellement dans nos organisations, tout faire pour réduire ce genre de manifestations (ce que la CNT-AIT n'a pas fait d'ailleurs lors de la révolution espagnole, en sortant des affiches à l'effigie de Durutti...). Mais on ne l'empêchera pas ou très difficilement et sûrement pas en "évacuant" abstraitement et idéologiquement ce fait, comme celui du "pouvoir" d'ailleurs.
Quant à la transition, là aussi, c'est une évidence. Elle existe. On ne passe de rapports sociaux capitalistes à des rapports sociaux communistes/libertaires... en une nuit, même en un an.
Sans même parler des forces de l'état, qui imagine une seule seconde que toutes les mafias, tous les enfoirés qui contrôlent aujourd'hui la came, la prostitution, l'esclavage,... tous ces enfoirés ARMES jusqu'aux dents et habitués à flinguer leurs semblables vont tranquillement laisser les choses leur échapper, leur monde disparaître, leur pouvoir fondre... sans méchamment réagir ?
Pour bien saisir les fantasmes des "communisateurs", il suffit de les lire APRES une bonne étude sur la camorra, sur le lobby nucléaire et militaire, ou une histoire un peu fouillée de la famille Krupp.