Murray Bookchin

Murray Bookchin

Messagede bipbip » 21 Aoû 2016, 11:37

Théorie : Murray Bookchin aujourd’hui

Murray Bookchin aujourd’hui

Le corpus théorique et le courant de l’écologie sociale, proposés par Murray Bookchin dans la deuxième moitié du XXe siècle, restent assez méconnus en France, et brouillés par des controverses souvent liées à cette méconnaissance. Pourtant des mouvements politiques récents (coopérative intégrale espagnole, expérience kurde du Rojava…) s’en inspirent directement, donnant aujourd’hui une dimension concrète à l’écologie sociale.

Le terme et le courant de l’écologie sociale ont été développés à partir des années 1970 par Murray Bookchin (1921-2006) et une poignée de collaborateurs et collaboratrices, notamment autour de l’Institut d’écologie sociale créé en 1974 dans le Vermont (État du nord-est des États-Unis). Marxiste et syndicaliste dès les années 1930, Bookchin s’est ensuite tourné vers l’anarchisme et l’écologie avant de formuler ses propres idées. Sa politique est libertaire dans ses positions et ses sources antiautoritaires. Son écologie est sociale, dénonçant dans le capitalisme le système étatique et la hiérarchie en général l’origine de la catastrophe écologique qu’il identifie dès les années 1950.

Un citoyennisme révolutionnaire

Les analyses anthropologiques et historiques de Bookchin l’ont conduit à ne considérer la lutte des classes, ainsi qu’une bonne partie des analyses et propositions marxistes traditionnelles, comme un corpus d’idées applicable au XIXe et au début du XXe siècle, mais pas à toute l’histoire ni à la deuxième moitié du XXe siècle selon lui. Il rompt d’ailleurs violemment avec les courants orthodoxes à la fin des années 1960, leur reprochant de ne pas comprendre les enjeux écologiques ni le développement des forces productives au sein du capitalisme, qui ont conduit avec les progrès techniques du XXe siècle à une ère d’abondance (certes mal redistribuée et contrôlée), loin de l’ère de la « rareté » dans laquelle Marx écrivait.

Au regard de l’évolution de la classe ouvrière au XXe siècle (perte de conscience de classe, revendications d’aménagement du capitalisme plutôt que de rupture radicale, reproduction de formes hiérarchiques dans les mouvements politiques et syndicaux), Bookchin en vient même à ne plus voir dans le prolétariat ouvrier le sujet révolutionnaire principal. Il place alors ses espoirs dans d’autres catégories dominées, les chômeurs et précaires, les jeunes, les étudiants, les intellectuel-le-s, les femmes, les Noir-e-s (il participe aux mouvements pour les droits civiques), et globalement dans la figure du citoyen, qui devient le centre de son projet communaliste – ou municipaliste libertaire, volet politique de l’écologie sociale. Loin de la vision républicaine actuelle de la citoyenneté, qui se cantonne au civisme, au respect des lois et à l’acte de vote, les citoyennes et citoyens de Bookchin sont révolutionnaires, libres de s’armer contre un système jugé oppressif, acteurs et actrices dans tous les aspects de la vie [1].

Bookchin propose une fédération de communes libres, en s’appuyant sur l’héritage de la liberté des premières communautés humaines qu’il nomme organiques. Ces communautés où n’existaient pas encore de rapports de domination reposaient sur trois principes, qui assuraient l’égalité des inégaux : minimum irréductible (personne n’est laissé de côté), usufruit (on ne peut pas posséder la terre ni les moyens de production) et entraide.

Système de communes libres fédérées

Mais, petit à petit, différentes formes de dominations sont apparues, d’abord gérontocratique, puis religieuse, patriarcale, économique, qui ont de plus en plus structuré les sociétés, et ouvert la voie à la domination de la nature. On trouve toutefois des traces de principes communistes issus des sociétés organiques dans de nombreuses expériences historiques : démocratie athénienne, cités du Moyen Âge, conseils de ville de la Nouvelle-Angleterre, Commune de Paris, révolution espagnole, etc. À partir de ces considérations, Bookchin propose donc un système de communes libres fédérées, fonctionnant selon des principes de démocratie directe (assemblée communale souveraine, délégué-e-s avec mandats impératifs, non professionnalisation de la politique, etc.), contrôlant collectivement les moyens de production avec des coopératives municipales, diminuant le travail pénible grâce au progrès technique et cherchant au maximum l’autonomie alimentaire, énergétique, et en ressources en général.

Une production fondée sur les seuls besoins permettrait de passer moins de temps sur les activités proprement productives, et de se consacrer aux activités sociales, culturelles et politiques nécessaires au bon développement des individus et des communes. Ce changement social devait selon lui être concomitant d’un changement culturel, en se débarrassant de toute forme et de l’idée même de domination. Cela passerait aussi par un changement de relation à la nature, considérant l’espèce humaine comme pleinement intégrée à l’ensemble du monde vivant.

Pour tracer les voies concrètes vers ce changement de société, Bookchin préconisait la formation d’assemblées locales, qui réaliseraient d’abord un travail d’éducation populaire, de réflexion sur les besoins et enjeux locaux (économiques, écologiques, politiques), et formuleraient des propositions en articulant toujours une vision de long terme communiste libertaire à des actions de court terme plus pragmatiques et transitoires.

Ces assemblées seraient appelées à grossir et peu à peu à développer des contre-pouvoirs, jusqu’à la confrontation directe avec le capitalisme et le système étatique. Bookchin considérait que les assemblées pouvaient se présenter aux élections municipales, et ainsi remplacer les conseils municipaux traditionnels par des assemblées municipalistes libertaires. Cette position lui a été abondamment reprochée, pourtant Bookchin ne souhaitait pas diriger les communes selon le système actuel, mais bien prendre les communes et les faire entrer en dissidence face au reste du système administratif.

À l’heure des mobilisations massives contre la loi travail et son monde, et de la recherche de nouveaux modes d’organisation avec les Nuits debout, les propositions de Bookchin trouvent une nouvelle résonance, et pourraient servir à nourrir les réflexions et les pratiques de lutte pour développer une alternative au capitalisme et au système étatique.

Commission écologie AL


[1] C’est pour promouvoir cette citoyenneté politique contre les dérives utopistes et New Age du mouvement écologiste des années 1980 que Bookchin publie Une société à refaire – Vers une écologie de la liberté, traduit en 1993 par les éditions Écososociété.

http://www.alternativelibertaire.org/?T ... in-aujourd
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Re: Murray Bookchin

Messagede bipbip » 11 Sep 2016, 03:03

Compilation de textes de Murray Bookchin
à télécharger en pdf : http://www.kedistan.net/wp-content/uplo ... okchin.pdf

L’homme qui parlait à l’oreille d’Öcalan
Un article du Monde diplomatique de ce mois de juillet http://www.monde-diplomatique.fr/2016/0 ... NDEZ/55910 revient sur les relations épistolaires entre Öcalan, le leader emprisonné du PKK, et un penseur anarchiste américain, Murray Bookchin.
Nous leur emboîtons le pas, considérant que la description d’un dialogue entre un leader politique issu du marxisme léninisme et un penseur et activiste libertaire, à l’origine de la colonne vertébrale du programme politique actuel du PKK, rien de moins, manquait dans les archives du site.
... http://www.kedistan.net/2016/07/29/homm ... le-ocalan/
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Re: Murray Bookchin

Messagede Pïérô » 07 Jan 2017, 20:31

Murray Bookchin : Pour un municipalisme libertaire

L’œuvre de Murray Bookchin (1921-2006) ne laisse pas indifférent. On sait l’influence qu’elle a eue sur l’évolution politique du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) et sur l’organisation sociale du Rojava (région autonome kurde), où les thèses de Bookchin sont partiellement mises en pratique.
Nous proposons ici une analyse critique d’un des textes les plus révélateurs de la pensée de Bookchin.

Une critique de la tradition révolutionnaire

Murray Bookchin distingue deux domaines de l’activité sociale humaine intéressant la théorie et la pratique révolutionnaires :
- le lieu où l’on travaille
- le lieu où l’on vit
Selon lui, la tradition révolutionnaire (marxiste ou libertaire) a mis l’accent sur le premier, délaissant l’éthique au profit de l’économique. Or l’usine ou le lieu de travail ne visent pas à unir le prolétariat en vue d’un changement social, mais constituent des cadres où les prolétaires sont dressés à la soumission et à la subordination. C’est uniquement hors du lieu de travail qu’ils peuvent faire apparaître leur caractère humain et constituer une communauté.

Il s’agit donc d’affirmer la prépondérance de l’éthique dans une perspective communaliste : la commune, comme « corps politique de citoyens réunis par des valeurs éthiques fondées sur la raison » (p. 12) peut jouer un rôle transformateur dans la construction d’une communauté de démocratie directe autogérée et sans État.

La prépondérance de l’éthique

Cette prépondérance se fonde sur une distinction entre trois domaines qu’il s’agit de hiérarchiser :
- le social, désignant tout ce qui relève de la culture, au sens anthropologique du terme
- l’étatique, comme lieu de la domination
- le politique, comme lieu de la gestion de la polis (cité) par un corps politique de citoyens libres.
« La politique, contrairement au social et à l’étatique, entraîne la recorporalisation des masses en assemblées richement articulées, pour former un corps politique dans un lieu de discours, de rationalité partagée, de libre expression et de mode de prises de décision radicalement démocratiques. » (p. 17).
S’inspirant de la philosophe Hannah Arendt (1906-1975), Bookchin affirme ainsi l’autonomie du politique vis-à-vis du social.

La commune comme lieu de résistance à l’État

Selon Bookchin, la commune a joué un rôle historique dans la constitution du politique : elle a permis la transformation de populations unies par des liens de sang et des coutumes en corps politique de citoyens. En cela, elle est « le berceau du processus de civilisation des êtres humains au-delà de la socialisation accomplie par la famille (…) ce processus de « civilisation » civique n’est qu’une autre appellation de la politisation, processus de transformation de la masse en un corps politique délibératif, rationnel et éthique. » (p. 18).
Cet espace du politique, indissociable de la commune, a toujours été selon Bookchin un frein au développement de l’étatisme : « C’est dans cet environnement le plus immédiat de l’individu, dans la communauté, le quartier, dans la ville ou le village, à la frontière floue où la vie privée se fond lentement dans la vie publique, que se trouve le lieu authentique d’un fonctionnement à la base, ceci dans la mesure où ce fonctionnement a échappé à la destruction complète par l’urbanisation. » (p. 22).
Bookchin en conclut donc « à la possibilité d’un municipalisme libertaire, en définissant une nouvelle politique civique comme un contre-pouvoir capable de placer en contrepoint à l’État centralisé des assemblées et des institutions confédérales. » (p.33).

Le peuple : nouveau sujet révolutionnaire ?

Le concept de prolétariat, centré selon Bookchin sur la seule dimension économique de l’exploitation, devrait laisser place à celui de peuple, déshabillé de son caractère obscurantiste. En effet, le peuple est un concept foireux, fonds de commerce de tous les démagogues. Bookchin propose cependant de le redéfinir en l’identifiant à « ces strates fluides composées de gens déracinés et technologiquement déplacés qui ne peuvent plus être intégrés dans une société cybernétisée et hautement mécanisée. » (p. 26). Le concept de peuple renvoie ainsi à un intérêt général « enraciné dans la préoccupation du public autour des questions et problèmes écologiques, communautaires, moraux, sexuels et culturels. » (p. 26). Plus concrètement, il désigne ces nouveaux mouvements sociaux qui émergent par delà les séparations de classe. Il permet donc d’ancrer une citoyenneté active « comme forme de participation civique et d’administration qui se pose en contradiction avec l’État. » (p. 29).

Regards critiques

L’intérêt des thèses de Bookchin nous semble résider essentiellement dans le fait qu’elles permettent de donner sens à une pluralité d’alternatives concrètes qui émergent ici ou là : Kobané, « gouvernance collégiale et participative » de la commune de Saillans dans la Drôme, Marinaleda en Andalousie), etc.
Elles posent néanmoins des problèmes auxquels nous ne prétendrons pas ici apporter une solution. Nous nous contenterons de formuler des questions qui mériteraient un débat plus approfondi :
- Réforme ou révolution ? L’accumulation et la juxtaposition d’alternatives à l’État, de contre-pouvoirs permettrait-elle de faire l’économie d’un bouleversement révolutionnaire ? Le capitalisme n’a-t-il pas démontré sa capacité à récupérer et intégrer ce qui le conteste sans le détruire ?
- Peuple ou prolétariat ? Le municipalisme de Bookchin réduit le concept de prolétariat à sa dimension économique. Dans le numéro 7 de l’Éclat, nous en avions proposé une définition moins réductrice : « le prolétariat désigne la classe de celles et ceux qui ne possèdent que leur force de travail pour survivre et qui n’exercent aucun pouvoir décisionnaire ou hiérarchique dans le maintien du système capitaliste. Cette définition présente un double intérêt. D’une part, en ne réduisant pas le prolétariat à une catégorie socioprofessionnelle, elle permet d’englober les catégories sociales en voie de prolétarisation (artisans, paysans). D’autre part, elle met l’accent sur le fait que le/la prolétaire est avant tout celui ou celle qui n’a aucun intérêt dans la préservation du système. » Il ne s’agit pas ici d’une simple question de vocabulaire : conserver la référence au prolétariat, c’est concevoir la révolution dans la perspective des classes et non la dissoudre dans une démarche citoyenniste, ce qui nous conduit à la question suivante :
- L’anarchisme est-il soluble dans le citoyennisme ? Bookchin considère que certaines idées forces de l’anarchisme sont devenues des entraves au renouvellement de la pensée libertaire : « la préoccupation anarchiste à propos du parlementarisme et de l’étatisme est devenue une de ces entraves. » (p.32). Selon lui, ceci aboutit à une sorte de dogmatisme qui fait obstacle à un municipalisme libertaire représentant peut-être « la dernière chance pour un socialisme orienté vers des institutions populaires décentralisées. » (p.32). Ce municipalisme libertaire permettrait de définir « une nouvelle politique civique comme un contre-pouvoir capable de placer en contrepoint à l’État centralisé des assemblées et des institutions confédérales. » (p.33). N’est-ce pas abandonner toute perspective de révolution sociale en réduisant la pratique libertaire à un aménagement citoyenniste de l’ordre existant ?

Murray Bookchin : Pour un municipalisme libertaire (Atelier de création libertaire, Novembre 2003). Disponible à la bibliothèque de la CLA.


http://www.cla01.lautre.net/Murray-Bookchin-Pour-un
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Re: Murray Bookchin

Messagede Pïérô » 29 Jan 2017, 01:59

Murray Bookchin

Murray Boochkin a une analyse de l’histoire qui va à l’encontre de l’historiographie marxiste qui a marqué la pensée radicale du vingtième siècle. Il en a déduit une pensée originale, souvent appelée « écologie sociale » mais qui aurait pu tout autant se définir comme écologie libertaire puisque l’idée libertaire reste au centre de ses intérêts autant que les questions environnementales. Il écrira notamment “une société anarchiste, loin d’être un idéal inatteignable, est devenue une pré-condition pour la pratique des principes écologiques » (1), affirmant l’adéquation de ses idées écologiques et politiques.

Cette pensée originale lui a fait critiquer certains aspects de l’anarchisme et susciter en retour les critiques de certains milieux anarchistes « traditionnels ». Il a réfuté notamment la notion de prolétariat comme « historiquement révolutionnaire » (2) ainsi que la conception individualiste d’un Hakim Bey et celle primitiviste de la revue Fifth Estate dans Social Anarchism or Lifestyle Anarchism: An Unbridgeable Chasm. (3)

Il développe l’idée d’un municipalisme libertaire, qui se heurte également à l’hostilité de certains milieux anarchistes. En 1992, il écrit » ‘L’extrême résistance que j’ai rencontré de la part des anarchistes traditionnalistes et ‘puristes’ sur cette question a pratiquement interdit toute possibilité de développement d’une politique libertaire, participative, municipaliste et confédérale aujourd’hui comme partie de la tradition anarchiste’ « (4)

Finalement, il apparaît abandonner l’anarchisme « authentique » dans The Communaliste Project en déclarant « (L’anarchisme ) n’est tout simplement pas une théorie sociale. » et « représente la formulation la plus extrême de l’autonomie sans entrave de l’idéologie libérale….. La différence entre le Communalisme et l’anarchisme authentique ou « pur », pour ne pas parler du marxisme, est trop marquée pour être enjambée par un préfixe tel que anarcho-, social, néo-, ou même libertaire. Toute idée de réduire le communalisme à une simple variante de l’anarchisme reviendrait à nier l’intégrité des deux idées – d’ignorer leurs concepts conflictuels de démocratie, organisation, élections, gouvernement et autres ».

Janet Biehl, dans un article intitulé Bookchin Breaks with Anarchism (5) revient en détail sur le cheminement de Boochkin, de sa découverte de l’anarchisme, jusqu’à se rupture, ouvertement déclarée lors d’une conférence en 1999 à Plainfield, Vermont

Alors, cheminement rationnel de la pensée ou forme de dépit amoureux de voir rejeté ses théories par le milieu même dont il se réclamait? A chacun-e de décider si les idées de Boochkin ont élargi la pensée anarchiste ou s’en sont éloignées.

(1) Ecology and Revolutionary Thought https://theanarchistlibrary.org/library ... ry-thought,” dans Post Scarcity Anarchism

(2) Were we wrong? https://libcom.org/library/were-we-wron ... y-bookchin – Murray Bookchin. Publié à l’origine dans Telos, Vol. 65, automne 1985,

(3) Social anarchism or lifestyle anarchism: an unbridgeable chasm– https://libcom.org/library/social-anarc ... y-bookchin

(4) Bookchin, “Deep Ecology, Anarcho-syndicalism,” p. 55. (cité dans Janet Biehl, op.citée)

(5) Janet Biehl Bookchin Breaks with Anarchism http://theanarchistlibrary.org/library/ ... chism.html

... https://racinesetbranches.wordpress.com ... -bookchin/
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Re: Murray Bookchin

Messagede Pïérô » 08 Juin 2017, 16:30

Murray Bookchin, pour une écologie libertaire anti-capitaliste

Emission de radio Sortir Du Capitalisme sur 89.4 FM (Radio Libertaire) en région parisienne. Une présentation (critique) des thèses de Murray Bookchin, inspirateur de l’écologie sociale, de l’anarchisme et du confédéralisme démocratique au Kurdistan Syrien – avec Floréal Romero, auteur de Murray Bookchin, pour une écologie sociale et radicale (Le passager clandestin, 2014).

Murray Bookchin permet de penser une écologie « sociale », libertaire, anti-capitaliste, anti-réactionnaire.

L'émission comporte également une analyse critique de l’écologie citoyenniste (Podemos, écolo-démocratisme, décroissance).

Une adaptation vidéo de Guillaume Deloison d'une émission de Sortir du capitalisme :
http://sortirducapitalisme.fr/167-murra ... apitaliste


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Re: Murray Bookchin

Messagede bipbip » 07 Sep 2017, 17:30

Bookchin et le spectre de l’anarcho-syndicalisme Pierre Bance /1er m

Murray Bookchin accuse le syndicalisme et l’anarcho-syndicalisme, de n’avoir pas compris les ressorts du monde moderne. Ses textes relancent le débat sans nuance.

À l’heure où l’on apprend que les idées de Murray Bookchin [1] sur le municipalisme libertaire inspireraient tant les organisations kurdes de Turquie emmenées par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et son chef Abdullah Öcalan que les combattants du Rojava en Syrie [2], il est intéressant, sur un site syndicaliste, de s’interroger sur ce que Bookchin pensait du syndicalisme.

Dans ses écrits antérieurs à 1992, on savait que Bookchin ne plaçait pas ses espoirs de transformation sociale dans le syndicalisme, encore moins dans l’anarcho-syndicalisme, la chose lui paraissant dépassée dans ses formes d’organisation et d’action comme dans son projet de société [3]. Sans mépriser la lutte ouvrière, sans non plus la cantonner dans un rôle secondaire, Bookchin la considérait comme un front de lutte populaire parmi d’autres. En 1992, dans une étude d’une trentaine de pages intitulée « Le spectre de l’anarcho-syndicalisme », Bookchin se lance dans une virulente critique de l’idée et ses prétentions hégémoniques [4].

L’accusation

Le réquisitoire de Bookchin pourrait tenir dans cette phrase :

« De fait, loin d’être surtout individualiste ou surtout dirigé contre une forme particulière de domination de classe, les moments de l’histoire ou l’anarchisme a été le plus créatif et le plus provocateur sont ceux où il se concentrait sur la commune plutôt que sur ses composantes économiques telles que l’usine et, au-delà, lorsque les formes d’organisation confédérale qu’il élaborait se sont basées sur une éthique de complémentarité plutôt que sur un système contractuel de services et d’obligations » [5].

Pour ce qui doit être rapporté à la théorie, l’anarcho-syndicalisme aspire « à l’hégémonie idéologique » sur l’hypothèse libertaire excluant toutes les autres tendances anarchistes notamment le communalisme alors qu’il est de celles « les plus repliées sur elles-mêmes » [6]. Bookchin ne néglige pas les conflits de classes et le rôle que peuvent jouer les syndicats dans le règlement des problèmes économiques, mais il reproche aux anarcho-syndicalistes de remplacer « la vision large d’un anarchisme communautaire, éthique, universaliste et antidominateur, aspirant à la liberté dans tous les domaines de l’existence, par leur propre vision limitée » [7]. Avoir voulu être « un équivalent à l’anarchisme lui-même » explique peut-être que l’anarcho-syndicalisme « n’existe plus dans le prolétariat » [8].

L’anarcho-syndicalisme prétend aussi à « l’hégémonie prolétarienne » sur l’ensemble de la société [9] or, écrit Bookchin en 1990, les temps ont changé, la classe ouvrière « s’est complètement industrialisée, au lieu de s’être radicalisée comme l’espéraient pieusement les socialistes et les anarcho-syndicalistes », « en tant que classe, le prolétariat est devenu le partenaire de la bourgeoisie et non plus sont antagoniste inflexible » [10]. Il estime que la classe ouvrière doit passer de préoccupations de classe à des préoccupations humaines : « l’“humanisation” de la classe ouvrière, comme de tous les secteurs de la population, dépend de façon décisive de la capacité des travailleurs à dépasser leur sentiment d’appartenance à la classe ouvrière et à progresser au-delà de leur conscience de classe et de leur intérêt de classe, vers une conscience communautaire, celle de citoyens libres qui seuls pourront instaurer une société future morale, rationnelle et écologique » [11].

Cette idéalisation de la lutte des classes, à l’égal du marxisme, le conduit dans la même impasse parce que « la lutte des classes va rarement jusqu’à la guerre des classes, et le militantisme social explose rarement en révolution sociale » [12]. L’anarcho-syndicalisme adhère à « une approche économiciste » de l’histoire : le capitalisme dans sa recherche du profit s’étouffe à force de centralisation de ses moyens de production et finit par exploser sous la pression de la classe ouvrière organisée [13].

Sur ces bases théoriques, le contrôle ouvrier du lieu de travail se fait aux dépens de l’assemblée générale des citoyens de la commune. Il génère un égoïsme ouvrier, un patriotisme de l’entreprise qui conduisent à la renaissance du marché et de la concurrence. Bookchin donne comme exemple la Confédération nationale du travail (CNT) qui, en 1936 en Catalogne, en prenant la direction des usines, aurait entravé l’autogestion par les assemblées populaires. L’expérience de la collectivisation se serait dissoute en une nationalisation voire « un néo-capitalisme ouvrier » [14],

Par la suite, l’anarcho-syndicalisme n’a pas su s’inscrire dans le monde moderne, il s’est marginalisé en ne voyant pas venir les « questions transclassistes totalement nouvelles qui concernent l’environnement, la croissance, les transports, l’avilissement culturel et la qualité de la vie urbaine en général » mais également « les dangers de guerre thermonucléaire, l’autoritarisme étatique croissant et finalement la possibilité d’un effondrement écologique de la planète » [15]. Il a ignoré des questions vitales devenues aussi importantes que le rapport salariat-patronat pour la contestation des structures hiérarchiques, telles les luttes « basées sur la race, le sexe, la nationalité ou le statut bureaucratique » [16].

Présenter comme cela, Bookchin livre de vraies interrogations, émet une opinion discutable mais alimentant le débat sur la modernité du syndicalisme et du communisme. Peut-on faire l’impasse sur la concurrence entre l’assemblée populaire de la commune et l’assemblée des travailleurs dans l’entreprise [17] ? Qui contestera la quasi disparition de l’anarcho-syndicalisme malgré sa résurgence mainte fois annoncée [18] ? Le hic vient de ce que Bookchin étaie ses points de vue avec des considérations historiques, théoriques, factuelles plus que contestables. Il affirme mais ne démontre pas ; fait preuve d’une grande ignorance de la théorie de l’anarcho-syndicalisme, de ses pratiques et de son histoire au point que le lecteur averti mettra en doute sa bonne foi. Il est imprécis sur les concepts ; recourt à des postulats éculés pour asséner des jugements péremptoires ; se répète faute d’arguments [19].

La défense

Dans l’ouvrage Anarcho-syndicalisme & anarchisme, l’article de Bookchin est suivi, en réponse, de trois plaidoiries autorisées. Marianne Enckell, animatrice du Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA) [20], lui règle son compte en trois pages :

« Nous avons ici un texte de Murray Bookchin bien discutable, naviguant entre l’anachronisme, la confusion sémantique et la polémique abusive… ». « C’est chercher mauvaise querelle aux anarcho-syndicalistes que de leur attribuer pour seul objectif le contrôle ouvrier de la production » [21].

Marianne Enckell atténue la peine par une observation qui conserve, à ce jour, toute sa pertinence :

« L’auteur n’est pas seul en cause : il témoigne d’un problème socio-culturel plus général, de différence des structures d’organisation et des cultures ouvrières entre pays latins et anglophones » [22].

Daniel Colson, universitaire et libertaire [23], et Jacques Toublet, militant du Syndicat des correcteurs de la Confédération générale du travail (CGT) [24], détaillent. Le premier explique à Bookchin ce que fut réellement « l’ouverture humaine des expériences anarcho-syndicalistes » au sein de la Fédération des bourses du travail de Fernand Pelloutier [25]. Jacky Toublet s’afflige de voir un militant qu’il respecte procéder à « l’éreintement complet de l’anarcho-syndicalisme » : « cette attaque contre l’anarcho-syndicalisme est d’une violence de ton et d’une malveillance égale à celle adoptées par les sectes d’ultra-gauche et les marxistes-léninistes à l’encontre de… l’anarchisme » [26]. Lui aussi revient sur les bourses du travail et habilement les inscrit dans le schéma du municipalisme libertaire :

« La Bourse du travail était conçue par les anarchistes syndicalistes comme une municipalité populaire, ouvrière, dressée en face de l’hôtel de ville de la république bourgeoise » [27].

Quant au fait que le syndicat n’aurait que des préoccupations économiques avec pour finalité l’hégémonie des producteurs, Toublet rétablit une vérité dont on s’étonne que Bookchin ne l’ait pas connue puisqu’elle fait l’originalité du syndicalisme révolutionnaire comme de l’anarcho syndicalisme :

« Les anarcho-syndicalistes n’ont pas négligé la commune ; au contraire, ils en ont fait un des deux éléments indispensables à la disparition de l’État politique » [28], l’autre étant le syndicat pour la production et la distribution des biens et services.

Ces citations touchent au cœur la méconnaissance de Bookchin de la théorie syndicaliste révolutionnaire, plus encore de celle de l’anarcho-syndicalisme si l’on doit les distinguer [29]. De la méconnaissance aussi de l’histoire de la CGT des origines. Ces défaillances nuiront à la diffusion de ses idées. Si l’on excepte l’épineuse question, pour les anarchistes, de la participation aux élections municipales comme stratégie [30], son municipalisme libertaire, en première analyse, s’approche du syndicalisme révolutionnaire si bien qu’on peut se demander s’il ne réinvente pas quelques grands principes élaborés à la fin du 19e siècle et au début du 20e [31]. Bookchin aurait avantageusement clarifiée, enrichie et fortifiée sa proposition s’il était allé voir de plus près ce que fut la CGT française comme la CNT espagnole plutôt que de dénigrer l’une et l’autre sans un examen approfondi car, que ce soit les bourses du travail en France ou les collectivisations en Espagne, leur œuvre constructive reste mémorable et jamais égalée dans leur radicalité.


http://serpent-libertaire.over-blog.com ... 1er-m.html
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Re: Murray Bookchin

Messagede bipbip » 18 Nov 2017, 21:27

Qu'est-ce que l'écologie sociale ? - Murray Bookchin

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Re: Murray Bookchin

Messagede bipbip » 27 Nov 2017, 20:07

Ecologie Sociale • Il sort d’où ce Murray Bookchin ?

Celles et ceux qui, en Europe ou ailleurs, tentaient contre vents et marées, de faire connaître Murray Bookchin, son importance politique au sein des mouvements sociaux américains, son influence sur la pensée anarchiste et libertaire, sont aujourd’hui en partie récompenséEs de leurs efforts.

Le fait que son nom soit associé à un processus politique en cours en Syrie Nord, au confédéralisme démocratique au Rojava, contribue à rendre à nouveau visible la pensée de l’Ecologie Sociale. Et face à l’écologie libérale et capitaliste, il était grand temps que la supercherie du capitalisme vert, censée répondre à la destruction humaine, sociale et écologique de la planète trouve sa réponse, en cohérence.

Cette réponse n’a rien d’une nouveauté. C’est une réponse anticapitaliste, à cheval sur deux siècles et connu bien des ornières, dérives de pouvoir et échecs. C’est une réponse qui malgré toutes les tentatives de la figer en idéologie morte, s’est enrichie de ces mêmes échecs et dérives, en se confrontant au réel, et en re-surgissant dans les crises sociales et politiques.

La pensée politique n’est pas morte, même si elle a été un demi-siècle durant assassinée par le dit “socialisme réel” et en face pourchassée et tuée par les “succès” de la mondialisation capitaliste, pourtant source de toutes crises.

Murray Bookchin nous a quitté en juillet 2006. On le présente comme le père de l’écologie radicale et libertaire, comme le penseur du communalisme.
Et pourtant il n’a pas trouvé un beau matin ses réflexions et analyses dans son soulier.

Ecoutez le seulement nous parler du parcours politique qui fut le sien. Et vous comprendrez qu’il ressemble au siècle que nous avons quitté, et aux alternatives que celui-ci pourrait retrouver, hors du carcan néo-libéral et du réformisme idoine.

... http://www.kedistan.net/2017/11/10/ecol ... -bookchin/
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Re: Murray Bookchin

Messagede bipbip » 19 Mar 2018, 20:52

Pour un municipalisme libertaire (Nouvelle édition)

BOOKCHIN Murray (et CLARK John P.)

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Depuis plus de quinze ans, la brochurePour un municipalisme libertaire est l’un des textes les plus diffusés de l’Atelier de création libertaire. Pour nous, la raison en est simple  : un certain nombre de libertaires – ainsi que des personnes s’intéressant à un engagement conséquent dans une politique du quotidien – trouvent dans les propos de Murray Bookchin des idées leur permettant d’avoir, non pas une réponse, mais quelques pistes pour bousculer les a priori. D’un côté, celui qui déclare la démocratie morte ou, pour le moins, très ankylosée, et, de l’autre, celui qui affirme n’y avoir plus d’espace dans nos villes, dans nos quartiers, pour une politique libertaire du quotidien…

Mars 2018
60 pages
prix de vente public : 6,00 EUR
ISBN : 978-2-35104-108-6
nos références : 230

http://www.atelierdecreationlibertaire. ... e,897.html
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Re: Murray Bookchin

Messagede bipbip » 22 Mar 2018, 23:04

POUR UN MUNICIPALISME LIBERTAIRE

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Peu lu et peu connu en France, Murray Bookchin met au centre de ses écrits la démocratie participative qui alimente justement beaucoup de débats et réflexions notamment lors des différents « mouvements des places », et se trouve mise en pratique de façon radicale par les zapatistes et les kurdes du Rojava par exemple.

Il entend défendre « la primauté du moral sur l’économie ». Il accuse l’usine et plus généralement le lieu de travail « de constituer le théâtre principal de l’exploitation », de la hiérarchie, conjointement avec la famille patriarcale. Il reproche aux socialistes tant scientifiques que libertaires d’en avoir fait le centre de leurs théories révolutionnaires : ils ont considéré que l’usine pouvait servir à unir et à organiser les prolétaires alors qu’elle les dresse « aux réflexes de la subordination, de l’obéissance et du labeur abrutissant ». Il affirme que l’idéal anarchiste d’une communauté de démocratie directe sans État, décentralisé et autogérée peut parfaitement reposer sur le développement des Communes. Ce qu’il nomme « municipalise libertaire » peut jouer un rôle transformateur, permettre de constituer « un corps politique de citoyens réunis par des valeurs éthiques fondées sur la raison », servir de cadre à « une société libératrice, enracinée dans l’éthique non hiérarchique d’une unité des diversités, de l’auto-éducation et de l’autogestion, de la complémentarité et de l’entraide ».

« L‘État, nous le savons, est un artefact particulier produit par les classes dirigeantes, un monopole professionnalisé de la violence dont le but est d’assurer la sujétion et l’exploitation de l’humain par l’humain. » L’apparition de la cité ouvre la perspective d’une « nouvelle humanitas universelle » et a déjà, parfois, permis la transformation d’une population en « un corps de citoyens fondé sur des modes éthiques et rationnels d’association » : la démocratie athénienne, les réunions municipales de la Nouvelle-Angleterre, les assemblées de section et la Commune de 1793. En l’absence d’autogestion, il manque toujours ce qui, « en formant le caractère des « hommes », est capable de les transformer d’objets passifs en sujets actifs ». « Le lieu civique, que ce soit la polis, la ville ou le quartier, est littéralement le berceau du processus de civilisation des êtres humains au-delà de la socialisation accomplie par la famille. »
Les citoyens doivent pouvoir s’assembler, discourir entre eux directement, raisonner entre eux en face à face, sans intermédiaire, et arriver à une communauté capable de prise de décisions et d’exécution de celles-ci. Il rappelle que Rousseau insistait sur le fait que le pouvoir populaire ne pouvait se déléguer sans se détruire et affirme que « les mots de l’expression « démocratie représentative » se contredisent mutuellement ». De même, un peuple ne peut donner à la fonction administrative le pouvoir de décider ce qui doit être administré sans créer les fondements de l’État. La suprématie de l’assemblée sur les décisions politiques garantit la suprématie de la politique sur l’étatique. Les assemblées populaires, depuis les quartiers des citées jusqu’aux petites villes doivent maintenir une vigilance et une surveillance sur tout corps confédéral de coordination.
Un « peuple » capable de transcender les intérêts particuliers peut émerger grâce aux « nouveaux mouvements sociaux », socialement progressistes, écologistes, féministes, ethniques, moraux, contre-culturels, dont les revendications reposent sur un intérêt général plus large que les intérêts particuliers à base économique. Là où les travailleurs sont encore mobilisés, leur lutte est en grande partie défensive. Il met aussi en garde que le prolétariat peut aussi plus se laisser guider par des intérêts « patriotiques » et nationalistes que par des intérêts de classe.
« Un des buts nécessaires du socialisme sous la forme libertaire et utopique sera l’abolition de l’usine par une technologie écologique, par le travail créatif, et, affirmons-le, par des dispositifs cybernétiques créés pour satisfaire à des besoins humains. »
Murray Bookchin répond aux répugnances antiparlementaristes et anti-électoralistes des anarchistes en expliquant que le municipalise libertaire est une option capable d’établir un contre-pouvoir à l’État centralisé. En participant aux conseils municipaux, il devient possible d’élaborer une politique participative à une échelle capable de menacer l’État.
Ce bref texte permet de comprendre clairement les grands principes de sa théorie aujourd’hui mise en pratique (sous les bombes) par les disciples d’Abullah Öcalan au Kurdistan syrien. Les indigène du Chiapas, à partir de leurs traditions communautaires, appliquent une semblable démocratie directe depuis bientôt 25 ans.

POUR UN MUNICIPALISME LIBERTAIRE
Murray Bookchin
Postface de John P. Clark
62 pages – 6 euros
Éditions de l’Atelier de création libertaire – Lyon – Mars 2018
www.atelierdecreationlibertaire.com
Écrit en septembre 1984. Publié pour la première fois par le journal anarchiste canadien en 1985.

https://bibliothequefahrenheit.blogspot ... .html#more
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Re: Murray Bookchin

Messagede bipbip » 11 Aoû 2018, 21:49

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Re: Murray Bookchin

Messagede bipbip » 15 Aoû 2018, 19:50

Cap sur l’utopie
Non à une vie « limitée, normale, banale » !

Murray Bookchin, dont les sympatoches éditions montréalaises Écosociété viennent de rassembler les textes pionniers clés (1965-70) sous le titre Au-delà de la rareté et sous le sous-titre non moins explicite L’Anarchisme dans une société d’abondance, reste l’agitateur anarcho-utopiste bien rationnel par excellence. Partant du principe qu’on n’a aucunement le choix, que «  l’alternative se situe entre l’utopie ou l’extinction en tant que société  », que de par leur nature libertaire même les groupes qui vont réimaginer la société devraient «  encourager le révolutionnaire à se révolutionner lui-même  », à «  infléchir sa propre destinée  », à «  faire de sa vie une expérience multiforme, pleine et totale  », il propose qu’on se crée ensemble tout de suite dans la spontanéité une société non hiérarchique et non concurrentielle de l’auto-épanouissement généralisé. Une société complètement autogérée naturellement et «  contrôlée par tous  » où «  chacun et chacune serait partie prenante de la vie politique  » et vivrait dans l’abondance grâce aux progrès de la technologie moderne dans des «  écocommunautés décentralisées et confédérées  ». «  Ce dont nous sommes les témoins aujourd’hui, conclut Bookchin, c’est l’éclatement de toutes les institutions bourgeoises, à un moment de l’histoire où les concepts les plus audacieux de l’utopie sont réalisables.  »

Dans d’autres de ses écrits incorporés également dans ce recueil, l’auteur d’Une société à refaire donne des pistes pour passer des assemblées de résistance, des soviets d’usines, des comités d’action, des groupes d’affinités à une vraie révolution qui dure. Pour rappel, le dégourdi présentateur de l’ouvrage, Vincent Gerber, de mèche avec Floréal Romero, a frigoussé récemment pour la collection «  Les précurseurs de la décroissance  » du Passager clandestin un stimulant Murray Bookchin, Pour une écologie sociale et radicale.

« L’Anarchie n’est rien d’autre que la liberté organisée, une recherche permanente de l’harmonie entre responsabilité et liberté, entre individu et société.

– Cette idée ne te paraît-elle pas trop utopique, papa  ?

– Bien sûr. Mais toute l’histoire de l’humanité n’est rien d’autre qu’un cheminement vers l’utopie. Cette dernière n’est pas une illusion, c’est plutôt un rêve qui n’est pas encore réalisé, mais pas irréalisable. […] Celui qui ne renonce pas au rêve a la certitude d’aller de l’avant. Celui qui s’arrête se résigne à une vie limitée, normale, banale.  »

Tous les enchaînements de dialogues déployés dans la plaquette didactique L’Anarchie expliquée à ma fille du cheminot Pippo Gurrieri (Atelier de création libertaire) coulent d’une façon aussi savoureuse. Aucune objection de la petite fille hypercritique du narrateur n’est jamais éludée. On y répond avec une rafraîchissante clarté et l’on examine dans les détails ce que pourrait être une «  société libérée  ».

«  La société sera organisée autour de structures de base, les assemblées municipales ou de territoire, elle sera axée sur des formes associatives libres, centrées sur la collaboration réciproque et sur une éthique positive. […] Toute curiosité et tout désir, jusqu’à toute controverse liée à des divergences d’opinions, seront les bienvenus. Ce sera une société en mouvement continu. […] Un écrivain d’Amérique latine, Eduardo Galeano, a écrit à ce propos que “l’utopie est comme l’horizon, tu fais deux pas, il s’éloigne de deux pas, tu en fais dix, il s’éloigne de dix. L’horizon est inatteignable. Alors à quoi sert-elle l’utopie  ? Elle sert à continuer à marcher.”  »

À faire déferler dans les établissements scolaires, hospitaliers, pénitentiaires et thermaux.


http://cqfd-journal.org/Non-a-une-vie-limitee-normale
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Re: Murray Bookchin

Messagede bipbip » 28 Aoû 2018, 22:35

Bookchin et la nouvelle démocratie kurde

Un article, paru dans le New York Review, retraçant l’histoire du confédéralisme démocratique et de ses influences. Par Debbie Bookchin, auteure et journaliste, soutien de la cause kurde, et fille du théoricien de l’écologie sociale Murray Bookchin.

... http://www.kedistan.net/2018/08/23/book ... tie-kurde/
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Re: Murray Bookchin

Messagede bipbip » 12 Sep 2018, 20:46

L’abécédaire de Murray Bookchin

On sait les méfaits du mode de production capitaliste et du productivisme sur les écosystèmes : océans acidifiés, biodiversité des sols dévastée, sixième extinction de masse1, montée des eaux… On sait les déroutes du siècle dernier en matière de résistance audit capitalisme : débâcle mondiale du communisme d’État, échec des soulèvements anarchistes, mise au pas du réformisme social. Inutile de critiquer plus encore l’état des lieux : parlons plutôt des portes de sortie. L’Américain Murray Bookchin, disparu en 2006, est l’une des figures de premier plan de l’écologie sociale. Il est également, on l’a vu, le « fondateur » du municipalisme libertaire (ou communalisme) : renvoyant dos à dos les mythes du Grand Soir et du « chacun sa part », ce projet à vocation révolutionnaire et écologiste aspire à dépasser le marxisme et l’anarchisme tout en reconfigurant la société de bas en haut, commune par commune, par la démocratie directe. Retour, en 26 lettres, sur une œuvre à rebours.

... https://www.revue-ballast.fr/labecedair ... -bookchin/
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Re: Murray Bookchin

Messagede bipbip » 17 Sep 2018, 11:04

ÉCOLOGIE OU CATASTROPHE - LA VIE DE MURRAY BOOKCHIN

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Murray Bookchin (1921-2006), militant écologiste américain, théoricien de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire adopté et appliqué depuis quelques années au Kurdistan syrien, est peu connu en France. Janet Biehl, collaboratrice et compagne de ses dernières années, fidèle à sa promesse, retrace sa vie tout en présentant son importante oeuvre théorique.

Elle raconte comment sa grand-mère maternelle, militante russe du « partage noir », de la redistribution des terres avant de fuir les pogroms et de se réfugier à New-York en 1913 avec son mari et leurs enfants, l’influença très tôt par ses récits et lui transmit la tradition révolutionnaire russe. En août 1927, après l’exécution de Sacco et Vanzetti elle lui dira : « Voilà ce que le capitalisme fait aux hommes ! N’oublie jamais ! ». À sa mort, il n’a que dix ans et rejoint le mouvement des Jeunes pionniers qui deviendra sa famille de substitution et poursuivra son éducation politique. En 1932, pour subvenir aux besoins de sa famille, alors que son père cesse de verser sa pension alimentaire et qu’ils dorment parfois dans la rue, il vend le Daily Worker. Il fait l’école buissonnière pour assister aux cours d’idéologie marxiste de la Wokers School, l’École de travailleurs du Parti communiste. Devant son assiduité et sa précocité, il fut rapidement chargé de diriger les Pionners puis fut promu orateur de rue mais il comprit que le Parti communiste n’était pas démocratique. Quand Staline rechercha des alliances avec les gouvernements capitalistes, il n’alla plus aux réunions, chercha un groupe plus révolutionnaire et rejoint les trotskistes de la Young Spartacus League. Âgé de quinze ans, il ne put s’engager dans les Brigades internationales mais collecta des fonds pour les soutenir. Il comprit parfaitement que les anarchistes avaient réussi en Espagne une révolution sociale mais qu’elle fut écrasée par les communistes. En 1939, il quitte le lycée pour les hauts-fourneaux.
Avec les grandes grèves de 1945 qui suivent la fin du No-strike pledge imposé par Roosevelt et suivi par les staliniens depuis 1941, qui ne déboucheront que sur une légère augmentation de salaire, et surtout avec l’accord signé entre l’UAW et General Motors qui prévoit quelques avancés contre la promesse de ne pas faire grève pendant plusieurs années, Bookchin comprend que le prolétariat industriel n’est pas révolutionnaire. Si les travailleurs ont bien une conscience de classe, ils sont prêts à militer pour améliorer leur sort à l’intérieur du système existant, pas pour le changer. C’est la validité même du marxisme dans son affirmation selon laquelle le prolétariat est la force historique qui entraînera le socialisme, qui s’effondre. Dès lors, il va se rapprocher de Josef Weber, trotskiste allemand réfugié aux États-Unis, controversé parce qu’en contradiction avec la IVe international. Il avait défendu une lutte nationale contre le fascisme réunissant toutes les composantes de la société. Bookchin va collaborer avec lui au sein de la revue Contemporary Issues et du Movment for a Democracy of Content. Il le secondera pour ses articles, lui apportant les références adéquates, expérience qui lui apprendra à écrire. Il découvrira les textes du groupe de l’école de Francfort qui accusent les Lumières d’avoir « séparé les fins des moyens et le fond de la forme, et réduit la raison à la procédure, l’utilitarisme, le calcul au service de la manipulation et de la domination ». « Le capitalisme, déployant la raison instrumentale, évalue tout en termes de profits et réduit les objets à des marchandises. Il vide la vie sociale de son sens et de son essence et transforme les hommes en individus isolés en concurrence les uns avec les autres. » La technologie au lieu de libérer l’homme du travail, a renforcé l’exploitation. Weber avertissait en 1950 que si nous échouions à remplacer l’instrumentalisme par l’éthique, la concurrence par la coopération, la manipulation par la moralité, la forme par le fond, la bureaucratie par les relations directes, si nous ne parvenions pas à transformer le mode de production capitaliste en mode socialiste, la barbarie l’emporterait La société doit produire pour l’usage, non pour le profit.
Murray Bookchin comprend que le développement urbain, séparé des campagnes, est lié au problème des produits chimiques dans l’alimentation. Il propose alors l’éco-décentralisme dans The Limits of the City (1960) et Notre environnement synthétique (1962) dont la parution fut concomitante avec celle, autrement retentissante, de Printemps silencieux de Rachel Carson qui l’éclipsa complètement alors qu’il y dénonçait d’autres nuisances que les seuls pesticides. « Personne, en 1962, n’était prêt à croire que le problème fut si vaste. Même les écologistes préférèrent Printemps silencieux – libéral mais limité – à l’essai radical de Bookchin. »
Il participe au mouvement de protestation contre la construction d’un réacteur nucléaire dans le quartier du Queens à New York. Dans Crisis in Our Cities (1964), il dénonce les besoins énergétiques démesurés des mégapoles qui risquent de donner naissance à des perturbations atmosphériques dangereuses et provoquer la fonte des calottes glaciaires si leur production repose sur les ressources fossiles. Son modèle est la cité athénienne ou les petites villes de la Renaissance italienne. Il propose de développer des sources d’énergies entièrement renouvelables à partir du soleil, du vent et des marées.
Dans Écologie et pensée révolutionnaire (1964), il reformule l’alternative de Rosa Luxemburg qui avait affirmé que la civilisation devrait choisir entre socialisme et barbarie : l’utopie anarchiste ou l’extinction de l’humanité, explique-t-il. Puis il développe sa thèse de l’au-delà de la rareté (postscarcity) : libérer les hommes de la tyrannie de la pénurie, du règne de la nécessité. Il affirme aussi que 70% des emplois américains sont inutiles.
Il pensait qu’un mouvement de la jeunesse fondé sur l’éthique pouvait remplir le rôle d’agent de la révolution sociale dévolu au prolétariat.
Il voyage à Paris, en 1967, pour rencontrer les groupes anarchistes, les situationnistes, les Provos à Amsterdam, l’historien Gaston Leval et des anciens combattants espagnols à Toulouse puis revient à Paris en juillet 1968. Il comprend que si le soulèvement a bien pratiqué en grande partie l’autogestion, les groupes marxistes-léninistes l’ont retardé de tout leur poids, jouant un rôle contre-révolutionnaire. Quand au parti communiste, il fut « d’une traitrise absolue ».
En 1971, il publie Au-delà de la rareté, l’anarchisme dans un monde d’abondance dans lequel il enjoint la gauche et la contre-culture : « Soyons réalistes, faisons l’impossible, car sinon nous aurons l’impensable ! ». Pour préparer The Ecology of Freedom, il étudie l’origine des hiérarchies et se plonge dans l’anthropologie, étudiant notamment les sociétés premières, mutualistes, égalitaires, sans État. C’est la technologie, l’instrumentalisme, fondements idéologiques du capitalisme industriel, qui ont imposé la domination de la nature. Toujours engagé dans la vie politique, il rejette les mesures « environnementalistes » qui considèrent le vivant en termes de ressources exploitables, et défend la véritable écologie qui vise à préserver l’intégrité du vivant.
Sans aucun diplôme, il enseignera longtemps à l’université et lors de cessions de formation pratique et théorique à l’écologie dans une ferme-campus du Vermont.
En se penchant sur l’histoire américaine à l’occasion du bicentenaire de l’Indépendance, il se rend compte que le moteur institutionnel de la Révolution américaine avait été le municipalisme de la Nouvelle-Angleterre pratiqué par les puritains anglais, solide expérience d’autogestion par la démocratie participative, combattu par les nouvelles élites qui imposèrent une gouvernement centralisé.
Il conseille le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) qui présente des candidats à la mairie pour donner « Le pouvoir au peuple ! » et remportera 40% des suffrages en 1974, six mois après sa création. En 1978, il rédige un projet de constitution pour le mouvement anti-nucléaire Clamshell qui fonctionne par recherche du consensus et comme une confédération de groupes d’affinité. Il assiste aussi à la reprise partielle de ses idées, déformées par le système, sans l’unité qui garantit leur radicalité. Il comprend que le capitalisme ne périrait pas de ses contradictions mais d’une « tumeur incontrôlable » qui détruirait aussi son hôte et qu’il fallait construire un mouvement éco-anarchiste malgré « la fin de l’ère révolutionnaire ». Il se tourne vers la jeunesse allemande et le mouvement des squats, suit les campagnes de Bernie Sanders à Burlington, dans le Vermont, expérience qui se soldera par une collusion avec les promoteurs immobiliers et le maintient de l’usine d’armement. Il soutient cependant que « la seule alternative à l’État-nation réside dans des municipalités démocratisées libertaires, unies en confédération » : « Démocratisons la république et radicalisons la démocratie ». Il continue à enseigner.
Il est très attentif aux mouvements écologistes allemands, notamment en 1983 quand des membres des Grünen siègent au Bundestag. L’expérience se terminera cependant par les compromissions habituelles, Joshka Fischer devenant ministre délégué à l’environnement et à l’énergie de Hesse, chargé de superviser les centrales et la construction d’une usine de retraitement de plutonium.
Contesté par de nombreux anarchistes qui refusent de participer aux élections, il pense toutefois que le municipalisme libertaire permet de résoudre le dilemme entre descendre dans la rue ou dans l’arène politique. Il en fait remonter la généalogie chez Proudhon qui défendait la confédération de communes locales, chez Bakounine qui désignait la Commune absolument autonome comme base de toute organisation politique, chez Kropotkine qui écrivait que les communes indépendantes permettraient l’abolition complète des États et la fédération libre des forces populaires. La critique récurrente constatait que tous ceux, radicaux bien intentionnés, qui avaient cru changer le système en participant aux élections, avaient été changé par le système pour devenir une partie du problème. Au début des années 1980, il découvre un passage de Bakounine qui entérine, selon lui, la filiation : « les élections communales sont toujours et partout les meilleures, les plus réellement conformes aux sentiments, aux intérêts, à la volonté populaire ».
Il va s’opposer à un mouvement radical émergent, à partir de 1987, Earth First !, qui place la nature au-dessus des hommes, prône une « écologie profonde ». Certains de ses membres revendiquent les mêmes droits pour les microbes que pour les hommes, d’autres applaudissent aux épidémies et aux famines, convaincus qu’il faut éliminer 80% de la population pour en finir avec la civilisation industrielle. Il leur répond que si le capitalisme est un système économique et social intrinsèquement antiécologique, un « retour au Pléistocène » n’est pas souhaitable pour autant.
En 1992, il débutera son grand projet d’écrire l’histoire des mouvements qu’il admirait, à la recherche des occasions manquées comme le 5 janvier 1919 lorsque cinq cent mille travailleurs armés descendent spontanément dans les rues de Berlin dans l’attente d’un ordre qui ne viendra jamais.

Cette biographie s’attache à rapporter les événements marquants qui ont constitué le parcours de Murray Bookchin, son existence faite d’engagements, permettant de saisir l’évolution de sa pensée dans sa complexité. Une présentation sérieuse de ses théories se mêle au récit, mises en regard des influences et rencontres nombreuses, des combats dans lesquels il a pu les défendre. Son constat que l’écologie peut offrir une alternative au capitalisme à condition qu’elle n’omette pas les rapports de domination, ne peut que nous intéresser ; ses réflexions et ses propositions sur les fins et les moyens, parce qu’elles s’attaquent au système dans sa globalité, ne peuvent qu’alimenter nos débats. Une excellente introduction à l’oeuvre théorique de Murray Bookchin qui mérite clairement d’être mieux connue, d’autant qu’elle inspire en ce moment même le confédéralisme démocratique mis en application au Rojava.

ÉCOLOGIE OU CATASTROPHE - LA VIE DE MURRAY BOOKCHIN
Janet Biehl
Traduction Élise Gaignebet
Préface de Pinar Selek
626 pages – 29 euros
L’Amourier Éditions – Coaraze – Juin 2018
http://www.amourier.com/


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