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Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 07 Jan 2009, 10:49
de luco
L'un des talons d'Achille de l'anarchisme me semble être l'absence de véritable projet économique alternatif au capitalisme/marché (même s'il est difficile de découpler l'économie de la politique,...).

Comme je n'ai jamais réussi à lire Proudhon malgré plusieurs tentatives, je suis demandeur de quelques lignes d'explication sur son projet mutualiste.

Plus largement, nous constatons que le capitalisme appuyé sur le tout (ou presque) marché est un système criminel. C'est la base de notre combat.

Nous avons constaté que la planification centralisée avec abolition total (ou presque) du marché, comme en URSS, en Corée du Nord... produit à la fois une économie de pénurie, et une classe politique et technocratique qui a tous les pouvoirs, et donc un système totalitaire. C'est la base de notre opposition radicale au stalinisme/léninisme.

Les trotskystes opposent à cet échec, la notion de planification démocratique pour sortir de l'impasse "par en haut". Mais on se doute bien que s'il avait suffit de mettre en place des processus de décisions "par en bas" dans la planification pour que le système fonctionne, la bureaucratie d'état aurait trouvé les moyens de le faire. Elle l'a d'ailleurs tenté en Yougoslavie.

Nous savons aussi qu'en Espagne, seul exemple concret à grande échelle d'expérimentation libertaire, les initiatives ont été très diverses et il qu'il est difficile d'en tirer un enseignement unique. Néanmoins on constate que les libertaires ont été plus pragmatiques : en Aragon cohabitaient des usines autogérées répondant à des commandes d'état (de guerre), des collectivisations de terres, des services publics autogérés, mais aussi le maintien de la petite propriété (agricole notamment mais aussi commerces, artisans). Mélange de planification et de marché, de propriété privée et collective. De plus, l'expérience a été brève.

Bref, quelle alternative économique au capitalisme pour les libertaires ?


Je connais la position d'AL : propriété sociale des grands moyens de production et d'échange, planifications centrales mais aussi décentralisées (régionales, locales...), maintien de mécanismes de marché pour les biens moins "essentiels", maintien d'une propriété privée pour les petits producteurs qui le souhaitent (paysans, artisans, petites boites). Un mix plan/marché et propriété sociale/privé avec prépondérance du social et de la planification, avec au centre la notion d'autogestion et de démocratie.

Pour les autres, vous voyez ça comment ?

FA, CGA, OCL, individualistes ?

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 07 Jan 2009, 12:21
de arvn d
C'est peut-être plus les organisations plate-formistes qui peuvent "élaborer" de telles "propositions".
Sinon ça peut t'intéresser:
http://refractions.plusloin.org/spip.php?rubrique42

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 07 Jan 2009, 12:37
de arvn d
Pour la FA, j'ai trouvé ce travail de l'UR Rhône-Alpes qui date du milieu des années 1990:

http://fa.federation-anarchiste.org/IMG/rtf/l-anarchisme-aujourdhui.rtf

il y a plusieurs paragraphes qui concernent l'économie. Par contre je ne sais pas si on peutà, proprement parler de "positions" ou de projet économique de la FA dans son ensemble.

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 07 Jan 2009, 13:00
de luco
Merci pour le lien.

Je vais voir si je peux récupérer ce n° de Réfractions, même si leur problématique semble plus resserrée sur les SP.

La question que je pose me paraît essentielle et concerner tout le monde et pas uniquement les "plateformistes".

Lutter est nécessaire, irremplaçable. C'est une "posture" de vie qui permet au libertaires de ne pas se faire embobiner par des bureaucraties sous prétexte de "construire le socialisme et en attendant supporte les contraintes, les inégalités, les privations de liberté...".

Donc le libertaire lutte en tous lieux, tout temps... même s'il n'a pas de solution de rechange. car il s'agit toujours de résister à l'injustice.

Néanmoins, avoir un projet de rechange viable, ou en tous cas des pistes solides qui tiennent compte des échecs passés, n'est pas négligeable, non ? 8-)

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 07 Jan 2009, 15:17
de arvn d
Négligeable ou pas...

Pour ma part, on ne peut pas vraiment parler de projet de rechange, ça sonne un peu comme un programme politique et je ne crois pas qu'il y ait intérêt à cela. Par contre, des futurs à imaginer sans doute.

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 07 Jan 2009, 20:00
de vroum
Voici un texte de l’Internationale des Fédérations anarchistes décrivant assez précisément une économie possible dans une société anarchiste :

L’organisation de l’économie dans une société anarchiste

Motion adoptée au 1er congrès de l’Internationale des Fédérations anarchistes réuni à Carrare les 31 août et 1, 2, 3, 4 et 5 septembre 1968

http://international.federation-anarchiste.org/spip.php?article112

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 08 Jan 2009, 00:13
de yves
Pour les autres, vous voyez ça comment ?

FA, CGA, OCL, individualistes ?

L'anarchiste-individualiste se différencie de l'anarchiste communiste en ce sens qu'il considère (en dehors de la propriété des objets de jouissance formant prolongement de la personnalité) la propriété du moyen de production et la libre disposition du produit comme la garantie essentielle de l'autonomie de la personne. Étant entendu que cette propriété se limite à la possibilité de faire valoir (individuellement, par couples, par groupement familial, etc.) l'étendue de sol ou l'engin de production indispensable aux nécessités de l'unité sociale; sous réserve, pour le possesseur, de ne point l'affermer à autrui ou de ne point recourir pour sa mise en valeur à quelqu'un à son service.

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 08 Jan 2009, 16:52
de luco
Merci Vroum, merci arv nd,...

Yves,

Si je comprends bien ton point de vue est proche de celui de Proudhon dont je viens de lire un commentaire sur le nouveau site posté par larsh2009 récemment.

Voilà ce qu'on peut y lire, qui à mon avis résume le point de vue de l'auteur sur la pensée de Proudhon :

Entre deux excès tels que le désir illimité et envieux, dans le capitalisme, et la dépersonnalisation léthargique et abrutissante, dans le communisme, la voie d’équilibre promeut une volonté encadrée et proprement humaine, civilisée. L’équivalent socio-économique de cette volonté encadrée et équilibrée, son ferment matériel, n’est autre que la petite propriété mutualiste, qui ne rend pas l’homme saint (au sens d’une sainteté éthérée), car la noblesse, encore une fois, ne repose jamais ici que sur une gestion sage d’une nature en elle-même ambivalente, mais qui tend autant qu’elle le peut à développer notre espèce ; en se perfectionnant intérieurement, l’individu ne change pas alors de condition psychologico-morale – il ne devient pas un ange –, mais s’oriente vers une actualisation optimale de ses vertus, de son potentiel de grandeur. La raison d’être ultime du mutualisme, appuyé sur une défense stricte et pragmatique du droit de propriété, est ainsi de contribuer à l’élévation morale des hommes.


Et plus loin :

Mais, bien qu’il nous dise où aller, le philosophe ne nous apprend pas aussi clairement comment faire, concrètement, pour atteindre cet équilibre. Il se montre même sur ce point beaucoup plus pessimiste, surtout à la fin de sa vie. Il prône l’encadrement des relations marchandes par un Etat décentralisé, qui doit servir de contrepoids à la propriété exactement comme celle-ci doit servir de contrepoids au pouvoir central : « Nous avons montré qu’en effet l’abus de la propriété se neutralise par les garanties dont l’Etat prend soin de l’entourer, de même que l’absolutisme de l’Etat se régularise, devient justice et vérité, par la réaction du propriétaire. »(18) Sans toucher le moins du monde aux droits du propriétaire, qui, pour ce qui est de son pouvoir sur sa propriété, doivent être absolus, Proudhon propose de garantir les droits des autres propriétaires à conserver leur bien dans des conditions décentes et à commercer paisiblement, c’est-à-dire à l’échelle locale et sans concurrence déloyale : à cette fin, il demande que l’Etat apporte un certain nombre de garanties aux petits propriétaires (organisation d’un crédit mutuel et gratuit ; développement du service public dans des secteurs de base, comme le transport ; instruction publique ; etc.) (19). Mais Proudhon se dit par ailleurs hostile à la révolution politique. Il la croît inutile, car, tant que les esprits seront à ce point pervertis par le matérialisme, dit-il, tant que des sentiments religieux vrais et purs n’auront pas germé à nouveau dans notre âme et qu’une profonde révolution morale ne nous aura pas rendus capables de maturité, aucune réforme économique ne suffira à rééquilibrer la propriété. Certes, une modification profonde de notre organisation sociale jouerait en retour elle-même favorablement sur notre être éthique ; mais comment faire accepter une telle réorganisation autrement que par la tyrannie, si les esprits sont initialement trop corrompus pour adhérer à des idées réellement équilibrées ? Or, Proudhon considère l’établissement d’un Etat dictatorial comme un des facteurs les plus incompatibles avec une régénération morale de la population, à cause de la déresponsabilisation des âmes qu’il impliquerait nécessairement…


Admettons que le projet de Proudhon soit le bon (propriété individuelle+ petit propriété autogérée et mutuallisme), il reste une inconnue de taille :

Cet Etat, nous voyons bien que ce qu'il défend depuis toujours, c'est la grande propriété, la grande finance, le capitalisme impérialiste...

L'Etat n'est donc pas neutre, il est au service d'une classe.

Même pour le mettre au service de tous, de la petite propriété et de l'autogestion, il faudrait le briser, le renverser.

On arrive là, à la même contradiction que les Décroissancistes de tupe Vincent Cheynet : ils veulent revenir à la petite propriété, l'artisannat...avec une forte connotation éthique, de l'autogestion... ils veulent démanteler les muiltinationales... mais ils pensent pouvoir le faire par la voie des urnes, alors que l'on constate depuis toujours que ce système électoral ne fait que reproduire le pouvoir capitaliste.

Yves, es-tu partisan d'une révolution politique ?

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 09 Jan 2009, 22:13
de yves
Yves, es-tu partisan d'une révolution politique ?

pas du tout favorable à la politique pas favorable aux urnes donc pas ok sur révo POLITIQUE

je suis partisan d'une révo SANS VIOLENCE, une révo des mentalités, il faut faire de la propagande anarchiste pour convaincre les individus à nos thèses

oui à une révo des INDIVIDUS

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 10 Jan 2009, 00:28
de RickRoll
Assez peu réfléchi comme position, si je peux me permettre.
L'Etat n'accepte la contestation et ne lui oppose pas de violence tant qu'elle reste marginale. Penser qu'il acceptera qu'une plus grande partie de la population se détourne de lui sans rien faire, ou bien qu'il se retirera en respectant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, c'est très puéril.

Le jour où ta révolution des esprits aura lieu, l'Etat essaiera nécessairement de briser cet élan, par la violence. Il faudra donc lui répondre par la violence et le sang coulera.

De plus, jamais une révolution n'a commencé par une révolution des esprits, mais toujours par des luttes concrètes (du pain, une durée moindre du temps de travail, etc.)

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 10 Jan 2009, 13:15
de luco
je suis partisan d'une révo SANS VIOLENCE, une révo des mentalités, il faut faire de la propagande anarchiste pour convaincre les individus à nos thèses


Oui, je vois, comme les chrétiens, les écolos ésotériques... Tu attends le changement d'une transformation individuelle, graduelle et aditionnée des individus.

Crois-tu que le dirgeant de Monsanto, celui de Total, celui de Ford, les actionnaires transnationnaux, les dirigeants des émirats arabes unis, d'europe, de chine, de Corée du nord..., le prince de monaco, Sarkozy, les bouchers de toutes les armées et de toutes les guerres... vont se réveiller un jour, régler leurs petites affaires courantes, distribuer leurs titres de propriété à tous, lâcher leur places, leur pouvoir, et partir sur les routes avec leur bâton de pélerin propager la bonne parole ?

Comme les chrétiens, il s'agit juste d'espérer que le monde change un jour, sans se donner les moyen concrets d'agir sur le réel.

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 10 Jan 2009, 17:44
de yves
je suis pour une révo culturelle
au quotidien j'agis et je fais changer les mentalités
mes interlocuteurs changent d'avis
ca ira ca ira les aristocrates on les aura

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 10 Jan 2009, 18:58
de Pïérô
yves a écrit:mes interlocuteurs changent d'avis

bah, avec le peu de contenu et d'argumentation que tu trimballes, je serais curieux de voir çà...

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 10 Jan 2009, 23:02
de yves
qierrot a écrit:
yves a écrit:mes interlocuteurs changent d'avis

bah, avec le peu de contenu et d'argumentation que tu trimballes, je serais curieux de voir çà...


avec des petites idées simples on y arrive
le sarkosisme aide beaucoup à rallier des gens
je viens de rééditer un quatre pages sur le petit manuel anarchiste individualiste
ca marche mieux que ceque tu penses
on se réunit de plusen plus àparis
on relit stirner et tous les autres
ne sois pas aussi négatif

Re: Communisme libertaire et "économie"

MessagePosté: 10 Jan 2009, 23:06
de sebiseb
Tu peux nous faire partager ton 4 pages ?