Crise du capitalisme et alternative

Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede Pïérô » 27 Sep 2014, 23:49

Brochure de la Coordination des Groupes Anarchistes
Crises - Analyses Libertaires

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INTRODUCTION ----

Sortir, en 2014, un ouvrage sur la crise n'est-il pas un peu décalé et est-ce encore bien pertinent ? Il peut sembler qu'on se réveille un peu tard, à entendre médias et politiciens le gros de la crise est derrière nous, cela commence à dater ... ---- C'est en effet dès 2007 que la crise des subprimes éclate aux États-Unis. En 2008, des grandes banques d'investissement font faillite ainsi que le principal assureur américain (AIG). La crise financière frappe alors l'ensemble de l'économie mondiale qui menace de s'effondrer. A partir de 2009, c'est le krach économique de la Grèce qui connaîtra le plus fort retentissement. Les gouvernements Européens veulent alors «sauver» la Grèce afin d'éviter un effet domino sur l'ensemble des économies européennes.

Depuis maintenant 5 ans, on ne compte plus les plans
d'austérités et les régressions sociales appliqués par les
gouvernements européens, avec ou sans l'influence du Fonds
Monétaire International. Ces mesures sont mises en place
contre la volonté des peuples et le plus souvent en réprimant
durement toute forme de contestation.

Aujourd'hui les gouvernants et les économistes à leur solde
s'escriment pourtant à nous persuader que la sortie du tunnel
c'est là, pour bientôt, très vite, quelques sacrifices encore, une
vraie baisse des dépenses publiques, moins de charges pour
les entreprises et ça ira mieux...

Pourtant nous ne les croyons pas.

D'abord parce que nous ne pouvons pas avoir confiance en ces
personnes : ce sont les mêmes qui vantaient avant-hier le «
miracle argentin » à la sauce ultra libérale avant l'effondrement
de l'économie de ce pays en 2000. Les mêmes qui, hier
encore, parlaient de modèle irlandais ou espagnol, deux des
pays dont les populations sont les plus durement touchées par
la récession depuis 2008.Ensuite parce que ces discours ne collent pas avec la réalité
de ce que nous vivons et voyons autour de nous : toujours
plus de gens qui se serrent la ceinture, toujours plus de
précarité, de problèmes de logement, de misère, de régressions
sociales etc.

Enfin, précisément parce que nous avons fait le travail de
recherche que vous tenez entre les mains.

L'explication de la crise et des mesures censées la résoudre est
réservée aux élites politiques, économiques et médiatiques. Les
discussions politiques sur la crise restent l'apanage d'experts
bien loin des réalités sociales populaires. Mettre le nez dans ces
problèmes, c'est très vite comprendre pourquoi ils ont intérêt à
confisquer et rendre opaques ces questions. C'est s'apercevoir
que bourgeoisies et capitalisme fonctionnent à l'intérêt à court
terme, ne maîtrisent en fait pas grand chose et ne savent
pas vraiment où ils vont ... C'est constater que les États ne
sont jamais des instruments neutres censés représenter l'intérêt
général mais qu'ils agissent toujours du côté de ceux qui ont
l'argent et le pouvoir. C'est surtout se rendre compte qu'il ne
nous sera rien donné et que nous devons collectivement réagir
si nous ne voulons pas appartenir à un monde toujours plus
inégalitaire, destructeur pour notre planète comme pour nos
libertés, où le chacun pour soi est la seule règle.

L'objectif de cet ouvrage est donc de proposer une analyse
de cette crise et de ses conséquences qui soit accessible à
toutes et tous pour permettre à chacun-e de se doter d'outils
pour décrypter le discours dominant sans se laisser embobiner.
Nous pensons que donner une lecture libertaire de ce qui
se passe par des personnes qui vivent aussi cette crise est
très important pour encourager à réagir et lutter dans une
perspective émancipatrice. Il nous semble aussi que s'intéresser
à ces questions pose de fait l'urgence de rompre avec le
capitalisme et soulève la nécessité révolutionnaire sur des
bases libertaires.

Donc, oui, pour nous, même si nous ne sommes pas en avance,
sortir un ouvrage sur la crise en 2014 n'est non seulement pas décalé
mais reste terriblement nécessaire et peut s'avérer bien utile !

La crise des dettes d'État

On nous présente souvent le surendettement des États comme le
résultat de politiques sociales trop généreuses. Depuis 2007, les dettes
d'États ont explosé et semblent incontrôlables. Les mesures d'austérité
s'enchaînent dans beaucoup de pays et surtout en Europe. Les dettes
d' États servent d'excuses publiques aux pires régressions sociales.
Les argumentaires sur la dette sont généralement servis dans un
langage pointu empêchant la compréhension aux non-initié-e-s.



Brochure pdf : http://www.c-g-a.org/sites/default/file ... se_uaf.pdf
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede Pïérô » 12 Nov 2014, 12:54

Samedi 15 novembre 2014 à Montpellier

Un débat de présentation de "CRISES, analyses libertaires - comprendre pour lutter" aura lieu le samedi 15 novembre à 17h à la librairie La Mauvaise Réputation, 20 rue Terral, Montpellier, par le groupe Un Autre Futur de la Coordination des Groupes Anarchistes.

http://www.c-g-a.org/content/crises-ana ... our-lutter
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede Pïérô » 06 Déc 2014, 11:00

Samedi 13 décembre à Paris

Rencontre avec la CGA
Crises, Analyses libertaires - Comprendre pour lutter

Rencontre et débat avec des membres de la Coordination des Groupes Anarchistes autour de la publication de leur brochure Crises, Analyses libertaires - Comprendre pour lutter (Editions Brasero Social).

à 16h30, Librairie du Monde libertaire - Publico, 145 rue Amelot, Paris 11e


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L'objectif de cet ouvrage est de proposer une analyse de la crise et de ses conséquences qui soit accessible à toutes et tous pour permettre à chacun-e de se doter d'outils pour décrypter le discours dominant sans se laisser embobiner. Nous pensons que donner une lecture libertaire de ce qui se passe par des personnes qui vivent aussi cette crise est très important pour encourager à réagir et lutter dans une perspective émancipatrice. Il nous semble aussi que s'intéresser à ces questions pose de fait l'urgence de rompre avec le capitalisme et soulève la nécessité révolutionnaire sur des bases libertaires.
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede Pïérô » 12 Déc 2014, 12:14

Dimanche 14 décembre à Saint-Denis (93)

« Crises, Analyses libertaires - Comprendre pour lutter »

Rencontre et débat avec des membres de la Coordination des Groupes Anarchistes autour de la publication de leur brochure Crises, Analyses libertaires - Comprendre pour lutter (Editions Brasero Social).

à 14h, Centre social autogeré « l'Attieké », Bâtiment occupé, 31 bd Marcel Sembat, Saint-Denis
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede Pïérô » 28 Fév 2015, 11:09

Mardi 3 mars, Montpellier

Le groupe Un Autre Futur de la Coordination des Groupes anarchistes présentera son ouvrage :
CRISES, analyses libertaires - comprendre pour lutter

à 18h à l'Université Paul Valéry (salle Crampoux)
La présentation sera suivie d'un débat.
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede bipbip » 25 Mar 2015, 15:44

Samedi 28 mars à Lyon

Débat - « Crises, Analyses libertaires - Comprendre pour lutter »

Rencontre et débat avec des membres de la Coordination des Groupes Anarchistes autour de la publication de leur brochure Crises, Analyses libertaires - Comprendre pour lutter (Éditions Brasero Social).

Rendez-vous le samedi 28 mars à 17h à la Plume Noire (8 rue Diderot, 69001 Lyon)
Métro Croix-Paquet ou Croix-Rousse, Bus S6 arrêt Colbert.

http://rebellyon.info/Debat-Crises-Anal ... aires.html
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede bipbip » 17 Avr 2015, 01:42

La crise économique et l’alternative sociale

Il y a quelques années, nous avions amorcé, de manière assez intuitive, une critique de l’économie scientificisée et mathématisée, ainsi que la démarche de repenser l’économie en tant que rapport social. Dans la continuité, nous avions abordé la critique de la société marchande. Ces travaux nous ont conduits à découvrir les productions théoriques du courant critique de la valeur (Wertkritik) ainsi que la « physiologie sociale » de Kropotkine. Aujourd’hui, nous présentons cette courte synthèse, qui, si elle n’est pas parfaite, fait au moins l’état des lieux de l’avancement de certaines de nos réflexions sur le sujet.

Un Marx, et ça repart ! Quoi de mieux, pour commencer l’analyse de la crise économique, que d’en revenir aux bon vieux fondamentaux de la critique marxienne de l’économie capitaliste. Nous commencerons donc par expliquer, à notre façon, les mécanismes de la baisse tendancielle du taux de profit et des crises de surproduction. Nous aborderons également les facteurs qui ont pu étayer cette théorie après Marx, comme les stratégies de contournement et de report de cette crise et les limites « externes » du capitalisme. Enfin, nous parlerons des alternatives sociales aux crises récurrentes du capitalisme, et en particulier à la crise actuelle, qui sera peut-être la dernière, afin que la sortie de ce système se fasse pour le meilleur plutôt que pour le pire.

Décoordination du capitalisme et baisse tendancielle du taux de profit

Le capitaliste investit dans des machines pour bénéficier d’un avantage compétitif : c'est-à-dire diminuer le coût de ce qu’il vend par rapport à celui proposé par ses concurrents. De ce fait, il emploie moins de main d’œuvre : il a moins besoin de payer les travailleurs, car il en a moins. Le capitaliste se fait donc plus de profit. Il peut augmenter son volume de production en investissant dans des machines supplémentaires, en ouvrant de nouvelles chaines de production, en employant quelques salariés supplémentaires. A terme, son secteur de production devient un monopole.

Cependant, le capitalisme ne marche pas comme ça ! Le propriétaire capitaliste n’est pas seul sur le marché et ses concurrents ne se laisseront pas éliminer de la sorte. Pour éviter la faillite, c'est-à-dire maintenir le même niveau de production et vendre au même coût, ils disposent de plusieurs solutions. Tout d’abord, intensifier les cadences : cette solution, seule, se révèlera rapidement insuffisante. Ensuite, baisser drastiquement le coût du travail pour augmenter le nombre de travailleurs : mais alors, les capitalistes génèreront une série de travailleurs pauvres, et se mettront hors la loi par rapport aux règlementations du code du travail – c’est en partie pour cela que les capitalistes, essaient de le démanteler – ; sans compter qu’il leur faudra augmenter l’outillage. Enfin, la solution la plus fréquente et la meilleure du point de vue capitaliste : ils investiront eux aussi dans des machines. Ils se sépareront ainsi d’une partie des travailleurs. Cependant, dans cette situation, les coûts s’égalisent, les profits liés à la vente diminuent pour ceux qui bénéficiaient au départ d’un avantage compétitif, et on en revient à la situation de départ.

Bien entendu, le cycle d’investissement dans le capital technique – dans des machines encore plus performantes, automatisées, commandées à distance, et nécessitant donc moins de travailleurs – peut recommencer plusieurs fois de suite. A chaque cycle d’investissement dans du capital technique, les capitalistes voient leur taux de profit diminuer, et ce sont toujours plus de travailleurs qui se trouvent expulsés du travail, mis au chômage. Les capitalistes, qui n’ont pas besoin du surplus de production pour leur consommation personnelle ; comme les travailleurs, dont les revenus diminuent pour les uns, qui se retrouvent au chômage pour les autres, ne peuvent acheter et consommer l’ensemble de la production. Il y a crise de surproduction.

En conséquence, des entreprises ferment, ou se séparent d’une partie des travailleurs, parce qu’elles n’arrivent pas à vendre leur excédents de production, et ce sont encore de nombreux travailleurs qui se retrouvent au chômage.

En théorie, le capitalisme entre en phase terminale, est voué à s’effondrer et à muter : vers un modèle autoritaire régressif, une forme de fascisme, ou vers le communisme.

Mais cette phase peut durer longtemps, et des stratégies pour la repousser, en tempérer les effets, existent : croissance extensive qualitative (nouveaux secteurs d’activités et nouveaux produits à vendre), délocalisation là ou la main d’œuvre est moins chère, impérialisme, investissement de guerre, reconstruction et autres new deals, financiarisation, crédit et spéculation sur une production future de valeur (qui bien entendu n’arrive pas). Mais les crises reviendront dès que la situation sera revenue « à la normale ».

De plus, ces stratégies se paient au prix fort. Outre la misère générale qu’elles engendrent ; par le passé, elles se sont soldées par des millions de morts, dans les guerres impérialistes ou entre nations impériales.

Aujourd’hui, le capitalisme fait également face à des limites externes au champ économique. Le monde est fini tandis que la croissance ne connaît pas de limites, le rythme de régénération du vivant est plus lent que celui de l’accélération productive du capitalisme, provoque des dégradations climatiques, biologiques, géologiques, sanitaires, de destruction de la biodiversité et de son équilibre fragile: Il va vers une décroissance inéluctable, et au combien barbare. Le capitalisme vert, nouveau procès de valorisation et de colonisation marchande, consistant dans l’investissement dans les secteurs de la réparation ou de la préservation de la nature, et la mise en place d’une économie de services payants, de taxes, d’amendes, n’y changera rien à terme. Tout au plus, elle ralentira le processus de désagrégation, en sacrifiant les plus pauvres, ceux qui n’auront pas la possibilité de se payer les nouveaux produits et services labellisés croissance verte, sur l’autel du procès de valorisation.

A chaque crise économique, qui entraine son lot de misère, de morts, de catastrophes biologiques, la situation ne fera qu’empirer, que se dégrader.

Il est donc nécessaire d’en finir avec le capitalisme !

L’impasse de « La Gauche »

Face à cela, les réponses de la « gauche », des « gauches », politiques ou syndicales, proposant une limitation des salaires des capitalistes et une redistribution des richesses plus justes, une réévaluation du smic, quelques euros de plus sur les salaires, un contrôle accru, étatique ou populaire, des banques, une réduction du temps de travail pour lutter contre le chômage, etc., – et nous ne parlons même pas de l’impasse des politiques de relance de la gauche keynésienne[1] – témoignent certes d’une intention généreuse, mais demeurent des réponses inconséquentes et inadaptées, puisqu’elles s’insèrent dans le processus de création de richesses, de valeur-argent, de profits, pour ensuite les redistribuer aux travailleurs. Il en résulte nécessairement qu’elles se heurtent aux mêmes limites que le modèle capitaliste classique, décrit précédemment.

Elles ne s’attaquent pas donc à aux racines du problème, ne proposent pas de solution crédibles face à la décoordination des activités sociales de la société du travail et, en conséquence à la concurrence à l’intérieur des différents secteurs d’activité, aussi bien qu’entre les différents secteurs d’activité dans la course à la valorisation.

En cela, même en prenant les reines de l’économie capitaliste, en en modifiant certaines tendances, en proposant des réformes sociales, elle va quand-même au crash. Ainsi, toutes les réponses qu’elle apporte, les réformes qu’elle propose, ne sont qu’illusions et perte de temps si aucune réponse n’est apportée au problème de la décoordination des activités sociales et de la course à la valorisation.

Travailler toutes et tous dans les secteurs rentables ? Une fausse solution !

Une première réponse, certes naïve et sophiste, pourrait être apportée à la question de la décoordination : il suffirait de décider que tout le monde travaille un temps égal, à salaire égal, dans les secteurs rentables. Ensuite, soit personne ne travaillerait dans les secteurs non rentables, soit certains, ou tous, y travailleraient à temps partiel, en parallèle de leur activité principale, ce qui confèrerait un supplément de salaire.

Cependant, la grande limite de ce raisonnement apparaitrait et dévoilerait aussitôt l’aberration du système capitaliste : ce qui est rentable, ce qui crée de la valeur, aujourd’hui, n’est pas nécessairement ce qui est utile socialement, ce qui est nécessaire à la survie de l’humanité, à son bien être.

Seconde contradiction : ce qui a de la valeur dépend à la fois de l’abondance et de la rareté, mais aussi de l’inégalité sociale et du jeu d’imitation/distinction, qui constitue la dimension sociologique du procès de valorisation. Ce second facteur consiste dans la possibilité, pour une partie de la population souhaitant se valoriser, d’obtenir ce que l’autre n’a pas et d’en faire un marqueur de valeur ; et, pour ceux qui ne possèdent pas ce qui fait la valeur sociale, du désir de d’obtenir ce que possèdent les premières. Ainsi, ce qui fait la valeur, la rentabilité, le profit, ne cesserait de varier, les professions rentables n’auraient de cesse de ne plus l’être, les non-rentables de le devenir. Si le principe était donc de « travailler toutes et tous » dans ce qui est rentable, dans ce qui assure des revenus, relativement au procès de valorisation capitaliste, alors les salariés ne cesseraient de changer de secteur d’activité.

De plus, en fonction du jeu de l’offre et de la demande, les prix et les salaires seraient en variation constante. Pour se payer les marchandises produites, Les salariés lutteraient pour des plus hauts salaires, ou, comme nous venons de le dire alors ne cesseraient de changer de secteur d’activité, tandis qu’en tant que consommateurs, ils exigeraient une basse des prix[2]. Le système des activités sociales serait en chamboulement permanant, voir en crise permanente.

Ce type de compromis, ce système du « travailler toutes et tous dans les secteurs générateurs de profits » est donc totalement illusoire.

En finir avec le capitalisme, développer une autre organisation sociale de la production !

Il faut en finir, non seulement avec la décoordination des secteurs d’activité et la concurrence, mais aussi avec l’économie[3], la valeur, le profit, la richesse, le travail[4], le salariat, la séparation entre producteurs et consommateurs[5].

Il nous faut développer une organisation sociale, non pas régie par l’économie, le calcul monétaire, la rentabilité, la recherche de la croissance du PIB, mais par un autre mode d’organisation sociale de la production et de la distribution, inspiré de la physiologie sociale. Un mode d’organisation sociale où toutes et tous participent à la production de ce qui est nécessaire à l’ensemble de la société, et jouit de son temps libre à sa guise : activités ludiques, sportives, intellectuelles, artistiques, relations sociales, familiales, amoureuses, mais aussi s’associer à d’autres afin de produire ce qui répond à des besoins plus spécifiques, et cela sans convertibilité aucune avec la production fondamentale[6]. De plus, ces activités annexes devraient tenir compte du facteur d’autolimitation lié aux nécessités de la décroissance, et ensuite d’une soutenabilité retrouvé dont il faudrait préserver l’équilibre.

Etat ou pas Etat ?

Comme nous l’avons expliqué précédemment, ce type de modèle suppose une certaine coordination de la société, mais sous quelle forme ?

La solution étatique, la conquête de l’Etat – véritable réflexe pavlovien, inculqué par l’Etat lui-même à la population, et depuis longtemps incorporé par la « gauche », par ceux qui se disent sociaux-démocrates, se prétendent socialistes, anticapitalistes, communistes, marxistes, s’inscrivent dans la logique du stalinisme édulcoré ou dur, ou se revendiquent de manière très orthodoxe du léninisme, du trotskysme, du maoïsme – constitue une impasse à plusieurs niveaux.

Encore faut-il rappeler ce qu’est l’Etat [7].

L’Etat est une structure sociale autoritaire, centralisatrice, homogénéisante, qui s’érige en surplomb de la société et lui inculque une forme spécifique. Il est composé d’un parlement qui légifère, et d’un gouvernement qui donne les directives d’application et d’une administration qui les appliquent[8][9]. Il dispose de la force répressive (police, armée) à cet effet, mais aussi d’un ensemble de rouages de conditionnement social : école, tribunes médiatiques, contrôle de l’administration publique.

Une telle structure ne peut répondre aux besoins de la population. En effet, en tant que corps séparé concentré sur lui-même, sur l’immensité de dossiers à traiter, du fait de son caractère d’expert technique et de son formalisme administratif, du carriérisme aussi bien des élus que des administrateurs, elle se retrouve vite coupée de la vie sociale, étrangère aux besoins réels. Elle est incapable de prendre en compte les spécificités locales, tout juste capable de penser les solutions adaptables pour des sujets, des espèces et des espaces malléables, dociles, obéissants, capables d’auto-contrition – c'est-à-dire des sujets idéels, et non réels –, avec sa propre logique, sa prétendue supériorité intellectuelle et son autorité coercitive et répressive[10].

L’auto-organisation sociale, seule vraie solution !

La coordination sociale ne peut dont fonctionner que sur la base de l’auto-organisation de la société, de l’autogestion, de la démocratie directe, du mandat impératif, court, révocable, limité dans son renouvellement, et du fédéralisme. De l’échelon le du plus local au plus global nécessaire, c’est la population qui identifie ses besoins au niveau et de l’aménagement du territoire et de la production, qui identifie les ressources, les moyens et le temps nécessaire pour aménager, produire et distribuer, pour éduquer, former, soigner, etc. C’est en son sein que se décide, le plus démocratiquement et le plus volontairement possible, qui va s’atteler à telles ou telles tâches, dans quelles conditions et pour combien de temps. C’est encore la population qui décide de s’associer à une autre population pour développer des dispositifs communs : échanges ressources/production, mis en place de systèmes de transports, centres de soins spécialisés, centres de recherche et observatoires scientifiques, etc.

Cette perspective de reprise en main de la société par ceux qui la font à la base, de remise sur de bons rails, d’émancipation sociale, qui a pour but la satisfaction des besoins de toutes et tous, prenant en compte les limites biologiques de sa propre activité et les nécessités de correction des dégâts antérieurement provoqué par le capitalisme, nous la nommons « Décroissance Communiste Libertaire ».



[1] Dans une situation de croissance, avec des capitalistes prêts à financer des politiques de relance, on se retrouverait, comme ce fut le cas après 1974, face au retour de la logique de récession, puis de crise du capitalisme. En situation de crise d’accumulation ou de surproduction, les financiers, en perte de confiance dans la capacité du système à relancer la croissance, à générer de nouveaux profits, préfèrent se faire rembourser leurs dettes plutôt que d’ouvrir de nouveaux crédits. Or les Etats n’ont plus de quoi rembourser, les capitalistes menacent de délocaliser, les gouvernements, à leur botte, les soutiennent, détruisent les dispositifs de protection sociale et pressurent la population.

[2] Karl Marx, salaires, prix, profits.

[3] L’économie est ici entendue comme forme spécifique, quantifiée, mathématisée, des rapports sociaux de production, de distribution et d’échange de la société capitaliste. La science économique n’est vraiment apparue, n’a pris sa forme et son véritable essor, qu’avec le développement du capitalisme. Pierre Kropotkine soulignait en outre, dans « La conquête du pain », que l’économie portait mal son nom, car elle traitait en réalité de « physionomie sociale », de nature de la société, des rapports sociaux, plutôt que de « lois du milieu ».

[4] Le travail est entendu ici comme forme spécifique des activités sociales de production, de distribution, de services, en société capitalistes, ayant pour finalité la valorisation capitaliste, la création de richesses et l’augmentation du taux de profit.

[5] La séparation entre producteurs et consommateurs implique en effet une tension constante dans le prix d’achat et de vente, comme nous l’avons démontré avec la démonstration de la critique du salariat. Cette contradiction peut être dépassée si la population définit par avance ses besoins, et s’organise ensuite pour les satisfaire.

[6] L’autonomie de la sphère des activités sociales de première nécessité, et la participation de l’ensemble de ceux qui veulent jouir de ses apports, est une condition de sa stabilité. L’intrusion d’autres cycles d’activité, répondant à des besoins particuliers, serait source de déstabilisation, d’inégalité et de contrainte de suractivité, pour celles et ceux qui préfèreraient jouir de leur liberté hors activité nécessaire.

[7] Nous n’aborderons pas ici la question de l’Etat en tant qu’appareil au service de la classe capitaliste, qui dispose d’un pouvoir de contrainte et d’influence bien plus vaste que les seuls dispositifs d’Etat.

[8] En vérité, la relation de pouvoir entre gouvernement et bureaucratie, dans les démocraties représentatives, est bien plus complexe. Tandis que les élus passent, les hauts administrateurs (généraux, hauts fonctionnaires de police, préfets, experts de l’énergie et de l’aménagement du territoire, peuvent avoir tendance à rester, ce qui leur confère une maitrise des dossiers et par conséquent un ascendant sur les décisions prises).

[9] En réalité, lorsqu’un parti politique est au pouvoir, ses membres sont à la fois placés au gouvernement, mais aussi majoritairement au parlement, et dans l’administration. Il y a donc une relative osmose entre chaque échelon.

[10] Ce n’est pas pour rien que, face aux catastrophes provoquées par les choix bureaucratiques et centralistes, le prétendu « socialisme soviétique » s’est effondré, et que le capitalisme s’est orienté vers la décentralisation de la production. Cependant, comme nous l’avons vu, l’absence totale de coordination liée à la concurrence capitaliste est tout autant catastrophique.

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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede bipbip » 05 Aoû 2015, 08:39

Le (dys-)fonctionnement économique du capitalisme (et les perspectives de dépassement révolutionnaire)

Chacun ressent une certaine hostilité pour ce modèle économique d'autorité et de concurrence, générant misère et pauvreté. Chacun perçoit que ce modèle semble dysfonctionner. Cependant, il est parfois difficile de comprendre pourquoi. L'accès à cette compréhension n'est pas favorisé par les intellectuels critiques les plus médiatisés, ceux de la gauche dite radicale, qui s'inscrivent le plus souvent dans la perspective réformiste d'un capitalisme alternatif et moralisé. Le texte qui suit aidera à aller au-delà de cette perspective limitée et chimérique. Il fournira les clés de compréhension essentielles pour une critique sans concession du capitalisme et les bases élémentaires d'un projet révolutionnaire d'émancipation sociale.

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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede Floran Palin » 03 Sep 2015, 11:24

@Bipbip : Merci de relayer mes articles
Une version allégée de l'article sur le (dys-)fonctionnement du capitalisme est à paraitre d'ici 15 jours.
Il y a aussi celui-ci, qui est complémentaire de celui dont tu as fourni le lien dans ton post :
http://espritcritiquerevolutionnaire.revolublog.com/une-autre-idee-du-communisme-a114894854
Et qui est dans la lignée d'un projet de synthèse théorique globale entre anarchisme, communisme et décroissance :
http://ekladata.com/9sMZ0z42F9HdnmnP54oxjC9z8YY/DCL_fiche-synthese_decroissance.pdf

Après, a force de lire tous ces textes, ça risque de devenir redondant.
J'aimerai bien faire un texte exhaustif qui reprend tout, les grandes lignes et les petites analyses qui y figurent, mais je dois dire que je ne sais plus trop où donner de la tête pour organiser tout ça en ce moment.
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede altersocial » 08 Sep 2015, 17:35

Salut ECR,

J'ai lu le texte et il est très intéressant car il pose les bases d'un débats possible, en toute sérénité :wink:
Je ne suis pas d'accord avec beaucoup de choses qui y sont écrites (notamment l'interprétation du concept d'autogestion) j'y répondrai par unarticle dont je ferai part ici et tu me diras ce que tu en penses.
(n.b : que signifie "hédoniste" sur le site ?)

Un autre texte (conseilliste) articulant crise et révolution avec un plan un peu similaire au tien avait été écrit il y a bien longtemps, je le relaie ici :

La suppression de la crise

La suppression de la crise n’est pas un problème de rationalisation, d’organisation, de production, de crédits, c’est uniquement et seulement un problème de vente. Et résoudre le problème de la vente est, dans le monde capitaliste, résoudre le problème des besoins. Tu as faim ? Tu as besoin de pain ? Prends-en donc ! – Mais, halte-là ! Tu dois l’acheter. Le pain n’est pas fait pour les affamés, il est pour ceux qui ont de l’argent pour l’acheter. Pouvoir acheter et avoir faim, ce n’est pas toujours la même chose ! L’achat et le besoin ne coïncident pas nécessairement. La vente est une partie de l’économie capitaliste, mais un acte dans le processus économique qu’on peut supprimer en imagination. On peut même l’éliminer en pratique. Alors, ne restent que la production et la consommation. Elles suffisent à l’homme. Pour l’affamé, il suffit que le pain soit cuit; il se chargera de le digérer. II renoncera volontiers à l’acheter, à l’échanger contre un autre produit ou contre de l’argent. Et tous les millions d’hommes qui sont sans argent, tous les chômeurs, tous les mal salariés, tous les congédies, tous les inutiles, tous ceux qui ont faim, mais n’ont pas d’argent pour s’acheter du pain, renoncent volontiers à l’acte économique qui s’appelle l’achat et à cet acte intermédiaire dans la circulation économique, qui s’appelle la vente.

>>> lire la suite


Quelques limites conceptuelles aussi mais on sait où on va ... :wink:
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede Pïérô » 24 Sep 2015, 17:30

Bordeaux, samedi 26 septembre

Rencontre avec la Coordination des Groupes Anarchistes

Auteure de "Crises - Analyses Libertaires - Comprendre pour lutter"
Ed. Braséro social

Orga : Librairie du muguet

à 18h, Athénée Libertaire, 7 rue du Muguet, Bordeaux
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede Floran Palin » 28 Sep 2015, 20:39

altersocial a écrit:Salut ECR,

J'ai lu le texte et il est très intéressant car il pose les bases d'un débats possible, en toute sérénité :wink:
Je ne suis pas d'accord avec beaucoup de choses qui y sont écrites (notamment l'interprétation du concept d'autogestion) j'y répondrai par unarticle dont je ferai part ici et tu me diras ce que tu en penses.
(n.b : que signifie "hédoniste" sur le site ?)

Un autre texte (conseilliste) articulant crise et révolution avec un plan un peu similaire au tien avait été écrit il y a bien longtemps, je le relaie ici :

La suppression de la crise

La suppression de la crise n’est pas un problème de rationalisation, d’organisation, de production, de crédits, c’est uniquement et seulement un problème de vente. Et résoudre le problème de la vente est, dans le monde capitaliste, résoudre le problème des besoins. Tu as faim ? Tu as besoin de pain ? Prends-en donc ! – Mais, halte-là ! Tu dois l’acheter. Le pain n’est pas fait pour les affamés, il est pour ceux qui ont de l’argent pour l’acheter. Pouvoir acheter et avoir faim, ce n’est pas toujours la même chose ! L’achat et le besoin ne coïncident pas nécessairement. La vente est une partie de l’économie capitaliste, mais un acte dans le processus économique qu’on peut supprimer en imagination. On peut même l’éliminer en pratique. Alors, ne restent que la production et la consommation. Elles suffisent à l’homme. Pour l’affamé, il suffit que le pain soit cuit; il se chargera de le digérer. II renoncera volontiers à l’acheter, à l’échanger contre un autre produit ou contre de l’argent. Et tous les millions d’hommes qui sont sans argent, tous les chômeurs, tous les mal salariés, tous les congédies, tous les inutiles, tous ceux qui ont faim, mais n’ont pas d’argent pour s’acheter du pain, renoncent volontiers à l’acte économique qui s’appelle l’achat et à cet acte intermédiaire dans la circulation économique, qui s’appelle la vente.

>>> lire la suite


Quelques limites conceptuelles aussi mais on sait où on va ... :wink:


J'ai lu le texte sur contre capital et je l'ai trouvé très bien.

Pour ce qui est du concept d'autogestion : je vais préciser une chose : Dans ce texte, je ne prend pas immédiatement parti pour une définition ou une autre. Je constate simplement qu'il y a deux grand concepts d'autogestion, qui font partie du vocabulaire militant habituel...
Il y a autogestion type communiste libertaire ou de conseil, qui est de l'autogestion sociale par la société entière (la vraie autogestion, celle qu'on aime et dont on se revendique).
Et il y a l'autogestion version CFDT, SCOP, altermondialistes, tout ce qui est mutuellisme et coopérativisme, etc. (certains diront autogestion partielle ou fausse autogestion), qui sont des entreprises capitalistes où les producteurs sont dans le meilleurs des cas copropriétaires, co-gestionnaires, co-décisionnaires de leur entreprises, mais où l'entreprise ne fait pas corps avec le reste de la société et se comporte comme un atome isolé en concurrence avec les autres atomes isolés pour survivre économiquement, par la médiation de la valorisation marchande de la valeur (A-M-A') et du fétichisme marchand, et qui sont soumises autant que les autres entreprises aux phénomènes d'exploitation, de suppression du travail humain remplacé par des machines, de surproduction, de baisse du taux de profit, qui sont susceptibles de prospérer et de créer des aristocraties de producteurs comme de faire faillite, etc.
Ce que je fais, c'est dire que la seconde ne tiens pas, qu'il ne faut pas juste virer les patrons, et puis tout irait bien, mais qu'il faut que les unités de production travaillent en symbiose plutôt qu'en concurrence ou en indépendance sectorielle dans une société de marché (par exemple les chemins de fer et l'agriculture, qui bénéficieraient de profits différents, ce qui produirait une inégalité sociale entre les travailleurs de l'un ou l'autre), parce que c'est inégalitaire et ça produit des groupes de pouvoir corporatistes.
Tu remarqueras que chez les anar, les autonomes, ou avec les alter, ces débats sur l'autogestion existent bel et bien.

De la même manière je vais revenir sur ma distinction entre communistes et collectivistes, car on me fait souvent la remarque :
je dissocie aussi collectivistes et communistes, sur la base de ce qui les a opposé dans les congrès anarchistes des années 1870-1880 (on retrouve ça dans le dernier livre de Guillaume Davranche, dans ni dieu ni maitre de Guérin, dans celui d'Irène Pereira, et dans d'autres bouquins et sur des wiki et d'autres sites anar) où les collectivistes avaient fondamentalement tord face aux communistes, puisqu’ils y défendaient le maintient du salariat et d'une rémunération au mérite. Les communistes (Kropotkine, Cafiero, Malatesta) argumentaient que ce système aboutirait à l'inégalité de fait. J'ajoute que le système collectiviste, tel que défini à l'époque (le producteur récolte en salaire la valeur de la totalité de son travail = salaire+plusvalue) aboutirait a de gros dysfonctionnements économiques, puisque surproduire à l'aveugle sans qu'il y ait un besoin, risque de ne pas créer de valeur, et donc que le travail méritant à la productivité (aujourd'hui assez dérisoire car le rythme est plus donné par les machines ou le rythme collectif que l'effort individuel) ne puisse pas être rémunéré. S'il l'était, il le serait sur une base étrangère à un revenu issu de la vente, c'est à dire une création monétaire ex-nihilo aboutissant à une logique inflationniste uniquement favorable à des partisans du stakhanovisme (ou du "travailler plus pour gagner plus").

Pour répondre aussi a cette petite question secondaire sur l'hédonisme :
"L'Hédonisme : création d'un mode d'organisation sociale laissant le plus de part possible au(x) plaisir(s) de l’existence, tels que l'art, la culture, la science, le sport, l'amour et l'amitié, et limitant aux maximum les contraintes collectives, et en réduisant au maximum la durée du travail."
http://espritcritiquerevolutionnaire.revolublog.com/charte-ecr-p790660
"-Hédoniste : pour la réduction du temps de production nécessaire, le développement du temps libre, des activités humainement épanouissantes." http://espritcritiquerevolutionnaire.revolublog.com/positions-d-ecr-p1021426
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede Pïérô » 04 Mar 2016, 19:58

"Sortir du capitalisme", émission de critique radicale sur Radio Libertaire

Sortir du capitalisme est une émission hebdomadaire de critique radicale (non-superficielle) du capitalisme comme totalité (c’est-à-dire de l’économie, de l’État, du patriarcat, du racisme et du colonialisme, des "classes", du complexe techno-industriel, etc.) [1].
Chaque Mardi de 14h30 à 16h00 sur Radio Libertaire [2] .


- Nous sommes résolument libertaires, en ce que nous luttons contre l’ensemble des idéologies et des mouvements confusionnistes, néo-fascistes, « rouge-brun », nationalistes-racistes, traditionnalistes, identitaires, islamistes, racialistes, etc.

- Nous sommes résolument libertaires, en ce que nous critiquons sans ménagement l’ensemble des mouvements et des idéologies marxistes-léninistes (y compris des courants se revendiquant de l’action historique de Trotsky), anticapitalisme tronqué promoteur d’un « capitalisme d’État » (comme disait Lénine) militaro-dictatorial, massacreur des libertaires russes, des marins de Cronstadt, de l’Ukraine libertaire, des anarchistes chinois et de dizaines de millions de gens en URSS, en Chine, au Cambodge et ailleurs.

- Nous sommes résolument libertaires, en ce que nous souhaitons l’abolition du salariat et de l’auto-exploitation productrice de marchandises, c’est-à-dire du travail-marchandise.

- Nous sommes résolument libertaires, en ce que nous appelons à une abolition de l’État (non son soi-disant dépérissement progressif) et à une fédération de communes libres.

- Nous sommes résolument libertaires, en ce que nous appelons à une abolition du patriarcat et des autres formes de domination.

- Nous sommes résolument libertaires, en ce que nous nous revendiquons particulièrement de l’Aragon libertaire de 1936-1937, son dépassement local du capitalisme et de l’État, et de La Commune de Paris.

- Nous sommes résolument libertaires, enfin, en ce que nous approuvons sans restriction cette déclaration de Robert Kurz :

" Le but ne peut qu’être une société de conseils et d’autogestion, conçue au-delà de la masculinité et de la féminité, au-delà de la forme-marchandise et de la forme-argent, au-delà du marché et de l’État "
(Critique de la démocratie ballistique, p. 42).

Site : http://sortirducapitalisme.fr/


[1] L’équipe permanente de "Sortir du capitalisme" est composé de trois personnes. Armel, en studio, est étudiant en sciences sociales. Jean-Claude, technicien co-animateur, est militant libertaire depuis 40 ans. Thomas est notre magistral webmaster. Chaque semaine, vous pouvez entendre une chanson de Ioanes Trio (désormais "Quintête Métèque") et, souvent, un montage de Jeremy.

[2] http://www.radio-libertaire.net/

http://www.autrefutur.net/Sortir-du-cap ... Libertaire
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede bipbip » 16 Avr 2016, 16:08

Sortir du travail-marchandise, ou barbarie – avec José Chatroussat (traducteur de Crack Capitalism)

Une émission de critique radicale du travail-marchandise, de discussion des thèses de critique du travail de John Holloway dans Crack Capitalism, de soutien au mouvement d’opposition au projet de loi-travail, et d’esquisse d’un faire contre-et-au-delà du travail et du capitalisme – avec José Chatroussat (traducteur de Crack Capitalism de John Holloway) – 29-03-2016.

à écouter : http://sortirducapitalisme.fr/146-sorti ... 29-03-2016
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Re: Crise du capitalisme et alternative

Messagede bipbip » 30 Avr 2016, 19:06

Economie et écologie : à la croisée des crises - Critique de la valeur et critique de la croissance

Les convergences entre décroissance et démocratie libertaire ont été traitées depuis de nombreuses années. Mais, à cette synthèse, il manque encore une analyse systémique de l’économie marchande-capitaliste, des causes de la crise et des conditions de l’émancipation. C’est pourtant à partir de l’analyse des interactions entre écologique et économie qu’il sera possible de déduire les bases d’une société libre, biologiquement soutenable, et capable de satisfaire les besoins tant individuels que collectifs.

... http://decroissancecl.revolublog.com/ec ... a125784994

PDF : http://ekladata.com/mLBvUPFH55gom6Q01LM ... crises.pdf
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