Bien, alors, pour c qui est de l'avant-garde, je te renvoie au concept de minorité agissante, dans le topic suivant :
viewtopic.php?f=6&t=404La critique de l'avant-gardisme a été effectuée depuis déjà un certain temps, dans le mouvement anarchiste.
Sur la question de la "période de transition", tu esquive habilement : les anarchistes ne parlent pas de période de transition mais de processus révolutionnaire. Les marxistes considèrent qu'il faut une période de transition après la révolution, caractérisée par la prise du pouvoir, la construction d'un "Etat ouvrier"(sic), qui dépérirait du fait du changement d'infrastructure économique.
Nous pensons au contraire que la séparation artificielle des marxistes entre infrastructure politique et économique et l'affirmation selon laquelle "l'économique détermine le politique en dernière instance" repose sur une vision idéaliste du pouvoir (dématérialisé), et est une impasse, c'est pour cela nous pensons que si l'on veut abolir réellement les classes, il faut abolir l'Etat et tout pouvoir séparé, c'est à dire la distinction dirigeant/dirigé... C'est à ce prix seulement que les productrices et producteurs pourront non pas avoir la "propriété formelle" de moyen de production en réalité contrôlés par létat, le parti, et donc une classe bureaucratique issue de la classe intellectuelle, mais la propriété commune, réelle, de ces mêmes moyens de production, c'est à dire leur contrôle, contrôle qui est incompatible avec l'Etat, puisque celui-ci est un pouvoir séparé.
La réalité léniniste, c'est la substitution d'un parti dirigé par des intellectuel à l'activité autonome de la classe ouvrière. Et c'est justement cette défense des intérêts de la classe intellectuelle qui caractérise la prétention "scientifique" des marxistes, très bien d'ailleurs dénoncé par Bakounine comme "le gouvernement des savants".
La bureaucratisation n'est pas le fait de trotsky ni de staline : il fallait des bureaucrates pour aider à la planification, à nourrir la ville, dans un contexte où toutes les armées impérialistes voulaient la peau des soviets et du pouvoir soviétique.
Que la bureaucratie prenne le pouvoir suite à l'isolement de la révolution russe ne fut pas de la volonté de trotsky : il défendait et a toujours défendu la perspective de la révolution mondiale.
Voilà une conception typiquement caractéristique du mépris de classe qui consiste à nier toute capacité politique, organisationnelle et hestionnaire au prolétariat. Une telle pensée fait l'impasse justement sur l'impasse que représente la stratégie bolchevique, qui ayant interrompu le processus révolutionnaire de manière substitutiste avec le coup d'Etat d'octobre, se retrouve avec la prétention de "gérer" la russie en lieu et place (et au nom) des ouvriers, sans en avoir les moyens, ce qui le conduit à avoir recours à la bureaucratie tsariste plutôt qu'à faire appel à l'initiative ouvrière et paysanne, qu'ils méprisent.
Sur la question espagnole : les camarades "trotskystes" qui n'ont rien fait pour mettre en échec le coup d'Etat fasciste ne sont pas les mieux placés pour critiquer. Mais justement, l'erreur partipacioniste montre justement la justesse du point de vue anarchiste, puisqu'il monbtre que quel que soit l'étiquette, même anarchiste, des personnes aux pouvoirs, la structure du pouvoir séparé induit inévitablement des intérêts contraires aux classes laborieuses.
La participation a été critiquée par de nombreux camarades.
Il n'en reste pas moins que si la CNT en tant qu'organisation s'est bureaucratisée, que cette bureaucratie a participé au gouvernement, elle n'a jamais fait tirer ur des grèves ouvrières comme c'est le cas du gouvernement bolchevik.
On pourrait ajouter plein d'autre chose (la géographie beaucoup plus défavorable de l'espagne par rapport avec la russie, l'isolement des révolutionnaires, etc...) Il n'en reste pas moins qu'en terme d'oeuvre constructive et d'émancipation ouvrière, l'espagne révolutionnaire, du fait de l'influence libertaire, est allé beaucoup plus loin que la russie...
on il n'y avait pas unanimité en effet, mais la CNT a quand même intégré le gouvernement qui a protégé le capitalisme, avec les staliniens, les soc dem et le POUM, a un moment de l'histoire où la révolution était à deux doigts de l'emporter. N'importe quel ouvrier pourra se dire : les anarchistes ont des principes très fermes, ils refusent de siéger dans les gouvernements bourgeois, de participer au parlement bourgeois, ils ne se compromettent jamais etc. A une exception près : là où ils pouvaient, par leur influence et leur responsabilité, faire changer le cours de l'histoire.
Après l'investissement des uns et des autres dans "l'autogestion" ne change rien : qu'est-ce que l'autogestion si Franco remporte le morceau? La question n'est pas de savoir si les ouvrier vont pouvoir gérer eux mêmes la cueillette des olives, mais de savoir s'ils vont pouvoir se centraliser pour faire face à la centralisation de la bourgeoisie, pour avancer vers la société sans classe.
Depuis que ce courant a échoué en Espagne, il n'a pas pu regrouper largement la classe ouvrière, et d'ailleurs, sur le terrain de l'organisation, cela s'est traduit par un éclatement, une décomposition permanente, une recherche théorique extrèmement confuse.
L'absence d'analyse de ce qui s'est passé en espagne a souvent conduit à ce que les anarchistes s'empoignent sur les questions de démocratie interne pendant des heures et des heures, estimant que plus la démocratie interne est pointue, plus le risque de dérive ou de trahison est faible.
1/Il y a une petite "différence" que tu ne prends pas en compte, dans la situation espagnole : le fascisme, et une pression impérialiste sans commune mesure avec celle qui a existé en Russie.
2/ Le parti bolchevik, qui a mis en place le capitalisme d'Etat en Russie, n'est pas spécialement un modèle alternatif...
3/ Je passe sur le mépris pour la gestion ouvrière (réduite à la gestion de la ceuillette des olives)
4/ Le courant trotskyste, qui n'a jamais eu un caractère de masse, qui a connu un nombre incroyable de scission, est bien mal placé pour gloser sur la "décomposition du mouvement anarchiste" et son éclatement...
Trotksy "représentant de l'opposition de gauche" : quand on sait comment il a liquidé de l'opposition ouvrière, mieux vaut en rire que d'en pleurer. Totsky, celui qui réclamait la "militarisation du travail"...
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