Comment déterminer le nombre de lecteurs d'un journal sur les poney nains (ça existe) dans une société où tout est planifier, où ce genre de besoins ne pourrait pas être visible au niveau local.
Je pense que pour tout ce qui relève du hobby et des loisirs les gens s'associent spontanément pour satisfaire leur passion. Et dans ton exemplde du lecteur de magazine sur les poney nains (exemple tout à fait pertinent mais qui, au passage, m'a bien fait rire

) il entre en contact avec les autres personnes passionnées de poney nains (rien de plus facile avec internet), ils dégagent une équipe chargée de maquetter le journal et entre en contact avec la fédération de producteur capables de fournir le service d'impression, etc. L'idée de Berkman (sans C avant le K

) d'allouer une certaine quantité de ressources au initiatives individuelles est, je crois dans ce cas tout à fait intéressante.
Et revoilà le marché : fournisseurs, magasins... Et donc échange. Echange, donc marchandise, donc évaluation de la valeur. Donc monnaie, donc possibilité d'accumulation du capital, à la faveur de la fluctuation de l'offre et de la demande, fluctuation organisée...
Je ne suis pas sûr que échange implique réciprocité. Il y aura bien des échanges entre entités géographiques et professionnels même s'ils ne sont pas de même valeur...
la pseudo-opposition marxisme/libéralisme, qui ne sont que deux face opposées de la même pièce...
je suis tout à fait d'accord avec cette idée. je pense que ça mériterait un sujet de discussion. que ce soit un niveau politique ou économique je crois que les deux traditions ont effet beaucoup de postulats en communs.
attention à dépasser la vision localiste (d'où l'impérieuse nécessité du fédéralisme)
Oui, je suis d'accord (effectivement le débat s'est quelque peu polarisé autour de ces deux thèmes). ce n'était pas mon intention de sous-estimer la dynamique fédérale. C'est bien plutôt qu'elle n'est pas clairement établie dans mon esprit. Et à ce propos je voudrais vous faire partager un extrait d'un texte de Pierre Besnard sur le fédéralisme libertaire que je trouve très intéressant. Je choisi un extrait où l'auteur propose une description des instances et de leur différends niveaux dans une société anarchiste ( Si vous voulez le texte dans son intégralité:
http://www.fondation-besnard.org/articl ... rticle=337 Je pense que ça vaut le coup de lire intégralement car il apporte des éléments de réponse à à peu près toutes les questions soulevées ici! Sachez qu'il aborde: critique du centralisme, principes, buts et fonctionnements du fédéralisme, modalités de prise de décision, rouages du fédéralisme, la production, la sécurité, la monnaie, les modes de rétribution, les échanges internationaux, contrôle de l'activité des cadres et techniciens, les sanctions sociales, la discipline au travail (ça va hurler!), et enfin pourquoi il n'y aura pas de travail forcé) :
Nous aurons donc, à l’échelle locale, sur le plan économique : 1) Les organismes de base (syndicats
et coopératives de consommation) ; 2) L’Union locale des syndicats, organisme de coordination des
activités productrices ; 3) Le Conseil économique local, appareil de coordination générale de la
production et de la consommation, au sein duquel seront représentés tous les intérêts en cause.
Naturellement, tous ces rouages fonctionneront selon les principes du fédéralisme.
Sur le plan administratif, toujours à l’échelle locale, nous aurons la Commune, cellule de base de la
vie administrative, dont l’étendue sera déterminée par le rayonnement de l’Union locale des
syndicats. C’est à la Commune et à l’Union locale des syndicats qu’il appartiendra, chacune sur son
plan, d’assurer la vie de la localité et de donner naissance à son ordre social et à ses institutions pour
l’assurer pleinement.
De même que l’Union locale sera administrée par une commission administrative, choisie par les
intéressés et un bureau issu de celle-ci, la Commune sera gérée par un Conseil communal et un
bureau choisi de la même façon. Bien entendu, Commission administrative et Conseil communal, et
bureaux des deux assemblées seront sous le contrôle permanent de ceux qui les auront nommés et
révocable par eux à merci.
Enfin, en raison des interférences, des chevauchements inévitables qui se produiront , que les
problèmes provoqueront eux-mêmes, d’un plan à l’autre, il est nécessaire d’instituer un rouage
coordinateur à l’échelle locale, qui aplanira les difficultés qui surgiront dans la pratique. Ce rouage
devra être composé en nombre égal de représentants des producteurs, des consommateurs et de la
Commune, pour résoudre tous les problèmes qui leur seront communs et exigeant une solution
d’intérêt général.
Sur le plan social, il sera nécessaire d’instituer tous les services relatifs a la vie sociale. Ceux-ci
nous paraissent être les suivants, sous la forme d’offices spécialisés : habitation, éducation et loisirs,
assistance sociale et hygiène, santé, urbanisme et travaux publics, statistiques générales, voies et
moyens de communication, sécurité, relations extérieures ; d’autres encore seront sans doute
indispensables. Ce sont les nécessités qui les révéleront.
Naturellement, tous les rouages de la localité sont des rouages de base, au premier échelon. Ils
devront trouver leur extension sur le plan régional d’abord, sur le plan national ensuite, mais tous
fonctionneront de la même façon, selon les mêmes principes et pour les mêmes buts.
Plan régional
Par extension naturelle des organismes de base, nous aurons sur le plan régional, les rouages
suivants :
1) L’Union régionale des syndicats, qui. Groupera tous les syndicats industriels, rassemblés
préalablement au sein des unions locales ; 2) La Fédération régionale des consommateurs ;- qui
groupera les consommateurs réunis au préalable au sein des sections locales de consommateurs ; 3)
La. Fédération régionale des communes, dont la région sera 1e premier lien fédéral.
L’Union régionale des syndicats, la Fédération régionale des Communes et la Fédération régionale
des consommateurs délibéreront séparément pour résoudre leurs propres affaires.. Elles se réuniront
ensemble, au sein d’un conseil des travailleurs, formé de leurs délégués en nombre égal, pour
apporter des solutions aux problèmes qui leur sont communs. Ce Conseil sera présidé à tour de rôle
par les secrétaires généraux.
Les rouages techniques régionaux seront les suivants :
a)Le Conseil régional économique, composé des représentants des fédérations industrielles existant
dans la région des délégués des unions locales, des mandataires de la Fédération régionale des
consommateurs. Il sera présidé par les secrétaires généraux des trois organismes à tour de rôle.
b) La Fédération des syndicats industriels, qui groupera les syndicats industriels, sur le plan
technique. Elle sera représentée au Conseil régional économique.
c) La Fédération des offices sociaux, qui sera composée des offices sociaux locaux, qui enverront
leurs représentants à la Fédération régionale.
Plan national
Nous aurons par extension du plan régional, les rouages suivants, sur le plan national : 1) La
Confédération générale du travail, qui rassemble dans son sein tous les syndicats, préalablement
fédérés, au sein des unions locales, des unions régionales et des fédérations industrielles ; 2) La
Confédération nationale des consommateurs qui réunira tous les consommateurs, groupés dans les
sections 1ocales et les fédérations régionales de consommateurs ; 3) La Confédération des
communes, qui réunira les communes groupées préalablement dans les fédérations régionales de
communes.
Ces trois organismes nationaux délibèrent séparément pour régler les questions qui sont de leur
ressort, exclusif. Ils se réunissent ensemble pour résoudre les problèmes qui leur sont communs.
Leurs Congrès communs, qui réunit les représentants de leurs Comités nationaux respectifs, en
nombre égal, désigne dans son sein le grand conseil des travailleurs, expression suprême du
fédéralisme, et organe de remplacement de 1’Etat. Naturellement, tous les rouages précités ont une
commission administrative et un bureau qui sont leur sont leur émanation directe.
Sur le plan technique
a) Le Conseil économique national, composé des représentants des fédérations nationales
d’industrie, des délégués du Conseil national des consommateurs, des mandataires des unions
régionales et de la CGT. Le Conseil national est présidé à tour de rôle, par les secrétaires généraux
des trois confédérations.
b) Les fédérations nationales d’industrie, qui réuniront sur leur plan, les syndicats industriels
groupés au préalable, dans leurs unions locales, leurs unions régionales et leurs fédérations
régionales.
Sur le plan social : la Fédération des offices spécialisés des régions, déjà. fédérés par le canal des
unions régionales. Ils se réuniront tous les ans en Congrès national, pour mettre au point toutes les
questions qui sont de leur ressort.. 1ls pourront au besoin, constituer autant de commissions qu’il y
aura de catégories d’offices et la Fédération nationale sera représentée à la Fédération internationale
des services sociaux.
Plan international On se rend compte aisément que rien n’est plus facile de prolonger sur le plan
international tous les organismes nationaux que je viens de décrire succinctement.
On trouvera donc sur ce plan, des organismes suivants : 1) La société des peuples qui réunira tous
les pays fédérés, sans aucune distinction de race, de couleur ou d’évolution. Elle fonctionnera selon
la plus stricte égalité sociale. Il faut en définir le statut. 2) L’association internationale des
travailleurs qui groupera les centrales syndicales nationales ; 3) L’internationale des
consommateurs, qui rassemblera toutes les centrales nationales de consommateurs ; 4)
L’internationale des communes, qui réunira toutes les centrales nationales de communes ;
Plan technique : a) Le Conseil international économique, régulateur de 1’économie mondiale. Cet
organisme est le véritable organisateur de toute 1’économie mondiale. Il doit être pourvu de son
statut et celui-ci doit fixer son but, ses attributions, son fonctionnement. b) Le Conseil administratif
international, qui aura pour mission d’harmoniser les structures des membres de la Société des
peuples, avec le consentement de ceux-ci, afin de faire de la Société des peuples un organisme
solide et homogène.
Je vous épargne "le conseil social international".
Ma question est la suivante: Dès la première instance (échelle locale) il y a bien évidemment des mandaté-e-s. Jusque là ça ressemble à ce qu'on peut pratiquer dans nos organisations mêmes, et ça doit nous paraître assez clair. Pour ce qui est des instances supérieures: régionale puis nationale et internationale: est-ce que ce sont les mandaté-e-s qui mandatent à leur tour
parmi eux de nouveaux mandaté-e-s? il me semble que c'est inévitable. partant, comment désamorcer tout risque de bureaucratisation puisque l'échelon de base (local) ne pourrait révoquer que les mandaté-e-s de l'échellon régional mais pas national et encore moins international ? Et encore! Ne serait-ce pas seulement les mandaté-e-s de l'échelle locale (et non pas la base elle-même) qui pourraient révoquer ceux de l'échelle régionale? Qu'en pensez-vous? Perso voilà où j'en suis: le seul principe de révocabilité par les mandants risque de ne pas suffire à contrecarrer des phénomènes de routine dans le choix des mandaté-e-s. Sans doute faudrait-il ajouter à chaque niveau l'impossibilité d'être mandaté x fois de suite pour un même individu. C'est à dire que chaque niveau décisionnel s'assure qu'il y a une rotation minimale effective dont le niveau serait à définir...