Sur la question religieuse

Re: Sur la question religieuse

Messagede Libresprit » 16 Oct 2016, 03:20

Doit-on obligatoirement ne pas croire en un ou des Dieux pour avoir ou se rapprocher des convictions libertaires? doit on obligatoirement se dire athée ou tout au plus agnostique? est-ce rédhibitoire si le reste suit et si l'on impose aucunement ses choix de croyance spirituel comme une vérité à imposer mais comme quelque chose de personnel?

doit-on adhérer aux religions en place, pour croire en un ou des Dieux? Doit-on se poser sur un des Livres ou précepte en place?

Est-ce qu'une personne est forcément dans l'erreur si elle croit ou à défaut si elle ne croit pas?

Tant que la ou les religions, croyances auxquelles adhère une personne n'est pas imposé comme choix unique, tant qu'elle ne se force pas à suivre un chemin bêtement écrit sans se poser des questions et qu'elle se sent non étouffé par cette dernière je ne vois pas où est le mal? Certains se sentent mieux, plus en sécurité...possible qu'ils aient se besoin pour avancer... mais s'il cela ne rend pas pire, voir si cela aide certains sans en écraser d'autres.. je ne sais pas de quel droit je m'y opposerai? Ce serait sectaire pour le coup (et un vrai paradoxe)

Dans le monde arabe il y a des chrétiens, des athées, des agnostiques... etc et bien sur des musulmans. Mais c'est vrai que ça vire dans l'extrémisme comme malheureusement TROP de choses en ce moment et pas que d'ordre religieux... Le monde est malheureux, paumé et ne se raccroche de plus en plus qu'à la haine et la peur au lieu de se serrer les coudes et c'est ça le vrai problème je pense.

Oui il y a plein de chose que je ne comprends pas ou me semble illogique dans la religion musulmane, tout comme la religion catholique (les autres je ne les connais que très peu) mais selon comment elle est pratiqué elle ne me semble pas menaçante, tant qu'il y a cette liberté de choix et le fait de garder un esprit critique...

Il faut aussi savoir qu'il y a diverses façon selon une même religion, de l'interpréter, de la mettre aux goût du jour et que différent courants existent pour chacune d'elles.

Après ce qui m'exaspère le plus dans les 3 religions principales c'est leurs non acceptations mutuelles trop fréquente alors qu'elles possèdent à peu près le même type de personnage et un contenu qui se tient dans les mêmes lignes...

Bien sur que je ne cautionne pas cette haine inter-religieuse, bien sur que je ne suis pas niais à ne pas me rendre compte que ces livres ont été écrit par l'homme (et la l'homme au sens masculin fait figure) et que ce dernier y a ajouté, modifié, conté et inventé certains faits pour mieux acquérir le pouvoir sur les populations... mais je ne sais pas si à la base il y a une réalité de fond ...

Cela ne prouve, ni de désapprouve une quelconque réalité d'un ou des Dieux....

les individus, et le non savoir vivre ensemble, semblent être le seul responsable du malheur dans lequel ils sont ..seuls les individus, ENSEMBLES, ont en charge de changer les choses et ma vision est que je pense que les idées du vivre ensemble, solidaire, sans laisser crever son comparse (toit - nourriture - besoin primordiaux pour tous), en acceptant des idées différentes (et la religion en fait partie) tant qu'elles ne nuisent pas à son camarade et ne sont pas imposés, en prônant cette liberté et le droit au choix et au bien vivre que nous y arriverons un jour.

Je pense que la ou les croyances en un ou des Dieux existeront toujours, du moins tant que personne ne pourra prouver son/leurs existence.s ou non existence.s ... Autant dire que ce sera compliqué. Donc autant apprendre à faire avec et ne pas devenir liberticide en rendant obligatoirement faible, manipulé ou dans l'erreur celui qui croit ou à l'inverse ne croit pas.

Il faut surtout permettre le sens critique au sein de toutes croyances spirituelles, comme ce doit être le cas pour nos croyances sociales, quelles qu'elles soient.

Je suis tombé sur des personnes religieuses très bonnes, très amicales, prêtent à aider sans contrepartie, sans avoir l'air plus asservie qu'autrui , tout comme à l'inverse extrémistes, non tolérantes, pensant avoir LA vérité, suivant des préceptes sans réflection personnelle... Mais je peux appliquer ça tout aussi bien à des athées, des agnostiques...
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Messagede digger » 16 Oct 2016, 08:26

La question religieuse existe depuis que l'anarchisme est apparu comme pensée politique et sociale. Et la question de "dieu(x)" très tôt après l'apparition de l'humanité.
Aujourd'hui, je pense qu'il y a une ligne relativement claire, une position (ancienne) contre les institutions religieuses en tant qu'autorités définissant le "bien", le "mal", ce qui est permis et interdit, et une reconnaissance de la liberté individuelle de croyance.
Je ne vois pas comment on peut être anarchiste/libertaire et reconnaître une autorité religieuse humaine. Que je sache, le pape n'est pas un dieu. Et je n'ai pas rencontré de dieux, donc je ne sais pas si ils existent ou pas. Comme toute vie extra-terrestre.
Autrement dit, je ne reconnais pas d'autorité humaine prétendument "mandatée" pour régir la vie d'autres êtres humains - via, historiquement, les massacres, la destruction de cultures millénaires et la torture. Sans parler de la marche main dans la mains avec les autres formes autoritaires politiques.
Un exemple actuel parlant est le flirt poussé entre Poutine et l'église orthodoxe russe, comme il y eut entente entre Franco et le clergé espagnol, entre autres nombreux exemples.
Après, que un ou des dieux existent ou pas, pour moi, çà ne change pas grand chose aux problèmes de l'humanité. La solution reste d'avoir le contrôle sur nos propres vies et de les rendre individuellement et collectivement meilleures. Et force est de constater que dans ce domaine, on se heurte très souvent à l'autorité religieuse.
Si René Berthier repasse par là, il a écrit des choses intéressantes sur le sujet et tu pourras en discuter avec lui. (va voir le http://monde-nouveau.net/)
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Messagede Libresprit » 25 Oct 2016, 00:49

Tolstoï c'est du boudin?

Tu sais on peut croire sans notion de l'enfer et du paradis... sans reconnaître les humains qui pensent tenir le pouvoir d'une entité volatile entre leur main comme ayant la détention du pouvoir de cette autorité ou bien parler en son nom..

Un humain est un humain, il n'a ni droit de juger d'autres humains et encore moins se substituer à une essence volatile, non palpable, non tangible...

Là il opère la manipulation et son vécu, ses idées, rentre obligatoirement en balance dans son "enseignement" dit "religieux".
De ce fait ce n'est que la voixcde quelques hommes de pouvoirs qui sont prononcés..

Cela ne veut pas dire que rien après la mort n'est, que l'esprit subsiste ou non...

Ce qui est mal on kle sait d'office.. tu le sais toi même quand il y a abus et quand l'injustice est là et asservie nos camarades... et bien je fais de même sans dictât aucun même si je crois en quelque chose du fait de vécu de certaines choses, et non je ne sors pas d'HP,..l'HP est de toute façon un moyen de contrôle des population comme beaucoup...
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Re: Sur la question religieuse

Messagede digger » 25 Oct 2016, 13:24

Tolstoï c'est du boudin?

Je ne suis pas un grand connaisseur de Tolstoï. Ce que j'en retiens au niveau de la croyance est sa condamnation des institutions religieuses. Sa foi était indépendante de toutes les églises qu'il condamnait sans distinction.
Tolstoï était un penseur indépendant sur tous les sujets. Il ne se réclamait pas de l'anarchisme, même si il était lié avec Kropotkine. Mais il avait une analyse et une vision personnelle, avec des points communs mais aussi des divergences fondamentales.
Ces divergences - Tolstoï ne remettait pas en cause l'Etat ni les gouvernements - ne font pas de Tolstoï "du boudin" mais m'empêche de le considérer comme anarchiste. Mais il existe des gens très bien qui ne le sont pas. :)
Je pense que Gandhi - pour lequel Tolstoï a été une référence - était plus proche de la pensée politique de l'anarchisme.
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Messagede Libresprit » 01 Nov 2016, 01:02

Oui et gandhi est un croyant... on en revient au fait que ce n'est pas la crpyance en un au-delà, un après mort quii prêche mais ce que les hommes ont fait de tout ça....

L'humain(enfin certain ceux qui ont vu la manne) adore salir pour diviser pour mieux régner...

Je kiff pas les bouquins religieux mais je les lis (et j'ai pas fini parceque putain certains sont chiants et je m'essaie à trouver ce qui a été ajouté à des fins manipulatoires ou simplement pour correspondre aux idées de l'époque et de la masse (comme le font nos politichiens)... car dans ces bouquins se mêle réalité historique, spiritualité et invention à but d'asservissement.

Il existe des mouvements anarchistes religieux et mystique, je vous l'assure, mais ils réfutent la saloperies des bouquins ('qui ont été condensé sur divers écrits et dont les morceaux ont été choisi voir modifié selon le bon vouloir de celui qui se charger à la demande des écritures, le dictat de l'église, du Vatican et de ses dirigeant, des décideurs...

C'est le pouvoir religieux, politique, financier dans les mains de soit disant élite/élu qui doit être rejeté et combattu car nous sommes tous de même valeur à la base, ces nos valeurs internes, propre à nous, celles que nous nous sommes construite qui nous différencie et font qu'on est soit humaniste rêvant, et voulant en faire une réalité,qu'un jour les injustices prennent fins, soit esclavagiste, soit esclave pnessant que les saloperies qu'on nous fait gober sont pour notre bien et l'évolution sociétale, ce qui fait qu'on est supérieur à ses menteurs...pourtant chaque homme à son libre arbitre mais ces fameuses "élitesé essaie de réduire à néant via diverses méthodes (et tristement ça marche trop bien) Le moutonage, l'acceptation de la vie qu'on nous impose, le lobby financier qui fait des politiciens pas même leurs chiens à combattre...

Le reste de la population mérite qu'on leurs ouvrent les yeux. Ce sera long, mais je l'espère pas impossible...

Après je suis Plutôt pacifiste mais je suis capable de me défendre si je sens mes droits fondamentaux salopés... mais je préfère raisonner les gens et essayé de leur faire comprendre ce qui se trame en réalité avant de sortir les dents. Prêcher un convaincu c'est rien, faire venir la raison le mouton pour le refaire devenir l'humain qui aime sa liberté ça c'est autre chose et ces s'ajoute s'ajoute au rang de ceux qui savent et de ceux qui veulent la vie réelle.
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Re: Sur la question religieuse

Messagede Pïérô » 01 Nov 2016, 22:32

En te lisant je ne sais pas en quoi tu es croyant.

Parce que croire en un dieu participe de penser qu’il puisse y avoir une entité supérieure à même de diriger un monde que l’être humain devrait accepter en attendant la mort et le paradis, ou la réincarnation, etc... Cela fait surtout historiquement le paradis pour les oppresseurs et les exploiteurs, qui en profitent dans le monde réel, pas une abstraction plus qu’interrogeable, et évidemment condamnable. Parce que imaginer cela oblitère toute possibilité d’intervention humaine sur un état d’un monde qu’il faut accepter par la force des choses. L’appréhension du monde dans sa réalité permet d’avantage de participer à le changer, le brouillard obscurantiste participe de l’accepter tel qu’il est.

Alors il m’intéresserait bien de savoir où tu veux en venir... :)
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Re: Sur la question religieuse

Messagede Libresprit » 11 Nov 2016, 07:10

Si ceux qui se disent anarchiste avec le "au chiotte les religions", "au chiotte l'obscurantisme", "vous n'êtes qu'aliénés" avaient mis en premier le pied sur les terres des amerindiennes je me demande ce qui se serait passé....

"Hé camarade te rends-tu compte que tu obéis à l'obscurantisme?"
-"Mais je me sens bien et libre au sien de mon peuple, dans la nature et comme je suis, d'ailleurs je t'ai accueilli comme un frère te partageant mes idées, ma culture, ma façon de vivre sans te l'imposer, j'ai aussi écouté tes façons de pensés mais sur certains points nosu diffrérons."
-"Moi je te dis que tu te trompes tes Dieux t'asservissent, d'ailleurs ils n'existent pas"
-"Mais nous ne pensons pas cela, nous sommes guidés différements mais avons les mêmes aspirations à la liberté, au choix, au respect de l'environement et au non asservissement de l'homme mais en une coopération.."
-"Camarade, tu ne peux pas être libre ni heureux, tu es obscurantiste... nous devons t'ouvrir les yeux ..."
-"Les miens et moi même sommes heureux ainsi... et si nous refusons de quitter se qui nous semble faire notre bonheur? Que feras-tu? tout ce que tu me dis et tout tes arguments ne nous conviennent pas au sujet de ce que tu apelles obscurantisme, nous l'apellons différément et nous nous sentons heureux de vivre avec le respect lié à tous et toutes mais aussi à ce que nous nomons esprits, ancêtres, Totems, la nature, la terre, les animaux avec lesquels nous pensons communiquer. Tu perds ton temps sibce n'est que tons uel but que de nous dévier de cela mais pour le restd nous acceptons ta présence, tu es bien reçu ici-même comme nous le ferions avec un des nôtres."

Cette histoire aurait-elle mieux finie que la vraie que nous connaissons? Je l'espère.

Ce n'est pas les croyances des indiens d'Amériques qui les ont mené à cette vie que beaucoup ont (pauvreté, alcoolisme poussé, obésité), mais le fait de les avair poussé à vivre comme certains penssaient que cela étéait mieux pour eux (eux c'est qui dans l'histoire? là est la question....)

Personne n'a la science infuse, faut arrêter.... Vous vous divisez sur des détails avec des certitudes que vous ne pouvez avoir (ni vous, ni moi)

Je cite :
"C'est un forum pluriel, ouvert à toutes celles et ceux qui aspirent à une révolution sociale et une société non-capitaliste et libertaire."

Libertaire.... La liberté des uns n'est pas la même que celles des autres... il faut savoir se respecter et respecter les différences qu'elles soient de races, de culture ou de croyance différente tant qu'elle n'opprime pas les libertés des autres et encore plus quand les buts diffèrent peu.

Le fond avec une forme différente? ou une uniformimation qui a cracher sur le fond?
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Re: Sur la question religieuse

Messagede abel chemoul » 11 Nov 2016, 08:26

c'est mignon cette vision idéalisée des amérindiens, mais ça fait un peu pitié quand même.
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Re: Sur la question religieuse

Messagede abel chemoul » 15 Déc 2016, 13:39

Si on est prompt à parler des croyants qui virent athées, l'inverse existe aussi, et certains trouvent les mêmes choses dans la foi que ce qu'ils cherchaient dans l'anarchisme. De l'anarchisme à la foi Quaker :arrow:
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Re: Sur la question religieuse

Messagede Fred1 » 18 Déc 2016, 08:38

abel chemoul a écrit:Si on est prompt à parler des croyants qui virent athées, l'inverse existe aussi, et certains trouvent les mêmes choses dans la foi que ce qu'ils cherchaient dans l'anarchisme. De l'anarchisme à la foi


Il vire pas gourou ton converti abel chemoul ?

Comme c'est en Anglais et que ta pas eu l’amabilité de traduire, il se peut que je soie a coté de la plaque. Tu parle de foi, mais c'est aussi valable pour l'anarchie a quelque différence mais pas sur. Je suppose donc que se type ne répond a aucune hiérarchie, bien que il y a parfois des organisation libertaire ou un individu s'improvise docteur de la fois libertaire, a voir le comportement de se type avant, on ni voie rien et c'est dommage.

On a nos limite, des ecclésiastique qui avait la capacité d''allez contre sa hiérarchie et l'ordre de la bourgeoisie, interpellé violemment c'est notable, quitte a en payé le prie a payer quant tu t'oppose aux riches (les syndicalisme et les opposent politique savent de quoi je parle),ils sont pas nombreux mais ils on en commun la foi.

La foi des premiers chrétiens qui finissait comme lampadaire, n'est pas la même que celle des politique responsable de l'inquisition, ou des collaborateur catholique et institutionnel du nazisme, mais sont ils dans la fois ou la déviance c'est bourreaux?

La foi et Dieu sonne parfois comme un juron dans la bouche des politiques, sa sonne comme une bombe ou des fusil dans la foule, tout dépend de celui qui a la foi.

Pour le reste j'ai rien contre ceux qui on la foi en un dieu, si se dieu ne les transforme pas en bourreau.. :trinque:

Pardon, Je m’envole un peut trop, je me crache a chaque atterrissage.. :langue:
Nous n’avons pas peur des ruines. Nous sommes capables de bâtir aussi.

Buenaventura Durruti
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Re: Sur la question religieuse

Messagede bipbip » 13 Jan 2017, 19:46

Islamisme, « islamophobie » et critique révolutionnaire de toutes les religions (et autres enfermements identitaires)

Article paru dans A contrevents N°2 (Caen, octobre 2016) avec le chapeau suivant: Le texte qui suit émane d’un camarade du RRC. Il ne constitue pas pour autant une position collective de notre modeste regroupement. Il a cependant paru suffisamment intéressant pour être publié. Nous précisons qu’il a été écrit bien avant les évènements de cet été, que ce soit le carnage de Nice ou la polémique délirante autour du burkini.

Il apparaît aujourd’hui nécessaire de clarifier et de (ré)affirmer certaines positions révolutionnaires vis-à-vis des religions en général et de l’islamisme en particulier. Les attentats révoltants de 2015-2016 (aussi bien ceux visant Charlie Hebdo et le magasin Casher en janvier que ceux de Paris en novembre 2015 ou celui de Nice en juillet 2016) y poussent. Mais il n’y a pas que ça.

Depuis plusieurs années on sent s’affirmer en France l’émergence, certes limitée mais réelle, d’un islamisme, c’est-à-dire d’un islam directement ou indirectement politique, qui se manifeste dans la société. Il peut prendre des formes « modérées », rampantes, ce qui ne les empêchent aucunement d’être néfastes et réactionnaires, comme des formes « radicales », spectaculaires, djihadistes et meurtrières.

Face à ce phénomène, et en parallèle, a également émergé depuis plusieurs années un ensemble de discours stigmatisant les populations musulmanes ou supposées telles. Ces discours sont principalement portés par l’extrême droite mais aussi par toute une partie de la droite et également une partie de la gauche dites « républicaines ». Ces discours divers, aux relents xénophobes, « identitaires », nationalistes, voire carrément racistes, se dissimulent souvent derrière la défense de la laïcité, de la Liberté, des droits des femmes, parfois aussi derrière la défense des droits des homosexuel-le-s (« défense » souvent très hypocrite, opportuniste, limitée et à géométrie variable). Ces thèmes sont alors instrumentalisés au service de causes qui n’ont pas grand-chose à voir avec eux au final.

Ces deux phénomènes contribuent d’ailleurs à s’alimenter et se renforcer réciproquement, « en miroir » et ils ont désormais une certaine « consistance » dans la société. Dès lors, face à ces faits, un certain nombre de questions se posent aux mouvements révolutionnaires, questions auxquelles il va bien falloir trouver des réponses ou des éléments de réponses, politiques et pratiques, si nous ne voulons pas nous retrouver englué-e-s et incapables de réagir face à des situations politiquement et socialement lourdes de dangers et de possibles conséquences bien puantes. À savoir, montées d’idéologies politiques et/ou religieuses éminemment réactionnaires, racistes, communautaristes, identitaristes, développement de tensions et de violences entre pauvres et exploité-e-s de différentes origines, récupérées et instrumentalisées par différentes forces politiques ou politico-religieuse cherchant à « représenter » et « encadrer » telle ou telle « communauté » ou par l’État « républicain » cherchant à redorer son blason, à se « relégitimer » en se posant en défenseur/protecteur de la société, de la sécurité et de la liberté en général (placées sous sa surveillance et son contrôle pour notre bien… et surtout le sien).

Quelle est notre critique de l’islamisme ? Comment le critiquer sans hurler avec les loups de l’extrême droite et autres réactionnaires de gauche et de droite qui alimentent la xénophobie ? L’utilisation/acceptation du terme d’« islamophobie » n’aboutit-t-elle pas à inhiber la saine et nécessaire critique révolutionnaire de toutes les religions (sans aucunement se limiter, évidemment, à celle de l’islam) ? Voila quelques unes des questions que ce texte va chercher à défricher modestement.

Parce que ces questions se posent. Parce qu’il est temps. Parce qu’il va falloir faire face.

Critique révolutionnaire de la religion

Les mouvements révolutionnaires se sont très tôt confrontés avec les idées même de Dieu et d’ordre divin, car celles-ci constituent un obstacle et s’opposent à l’idée et aux soucis révolutionnaires de la liberté humaine (idée de la liberté qui n’est pas dissociée de celles de responsabilité, d’égalité et de solidarité). À l’idée d’un monde, d’un genre humain et d’une vie créés par Dieu, régis par une vérité révélée (propriété d’un clergé), encadrés par les préceptes moraux de textes sacrés très anciens, les mouvements révolutionnaires ont opposé l’idée de sociétés construites historiquement par les humain-e-s et transformables par eux et elles. Ils ont défendu l’idée du renversement possible et nécessaire d’un monde présenté comme immuable et ils défendent toujours l’idée qu’il n’y a pas de fatalité à subir l’exploitation et la domination des puissant-e-s et des possédant-e-s. Ils ont promu la révolte individuelle et collective, la lutte, l’éducation et la liberté contre les assignations, les obligations, les interdictions cléricales qui cherchaient et cherchent encore à encager la diversité de la vie, ses immenses champs des possibles et des choix dans l’étroitesse de textes soi-disant divins et de traditions religieuses poussiéreuses.

Les mouvements révolutionnaires ont également très tôt dénoncé le caractère illusoire de toute « communauté des croyant-e-s » qui prétend placer sur un pied d’égalité fictive, face à Dieu, à la mort et face au clergé, les hommes et les femmes, quelles que soient leurs conditions sociales, leur appartenances à telle ou telle classe sociale. Les religions sont des entreprises idéologiques interclassistes et paternalistes qui, derrière des représentations unitaires de la société et l’idée de la communion de tous et de toutes dans le respect de la religion, nient, dissimulent et étouffent souvent les conflits d’intérêts sociaux et politiques, les luttes sociales au sein des sociétés de classes. Et lorsqu’il est impossible de dissimuler la réalité de ces conflits, il leur est souvent opposé les vertus, toutes spirituelles et virtuelles de la patience, du pardon, de la bonté, de la charité, de la soumission face aux épreuves. Et si ça ne suffit pas, il reste l’anathème, l’excommunication, l’exclusion de la communauté des croyant-e-s, la bénédiction de la répression mise en œuvre par le pouvoir temporel.

Derrière la promesse d’un paradis après la mort se cache le fait de laisser en place les inégalités, les injustices du monde d’ici bas. C’est la religion comme « opium du peuple », qui embrume l’esprit, procure de doux rêves et aide à supporter passivement la dureté de la vie dans le monde tel qu’il est fait.

Les mouvements révolutionnaires ne se sont évidemment pas heurtés seulement aux idées religieuses mais aussi à leurs exploitants, les clergés plus ou moins centralisés, privilégiés, hiérarchisés suivant les religions, assurant la médiation avec Dieu, édictant les normes de conduites morales et pratiques, encadrant, guidant la vie des croyant-e-s, disposant d’un poids matériel parfois énorme (propriétés terriennes, immobilières, financières…), d’une influence politique et morale importante (à travers l’organisation de la charité, d’aides « sociales » diverses, le monopole de l’exercice des rites, le contrôle de tout ou partie du système éducatif par exemples). Et de même que les mouvements révolutionnaires se sont opposés aux grandes religions constituées, celles-ci se sont historiquement opposées aux projets, idées et pratiques émancipatrices et égalitaires des mouvements révolutionnaires.

Les mouvements révolutionnaires affrontent encore aujourd’hui les religions et clergés qui portent et colportent des valeurs, des prescriptions de vie, un ordre moral souvent éminemment réactionnaires (socialement, culturellement, sexuellement) et des représentations patriarcales, favorisant et légitimant la domination masculine, régissant ou tentant de régir spécialement ce qui concerne la sexualité en général, et celle des femmes en particulier, condamnant la plupart du temps la contraception, l’avortement, l’homosexualité et la transsexualité.

Les mouvements révolutionnaires ont également dénoncé historiquement le fait que religions et clergés se sont mis au service de nombreux projets impérialistes de conquêtes, ont légitimé d’innombrables guerres intérieures ou extérieures (certaines d’entre elles reposant même directement, au moins officiellement, sur des motifs religieux), soutenu de nombreux régimes dictatoriaux.

Voilà résumées, très brièvement, les principales critiques révolutionnaires envers les religions. D’où l’athéisme et l’anticléricalisme affirmés qui prédominent historiquement largement dans les mouvements révolutionnaires. Ce qui n’a jamais empêché les révolutionnaires de se retrouver aux côtés d’individus croyant-e-s lors de grèves, de manifs, d’actions, d’émeutes ou d’assemblées générales…

La « liberté » religieuse

Si, en tant que révolutionnaires, nous sommes, dans notre immense majorité, athées et anticléricaux, nous n’avons pas pour autant l’envie ou l’intention de nous ériger en inquisiteurs-rices de l’athéisme. Nous n’avons pas vocation à fliquer politiquement la vie des gens, à entrer en guerre politique contre les croyant-e-s des différentes religions.

Nous reconnaissons généralement aux individus le droit de croire en un dieu (ou en plusieurs) et de pratiquer leurs cultes et leurs rites, même si, nous, nous ne nous reconnaissons pas du tout dans de tels choix. Nous admettons ce droit d’autant plus que, souvent, les individus ne se résument pas uniquement à leurs croyances religieuses. Leur identité personnelle intègre la plupart du temps bien d’autres convictions, valeurs et pratiques que celles liées à leur religion. Et il est évident que la plupart des croyant-e-s sont loin d’être des « fous ou folles de Dieu » et ont souvent un rapport assez distancié, détendu et pacifique avec leur religion, avec celles des autres et avec les athées. Croyant-e-s ne veut pas dire pratiquant-e-s, et même les pratiquant-e-s ont souvent bricolé, plus ou moins ouvertement, leurs propres « petits arrangements avec Dieu » et vivent tranquillement leur religion.

La croyance et l’observance des prescriptions religieuses individuelles et la pratique collective du culte dans des lieux dédiés à cet effet ne nous dérange donc pas (même si elle ne nous réjouit pas non plus), tant que ces croyances et pratiques religieuses ne débordent pas dans l’espace public commun, qu’elles ne tentent pas de le régir, de le soumettre à leurs normes. Nous sommes conscients que cela laisse de côté des espaces privés comme le couple, la famille ou des « entre soi » communautaires et que ces espaces peuvent être propices à l’instauration autoritaire, à l’imposition de pratiques religieuses intégristes. Et, en tant qu’espaces privés, il peut être malaisé, difficile d’y intervenir politiquement pour contrecarrer et dénoncer des dérives intégristes. Il n’y a pas, dans ce genre de cas, d’autres « solutions » (avec toutes leurs limites pratiques fréquentes) que le recours à l’information, à l’éducation, au dialogue, à la solidarité, à l’intervention amicale et/ou familiale et/ou de voisinage (allant, dans la forme, de la médiation à la confrontation), à la pression et la vigilance sociale et collective contre les actes de violence, de maltraitance, de harcèlement, de manipulation mentale, d’embrigadement et de dérive sectaire dans les espaces privés.

La tolérance que nous assumons envers certaines formes détendues de croyances religieuses n’implique pas cependant que nous renoncions à ce que nous considérons comme notre « droit de critique athée » et aux discussions, voire aux engueulades, qu’il peut susciter. Tout comme nous ne renonçons pas au « droit de blasphémer » face aux figures divines fictives, aux bigots et autres intégristes, même si on pratique pour la plupart assez peu ce genre de choses, qui peut soulager et faire marrer mais s’avère rarement très constructif.

L’islamisme

Même très minoritaires, les différentes formes d’islamisme ont gagné ces dernières années une visibilité plus importante parmi les musulman-e-s en France. Il est difficile de savoir si cette visibilité accrue de l’islamisme provient d’une affirmation plus décomplexée de sa propre existence, d’un renforcement réel et sensible de son influence et/ou d’une plus grande attention politique, médiatique et sociale à son encontre. Peut être tout ça à la fois.

Par islamisme, nous entendons une affirmation politico-religieuse de l’islam comme ayant vocation à structurer la société et régir la vie sociale (et donc aussi celle des individus) à partir d’une interprétation rigoriste, réactionnaire et prétendument littérale du Coran. Le djihadisme à la sauce Al Quaeda ou État Islamique n’est que l’expression la plus brutale, la plus ultra de cet islamisme. Il y en a différentes formes et différents degrés. On peut y intégrer des formes « modérées » s’inspirant en général plus ou moins des Frères Musulmans, des formes plus dures comme le salafisme, le wahhabisme et aller jusqu’au djihadisme. En disant cela, on ne sous-entend pas qu’il y a nécessairement une continuité ou une même identité politico-religieuse entre ces différentes formes. Il peut y avoir des formes activistes et très directement politiques, plus ou moins radicales dans leurs manifestations, et des formes plus « quiétistes » mais qui s’attachent néanmoins à promouvoir, de manière prosélyte, une interprétation intégriste des textes et une surveillance pesante quant à la stricte observance individuelle et collective des (de leurs) obligations et conduites religieuses. Ces formes « quiétistes », si elles apparaissent, dans l’immédiat, assez détachées de toutes intervention à caractère politique, n’en aspirent pas moins à construire une hégémonie intellectuelle et culturelle intégriste au sein des musulman-e-s, musulman-e-s que les islamistes rêvent d’encadrer et guider comme un troupeau. Une sorte de métapolitique gramscienne en vue de constituer un bloc hégémonique au sein d’une fraction de la population, en somme ?

Même s’il y a des différences, des divergences, il y a cependant aussi des similarités, des points de convergences entre ces différentes formes d’islamisme et l’existence de l’islamisme « modéré » contribue certainement à légitimer en partie l’existence des formes d’islamisme djihadiste, en constituant un terreau intellectuel et culturel favorable au développement de ce dernier. Disons un peu comme les discours nationalistes, sécuritaires, xénophobes, réactionnaires de la gauche et de la droite contribuent à légitimer et renforcer les positions du Front national et comme les positions et l’influence du FN contribuent à légitimer et favoriser des expressions ouvertement fascistes et racistes.

En terme de contenus, je ne reviens pas sur les positions extrêmement réactionnaires, autoritaires, sexistes, puritaines, anti-communistes et anti-révolutionnaires véhiculées par l’islamisme en général. Signalons toutefois, juste au passage, qu’il véhicule également, là encore sous des formes diverses et à des degrés divers, du racisme, en tout cas au moins un, l’antisémitisme, qu’il travaille à répandre sous couvert de « soutien au peuple palestinien » et d’ « antisionisme ». Et, disons le, la récupération de ce terme d’« antisionisme » (à l’origine destiné justement à se dissocier de toute approche antisémite), à la fois par les islamistes et l’extrême droite franchouillarde, est un succès tel que ce mot est devenu quasiment inemployable tant il véhicule fréquemment désormais des puanteurs antisémites. Le travail d’appropriation de ce terme politique mené par des antisémites de tous poils, de toutes nationalités et de toutes religions n’aurait cependant pas pu être mené « à bien », si vite (une bonne grosse décennie ?), si la gauche et l’extrême gauche pro-palestinienne et le mouvement révolutionnaire avaient été plus éveillés et réactifs en situations et plus intransigeants sur le fond et la forme. On récolte ce qu’on sème… c’est à dire aussi qu’on récolte, parfois, dans la gueule, ce qu’on a pas été capables de semer, de cultiver et de protéger.

L’islamisme rêve d’une communauté des croyant-e-s, d’où les conflits d’intérêts ont magiquement disparus, pure et harmonieuse, nettoyée de tous les individus et groupes déviants, soumise corps et âme à une soi-disant loi divine supérieure et parfaite, inscrivant cette communauté dans un ordre universel immuable tout en assignant à chacun-e une place et un rôle tout aussi immuable. L’islamisme est comme l’extrême droite qui rêve d’une communauté raciale et nationale unifiée par on ne sait quel miracle, de pouvoir étatique dictatorial, de nettoyage des indésirables et des subversifs-ves, d’ordre corporatiste. Dans un cas comme dans l’autre, on est en pleine utopie réactionnaire et despotique.

Les révolutionnaires sont donc des ennemis de l’islamisme (et réciproquement). Et il s’agit, au niveau mondial, d’un ennemi puissant, disposant de ressources financières, de moyens de communication, et parfois de moyens militaires importants. Il est soutenu par de forts riches « mécènes » capitalistes des pays du Golfe Persique quand ce n’est pas directement par des États intégristes comme l’Arabie Saoudite ou d’autres.

Le combattre, en temps que révolutionnaires, ne sera pas chose facile. Au niveau international, cela peut passer par la création ou le renforcement de liaisons solidaires concrètes avec des groupes, organisations, mouvements révolutionnaires, de lutte de classe, démocratiques, laïques et féministes dans les pays où l’islamisme menace. Souvent ces groupes et organisations sont rares et plutôt faibles (et même parfois inexistants) et il peut exister aussi des différences politiques sensibles avec les « traditions » révolutionnaires occidentales, que ce soit sur le plan des idées, des finalités, du fonctionnement, des pratiques et il est probable que la solidarité vis-à-vis de tel ou tel groupe ou mouvement dans tel pays fera rarement, ici, l’unanimité. Le soutien à la résistance actuelle au Kurdistan syrien face à l’État Islamique est un bon exemple de cette absence de consensus du mouvement révolutionnaire sur ces questions.

Par ailleurs, l’établissement de telles liaisons solidaires implique un effort réciproque s’inscrivant dans la durée. Effort qui passe par des travaux de synthèse d’informations et d’analyses, de traductions (ce qui implique éventuellement l’apprentissage de langues), de diffusion de l’information, de collecte et d’envois de fonds et de matériels, de voyages et de rencontres, d’organisation éventuelle de campagnes de soutien. Effort que la faiblesse actuelle du mouvement révolutionnaire, en France ou ailleurs, rend difficile car, en plus, évidemment, l’islamisme est loin d’être le seul et le plus puissant des ennemis auxquels les mouvements révolutionnaires se trouvent confrontés.

La lutte contre l’islamisme passe aussi, toujours au niveau international, bien sûr par le fait de lutter ici pour dénoncer et, si possible, vu nos forces plutôt dérisoires, gêner et affaiblir les interventions armées et les pillages impérialistes des États et du capital occidental, et donc, aussi, l’impérialisme de l’État et du capital français. L’impérialisme contribue en effet aussi à alimenter en partie l’islamisme dans de nombreux pays. Mais en partie seulement car dans les pays où il est puissant l’islamisme a également sa dynamique propre, ancrée dans la réalité propre de ces pays, réalité qui est loin d’être uniquement façonnée par l’impérialisme occidental.

En France, il paraît évident qu’un des ressorts de l’islamisme se trouve dans les inégalités et injustices sociales vécues, entre autres, par les fractions de la population qui sont immigrées ou issues de l’immigration et qui sont de cultures musulmanes. Ces fractions de la population ne sont bien sûr pas les seules à subir l’exploitation, la précarité et la répression mais elles sont certainement celles qui les subissent le plus. À ces inégalités sociales s’ajoutent des phénomènes de discriminations, de stigmatisations, de vexations politiques et symboliques à caractère raciste. La participation des mouvements révolutionnaires aux luttes sociales et le fait de tenter de développer dans celles-ci un travail politique sont des nécessités incontournables. Dans ce cadre, l’appui aux luttes de migrant-e-s, de travailleurs-euses immigré-e-s avec ou sans papiers, autour de la question du logement, contre les violences policières et la précarité sociale mérite toute notre attention. Participer, d’un point de vue révolutionnaire, à ces luttes sociales diverses, favoriser leur émergence et leur convergence et coordination n’a évidemment pas pour but premier la lutte contre l’islamisme, il s’agit avant tout d’essayer d’attaquer à la base l’exploitation sur laquelle repose le système étatico-capitaliste actuel et les relégations et divisions sociales qui aident à son maintien et à sa reproduction. Mais le développement de ces luttes sociales aurait certainement également comme effet indirect d’affaiblir les marges de manœuvres politiques, sociales et culturelles de l’islamisme. On sait qu’à l’heure actuelle lorsque les luttes sociales sont fortes, l’extrême droite franchouillarde fait souvent profil bas politiquement et d’un point de vue organisationnel. Il n’y a pas de raisons de penser que ces luttes n’entraîneraient pas les mêmes effets contre cette autre extrême droite qu’est l’islamisme.

Néanmoins, on ne va pas prendre nos désirs pour des réalités, « dire n’est pas faire » et le mouvement révolutionnaire devra sacrément ramer pour y arriver. Il y a des obstacles et des difficultés. Nombreuses. Les aborder dépasserait le cadre de ce texte. On remet ça à plus tard mais on essayera de s’y coller. Signalons juste la difficulté liée à la composition sociale actuelle des mouvements révolutionnaires, pour le moins éloignées en général des réalités vécues par les fractions de la population qui sont immigrées ou issues de l’immigration, de la condition ouvrière, de la réalité des quartiers populaires. Cette « extériorité » ne facilite évidemment pas notre activité et la réduire ou la dépasser prendra du temps et impliquera d’aller se frotter encore et encore au terrain.

Islamisme et autres replis identitaires se développent aussi dans le vide laissé par l’important affaissement des mouvements ouvriers et révolutionnaires actuels. Et ce vide, ce terrain perdu, d’autres l’occupent et le remplissent. Il faudra bien finir par nous remettre en question. La réalité qui vient nous y contraindra de toute façon. Va y avoir des réveils douloureux…

« Islamophobie » ?

Vous ne trouverez pas ce terme d’« islamophobie » dans les textes du RRC, où il ne fait pas consensus. Je l’utilise dans cet article seulement entre guillemets et accompagné de critiques. Parce qu’il pose un certain nombre de problèmes quand même… Ce terme opère en effet un certain nombre de « réductions » factuelles et politiques.

D’abord il tend à présenter les attaques et critiques contre l’islam, quelles qu’elles soient, comme une manifestation de racisme alors que la critique de la religion musulmane (ou de n’importe quelle autre) peut évidemment être déconnectée de toute approche raciste comme dans le cas de la critique athée révolutionnaire.

Du coup, il sous entend aussi que la critique de l’islam constituerait en quelque sorte la forme principale du racisme actuel alors que celui-ci s’exprime de manière bien plus générale et sur des plans bien plus cruciaux pour la vie des gens (logement, pauvreté, précarité des formes d’emplois, discriminations sociales, brutalités policières…) que la simple instrumentalisation xénophobe et nationaliste de la critique de l’islam.

En restreignant le racisme à la forme, censée être centrale, de la critique instrumentalisée de l’islam, il laisse de coté toutes les fractions de la population qui sont immigrées ou issues de l’immigration mais qui ne sont pas musulmane. Que devient la nigériane évangéliste ou le syrien athée ? En quoi la lutte antiraciste réduite principalement à la lutte contre l’« islamophobie » les concernerait ?

En partant du fait que l’islam est, en France, une religion minoritaire, pratiquée (quand elle l’est ! Tous les croyant-e-s sont loin d’être pratiquant-e-s…) principalement par des fractions de la population qui sont immigrées ou d’origine immigrée, souvent « de couleur », souvent issues d’anciennes colonies françaises, il introduit, en douce, par extension, l’idée que l’islam serait une religion opprimée et une religion des opprimé-e-s.

L’islam est certes une religion minoritaire en France mais c’est quand même la deuxième en importance dans ce pays. Et s’il est évident que le nombre, l’état et la taille des lieux de cultes musulmans ne permettent pas toujours, loin sans faut par endroits, d’assurer aux pratiquant-e-s des conditions décentes d’exercice collectif de la prière, la religion musulmane est loin d’être persécutée même s’il arrive qu’elle soit stigmatisée, discriminée et instrumentalisée. Par ailleurs, un certain nombre de régimes dans des pays majoritairement musulmans ne sont pas particulièrement bienveillants envers l’exercice de religions autres que la musulmane et envers l’athéisme et il y a des États musulmans qui sont impérialistes. Donc mollo sur l’islam comme religion opprimée…

Ensuite cette idée de l’islam comme religion des opprimé-e-s fait passer à la trappe le fait que certains musulman-e-s appartiennent aux classes possédantes et dominantes et sont des exploiteurs-rices. Et là encore se pose la question des « autres » prolétaires immigrés ou d’origine immigrée, « de couleur », athées ou croyant-e-s d’une autre religion que l’islam. En quoi sont-ils et elles particulièrement moins opprimé-e-s, exploité-e-s, précarisé-e-s, discriminé-e-s que les musulman-e-s ? Et en quoi le fait qu’une religion soit pratiquée par des opprimé-e-s devrait nous la rendre moins critiquable d’un point de vue révolutionnaire ? Le sexisme serait-il moins critiquable s’il est pratiqué par des prolétaires ? Les masses opprimées d’Amérique latine sont souvent chrétiennes, cela ne fait pas pour autant du catholicisme ou du protestantisme des religions d’opprimé-e-s. Donc mollo aussi sur cette idée que l’islam serait une religion d’opprimé-e-s.

Au final, et à l’usage, le terme « islamophobie », et les « alliances » concrètes qu’il peut entraîner sur le terrain politique avec des réacs religieux, semble bel et bien favoriser une inhibition, une autocensure de la critique révolutionnaire des religions et des « cohabitations » lors de meetings et de manifs qui tiennent du mariage entre une carpe et un lapin. Faudrait pas finir par servir la soupe à des bigot-e-s intégristes, qui oeuvrent à propager un communautarisme religieux lucratif, au sens où cette communauté, figurez vous qu’ils et elles entendent bien en être les pieux-ses berger-e-s et les représentant-e-s accrédité-e-s auprès de l’État. La critique de « l’islamophobie » actuelle doit-elle déboucher sur une quelconque « islamophilie » ? Pour moi, c’est définitivement NON.

Je comprends bien que le terme ait pu faire mouche et être repris par plein de gens qui ont capté que la critique dominante de l’islam n’est la plupart du temps qu’un paravent pour des courants xénophobes, nationalistes et racistes qui cherchent à attaquer les immigrés ou descendant-e-s d’immigré-e-s. Mais comme on peut le voir en situation et comme cela a été exposé dans ce paragraphe, ce terme introduit, d’un point de vue révolutionnaire, de la confusion politique… à une époque où il n’y en a déjà que trop… avec tous les dégâts qui vont avec.

C’est pourquoi comme d’autres, je préfère parler, au lieu d’« islamophobie », tout simplement de racisme ou, en cas de situations plus spécifiques, de racisme anti-arabes et anti-noir-e-s, ce qui ramène la question sur son terrain principal, à savoir que derrière les critiques xénophobes de l’islam ce n’est pas tant la religion musulmane qui est visée que des fractions immigrée ou issue de l’immigration, prolétaires, colorées et supposément musulmanes de la population. Et en utilisant ces termes, en tant que révolutionnaires, on se situe sur le terrain de la défense des individus et des fractions, souvent prolétaires, de la population visées par le racisme, pas sur le terrain de la défense d’une religion, ce qui n’est tout simplement pas notre vocation ni notre finalité.

Contre tous les replis identitaristes

En ces temps de crises sociales et politiques, et y compris de crise des mouvements révolutionnaires et ouvrier (ou de ce qu’il en reste…), en l’absence d’alternatives subversives ne seraient-ce qu’un tant soit peu crédibles, les replis et enfermements identitaristes se multiplient, se renforcent et se « légitiment » mutuellement, que se soit sur des bases nationalistes, ethniques, religieuses, culturelles, corporatistes.

Il ne s’agit pas de nier qu’on ait tous et toutes une identité, mais nos identités sont généralement composites, puisant à différentes sources culturelles et sociales, individuelles et collectives. Nous les concevons souvent, en tant que révoutionnaires, comme évolutives et ouvertes, destinées à être partagées et métissées. Toute définition étroite, uniformisée, figée, fermée et enfermante de l’identité aboutit à l’étouffement individuel et collectif et est souvent destinée politiquement à nourrir les replis communautaristes.

Présentement chacun-e est tenté et incité à se replier sur son « entre soi » (et le ghetto révolutionnaire en est une forme parmi d’autres), sur son « même », sur sa famille, sur son pays, sur sa soi-disante « communauté » et les solidarités limitées, étriquées et sélectives qu’elle permet. S’ouvre alors également la course à la représentation de la « communauté » : les aspirant-e-s aux postes de direction et d’encadrement politique, moral et spirituel ne manquent pas.

Il sortira de ces replis communautaires et identitaristes des divisions et des tensions accrues entre différentes fractions de la population, pourtant toutes exploitées et dominées par le même système, même si c’est sous des formes et à des degrés divers. À la guerre sociale, le système préfère évidemment la guerre de tous-tes contre tous-tes comme il préfère la guerre civile à la révolution. Et nul doute qu’il saura utiliser et alimenter les tensions communautaristes pour œuvrer à son propre maintien. Réussir à faire vivre et étendre des espaces de lutte politique et sociale, où se crée du commun et du communisme, ouverts à tous-tes les exploité-e-s, les dominé-e-s, les révolté-e-s, peu importe leurs origines ethniques ou culturelles, leurs nationalités, leurs couleurs de peau, leurs religions individuelles éventuelles va être une difficile nécessité.

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Re: Sur la question religieuse

Messagede IAL_Grenoble » 14 Avr 2017, 13:29

Le manifeste athée - Pétition adressée à Dieu et à l'Etat
https://www.change.org/p/le-manifeste-ath%C3%A9e

Affirmation athée : une nécessité

Depuis pas mal d'années les mauvais signaux des offensives religieuses s'accumulent : propagande et activisme anti-IVG et anti-contraception, offensives contre l'éducation à l'égalité des droits, attaques de plus en plus violentes contre la liberté sexuelle, « manif pour tous », mise en cause de toute critique des religions visant à instaurer un délit de blasphème, affaires de voile téléguidées ou pas par des fanatiques de l'islam, radicalisations diverses, plaintes en justice, intimidations, assassinats,...
Les athées par définition n'ont pas d'églises, de temples, de mosquées ou de synagogues. Si nous ne voulons pas que les religieux prennent ou reprennent la main sur la vie publique, nous devons agir contre l'invisibilisation du fait athée. Il y va de notre liberté de conscience et de la Liberté avec un grand L. Face à l'obscurantisme religieux, face aux prédicateurs d'un ordre moral rétrograde et liberticide, il nous paraît éminemment nécessaire que le plus grand nombre possible d'athées s'affirment publiquement.
Voilà pourquoi nous proposons et nous lançons ce manifeste athée sous forme de pétition
Il va de soi que nous sommes solidaires des athées qui le revendiquent ou qu'on désigne comme tels et sont de ce fait en butte à la répression et à la discrimination partout dans le monde.
Nous sommes également solidaires et partie prenante de toutes les luttes contre toute forme d'ingérence de quelque religion que ce soit dans tout ce qui relève de la définition et de l'exercice des droits citoyens.

Organisation Anarchiste – mars 2017
organisation_anarchiste@infosetanalyseslibertaires.org

Présentation complète à lire sur
http://infosetanalyseslibertaires.org

Le manifeste athée

Je suis athée parce que je ne crois pas en l’existence d’une entité supérieure créatrice et ordonnatrice de toutes choses.
Je suis athée parce que je préfère penser plutôt que croire.
Je suis athée parce que je pense que le concept de Dieu ne sert pas à expliquer le monde.
Je suis athée parce que je refuse toute forme de soumission.

Je signe le manifeste athée parce que :

Je constate que le fait athée, quand il n’est pas réprimé, est invisibilisé ;
Je pense que la Religion, les religions n’ont pas à interférer dans la vie publique ;
Je ne veux pas que le droit soit dit par la Religion ;
Je suis solidaire des athées que l'on réprime, fouette, torture, exécute, partout où la Religion a des visées hégémoniques ;
Je pense que le fait religieux est un frein au progrès social et scientifique ;
Je pense que la Religion est la négation de l’émancipation ;
Je sais que la Religion opprime et asservit les femmes en priorité ;
Je m’oppose à toute forme d’embrigadement des enfants ;

Pour toutes ces raisons je pense nécessaire de m’affirmer publiquement en tant qu’athée, c’est le sens et le but de cette démarche. En signant ce manifeste je le fais mien et j’en fais la promotion avec pour objectif l’émancipation du genre humain de toute forme d’obscurantisme et de tout système de domination.

https://www.change.org/p/le-manifeste-ath%C3%A9e
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Re: Sur la question religieuse

Messagede bipbip » 05 Juin 2017, 18:06

"Pour un anticléricalisme révolutionnaire", in Noir & Rouge n°3 (automne 1956),
par le G.A.A.R. (Groupe anarchiste d’action révolutionnaire).

Pour un anticléricalisme révolutionnaire

Fondamentalement, sur le plan éthique, l’anarchisme de toute tendance est forcément a-religieux et estime le phénomène religieux, un fléau pour l’homme dans son individualité et dans son collectif. Adepte, avant tout du « libre examen », l’anarchiste ne peut admettre aucune théorie posant au départ dogmes et postulats. La religion pose au départ une idée d’autorité, donc de hiérarchie et fait accepter du même coup l’idée de l’inégalité sociale. Jules Lhermina, dans son « A.B.C. du libertaire » écrivait : « L’idée de dieu est nécessaire aux oppresseurs, aux envahisseurs, aux négateurs du droit collectif. Pour l’inculquer aux masses, on a eu l’infernale habileté de la compliquer de l’idée de compensation. Qui a souffert sur la terre jouira d’un bonheur éternel… D’où la résignation et l’abandon aux aigrefins des biens de la Terre… ». On connaît l’apostrophe de Proudhon : « Dieu c’est le mal ». Il se trouve d’ailleurs que l’anti-cléricalisme et l’anti-religion ont toujours été une base fondamentale dans l’action du mouvement ouvrier dans son ensemble.
Que se passe-t-il aujourd’hui ?


Depuis la fameuse « Main tendue aux catholiques » prônée par Maurice Thorez, nous avons assisté à une évolution au sein de la classe ouvrière qui a abouti en pratique à un abandon à peu près total de toute action anti-religieuse dans ce qu’il est convenu d’appeler les « partis ouvriers ». Même dans nos milieux et particulièrement chez les jeunes militants, la même tendance s’est faite jour. La tendance fonteniste, à la F.C.L, n’était pas la dernière à prôner la nouvelle tactique. Pour les gens dont nous parlons, l’anti-cléricalisme est une forme périmée de l’action. On se moque volontiers des anti-cléricaux en les traitant de vieux fossiles bons pour le placard aux souvenirs. On pense bien sûr, que les croyants sont les survivants d’un autre âge, mais on se dit « matérialiste historique » et on affirme au nom de ce « matérialisme » que l’on vient de découvrir que la religion s’effondrera en même temps que le Capitalisme. Il suffit alors de combattre le Capitalisme. La lutte anti-religieuse est une chose inutile sinon nuisible. Ne rencontre-t-on pas sur le lieu du travail des militants chrétiens « drôlement sympas ? » Qui n’a pas connu de prêtres ouvriers ? On nous pose la question : « Nierez-vous qu’il y a des travailleurs chrétiens ? Nierez-vous qu’ils sont bons syndicalistes ? Nierez-vous qu’ils sont anti colonialistes ? Anti capitalistes ? » Les travailleurs chrétiens se retrouvent avec nous dans les Comités de grève, ils sont exploités comme nous, etc., etc. Et on en vient à l’idée qu’une lutte anti-religieuse pourrait bêtement nous aliéner ces gens si intéressants et, partant, briser le front de classe du prolétariat. Rien que ça ! Et puis, tout le monde sait que les athées et les « libres penseurs » sont en général des bourgeois. Ils sont en grand nombre membres de la Franc-Maçonnerie qui est un organisme de collaboration de classe. Ils sont en majorité membres du parti radical ou de l’aile droite de la S.F.I.O qui…, que… Nous n’avons rien à faire avec ces gens-là. Et nous préférons un balayeur membre de la C.F.T.C. qui est un exploité, un apprenti de la J.O.C. qui est un exploité à un actionnaire radical et anti-clérical qui « bouffe un curé tous les matins » et qui est, par ailleurs, un exploiteur.

Nous sommes beaucoup, parmi les membres des G.A.A.R. à estimer que ce raisonnement hâtif (mais par ailleurs en plusieurs points juste, et en particulier sur le côté anti-lutte de classes de la Franc-Maçonnerie) doit être étayé par des arguments plus solides, résultat d’une analyse sérieuse des différentes données du problème.

Nous avons toujours été étonnés par l’extraordinaire ignorance de l’Histoire de beaucoup de ces « matérialistes historiques ». Où ces gens ont-ils vu que l’Église était attachée à une forme économique donnée ? Où ces gens ont-ils vu que l’Église était attachée à un régime quelconque ? Méditons ces dates : 1790 : L’Église chante le « Te Deum » à l’avènement du dictateur Napoléon et lui prostitue son catéchisme ― 1816 : L’Église chante le « Te Deum » aux cérémonies d’arrachage des arbres de la Liberté. ― 1940-1950 : L’Église est collaboratrice (Suhard), résistante (Gerlier), communiste (Abbé Boulier), anti-communiste (Osservatore Romano). L’Église a toujours été de tous les régimes, de toutes les formes de civilisation : monarchiste, républicaine, fasciste, selon les cas et les époques. La seule chose qui l’intéresse c’est de maintenir son emprise sur les consciences et les évènements. Elle est, par contre anti-monarchiste, anti-républicaine, antifasciste lorsque l’un quelconque de ces régimes la menace dans son indépendance. Elle a enterré joyeusement la civilisation romaine qu’elle devait sauver dans l’idée de Constantin. Elle a été féodale au Moyen-Age. Elle a rallié le régime bourgeois totalement sous Napoléon. Elle est maintenant furieusement démocrate en France et furieusement fasciste en Espagne. Elle est maintenant, avant tout, capitaliste en régime capitaliste. Qui sait si elle ne sera pas demain communiste en régime communiste ou même libertaire si nous n’y prenons pas garde ?

Au sein du régime actuel, l’Église tient une place trop souvent ignorée ou passée sous silence. Des vins du Chianti aux usines FIAT, d’Hispano-Suiza aux tramways de Madrid, des mines de mercure d’Espagne aux usines de conserves américaines, des fabriques de bas nylon au casino de Monte-Carlo, le Vatican tient une place plus qu’honorable dans divers conseils d’Administration. Cela dit, l’Église, comme toute puissance capitaliste joue un jeu politique. On connaît son influence sur cette société secrète appelée Synarchie. On connaît l’existence de cette autre société secrète appelée « Sapinière » avant guerre et présentement nommée « Fides Romana ». On connaît l’association pour le « Saint Empire Romain Germanique » qui a son siège à Bonn et dont Pinay, Adenauer et Schuman sont les membres influents. On connaît l’action des différents partis « démocrates chrétiens » qui avaient réussi à avoir la main sur les différents ministères des affaires étrangères de la « libération » des pays occidentaux. On connaît l’action de Thierry d’Argenlieu en Indochine. On arrive de là au fameux Pool Charbon-Acier, à la relance européenne : J’en passe et des meilleurs… La mainmise cléricale, en France, sur la presse, le cinéma, la radio se voit à l’œil nu. Et la fameuse loi Barangé vient de réveiller les « laïques » pourtant timorés. Et tout cela se passe pendant que nos « matérialistes historiques » proclament l’anti-cléricalisme dépassé.

Et les travailleurs chrétiens ? Que font-ils dans tout cela ?

La plupart d’entre eux sont membres de la C.F.T.C. Cette même C.F.T.C. que nous retrouvons parfois dans les Comités de grève et avec qui les dirigeants staliniens de la C.G.T. aiment se marier porte dans ses principes les points suivants qu’il est nécessaire de publier :

« La C.F.T.C. professe qu’on ne saurait apporter un remède efficace et durable aux erreurs économiques et aux injustices sociales qui ont amené les désordres actuels, qu’en se référant aux enseignements contenus plus particulièrement dans les encycliques RERUM NOVARUM et QUADRAGESI O ANNO. »

Les chrétiens avec qui nous parlons se gaussent volontiers du programme social de l’Église qui renferme (paraît-il) la solution au problème de la lutte des classes. En les interrogeant plus avant, on se rend compte que bien peu ont lu ces fameuses encycliques. Au moment de la naissance de la grande industrie, au moment de l’essor du mouvement ouvrier, il fallait trouver un antidote. Et le pape Léon XIII de préconiser comme remède à la situation la constitution de syndicats mixtes composés des patrons et des ouvriers. La C.F.T.C. de 1956 n’a en rien renié ce but final, elle y met simplement des formes. Mais laissons la parole à Zirnheld qui fut président de la C.F.T.C. en 1934 et 1935 :

« Le Capital est incontestablement un moyen qui peut aider puissamment la production à se développer, mais il ne saurait prétendre à être l’agent propre, ni donc l’élément essentiel. C’est pour y avoir prétendu, pour avoir usurpé la première place dans l’économie qu’il a entraîné le déséquilibre dans l’économie que nous constatons aujourd’hui et causé les graves conflits sociaux et économiques actuels. C’est aussi parce que l’on a top souvent confondu la propriété, principe parfaitement juste lorsqu’il dérive du produit du travail, et le capital qui n’est, la plupart du temps, que son apparence ou son mode d’emploi humain, qu’on a cru pouvoir admettre les abus du capital mal acquis, les justifier comme la conséquence normale de la propriété légitime et lui réserver une place et des avantages qu’il ne méritait pas. Le capital, accessoire de la production, a évidemment droit à une rente équitable. Il a droit, de plus à l’assurance du risque qu’il court, cette assurance étant organisée et payée par la production… »

Il fallait, bien sûr, trouver une théorie qui, sans toucher au principe essentiel du régime capitaliste, soit un aménagement destiné à contenter les masses et ainsi empêcher le développement des idées révolutionnaires. La propriété est nécessaire — nous dit-on ― mais c’est le capital qui n’a pas fait son devoir. Quand il sera à sa place tout ira bien. Ce sera la grande embrassade générale, la fin de la lutte de classe qui inquiète tant ces messieurs. Nous ne nous attarderons pas à discuter ce genre de théorie. Remarquons toutefois qu’il n’y a pas au fond plusieurs pensées de droite. Il n’y en a qu’une et c’est bien l’Église qui la dispense. Les programmes sociaux des différents partis fascistes d’avant guerre étaient tous inspirés des principes que nous venons de citer. La Charte du Travail de Pétain n’était rien moins qu’un essai d’application. Les Comités d’Entreprise institués par Vichy n’étaient que le prélude à ce fumeux syndicat mixte des patrons et des ouvriers. On sait qu’ils font encore aujourd’hui l’enchantement des patrons de 1956. La fameuse association Capital-Travail du R.P.F reposait aussi sur les mêmes principes. Il y a bien unité de pensée. Observons ce que dit Poujade et nous constatons encore l’énoncé des mêmes principes. Mieux que cela, la Confédération Générale des Syndicats Indépendants a repris les mêmes principes en enlevant l’étiquette chrétienne. La fameuse association d’inspiration cléricale intitulée « Jeune Patron » a aussi repris la doctrine. Il s’agit paraît-il de patrons sociaux qui reconnaissent volontiers l’existence du syndicat dans leur entreprise. Un syndicat du type « collaboration » bien entendu. Il ne faut pas croire qu’une lutte même accompagnée d’une grève suffit à définir une action révolutionnaire. Lisons plutôt ce qu’écrivait la C.F.T.C. En 1938 : « La C.F.T.C. considérant la grève comme le dernier moyen à employer pour faire triompher le bon droit cherche à obtenir les résultats souhaités par des moyens pacifiques : démarches, envoi de cahiers de desiderata. Souvent, hélas ce genre de revendication s’est heurté à une fin de non-recevoir. On ne peut donc s’étonner d’avoir vu les syndicats chrétiens recourir à la grève, pour un motif grave, une cause indiscutablement juste, et après que toutes les possibilités d’entente eurent été épuisées. » On lit plus loin :

« Mettant en application ses principes de collaboration la C.F.T.C. entretient les meilleures relations avec l’organisation des patrons catholiques. Dès 1930, une commission mixte était constituée entre la C.F.P. et la C.F.T.C. ; en 1932, notamment, elle étudiait le grave problème de la « rationalisation » et, fait remarquable, patrons et ouvriers chrétiens parvenaient à se mettre d’accord sur cette délicate question. »

Or, on lit dans les « Cahiers de la Productivité » d’octobre-Novembre 1954 :

« Les syndicats (il s’agit d’une étude sur les syndicats américains) ne prétendent pas se substituer au « management » dont ils reconnaissent la compétence, l’efficacité. Ils ne cherchent pas à supprimer le profit considéré comme un stimulant indispensable. Les chefs syndicalistes américains sont considérés surtout comme des hommes d’affaires chargés d’obtenir le maximum d’avantages pour les gens qui leur ont confié leurs intérêts, en l’occurrence les syndiqués qui paient leur cotisation. Le principe de la co-gestion ne constitue aujourd’hui ni un objectif immédiat, ni même un idéal lointain. » Il arrive que les dirigeants syndicalistes tiennent le langage suivant : « Vous ne pouvez pas augmenter les salaires parce que votre affaire est mal gérée. Nous allons vous envoyer des spécialistes chargés de la réorganiser ». Il est même arrivé que des syndicats aient prêté de l’argent à des entreprises en difficulté pour sauver les salariés du chômage. À l’égard du problème technique de l’accroissement de la productivité les syndiqués partagent la position de principe de l’ensemble des Américains : ils pensent que le progrès assurant l’amélioration du sort de tous est un objectif essentiel. Mais ils estiment que ce n’est pas le rôle des syndicats de promouvoir l’amélioration de la productivité : le « management », en général s’en charge et avec succès ».

Voilà bien de quoi faire retourner dans sa tombe feu Léon XIII !
Il est à noter en passant que ces méthodes font l’admiration d’un grand nombre de bonzes de F.O (Le Beurre et consorts).

Il n’y a pas, au fond, de véritable originalité entre syndicalistes de tout poil qui désirent lutter dans le cadre du régime capitaliste. Et, là encore, c’est la pensée de l’Église, en définitive que nous retrouvons. Voilà qui jette une singulière lumière sur les idées des soi-disant chrétiens révolutionnaires.

Deux autres mouvements groupent des travailleurs chrétiens : Le Mouvement de Libération du Peuple et la Jeune République. Le premier est issu du mouvement d’action catholique intitulé Ligue Ouvrière Chrétienne qui était la JOC des adultes. Transformé en Mouvement Populaire des Familles (mouvement d’entr’aide) après la libération il devient maintenant un mouvement politique avec des positions révolutionnaires ou soi-disant telles. (attitudes courageuses sur le plan anti-colonialiste ou sur l’anti-capitalisme). Ce mouvement n’a pas encore été capable d’élaborer une doctrine propre et pour cause : à l’intérieur existe une seconde organisation travaillant avec les aumôniers qui s’appelle l’Action Catholique Ouvrière. Étant donné que cette organisation professe la doctrine sociale de l’Église citée plus haute. La Jeune République est issue du « Sillon » de Marc Sangnier. Rappelons que le « Sillon » qui avait voulu simplement réconcilier l’Église avec les idées démocratiques fut condamné par le pape et que ces protagonistes se soumirent à l’époque. La Jeune République a des positions « gauches » et professe une vague « sociale démocratie » chrétienne qui serait plus à gauche que la S.F.I.O. De toute façon aucun de ces deux mouvements ne sort du cadre du réformisme. Il se peut qu’il y ait parmi les chrétiens qui y appartiennent d’authentiques révolutionnaires. Nous en avons connu. Nous avons dans ce cas, beaucoup plus intérêt à leur montrer qu’ils sont des dupes de l’Église (puissance réactionnaire) qu’à abandonner notre lutte anti-cléricale pour nous les concilier d’une façon artificielle.

Nous avons montré que sous ses aspects divers, la pensée de l’Église est une et qu’elle est en fait la source de toute la pensée dite de « droite ». Nous ajouterons de la droite intelligente. Celle qui a compris qu’il ne reste qu’une planche de salut à la bourgeoisie et que cette planche de salut est le réformisme. Une récente émission à la radio Vatican s’efforçait de distinguer la pensée de l’Église de la pensée révolutionnaire, et le chroniqueur affirma : « L’Église est résolument réformiste ! »

Ceci nous amène à envisager les autres réformismes que nous connaissons et (nous en faisons la remarque à propos de F.O.) nous observons une parenté de pensée évidente entre nos sociaux-démocrates actuels et les chrétiens sociaux. Nous pourrions en dire autant de la bourgeoisie « intelligente » représentée par Mendès-France. C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner outre mesure des alliances entre radicaux et cléricaux lors des dernières élections municipales ou législatives. C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner de l’adhésion de nombreux cléricaux au soi-disant « Front Républicains ». Il ne faut pas s’étonner de la préparation d’un Concordat et de la mainmise des cléricaux sur certains éléments de la Franc-Maçonnerie (sujet sur lequel nous reviendrons au prochain numéro). C’est là où l’analyse révolutionnaire prend tout son sens.

Tous les partis réformistes considèrent le régime démocratique comme tremplin de leur action. Or nous savons que le régime de démocratie bourgeoise correspondait surtout au stade concurrentiel du régime capitaliste. L’évolution vers le monopole économique étatique ou privé de nouvelles formes politiques, soit en réaction, soit en concordance. Ces formes politiques sont toutes du type fasciste. La bourgeoisie a besoin d’un soutien pour construire le fascisme. Où peut-elle mieux le trouver que dans l’Église qui a pour principe premier la destruction de toute pensée libre ? À ceux qui en douteraient nous citerons un extrait de l’encyclique Quanta Cura du pape Pie IX : « Il ne manque pas d’homme qui, appliquant à la société civile l’impie et absurde principe du naturalisme… osent enseigner que la perfection des gouvernements et le progrès civil demandent impérieusement que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la religion que si elle n’existait pas, ou du moins, sans faire aucune différence entre la vraie religion et les fausses. En conséquence de cette idée absolument fausse du gouvernement social, ils n’hésitent pas à favoriser cette opinion erronée que la liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme… »

Tous les efforts des réformistes de tout poil aboutissent, en fait, au renforcement du régime, conformément au plan élaboré par Léon XIII, que Guy Mollet suit comme les autres. Nous savons que le régime capitaliste va vers une forme politique autoritaire. C’est pourquoi, il est normal, en fin de compte que les démocrates bourgeois fassent le jeu du cléricalisme, même s’ils se prétendent anti-cléricaux d’opinion.

Il ressort de nos constatations que l’anti-cléricalisme est plus nécessaire que jamais, puisque l’action de l’Église marque fondamentalement le fonctionnement du régime que nous voulons détruire. Si une certaine forme d’anti-cléricalisme du genre de celui des radicaux ne correspond plus à la réalité puisqu’elle n’empêche pas en fait, que ces radicaux de rejoindre la réaction et de faire ainsi le jeu de l’Église combattue verbalement, il appartient aux révolutionnaires de définir un anti-cléricalisme réel, basé sur les faits. Certains libres penseurs pensent que leur action doit se faire uniquement sur le plan philosophique. À les en croire, il suffit de faire des conférences pour nier l’existence de l’enfer ou l’existence de Dieu pour que les foules soient convaincues. Il n’est pas dans notre propos de nier l’intérêt d’une telle action sur le plan éducatif (bien sûr). Mais il ne faut pas perdre de vus que l’idéologie chrétienne correspond à une réalisation politique et qu’il est absurde de vouloir dissocier les deux aspects. Il est absurde de ne pas envisager le jeu économique de l’Église et du Capital, dans la lutte anti-religieuse et il serait d’ailleurs aussi absurde de séparer le problème religieux pur du problème politique ou économique. Sébastien Faure écrivait sur ses affiches :

« Croire en Dieu, ou nier Dieu, ce problème est plus que jamais d’actualité. Il n’est pas d’ordre strictement philosophique : il se prolonge dans le domaine social. La foi pousse les consciences à la résignation, foyer de réaction. L’Athéisme les pousse à la révolte, source de Révolution. Foi ou athéisme, Résignation ou Révolte, Réaction ou Révolution. Tout se tient. Il faut choisir. »

Un autre aspect négatif est la lutte anti-cléricale basée sur le républicanisme. Il est curieux de vouloir combattre l’Église pour défendre la République qui est en fait la démocratie bourgeoise, alors que cette même République est entièrement entre les mains des cléricaux ou de ceux qui jouent leur jeu. Il serait temps d’être logique. Citons à ce propos l’oeuvre négative s’il en fut des Comités d’Action laïque qui ont basé toute leur action sur l’espoir d’une majorité anti-cléricale aux élections du 2 janvier. Ladite majorité a été théoriquement obtenue, on sait ce qu’il advint depuis… Nous écrivions dans notre précédent numéro :

« En fait, maintenant comme toujours il y a d’un côté la Révolution et de l’autre la Contre Révolution. Dans cette perspective de pensée, nous disons que nous combattons le Réformisme, quel que soit sa forme ou le parti dont il se couvre. »

Dans le problème précis de l’anti-cléricalisme, la seule solution nous semble être basée sur la lutte de classes du prolétariat. Il faut, pour ce faire, toujours analyser les positions de l’adversaire en fonction de la situation sociale et de l’évolution du régime d’exploitation.

Considéré sous cet angle, l’anti-cléricalisme peut devenir un facteur puissant dans la prise de conscience des exploités et cimenter l’unité ouvrière que les partis soi-disant « ouvriers » cherchent en parole depuis si longtemps. Alors que ces mêmes partis ont précisément abandonné cette forme de lutte. On déplore volontiers un certain matérialisme sordide de la classe ouvrière qui ne penserait qu’au beefsteak. Les foules qui se pressent dans les réunions anti-cléricales montrent que ce problème est l’un des rares problèmes éthiques qui touchent les masses de ce pays. À ceux qui cherchent l’éducation du prolétariat d’en tenir compte !

Guy Bourgeois

Nota. ― L’auteur de ces lignes tient à dire que les récents travaux du Congrès National de la « Libre Pensée » française manifestent très nettement une prise de conscience du problème tel que nous l’exposons ici. Le texte de la plupart des résolutions tient compte des problèmes politiques et économiques et de la lutte des classes d’une façon très nette. La « Libre Pensée » qui se rajeunit peut encore jouer un rôle très important dans l’éducation de la masse ouvrière. Aux anarchistes révolutionnaires de s’y intéresser.


http://www.la-presse-anarchiste.net/spip.php?article161
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Re: Sur la question religieuse

Messagede Lila » 16 Juil 2017, 21:02

Alyaa Gad, l'Égyptienne qui parle «sans tabou» de sexualité en arabe

Aliaa Gad, médecin égyptienne installée en Suisse, explique la sexualité en arabe et en anglais sur sa chaîne YouTube, pour pallier au manque d’informations sur ce sujet encore tabou dans certains pays. Elle s’adresse notamment aux jeunes et ses vidéos comptabilisent des millions de vues.

Dysfonctionnement sexuel, masturbation, plaisir, contraception…On trouve toutes les explications en arabe sur «AfhamTV» (je comprends.tv), la chaîne YouTube créée par Alyaa Gad, médecin égyptienne établie en Suisse. Dans ces vidéos inédites dans le monde arabe, elle parle de sexualité de manière scientifique et pédagogique pour pallier au manque d’informations dans ce domaine jugé encore tabou.

«Le sexe, presque comme un crime»

Née en Egypte, dans une société très conservatrice, Alyaa Gad a grandi avec le «tabou» de la sexualité. «Beaucoup considère le sexe comme honteux, presque comme un crime», confiait-elle à Tel Quel en 2015. Après des études de médecine, la jeune femme propose à des médias égyptiens et arabes une émission sur la santé et la sexualité pour informer sur le sujet mais «ils n’étaient pas intéressés», explique-telle à la Deutshe Welle. Elle ne baisse pas les bras pour autant et lance en 2010 sa propre chaîne sur YouTube. Elle compte aujourd’hui plus de 260.00 abonnés. Des millions d’autres internautes arabophones visionnent ses vidéos.

la suite : http://geopolis.francetvinfo.fr/alyaa-g ... abe-149185
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