Post-modernisme et luttes sociales

Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede Béatrice » 08 Déc 2016, 17:03

JPD a écrit:Je trouve Béatrice que tu vas un peu vite à te fabriquer des ennemis.

Tu fais fausse route JPD en m'affublant ainsi car c'est à bon escient que je persiste à dire que le Strass est un ennemi car cette "officine" ne vise qu'à promouvoir la professionnalisation de la prostitution en s'appuyant sur les recommandations de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) qui appelle à la reconnaissance de l'industrie du sexe tout en opérant des actions de lobbying au sein de toutes les instances ( parlementaires, européennes etc...)

En 1998, dans un rapport controversé, l’Organisation Internationale du Travail (OIT), l’agence officielle du travail des Nations Unies, appelle à la reconnaissance économique de l’industrie du sexe. Soulignant l’expansion de cette industrie et sa contribution non reconnue au Produit National Brut (PNB) de quatre pays du Sud Est asiatique, l’OIT argumente pour que soit reconnu le " secteur du sexe ".

http://sisyphe.org/spip.php?article727

JPD a écrit: Non, là où vous achoppez c'est sur la question de ce n'est pas "métier comme un autre" contrairement à ce que dit le strass. Mais c'est quoi un métier comme un autre ?

Je cite :
"Un métier se définit par ses activités et ses techniques utilisées. Un-e salarié-e échange sa force de travail (physique et intellectuelle) contre un salaire. Les prostitué-es ne vendent pas leur force de travail ; ils ou elles vendent l’accès à leur corps, à leur sexe."
http://www.sudeducation.org/Prostitutio ... ation.html

JPD a écrit: Je reproche au strass de vouloir représenter toutes les prostituées en tous genres (normal ce sont des syndicalistes et c'est ce que je reproche au syndicalisme) mais au moins ce sont des prostitués.. et pas des services sociaux.

Nuance : le Strass s'est autoproclamé syndicat mais il n'en a que le titre et non les objectifs et les droits s'y rattachant.
En partant du postulat que le Strass est un syndicat comme un autre, tu cautionnes ainsi d'une certaine façon une entreprise néo libérale des plus abjectes car il s'agit là de la reconnaissance d'une forme de "travail' des plus aliénantes qui soit.
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede JPD » 13 Déc 2016, 04:26

Tu fais fausse route JPD en m'affublant ainsi car c'est à bon escient que je persiste à dire que le Strass est un ennemi car cette "officine" ne vise qu'à promouvoir la professionnalisation de la prostitution en s'appuyant sur les recommandations de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) qui appelle à la reconnaissance de l'industrie du sexe tout en opérant des actions de lobbying au sein de toutes les instances ( parlementaires, européennes etc...)


tu argumentes en disant que je fais fausse route parce que tu as raison... J'imagine bien que tu penses voir raison !!!
Les recommandations de l'OIT il arrive souvent que des syndicats s'appuient dessus. avec ce genre d'arguments je pourrai te citer bien des ligues de vertu parfaitement reactionnaires qui sont abolitionnistes.

Par ailleurs depuis quand le corps n'est pas une force de travail ? C'est même la principale avant le savoir faire !

Syndicat ou pas syndicat je m'en fiche, c'est un débat entre syndicalistes qui ne me concerne pas. Le strass de dit syndicat, le medef aussi, tout comme FO ou la CGT.

Encore ce "neo libéral" qui veut dire quoi ? Tu veux dire qui ne veux pas de réglementation qui laisse le marché réguler ?

En tout cas ni l'un ni l'autre n'avez expliqué en quoi des mesures abolitionnistes feront ou ont fait baisser la prostitution car c'est bien là l'essentiel non ?
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede Béatrice » 13 Déc 2016, 21:56

tu argumentes en disant que je fais fausse route parce que tu as raison... J'imagine bien que tu penses voir raison !!!
Les recommandations de l'OIT il arrive souvent que des syndicats s'appuient dessus. avec ce genre d'arguments je pourrai te citer bien des ligues de vertu parfaitement reactionnaires qui sont abolitionnistes.

En me portant la contradiction tout en prenant des chemins de traverse lorsque tu agites l'épouvantail des ligues de vertu réactionnaires auxquelles tu sembles m'associer, j'imagine bien que toi aussi penses avoir raison !
Si dire que la prostitution est une violence et rien d'autre et que celle-ci ne doit pas être "professionnalisée" et se voir qualifié(e) de moraliste aux relents conservateurs, c'est vraiment là l'expression d'un déni de la violence physique, morale et de la misère de la prostitution.

Par ailleurs depuis quand le corps n'est pas une force de travail ? C'est même la principale avant le savoir faire !

Et donc le sexe aussi, en suivant ton raisonnement !

Encore ce "neo libéral" qui veut dire quoi ? Tu veux dire qui ne veux pas de réglementation qui laisse le marché réguler ?

La libéralisation de la prostitution répond à la loi du marché : le principe de l'offre et de la demande.

En tout cas ni l'un ni l'autre n'avez expliqué en quoi des mesures abolitionnistes feront ou ont fait baisser la prostitution car c'est bien là l'essentiel non ?

Il y a prostitution parce qu'il y prostituteurs...
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede Pïérô » 24 Déc 2016, 16:47

Je réaffirme que vendre sa force de travail et vendre son corps ce n’est pas la même chose et que dire cela relève d’un relativisme qui tient d’avantage d’un discours libéral que libertaire, et je dirais même ici ultra-libéral dans ce que cela comporte et qui ouvre des portes à des formes d’exploitation, d’oppression, voire d’esclavage, qui avaient quand même un peu disparues. On va dire que c’est donc complètement réactionnaire. Et du coup, hors la divergence libéral/libertaire, je dirais qu’il y a ici des éléments qui se rapporte au texte du début, parce qu’on pourrait bien dire que ce discours est post-moderniste. Voilà pourquoi je parlais de balayer aussi devant sa porte. Et il faut bien voir qu’il y a vraiment à travailler ensemble un corpus libertaire, lié au projet communiste-libertaire. Je ne considère pas les camarades de l’OCL comme des réactionnaires et des ennemis, je rappelle qu’il y a actuellement dans AL des problèmes politiques qui se posent au regard de l’énoncé, et j’ai déjà dit qu’il était important de réfléchir ensemble, au delà du travail interne, de manière transversale. Je pense aussi, et l’ai dit par ailleurs, qu’il y aurait un enjeu à construire un corpus féministe libertaire, et construire du réseau pour rendre visible un courant invisibilisé par un “féminisme radical” confus et justement “post-moderniste”, ou plus libéral que libertaire.
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede JPD » 25 Déc 2016, 16:29

voir à ce sujet

http://www.oclibertaire.lautre.net/spip.php?article1915


sur le site de l'OCL
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede bipbip » 30 Jan 2017, 12:44

Eléments

Nedjib Sidi Moussa
La Fabrique du Musulman
Essai sur la confessionnalisation et la racialisation de la question sociale.

Image

« La fixation permanente sur les présumés musulmans, tantôt dépeints comme des menaces à l’ordre public ou des victimes du système – parfois les deux à la fois –, s’inscrit complètement dans le réagencement en cours de la société française. Car le vrai “grand remplacement” concerne celui de la figure de l’Arabe par celle du “Musulman”, de l’ouvrier immigré par le délinquant radicalisé, du “beur” engagé par le binational déchu. »

En revenant sur les processus à l’œuvre depuis une quinzaine d’années, cet essai souligne le rôle des politiques, toutes tendances confondues, dans la propagation d’une fièvre identitaire qui brouille les clivages économiques et sociaux. Il interroge l’inclination de certaines tendances de la « gauche de la gauche » qui s’allient par opportunisme ou aveuglement avec des courants réactionnaires censés représenter les quartiers populaires. Il met en lumière l’action combinée de racistes, antiracistes et entrepreneurs communautaires qui conduit à la formation d’une nouvelle caste travaillée par les obsessions religieuses ou raciales. Et cela, à l’image du reste de la société fragilisée par les politiques antisociales des gouvernements et apeurée par le terrorisme islamiste.

L’auteur
Nedjib Sidi Moussa est né en 1982 à Valenciennes dans une famille de réfugiés messalistes. Engagé à gauche, il a été assistant d’éducation, analyste politique et enseignant dans plusieurs universités. Docteur en science politique, il a fait paraître une dizaine d’articles scientifiques sur l’Algérie. Il écrit également de la poésie.

160 pages — 8 €
ISBN : 9782918059967
Parution : 19 janvier 2017

http://www.editionslibertalia.com/catal ... u-musulman
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede bipbip » 18 Fév 2017, 17:16

Racisme anti-musulmans et logique identitaire

Face à la montée du racisme et de la réaction identitaire, la gauche s'enfonce dans des impasses. Il semble important de dépasser les débats frelatés pour ouvrir de nouvelles perspectives.

Une montée des logiques identitaires peut s’observer. Le racisme ne cesse de s’amplifier. Les attentats et la crise Charlie ont accentué les replis identitaires derrière un républicanisme franchouillard. La laïcité autoritaire permet de diffuser un racisme anti-musulmans, notamment à travers les médias.

De son côté, l’extrême gauche insiste également sur les thématiques identitaires au détriment de la question sociale. Les gauchistes ne veulent pas s’interroger sur l’intégrisme religieux pour éviter de se poser des questions sur une population déjà très attaquée. Le débat intellectuel se contente donc d’opposer les « intégristes républicains » et les « islamo-gauchistes ». L’agressivité et le racisme des républicains contribuent à éradiquer la nuance et le recul critique.

Nedjib Sidi Moussa tente d’éclairer tous ces débats particulièrement virulents dans La fabrique du musulman. Il se situe du côté du mouvement ouvrier, très divisé sur ses questions. Cette famille politique peut impulser des luttes contre l’exploitation, mais peut aussi conduire à des impasses. « Des secteurs de la gauche radicale ont encore la capacité d’orienter des débats, d’impulser des dynamiques, de favoriser des regroupements afin d’éviter la lutte de tous contre tous sur des bases ethnoculturelles », espère Nedjib Sidi Moussa.

... http://www.zones-subversives.com/2017/0 ... taire.html
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede bipbip » 03 Avr 2017, 15:13

Montpellier jeudi 6 avril 2017

Conférence-débat « La fabrique du musulman »

Une conférence-débat portant sur la confessionnalisation et la racialisation de la question sociale, en présence de Nedjib Sidi Moussa.

Dans le cadre du 9ème Festival de lutte contre les discriminations, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) organise une conférence débat avec Nedjib Sidi Moussa, auteur de l’ouvrage « La fabrique du musulman. Essai sur la confessionnalisation et la racialisation de la question sociale » (éditions Libertalia, janvier 2017).

JEUDI 6 AVRIL 2017, 18H, SALLE CAMPROUX (Maison des étudiants de l’université Paul Valéry)

La fixation permanente sur les présumés musulmans, tantôt dépeints comme des menaces à l’ordre public ou des victimes du système – parfois les deux à la fois –, s’inscrit complètement dans le réagencement en cours de la société française. Car le vrai “grand remplacement” concerne celui de la figure de l’Arabe par celle du “Musulman”, de l’ouvrier immigré par le délinquant radicalisé, du “beur” engagé par le binational déchu. »

En revenant sur les processus à l’œuvre depuis une quinzaine d’années, cet essai souligne le rôle des politiques, toutes tendances confondues, dans la propagation d’une fièvre identitaire qui brouille les clivages économiques et sociaux. Il interroge l’inclination de certaines tendances de la « gauche de la gauche » qui s’allient par opportunisme ou aveuglement avec des courants réactionnaires censés représenter les quartiers populaires. Il met en lumière l’action combinée de racistes, antiracistes et entrepreneurs communautaires qui conduit à la formation d’une nouvelle caste travaillée par les obsessions religieuses ou raciales. Et cela, à l’image du reste de la société fragilisée par les politiques antisociales des gouvernements et apeurée par le terrorisme islamiste.

• Retrouvez l’évènement sur facebook : https://www.facebook.com/events/1062381710534198/
• La critique du livre, par la publication culturelle « Zones Subversives » : http://www.zones-subversives.com/2017/0 ... taire.html
• L’évènement sur le site du syndicat SCUM : https://combatuniversitaire.wordpress.c ... i-6-avril/


http://lepressoir-info.org/spip.php?article795
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede Béatrice » 06 Avr 2017, 18:08

vendredi 7 avril 2017 à MARSEILLE à 19 h

Mille Babords, 61 rue Consolat, 13001

Commission bibliothèque de Mille Bâbords
Présentation de La Fabrique du Musulman de Nedjib Sidi Moussa

Entre le marteau et l’enclume : racisme anti-musulmans et enfermement identitaire
- Dans le cadre du cycle de débats : "Comment lutter contre le racisme ?" la commission bibliothèque de Mille Babords a décidé d’organiser une discussion autour du livre La fabrique du Musulman (Libertalia) de Nedjib Sidi Moussa, en présence de l’auteur.

Mille Babords : VENDREDI 07 AVRIL, à 19H00

Image

En France (comme en Allemagne), le racisme anti-arabe ne date pas d’aujourd’hui, et il n’a pas attendu le 11 septembre ni les récents attentats pour s’exprimer. Ce qui est nouveau en revanche, c’est l’importance, d’un côté de comme l’autre, du thème religieux. La laïcité et la défense de la République contre l’islam servent souvent de prétexte à un recyclage du bon vieux racisme anti-immigrés et anti-maghrébins en particulier. Du côté de ces derniers l’islam va souvent servir de marqueur identitaire, d’autant plus fort « qu’il » semble attaqué. Le racisme et la réaction identitaire vont ainsi s’alimenter mutuellement, enfermant chacun dans des identités figées et ne laissant debout, l’un face à l’autre, que la République de la matraque et la « religion des opprimés ».
Face au raidissement de la société française, oublieuse de son passé révolutionnaire et de plus en plus enfermée sur elle-même, face aux tentatives de fragmentation et de segmentation de la classe ouvrière, une partie de la gauche radicale en est venue à confondre la défense des musulmans contre le racisme d’État avec la défense de la religion en tant que telle. Au nom de l’adage selon lequel les ennemis (ou présumés tels) de mes ennemis sont mes amis se sont ainsi forgées d’improbables alliances entre religieux et libertaires, gauchistes et frères musulmans. Comme s’il suffisait de retourner le discours du pouvoir et de l’inverser, pour obtenir la vérité ! Comme si la religion avait jamais fait bon ménage avec la révolution ! Pris entre le marteau de la République et l’enclume de la religion, les présumés « musulmans d’apparence » (selon la formule d’un certain Sarkozy) se retrouvent coincés.
C’est en pensant à tous ceux et celles, athées, mécréants, libre-penseurs, qui se retrouvent ainsi privés de parole et d’existence sociale et politique, de tous ces « Musulmans » et « Musulmanes » présumés, ayant préféré la lutte des classes et la poursuite de la liberté à la quête des origines, et qui refusent de choisir entre la république de l’abjection et la religion de l’enfermement, que Nedjib Sidi Moussa a écrit La fabrique du musulman, qui éclaire d’une façon plus générale la manière dont le pouvoir instrumentalise les questions religieuses et identitaires afin de désamorcer toute perspective émancipatrice.


P.-S.
contact chez millebabords.org

Tél. 04 91 50 76 04
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede IAL_Grenoble » 07 Avr 2017, 14:04

Perpignan
VENDREDI 14 AVRIL - 18H30 - « La fabrique du musulman »
Essai sur la confessionnalisation et la racialisation de la question sociale

Conférence - Débat organisée par le Groupe Puig Antich de l’Organisation Anarchiste, vendredi 14 avril à 18H30 à la librairie « Infos ».

Nedjib Sidi Moussa, auteur de l’ouvrage éponyme, aux éditions Libertalia sera présent à Perpignan pour y présenter les thèses qu’il y développe et pour animer le débat qui ne manquera pas de suivre...
Nedjib est Docteur en science politique, Université Paris I (Panthéon-Sorbonne). Il est Chargé d’enseignement à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).

Groupe Anarchiste Puig Antich
Organisation Anarchiste
http://infosetanalyseslibertaires.org
_______________________________________________________

Le racisme anti-arabe ne date pas d’aujourd’hui. Il ne date pas du 11 septembre ni des récents attentats.Ce qui est nouveau en revanche, c’est l’importance, d’un côté de comme l’autre, du thème religieux.
La laïcité et la défense de la République contre l’islam servent souvent de prétexte à un recyclage du bon vieux racisme anti-immigrés et anti-maghrébins en particulier.
Du côté de ces derniers l’islam va souvent servir de marqueur identitaire, d’autant plus fort « qu’il » semble attaqué.
Le racisme et la réaction identitaire s’alimentent mutuellement et enferment chaque réalité dans des identités figées. Ne restent debout et ne face l’un de l’autre, que la République de la matraque et la« religion des opprimés ».
Face aux tentatives de fragmentation et de segmentation de la classe ouvrière, une partie de la gauche radicale en est venue à confondre la défense des musulmans contre le racisme d’État avec la défense de la religion en tant que telle.
Au nom de l’adage selon lequel les ennemis (ou présumés tels) de mes ennemis sont mes amis se sont ainsi forgées d’improbables alliances entre religieux et libertaires, gauchistes et frères musulmans.
Comme s’il suffisait de retourner le discours du pouvoir et de l’inverser, pour obtenir la vérité !
Comme si les religions avaient jamais fait bon ménage avec la révolution !
C’est en pensant à tous ceux et celles, athées, mécréants, libres-penseurs, qui se retrouvent ainsi privés de parole et d’existence sociale et politique, de tous ces « Musulmans » et « Musulmanes » présumés, ayant préféré la lutte des classes et la poursuite de la liberté à la quête des origines, et qui refusent de choisir entre la république de l’abjection et la religion de l’enfermement, que Nedjib Sidi Moussa a écrit La fabrique du musulman, qui éclaire d’une façon plus générale la manière dont le pouvoir instrumentalise les questions religieuses et identitaires afin de désamorcer toute perspective émancipatrice.
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede bipbip » 13 Avr 2017, 14:17

Samedi 15 avril 2017

Sous l'égide de l’Organisation anarchiste, présentation de La Fabrique du Musulman (Libertalia) par son auteur Nedjib Sidi Moussa, à 15 heures, à l’Athénée Albert-Camus, 36, rue de Cugnaux.
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede bipbip » 15 Avr 2017, 17:18

Féminisme décolonial et intersectionnalité

Des féministes universitaires s'interrogent sur les différentes formes d'oppression. Le regard occidental sur les peuples colonisés reflète souvent mépris et préjugés éloignés de perspectives d'émancipation.

La décolonisation devient un concept à la mode dans les sciences sociales et même dans les milieux militants. Les inégalités entre les pays riches et les pays pauvres perdurent. La mondialisation favorise de nouvelles formes de dominations impérialistes. Ensuite, des populations subalternes luttent contre l’oppression subie dans leur propre pays, comme les luttes indigènes en Amérique latine ou le racisme institutionnel et post-colonial en France. L’intersectionnalité prétend analyser les intersections entre la race, la classe, la sexualité et le genre.

Sabine Masson alimente cette mouvance universitaire à travers son livre Pour une critique féministe décoloniale. Elle s’appuie sur l’observation de terrain, notamment des luttes des femmes indigènes au Honduras et au Mexique. Elle reconnaît donc en partie que l’intersectionnalité s’apparente à un bavardage universitaire déconnecté des enjeux politiques réels. Sabine Masson entend s’appuyer sur des pratiques de lutte pour élaborer sa théorie.

... http://www.zones-subversives.com/2017/0 ... share_auto
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede Béatrice » 18 Mai 2017, 17:54

vendredi 19 mai 2017 à MARSEILLE

-19 h Mille Babords 61 rue Consolat 13001

Comment lutter (vraiment) contre le racisme ?
Débat avec Pierre Stambul de l’UJFP, et Nacer El Idrissi de l’ATMF Aix en Provence

Dans le cadre du cycle de débats : Comment lutter contre le racisme ? Mille Babords organisera un débat le 19 mai prochain autour de l’ouvrage collectif Une parole juive contre le racisme (Syllepse), avec la participation de Pierre Stambul, membre de l’UJFP (Union juive française pour la paix), et de Nacer El Idrissi, membre de l’ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France) Aix en Provence.

Une parole juive contre le racisme est une initiative de l’UJFP, Union juive française pour la paix, pour qui l’un des axes essentiels du combat antiraciste aujourd’hui est la lutte contre l’islamophobie.

Image

Voici, en guise de mise en train, un extrait tiré du préambule du livre :

Il s’adresse à un large public de jeunes, d’enseignants, d’éducateurs, de militants, qui souhaitent faire le point sur le racisme et entendre ce que des Juifs ont à dire sur la manière de le combattre avec tous […]
C’est du racisme dont nous voulons parler, pas seulement de sa variante antisémite.
Nous voulons montrer ici comment la lutte contre le racisme est indivisible. Toutes les attitudes et toutes les politiques de rejet, d’exclusion, de persécution et d’épuration ethnique sont à combattre.
Bien sûr, l’histoire de beaucoup d’entre nous, le souvenir des persécutions et du génocide juif nous incitent à une vigilance particulière, nous enjoignent de ne jamais être du côté des bourreaux, quels qu’ils soient.
Nous avons certes dans le cœur cette blessure liée à l’antisémitisme et à Auschwitz, comme une écharde purulente. Mais nous vivons maintenant et nous devons constater que les principales victimes du racisme ne sont plus les Juifs.
Il faut en parler aujourd’hui, dans l’après-Charlie, dans l’après-Bataclan, quand l’islamophobie se déchaîne, quand la négrophobie perdure, dans la crise des migrants dont on sait qu’elle n’est pas éphémère, quand les discours violents d’exclusion se répandent.
Proposer notre parole juive contre le racisme aujourd’hui, c’est prendre le parti de l’universel, contre tous les nationalismes ; celui de la fraternité, contre tous les replis sur soi ; celui de l’action solidaire en faveur des réfugiés, des musulmans, des Noirs, des Rroms, des peuples en lutte contre l’oppression…

Le débat est donc ouvert : à Mille Babords le VENDREDI 19 MAI, à 19H00.

P.-S.

contact chez millebabords.org

Tél. 04 91 50 76 04
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Re: Post-modernisme et luttes sociales

Messagede bipbip » 11 Juin 2017, 13:56

La gauche déchirée par le « racisme antiraciste »
Paru dans Le Monde du 9 juin 2017.

La gauche déchirée par le « racisme antiraciste »

L’usage militant de notions comme « la race » ou l’« islamophobie » suscite un malaise croissant dans le mouvement social.

De mémoire anarchiste, ce fut une soirée plus agitée que les autres. Le 28 octobre, à Marseille, la librairie Mille Bâbords fut le théâtre d’une bagarre inédite. Un débat organisé sur le thème « S’opposer au racialisme » fut interrompu, non par les habituels « nervis fascistes » mais par… d’autres libertaires !
Après avoir provoqué un tohu-bohu dans le local, une trentaine d’activistes se présentant comme des « personnes racisées » diffusèrent un tract qui mettait en garde les « anti-racialisateurs » et autres « petits gauchistes blancs de classe moyenne » : « Nous saboterons toutes vos initiatives », prévenaient les auteurs dudit tract, qui venaient déjà de joindre la pratique à la théorie, puisque les tables avaient été retournées, les livres éparpillés, des boules puantes lancées et une vitrine brisée…
Encore sonnés par les gifles qu’ils venaient de recevoir, des militants protestaient : parce que nous refusons de parler de race, voilà qu’on nous traite de racistes ! À l’initiative de cette réunion se trouvaient en effet des libertaires inquiets de voir nombre de leurs camarades substituer la question raciale à la question sociale.
Intitulé « Jusqu’ici tout va bien », le texte censé nourrir la discussion disait ceci :
« Ironiquement, aujourd’hui, refuser les termes de “race” ou d’“islamophobie” expose à l’infamante accusation de racisme, visant à étouffer ainsi toute possibilité de débats, de critiques et de refus. Certains anarchistes en sont rendus à proscrire le slogan “Ni dieu ni maître” sous prétexte d’islamophobie et certains marxistes pensent que pour être antiraciste, il est urgent d’ajouter la race à la classe. »

Malaise
Apparemment anecdotique, cet épisode n’en révèle pas moins le malaise que suscite, dans une partie de plus en plus large de la gauche, non seulement l’utilisation de notions comme celles de « races » ou d’« islamophobie », mais aussi des initiatives visant à promouvoir une « non-mixité racisée », à l’instar du festival afroféministe Nyansapo, qui se déroulera à Paris fin juillet (voir Le Monde du 31 mai), ou du « camp d’été décolonial » tenu à Reims en 2016.
Dans la galaxie des gauches contestataires, ce n’est pas au nom de la République d’Élisabeth Badinter ou de la laïcité façon Manuel Valls que l’on récuse « l’idéologie racialisatrice » : c’est au nom de l’universalisme dont sont porteuses les luttes sociales. Il s’agit d’affirmer que le combat contre le racisme et les discriminations nécessite un front uni des opprimés, front que la grille de lecture « postcoloniale » menacerait de faire imploser.
Dès 2005, réagissant à « L’Appel des indigènes de la République », le philosophe Daniel Bensaïd, qui avait été de tous les combats depuis les années 1960, et qui reconnaissait la pertinence de la non-mixité sexuelle dans le mouvement féministe, soulignait les ambiguïtés d’une telle pratique sur le terrain ethnique. Il craignait une « autonomie identitaire de repli et de fermeture » qui introduirait parmi les opprimés « une forme pernicieuse de droit du sang », voire cette forme d’intolérance que Frantz Fanon nommait le « racisme antiraciste ».
Dans ses Fragments mécréants (Lignes, 2005), Bensaïd pointait « les confusions charriées par la notion non clarifiée de postcolonialisme », dont les usages militants ne sont pas toujours à la hauteur de leur théorisation académique. « Tout se mêle et se confond dans une dénonciation brouillonne, au risque d’ajouter la division à la division, et de faire tourner à plein régime la stérile machine à culpabiliser. On aura beau user ses semelles à marcher contre la guerre, pour les droits des sans-papiers, contre toutes les discriminations, on sera toujours suspect de garder quelque part en soi un colonisateur qui sommeille. »

Imaginaire marxiste
Une bonne décennie plus tard, cette crainte s’est intensifiée, y compris chez des militants qui avaient pu adhérer aux thèses postcoloniales et qui voyaient plutôt d’un bon œil, jusqu’alors, les pratiques ponctuelles de non-mixité militante, ou la réappropriation politique du concept de « race ». Il faut dire que le rapport de force a lui aussi évolué. À l’époque de « L’Appel des indigènes », beaucoup, à gauche, reconnaissaient la nécessité de rompre avec un vieil imaginaire marxiste qui faisait de la lutte des classes l’enjeu central, la « contradiction principale » par rapport à laquelle d’autres enjeux (sexuels, raciaux ou religieux) devaient demeurer secondaires.
Aujourd’hui, nombre d’entre eux ont le sentiment que le bâton a été tordu dans l’autre sens, au point que toutes les luttes deviendraient secondaires par rapport à celles d’un « indigène » auquel les autres victimes de l’oppression auraient obligation de se rallier.
« Les Indigènes de la République appellent légitimement les autres forces émancipatrices à se décoloniser, c’est-à-dire à se débarrasser d’adhérences coloniales le plus souvent non conscientes. Mais ils refusent, en sens inverse, que ces forces émancipatrices les appellent à se défaire des préjugés et des pratiques inspirées par d’autres modes de domination : que le mouvement ouvrier les invite à se désembourgeoiser, que le mouvement féministe les invite à se démachiser, que le mouvement homosexuel les invite à se déshomophobiser… », note ainsi le sociologue Philippe Corcuff, aujourd’hui membre de la Fédération anarchiste, dans un texte paru en 2015 sur le site libertaire Grand Angle.
De cette inversion du rapport de force, certains trouvent une illustration dans la visibilité du Parti des indigènes de la République et de sa porte-parole, Houria Bouteldja, eu égard à la faiblesse militante de ce mouvement et à sa modeste implantation dans les quartiers populaires. Si ce parti marginal pèse autant, disent ses détracteurs de la gauche radicale, c’est qu’il peut compter sur l’appui exalté de quelques universitaires blancs, qui sont à l’« indigène racisé » ce que les « intellectuels petits-bourgeois » étaient jadis à l’ouvrier communiste : des compagnons de route qui barbotent dans les eaux enivrantes de la mauvaise conscience.

« Tétanie »
« Par le biais d’un chantage moral à la culpabilité blanche et collective, la non-mixité racisée est imposée comme une évidence dans le débat public, tonnent les auteurs d’un livre intitulé La Race comme si vous y étiez ! (2016, disponible sur Internet, 3 €). Alors que ces positions essentialistes issues de cénacles universitaires ne se donnent même pas la peine d’avancer masquées, une tétanie semble s’être emparée des milieux contestataires, et c’est un tapis rouge qui finit par être déroulé devant les tenants de la guerre de tous contre tous. Face à la publication d’un pamphlet ouvertement raciste comme Les Blancs, les Juifs et nous [Houria Bouteldja, éditions La Fabrique], les réactions sont d’une rareté et d’une timidité étonnantes. »
L’outrance volontariste, parfois menaçante, du livre d’Houria Bouteldja, paru en mars 2016, semble bel et bien avoir constitué la provocation de trop pour maintes figures des gauches.
Avec un tel programme, notait le directeur du Monde diplomatique, Serge Halimi, en août 2016, « toutes les balises historiques du combat multiséculaire pour l’émancipation humaine (le rationalisme, le syndicalisme, le socialisme, le féminisme, l’internationalisme…) seront balayées par les torrents essentialistes et religieux ».
Quant aux militants de Lutte ouvrière, ils faisaient valoir que les thèses de Bouteldja constituaient « la négation des idées communistes » : « Ce livre abject défend les idées les plus réactionnaires, à commencer par un antisémitisme nauséeux […], une homophobie assumée, une exaltation de “la redoutable et insolente virilité islamique” (sic) et une prise de position contre le féminisme, dénoncé comme une exportation blanche », peut-on lire dans le mensuel Lutte de classe de février 2017.

« Traître à sa race »
Même exaspération du côté des éditions Libertalia, dont le catalogue compte pourtant des auteurs peu suspects d’hostilité à l’égard des thèses « indigènes ». « Quand ce livre est paru, on s’est dit : “Ce n’est plus possible, on ne peut pas laisser la jeune génération ‘cortège de tête’, celle qui est née à la politique dans les manifs contre la loi travail, basculer là-dedans” », confie Nicolas Norrito, coanimateur de Libertalia.
Quelques mois plus tard, la petite maison libertaire publie un essai en forme de riposte, La Fabrique du musulman (160 p., 8 €). Nedjib Sidi Moussa, docteur en sciences politiques de 34 ans, y fustige « une gauche cléricale à tendance racialiste » qui mine de l’intérieur les combats pour l’émancipation et prospère sur les défaites du mouvement social.
Analysant textes et prises de position, Nedjib Sidi Moussa s’étonne notamment que des militants anarchistes puissent reprendre tel quel un mot d’ordre comme celui de la « lutte contre l’islamophobie », alors qu’il sert d’étendard à des islamistes en France et, sur la scène internationale, à des États aussi puissants que réactionnaires. Dans un contexte où les organisations du mouvement ouvrier sont en perte de vitesse, il est inquiétant de constater que « des libertaires en viennent à tenir un langage qui s’accorde avec celui de l’Organisation de la coopération islamique », avance le chercheur.
Issu d’une famille naguère engagée dans le combat pour l’indépendance de l’Algérie, Nedjib Sidi Moussa confie être coincé « entre le marteau de la confessionnalisation et l’enclume de la racialisation ». Bien sûr, le simple fait de dire ce qu’il dit en portant le nom qu’il porte lui vaut déjà le soupçon d’être un « traître à sa race », comme on parlait jadis de « trahison de classe ». Mais cela lui permet d’exhiber l’un des aspects qui suscitent le plus sa révolte dans le discours ethno-différencialiste d’une partie des gauches : à force de rabattre toute espérance universaliste sur une stratégie de domination blanche, ce discours cloue les individus au mur des appartenances identitaires et leur barre l’accès aux chemins de l’émancipation.

Jean Birnbaum


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