Autogestion : théories, pratiques et critiques

Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 02 Fév 2017, 20:49

Lyon vendredi 3 février 2017

Séminaire "Espaces Critiques" (RGL) : Auto-construire la résilience après la catastrophe : l’expérience d’un écovillage en Italie

Le Réseau de Géographes Libertaires (RGL) de Lyon vous invite à une séance du séminaire "Espaces Critiques" animée par Isabella Tomassi (Doctorante en Géographie et Urbanisme à l’Université Lyon 2) et intitulée : "Auto-construire la résilience après la catastrophe : l’expérience de l’ecovillage E.V.A. à Pescomaggiore (Italie)". Elle aura lieu le 3 février 2017, au 18 rue Chevreul (Lyon 7e), de 10h à 12h dans la salle 604.

Contexte

Dans le contexte de crise globale à la fois économique et sociale, suite à l’énième vague d’émigration au départ des zones internes de l’Italie, un tremblement de terre frappe la ville de L’Aquila, chef-lieu de la Région des Abruzzes, la nuit du 6 Avril 2009. Le bilan de cette catastrophe est de 309 morts, 1.500 blessés dont 800 graves pour une population de 70.000 résidents et de 27.000 étudiants, sur une des communes les plus vastes d’Italie, avec ses 49 villages. 90% du patrimoine publique (écoles, mairie, bureaux, ...) fut détruit et environ 50% du patrimoine privé : environs 60.000 buildings dont 18.000 jugés sérieusement endommagés en grande partie classé (du fait de l’origine pré-romaine de la ville).
Le gouvernement italien déclare le centre historique « zone interdite » - une zone rouge c’est, donc, à partir de la fin d’avril 2009 que 67.500 personnes ont besoin de nourriture et d’aide médicale (ICPD, 2009). La première étape a été d’abriter 22.000 rescapés dans 169 campements et 21.000 dans des résidences et hôtels touristiques sur la côte Adriatique. Ensuite, entre septembre 2009 et février 2010, le gouvernement italien a développé deux différentes stratégies pour reloger la population. D’abord, des préfabriqués temporaires (M.AP. – moduli abitativi provvisori), qui ont la caractéristique de s’insérer dans le tissu urbain endommagé ; le deuxième concerne la construction de complexes d’habitat, dit « new towns » antisismiques, soutenables, éco-compatibles en référence au projet C.A.S.E. (Complessi Anti-Sismici Eco-compatibili). Environs 15.000 habitants ont été placés dans 19 sites du projet C.A.S.E. qui est constitué de 184 bâtiments et 5.736 appartements éparpillés dans les environs de L’Aquila. Puis, 8.500 personnes ont été hébergées dans des logements temporaires dans 54 localités, dont 26 appartenant à la municipalité de L’Aquila. L’ainsi dit "cratère sismique", malheureuse expression journalistique, s’étend au totale sur 57 Communes et a une surface d’un rayon de 100 km.

Autoritarisme – participation- autogestion

Durant la période entre avril 2009 et février 2010, la Protection Civile prend les rênes en main, sans informer aucunement les habitants de son mode opératoire, de manière très autoritaire : état d’urgence, et donc suspension, « pour l’efficacité des opérations », des procédures démocratiques normales et des lois et règlements en matière de protection de l’environnement. A partir de là, deux constats : d’un côté, une après-crise gérée de manière managériale, technocratique, faite de déplacements forcés de population, de zones rouges permanentes (interdites d’accès), de récupération de terres et de contrats juteux pour les promoteurs et constructeurs immobiliers, et enfin construction de « nouvelles villes » isolées, abandonnées des services publics et complètement déconnectées de l’ancienne ville, soit autant de pratiques mises en œuvre par les autorités étatiques italiennes qui se marient parfaitement avec les principes de la thérapie de choc. D’un autre côté, en opposition totale, ce que les habitants réclamaient : transparence, participation et reconstruction.

L’Assemblée citoyenne de L’Aquila apparaît comme instance de résistance, de coopération et de (re)construction de tous les habitants et mouvements de base : immédiatement après le tremblement de terre, les citoyens de L’Aquila ont éprouvé un profond besoin de participation à la vie civique, reconnaissant le caractère crucial de toute décision prise. L’absence totale de tout mécanisme de participation dans le fonctionnement politique, et en particulier dans les actions de la Protection Civile les a forcés à trouver une alternative, basée sur l’autogouvernement et la démocratie directe. Pour la première fois, le 21 février 2010, la population viola l’interdiction d’entrer dans la ville, dans la zone rouge ; le 28 février, 5000 personnes formant une chaîne humaine réussirent à pousser la police et à réinvestir, très solennellement, le centre-ville. De telles opérations eurent lieu tous les dimanches, afin d’attirer l’attention des médias et des institutions locales.
Dans l’entre-deux de cette situation chaotique et dans une zone reculée, oubliée pendant 40 jours par les secours, naît l’éco village EVA (Ève) pour Éco Village Auto-construit. Ici se met en place des technologies alternatives (panneaux solaires, phyto-purification etc.) construites à différents endroits, en refaisant appel à la tradition des maisons construites « arraiutasse » (en s’aidant les uns les autres). Les acteurs principaux sont du village, du voisinage et surtout de jeunes précaires de la ville ; ils reçoivent un très fort soutien d’un incroyable réseau de centaines de supporters et volontaires d’Italie et d’ailleurs.
Un des buts principaux est de défendre les biens communs (les Commons) et l’objectif principal est d’arriver à l’ALMA (L’âme – acronyme de « Vivre – Travailler – Mémoire et Environnement ») : une approche particulière de tous les aspects de la vie humaine, d’un point de vue éco-soutenable, prenant soin du concept de communauté. L’étincelle qui a permis cette initiative fut l’opposition des habitants à un projet de décharge qui augmentait la pollution de l’air et détruisaient le paysage.
Pescomaggiore est un village rural typique de la région de L’Aquila, l’Abruzzo, qui s’était complètement dépeuplé à partir des années 50 et qui ne comptait plus qu’une cinquantaine d’habitants. En 2007, ses habitants, plein d’énergie, créent le Comité pour la renaissance de Pescomaggiore, formé des résidents, expatriés, et propriétaires du village, dans le but d’améliorer la qualité de vie, de réintroduire dans le centre du village des campagnes d’information permettant les processus participatifs, d’impulser des projets dans le domaine de l’agriculture, du tourisme et de l’art de la convivialité. Les objectifs sont d’abord ceux inscrits dans l’idée de l’ALMA et sont une réponse à l’aggravation des conditions matérielles et à la pénurie. L’important est le territoire local avec sa biodiversité et ses ressources, l’alliance et l’équilibre entre savoir-faire traditionnels et technologies…
La renaissance des vergers et des graines locales, les projets de paysages comestibles, une série de laboratoires artisanaux et la promotion de nouvelles formes de tourisme vert constituent des pans importants de cette nouvelle politique. La volonté de réappropriation des « communaux » /biens communs – pilier fondateur de la communauté (le Comité a ainsi reconstruit un grand four commun pour le pain) – et très importante dans la démarche. L’exemple/expérience de Pescomaggiore que ses habitants ont refusé d’abandonner, en dépit des injonctions de l’État, et qu’ils ont transformé en éco-village basé sur une économie morale (co-construction de logements, énergies vertes, permaculture, encouragement de l’artisanat et d’un tourisme différent, rejet d’un projet de décharge), sur la solidarité et sur la prise de décision collective démocratique (grâce également au moyen de l’assemblée) décris très bien ce qu’une société de l’après-rareté (« post-scarcity », en référence aux écrits de Murray Bookchin, – « sociétés d’abondance » dirait Pierre Rabhi, « de convivialité » dirait Ivan Illich), de zones autonomes provisoires, où un pouvoir réel sur l’existence sort des marges et s’affiche sur l’espace publique.

J’aborderais cette catastrophe comme « occasion » pour l’ouverture d’espaces de circulation de discours publics autour de bien communs (commons), ainsi qu’à de nouvelles formes de re-subjectivisation de formes politiques de coexistence (participation, autogestion). Je me réfère à l’insolite processus de production, duplication et désarticulation de “communauté” et de “pratiques” ou de « communauté de pratique » (CdP) qui pénètre le scénario de la post-urgence en toutes ses ramifications locales et globales. Le projet E.V.A. (éco-village auto-construit) de Pescomaggiore (AQ), dont j’ai été une des promotrices, animatrices et constructrices, était à l’époque une organisation de bénéficiaires impliqués dans un laboratoire sociale et politique, finalisé à la construction de nouvelles unités résidentielles en paille après la catastrophe. La paille nous a permis de nous abriter à des coûts dérisoires et a activé une dynamique au sein du projet, un cercle vertueux lié à l’agriculture et en particulier à la production de variétés de blé autochtones, presque disparues.
Tout ceci nous ramène à des notions telles que l’autogestion, l’aide mutuelle, le DIY (do it yourself) sans lesquelles la survie dans ces conditions géographiques et sociales serait impossible. Mais, plus encore, elles rendent vivantes les potentialités de résilience dans les situations d’urgence future (et actuelle), devenant une base pour commencer à comprendre le caractère fondamental, dans tout processus vers l’après-rareté, de l’existence d’un réseau social qui soit profondément enraciné et actif sur le territoire et l’importance de l’assemblée comme lieu pour construire du tissu social et de l’autogouvernement.

https://rebellyon.info/Seminaire-Espace ... Auto-17430
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 03 Fév 2017, 23:00

Fuori Mercato ! Dehors le marché ! Récit depuis l’Italie

Le réseau italien « Hors Marché !» ou « Dehors le marché ! » est un circuit de production et de distribution implanté aux 4 coins de l’Italie, dans des campagnes comme dans beaucoup de grandes villes (Milan, Rome, Turin, Bologne, Naples, Salerme, Palerme…) grâce à des liens tissés entre des collectifs milants et l’implication de centres sociaux. Il rassemble aussi bien une usine démantelée et réappropriée par les salariés en Lombardie (RiMaflow), qu’une terre occupée en Toscane (Genuino Clandestino), ou encore de petits producteurs et collectifs de migrants en Calabre (SOS Rosarno), des projets de mutuelles et de coopératives entre étudiants, paysans et personnes migrantes dans les Pouilles.

Ce réseau national s’est donc constitué à partir de réalités concrètes et la mise en œuvre d’une activité économique commune soutenable aussi bien du point de vue écologique que social. Il se donne pour objectif de satisfaire les besoins fondamentaux individuels et collectifs, mis à mal par les politiques libérales, pas seulement du point de vue de la santé et de l’environnement mais aussi en respectant les droits de celles et ceux qui travaillent. De la production à la distribution, il promeut une logique autogestionnaire alternative à la grande distribution organisée et a pour objectif de créer des emplois décents. Il assure à ses participants de produire sans patron, sans polluer la terre et sans nuire à la santé. Il a la préoccupation de développer la biodiversité agricole dans les territoires, contre des terres de monoculture. La coopérative « Mani e Terra » implantée en Calabre, une région dominée par la production d’agrumes, a créé une filière du pain et la production de farines locales… Anticapitaliste, ce réseau n’entend pas représenter un marché alternatif mais « une alternative au marché ».

... http://www.lilas.org/textes/alternative ... iveOldPost
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede Pïérô » 14 Fév 2017, 03:25

Je résiste et je soigne

Athènes / 15-01-2017 /

A environ 30 minutes du centre d’Athènes se trouve le dispensaire social d’Elliniko. Créé en décembre 2011 sous l’impulsion du Docteur Vichas avec des membres du personnel soignant révoltés de la situation sanitaire en Grèce, le dispensaire organise près de deux cents bénévoles dont une centaine de médecins qui s’y relaient pour offrir des soins et des médicaments à ceux qui n’ont plus les moyens de se rendre dans les hôpitaux publics. Le dispensaire reçoit quotidiennement des dons qui lui permet de fonctionner. Ce jour-là, une délégation belge de syndicalistes leur amène des médicaments qui seront triés et ensuite répartis dans les différents dispensaires qui organisent une médecine gratuite et accessible à tous.

Avec la crise et les plans d’austérité imposés par la Troïka (FMI, UE, BCE), les coupes budgétaires ont concerné tous les secteurs et la santé n’a bien évidemment pas été épargnée. Aujourd’hui, les chômeurs de longue durée, après un an sans emploi, perdent leur couverture sociale ! Près de 40% des Grecs n’auraient donc plus d’assurance maladie… Les conséquences sont la réapparition de pathologies qui avaient quasiment disparu, la hausse des suicides, des malades chroniques qui ne sont plus soignées par manque de traitements, des cancers qui ne sont plus soignés ou dont le traitement doit être raccourci, la flambée du VIH, …

Karim Brikci-Nigassa / Krasnyi Collective

Photos : http://www.krasnyicollective.com/NEWS/j ... je-soigne/
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede Béatrice » 20 Fév 2017, 19:37

L’autogestion en débat

jeudi 23 février à AUBAGNE (13)

-18h30 MJC L'Escale 170, chemin Saint-Michel

L’autogestion est au cœur de la rencontre-débat organisée le 23 février à la MJC par l’association « Oli Mazi » dont le nom signifie littéralement « Tous Ensemble ». Ce collectif citoyen Aubagnais qui a fait de la solidarité entre les peuples européens son cheval de bataille est allé en Grèce à plusieurs reprises puis en Crète et en Espagne apporter son soutien à des organisations qui tentent ici et là des expériences d’autogestion en contrepoids aux politiques d’austérité imposées par une Europe libérale. Qualifiée d’utopique et de caduque par les économistes orthodoxes libéraux dont la pensée est très largement relayée dans les médias, l’autogestion est pour ses défenseurs une réponse possible à la crise de l’emploi et un processus qui s’appuie sur l’aptitude des êtres humains à s’organiser collectivement. Les salariés de l’usine Fralib à Gémenos, aujourd’hui Scop-Ti, ont fait la démonstration qu’une telle alternative est possible. Après cinq années d’un bras de fer interminable contre la multinationale Univeler, les salariés sont parvenus à conserver leur outil de travail et aujourd’hui ce sont qui gèrent eux-mêmes leur entreprise menacée hier de fermeture. Henri Soler est l’un de ces irréductibles. Ce conseiller prud’homal CGT a pris une part active dans le combat contre Unilever. Il sera le 23 février aux côtés de deux autres invités Mathieu Bosque (contrôleur aérien ) et la philosophe et universitaire belge Annick Stevens qui était l’année dernière invitée par l’Université populaire du pays d’Aubagne à animer une rencontre autour du thème de l’autonomie sociale et individuelle d’après le philosophe, économiste et psychanalyste grec Cornelius Castoriadis (1922-1997). Castoriadis consacra une grande part de sa réflexion à la notion d’autonomie qu’il défendit en élaborant un projet de société visant l’autonomie individuelle et collective.

Cette rencontre-débat se tiendra à la MJC d'Aubagne le jeudi 23 février et débutera à 18h30. Entrée libre.

Contact Oli Mazi : oli.mazi.aubagne@gmail.com


https://www.facebook.com/events/157647111398285/
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 03 Mar 2017, 23:38

Montpellier jeudi 09 mars 2017

"Ambiance Bois, le travail autrement" Autogestion ! Une expérience de 30 ans : le témoignage d’ "Ambiance Bois"

La voie vers l’autogestion n’est pas un long fleuve tranquille : projection, apéro, débat avec un coopérateur à "Ambiance bois" (Société Anonyme à Participation Ouvrière). Jeudi 09 mars 2017, dès 19h30 au Centre Ascaso Durruti, 6 rue Henri René - quartier Gare, Montpellier.

Autogestion ! Une expérience de 30 ans : le témoignage d’"Ambiance Bois"
Projection-débat du film de Sophie Bensadoun (2014)



"La voie vers l’autogestion n’est pas un long fleuve tranquille. Les nombreux écueils ou bancs de sable s’appellent « prises de décision », « pouvoirs », « relations à l’économie réelle », « compétitions entre services de l’entreprise », « différences salariales », « ancienneté », « croissance », « grande-gueulisme ».

Il existe pourtant un archipel d’expériences qui savent durer et évoluer sans pour autant se renier. Mais comment faire pour y parvenir ?

« Ambiance bois », petite SAPO (Société Anonyme à Participation Ouvrière) du Limousin valorisant les bois du plateau de Millevaches, fait partie de cet archipel depuis presque 30 ans. Son alchimie : salaire unique, rotation des tâches, temps partiel, développement local, ... Un film et un coopérateur viennent à vous pour témoigner, et inviter à l’essaimage car rien ne sert de grossir !"

19h30 : mise en bouche avec un "Fallait pas"
20h30 : projection du film "Ambiance Bois, le travail autrement" de Sophie Bensadoun (2014)
21 h 30 : débat avec Rémy Cholat, coopérateur à "Ambiance bois"

Jeudi 09 mars 2017, dès 19h30 au Centre Ascaso Durruti, 6 rue Henri René - quartier Gare, Montpellier.

http://lepressoir-info.org/spip.php?article759
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 09 Mar 2017, 16:42

Arcueil (94) samedi 11 mars 2017

Rencontres atypiques à Arcueil
« L'autogestion, le collectif, Tout un art ! »

de 13h30 à 23h, Espace Jean Vilar, 1, rue Paul Signac, Arcueil (94)
Entrée libre

Cette année nous souhaitons réfléchir à la question de l'expression de la liberté à travers des pratiques autogestionnaires et participatives dans les espaces collectifs (écoles alternatives lieux de vie, lieux de soins, espaces autogérés…). Il s'agit de donner la parole aux personnes qui les vivent et les font vivre au quotidien.

Alors qu'il existe des expériences qui fonctionnent dans le registre de la pédagogie (entre autre, mais pas que...) et qui donnent la possibilité aux personnes d'être acteur de leur développement et de leur épanouissement, nous pouvons nous interroger sur les raisons qui font qu'elles ne se sont pas aujourd'hui davantage développées et ne sont pas plus représentées et reconnues. Car finalement, tous ces lieux restent minoritaires, même s'ils sont source d'inspiration. Néanmoins de nombreuses expériences dans le cadre collectif, associatif ou institutionnel font le choix de faire des pas de côté pour faire fonctionner des lieux et des espaces collectifs de façon autogérée et/ou participative.

Programme

14h : Projection de « A la Neuville »
un film de Fabienne d'Ortoli et de Michel Amram
Fondée en 1973 et située en France, en Seine-et-Marne, l'école de La Neuville a développé son projet en collaboration avec Françoise Dolto et Fernand Oury. Internat de semaine accueillant une quarantaine d'enfants âgés de 6 à 16 ans encadrés par une dizaine d'adultes, ses pratiques s'inspirent de la pédagogie institutionnelle.
L'école devient ainsi un lieu de solidarité et d'échanges, permettant aux enfants (et aux adultes) de s'approprier un langage, une culture, un style de vie qui soient les leurs, qu'ils puissent revendiquer et transmettre comme tels.
À La Neuville suit une année de la vie de ce petit univers scolaire. De la rentrée aux réunions de démocratie interne, des tâches quotidiennes (vaisselle, repas, rangements...) au voyage scolaire, des cours participatifs à l'adaptation d'une pièce de Shakespeare, c'est surtout l'éveil de jeunes citoyens qu'on voit se construire au fil des mois.

16h30 : ''Les Portraits de La Petite Fabrique de théâtre d'Anis Gras''
Atelier de théâtre intergénérationnel mis en scène par Eric Da Silva accompagné par Fanny Sabuco
À partir d'entretiens individuels et partant de la question de la présentation de soi, l'auteur Eric Da Silva a composé des portraits qui traitent du conflit entre l'identité, le langage et la société. À travers ces monologues singuliers, chaque participant fait acte de parole et s'adresse à vous.

18h : Débat avec celles et ceux qui font vivre ou vivent l'autogestion au quotidien.
Animation radiophonique par la Radio Sans nom du CATTP d'Asnières avec le soutien de la « Colifata France ». (LAP, Ecole nouvelle d'Antony, CSA de Montreuil, lieux associatifs arcueillais...)

19h30 : Repas en musique grecque
avec PAUL & DAFNE, « chants grecs d'Anatolie, des marginaux et des opprimés »

20h30 : Conférence gesticulée
« Des êtres ordinaires...Norme - Handicap : émoi, et moi, et toi dans ça ? »
Malou fait sa conférence gesticulante … et propose un spectacle d'interpellation publique, d'analyse et d'échanges sur le handicap. Travailleuse sociale, elle aspire à partager son regard à travers différentes paires de lunettes, pour raconter l'évolution, l'actualité et le quotidien de personnes en situation de handicap. Sa conférence gesticulée se veut être un outil d'éducation populaire, de ce fait, elle engage un processus de réflexion - de débat - et de moyens de mise en oeuvre collectifs.

Exposition photo
de Pierre-Emmanuel Weck

Dessin, jeux et livres pour les enfants

http://paris-luttes.info/rencontres-aty ... eil-l-7660
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede Pïérô » 16 Mar 2017, 09:34

Coopératives : alternative au capitalisme ? Ciné-débat à Vannes vendredi 17 mars 2017

Image

Coopératives : alternative au capitalisme ?

Une coopérative est une entreprise formée par des personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs. Sa propriété est collective et le pouvoir exercé démocratiquement, selon le principe « un individu = une voix ».

Dans l'entreprise capitaliste, le pouvoir revient aux plus gros détenteurs de capital. Les salarié-es sont alors dans un lien de subordination à travers leur contrat de travail. La coopérative de travail vise à l'affranchissement des travailleuses et travailleurs de ce joug.

Depuis son origine, le concept de coopératives vise à se substituer progressivement à l'économie capitaliste qui broie les travailleurs-euses, arnaque les consommateurs-trices et détruit l'environnement. Les coopératives peuvent se fédérer, sans s'enchaîner à un État centralisateur et bureaucratique.

Le patronat n'apprécie guère cette gestion directe de l'entreprise par les salarié-es. La réalité des coopératives aujourd'hui est pourtant contrastée. Bien que nombre d'entre elles s'insèrent dans cette volonté émancipatrice, d'autres reproduisent les schémas capitalistes classiques. Si les dirigeant-es y sont toujours élu-es, les inégalités de revenus peuvent être encore trop marquées, la hiérarchie trop pesante et la finalité de la production peut être discutable.

À partir de l'exemple de Mondragon Corporation, plus grand groupe coopératif au monde, basé dans le Pays Basque, nous verrons si cette forme de société, plus ou moins autogestionnaire, peut constituer une alternative au capitalisme et un projet d'émancipation sociale et individuelle.

Projection du documentaire "Les Fagor et les Brandt"
en présence de la réalisatrice Anne Argouse.
Vendredi 17 mars. 20H30 à la maison des associations
31 rue Guillaume Le Bartz à VANNES.

Une soirée ciném'anar du groupe libertaire René Lochu
Entrée libre. Infos : groupe.lochu(a)riseup.net

http://anars56.over-blog.org/2017/03/co ... n=politics
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede Pïérô » 28 Mar 2017, 08:00

Rojava et Chiapas, deux lueurs d’émancipation dans un monde halluciné

Dans le cadre de la Semaine anticoloniale et antiraciste, s’est tenu à Paris, le 11 mars 2017, un débat sur les expériences comparées des zapatistes et des Kurdes à l’initiative du collectif « Sortir du colonialisme ». Le texte ci-dessous n’en est pas le compte rendu mais la mise en forme des notes préparatoires de l’auteur qui s’est aidé des travaux sur le Chiapas d’un autre intervenant, Jérôme Baschet.

De cette comparaison, il ressort que si les zapatistes du Chiapas se sont résolument inscrits dans un projet de démocratie directe, au Rojava, le processus est plus compliqué. Semble se dessiner un type de démocratie participative au risque de contrarier l’ambition de construire une société sans État.


L’autonomie, au sens révolutionnaire, est la volonté et la capacité d’une communauté de s’organiser et de s’autogouverner sur un territoire restreint, la commune, qui, fédérée à d’autres communes, forme la commune des communes. Cette idée, ancienne, de supprimer la séparation entre gouvernants et gouvernés, de s’éloigner de tout pouvoir autoritaire étatique, patriarcal ou autre, traverse l’épopée zapatiste comme la dynamique kurde.

Les Indiens du Mexique comme les Kurdes de Turquie et de Syrie ont conscience qu’ils ne luttent pas seulement pour leur émancipation, mais pour celle de tous les peuples de l’humanité. Aussi, ne nous demandent-ils pas de sanctifier leurs actions et réalisations, mais de profiter de leur expérience pour construire notre propre autonomie à partir de notre histoire et du contexte dans lequel nous vivons.

Aperçu géopolitique

Avant que l’autonomie ne devienne la finalité politique, c’est une lutte de libération nationale qu’entreprirent les deux peuples pour sortir de leur statut colonial. Ils la commencèrent sous la bannière du marxisme-léninisme. Sous l’impulsion de leurs leaders, le sous-commandant Marcos et Abdullah Öcalan, qui ne faisaient qu’exprimer un questionnement profond, se révélèrent l’impasse de la construction d’un État-nation comme la dangerosité du marxisme-léninisme pour édifier une société émancipée. En Amérique centrale et en Mésopotamie se mirent en route, à l’orée du siècle, deux mouvements d’émancipation par le communalisme, sur un territoire a peu près égal à celui de la Belgique, mais avec une population plus importante au Rojava (4 millions d’habitants) qu’au Chiapas (quelques centaines de milliers),

Dans les deux cas l’environnement est hostile.
Au Chiapas, la guerre fut courte. La résistance perdure néanmoins pour se prémunir des provocations, menaces et interventions du gouvernement national ou régional et des capitalistes. Aussi, de la confrontation avec des organisations paysannes rivales.
Au Rojava, la guerre est totale. Contre les djihadistes, le régime de Bachar al-Assad, les opposants à ce régime et pour finir les envahisseurs turcs. Également contre une opposition interne soutenue par le Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, allié des Turcs.

L’un et l’autre sont pauvres. Encore le Rojava a-t-il des ressources pétrolières et agricoles potentielles dont l’exploitation locale a été rendue difficile par le colonisateur syrien. Par contre, les deux territoires ont une sociologie différente.
Le Chiapas présente une identité ethnique, les Indiens, et religieuses, la chrétienté.
Le Rojava est une mosaïque de peuples (Kurdes, Arabes, Chaldéens, Syriaques, Turkmènes, Arméniens, Caucasiens) et de religions (musulmans et chrétiens de diverses obédiences). Le premier acte des révolutionnaires kurdes sera de proclamer l’égalité de tous les peuples et de toutes les religions en précisant, pour ces dernières, qu’elles appartiennent au domaine privé.

Institutions de l’autonomie

Le Chiapas ne se revendique pas d’une idéologie déterminée, il construit son système politique en avançant sur le chemin de l’autonomie.
Le Rojava, lui, se réfère directement au confédéralisme démocratique pensé par Abdullah Öcalan, lui-même inspiré par le municipalisme libertaire du philosophe américain Murray Bookchin, père de l’écologie sociale.

L’autonomie a-t-elle besoin d’une constitution, de lois ? C’est toute la question du droit en anarchie qui conduit à rechercher des normes non-étatiques de gouvernement, c’est-à-dire des normes d’autogouvernement et pour mieux dire encore, d’autogestion politique et économique.

Si l’organisation de la société civile fondée sur la commune présente la même structuration au Chiapas et au Rojava, dans ce derniers pays subsiste un proto-État. Le Chiapas est divisé en cinq zones autonomes et 27 communes, le Rojava en trois cantons autonomes et une vingtaine de municipalités dont 12 au Jazira (Cizîrê), le plus grand des cantons.

Au Chiapas, à la base, est la communauté (ou village) organisée avec une assemblée communautaire et des agents communautaires. Les communautés se fédèrent en communes avec un conseil municipal formé de délégués élus pour deux ou trois ans. Les communes autonomes envoient des représentants à l’assemblée générale de zone laquelle désigne un conseil de bon gouvernement chargé de la coordination de la mise en œuvre des décisions collectives relatives à la gestion des ressources, l’éducation, la santé, la justice, etc.
Au niveau de la zone, les mandats sont de courte durée, la rotation des charges assurant la liaison permanente avec les communes. Un va-et-vient constant s’établit entre le conseil de bon gouvernement, l’assemblée générale de zone et les communautés et communes avant toute décision. Le processus de ratification peut prendre du temps. En l’absence de consensus, la décision est mise au vote, la position minoritaire n’étant pas écartée mais conservée pour, éventuellement, compléter ou remplacer le choix majoritaire qui se révélerait inadéquat. Tous les délégués doivent strictement respecter leur mandat et consulter la base s’ils ne s’estiment pas mandatés sur la question soulevée. Ils sont révocables et non rémunérés.
Ainsi, peut-on parler d’une société sans État, d’une démocratie directe où le législatif et l’exécutif sont fondus dans les assemblées générales des autonomies et dans le conseil de bon gouvernement qui n’est justement pas un gouvernement. Sans constitution ni corpus de lois mais plutôt avec un droit coutumier en perpétuelle élaboration, les zapatistes recherchent la meilleure manière de faire fonctionner l’autonomie.

Au Rojava, les communes autonomes qui correspondent aux communautés du Chiapas se fédèrent en district puis en municipalités, ces dernières sont l’équivalent des communes du Chiapas. Par exemple, la municipalité de la grande ville du Jazira, Qamislo, est composée de 6 districts et 108 communes. Au niveau municipal, est formé un conseil populaire composé des présidents et co-présidents des districts et de conseillers élus qui sont en majorité. Cette organisation en trois niveaux est empruntée au projet du Mouvement de la société démocratique (TEV-DEM) lequel assure, aujourd’hui, les services publics de la santé, de l’éducation, des transports, etc.
Comme au Chiapas on retrouve des modalités de mandatement avec rotation des tâches, mandat précis et révocation instantanée (ad nutum). Dans toutes les assemblées générales, tous les conseils et comités, toutes les délégations, l’égalité entre les hommes et les femmes est assurée alors qu’au Chiapas, les acteurs de l’autonomie ont conscience que la place des femmes est insuffisante dans les processus de décision et les modes de représentation.
Parallèlement à l’autonomie communale existe une structure proto-étatique contenu dans une constitution d’un type particulier appelée Charte du contrat social du Rojava. L’organisation mise en place dans chacun des cantons est directement inspirée de la démocratie des Lumières avec la séparation des trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire préconisée par Montesquieu. Le nom même de « contrat social » est une référence à Jean-Jacques Rousseau. Chaque canton du Rojava possède donc :
– Un conseil législatif qui fait les lois. Il est en principe élu au suffrage universel mais à cause de la guerre, les « députés » dans les cantons de Jazira et de Kobane sont actuellement désignés par les organisations de la société civile de manière à respecter la représentation de toutes les tendances politiques, ethniques et religieuses et l’équilibre homme-femme. Le TEV-DEM ayant sa propre représentation, mais minoritaire.
– Un conseil exécutif et un gouverneur chargés de faire appliquer les lois.
– Une justice indépendante du législatif et de l’exécutif.
On ajoutera à cela une Cour suprême constitutionnelle pour veiller au respect de la Charte et un Conseil judiciaire pour garantir l’indépendance de la justice.
Cette survivance d’un législatif et d’un exécutif est en contradiction avec l’idée d’autonomie. Il ne suffit pas renommer le système « Auto-administration démocratique » parce que le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif ne feraient qu’exécuter les décisions venues d’en bas, pour qu’il en soit ainsi dans les faits. D’ailleurs, quel gouvernement n’avance-t-il pas la souveraineté du peuple pour justifier son pouvoir ?
La Charte du Rojava, dans le contexte proche-oriental, n’en est pas moins un texte novateur en ce sens qu’elle affirme la volonté de construire l’autonomie démocratique, le principe d’égalité entre les hommes et les femmes et entre toutes les ethnies, la nécessité d’un développement durable et qu’elle condamne l’autoritarisme, le militarisme, le centralisme et l’intervention des autorités religieuses dans les affaires publiques. La structuration politique qu’elle institue est bien celle d’un État avec son gouvernement sauf à considérer que cet État et ce gouvernement sont des institutions provisoires aux pouvoirs limités au strict nécessaire pour coordonner le canton pendant la situation conflictuelle, et organiser les premiers pas de la nation démocratique quand la paix sera revenue. Alors, cet État fonctionnel se dissoudra progressivement et naturellement dans la société civile. Hélas, l’histoire ne nous donne que des exemples contrariant une telle intention. La Commune de Paris crée un comité de salut public, le gouvernement bolchévique écrase les soviets, et les anarchistes entrent au gouvernement républicain pendant la guerre d’Espagne. Faudra-t-il alors, si les autorités proto-étatiques n’ont pas elles-mêmes programmées leur disparition que, comme prévu dans le confédéralisme démocratique d’Abdullah Öcalan, les communes autonomes se substituent à l’État et éliminent définitivement les institutions de la démocratie parlementaire ? On peut se demander si c’est le chemin que prend le projet de Fédération démocratique de la Syrie du Nord.

Parce que la coordination des trois cantons s’est révélée défaillante, parce qu’il fallait intégrer les régions libérées de l’État islamique dans l’ensemble de l’autonomie démocratique, les autorités du Rojava décident, fin 2015, d’engager un processus d’étude et de consultation qui aboutira à une première assemblée constituante les 17 et 18 mars 2016. Celle-ci lance le chantier d’élaboration d’une charte constitutionnelle pour la Fédération de la Syrie du Nord-Rojava puisqu’il s’agit de fédérer les trois cantons et de nouveaux territoires libérés ou en voie de l’être avec vocation de s’étendre à toute la Syrie. Là encore est organisée une consultation tant des populations concernées que de personnes qualifiées (universitaires, intellectuels, artistes…). Une deuxième assemblée constituante s’est tenue du 27 au 29 novembre 2016. Les 165 délégués ont adopté un projet de Fédération démocratique de la Syrie du Nord (DFNS), le mot Rojava a disparu pour marquer qu’il ne s’agit pas d’une ambition essentiellement kurde mais ouverte aux autres communautés, notamment la population arabe. Que penser de la représentativité des délégués de cette assemblée notamment de celle des 22 partis politiques participants ? En janvier 2017, est constitué un conseil exécutif coprésidé par une Kurde et un chrétien.
Le projet de nouvelle charte affirme, comme dans la Charte du Rojava, l’ensemble des droits et libertés civils et politiques : égalité des sexes et des ethnies, liberté religieuse et laïcité, liberté d’opinion et de réunions, libération des femmes et des jeunes du patriarcat… sans oublier le droit de propriété. Le projet refonde la structure politique sans, apparemment, se référer au confédéralisme démocratique, ce que ne fait pas non plus la Charte du Rojava. Les communes, districts et municipalités sont intégrés au système. Simple mise en conformité ou limite à l’autonomie ? Au niveau supérieur, le canton change d’appellation et devient la région. Toutes les régions seront représentées dans un conseil populaire démocratique. Chacun des cinq niveaux de décision se dotera d’un conseil exécutif et de commissions indépendantes sur les questions économiques, sociales et culturelles (femmes, jeunesse, économie, écologie, etc.). Les assemblées de ces cinq niveaux seront composés pour 60 % de membres élus et pour 40 % de délégués de la société civile (associations sociales, coopératives, organisations professionnelles, groupes de défense des droits de l’homme ou communautés religieuses). Comme dans la Charte du Rojava sera garanti un quota minimum de représentation de 40 % pour chacun des deux sexes. La structure constitutionnelle est donc prête pour être mise en place, mais elle ne l’est pas encore ne serait-ce qu’en raison de la difficulté d’organiser des élections régionales et fédérales.
Comme qualifier ce système politique ? Bien qu’une majorité de délégués soient élus, nous ne sommes plus dans une pure démocratie représentative. Pour autant, l’existence d’un conseil législatif et d’un conseil exécutif écarte la qualification de démocratie directe telle que celle du Chiapas. La nouvelle auto-administration démocratique sera un type de démocratie participative, ce qui n’est déjà pas mal au regard de ce qui existe au Proche-Orient et, probablement, de toutes les constitutions en vigueur dans le monde. Pouvait-il en être autrement ? Peut-être pas, mais on reste encore loin du confédéralisme démocratique. Il n’est ni écrit ni dit que ce système ne soit qu’une étape préalable à la société sans État. Reste encore à savoir quelle sera la répartition des pouvoirs entre chacun des échelons de la fédération et quel sera le statut des délégués, notamment des « députés » du conseil législatif fédéral. Les assemblées communales et municipales jouiront-elles d’une totale autonomie comme entendue dans un cadre municipaliste ? Le conseil exécutif fédéral sera-t-il un gouvernement classique ou un organe de coordination fonctionnel c’est-à-dire assurant les missions qui ne peuvent l’être à des niveaux inférieurs ? Et, dans l’esprit même du projet émancipateur, quelle sera la participation effective de la population à la démocratie ? Sera-t-elle autre que de mettre un bulletin de vote dans l’urne ?

Les interférences politico-militaires

Deux personnalités dominent le théâtre politique du Chiapas et du Rojava. Le sous-commandant Marcos a su médiatiser, avec un talent tout personnel, la lutte des Indiens sans donner l’impression d’en être le chef. Il n’est qu’un « sous-commandant » anonyme. Abdullah Öcalan est, par contre, le leader incontesté du Mouvement kurde, un chef sans pouvoirs directs puisque emprisonné depuis 1999. On s’étonne en Occident du culte de la personnalité dont bénéficie Öcalan à la différence de Marcos. Sans entrer dans un débat sans fin, soulignons que sa personne scelle l’unité et la lutte du peuple kurde, porte l’espoir de la libération et, mais cela ne plaît à tout le monde, symbolise la société libertaire à venir.

Au Chiapas comme au Rojava, s’insinue dans le jeu de l’autonomie et, pour ce qui est du Rojava, des institutions constitutionnelles, un tuteur : l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) à la fois armée et parti ; le Parti de l’Union démocratique (PYD) qui contrôle les Unités de protection du peuple (YPG-YPJ).

Aux dires même des zapatistes, l’EZLN n’est pas démocratique puisque c’est une armée. Mais comme elle a mis en place le système de l’autonomie et assure sa pérennité, l’organisation politico-militaire jouit d’une forte influence morale et se laisse parfois aller à des intrusions dans le jeu de l’autonomie malgré l’interdiction du cumul d’une fonction de commandement dans l’EZLN et d’une charge dans l’autonomie.

La même observation pourrait être faite pour le PYD. S’agissant des milices des YPG, les questions de leur militarisation voire de leur militarisme sont évidemment sensibles, spécialement pour les libertaires. Peut-on faire l’économie d’une discipline militaire en temps de guerre ? Celle-ci et toutes ses contraintes placent le PYD comme au-dessus d’un système qui lui doit son originalité et sa survie. Il serait contraire à l’esprit des chartes de TEV-DEM et du Rojava que le parti « noyaute » les institutions publiques ou civiles. Toutefois, comme au Chiapas les membres de l’EZLN, les militants du PYD sont aussi des acteurs en première ligne pour la promotion de l’autonomie et l’acceptation de charges. Autrement, comment expliquer que la fonction de ministre des Affaires étrangères ou celle d’ambassadeur itinérant du Rojava soit, de fait, assurée par le co-président du PYD, Saleh Muslim, même s’il n’est pas question de mettre en doute son dévouement et son honnêteté politique ?

Composer avec les frontières étatiques

Les Indiens du Chiapas comme les Kurdes de Syrie ne demandent pas leur indépendance, mais l’autonomie, le droit de se gouverner eux-mêmes dans un cadre fédéraliste, au sein des frontières du Mexique et le la Syrie.

Au Chiapas, si l’État n’est pas dedans bien que tentant d’y entrer en faisant, par exemple, du chantage aux programmes d’aide sociale, il est tout autour. Toujours menaçant. Il n’en faut pas moins composer avec lui et notamment avec les autorités officielles qui partagent le même territoire pour régler tant les questions communes que les conflits entre communautés.

Au Rojava, le fédéralisme est présenté comme une solution de paix pour résoudre la crise syrienne en particulier et proche-orientale en général. L’idée chemine mais davantage vers un fédéralisme étatique qui n’a rien à voir avec le confédéralisme démocratique ou le municipalisme libertaire (voir ci-dessus le projet de Fédération démocratique de la Syrie du Nord). Pour l’immédiat, l’État syrien n’a pas totalement disparu au Rojava. Deux exemples. Tout le monde sait que la Syrie rémunère des fonctionnaires du Rojava, ce qui est considéré comme normal par les autorités locales puisque ces fonctionnaires remplissent des missions publiques et que le Rojava est partie intégrante de la Syrie. Second exemple, il reste des poches de l’administration étatique, ainsi à Qamislo, la justice d’État et la justice du consensus de l’autonomie démocratique demeurent en concurrence.

À la différence du Chiapas qui, au niveau international, recherche une solidarité internationale militante, le Rojava met d’avantage l’accent sur sa reconnaissance par les États étrangers, les institutions internationales, les partis établis et les personnalités de la social-démocratie ou de la démocratie libérale. La situation militaire n’est évidemment pas étrangère à cette démarche qui est aussi une explication diplomatique, mais non la seule, de la survivance d’un État au Rojava.

Composer avec le capitalisme

Dans les zones autonomes du Chiapas, les collectivités autogérées remplacent l’entreprise privée et le monde marchand tel que le comprend le consommateur occidental a disparu. Mais le Chiapas n’est pas en mesure de vivre en autarcie, il doit s’arranger avec le capitalisme à ses portes pour ses besoins vitaux notamment en matériel domestique, agricole ou autre, pour aussi écouler ses modestes productions.

Au Rojava, il est clair que le capitalisme pas plus que la propriété privée des moyens de production ne sont abolis. La livre syrienne continue d’avoir cours légal. L’auto-administration démocratique assure, avec beaucoup d’entraves dues aux embargos des gouvernements turc et kurde d’Irak, les échanges internationaux et organise, s’il le faut, le marché noir. Elle fait même appel aux investissements internationaux. Sans succès. Dans la théorie du municipalisme libertaire comme dans celle du confédéralisme démocratique, au même titre que la société civile va progressivement se substituer à l’État, l’économie sociale emmenée par les coopératives va subvertir le capitalisme. Ce sera long. Risqué donc puisque le temps joue en faveur du couple fusionnel Capital-État.

À noter, dans les deux pays, un souci écologique pour assurer un développement durable et se prémunir des méfaits d’une production agricole et industrielle non maîtrisée.

Perspectives

Les défis des révolutionnaires du Chiapas comme du Rojava sont grands. Seront-ils relevés ? Il est des questions récurrentes. Pourquoi l’expérience du Chiapas qui a maintenant plus de vingt ans ne s’est pas répandu au Mexique et ailleurs ? Pourquoi l’expérience du Rojava, dont la proposition politique est novatrice, n’intéresse pas au-delà de petits cercles militants ?

Restons optimistes. Partout dans le monde se manifestent des initiatives pour vivre et produire autrement. Partout, les mises en gardes aux pouvoirs politiques corrompus se multiplient. Il ne reste plus qu’à nous organiser comme l’ont fait les habitants du Chiapas et de la Syrie du Nord, puis d’aller, avec eux, plus loin en nous fédérant pour effacer de l’avenir du monde l’État et le capitalisme. Difficile mais pas impossible parce que la Commune ne meurt jamais !


Pour aller plus loin :

Pierre Bance,
Un autre futur pour le Kurdistan ? Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique,
Paris, Éditions Noir et Rouge, février 2017, 400 pages.
http://www.autrefutur.net/Un-Autre-Futu ... -Kurdistan

Jérôme Baschet,
Adieux au capitalisme. Autonomie, société du bien vivre et multiplicité des mondes,
Paris, La Découverte, « Poches sciences humaines et sociales », n° 458, 2e édition, 2016, 208 pages, spécialement le chapitre II « Construire l’autonomie : la politique sans l’État »


http://www.autrefutur.net/Rojava-et-Chi ... -hallucine
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 01 Avr 2017, 17:19

La coopérative alimentaire de la Goutte d’Or

Rue Stephenson dans le 18e arrondissement de Paris au cœur du quartier populaire de la Goutte d’Or, nous vous invitons à pousser la porte d’une petite échoppe à la devanture sobre, aux étagères remplies d’un bric à brac de produits éclectiques, farines, confitures, miel, céréales, fruits et légumes biscornus, pâtisseries… Elle abrite la Coopaparis. La coopérative alimentaire de la Goutte d’Or est la première et la seule coopérative alimentaire autogérée de Paris. Un projet participatif pour une agriculture paysanne, savoureuse et sans intermédiaire.

... http://www.autogestion.asso.fr/?p=6577
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 02 Avr 2017, 18:30

A Nantes, l’Atelier, un moteur pour l’autogestion

A Nantes, l’Atelier, un moteur pour l’autogestion

A Nantes, depuis 1981 l’Atelier, une association autogestionnaire permet à chacun de venir réparer sa voiture et se réapproprier collectivement les connaissances qui font le pouvoir du spécialiste. L’atelier, c’est un lieu de formation pas comme les autres qui refuse de se faire appeler garage. Avec une priorité : démystifier la mécanique et transmettre les savoirs et les savoir-faire…

Aux prémisses d’une belle histoire, l’émulation et la rencontre à la fin des années 1970 entre militants, travailleurs sociaux, comités de chômeurs amènent une poignée d’individus à imaginer un projet de solidarité concrète : des stages d’initiation à la mécanique auto. Ce qui n’était au départ que quelques moments de bidouilles entre amis dans un local du Bas-Chantenay se formalise en 1981 avec la création de l’Atelier. Un local est ouvert rue Paul Bellamy qui accueille du public pour dispenser des actes de formation autour de la mécanique auto. L’Atelier revendique parmi ses valeurs fondatrices l’attachement à des principes : tolérance, respect, solidarité, mobilisation militante… Et inscrit son action dans une démarche d’éducation populaire. Elle se situe dans le domaine de l’économie alternative et refuse ainsi toute activité commerciale. Pour ses quelques salariés, elle tente de faire vivre un fonctionnement anti-hiérarchique et rejette le recours aux statuts précaires. Réunis autour d’un projet inspiré de la démocratie directe, ceux-ci mettent en œuvre les orientations définies par l’assemblée générale annuelle à laquelle se réfère le conseil d’administration mandaté qui se réunit tous les mois et est ouvert à chacun. L’esprit mutualiste permet d’ouvrir les portes de l’atelier à tous et de faire vivre concrètement les valeurs de solidarité portées par l’association. Le budget de l’association est entièrement couvert grâce aux cotisations qui assurent à l’association propriétaire des locaux une totale indépendance.

Concrètement, L’Atelier met à disposition un important matériel pédagogique (maquettes et documentation) ainsi que tout l’outillage nécessaire, quelques appareils de mesure et un banc de freinage. Cet outillage est régulièrement renouvelé et complété. Pour bénéficier de l’accès aux locaux, à l’outillage et aux formations, il faut s’acquitter d’une contribution. Celle-ci varie annuellement entre 400 et 650 euros quel que soit le nombre d’interventions réalisées sur le véhicule. L’adhésion est calculée en fonction des revenus sur le principe mutualiste. Un quotient familial est déterminé qui fixe le montant de l’adhésion en fonction de la formule choisie selon le degré d’autonomie des personnes. Car tout un éventail de possibilités se déploie pour transmettre les savoir-faire. On peut venir simplement étudier les principes de la mécanique sans pour autant posséder un véhicule. Plus couramment, on vient effectuer des réparations sur son véhicule. La Cotisation Soutien permet la participation à la vie associative : droit au votes, réunions, commissions, etc. mais elle ne donne pas accès à la formation. La cotisation Entretien (E) permet de réaliser l’entretien courant : vidange, bougies, feux, plaquettes de freins, niveaux, essuie-glaces, contrôles et l’accès à des journées diagnostic pour se former. Quand un adhérent souhaite réaliser des réparations, il prend rendez-vous et un emplacement lui est réservé, tout le matériel est à sa disposition, et l’équipe des permanents l’aide si besoin. Des moteurs écoles sont présents pour les plus bricoleurs qui souhaitent s’exercer aux techniques transmises par l’équipe de 5 mécanos.

L’objet de l’atelier n’a pas perdu de sa pertinence au cours des années. Pour l’association le constat est clair, l’ambition de départ répond à un besoin plus actuel que jamais. De plus en plus de conducteurs pauvres ne peuvent plus assurer l’entretien de véhicules vieillissants, potentiellement dangereux et néanmoins nécessaires à l’insertion ou aux déplacements professionnels. En effet tandis que les emplois précaires, les bas-salaires et la précarité augmentent les pièces autos et les coûts de réparation chez les garagistes connaissent eux aussi une flambée inextinguible. Quand on sait également que plusieurs centaines de milliers de véhicules roulent en France sans assurance et que 20% se soustraient volontairement ou non au contrôle technique. Reste l’alternative proposée par l’atelier à laquelle de plus en plus de conducteurs souscrivent par nécessité ou par appétence pour la philosophie Do it yourself.

Au premier étage, l’Atelier a confié à un collectif d’organisations la gestion de ses vastes locaux. Pour faire vivre et entretenir cet espace précieux pour l’action militante elle peut compter sur les mouvements réunis dans le collectif B17 (pour Bellamy 17) : la CNT, le Collectif Santé, la Coopart, le Groupe Nantais pour la décroissance (GND), Huile, Indymedia Nantes, le NPA, Linux Nantes, No-Pasaran, le théâtre de l’opprimé de Nantes. Le lieu autogéré permet à ces différents groupes d’y organiser réunions et activités propres et collectivement d’ouvrir le lieu sur l’extérieur avec l’organisation des Vendredis de B17 (projection-débat, soirée jeux, friperie…), de l’Infokiosk (centre de ressources autogéré), ainsi que des journées travaux qui permettent d’entretenir et d’améliorer le lieu.

L’ATELIER NANTES – RÉPARATION D’INSTRUMENTS À VENT
17 rue Paul Bellamy
44000 Nantes
Email : association.latelier@free.fr
Téléphone : 02.40.20.02.48

Ouvert du Lundi au Samedi de 9h à 12h et de 13h à 18h

http://association.latelier.free.fr/


http://www.autogestion.asso.fr/?p=6585
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 09 Avr 2017, 16:54

Montpellier mercredi 12 avril 2017

« Nosotros del Bauen »

Un film de Didier Zyserman (2010)

La construction de l'hôtel Bauen, au centre de Buenos Aires, date de la dictature militaire. Durant 25 ans, ses employé-es ont servi l'élite argentine et accueilli les touristes venus du monde entier. Depuis mars 2003, le personnel travaille en autogestion, se partageant les tâches et les salaires, votant les décisions lors des assemblées générales. Elena, Osvaldo, Santiago, Marcello luttent contre leurs anciens patrons, désireux de récupérer l'immeuble à leur profit. Le film est un regard sur cette expérience autogestionnaire et l'Argentine actuelle.

Mercredi 12 avril 2017, projection à 20h30 suivie d'un « Fallait-pas » pour ceux qui veulent discuter après le film au Centre Ascaso Durruti, 6 rue Henri René - Montpellier.

https://herault.demosphere.eu/rv/6751
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede Pïérô » 10 Avr 2017, 02:37

Mexique : Manifeste de la communauté autonome de Hueyapan

Traduit du site Ruptura Colectiva : Le Conseil de la Communauté Autochtone de Hueyapan lutte pour son auto-détermination, une économie collective, la démocratie directe et le renforcement de sa Garde Communautaire contre la police de l'État et la destruction clandestine des forêts.

Pour combattre le système, l'autonomie et l'auto-détermination !
Solidarité internationale avec la communauté autonome de Hueyapan, au Mexique


L'auto-détermination libertaire d'Hueyapan vise divers objectifs : une économie collective et anticapitaliste, autogérée par les paysanNEs, par les artistes et par les petitEs commerçantEs, basée sur le partage à tous et toutes des fruits du travail de chacun et chacune dans un trésor communal; une démocratie directe - sans chèques de paie, ni partis politiques - pour élire les représentantEs de chaque pâté de maisons et de chaque quartier, qui formeront des conseils - avec droit de révocation - dont les délégués exécuteront différentes tâches d'administration et de supervision; le renforcement de la Garde Communautaire "Los Tigres", un organe de sécurité autonome qui s'est développé depuis 2014 en réaction aux abus et aux détentions arbitraires de la police de l'État, et pour empêcher la coupe clandestine de la forêt; la protection de notre langue Autochtone Nahuatl Hueyapanense et la commercialisation à outrance de l'art et de l'artisanat local.




http://ucl-saguenay.blogspot.fr/2017/04 ... naute.html
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 13 Avr 2017, 14:21

[Inde] A la découverte des paysan.ne.s militant.e.s du Karnataka

C’est à 80 km de Mysore, ville de l’Etat du Karnataka, dans la campagne du sud de l’Inde que se situe Amrita Bhoomi, la "terre éternelle", crée par le syndicat KRRS. Il s’agit d’un centre international pour le développement soutenable, lieu d’expérimentation et d’apprentissage de techniques agricoles cherchant plus d’autonomie pour les paysan.ne.s. Chukki Nanjundaswamy en est une des figure principale. Outre la gestion du syndicat, elle a contribué à faire émerger cette autre structure. Rencontre.

... https://renverse.co/A-la-decouverte-des ... ataka-1039
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 17 Avr 2017, 17:15

Expériences de communes autonomes dans la Syrie en guerre

L’héritage d’Omar Aziz et la commune de Deraya par Leila Al-Shami

Deraya est un territoire de la banlieue ouest de Damas, situé à quelques kilomètres du palais présidentiel. Le régime a repris cette zone fin Août 2016 après d’intenses bombardements. Cette perte fut un énorme coup porté à la révolution, tant la commune de Deraya était devenue un symbole, un modèle de libération au sein de la révolution syrienne. Pendant cinq ans, l’entrée du quartier était marquée par un portrait de Bachar posé au sol, qu’il fallait d’abord piétiner avant de rentrer dans la zone libre de Deraya. Les brigades de l’ASL qui tenaient le quartier, avaient la réputation d’être de redoutables spécialistes de la guerre urbaine. On nous rapporte de Syrie que toutes les franges de la rébellion voulaient s’associer avec eux pour les batailles importantes.
Omar Aziz est un activiste syrien, mort en détention en 2013, qui développa l’idée de commune à travers la mise en place de comités locaux au sein des territoires libérés par l’Armée Syrienne Libre. A ce propos il déclara, peu avant son arrestation en 2012, "Nous avons fait mieux que la Commune de Paris, qui a résisté 70 jours. Cela fait un an et demi et nous tenons toujours."
Au sujet de l’expérience de Deraya et de la pensée d’Omar Aziz nous publions ici un article de Leila Al-Shami. Cette dernière est la co-auteure, avec Robin Yassin-Kassab, de « Burning Country : les syriens dans la guerre et la révolution », sur lequel nous avions consacré un article. Elle est aussi co-fondatrice de « Tahrir-ICN », un réseau qui œuvre à lier les luttes anti-autoritaires au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Europe.
Cet article est paru une première fois, en anglais, dans Fifth Estate en septembre 2016. Leila Al-Shami a accepté que Lundimatin en publie la traduction française.

... https://lundi.am/Experiences-de-commune ... -en-guerre
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Re: Autogestion : théories, pratiques et critiques

Messagede bipbip » 22 Avr 2017, 13:16

Non à l’expulsion des travailleur-se-s de l’hôtel Bauen ! Oui à l’expropriation définitive !

Communiqué de solidarité

Déclaré en faillite en décembre 2001 par ses anciens propriétaires, l’hôtel Bauen, grand édifice de 20 étages situé en plein centre de Buenos Aires construit avec des fonds publics pour la Coupe du monde de football de 1978, avait été récupéré par un groupe d’ancien-ne-s travailleur-se-s le 21 mars 2003. Depuis 14 ans, un processus autogestionnaire a été entrepris, permettant de créer 130 postes de travail et de valoriser pratiquement sans financement extérieur un hôtel vidé et abandonné par ses patrons. Tout au long de ces années, les 130 travailleur-se-s de la coopérative ont amplement démontré leur capacité à assurer le fonctionnement de l’équipement en gestion ouvrière. L’hôtel, qui était précédemment le symbole de la corruption du pouvoir, est devenu un lieu de réunion, de débat et de solidarité pour les mouvements sociaux, les syndicats et les organisations de travailleur-se-s et utilisé pour des événements universitaires et culturels. A ce titre, il constitue un lieu emblématique en Argentine et une expérience autogestionnaire exemplaire dans le monde.

Alors qu’une loi d’expropriation a été promulguée par le Sénat argentin, le président Mauricio Macri a apposé son veto à la loi, en utilisant des arguments fallacieux, qui nient le sens social de la coopérative, il renonce à récupérer l’argent public et veut laisser 130 familles sans emploi. Alors qu’un recours parlementaire est engagé pour rejeter le véto et confirmer la loi d’expropriation définitive, Macri entend expulser les travailleur-se-s. Une juge a ordonné “l’expulsion par la force publique” pour le mercredi 19 avril 2017. Dans un contexte économique et social catastrophique et après le succès de la grève générale du 6 avril, le pouvoir tente de criminaliser le mouvement social et décide de s’attaquer à un des symboles de la résistance et de l’alternative ouvrière en Argentine.

Les organisations ci-dessous se solidarisent avec les travailleurs de BAUEN et ne doutent pas qu’ils/elles sauront s’opposer à cette expulsion comme ce fut le cas en 2007 et 2014.

Le 18 avril 2014

Association Autogestion, France Amérique latine, Réseau syndical international de solidarité et de luttes, SOLAL (Solidarité Amérique latine) Ardèche, Union syndicale Solidaires.

Dernière nouvelle :

Suspension provisoire de la mesure d’expulsion de l’Hôtel Bauen suite à un recours engagé sur un vice de procédure de la juge. La nouvelle est tombée hier à 17 heures (22 h 00 en France).


L’alerte est maintenue et le festival de solidarité prévu aujourd’hui aura lieu.



“Bauen: se suspende provisoriamente el desalojo”

Una medida cautelar favorable a los trabajadores suspende provisoriamente el desalojo que iba a realizarse este miércoles. Trabajadores mantienen alerta, vigilia y festival.

La Izquierda diario, Martes 18 de abril

http://www.laizquierdadiario.com/Bauen- ... l-desalojo


http://www.autogestion.asso.fr/?p=6803
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