Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations ...

Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede bipbip » 19 Jan 2017, 16:12

20 et 21 janvier 2017 - Bourse du Travail de Saint-Étienne

4es Rencontres d’histoire ouvrière, par le GREMMOS

Depuis trois ans se déroulent les commémorations du centenaire de la Grande Guerre. Les 4es Rencontres d’histoire ouvrière étudieront la place que le bassin stéphanois a joué dans ce conflit, non seulement sur le plan industriel déjà abordé par une exposition du Musée d’Art et d’Industrie mais aussi sur celui des relations sociales et de leur évolution ; la rationalisation du travail dans le cadre de l’effort de guerre ; ses effets sur les relations sociales ; sa réception par les ouvriers ; l’importance réelle des grèves des années 1917-1918 ; la place de la région dans le mouvement social à l’échelle nationale ?

Le GREMMOS propose de revenir sur ces sujets à la lumière des avancées de la recherche historique des dernières décennies et de recourir à des archives inexploitées ou peu utilisées.

Les 4es Rencontres d’histoire ouvrière s’organiseront en trois temps :
• La situation des ouvriers dans les entreprises des secteurs clés de l’industrie stéphanoise : les transformations des relations internes aux entreprises, la place nouvelle des femmes dans la production, les formes prises par la mobilisation des travailleurs dans l’effort de guerre et leurs effets ;
• Le mouvement social face à la guerre : les actions des syndicalistes pendant la montée des risques de conflit puis pendant l’unité nationale, la portée des mobilisations survenues après la victoire ;
• Le paysage syndical et politique des émeutes du Chambon-Feugerolles de 1910-1911 à l’émergence du communisme dans les années 1920 : le rôle des expériences guerrières, des événements de Russie, le destin des militants, l’apparition de formes syndicales nouvelles et concurrentes de la CGT.


Programme

Sous la présidence de Jean Lorcin, historien, professeur honoraire de l’Université Lyon 2

Vendredi matin
"Ouvrières, ouvriers et entreprises dans la Grande Guerre"
• 8h30 : Accueil des participants et du public
• 9h15 : Introduction des Rencontres
• 9h30 : Michelle Zancarini-Fournel (historienne, LARHRA, Université de Lyon) "Ouvriers, ouvrières et politique patronale : l’entreprise Mimard pendant la Première Guerre mondiale"
• 10h : Antoine Vernet (historien, laboratoire Triangle, Université Lyon 2) "Patron charitable et patron de combat. L’action de Joseph Leflaive aux usines de la Chaléassière (1898-1925)"
• 10h30 : Pause
• 10h45 : Luc Rojas (historien, chercheur associé à l’UMR 5600 EVS-ISTHME) "Entre recomposition temporaire et intensification de la production : le travail dans les houillères stéphanoises (1914-1918)"
• 11h15 : Georges Gay (géographe-historien, professeur, UMR 5600 EVS-ISTHME, Université Jean Monnet Saint-Étienne) "De l’invisibilité de la laceteuse à l’affirmation de l’ouvrière textile (1850-1920)"
• 11h45 : Débat
• 12h30 - 14h30 : Pause déjeuner (en raison de la tenue des Rencontres à la Bourse du Travail nous ne proposerons pas cette année un service de repas au Restaurant universitaire Tréfilerie, trop éloigné. La Bourse étant proche du centre-ville, de nombreuses possibilités vous sont offertes, dans un rayon de 500 mètres)

Vendredi après-midi
"Les syndicalistes face à la guerre"
• 14h30 : Jean-Paul Martin (historien) "Laurent Moulin : le parcours singulier d’un ouvrier chambonnaire, du syndicalisme révolutionnaire à l’Algérie"
• 15h : Daniel Durand (président du CEDMO 42) "Ondaine : le sort des grévistes de 1917-1918"
• 15h30 : Jean-Michel Steiner (historien, président du GREMMOS) "L’Union départementale des syndicats ouvriers de la Loire à l’épreuve de la Grande Guerre (1910-1922)"
• 16h : Débat
• 16h45 : Fin de la première journée

Samedi matin
"Un paysage syndical transformé par le conflit"
• 8h30 : Accueil des participants et du public
• 9h Maurice Bedoin (historien et géographe) "De la guerre à la guerre sociale ? Mineurs, métallos et cheminots en grève (1919-1920)"
• 9h30 : Jean-Paul Bénetière (historien) "La naissance de la CFTC dans le bassin stéphanois : un "syndicat du juste milieu" dans une situation révolutionnaire"
• 10h : Henry Destour (historien) "1919-1924, émergence de nouvelles modalités d’organisation du mouvement ouvrier dans le bassin stéphanois : continuité ou table rase du passé ?"
• 10h30 : Débat et conclusions des Rencontres
• 11h45 : Fin de la seconde journée

L’équipe du GREMMOS a mis en ligne une bibliographie spéciale sur la thématique des 4es Rencontres d’histoire ouvrière pour vous donner des idées de lecture

Accès à la Bourse du Travail
• Tramway
- Depuis le nord de Saint-Étienne, ligne 1 (Hôpital Nord – Solaure) et ligne 3
(Châteaucreux – Bellevue) : Arrêt Bourse du Travail
- Depuis le sud de Saint-Étienne, ligne 1 (Solaure - Hôpital Nord ) et ligne 3 (Bellevue - Châteaucreux) : Arrêts Anatole France ou Saint-Louis (Attention, l’arrêt rue des Creuses a été supprimé)
• Parking
- Place Albert Thomas, sauf samedi matin en raison du marché
- Parking couvert des Ursules

Rencontres organisées par le Gremmos, en partenariat avec Radio Dio (89.5 FM), le Centre Max Weber, l’IHS-CGT de la Loire Benoît Frachon et le CEDMO 42
Avec le soutien de la ville de Saint-Étienne

20 et 21 janvier 2017
Bourse du Travail de Saint-Étienne
Salle Sacco et Vanzetti
Entrée libre (dans la limite des places disponibles)

http://lenumerozero.lautre.net/4es-Renc ... le-GREMMOS
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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede bipbip » 09 Fév 2017, 14:02

Merlieux (02) jeudi 9 février 2017

Rencontre-débat avec Noël Genteur, mémoire vivante du Chemin des Dames, ancien maire de Craonne...

à 21h, Athénée le Loup Noir – Merlieux
8, rue de Fouquerolles, 02000 Merlieux et Fouquerolles

Cent ans après la « Boucherie » de l’Offensive Nivelle du 16 avril 1917, Craonne reste avec la célèbre chanson éponyme, le symbole des révoltés, pour ne pas dire « mutins » contre la guerre ? Le pays va-t-il enfin reconnaître ses erreurs, ses crimes et accepter d’honorer tous ses morts ?

A l’occasion de cette rencontre, Annick Geoffroy, conteuse et habitante de Merlieux, nous donnera lecture d’un texte de Laurence Clemancet-Durousset : "L’arbre et les orages", un texte sur les arbres dans la guerre, victimes et témoins...

Entrée libre - Table de presse - Apéro - auberge espagnole

https://kropotkine.cybertaria.org/spip.php?article154
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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede Pïérô » 15 Juin 2017, 11:05

Paris, vendredi 16 juin 2017

Rencontre-débat avec E. Viot

« Fusillés non réhabilités »

à 19h30, Librairie du Monde libertaire - Publico, 145 rue Amelot, Paris 11e

Image

Rencontre et débat avec Eric Viot qui présentera son livre sur les Fusillés pour l'exemple de la guerre de 14-18 et le combat qu'il mène depuis une dizaine d'années pour leur réhabilitation collective. Avec l'Union Pacifiste de France et l'émission Si Vis Pacem de Radio Libertaire :

« Après huit années de recherches et d'engagement pour la cause des fusillés de la première guerre je souhaitais publier un ouvrage dans lequel je présente les fusillés en répondant à un certain nombre de questions comme j'ai pu le faire lors de mes conférences.
Je développe davantage les différents points : Qui étaient ces fusillés ? Pourquoi ont-ils été fusillés ? Comment ont-ils été jugés ? … J'ai parcouru un grand nombre de dossiers de fusillés et de carnets de Poilus.

La deuxième partie est consacrée à mon engagement pour cette réhabilitation et à mes actions. Je précise aussi pourquoi je souhaite une réhabilitation collective et j'apporte des éléments mis en avant lors de procédures de réhabilitation qui ont abouti et qui peuvent s'appliquer à un grand nombre de fusillés non réhabilités.

Ce livre est une étape supplémentaire dans ma modeste contribution au combat pour la réhabilitation ».
Eric Viot

http://www.librairie-publico.info/?p=2543
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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede bipbip » 16 Juil 2017, 14:12

Zimmerwald après Zimmerwald. Un lieu de mémoire socialiste révolutionnaire ?

En pleine guerre, la conférence de Zimmerwald (5-8 septembre 1915) avait été pour les opinions publiques bourgeoises de l’Europe un scandale sans nom. Les trente-huit délégués socialistes de la conférence signaient un manifeste qui prenait à contre-pied l’intégralité de la guerre totale en cours.

Ils parlaient du prolétariat et de la lutte des classes alors que partout régnaient « l’union sacrée » et « la trêve civile » (Burgfrieden). Ils parlaient de « solidarité internationale du prolétariat » alors que partout en Europe prévalaient les nationalismes haineux. Ils parlaient de « guerre impérialiste » alors que partout il n’était question que de « défense nationale ». Ils appelaient à une « lutte active et simultanée pour la paix », « pour le socialisme », pour « l’émancipation des peuples opprimés », pour une paix « sans annexions ni indemnités » et sans « occupation de pays entiers », « pas plus qu’un assujettissement économique » ; alors que partout en Europe on n’entendait plus que le bruit assourdissant des canons pendant que les états-majors remaniaient « la carte du monde par le fer et par le sang ».

Ce scandale internationaliste des sociaux-démocrates révolutionnaires d’Europe est aujourd’hui presque totalement effacé de la mémoire collective nationale. Non-événement pour les dominants, Zimmerwald a cependant été un événement fondateur pour plusieurs courants des gauches révolutionnaires du XXe siècle. En Union soviétique, la révolution bolchevique puis la contre-révolution bureaucratique des années 1920 inséraient Zimmerwald dans un culte religieux sécularisé aux côtés d’autres événements fondateurs du communisme soviétique, comme la prise du palais d’Hiver.

L’analyse de ce qu’est devenue « Zimmerwald après Zimmerwald », c’est-à-dire ses mémoires, offre aujourd’hui la possibilité de « solder les comptes » du XXe siècle concernant ce lieu de mémoire socialiste révolutionnaire. L’article qui suit s’inspire du programme de Daniel Bensaïd lorsque ce dernier évoquait la nécessité de « [p]ousser dans les plaies le fer rouge de la critique historique » afin d’en « réveiller les potentialités » au présent et à l’à-venir[1].

... http://www.contretemps.eu/zimmerwald-apres-zimmerwald/
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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede bipbip » 16 Aoû 2017, 19:05

L'union sacrée et la "der des der"

La 1er guerre mondiale sera désastreuse pour l'anarchisme. Le réformisme syndicale des allemands plongera l'internationale syndicale dans l'impasse. La menace de répression qui pése sur la CGT reprimera les ardeur insurectionelle et manquant d'organisation, les anarchistes ne pourront mener une action concertées contre la guerre. Entre les 16 relié à l'union sacrée et les nombreux anonymes qui déserterons, chacun traverse cette guerre abominable comme il peut.

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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede Pïérô » 03 Oct 2017, 07:01

Paris, vendredi 6 octobre 2017

Ciné Léon
Projection-rencontre "Les Poilus d'Ailleurs"

à 20h30, Centre d'Animation Mercoeur, 4 Rue Mercoeur, Paris 11e

Cent Ans après la fin de la Grande Guerre que reste-il dans notre mémoire collective et dans l'espace public de l'histoire de ces centaines de milliers d'hommes d'au-delà des mers venus pour contribuer à la libération de la patrie dont ils étaient sujets et non citoyens? Quels furent leur itinéraire, leur histoire et leur destiné ? Mehdi Lallaoui revient, sur ces centaines de milliers de « tirailleurs sénégalais » issus en réalité de plus de cinquante ethnies et arrivés de tout l'empire colonial français.»

Suivi d'une rencontre-débat en présence du réalisateur, Mehdi Lallaoui

... et de la traditionnelle auberge espagnole pour partager ensemble nos p'tits plats et boissons

Image

http://fetealeon.org/cineleon/
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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede bipbip » 11 Oct 2017, 16:32

Les grèves de 1917 et 1918

Le Peuple Français N° 10 - Avril-Juin 1980

La guerre et l’Union sacrée désorganisent les syndicats. Les ouvriers sont dispersés par la mobilisation. C’est l’abandon des revendications et de la lutte contre la guerre qui était une des bases doctrinales de la CGT. L’opposition à l’Union sacrée dans les syndicats réapparaît pourtant à partir de Noël 1914. Ultra-minoritaire, elle se renforce au milieu de 1 91 5 autour de la Fédération des métaux, dont le secrétaire est Merrheim, et de celle des Cuirs et Peaux, de la Chapellerie, de 5 Unions départementales dont celle du Rhône. Cette minorité préconise une paix sans annexions, ni contributions. Elle crée un "comité d’action internationale" et participe du 5 au 8 septembre 1915 à la conférence de Zimmervald en Suisse, rencontre internationale de minoritaires socialistes, syndicalistes, opposants à la guerre. Dans leur ensemble, la C.G.T. et le parti socialiste sont hostiles à cette conférence. Une même minorité se développe pourtant chez les socialistes ; elle obtient un tiers des voix au congrès d’avril 1916.

Parmi les ouvriers, l’opposition à la guerre se manifeste faiblement en 1917 puis apparaît au grand jour dans les grèves de 1918. Malgré l’Union sacrée, les grèves renaissent dès 1915, se développent en 1916 et surtout à partir de l’hiver 16-17.

L’année 1917 marque en effet une étape. L’hiver 16-’l 7 est particulièrement froid. Les fontaines sont gelées à Paris où la population souffre de privations. Le ravitaillement en char- bon est insuffisant : Paris ne reçoit que 3 OO0 tonnes par jour au lieu des 6 000 nécessaires, la plus grande partie du bassin minier du Nord étant sous occupation allemande. Les denrées alimentaires sont chères, le lait et le beurre rares. Seuls le pain et les pommes de terre sont taxés. La viande, les produits lai- tiers, les fruits et légumes vont plus que doubler pendant les quatre années de la guerre. En mars 1917, la carte du sucre est instaurée (75O grammes par personne par mois puis 500 g à partir du mois d’août). Le rationnement ne peut juguler la hausse des prix ; c’est l’inflation. La hausse du coût de la vie dépasse 5O% pour 1917, alors que les salaires n’augmentent que de 25 à 35 %. A partir de mai, le lundi et le mardi sont des jours sans viande, sans lapin, sans volaille. La population des villes est lasse des privations.

Au front, l’hécatombe continue. L’offensive Nivelle err avril sur le Chemin des Dames est un échec extrêmement sanglant ; du 1"’ avril au 9 mai, on compte 27 1 OOO hommes hors de combat. Dans les tranchées où les pertes ont été importantes, ce sont les mutineries (estimées à 25O) suivies de condamnations à mort. L’armée est gagnée par l’écœurement.

Les gréves dans les usines d’armement

L’hiver 16-1 7 est secoué par plusieurs grèves dans les usines d’armement qui vont amener le gouvernement à adopter une réglementation sur les salaires et l’arbitrage.

10O 000 grévistes dans la région parisienne et 3O0 000 en province se battent pour des salaires plus élevés, pour la suppression des primes, pour des comptes plus simples remis la veille de la paie afin d’éviter que les erreurs ne soient remboursées que la semaine suivante. La participation des femmes est importante et influe sur les revendications, telles qu’un langage "plus correct" à leur égard. Des hommes non mobilisés ont rejoint le mouvement.

Albert Thomas, socialiste et "ministre des munitions", est chargé d’examiner la situation dans les usines de guerre. ll rencontre à ce sujet une délégation syndicale dont Jouhaud, secrétaire de la CGT, et Merrheim, puis il dresse un plan à deux volets. Le 11 janvier, une circulaire annonce les sanctions prises contre les ouvriers militaires, mobilisés dans les usines sans droit de grève et menacés de retour au front à tout moment, le 18, deux ouvrières chez Panhard-Levassor sont condamnées par la 1O" Chambre correctionnelle à deux mois de prison. Le 16 et 1 7, le ministre met en place par décrets une nouvelle réglementation des tarifs minima de salaires pour les ouvriers et les ouvrières de l’armement (dans le département de la Seine), il institue dans chaque région un "Comité permanent de conciliation et d’arbitrage" composé en nombre égal de représentants ouvriers et patronaux (non mobilisables) afin d’assurer la production continue par une solution rapide des conflits. En effet, l’artillerie, grosse con sommatrice de matériel de munitions, prend une place de plus en plus importante dans les opérations militaires. Aussi, l’effort de l’arrière est-il accru notamment par l’introduction des méthodes de travail de Taylor dans les usines.

"Plus ministre gue socialiste"

Les mesures adoptées sont dénoncées par Merrheim à une réunion du syndicat des ouvriers et ouvrières sur métaux (la fédération des métaux s’est réorganisée le 2 avril 1916) à la Bourse du travail le 4 février 17 : "les prix portés sur le barème des salaires décrété par le ministre ne sont pas ceux que nous avions soumis à son approbation (...). Or les prix proposés par les patrons étaient bien inférieurs (environ de moitié) aux nôtres". Dans ces conditions, les représentants de la fédération des métaux refusent de s’engager à ce qu’il n’y ait pas de grève. Quant à l’arbitrage, "respectant la liberté individuelle, nous ne pouvons accepter l’arbitrage obligatoire car nous le con- naissons, nous savons comment il est compris". Plus "ministre que socialiste", Albert Thomas avait en effet pris des accents patriotiques pour s’adresser le 25 janvier, par voie de presse, aux ouvrières des usines Schneider d’Harfleur : "Brusquement, sans préavis, au mépris de toutes les règles, vous avez hier suspendu le travail. Avez-vous pensé à la gravité de la faute que vous commettez ? Avez-vous pensé à l’ennemi qui lui n’interrompt pas son labeur ? A vos frères, à vos maris qui attendent avec impatience les moyens de défense que vous leur assurez (...). La dir*tion des usines avait résolu de revoir avec nous les tarifs actuellement en vigueur. Mais cet examen ne peut se poursuivre que si, fidèles au devoir commun, fidèles à l’intérêt de la patrie que tous nous servons, vous retournez au travail"’ L’arbitrage se traduisit en effet par une baisse des salaires et par une menace de prison pour ceux qui refuseraient. Ce ne fut pourtant pas la fin des grèves. Dans la nuit du 1er au 2 mars, une grève des bras croisés a lieu à la Cartoucherie de Vincennes dans l’atelier des balles où travaillent 3OO femmes. Elles entrainent 1 1OO ouvrières des ateliers d’étuis et de chargement. A leur sortie, elles décident les 1 5OO femmes de l’équipe de jour à se joindre à elles. Pour quelques heures, la direction décide de licencier le personnel féminin. Une délégation, avec Picot du syndicat des Arsenaux et Girardin du syndicat de l’Artillerie, se rend au ministère de l’Armement. Les tarifs seront appliqués. Le travail reprend. Au même moment les armements de Bourges sont touchés. La protestation contre la hausse des prix, notamment des denrées alimentaires, s’étend au bâtiment, aux fonctionnaires de la ville de Paris, aux Postes. aux employés du Gaz et du Métro. Les syndicats du bâtiment et de l’habillement appel- lent à chômer le 1", mai et un meeting réunit 4 000 personnes à la maison des syndicats.

"De fil en aiguille"

Le deuxième temps fort des mouvements de 1917 a lieu en mai et juin avec l’action des midinettes suivie de nombreuses corporations à Paris et en province. Fin mai, la grève atteint de nouveau les usines de guerre. Déjà le 8 janvier 1917, les cousettes de deux maisons de couture, "Agnès" rue Auber et "Bernard and Cie" rue de l’Opéra, avaient fait grève deux jours pour obtenir un franc de plus par jour ; elles gagnaient de 2 à 4 F. La reprise avait eu lieu après un compromis (à O,50 F). Au mois de mai, le mouvement prend de l’ampleur. Les 250 midinettes de la maison "Jenny", grande maison de couture de luxe des Champs Elysées, lancent l’action le vendredi 11 mai à 14h. En rentrant dans l’atelier on leur annonce qu’à partir du lendemain, la mai- son appliquera la semaine anglaise : samedi après midi libre mais non payé, probablement en raison d’une baisse de la demande de ces produits de luxe. Elles se mettent immédiatement en grève pour obtenir la semaine anglaise payée, une indemnité de vie chère de 1 F pour les ouvrières et O.5O F pour les apprenties. Les couturières parisiennes avaient vu leur salaire baisser de 25% par rapport à 1914 et le surmenage des "longues veillées" était connu comme l’étaient aussi les gros bénéfices réalisés par ces maisons. Dès le lendemain. le mouvement fait tache d’huile pendant 8 jours dans l’ensemble des branches de la confection. Le 16, elles sont 2 000 en grève qui manifestent sur les boulevards à midi après s’être rendues devant certaines maisons pour appeler les autres à les suivre. C’est la pratique du débauchage particulièrement décriée par la presse. Elles vont par exemple chez "Decrouil" mais trouvent porte close : les ouvrières ont été enfermées à clé par le patron. Malvy, le ministre de l’Intérieur, reçoit les délégations ouvrières et patronales. Les réunions se multiplient avec Jouhaud de la CGT et Dumas de la fédération de l’habillement. Le 18 30 maisons sont touchées et le mouvement rassemble 1O 000 ouvrières de la couture, de la mode et des grands magasins comme les "Galeries Lafayette" et "Le Printemps". Le 19, le patronat cède sur une partie des revendications mais pour la semaine anglaise il faut qu’une loi soit édictée. Malvy s’engage à déposer un projet. A une réunion à la Bourse du travail, Millerat secrétaire du syndicat de l’habillement et Dumas sont favorables aux propositions mais une jeune ouvrière propose de continuer : "Allons jusqu’au bout ! Je ne me suis pas laissée impressionner par les belles paroles des patrons (...). lls parlent de fermer leurs "boîtes". Eh bien, s’ils le font, nous nous partagerons la clientèle. En vérité les commandes affluent et nos patrons attendent avec impatience notre rentrée. Tenons ferme et nous aurons en même temps que 2O sous, la semaine anglaise".

Le lendemain, un accord commun est établi : indemnité journalière de O,75 F pour les ouvrières et de O,50 F pour les apprenties et le principe de la semaine anglaise est admis. Le travail reprendra le 22 mai ; il ne doit pas y avoir de renvoi pour fait de grève. Le 1 3 juin, la loi est publiée ; elle s’applique aux travailleurs du vêtement à Paris et en province mais non à la confection militaire.

Le mouvement a gagné toute la couture mais aussi d’autres branches comme l’alimentation, la bijouterie, les cuirs et peaux, le papier-carton, les grands magasins. Le 25 mai, il touche 20 0OO femmes et 15 corporations. Le 28, ce sont les lingères, les plumassières, les brodeuses, les confectionneuses, le personnel féminin des banques comme la "Société générale" et le "Crédit Lyonnais". "Elles se suivent et se ressemblent" titre "la Bataille syndicaliste", le 1" juin. La semaine anglaise et l’indemnité de vie chère sont à la base des revendications mais certaines sont plus spécifiques. Les confectionneuses Dour dames des maisons "Storck" et "Goldenberg" demandent la suppression du travail aux pièces. ’,4 Paris et en province, on revendique, on discute, et l’on enregistre des satisfactions", comme à Bordeaux, Rouen, Amiens, Annecy, Lyon, Marseille, Rennes, Orléans. A Bor- deaux, à la fin du mouvement, 1 500 femmes prennent une carte syndicale.

Dans les usines de guerre

Le 25 mai, le mouvement atteint les équipements militaires avec l4 maisons en grève et 700 femmes. Le 27, ce sont les boutonniers qui réclament la semaine anglaise. A une réunion du syndicat des métaux à Bondy, où assistent 160 personnes dont 50 femmes, Weber, secrétaire des tôliers souhaite "que toutes les femmes employées dans la métallurgie imitent leurs camarades modistes ou autres (...). Les boutons forment une branche de la métallurgie". Un tract est lu qui appelle toutes les femmes de la métallurgie à réclamer l’application intégrale des tarifs et le système de la semaine anglaise payée. Le 1er juin un rapport de police signale que des "femmes ont commencé un mouvement de grève dans les usines de guerre". Le 3 juin, un meeting est organisé par le "comité intersyndical d’action contre l’exploitation de la femme" pour toutes les corporations en grève. Weber y rappelle que "si les directeurs des usines de guerre avaient appliqué le barème des salaires établi par le ministère de l’Armement, les munitionnettes n’auraient pas cessé le travail". Un délégué du comité rappelle "qu’il serait nécessaire que la femme s’organise car dans les usines de guerre notamment, il est très difficile d’obtenir l’application de la semaine anglaise et même de faire respecter le repos hebdomadaire et les tarifs".

Dans la première quinzaine de juin, le mouvement s’étend : pour la région parisienne, 42 000 grévistes dont 30 000 femmes et 1 2 000 hommes en 13O grèves dont 98 portent sur les salaires et 32 sont des grèves de solidarité. En province, on recense environ 40 grèves avec 16 OO0 grévistes dont 1 ’l OO0 femmes : 38 pour des questions de salaire. Ces grèves sont de courte durée et cachées à l’opinion par la censure. Le 13 juin, une consigne de presse invite les journaux "à ne laisser passer sur les grèves en France que les informations communiquées par le ministère de l’Intérieur".

Dans leur ensemble. elles portent sur des questions de salaire mais elles dénoncent aussi des règlements d’atelier trop sévères, le lait que l’on mette à des postes qualifiés des travailleurs non qualifiés, moins payés. La pratique du débauchage est fréquente et contribue à l’extension du mouve- ment, comme aux usines "Salmson", fabrique de moteurs d’avions qui emploie 4 5OO personnes dont mille femmes. Le lundi de la Pentecôte, 29 ouvrières s’absentent sans autorisation. 5 sont renvoyées alors que dans toutes les usines travaillant pour la défense nationale, cette journée avait été accordée. Dans l’après-midi, ces 5 ouvrières et quelques autres arrivent devant les usines "Salmson" à la tête d’un groupe de 200 femmes, formé de grévistes de la lampe "lris" d’lssy-les-Moulineaux, de chômeuses de la maison "Citroën" et de blanchisseuses de la région de Boulogne. Elles envahissent les ateliers et adressent à la direction une délégation pour la réintégration. C’est l’échec. L’ensemble du personnel est congédié. Le débauchage s’étend à d’autres usines de l’aéronautique comme "Farman", "Henriot", "Kelner" et "Renault" dans la métallurgie.

Dans leurs appels à les suivre, elles disent que les poilus reviendraient plus tôt, que la guerre cesserait d’elle-même le jour où on ne fabriquerait plus de matériel ni de munitions. Dans les réunions qui ont lieu à la Bourse du Travail, les profits de guerre sont dénoncés.

Dans ces secteurs. l’effervescence reprend dans la 2" quinzaine de juin ; le ministre de la Guerre vient d’élaborer un nouveau barème, suite à une proposition syndicale du 13 juin. ll accorde 30 o/o d’augmentation pour les ouvriers qualifiés mais rien pour les manœuvres et les femmes. Le 26, la grève générale "des bras croisés" est décidée par 3 5 000 voix contre 7 000. lls sont 54 000 à cesser le travail avec les 1O 000 qui avaient débuté les jours précédents ’. "Salmson", "Farman’" et "Kelner". "Renault" est seul établissement métallurgique à suivre. De nombreux mobilisés y participent. La reprise est décidée pour le 27 juin puisque le ministre a promis de résoudre le conflit, ministre qui ordonne d’ailleurs des réquisitions. L’agitation se maintient tout l’été car les nouveaux tarifs ne sont publiés que le 13 novembre. Merrheim estime qu’ils ne donnent pas entière satisfaction mais que des améliorations sensibles sont acquises pour les ouvriers qui touchent des bas salaires. Le 1 9 novembre, l’effervescence est tombée. Un ministère de choc vient d’être formé avec Clémenceau (16-11-1917) : les socialistes ne sont plus au gouvernement.

Le ministère Clémenceau va utiliser d’autres méthodes vis- à-vis des syndicalistes (pénétration policière des organisations, répression draconienne, censure, journaux suspendus ou supprimés) ce qui provoque très rapidement une grève dans la Loire. Andrieu (responsable syndical) est mis à la disposition des autorités militaires le 27 novembre à la suite d’un rapport de police. Les métallos se mettent en grève à Firminy, Saint-Etienne, Rive-de.Gier (le centre de la France est un important lieu de fabrication des armes). lls obtiennent sa réintégration le 14.

Les grèves se sont donc multipliées tout au long de 1917, atteignant de nombreuses corporations. Les femmes y ont joué un rôle important par leur nombre et leur participation. Si elles n’eurent pas de grandes responsabilités syndicales, elles furent quelquefois déléguées d’atelier. Pour une petite partie, c’est l’occasion de prendre une carte : moins de 1 2 % des ouvrières de guerre de la région parisienne étaient syndiquées en 1918.

Les revendications économiques étaient dominantes et obtinrent assez vite satisfaction étant donné la demande pressante de l’armée et les profits exceptionnels des usines de guerre. La fédération des métaux y eut un rôle dominant. Bien qu’animée par des opposants à l’Union sacrée, elle n’entraîna pas dans la classe ouvrière un courant radical contre la guerre. Toutefois, la participation de la population locale aux inci- dents militaires dans les gares était fréquente. Les permissionnaires qui remontent au front manifestent leur opposition et leur écœurement par des dégâts matériels dans les trains ou les gares, par des drapeaux hissés et par des slogans lancés contre la guerre : "A bas la guerre. A bas le gouvernement. Vive la Révolution. On nous envoie à la boucherie" On peut recenser une centaine de ces incidents en 1917, l’essentiel avant eu lieu au mois de juin après les mutineries. En 19l8, les grèves ’vont prendre un aspect plus politique en dénonçant la boucherie.

Guerre à la guerre

Aux difficultés de ravitaillement s’ajoutent la relève des travailleurs mobilisés des classes 10, 11, 1 2 et le départ de jeunes classes. 40 000 travailleurs sont menacés du front, dont certains connaissent déjà les horreurs. Le recours simultané à la main d’œuvre étrangère (lndochinois, ltaliens, Américains...) renforce les inquiétudes. Un délégué de chez "Salmson" exprime ses craintes le 15 mai : "ll (Clémenceau) veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes, en nous déclarant que les Américains nous viennent en aide. J’affirme que ce sont à des déclarations mensongères et que ce sont encore les Français qui seront les victimes. ll y a 15OO 000 victimes et environ 3OO 000 blessés- Et cela pourquoi ? Pour un gouvernement rempli d’appétits qui mène à la boucherie les meilleurs des nôtres". Une minorité grandissante réclame des comptes au gouvernement et anime, de mars à mai, un courant de grèves dont l’orientation pacifiste est nette. En mars, un congrès minoritaire se tient dans la région de Saint-Etienne qui préconise la grève générale. Depuis plusieurs mois, on relève de nombreuses déclarations pacifistes dans les réunions syndicales ou de délégués d’ateliers. "Les questions de salaire ne sont plus à envisager. Seule la paix doit intéresser les ouvriers et ouvrières. Votre rôle est de faire autour de vous, à l’atelier, au restaurant, partout enfin la propagande nécessaire pour mettre un terme à la tuerie et le seul mot que vous devez dès maintenant prononcer est celui de paix" (16-02-18 Délégué de chez Levasseur). La motion suivante est adoptée par les délégués des usines de la Seine dès le 3 février : "Nous voulons gue la majorité confédérale se range aux côtés de la minorité. Nous voulons aussi une réunion de l’Internationale et si l’on nous refuse les passeports, nous n’hésiterons pas à décréter la grève générale". L’exemple soviétique qui a signé l’armistice avec l’Allemagne le 15- 12-1917 et la paix le 3 mars 1918, développe les aspirations à une paix immédiate. Des conseils syndicaux minoritaires proposent un tel mouvement dans les centres métallurgiques et d’aviation de la région parisienne. L’action devait partir de province. Ce sont en fait les délégués d’atelier des usines Renault qui décident le 1 1 mai le principe d’une grève immédiate "pour l’application du nouveau barème et amener le gouvernement à faire un pas vers la paix en faisant connaître ses buts de guerre". Cette initiative est reprise le lendemain par les 600 délégués des usines de guerre de la région pari- sienne, qui fixent la date du 13. "ll faut que tous les ouvriers soient prêts à descendre dans la rue pour demander la paix juste et durable". A midi, l’usine est fermée en raison de la grève. La province suit et 2OO 000 métallos participent au mouvement. Ce n’est que le 16 mai que la fédé des métaux prend en charge cette action spontanée. Elle prend contact avec les parlementaires du groupe socialiste et rencontre Clémenceau le 17 mai. lls veulent obtenir un débat parlementaire sur les buts de guerre. Clémenceau en accepte le principe à condition toutefois de ne pas parler du mouvement gréviste en cours. Merrheim et Jouhaud se plient à ces exigences contre des garanties sur l’absence de sanctions contre les grévistes (tout mobilisé (gréviste) qui ne sera pas au front au bout de 5 jours sera considéré comme déserteur), et proposent, avec les organisations syndicales la reprise pour le samedi 18 mai. "Votre mouvement est beau mais songez que la fédé des métaux ne représente pas la classe ouvrière toute entière. Nous aurons cependant le devoir dans l’avenir de rester sur la brèche pour obliger le gouvernement quel qu’il soit à se prononcer sur les buts de guerre".

Mais le mouvement s’est étendu à la province et continue, prenant à plusieurs endroits des formes violentes pour lutter contre la relève. L’agitation est importante dans l’lsère, le Rhône, la Loire, la Saône-et-Loire, la Nièvre... A lmphy, par exemple, la campagne pacifiste est signalée dès le 16 mai. Le 18 les aciéries sont en grève, A 3h du matin. une pancarte apposée à la porte annonce : "La grève générale est décrétée dans toute la France : camarades d’lmphy tous debout ! Réunion à 2 heures". Par la presse du matin, ils apprennent l’accord passé. La reprise n’a cependant lieu que le 22. A Firminy, les manifestants veulent s’opposer au départ des jeunes classes. La troupe est débordée, le commandant du secteur malmené. A Saint-Etienne, une manifestation a lieu à la gare. Des femmes arrêtent les mobilisés cherchent à enlever les paquets et les ordres d’appel. ll y a 3 blessés.

Des cas de sabotage et de coulage sont signalés. A Roanne, où l’arsenal est en grève à partir du 22 mai, au Km 134, des fils de signaux de chemin de fer ont été coupés. A Saint-Etienne, à deux endroits différents, 28 fils sont sectionnés.

L’ensemble de ces mouvements est terminé le 28 mai. La répression ne se fait pas attendre. Ce sont des arrestations pour désertion abandon de poste, provocation de militaires à la désertion. Les minoritaires ont réussi à déclencher un mouvement de grande ampleur contre la guerre, mais les divisions internes et la tactique répressive de Clémenceau en viennent à bout.

Malgré des conditions difficiles - la guerre et l’Union sacrée - les revendications ouvrières, un instant mises à l’écart, ressurgissent avec une grande ampleur et préparent des luttes plus vastes, dès l’armistice signé.

Monique BONNEAU


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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede bipbip » 15 Oct 2017, 13:58

Les mutineries des soldats français

Extrait du numéro 10 avril juin 1973 du Peuple français.

Partie pour la guerre en dentelle en août 1914, l’armée française s’était rapidement engluée dans la boue froide des tranchées. Mois après mois, année après année, les morts s’amoncellent. Mais les poilus sont toujours solides au poste, l’Etat-Major, malgré des rivalités internes, toujours sûr de lui. Pourtant la victoire rapide de 1914 s’estompe de jour en jour dans la guerre d’usure, ou le maintien du front, stabilisé depuis novembre 1914, coûte chaque fois des vies nouvelles. Les- saignées chez I’ennemi sont faites au prix de sacrifices tout aussi grands chez I’attaquant.

L’OFFENSIVE NIVELLE Avril 1917.

- La victoire est à nouveau promise. Si la pression russe n’est plus aussi forte sur le front, ceci est dû au fait de la première révolution russe ; mais, les Américains vont renforcer le front ouest, et surtout un nouveau général en chef, Nivelle, a établi un plan d’attaque, qui par une percée fulgurante, bousculera les allemands et permettra la reprise de la guerre de mouvement. ll s’agit de faire une grande percée sur le plateau de Craonne, position stratégique que les Allemands possédaient. Mais le plan est connu par les Allemands, qui dégagent leurs troupes en créant un vide dans lequel les troupes françaises et anglaises vont s’enferrer sans préparation sérieuse d’artillerie. L’armée allemande repliée sur des positions solides massacra les troupes adverses à la mitrailleuse et au canon.

Lancée le 16 avril 1917, l’offensive principale eut lieu dans la région de Reims, sur le plateau de Craonne au Chemin des Dames. Le 17 avril, Nivelle connaît son échec ; ce n’est que le 20 mai que l’offensive est arrêtée. Quelles que soient les causes de l’échec, trahison ou bêtise, sans doute les deux, les résultats de l’offensive sont sans commune mesure avec les pertes : 271 000 hommes pour quelques centaines de mètres ou au plus 2 km de terrain gagné. Seuls restaient pour les soldats des noms tristement célèbres : Moulin de Laffaux, Vauclerc, le Cornillet. Hurtebise et Craonne avec sa chanson.

LA SITUATION INTÉRIEURE

Ce massacre inutile eut des répercussions rapides à l’intérieur de la France où la situation sociale et politique était tendue. En effet, par le rôle que les ouvriers avalent pris dans la production d’armement nécessaire au ravitaillement de l’armée, ceux-ci avaient relancé les revendications laissés en sourdines au début de la guerre sur les conseils des socialistes partisans de I’Union sacrée. Mais en 1917, la conférence de Zimmerwald, qui s’est tenue 2 ans auparavant, a modifié le rapport de force au sein du mouvement socialiste ; les thèses de Lénine, sans être totalement adoptées, relançaient le courant révolutionnaire et pacifiste.

En France, la Fédération des Métaux, très puissante dans la C.G.T.. suit Lénlne et le nouveau mot d’ordre ouvrier est : "ouvrier en blouse et en uniforme debout pour la lutte révolutionnaire ". Les grèves sont nombreuses. En mars 1917, treize grandes grèves avec parfois des émeutes ; la production de guerre diminue de 5O% à Bourges, de 15 % à Paris, tandis que les mouvements pacifistes et révolutionnaires possèdent des correspondants à l’armée qui reçoivent les tracts et les journaux (le . Bonnet Rouge ’, . l’Humanlté ’, . le Journal du Peuple’), qu’ils font circuler parmi les soldats et même chez les officiers. Le gouvernement doit tenir compte de ces nouvelles composantes de la politique française, lorsque des socialistes français lui demandent des passeports pour Stockholm où doit se tenir une conférence qui peut aboutir à une proposition de paix, que l’Etat-Major refuse obstinément et que le gouvernement ne souhaite pas réellement. C’est dans ce contexte intérieur et extérieur que fin mai l’armée française, jusqu’ici, atteinte de quelques refus d’obéissance simple, connut un mouvement de mutinerie de grande ampleur.

L’EXTENSION DES MUTINERIES

Les mutineries de 1917 évoluèrent à la fois dans le temps et dans l’espace.

Leur extension dans l’espace se situe essentiellement entre Soissons et ,Aubérive, c’est-à-dire surtout sur le front qui avait participé à l’action Nivelle du 16 avril 1917 : quelques mouvements eurent lieu à la fin dans la région de Verdun. Mais le restant des troupes du front franco-anglais, qui s’étendaient de la Mer du Nord au Rhin, fut peu atteint, sauf dans certain secteur de l’armée anglaise, où le général Haig réprima durement et rapidement les débuts de révolte qui se firent jour.

Entre Soissons et Aubérive, ce furent surtout les divisions situées dans le secteur du Chemin des Dames qui fournirent le plus grand nombre de révoltés. Mais cela ne situe pas la crise réellement, car si elle fut limitée sur le front, elle prit de l’ampleur en profondeur, dans l’arrière du front.

La crise s’est étendue dans les zones de repos ou les divisions étaient maintenues en attendant ou en revenant des offensives ; mais elle a aussi touché plus en profondeur : les gares où les trains de permissionnaires stationnaient ou bifurquaient, et les gares terminus de Paris.

Dans le temps, la mutinerie a commencé lentement dans les jours qui suivirent l’offensive Nivelle, pour atteindre un paroxysme au début juin où les troubles ont des aspects franchement révolutionnaires et rassemblent un nombre important de mutins.
Ensuite la crise est retombée, avec une reprise fin juin, puis un pourrissement jusqu’à la fin de l’année 1917.

LES FORMES DE LA CRISE

La crise prit deux formes principales, individuelle et collective ; mais c’est le deuxième cas qui frappa l’opinion publique et qui mérite vraiment le nom de mutinerie.

Les révoltes individuelles eurent deux aspects. D’une part, les désertions à l’extérieur qui furent peu nombreuses du fait de leurs difficultés et des risques graves encourus ; d’autre part, des désertions intérieures qui existaient dès avant 1917, en atteignant 15 700 cas en moyenne par an, mais qui augmentèrent brutalement au moment des mutineries, et qui étaient assez difficiles à réprimer puisqu’il y eut des cas de désertions intérieures où le soldat ne fut repris que un ou deux ans plus tard et pour certains jamais.

Mais l’essentiel de la crise s’est traduit par des formes collectives, soit par de petits groupes (20 à 40 hommes) ; soit de mouvements plus importants. 250 cas de refus collectifs ont été recensés et 121 régiments furent touchés une ou plusieurs fols ; les actes collectifs évoluèrent en quantité et qualité au cours des mois de mai et de juin.

Les premiers incidents éclatèrent le 17 avril à Auberive où une vingtaine d’hommes abandonnèrent leur poste au moment de monter à l’assaut. Mais ce n’est encore qu’un phénomène spontané où le soldat instruit de l’expérience de la veille et du massacre qui s’ensuivit, prend peur et refuse . d’aller à la boucherie ’. Les incidents qui se répètent dans les dix jours qui suivent sont plus nombreux et touchent plus d’hommes ; le 2 avril, 200 hommes se dispersent au moment de remonter en ligne, puis le 4 mai, ce sont les officiers qui se joignent au refus de leurs hommes ; mais il n’y a jamais de motifs politiques mis en avant, et on ne trouve pas de cas sociaux ou syndicaux dans les déserteurs, et les officiers dans l’ensemble reprennent leurs hommes en main, tandis qu’une partie d’entre eux est traduite en conseil de guerre’

Dans les 15 jours qui suivent, fin mai, le nombre de refus collectifs augmente rapidement, ainsi que le nombre de soldats concernés ; d’autre part, fin mai, les formes de révolte évoluent, en particulier à la 3ème D.l. qui a été engagée à Craonne et où les soldats, devant les rumeurs de retour au front, chantent l’Internationale, tirent des coups de feu, lancent des grenades dans la ville de Viller-sur-Fère. où ils sont en cantonnement. L’État-major, cette fois-ci, réagit vigoureusement : 5 condamnations à mort dont 4 exécutions, alors que jusqu’ici la grâce était presque automatiquement accordée.

C’est que la révolte a changé d’aspect, elle a une forme révolutionnaire sinon le fond, et l’État-major fait appel pour justifier sa répression, à la conspiration pacifiste . Simple acte d’indiscipline jusqu’ici, le mouvement pourrait devenir plus politisé. Et les événements du 28 mai au 5 juin, sont effectivement plus graves. Il semble que durant cette période, les bataillons se soient repassés des consignes de grève, les mots d’ordre existent et sont directement tournés contre la guerre et non contre les officiers. Les mouvements se poursuivent sur deux ou trois jours dans un même régiment et des rumeurs de marche sur Paris circulent. Dans tous les cas, l’Internationale est le chant qui jaillit spontanément. Par endroit, des officiers sont frappés, et il apparaît pour la première fois, la constitution d’une sorte de conseil de soldats pour lancer un mouvement, tandis que des tentatives de structuration apparaissent. Le maximum de la crise est atteint dans les premiers jours de juin.

A la 5’ D.1., après une réunion préparatoire, 250 à 300 soldats et caporaux manifestent invoquant plus ou moins des mobiles politiques (Congrès de Stockholm...). Mais les événements les plus importants ont lieu à Vlllers- en-Tardenois et Chambrecy à la 41’ D.l. L’importance tient au nombre de mutins d’une part (2 000), aux prétextes invoqués d’autre part ( on tire sur les femmes en grève à Paris ), et aux formes révolutionnaires des manifestations : défilés drapeau rouge en tête, au chant de l’Internationale, attaque et pillage de la mairie de Villers-en-Tardenois, mollestage et menace de mort vis-à-vis du général Bulot, traité . d’assassin. buveur de sang ’.

Le mouvement va durer trois jours (lèr, 2 et 3 Juan) et le calme revient après. Les concessions des officiers et les dispersons des régiments permettent ce retour au calme. Révolutionnaire dans la forme, le mouvement ne l’a sans doute pas été dans le fond, bien qu’il faille remarquer que l’un des régiments comprenait un noyau révolutionnaire (groupe révolutionnaire d’Oyonnax) qui a dû influencer le mouvement comme le prouvent les paroles d’un soldat : . Ce n’est pas seulement du repos qu’il nous faut mais, la paix ou la révolution. ’

Le mouvement risquent de prendre de l’importance et de dégénérer, l’État-major commence à changer de pratique : la force ne peut rien en ce moment pour la répression ’, et on s’achemine vers une reprise en main plus subtile. On pratique la dispersion et l’isolement des mutins, par rapport à leurs camarades, aux civils, et surtout par rapport à la Région Parisienne où les permissionnaires ont des contacts avec les pacifistes.

En effet, tandis que se déroulent des manifestations plu-s ou moins importantes dans les camps de repos proches du front, 130 gares sont touchées par des troubles qui varient en gravité’ Les gares représentent une plaque tournante des permissionnaires. montant et descendant du front dont le soldat est aussi loin que du danger de la répression immédiate. Il est au milieu d’autres soldats et d’autres officiers que ceux de son régiment qui le connaissent bien et peuvent plus facilement prendre des sanctions. Enfin les trains sont souvent mauvais, restent plu- sieurs heures en gare, et les soldats qui y sont entassés ont tout le temps pour échanger des informations vraies ou fausses sur les mutineries, De fait les manifestations dans les gares sont nombreuses, parfois violentes. Souvent ce sont de simples cris : A bas la guerre ! Vive la révolution ! Vive la paix ! Le chant de l’Iternationale est toujours présent. D’autres fois, on jette des pierres dans la gare au passage du convoi, on pille les wagons de marchandise, on arrache des portières. Lorsque le service d’ordre veut intervenir, les manifestations dégénèrent très rapidement au détriment des différents officiers de l’armée, de la gendarmerie ou de la police. La solidarité des soldats joue à plein, tout soldat arrêté est immédiatement délivré par les autres, quelquefois par des sous-officiers qui prêtent main- forte aux soldats. Dans les gares parisiennes, la propagande pacifiste a toute facilité pour agir face à la police et à l’armée qui rejettent l’une sur |’autre le contrôle des gares et s’opposent plus ou moins. Des agences de désertion fonctionnent à la sortie de certaines gares et le soldat peut y trouver des habits civils pour déserter.

Ces événements à l’arrière justifient l’analyse qu’une partie de l’Etat-Major fait de la crise’ : l’essentiel de la mutinerie a pour cause l’action des pacifistes et des révolutionnaires. C’est la thèse avancée par les généraux Franchet d’Espérey et Duchêne. Les événements du 2 juin à Beuvards viennent étayer leur thèse. A la 47’ D.I.. la révolte est lancée par un seul homme sur mobiles politiques : . A bas la guerre ! Vive la révolution ! A bas la calotte ! ’. Ces appels sont repris rapidement par 150 hommes qui acclament la révolution russe. Les officiers gui tentent de calmer leurs hommes sont obligés de faire une retraite, précipitée. Puis, le mouvement déborde le campement et les soldats se répandent dans les rues de Beuvards en direction de la maison des officiers sur laquelle ils tirent. Les quelques officiers qui s’y trouvent n’ont que le temps de s’enfuir à travers champs, poursuivis par leurs soldats qui ne peuvent les rattraper. Le restant des soldats libèrent les prisonniers du poste de police, tout en mettant le feu à une baraque d’adrian (Baraques en bois faciles à démonter et donc à monter.), tirant sur ceux qui veulent éteindre l’incendie, et échangeant des coups de feu avec les soldats qui ne veulent pas se joindre à eux. Finalement isolés, les mutins se rendent au matin. Les sanctions furent rapides et frappèrent principalement un caporal qui dirigea plus ou moins la mutinerie.

Après l’échec de ces mutineries graves au début de juin, il semble qu’un calme revienne. Est-ce du fait que le mouvement n’arrive pas à prendre de l’ampleur et que les meneurs attendent un meilleur moment ? On peut retenir cette hypothèse dans la mesure où des mutins se sont enfuis en criant : "c’est manqué ".’

Toujours est-il que du 7 Juin au 3 juillet, peu à peu le calme revient, non sans quelques mutineries encore violentes, surtout fin juin, le 26 et 27, à la 15. D.l. Dans cette division un leader apparaît et organise un mouvement comportant une centaine d’hommes. Les mutins s’arment, marchent"sur Soissons, molestent des officiers et continuent sur Moncourt ou un sous- lieutenant sauve sa vie de justesse, tandis qu’un convoi militaire est arrêté et en partie détruit. C’est avec l’arrivée de la nuit que le calme est rétabli. Cette mutinerie est la dernière de grande ampleur. Les manifestations qui vont suivre seront surtout orales ou écrites, mais dans tous les rapports et dans les lettres ouvertes par le contrôle postal, une idée domine : . Le mouvement a échoué, mais il faudra le refaire.

Des troubles apparaîtront encore Jusqu’en janvier 1918 ; et même si il n’y à-plus de rébellion-ouverte les rapports de police signalent que les soldats en permission refusent très souvent de saluer les officiers, avouant ainsi que l’autorité est loin d’être rétablie six mois après les troubles.

Si on se cantonne aux faits, il semble finalement que certains régiments ont eu des accès de mauvaise humeur qui ont pris par endroit des formes révolutionnaires, mais qu’il n’y ait pas eu le plus souvent de prise de conscience politique. Pourtant le contrôle postal a arrêté des lettres qui prouvent un malaise plus profond et une volonté déterminée d’en finir avec la guerre, soit par la paix, soit par la révolution : . La division est en révolution. Nous ne voulons plus marcher. lls ont voulu tuer les commandants de régiments... ll faut en finir avec la guerre qui aboutit à la destruction des ouvriers et la consolidation des intérêts du capitalisme. ll faut la paix ou la révolte.

QUI S’EST RÉVOLTÉ ?

Il ne semble pas qu’il faille s’arrêter à des causes purement militaires de la mutinerie. mettant en avant les erreurs de l’Etat-Major. En effet ce sont toujours des petites gens qui se révoltent ; très peu de mutins appartiennent à des catégories socio-professionnelles élevées. La paysannerie représente la majorité relative des révoltés, mais après arrive immédiatement le monde ouvrier qui aura le triste privilège de fournir la majorité des condamnés à mort et des exécutés, et ceci bien que Pétain ait souvent accordé une grâce lorsque le condamné était trop marqué politiquement ou syndicalement afin d’éviter des remous à l’arrière. Parmi ces ouvriers révoltés la plus grande partie est originaire du Nord, de la Région Parisienne et de la Région Lyonnaise, régions où l’activité syndicale et politique étaient intense. Paysans ou ouvriers ce sont toujours des célibataires jeunes qui forment la majorité des mutins mais on trouve aussi des hommes mariés avec enfants, quoiqu’ils s’engagent moins facilement dans des actions pouvant entraîner la peine de mort. Bien que parfois des officiers aient participé aux mouvements, ce que les rapports militaires passent le plus souvent sous silence, il reste de tout ceci que c’est avant tout la révolte des simples soldats.

LES RÉACTIONS FACE AUX MUTINERIES

Les réactions face aux mutineries vont être différentes suivant le niveau hiérarchique chez les ’militaires et suivant l’évolution de la situation intérieure chez les civils. Les officiers sont directement au contact des soldats et des mutins en particulier. lls connaissent la lassitude qu’éprouve le poilu devant une guerre qui s’éternise. Mais il y a deux catégories d’officiers, ceux qui sortent de l’école de guerre seront toujours partisans de la répression rapide et brutale, d’autant plus qu’ils se savent peu aimés de leurs hommes envers qui ils sont froids et distants. Ces officiers brillants, pas toujours courageux, et généreux de la vie de leurs hommes, sont les premiers molestés dans ’les bagarres, et leur réaction est logique d’autant plus qu’ils viennent souvent de milieux socialement élevés et politiquement réactionnaires.

Par contre les officiers sortis du rang du fait de la guerre et du manque de cadres, restent proches de leurs hommes dont ils faisaient partie i’l y a peu de temps. lls les comprennent quand ils ne les aident pas directement. Ces officiers ne sont pas toujours bien vus par l’Etat-Major, surtout lorsqu’ils demandent à celui-ci du repos pour leurs hommes et qu’ils excusent leurs révoltes. Certains de ces officiers sont des militants pacifistes, ils participent à des réunions du P.S.U. (Parti socialiste unifié autonome par rapport à la S.F.|.O. avant 1914) à Paris durant leurs permissions et quelques-uns sont partisans de collectifs de soldats à la manière des soviets.

Face à ces nouveaux officiers, la quasi totalité de l’Etat-Major, habitué à une autorité sans partage, interprète la crise sous un angle révolutionnaire.

Fayolle et Franchet d’Esperey l’affirment, d’autres le sous- entendent, mais presque tous voient dans une répression rapide et brutale la solution pour se débarrasser du mouvement socialiste tant dans l’armée qu’à l’arrière du front, sans toujours se rendre compte que le rapport de force n’est pas vraiment en leur faveur.

Parmi les généraux, Pétain est le plus lucide et préfère une solution plus paternaliste car il se méfie de l’épreuve de force, dont il sait qu’elle pourrait par la . solidarité du peuple , se retourner contre le régime, comme il en a l’exemple en Russie. .

La pratique donnera raison à Pétain qui déjà applique une idée qu’il développera par la suite plus largement : "Un général en chef doit être un homme d’état" ,. Et c’est en homme d’état que Pétain va utiliser les rapports des polices militaires et civiles.

Les renseignements fournis par la police et la section de renseignements aux armées (S.R.A.) tiennent compte pour les deux organismes du rôle de l’offensive Nivelle et de son résultat désastreux sur le moral des troupes. Mais les rapports vont plus loin. La police pose le problème de la compétence de l’État-major et de celle des jeunes officiers sortis des écoles de. guerre. Le S.R.A., tout en tenant compte des problèmes militaires, met en avant le rôle des pacifistes. Même s’il est normal pour une police militaire de chercher des responsabilités ailleurs que dans l’armée, le fait est symptomatique. En tout cas, les rapports.- sont significatifs de l’état d’esprit régnant dans l’armée : . l’armée n’a pas envie de faire lâ révolution, mais si elle la croit organisée, elle voudra y prendre part ll faut encore tenir compte des derniers mots d’un soldat, avant d’être fusillé : il déclare avoir eu des rapports avec une organisation centrale à Paris. Même si le fait n’est pas vrai, la déclaration du fusillé, rapportée par la S.R.A., prouve qu’il règne dans l’État-major et la police militaire la hantise ’de l’exemple russe.

Parallèlement la réaction du gouvernement est ambiguë. D’une part il ne veut pas donner prise aux reproches de l’armée et ainsi lui laisser le champ libre pour prendre des décisions de police chez les civils, d’autre part il semble qu’il ait été incapable ou bien qu’il n’ait pas voulu contrôler la propagande pacifiste. Mais avant tout le gouvernement fut peut -être plus proche de son opinion publique et conscient des risques, que ne l’étaient la plupart des généraux.

LES CAUSES

Si les réactions furent si différentes c’est peut être aussi parce que les causes furent très variées et que chacun a pu ainsi en retirer ce qui le servait le mieux.

Parmi les causes, le soldat reproche à l’Etat-Major (d’une façon plus ou moins nette) la longueur de la guerre, les permissions insuffisantes, le maintien en ligne trop longtemps, les offensives inutiles et meurtrières, et puis les camps de repos infectes et surchargés où l’on ne trouve l’oubli du front que dans le vin vendu à bas prix par des civils qui profitent de la situation.

Les mots qui reviennent le plus souvent dans les reproches des mutins sont "mépris" et " boucherie inutile ". Le soldat a l’impression d’être considéré par certains officiers qu’à partir du moment où il monte en ligne pour la . boucherie ’. La dernière offensive de Nivelle lui a donné de bonnes raisons d’accroître ses revendications et l’obstination de celui-ci dans ses erreurs amène le soldat à penser que l’ensemble du haut commandement est incapable de terminer la guerre. Toutes ces conditions permettent à la propagande pacifiste de se développer rapidement. Même si celle-ci ne fut pas le véritable moteur de la crise, elle en fut sans doute le catalyseur.

Cette propagande fut très active et elle se fit sous des formes multiples que la censure militaire ne parvint pas toujours à arrêter.

L’action pacifiste va du simple tract envoyé par la poste ou acheminé par un permissionnaire dans chaque régiment, jusqu’à l’action ouverte dans les gares et dans les trains sous forme de propagande orale invitant les soldats à déserter ou à se révolter contre le massacre inutile,. Le contrôle postal fait de son mieux pour arrêter les lettres et les tracts mais parfois son action plus ou moins efficace réussit en fait à déformer ou amplifier involontairement l’information ou la propagande initiale. C’est ainsi que se répand dans les régiments une rumeur selon laquelle des grèves de femmes ont été matées à la mitrailleuse grâce à des troupes coloniales. Pour ce motif beaucoup de soldats refuseront de monter en ligne.

Même s’il faut tenir compte du fait qu’une partie de la propagande pacifiste et anarchiste est entretenue par des agents allemands à Paris, on ne peut malgré tout leur imputer toute l’action pacifiste et syndicaliste, et, surtout cela ne suffit pas pour expliquer le fait que cette propagande ait pris autant parmi les soldats. ll faut bien reconnaître que le climat social et le moral de l’armée s’y prêtaient, que la propagande soit ou non d’origine allemande.

Les causes annexes de la mutinerie sont d’importance variable mais non négligeable. Ainsi le rôle d’exemplarité de la révolution russe n’est pas à sous-estimer. Beaucoup de mots d’ordre des mutins s’y réfèrent : Vive la révolution ! Vive la paix ! Vive la Russie ! ’ ou encore, on va faire comme en Russie . Il se forme dans certains régiments des embryons de conseils de .soldats sur le type des soviets. L’État-major se plaint d’ailleurs souvent de la trop grande liberté de la presse vis-à vis de la révolution russe et du danger de l’exemple pour l’armée française. ll se plaint aussi de l’hésitation du gouvernement vis- à-vis de la réunion de Stockholm et de l’espoir de paix que celle-cl suscite chez les soldats qul en parlent souvent dans leur courrier. Dans tous les cas l’état-major réclame une plus grande censure et s’attaque aux autorités civiles qu’il estime trop molles face aux mouvements pacifistes et syndicalistes.

Enfin il faut souligner une cause indirecte dans l’extension de la crise ; .le. jeu de la solidarité des soldats face à la répression. Cette solidarité se manifeste de diverses manières,’ le plus souvent par une grève des bras croisés,. Ce type d’action énervant L’État-major car elle lui rappelle trop que le soldat est avant tout un civil en uniforme, et, que les trois ans de guerre n’ont pas réussi à lui casser ses réflexes de travailleur. Dé plus des sanctions sont plus difficiles à prendre dans ce cas que lors d’une action violente. La solidarité n’est pas négligeable et fera, dans bien des cas, reculer une répression brutale qui tentait certains généraux. Ainsi un officier constate : . La force ne peut rien en ce moment pour la répression., Ceci peut expliquer le fait que la répression fut moins violente que certains le souhaitèrent.

LA RÉPRESSION

La répression évolua dans le temps avec l’ampleur du mouvement et le rôle de plus en plus grand de Pétain. La première réaction de l’Etat-Major, qui fut celle aussi de Pétain au tout début, se traduisit par une volonté d’appliquer systématique- ment la loi martiale, comme Joffre en avait donné l’exemple dans les années précédentes. Si l’on en croit le témoignage d’anciens combattants la décimation fut pratiquée dans certains régiments ; mais rapidement il semble que le danger d’une telle répression apparut aux généraux. La solidarité risquait de jouer contre le système répressif et au lieu de résoudre la crise pouvait au contraire accélérer la prise de conscience des soldats en faveur de la révolte.

La réaction du gouvernement a été plus simple. Son analyse reposait essentiellement sur le fait que la crise était avant tout de la faute de l’Etat-Major, en conséquence c’était à celui-ci de régler le problème. Le gouvernement dégageant sa responsabilité laissa à Pétain toute latitude pour agir. ll semble donc que l’attitude du gouvernement ait consisté à faire le moins de remous possible surtout dans les milieux politiques et syndicaux.

Dans ce contexte, l’action de Pétain fut plus celle d’un homme politique que celle d’un militaire. Pesant les différentes causes, il choisit une répression courte qui lui permettait de faire des exemples, tout en acceptant des concessions sur le plan de l’organisation matérielle, mais qui ne remettait jamais en cause les fondements de la hiérarchie militaire et la structure de l’armée.

Sachant qu’une répression brutale de grande envergure était impossible, sinon . il aurait fallu arrêter des divisions entières, officiers compris ,, il choisit de faire passer en jugement, devant des conseils de guerre, tous les soldats qui pouvaient être considérés comme meneurs (qu’ils soient arrêtés sur le vif ou dénoncés par la suite). Les accusés avaient le droit d’avoir des défenseurs qu’ils choisissaient eux-mêmes, sauf dans les cas où la gravité du crime réclame un châtiment prompt et exemplaire ’ et où le jugement avait lieu "sans retard ".

Quelles furent dans ces conditions le nombre de condamnés ? Les chiffres varient de 412 condamnations à mort dont 55 exécutlons selon le service historique des armées, à 629 condamnations dont 75 exécutions (23 seraient discutables), selon G. Pedroncinl, qui rejette l’hypothèse de la décimation. Pour les autres condamnations, 2 873 ont été prononcées, dont 1 881 sont des peines de prison supérieures à 5 ans et I 492 peines légères. Dans tous les cas, la répression s’est accélérée après le 15 mai, c’est-à-dire quand la crise devient plus violente et prend une consonnance plus politique. Mais si Pétain pense " qu’une première impression de terreur est indispensable ’, il sait les limites de cette terreur, et préfère mettre l’accent sur des mesures plus matérielles, en augmentant le nombre de permissions, en améliorant les cantonnements en arrière du front, ainsi que la nourriture, dans un but bien précis : disperser les régiments mutins en les fondant dans des régiments . " sûrs ’’ et reprendre tout le monde en main dans des camps de repos. Ainsi Pétain indique dans une note : . L’instruction sera reprise suivant une progression soigneusement combinée... les chefs de corps profiteront du repos pour rétablir par des mesures appropriées la subordination de grade à grade... ’

Pétain n’oublie pas non plus l’aspect économique de la crise et modifie la solde de façon à contrôler le soldat sur ses dépenses en instituant un carnet d’épargne sur lequel est visé la somme, évitant que le poilu dépense celle-ci dans le vin qui aida certains soldats à passer aux actes de mutineries.

Mais la reprise en main de Pétain ne s’étend pas uniquement à l’armée, les civils sont aussi concernés. Pétain décide d’empêcher le plus possible les contacts entre les parlementaires et la troupe, car ces contacts risquent de déconsidérer L’État- Major par les révélations qu’ils peuvent apporter. ll faut tenir le plus possible les civils à l’écart. Pour cela, il faut tenir en main la presse car le général Gamelin pense "qu’on joue avec le feu en laissant la presse commenter sans discernement la révolution russe, les grèves et même les événements militaires". C’est Nivelle qui fournit un plan pour museler la presse en créant . le service d’informations "aux armées", qui distribuera les informations à 12 journalistes accrédités et placés sous la direction d’un officier supérieur. Les articles seront censurés par le G.O.G. qui jugera des . "bonnes" Infor mations à diffuser. Les propositions de Pétain au Ministre de l’Intérieur (Malvy) sont claires : il faut éviter les articles propres à démoraliser les troupes (demande qui reconnaît finalement le rôle de la propagande pacifiste), au contraire ll faut susciter des articles donnant confiance au soldat en lui-même et en l’Etat-Major. Pétain résume cela en une phrase : " ll faut obtenir de la presse qu’elle soit moins critique et plus documentaire" Et pour être plus sûr d’éviter la "presse critique", Pétain commence une action pour interdire toute presse et propagande pacifiste et révolutionnaire. ll pousse le gouvernement à agir en faisant taire les dirigeants syndicalistes, en interdisant les réunions anarchistes et en poursuivant les soldats qui veulent y assister. Les tracts et journaux pacifistes sont saisis, les instituteurs de l’Ecole Emancipée sont surveillés et leurs journaux interdits.

Mais pour Pétain, son travail ne pourra être mené à bien qu’avec l’élimination des partisans de la paix, à l’intérieur même du gouvernement. ll obtiendra le renvoi du préfet de police Laurent, pas assez actif vis-à-vis des pacifistes, mais surtout, indirectement grâce à Clémenceau et à l’extrême-droite réunis, il aura la satisfaction ile voir Malvy démissionner le 2 septembre 1917. Le premier novembre, Clémenceau (4) prend la direction du pays et « entreprend » la lutte contre les pacifistes. Clémenceau, arrivait au bon moment pour la France bourgeoise, car si le calme régnait de nouveau sur le front grâce à Pétain, la tension restait telle à l’arrière que presque partout les permissionnaires refusaient de saluer les officiers et la victoire d’octobre 1917 en Russie était de plus en plus tentante pour certains soldats.

A la fin de l’année 1917, la crise est en voie de résorption définitive grâce à Pétain sur le plan militaire et à Clémenceau sur le plan intérieur. Combien de soldats furent touchés par ce mouvement ? Les chiffres varient de 40 à 100 000 mutins déclarés, mais il reste à connaître ceux qui approuvèrent et souhaitèrent la révolte et dont les lettres ouvertes par le contrôle postal semblent indiquer qu’ils furent très nombreux. Les estimations donnent un tiers de soldats restés "fidèles". Cette crise apparaît donc plus profonde qu’on ne laissa paraître sur le moment et le faible nombre d’exécutions fut peut être dû plus à l’impossibilité d’une répression de grande envergure plutôt qu’à la volonté réelle des dirigeants d’épargner les soldats dont ils avaient fait bonne mesure jusqu’alors dans chaque bataille’

Michel LUSSAC.. (4) Peuple Français no 3 . " Au pilori "


http://revolutions-1917.info/spip.php?article40&lang=fr
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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede bipbip » 04 Nov 2017, 12:31

Galié (31)
Centenaire 14-18 « 1917: Mutineries & fraternisations »

• Une exposition (Textes, Photos, Extraits de carnets de guerre et de journaux de campagne) complétée de documents audio-visuels : ( Entretiens, chansons, extraits de films )
• Ouverte de 15H à 18H
• Samedi : 4 et 11 Novembre
• Dimanche : 5 et 12 Novembre

Salle communale, « Grange de Sost », 31510 Galié

L'année 1917 voit la guerre se mondialiser encore avec l'entrée des Etats Unis. La Révolution déstabilise la participation de la Russie au conflit. Toutes les armées sont essoufflées, les belligérants sont exsangues. Une paix négociée est envisagée.

Pourtant les combats continuent. Sur le Front occidental, le Général Nivelle lance l'offensive du Chemin des Dames : Mal préparée, anticipée par les Allemands, c'est un échec militaire et une hécatombe humaine.

Dès 1914, les mutineries éclatent, protéiformes : du simple « chambard » au refus de monter en ligne, de la « Chanson de Lorette (ou de Craonne) » à la fraternisation.

Mort, prison, travaux forcés, envoi en première ligne : les mutins sont durement punis.

De 1914 à 1918, 650 soldats français sont « fusillés pour l'exemple » pour désobéissance militaire. A ce jour, une trentaine seulement a été réhabilitée.

Programme : https://comminges.demosphere.eu/rv/6056
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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede bipbip » 05 Nov 2017, 21:08

Théâtre. « 14-19, la mémoire nous joue des tours »

Vidéo. Cyril de Jolie Môme : « Il y a une contre-histoire de la première guerre mondiale »

Il n’y a pas que la guerre, qui est un champ de bataille. L’histoire et la mémoire aussi. C’est pourquoi la compagnie Jolie Môme a souhaité fêter à sa façon l’anniversaire de la révolution russe, en revenant sur ce pan de l’histoire de la grande guerre, occulté des manuels scolaires.

« Dans cette boucherie, il y a des révolutions qui démarrent, comme en Russie en 1917 », nous rappelle Cyril, comédien de la compagnie. « On essaye de redonner de l’espoir ».



Voir « 14-19, la mémoire nous joue des tours » :
- Du 10 au 18 novembre et du 1er au 23 décembre à La Belle Étoile, notre théâtre de La Plaine Saint-Denis (M°Front Populaire, L°12)
- Le 21 novembre à l’Espace Huveaune, La Penne-sur-Huveaune (13)

Plus d’infos sur le site de la Compagnie http://cie-joliemome.org/?cat=4

http://www.revolutionpermanente.fr/Vide ... e-mondiale
- Le 24 novembre, Salle Gérard Philipe, Bonneuil-sur-Marne (94)
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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede Pïérô » 07 Nov 2017, 14:10

Bondy (93), samedi 11 novembre 2017

Vernissage - exposition - Fusillés pour l'exemple

La Ligue des Droits de l'Homme organise à Bondy une exposition pour la réhabilitation des soldats fusillés en 1917 pour avoir refusé d'obéir à des ordres stupides et criminels.

Le vernissage à lieu dans le hall de la mairie samedi 11 nov à 12h. L'expo se tient jusqu'au 5 décembre.

Image

http://www.libertaires93.org/Fusilles-p ... Bondy.html



Limoges, vendredi 10 novembre 2017

14-18 : des généraux criminels

De nombreux réfractaires, insoumis et déserteurs ont été assassinés par les balles des militaires français, sur ordre de généraux, qui n'ont pas été condamnés à ce jour.

100 ans après, les rues Joffre, Foch, etc. ne sont pas encore débaptisées : Notre devoir est de cesser d'honorer ceux qui ont été chefs de guerre, car il n'est pas civilisé de rendre hommage à quiconque a collaboré à une action considérée comme démente.

L'armée ça sert à tuer, pis à rien d'autre !

Pour supprimer la guerre, il faut commencer par démilitariser.

Soirée organisée par le groupe limousin de l'Union pacifiste

à 20h30, Local du Centre International de Recherches sur l’Anarchisme - Limousin (CIRA)
64, avenue de la Révolution, 87000 Limoges
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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede Pïérô » 07 Nov 2017, 15:00

Tours, 11 novembre 2017

Pour un 11 novembre antimilitariste

Rejetons les cérémonies des militaristes et impérialistes français et allemands qui ont conduit au massacre de 10 millions de paysans et d’ouvriers. Aujourd’hui ils font la guerre aux pauvres et aux libertés. Comme en témoigne le renforcement des lois antiterroristes qui réduisent nos libertés. Combattons la propagande militariste surtout en ces temps de lutte sociale !

Selon une instruction interministérielle de mai 2010, le ministère de la Défense prévoit de déployer dans le cadre d’un plan spécial 10 000 militaires sur l’hexagone en « cas de crise majeure ». Le SGDSN (Secrétaire Général à Défense et la Sécurité Nationale) dans la revue Armées d’octobre 2010, définissant un « cas de crise majeure » comme « Un événement – pandémie, attaque terroriste, catastrophe, crise d’ordre public – Dont la gravité et la portée conduise les autorités gouvernementale à activer le dispositif interministériel ».

En France, le business des marchands de canons ne cesse de prospérer : Le quinquennat Hollande a vu les livraisons d’armements français augmenter de près de 45%, à 8,3 milliards d’euros en 2016, selon une étude du ministère de la défense. La France pourrait même dépasser la Russie en 2018 !

Nous ne pouvons tolérer cette politique militariste ! Disons le haut et fort samedi 11 novembre, 10h30, parvis de l’université François Rabelais, rue des Tanneurs, à Tours.

Rappelons que la France est toujours un pays en guerre !

Pour un 11 novembre antimilitariste !

Premiers signataires : SUD/SOLIDAIRES 37, Les Amis de Demain Le Grand Soir, Alternative Libertaire 37, Retirada 37, NPA 37, etc


http://demainlegrandsoir.org/spip.php?article1774
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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede bipbip » 07 Nov 2017, 23:27

Rendez-vous, vous êtes concernés : 11 novembre à Joyeuse (07).

11 Novembre 2018, rassemblement à 14h30 au monument pacifiste de Joyeuse (07)

http://www.aubanar.lautre.net/rendez-vo ... a-joyeuse/
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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede bipbip » 09 Nov 2017, 16:03

Nancy vendredi 10 novembre 2017

Projection-Débat : LE GRAND DESARROI, les syndicalistes français en 1914 de l’antipatriotisme à l’union sacrée

En cette veille du 11 novembre, nous invitons les militantes lorraines et militants lorrains à visionner ensemble le documentaire « LE GRAND DESARROI, les syndicalistes français en 1914 de l’antipatriotisme à l’union sacrée » (autoproduction CNT SUB) puis à débattre sur le militantisme syndicaliste et politique face à la guerre. Comment analyser les évolutions ? Et aujourd’hui, comment se situent les militant-e-s syndicaux-cales, les militant-e-s politiques et leurs organisations sur les questions autour de « nos » guerres, du patriotisme, des « dispositifs et dispositions sécuritaires », .... ?

Vendredi 10 novembre 2017
de 19h à 21h (accueil à partir de 18h45)
au CLID (Centre Lorrain d’Information sur le Développement)
29, rue Guilbert de Pixérécourt à NANCY

18h45 : accueil
19h-20h : projection « Le Grand Désarroi, les syndicalistes français en 1914 de l’antipatriotisme à l’union sacrée »
20h-21h : discussions et apéro autogéré

voir un extrait du documentaire
https://www.youtube.com/watch?v=IGW-CK0mM8o&t=324s

https://manif-est.info/Projection-Debat ... l-345.html
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Re: Première guerre mondiale, Histoire(s) et commémorations

Messagede Pïérô » 09 Nov 2017, 19:47

Marseille, vendredi 10 novembre

Conférence / Débat

"Celles des 14" avec Hélène Hernandez

à 18h30, Centre Elsa Triolet, rue Charles Nédelec, 13110 Marseille

« La Libre Pensée de Port de Bouc-Martigues, Avec le soutien de Vie au Féminin et du Mouvement de la Paix, organise une conférence –Débat avec Hélène Hernandez auteur du livre « CELLES de 14 », Vendredi 10 novembre à 18 H 30 au Centre Elsa Triolet de Port de Bouc. pour une soirée pacifiste en hommage à tous ceux qui ont osé s’opposer à la guerre de 1914-1918 et pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple. Madame Hélène Hernandez, abordera la situation économique et sociale pendant la guerre de 14-18 et un volet de l’histoire peu développé, celui du combat des femmes pendant la 1ère guerre mondiale qui, bien plus que de remplacer les hommes à certains postes, ont pris le relais, y compris sur le terrain de la lutte des classes, se permettant même d’organiser des grèves victorieuses en pleine guerre, ont poursuivi l’engagement militant dans le mouvement féministe, de même que pacifiste, malgré la répression et la censure d’État .

A l’issu des débats, durant le pot fraternel Madame Hernandez dédicacera son livre.

L’Entrée est libre et gratuite. »

http://www.millebabords.org/spip.php?article31046
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