1968, et l’après-68

Re: 1968, et l’après-68

Messagede Pïérô » 17 Jan 2018, 02:27

Romain Goupil, Monsieur 100 000 révoltes.

Cinquante ans après, que reste-t-il de Mai 68 ? Au moins un militant perpétuel. Le cinéaste s'est associé à son vieux complice Daniel Cohn-Bendit pour réaliser un film-bilan. L'occasion de radiographier le pays dirigé par un jeune président dont il a l'oreille et en lequel il voit un espoir. Après le trotskisme, la défense de Sarajevo ou le soutien à l'intervention américaine en Irak, le macronisme est la dernière tocade en date de celui qui s'est fait un nom dès 16 ans en lançant des pavés.

... pdf : http://www.regards.fr/IMG/pdf/romain_goupil.pdf
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede bipbip » 18 Jan 2018, 23:26

Présentation par Claire Auzias, l'auteure
Trimards - «  Pègre  » et mauvais garçons de Mai 68

Montreuil (93) vendredi 19 janvier 2018
à 19h30, Café-librairie Michèle Firk
La Maison de l’Arbre / La Parole Errante, 9 rue François Debergue

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Le livre de claire Auzias présente à la fois la passion que fut Mai 68 en France, mais aussi sa complexité, sans occulter les divisions qui existaient dans l'extrême gauche. Le tableau qu'elle nous présente de ces «  trimards  » et autres mauvais garçons, nous invite à sérieusement réviser les lectures abstraites et théoriques sur la révolution. Ce travail confirme qu'une autre histoire est toujours possible.

Trimards à Lyon, loulous à Grenoble, zonards à Nantes, katangais à Paris ou Mouvement révolutionnaire octobre à Bordeaux, pour l'auteure ce Lumpen proletariat était l'autre face de la Révolution.

Entrée libre

Claire Auzias

Claire Auzias a publié «  Un mai mineur  » il y a trente ans, un titre hommage à Deleuze et Guattari, dans lequel elle conte ses «  Mémoires d'une révolutionnaire  » (IRL, 1988). Elle a aussi précisé quelques aspects de son Mai 68 dans Claire l'enragée, un dialogue avec Mimmo Pucciarelli (ACL). Ici, elle est historienne de ce qu'elle connaît si bien, grâce à une abondante documentation inédite. Son travail sur l'histoire montre que, en scénographie comme en littérature, les éclairages peuvent se déplacer, se croiser, se renforcer et s'illuminer à l'infini.

https://openagenda.com/cafe-librairie-m ... -l-auteure
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede bipbip » 20 Jan 2018, 14:55

« Face aux déformations de Mai 68, l’histoire restitue le vif de l’événement »

Mai 68 est un de ces moments qui provoquent de vives tensions sur son « héritage », en fait largement amputé et déformé. À l’aube du 50e anniversaire et de son programme commémoratif, et face aux lieux communs et aux instrumentalisations, l’historienne Ludivine Bantigny, maîtresse de conférences à l’université de Rouen Normandie, publie « 1968. De grands soirs en petits matins » (Seuil). Renouant avec une lecture sociale et politique, elle y saisit l’événement à tous ses niveaux, puisant à ses sources pour en restituer la vie, dans toutes ses dimensions.

HD. À l’aube du 50e anniversaire de Mai 68, qu’avez-vous souhaité apporter, en tant qu’historienne, avec votre nouvel ouvrage, « 1968. De grands soirs en petits matins » ?

Ludivine Bantigny. Les nombreuses déformations véhiculées au sujet de 1968 sont problématiques, pour les historiens mais aussi au-delà de la discipline : cela n’aurait été qu’une révolte de petits-bourgeois, de « fils à papa » devenus ces « soixante-huitards » qui auraient sacrifié l’esprit du mouvement, une génération parfaitement intégrée à un système néolibéral au nom d’une supposée idéologie libérale-libertaire, et qui serait responsable des maux actuels. Face à cela, il importait de revenir à l’événement, donc aux innombrables archives produites en son cours qui permettent de l’envisager à tous les niveaux, dans son éclat et sa diversité.

HD. « 1968 est une marqueterie », écrivez-vous, « partout quelque chose arrive » et « nulle part on ne rencontrera d’indifférent à l’événement ». D’où votre recherche de tous les points de vue à partir de la notion de protagonisme : que recouvre-t-elle ?

Ludivine Bantigny. Elle a été forgée par un historien italien spécialiste de la Révolution française, Haim Burstin, au sens d’« expérience personnelle de l’histoire en acte » : son approche anthropologique montre que tout un chacun et chacune, les individus ordinaires, deviennent protagonistes lorsque leur quotidien rencontre l’événement et provoque leur engagement, sans forcément avoir le « bagage » présumé nécessaire pour l’action politique. L’événement crée de la capacité à agir, à se sentir légitime pour définir des revendications et des projets. L’analyser invite à proposer une histoire compréhensive, qui entend saisir chez l’ensemble des protagonistes les motivations, les ressorts de l’action et les répertoires mobilisés – ici, les manifestants et les grévistes, mais aussi les forces de l’ordre, le pouvoir et les divers opposants à la contestation…

« D’emblée, le brassage social est un fait ; il se rapporte aussi au projet d’une société sans clivages. »

HD. Du côté des acteurs, des participants au mouvement, qu’en est-il de leur composition sociale ?

Ludivine Bantigny. Une certaine histoire a ancré l’idée, devenue un cliché, d’un événement qui se serait déroulé en trois étapes : d’abord les étudiants, ensuite le monde salarié, puis le pouvoir qui reprend la main. Alors qu’à partir des archives et avec l’apport d’une historiographie renouvelée, notamment en histoire sociale, on voit que bien avant le début de l’événement entendu au sens strict – le 22 mars 1968, le 3 mai, la « nuit des barricades » au soir du 10 mai –, des brassages sociaux ont lieu. Dès 1967, de fortes mobilisations créent des rencontres entre univers sociaux à travers des actes de solidarité entre ouvriers, paysans, étudiants. Dès le 3 mai 1968, les archives issues des interpellations et des arrestations attestent d’une gamme très étendue de métiers, de statuts, et aussi d’une communauté d’âge. Ce brassage se rapporte aussi à un projet politique : une volonté de sortir des identités assignées, à l’instar, entre mille autres expériences, de ces étudiants qui réfléchissent à l’Université mais, au-delà, à une société différente où seraient surmontés les clivages entre manuels et intellectuels, où le travail serait redistribué.

HD. Les revendications composent aussi un portrait de la France d’alors…

Ludivine Bantigny. En nous montrant « en creux » le travail, les archives de la grève permettent de reconsidérer les « trente glorieuses », notamment en termes de réalité des conditions de travail et d’existence. Cinq millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, une réalité occultée de détresse sociale. La question de l’emploi commence à être une inquiétude lancinante – concernant les jeunes et leurs débouchés ; elle renvoie aux fermetures d’entreprises et à la mise en concurrence, avec de nombreuses références au Marché commun qui vient l’accentuer.

... https://www.humanite.fr/face-aux-deform ... ent-648278
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede Lila » 20 Jan 2018, 22:46

Préface d’Annick Coupé à l’ouvrage de Fabienne Lauret : L’envers de Flins. Une féministe révolutionnaire à l’atelier

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Fabienne Lauret : L’envers de Flins
Une féministe révolutionnaire à l’atelier
Editions Syllepse, Paris 2018, 300 pages, 15 euros
https://www.syllepse.net/lng_FR_srub_37 ... flins.html

Lorsque Fabienne Lauret m’a fait l’« honneur » de me proposer d’écrire la préface de son livre, j’ai tout de suite accepté. Pour deux raisons.

La première raison est que Fabienne et moi, nous sommes de la même génération : nous sommes toutes deux engagées dans les mouvements sociaux depuis longtemps et que son histoire devait nécessairement me parler. La seconde raison est qu’il n’y a pas eu (à ma connaissance) de livres de femmes établies en usine ; comme si cette question de l’établissement de militants d’extrême gauche dans les années 1970 n’avait concerné que des hommes !

Ce livre est d’abord une histoire de vie et d’engagement depuis cinquante ans ! Une vie qui va être marquée par Mai 68 : rien ne sera plus jamais comme avant pour de nombreux jeunes, étudiant·es et salarié·es, qui vont participer à ce joli mois de mai, dans leur lycée, dans leur université et parfois dans leurs usines.

C’est aussi un témoignage assez remarquable sur la condition ouvrière dans une usine qui se veut le fleuron de l’industrie automobile française : les conditions de travail sur les chaînes de production, la taylorisation, la hiérarchie, la place des ouvriers immigrés, les secteurs de production réservés aux 10 % de femmes salariées du secteur… On y lit aussi la solidarité, les moments de luttes collectives, les grèves mais aussi la répression ou la division syndicale.

Fabienne se défend de faire un travail de sociologue, et pourtant c’est un bel exercice de sociologie qui redonne voix à ceux et celles qui vivaient leur appartenance à Renault à la fois comme une fierté et comme une souffrance !

Voici un récit singulier d’un engagement politique et social qui témoigne que ces établie·es ont d’abord voulu mettre en cohérence leurs idées révolutionnaires et leur mode de vie. Cela passait alors par le fait de partager les conditions de vie des ouvriers et plus généralement, leurs conditions d’existence.

Ce livre retrace l’histoire de l’engagement pris par Fabienne en 1972 lorsqu’elle se fit embaucher à Renault-Flins où elle est restée jusqu’à son départ en retraite en octobre 2008.

Comme elle l’écrit si bien, Mai 68 va la propulser dans un monde inconnu et enthousiasmant, un monde qui voulait justement en finir avec ce vieux monde désespérant et rabougri qui n’écoutait pas sa jeunesse et son peuple… Cela ne la lâchera plus et sera le ferment de son choix de « s’établir en usine » : il fallait alors se rapprocher de la classe ouvrière. Ce sera Renault-Flins parce que l’organisation politique à laquelle Fabienne appartenait à l’époque avait analysé que c’était un des lieux de la combativité ouvrière exprimée en Mai 68 : les affrontements avec les CRS et la mort du jeune lycéen Gilles Tautin contribuèrent à une vision un peu mythique de cette classe ouvrière qui serait au cœur des futurs combats révolutionnaires ! Cela peut paraître aujourd’hui un peu naïf ou incongru, mais Renault-Flins est alors une usine qui compte 22 000 travailleurs, avec une organisation du travail féroce et très hiérarchisée. Une usine ayant une tradition de luttes très fortes et des syndicats CGT et CFDT particulièrement combatifs. Sa démarche de s’établir en usine va se confronter à une réalité plus complexe que la vision militante, sans doute un peu idéaliste et « romantique », qu’elle partageait avec ses camarades d’extrême gauche.

L’organisation hiérarchique du travail pèse très fort, notamment dans le seul secteur féminisé de l’usine, l’atelier de « couture » où elle se retrouve employée. Les cadences sont dures, les femmes résistent et parfois craquent… Mais jamais l’organisation du travail n’est remise en cause : au contraire, les femmes sont renvoyées à leur condition féminine : « Elle a ses règles », « Elle a des soucis avec ses enfants »… C’est aussi la double journée pour les femmes qui travaillent en équipe. La prise de conscience féministe de Fabienne va être confortée par le fait de partager cette condition ouvrière féminine au quotidien.

Bien sûr, il y a de la solidarité aussi, solidarité face aux petits chefs (des hommes, forcément), solidarité face aux problèmes que chacune rencontre dans sa vie personnelle et familiale… Le combat pour le droit à l’avortement devient une question décisive et les femmes de tous les milieux sont concernées.

Devenue déléguée du personnel en 1973, elle va se heurter à des pratiques et des discours sexistes dans le milieu de travail masculin où elle est amenée à exercer son mandat : sifflets « admiratifs », blagues graveleuses, coups d’œil lubrique : elle est perçue comme une jolie jeune femme et non pas comme une déléguée à part entière…

C’est encore la « fête des catherinettes », cette tradition misogyne – tombée heureusement en désuétude – qui veut qu’à vingt-cinq ans une femme doit être mariée : l’entreprise permettait aux femmes concernées de ne pas travailler ce jour-là mais elles devaient coiffer un chapeau ridicule rouge et vert ! Cela fait écho pour moi à ce que m’ont raconté mes camarades des Chèques postaux, lorsque je suis arrivée à La Poste. Dans ces mêmes années 1970, lors de cette fameuse journée des catherinettes, le chef de centre permettait que l’après-midi, les employées ne travaillent pas et fassent une petite fête dans le service avec de la musique : le chef de centre en personne venait faire danser les catherinettes… On a peine à croire à ce degré de paternalisme teinté de misogynie : ce n’est pourtant pas si vieux que cela !

Plus décevant pour Fabienne qui découvre alors que le syndicalisme n’est pas épargné par ce machisme ambiant : difficultés pour les quelques femmes militantes de prendre la parole, tentative de les enfermer dans les rôles traditionnels (ménage du local, préparation du café), confrontation avec les pratiques du CE (cassettes porno proposées par la vidéothèque ou calendrier avec des femmes nues distribués par un syndicat en début d’année)…

En lisant son témoignage, je pense au formidable film We Want Sex Equality, qui traite d’une lutte de femmes dans un atelier de sellerie d’une entreprise automobile en Grande-Bretagne au début des années 1970.

Pour faire bouger les lignes, il faudra du temps, de la patience, de la pédagogie et des coups de gueule. Il faudra convaincre les militants hommes du syndicat, imposer des nouvelles pratiques : par exemple, organiser les tournées syndicales dans les ateliers en duo mixte ou développer la commission femmes non mixte pour permettre aux femmes d’être une force collective et faire entendre leurs voix. Ces combats au sein de l’usine et du syndicat vont de pair avec l’engagement dans le mouvement féministe de l’époque, notamment de la constitution de groupes femmes dans les quartiers.

De cette époque, Fabienne a gardé ses convictions féministes chevillées au corps, malgré les difficultés, les échecs de certains combats et quelques blessures intimes qui ont eu du mal à se cicatriser et dont elle parle avec délicatesse.

Renault, c’est l’usine cosmopolite avec des dizaines de nationalités et ces ouvriers immigrés que l’entreprise a été parfois chercher dans de lointains pays espérant une main-d’œuvre plus docile que ces ouvriers français trop syndiqués. Peine perdue, car ces ouvriers vont s’organiser, se révolter. Ils sont au bas de l’échelle des salaires et des qualifications, dans les conditions de travail les plus difficiles, sans espoir de connaître une progression professionnelle. Cette situation va les conduire à organiser des grèves très offensives, pour la dignité et l’égalité. Ces mobilisations vont parfois donner lieu à des tensions très fortes avec l’encadrement et la maîtrise, dont certains membres auront des comportements racistes. Ces mouvements vont susciter aussi des débats parfois tendus au sein même des organisations syndicales. Ces ouvriers vont y prendre toute leur place et permettre d’avancer dans une meilleure prise en compte de ce qu’ils vivent, en butte à des comportements racistes dans et hors l’usine.

Ce livre nous raconte aussi l’apprentissage d’un syndicalisme combatif, de l’organisation des actions, des grèves, et des tensions relatives à tout mouvement : comment impliquer les salarié·es dans la conduite de l’action, des négociations ? Comment convaincre et élargir un mouvement ? Comment dépasser la peur de se lancer dans la bataille, surtout quand on est une femme ? Avec beaucoup d’émotion, Fabienne nous raconte sa première grève, son premier débrayage, une certaine peur du regard des autres, la crainte que ses collègues ne la suivent pas… Et le bonheur quand on arrive à faire plier la direction et les moments de solidarité festive qui vont avec !

Ce livre n’est jamais ennuyeux : il parle aussi de la vie tout court. Même si l’usine est au centre de ce récit, il y a la vie en dehors de l’usine : les amours et les amitiés, les livres, la culture, les engagements citoyens, les petits bonheurs du quotidien…

Ce livre est un beau livre, car il n’est jamais celui de la nostalgie ou de regret, encore moins du reniement. Au contraire, de ces dizaines d’années passées à Renault-Flins, Fabienne nous transmet sa volonté de continuer à participer à la transformation du monde, même si ce monde a beaucoup changé depuis ce 3 mai 1972 où elle a franchi les portes de cette usine. Certains voudraient liquider Mai 68 et son héritage : face à cela, le livre de Fabienne est un sacré antidote. À ce titre, il mérite d’être lu par ceux et celles qui sont de la génération de Fabienne mais aussi par ces jeunes générations qui n’acceptent pas qu’on leur ôte tout espoir de changer le monde !

Annick Coupé1

1. Annick Coupé, cofondatrice du syndicat SUD-PTT et porte-parole, de 2001 à 2014, de l’Union syndicale Solidaires.



L’Envers de Flins,
une féministe révolutionnaire à l’atelier

avec Fabienne Lauret

Samedi 10 février 2018
15h à 18h

Librairie La Nouvelle Réserve
5 Rue du Maréchal Foch
78520 Limay

***

Mardi 13 février 2018
à 18h

Librairie Le Pavé du canal
3 bis, quai Fernand Pouillon, halle Sud Canal
78180 Montigny-le Bretonneux

https://entreleslignesentrelesmots.word ... more-32727
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede Pïérô » 24 Jan 2018, 14:39

A l’occasion des 50 ans de mai/juin 1968, l’émission de Radio Béton, « Demain Le Grand Soir » commémore l’évènement à sa façon en invitant une dizaine d’acteurs/trices connu-e-s ou anonymes.

Cela se déclinera autour de 10 émissions mensuelles.

• Les mercredis 24 janvier et le 14 février 2018 seront consacrés à la genèse des évènements.

• Le mercredi 14 mars, Jean Pierre Duteil, co-fondateur du mouvement du 22 mars (avec Daniel Cohn-Bendit,), sera à l’antenne.

• Le mercredi 18 avril 2018, Luis Lopès (ex attaché parlementaire de Marie France Beaufils) et Jacques Ducol (Docteur en philosophie), anciens étudiants à l’Union des Etudiants Communistes de Tours seront à l’antenne.

• Le mercredi 16 mai 2018, Claude Beaugrand viendra à l’antenne. Il était en 1968 ouvrier à Citroën. Par la suite il deviendra directeur de publication du journal « Front Libertaire » (Journal de l’Organisation Révolutionnaire Anarchiste- 1970-1979.

• Le mercredi 20 juin 2018, Gisèle Moulière, ex militante CFDT au centre des chèques postaux de Paris en 1968, nous parlera de la condition ouvrière à l’époque.

• Le mercredi 19 septembre 2018, Michel Desmars qui a été pendant le mouvement de mai 1968 l’un des animateurs, avec Georges Fontenis, du Comité d’Action Révolutionnaire (CAR) de Tours (qui regroupait des lycéens, étudiants et ouvriers de toutes tendances et « comptera jusqu’à plus de 50 participants ») et sera, en 1969, un des cofondateurs du Mouvement Communiste Libertaire, sera à l’antenne.

• Le mercredi 17 octobre 2018, Pierre Louis, militant CGT, d’obédience Trotskiste, comme dessinateur industriel intérimaire au centre d’études nucléaires de Saclay en 1968 viendra nous parler de son expérience.

• Le mercredi 14 novembre 2018, le sociologue René Warck, ex-membre de l’Union des Jeunesses Communiste Marxistes Léninismes (maoïste) sera à l’antenne.

• Le mercredi 12 décembre 2018, l’émission sera consacrée aux mois qui ont suivi mai/juin 1968.

Toutes les émissions se dérouleront de 19 à 20h,
sur l’antenne de Radio Béton (93,6 MGH).
On pourra les retrouver ensuite en podcast sur le blog


« Demain Le Grand Soir » qui entame sa dix-neuvième année, est la plus ancienne émission politique de Radio Béton.
C’est aussi un journal mensuel diffusé dans une vingtaine de lieux à Tours, Loches, Blois et diverses entreprises.
Une association, « les Amis de Demain le Grand Soir », comptant 89 adhérent-e-s l’épaule dans ces différentes taches ainsi qu’un site internet.

http://demainlegrandsoir.org/spip.php?article1813
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede bipbip » 25 Jan 2018, 22:26

Caen
Causerie sur Mai 68 à la Pétroleuse

Dans le cadre du cycle de causeries sur l’anarchisme, nous organisons un débat autour de Mai 68 à la pétroleuse le 27 janvier prochain. une intervention de Jean-Pierre Duteuil, auteur de mai 68 un mouvement politique et acteur du mouvement à Nanterre permettra d’introduire la discussion. Tout cela se poursuivra par une auberge espagnole.

REDUIT A UNE SIMPLE DIMENSION CULTURELLE, elle-même vidée de tout contenu subversif, par ceux et celles qui veulent éradiquer toute idée de révolution et de critique du capitalisme, Mai 68 ne fut pas un accident de l’Histoire sans suite. Pour de nombreux ouvriers, Mai 68 commence dès 1966 avec les révoltes à Caen, en Lorraine, à Fougères, à Redon ou à Saint-Nazaire ; avec un mouvement paysan en pleine mutation qui redécouvre l’affrontement avec la police ; avec un mouvement lycéen qui émerge plus d’un an avant les fameux événements. Sans en prévoir ni les formes ni le déroulement, il fallait être aveugle pour ne pas voir que de grandes choses se préparaient.

La France ne s’ennuyait pas, la lutte des classes n’était pas rangée au rayon des antiquités, la classe ouvrière n’avait pas fait ses adieux. Mai 68, ce furent aussi de nouvelles formes d’organisation que l’on retrouvera tout au long des quarante années qui suivront  : les Comités d’action, avec la volonté d’autonomie et la défiance vis-à-vis des structures syndicales et politiques.

Autant dire, qu’après les luttes et les expériences de luttes qui du CPE à la lutte dite contre la loi travail ont vu ré-émerger des formes d’auto-organisation, cela reste toujours d’actualité ! En 68 s’était ouvert une période de «  divorce entre la classe politique, les médias, les intellectuels d’un côté et la société civile de l’autre », comme ils disent. Eh bien, tant mieux ! Face aux 10 millions de grévistes de 68, le pouvoir gaulliste, la bourgeoisie et les bureaucraties syndicales et politiques ont vacillés. 60 ans après qu’en reste-t-il ?

Cette causerie sera l’occasion d’en débattre, avec Jean-Pierre Duteuil, au Mouvement du 22 mars à l’époque et aujourd’hui militant de l’Organisation Communiste Libertaire (OCL). La discussion sera suivie d’une auberge espagnole. On apporte et partage ce que l’on veut et peut. Parce que les causeries sont aussi l’occasion d’échanges moins codifiés, autour d’une bouffe ou d’un godet, histoire que les langues se délient.

https://zad.nadir.org/spip.php?article5044



Lyon
Rencontre/débat à la Gryffe : Les Trimards et mai 68 à Lyon

Samedi 27 janvier à 15 heures à la librairie La Gryffe, rencontre/débat avec Claire Auzias, autour de son livre Trimards. « Pègre » et mauvais garçons de Mai 68, , préface de John Merriman, ACL, octobre 2017.

Dans ce livre Claire Auzias à l’aide de témoignages et de documents d’archives inédits fait une chronique d’un « mai 68 provincial » qui a eu la particularité d’être marqué par la mort d’un commissaire de police lors d’une nuit d’émeute le 24 mai.
Ce n’est pas une simple chronique c’est aussi une réflexion sur la solidarité active qui s’est tissée entre des révoltés et des étudiants occupant la faculté des lettres et des « trimards » lyonnais. Refusant spontanément l’exploitation sédentarisée, ces « trimards » comme les katangais de la Sorbonne ou les loulous de Grenoble, parfois assimilés à des « beatniks », s’inscrivent dans la longue histoire des marges individualistes de la révolte contre ce monde où ils retrouvent les « hobos » …
À partir de l’histoire de la partie lyonnaise du mouvement du 22 mars, et d’archives privées d’activistes, Claire Auzias, elle-même liée au mouvement lycéen de la période, reprend la chronique de ce qui a été occulté, oublié ou déformé par le récit dominant des évènements. Depuis l’organisation des manifs confrontées aux manœuvres syndicales ou politiciennes des groupuscules gauchistes cherchant à récupérer l’immense espoir de cette fête des sens et des idées, jusqu’à la répression qui s’abat sur les trimards, toute la « geste » des révoltés est encadrée là par un travail d’historienne appuyée sur les archives de la police.
L’analyse ne s’achève pas sur le reflux des années suivantes mais elle s’attarde aussi sur la lutte du Comité lyonnais pour la libération des prisonniers politiques (CLPP) qui avait pour but de libérer les « trimards » emprisonnés pour la mort du commissaire décédé lors de l’émeute du 24 mai. Ce comité isolé mais actif et soutenu par quelques anarchistes et des situationnistes verra quand même en 1970 l’acquittement des inculpés. Il y a dans toute réalisation d’un projet émancipateur des invités imprévisibles, dont les trimards lyonnais constituent une des figures, l’émergence de contradictions que l’analyse collective se doit de mettre à jour et de dépasser. L’aventure subversive ne peut que se confronter au réel.

https://rebellyon.info/Les-Trimards-et- ... Lyon-18616
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede bipbip » 27 Jan 2018, 21:39

Ludivine Bantigny : «68, c’est de la joie et aussi la peur de ne pas être à la hauteur»

Pour Ludivine Bantigny, historienne auteure de «1968, de grands soirs en petits matins», la contestation ne constitue pas l’amorce d’un individualisme mais l’essor du collectif.

Avec 1968, de grands soirs en petits matins, publié ce mois-ci aux éditions du Seuil, l’historienne Ludivine Bantigny sort du Quartier latin et sillonne ce pays qui, durant deux mois, de la Creuse à la Meuse, de la Bretagne à la région marseillaise, partout, vit un événement qui «suspend le temps et le rend extraordinaire». Des archives départementales aux papiers de l’Elysée, elle a revécu, à travers les débats, les corps et les émotions, ce mouvement social inédit. Ludivine Bantigny ne s’en cache pas : souvent elle a été émue, touchée politiquement par ce qu’elle a lu. Elle montre 68 dans «sa matérialité historique», mais pour mieux lui redonner aussi toute sa conflictualité.

Quel 68 faut-il commémorer ?

1968 est multiple. On s’est focalisé sur les étudiants mais, ce qui frappe, c’est la diversité sociale des mobilisations. On croise sur les barricades plongeurs de restaurants, coursiers, employés de banque, boulangers, infirmiers et ingénieurs… Selon les archives policières, dès les premiers affrontements, des rencontres incroyables se passent entre univers sociaux qui ne se parlaient pas : étudiants (une petite minorité - 12 % - d’une classe d’âge), jeunes ouvriers, jeunes employés… Cette diversité sociologique sous-tend le projet politique de 1968. L’idée de se délester des identités, qui anime beaucoup d’étudiantes et d’étudiants, n’est pas une naïveté de «fils à papa». Ils ne veulent pas devenir de futurs cadres ou patrons, des dominants, des «bourgeois». Je ne sais pas s’il faut commémorer quoi que ce soit de 68, mais s’il y a un hommage populaire à lui rendre, c’est autour de cette idée de commun : la mise en partage de solidarités, de projets, une créativité qui est à la portée de chacun.

1968 n’est donc pas l’acte de naissance de l’hyperindividualisme contemporain ?

Tous les intellectuels qui dénigrent 68, de Marcel Gauchet à Gilles Lipovetsky, répètent à l’envi : «Ils ne savaient pas ce qu’ils voulaient.» Ce qui m’a frappée, au contraire, c’est l’importance des projets, de tous les projets, du «changer la vie» ! Dans son métier, dans son quartier, on imagine parfois une société sans publicité, sans monnaie, sans concurrence… C’est passionnant. Les chauffeurs de taxi font grève avec les autres salariés pour dénoncer leurs conditions de travail, mais aussi pour pointer du doigt la pollution des villes. Les danseurs et danseuses de l’Opéra de Paris entrent dans le conflit social pour la première fois de leur existence : ils se posent des questions sur la place que pourraient occuper la danse et le corps dans une autre société. Les employés du musée de l’Homme réfléchissent à la manière dont un musée pourrait être autre chose qu’un conservatoire figé, au contraire un lieu vivant dans lequel le public serait partie prenante. Chez les lycéens aussi, la maturité politique est fascinante. Dans beaucoup d’établissements de France, des cahiers de doléances réfléchissent à la pédagogie. L’idée très répandue d’un 68 qui aurait donné naissance au néolibéralisme, à l’individualisme et au présentisme est fausse. Tous ces projets ne conçoivent pas l’émancipation individuelle déconnectée du collectif.

68 serait donc une immense conversation politique qui saisit tout le pays ?

«En 68 on a pris la parole comme en 1789 on avait pris la Bastille», a écrit le philosophe Michel de Certeau - si on en croit les archives, la phrase avait été prononcée par un inconnu dans l’Odéon occupé. Ce n’est pas juste de la palabre. J’y vois l’essence même du politique. C’est le politique en actes, à partir des choses les plus quotidiennes,les plus ordinaires. Enfin, on a du temps pour échanger. Enfin, à Flins [Yvelines, ndlr], les ouvriers ont le temps de réfléchir à leur vie, à leur travail : «Et si on n’avait plus de contremaîtres ?» C’est ce qui est fondamental, ce dont on doit tirer, sinon des leçons, du moins des espoirs pour aujourd’hui : 68, c’est se sentir légitime à la chose politique. Des ouvrières occupent leurs usines, plantent leurs tentes, organisent des sit-in. Le corps est engagé, très impliqué : s’asseoir par terre, s’approprier les lieux, pour les femmes de l’époque, ça n’est pas rien. Annie Ernaux le dit très bien : on abandonnait tous les carcans des corps engoncés.

... http://www.liberation.fr/debats/2018/01 ... ur_1623844
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede bipbip » 28 Jan 2018, 19:24

L’autogestion en mai et juin 1968 en France - Appel à témoignages et contributions

Mai et juin 1968 ne furent pas qu’une rébellion étudiante, pas plus qu’on ne saurait la restreindre à une simple révolution culturelle des mœurs. Ce fut une grève générale inédite, en France la plus importante du 20ème siècle avec neuf millions de grévistes, ce fut une crise sociale, politique où s’est posée concrètement la question non seulement des pouvoirs, mais du pouvoir politique lui-même. Au cours de ces semaines une profonde aspiration des individus à décider collectivement de leur présent et de leur futur, dans les lieux de travail, dans les quartiers et les campagnes est apparue ; loin de s’éteindre, elle s’est renforcée dans les années suivantes.

Voir l’appel à témoignages et contributions (cf en fichier joint) en vue de la journée du 26 mai dont l’Union syndicale Solidaires est coorganisatrice. Pour les camarades de Solidaires, en plus de l’adresse autogestion68@gmail.com, merci de transmettre vos propositions à coup@solidaires.org et mahieux@solidaires.org.


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https://www.solidaires.org/L-autogestio ... ignages-et
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede bipbip » 02 Fév 2018, 02:05

Rencontre de l’Insoumise à Rouen - Trimards, pègre et mauvais garçons de Mai 68

« Le livre de claire Auzias présente à la fois la passion que fut Mai 68 en France, mais aussi sa complexité, sans occulter les divisions qui existaient dans l’extrême gauche. Le tableau qu’elle nous présente de ces » trimards« et autres mauvais garçons, nous invite à sérieusement réviser les lectures abstraites et théoriques sur la révolution. Ce travail confirme qu’une autre histoire est toujours possible. Trimards à Lyon, loulous à Grenoble, zonards à Nantes, katangais à Paris ou Mouvement révolutionnaire octobre à Bordeaux, pour l’auteure ce Lumpenproletariat était l’autre face de la Révolution. Claire Auzias a publié »Un mai mineur ?« il y a trente ans, un titre hommage à Deleuze et Guattari, dans lequel elle conte ses »Mémoires d’une révolutionnaire« (IRL, 1988). Elle a aussi précisé quelques aspects de son Mai 68 dans Claire l’enragée, un dialogue avec Mimmo Pucciarelli (ACL). Ici, elle est historienne de ce qu’elle connaît si bien, grâce à une abondante documentation inédite. Son travail sur l’histoire montre que, en scénographie comme en littérature, les éclairages peuvent se déplacer, se croiser, se renforcer et s’illuminer à l’infini. »

Claire Auzias sera à la librairie l’Insoumise (128, rue St Hilaire, Rouen) le samedi 3 février à 15h00 pour présenter son livre : « Trimards, pègre et mauvais garçons de Mai 68 ».

https://a-louest.info/Rencontre-de-l-In ... Mai-68-300
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede bipbip » 03 Fév 2018, 17:10

Janvier 1968 : grève de Caen

Janvier 1968: grève de Caen, l’émergence de la figure du «jeune révolté», ouvrier et étudiant

La mémoire collective évoque Caen et la grève des ouvriers spécialisés [OS – plus exactement ouvrier sans qualification professionnelle qui exécute un travail précis sur une machine, après une brève période d’apprentissage] de janvier 1968, qui culmine le 26 janvier, lors d’une nuit d’affrontements en ville avec les forces de l’ordre. Répercuté par la presse nationale, la presse régionale et la presse d’extrême gauche, le sens de l’événement est donné dans le moment même: une révolte ouvrière dans une ville qui a grandi très vite: entre 1954 et 1968, la population est passée de 90’000 à 150’000 habitants, dont plus de la moitié ont moins de 30 ans.

L’initiative n’appartient pas au bastion caennais traditionnel, la Société métallurgique de Normandie, mais revient aux ouvriers spécialisés des usines qui ont poussé à la faveur de la décentralisation industrielle. Certains de ces OS aux origines rurales sont parfois qualifiés – près d’un quart d’entre eux ont un CAP (Certificat d’aptitude professionnelle) – et sont venus travailler à Caen.

A la Saviem [entreprise de camions et d’autobus, issue de la fusion, en 1955, entre la firme Latil, les poids lourds de Renault et de SOMUA, puis les cars Chausson en 1959; elle «disparaît» en 1978], les plus de 3000 salariés [sur quelque 4000] de cette filiale de Renault se sont prononcés majoritairement le 19 janvier pour une grève illimitée à partir du 23: pour revendiquer 6% d’augmentation des salaires, un fonds de garantie de ressources et l’extension des droits syndicaux.

Il en est de même dans plusieurs autres entreprises, dont celle des Etablissements Jaeger, dont la main-d’œuvre est très majoritairement féminine, où la pression des cadences est telle que les ouvrières dénoncent: «Les compteurs défilent, les ouvrières tombent.» [Voir à ce propos l’ouvrage L’insubordination ouvrière dans les années 1968. Essai d’histoire politique des usines, de Xavier Vigna, Presses universitaire de Rennes, 2007.]

Un escadron de gendarmes mobiles est envoyé par le préfet devant la Saviem pour «protéger» les quelque 300 personnes qui veulent travailler et qui sont empêchées de le faire par un piquet de grève. Le conflit se déplace de l’usine à la ville, où des affrontements ont lieu entre forces de l’ordre et ouvriers. Deux jours plus tard, le 26 janvier, les revendications salariales s’effacent devant la mise en cause des violences policières: la protestation du personnel de plusieurs entreprises caennaises, auquel se joignent une centaine d’étudiants, dégénère en bataille rangée: une nuit d’émeutes.

La figure de l’OS est remplacée par celle du jeune révolté

Le préfet souligne la récurrence de la liaison ouvriers-étudiants: lors d’une manifestation étudiante à Caen contre le ministre de l’Education nationale, Alain Peyrefitte, le 18 janvier 1968, deux jeunes ouvriers avaient été arrêtés. La CFDT locale a une tradition ancienne de contacts suivis avec le syndicat étudiant depuis les luttes communes pendant la guerre d’Algérie. En effet, les dirigeants de l’Unef ont en commun avec les syndicalistes d’être passés par l’Action catholique ou la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC).

En responsable du maintien de l’ordre, le préfet incrimine un état d’esprit local favorable à la violence, perceptible selon lui dans les incidents qui se produisent dans les bals et les bagarres au restaurant universitaire et qui remontent au moins à la manifestation paysanne du 2 octobre 1967, au cours de laquelle les abords de la préfecture avaient été dévastés.

Il note aussi la présence active de groupes extrémistes, «JCR et prochinois», contenus par le service d’ordre de la CGT lors des cortèges de salariés. Les incidents du 18, du 24 et surtout du 26 janvier 1968 ont montré chez les manifestants, selon le préfet, une détermination et même un courage physique lors des «attaques contre les symboles de la société en place: préfecture, chambre de commerce, banques, magasins» qui ont provoqué des bris de vitrines mais pas de pillage. Il s’agissait donc d’un «désir profond de présence en ville», un rappel de l’existence de la jeune génération, un marquage symbolique de la centralité urbaine. La moitié des 83 manifestants arrêtés avaient moins de 22 ans; les ouvriers prédominaient (54, dont la moitié de la Saviem), les autres étaient étudiants ou enseignants.

En somme, diagnostique le préfet, on avait assisté à Caen à la crise de croissance d’une génération qui s’était exprimée par la violence. La figure de l’OS, privilégiée au début par les journalistes, est remplacée par celle du jeune révolté, ouvrier ou étudiant, encadré par des «meneurs», au premier rang desquels figure la CFDT locale.

Cette représentation n’est sans doute pas étrangère à une étude monographique effectuée par des chercheurs en sciences sociales du CNRS et à l’existence à Caen, à l’initiative de la préfecture, d’un observatoire de la jeunesse, qui a notamment mis en place un dispositif d’enquête permanent auprès des soldats du contingent.

Au printemps 1968, les grèves et les manifestations de Caen en janvier deviennent des emblèmes de la révolte et les symboles d’une possible convergence sociale entre étudiants et ouvriers. Le récit de ces «luttes exemplaires» et des leçons que l’on peut en tirer est récurrent dans les tracts, la presse, voire les slogans des étudiants contestataires et parfois de la CFDT. Caen en janvier 1968 est ainsi relu comme un possible après-midi anticipant ce qui devient pour certains un grand soir. (26 janvier 2017)

Xavier Vigna


http://alencontre.org/europe/france/fra ... diant.html
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede bipbip » 03 Fév 2018, 21:52

"Colères du temps" Cycle " Autour de Mai 68"

Jeudi 08 février 2018, projection à 20h30, précédée d’un « Fallait-pas » à 19h30 au Centre Ascaso Durruti, 6 rue Henri René - Montpellier.

Cycle « Colères du Temps » autour de Mai 68

Deux documentaires

"Le 1er mai à Saint-Nazaire"
de Marcel Trillat et Hubert Knapp (1967) durée : 26 minutes
Pour la première fois depuis 47, Force ouvrière se joint aux autres syndicats ouvriers et enseignants, la CGT, la CFDT et la FEN pour commémorer la fête des travailleurs.
C’est un 1er mai (1967) très spécial, après 62 jours de grève depuis le 1er mars. 3 200 employés des Chantiers de l’Atlantique et entreprises affiliées ainsi que de Sud aviation sont en grève. Ils veulent réajuster leur salaire en retard de 16 % par rapport à sur ceux de Paris. Le 20 mars, la direction avait décidé le lock-out des 7 500 ouvriers payés à l’heure qui, sans faire grève, apportaient
leur total soutient aux grévistes. Le leader syndical indique que vers une heure du matin a été signé à Paris un accord permettant la reprise du travail. La délégation est de retour au train de 13h23....
Le film interroge les intervenants de ces deux mois de grève où 5 000 CRS ont été mobilisés pour contenir 9 000 grévistes qui souffraient de voir Saint-Nazaire appelée capitale de la violence pour ses conflits ouvriers......

"Cléon"
Réalisation collective (1968) durée : 26 minutes
Cléon, l’une des premières usines à se mettre en grève en Mai 68. Les grévistes de l’usine Renault décrivent le quotidien de l’occupation et débattent de l’accès à la culture et de la reprise du travail : les relations avec les non grévistes, la mise en pratique des droits et libertés syndicaux, la création de commissions d’ateliers succédant au comité de grève.

https://lepressoir-info.org/spip.php?article1137
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede bipbip » 04 Fév 2018, 18:58

Le temps ne fait rien à l’affaire - Spécial 50ans de Mai 68

[Radio] Episode 1 : les années lycée

Parce que mai 1968 n’est pas notre passé mais notre avenir Sidonie et Victor rencontrent Gépé.
Gépé a fait sa rentrée en terminale à Nancy en septembre 1967. Or, plutôt que d’apprendre l’Histoire, il a décidé de l’écrire avec des tracts de la peinture et des cocktails molotov...
50 ans après il raconte entre deux morceaux de jazz.

Emission à écouter : https://manif-est.info/Le-temps-ne-fait ... s-377.html
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede bipbip » 08 Fév 2018, 19:09

Projection courts métrages "Autour de mai 68"

Montpellier jeudi 8 février 2018
à 19h30, Centre Ascaso Durruti, 6 rue Henri René

Les projections "Colères du Temps" redémarrent au local du CAD sur le thème " Autour de Mai 68"

Pour cette année, nous avons décidé de changer de date (Le Barricade programme son Ciné-Club tous les mercredis)

Ces projections auront lieu :
le 2° jeudi de tous les mois

- 19 h 30 "Fallait-pas"

- 20 h 30 projection

La 1ère projection aura lieu donc le jeudi 8 février :

2 courts-métrages :

- "Le 1er mai à Saint-Nazaire" Marcel Trillat Hubert Knapp (1967) durée : 26 minutes
Pour la première fois depuis 47, Force ouvrière se joint aux autres syndicats ouvriers et enseignants, la CGT, la CFDT et la FEN pour commémorer la fête des travailleurs.
C'est un 1er mai (1967) très spécial, après 62 jours de grève depuis le 1er mars. 3 200 employés des Chantiers de l'Atlantique et entreprises affiliées ainsi que de Sud aviation sont en grève. Ils veulent réajuster leur salaire en retard de 16 % par rapport à sur ceux de Paris. Le 20 mars, la direction avait décidé le lock-out des 7 500 ouvriers payés à l'heure qui, sans faire grève, apportaient leur total soutient aux grévistes. Le leader syndical indique que vers une heure du matin a été signé à Paris un accord permettant la reprise du travail. La délégation est de retour au train de 13h23....
Le film interroge les intervenants de ces deux mois de grève où 5 000 CRS ont été mobilisés pour contenir 9 000 grévistes qui souffraient de voir Saint-Nazaire appelée capitale de la violence pour ses conflits ouvriers......

- "Cléon" : Réalisation collective (1968) durée : 26 minutes
Cléon, l'une des premières usines à se mettre en grève en Mai 68. Les grévistes de l'usine Renault décrivent le quotidien de l'occupation et débattent de l'accès à la culture et de la reprise du travail : les relations avec les non grévistes, la mise en pratique des droits et libertés syndicaux, la création de commissions d'ateliers succédant au comité de grève.

https://herault.demosphere.eu/rv/8198
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede bipbip » 11 Fév 2018, 18:20

Rencontre-débat

« L'Envers de Flins »
une féministe révolutionnaire à l'atelier

avec Fabienne Lauret

Mardi 13 février à 18h : Librairie Le Pavé du canal, Montigny-leBretonneux

Image

Le 3 mai 1972, Fabienne Lauret est embauchée à l'atelier couture de Renault-Flins. Issue de la génération de Mai 68, membre du groupe Révolution !, elle est une établie, comme on appelle ces jeunes militant·es qui entraient en usine pour changer le monde. Elle y restera plus de trente-six ans.

Loin des clichés habituels, elle nous raconte la condition ouvrière moderne, la souffrance au travail, l'exploitation quotidienne.

Féministe, elle est plus particulièrement sensible à la condition des ouvrières et au sexisme dont elles sont victimes, tant de la part de leurs collègues ouvriers que de la direction patronale. La bataille qu'elle mène avec détermination est longue, rude et exige une infinie patience.

Militante CFDT, puis déléguée syndicale, elle anime ses premières grèves. Indissociables de son parcours professionnel, ses activités syndicales nous plongent au cœur des fortes luttes sociales qui ont secoué l'usine de Flins.

Élue au comité d'entreprise, puis salariée de celui-ci, elle participe au développement d'une autre conception de cette institution sociale, qui heurte les conservatismes de la direction syndicale qui succède à la CFDT et qui utilise contre elle les méthodes patronales les plus éculées.

L'Envers de Flins, parcours de vie, parcours de lutte, est aussi le témoignage vivant et fort d'une féministe ouvrière qui n'a jamais renoncé à transformer le monde.

https://paris.demosphere.eu/rv/59381
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Re: 1968, et l’après-68

Messagede Pïérô » 12 Fév 2018, 12:55

Rencontre et débat avec Lola Miesseroff

« Voyage en Outre-gauche. »

Editions Libertalia

Paris, jeudi 15 février 2018
à 19h30, Librairie du Monde libertaire - Publico, 145 rue Amelot

Née en 1947 à Marseille, de parents émigrés russes. Ayant grandi dans un milieu libertaire, Lola Miesseroff avait 19 ans lorsqu'elle a lu De la misère en milieu étudiant. À la suite de cette rencontre avec les idées de l'Internationale situationniste, elle quitte rapidement l'université, « lieu d'ennui et d'abrutissement », pour opter pour la lutte et la critique sociales. Depuis, elle n'a cessé de participer aux divers mouvements sociaux et à nombre de collectifs de discussion, d'édition, de diffusion théorique. Voyage en outre-gauche est son premier ouvrage.

« Je me trouve dans cette mouvance que j'appelle "l'outre-gauche" depuis 1967 et, aujourd'hui, mes jeunes camarades me considèrent comme une de leurs ancêtres politiques. C'est un peu vexant certes, parce qu'on ne se voit pas vieillir, mais cela ne me semblait pas bien grave jusqu'à ce que je sois sommée de dévoiler tous ces événements des années 68 que nous leur aurions cachés, et d'éclairer ou contrer ainsi le récit dominant de cette période avant qu'il ne soit trop tard. Il est vrai que notre histoire risque bel et bien de sombrer dans l'oubli au fur et à mesure de la disparition de ses acteurs. Bien sûr, on peut toujours rédiger seul ses Mémoires mais ce n'est pas en solo que j'avais envie de rendre compte de cette aventure collective […]. Ils sont trente à avoir accepté ma démarche ; en mai 68 ils étaient à Paris, à Marseille, à Toulouse, à Bordeaux, à Lyon, à Nantes, à Angers ou à Strasbourg. »

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