Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 27 Aoû 2016, 15:46

1er avril 1802 : Napoléon envoie des troupes militaires en Guadeloupe pour mater les vélléités autochtones...

Guerre pour le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe

En Guadeloupe, la première déclaration d’abolition de l’esclavage par la Révolution de 1789 libéra les luttes d’un peuple jusque-là durement opprimé. La période 1789 - 1802 fut marquée par une grande effervescence sociale et l’apparition de leaders tels que Delgres, Ignace... qui combattirent pour la liberté et moururent pour elle.

Le 1er avril 1802, une expédition de 3 410 hommes, commandée par le général Richepance, appareillait de Brest.

Le 1er avril 1802, une expédition de 3 410 hommes, commandée par le général Richepance, appareillait de Brest. Elle comprenait des soldats aguerris et quelques-uns de ceux qui deviendront les meilleurs officiers de Napoléon. Après avoir imposé sa loi aux monarques d’Europe et colonisé l’Egypte, la France lançait sa plus grande expédition maritime pour briser la volonté d’indépendance des Antillais. L’épopée Delgres, c’est une page de la résistance du peuple guadeloupéen et un chapitre peu connu de l’histoire napoléonienne.

Connaître ce qui suivit...

Ròt Kozé a publié la pétition internationale de la Guadeloupe, Martinique, Haïti, Guyane, Réunion, concernant la ré-appropriation par les peuples de ces pays de la vérité historique et culturelle de leur région.

Le 28 mai 1802, soit 8 ans après avoir été aboli par la Convention, l’esclavage est rétabli en Guadeloupe après de violents combats. En cette même année l’armée de Napoléon tente en vain de rétablir l’esclavage en Haïti. En Guyane l’abolition de 1794 est abrogée en 1802, tandis que la Martinique redevient colonie française après une occupation britannique, et donc une continuité du système imposé au peuple noir déporté d’Afrique par les puissances esclavagistes européennes aux Amériques.

En Guadeloupe, dirigés par le Commandant Joseph IGNACE (né à la Guadeloupe) et le Colonel Louis DELGRES (né à la Martinique), des militaires noirs aidés par la population guadeloupéenne, résistèrent héroïquement pendant près d’un mois à 4.000 militaires français envoyés par Napoléon Bonaparte pour rétablir l’esclavage en Guadeloupe. A leur tête, deux hommes, les généraux Richepance et Gobert qui n’hésitèrent pas à éliminer près de 6.000 Guadeloupéens (morts aux combats, pendus, fusillés et déportés), soit 6 % de la population guadeloupéenne de l’époque.

Aujourd’hui, 200 ans après, Napoléon Bonaparte, les généraux Gobert et Richepance, directement responsables de ce crime contre l’humanité, reposent en paix respectivement aux valides, au cimetière du Père Lachaise à Paris en France et au fort Delgrès en Guadeloupe. A l’inverse, nos aïeux, martyrs de la guerre antiesclavagiste de mai 1802 en Guadeloupe n’ont toujours pas de tombes ! Il est aujourd’hui de notre devoir à nous, leurs arrières petites filles et petits-fils, de restituer l’honneur, la dignité et l’humanité de femmes et d’hommes qui se sont battus pour notre Liberté. Il est de notre devoir de remettre « les choses à leur place ».

C’est pourquoi :

‑ Matouba et Baimbridge en Guadeloupe, lieux où périrent Delgrès, Ignace et leurs compagnons d’armes, doivent enfin devenir des lieux sacrés.
‑ Les restes et symboles d’apologie du crime que furent les massacres de mai 1802 en Guadeloupe et le rétablissement de l’esclavage des Noirs aux Amériques doivent disparaître à tous jamais de nos territoires.

En effet, aucune communauté humaine ne peut vivre harmonieusement lorsqu’elle accepte de garder dans sa terre la dépouille ou les symboles à la gloire des criminels ayant organisé le massacre de ses aïeux.

Le 10 mai 2001, les parlementaires de la République française ont voté une loi reconnaissant la traite, la déportation et la mise en esclavage de nos aïeux comme crime contre l’humanité. Napoléon Bonaparte qui rétablit l’esclavage en Guadeloupe et en Guyane qui tenta de la rétablir en Haïti, est donc directement responsable de crime contre l’Humanité.

C’est pourquoi nous Guadeloupéens, Martiniquais, Haïtiens, Guyanais, Réunionnais, ainsi que tous ceux et celles qui soutiennent notre démarche, demandons au gouvernement de la République française et aux autorités des collectivités territoriales de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane et de la Réunion d’éliminer toutes références napoléoniennes et d’apologie des crimes esclavagistes sur la terre de nos aïeux.

En particulier, nous exigeons :

- que le général Richepance, responsable de crime contre l’humanité en Guadeloupe, soit rapatrié en France,
- que le “ Fort Napoléon ” situé aux Saintes en Guadeloupe soit débaptisé !
- que la statue de Joséphine, épouse impériale de Napoléon, au fronton de laquelle est représenté “ le sacre de l’empereur des français ”, soit enlevée de la place de la Savane de la capitale de la Martinique, détruite et remplacé par une statue du Noir rebelle en guerre contre l’esclavage,
- que celle du criminel Desnambuc, responsable du génocide amérindien en Martinique subisse le même sort,
- qu’une statue de Louis Delgrès soit érigée à Saint Pierre sa ville natale,
- que l’aéroport de Cayenne en Guyane qui porte le nom de Rochambeau, général de Napoléon vaincu par Dessalines en 1803 en Haïti soit débaptisé,
- que le drapeau esclavagiste bleu et blanc aux quatre serpents soit enlevé des bâtiments publics et ne soit plus utilisé comme symbole prétendument représentatif de la Martinique.

de Ròt Kozé n° 128
(Janvier/Février 2002)

compilation de textes d’ici et là...


https://rebellyon.info/1er-avril-1802-N ... envoie-des
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Messagede bipbip » 11 Sep 2016, 04:07

GAL (1983-1987) : La mort dans nos rues !

Un article des antifascistes basques, sur une partie de l’histoire de la sale guerre de l’État français contre le peuple basque et son indépendance.

GAL, groupe terroriste composé de para-policiers, paramilitaires espagnols, barbouzes françaises avec la complicité de policiers français, souvent proche de l’extrême droite, 3 lettres qui semèrent la mort. Actif de 1983 à 1987, ayant comme objectif la lutte contre l’ETA, principalement au pays Basque nord, celui-ci resta le groupe le plus actif depuis la guerre d’Algérie (avant les attentats de Daesh) et commis 27 assassinats.

... http://lahorde.samizdat.net/2016/09/09/ ... -nos-rues/
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 29 Sep 2016, 13:22

Discussion avec Amzat Boukari-Yabara autour du livre 'L'insurrection de Martinique' le 30 septembre 2016 à Paris

Image

BBoyKonsian et Angles Morts présentent la nouvelle soirée mensuelle "VendrediEZ" au 61 à Paris tous les derniers vendredis de chaque mois.

Pour cette septième édition "VendrediEZ #7" le 30 septembre 2016, voici le programme :

* 19H00 : Discussion avec Amzat Boukari-Yabara autour du livre "L'insurrection de Martinique" (Editions Syllepse)

* 21H00 : BBoyKonsian Sound System (Soul - Rap - Reggae)

Entrée libre

61
3, rue de l'Oise
75019 Paris
Métro : Ourcq ou Crimée

http://www.bboykonsian.com/VendrediEZ-7 ... a3521.html
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede Pïérô » 02 Oct 2016, 04:36

De l’esclavage à la liberté forcée. Histoire des travailleurs africains engagés dans la Caraïbe française du XIXe siècle

Le 30 mars 2016, on a diffusé des extraits de la conférence donnée par l’historienne Céline Flory et intitulée « De l’esclavage à la liberté forcée. Histoire des travailleurs africains engagés dans la Caraïbe française du XIXe siècle ». Cette conférence se tenait dans le cadre des ateliers de chercheur(e)s : Étudier les migrations internationales et les luttes contre les discriminations, en partenariat avec le laboratoire Migrations internationales : Espaces et Sociétés (MIGRINTER, UMR 6588 CNRS-université de Poitiers), le 28 janvier 2016 à Poitiers.

Retrouvez l’intégralité de la conférence ici : http://emf.fr/22544/de-lesclavage-a-la- ... me-siecle/

Présentation du livre de Céline Flory, De l’esclavage à la liberté forcée. Histoire des travailleurs africains engagés dans la Caraïbe française au XIXème siècle (Karthala, Paris, 2015) :

« Entre 1854 et 1862, plus de 18 500 hommes, femmes et enfants originaires du continent africain, furent amenés en Guyane, en Guadeloupe et en Martinique. Afin d’y circonscrire les changements de l’abolition de l’esclavage de 1848, le gouvernement français a mis en place l’immigration de travailleurs sous contrat d’engagement de travail en provenance de Madère, d’Inde, de Chine mais aussi d’Afrique. L’engagisme succédait alors à l’esclavagisme. Dans ces migrations de travail, l’engagisme des Africains occupe une place singulière puisque 93% d’entre eux furent recrutés selon le procédé dit du « rachat préalable ». Captifs, ils étaient achetés par les recruteurs français qui leur imposaient un contrat d’engagement de travail, sur lequel ces « engagés » figuraient en tant que « noirs libres ». Cette étrange liberté leur imposait une traversée de l’Atlantique pour un voyage qui s’avérerait sans retour, sinon pour une infime partie des 7% d’entre eux partis librement. Céline Flory a exploré de nombreuses archives, souvent inédites, afin de retracer cet épisode mal connu de l’histoire des premiers temps du colonialisme post esclavagiste. Elle l’insère dans celle plus large des politiques impériales destinées à relever le défi de besoins persistants en main-d’œuvre, alors que les « nouveaux libres » des colonies entendaient jouir de leur nouveau statut. L’auteur s’attache d’abord aux acteurs qui modèlent la nouvelle politique et analyse leurs ruses et leurs discours. Pas à pas, elle accompagne ensuite ces milliers de migrantes et migrants africains dans leur voyage jusqu’à leur arrivée en Amérique, puis dans leur quête d’une vie à bâtir. Au croisement de l’histoire impériale et de l’histoire sociale, ce livre montre comment un système de domination s’est perpétué selon de nouvelles modalités une fois l’esclavage aboli ; tout en mettant en évidence la force des êtres humains à déjouer le nouveau système et à exploiter ses failles pour construire des espaces d’indépendance, voire de liberté. »

Emission "Les oreilles loin du front" à écouter : http://www.loldf.org/spip.php?article531
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 22 Oct 2016, 17:27

Thomas Sankara : « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! »

Le 15 octobre 1987 à Ouagadougou, Thomas Sankara a été assassiné par Blaise Compaoré, celui qui a pris le pouvoir à sa place. Sankara avait redonné le nom local à son pays : le Burkina Faso, "le pays des hommes intègres", à la place du nom colonial de Haute-Volta. Il avait bouleversé la façon de faire la politique, donnant la parole au peuple et roulant en R5...

... https://rebellyon.info/Thomas-Sankara-M ... a-ceux-qui
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 27 Oct 2016, 15:37

Burkina Faso, 17 octobre 1961 : décolonisons partout

Ce mois-ci, on complète la balade coloniale dans Toulouse diffusée avant l’été. Petit tour dans le quartier de Borderouge, dont les rues célèbrent nombreuses figures idéologiques ou militaires de la colonisation.

D’octobre 1987, quand Thomas Sankara a été assassiné, en passant par les insurrections burkinabé des automnes 2014 et 2015 qui ont renversé le régime de Compaoré puis tenu tête à un coup d’État. Le mois d’octobre est l’occasion de raconter ces histoires.

On commémore aussi le massacre des Algérien-ne-s par la police française lors des journées d’octobre 1961. Quelques faits pour connaître cet événement, des retours sur le rôle des femmes algériennes lors de ces manifestations, et des prises de parole à la manifestation qui a eu lieu à Toulouse cette année, en mémoire des victimes, mais aussi contre les guerres de la France et les violences policières : deux faces d’un système raciste, nourri à l’histoire coloniale, qui continue de faire des morts.

Emission Canal Sud à écouter : http://www.canalsud.net/?Toulouse-Burki ... 17-octobre
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 29 Oct 2016, 13:41

Paris samedi 29 octobre 2016

Rassemblement pour le 51ème anniversaire de
l'enlèvement et de la disparition de Mehdi Ben-Barka


Pour la vérité et la justice

à 18h, Face à la Brasserie LIPP, 151 boulevard Saint Germain, Paris 6e

L'Institut Mehdi Ben Barka - Mémoire Vivante et le SNES - FSU appellent à un rassemblement à sa mémoire
51 ans après ….
• La déraison d'Etats doit faire place à la raison politique et à la vérité.
• Soutien aux victimes de la disparition forcée contre l'oubli et l'impunité.

Avec le soutien de : (premiers signataires) :

Association des Marocains en France (AMF), Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Association de Défense des Droits de l'Homme au Maroc (ASDHOM), Association des Marocains de Belgique pour les Droits de l'Homme (AMBDH), AMDH (Paris-IDF), Forum Marocain pour la Vérité et la Justice (FMVJ-France), Association des Parents et Amis des Disparus au Maroc (APADM), Fédération Euro-Méditerranéenne contre les Disparitions Forcées ( FEMED), Parti Socialiste Unifié en France (PSU-Maroc), La Voie Démocratique en France, Parti de l'avant-garde démocratique socialiste- Fédération d'Europe (PADS-Europe), Union socialiste des forces populaires (USFP-France), Association Mémoire Vérité Justice France (MVJ France), Association Française d'Amitié et de Solidarité Peuples Afrique (AFASPA), Fondation Frantz Fanon, Comité de vigilance pour une paix réelle au Proche-Orient (CVPR-PO), Sortir du colonialisme, Le Manifeste des Libertés, Parti communiste français (PCF), Parti socialiste, Europe Écologie les Verts (EELV), La Ligue des Droits de l'Homme (LDH), le Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture (REMCC), CEDETIM/IPAM, association Femmes plurielles, Alternative Libertaire, Collectif Faty-Koumba (Association des Libertés, Droits de l'homme et non-violence), Fédération des tunisiens citoyens des deux rives (FCTR), Association des Tunisiens en France (ATF), Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), Ensemble !, Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (Collectif algérien en France ACDA), association AL WASL, Fédération de la Gauche Démocratique en France (FGD_France), Mouvement Clarté Ambition Courage France (CAC- France)



Ben Barka et ses assassins

Medhi Ben Barka, mon père, a été interpellé devant la brasserie Lipp, le 29 octobre 1965, par deux policiers français. Il les a suivis puisqu’ils lui ont montré leurs cartes et, confiant, il est monté avec eux dans la voiture de service. Outre les deux policiers, un agent des services secrets français et un truand ont pris place dans la voiture qui les a menés à Fontenay-le-Vicomte dans la maison du truand. Mon père est entré dans la maison et après on ne sait plus ce qui s’est passé. On suppose qu’il a été assassiné mais on ne sait pas de quelle manière et on n’a jamais retrouvé son corps.

Il devait rencontrer un certain producteur et réalisateur d’un film qui devait s’intituler Basta et qui devait être projeté à l’ouverture de la Conférence tricontinentale à la Havane en janvier 1966, où devaient se réunir les mouvements de libération d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Mon père était chargé de la préparation politique et matérielle de cette conférence.

Il va y avoir une convergence d’intérêts pour mettre fin aux activités de mon père. Cette convergence va se remarquer parmi les protagonistes de l’affaire. En premier lieu, le ministre marocain de l’Intérieur, un agent des services français, des truands chargés de faire le sale boulot, des agents des services secrets américains et israéliens.

Daniel Guérin n’a jamais rencontré mon père mais, en tant que militant anticolonialiste, il connaissait parfaitement le rôle de ce dernier dans la lutte anti-impérialiste. Immédiatement après l’enlèvement, Daniel Guérin contacte certaines personnalités afin de réactiver l’ancien Comité France-Maghreb qui devient le Comité pour la vérité sur l’affaire Ben Barka. Ce comité a beaucoup fait pour que l’affaire ne soit pas étouffée juridiquement et politiquement. J’ai connu Daniel Guérin quand je suis arrivé à Paris en 1970 où nous avons travaillé en commun.

Il y avait eu deux procès en 1966 et 1967 où les ravisseurs de mon père ont été jugés mais on n’a jamais pu répondre aux questions de fond car on s’est heurté à la raison d’Etat. En 1975, nous déposons une seconde plainte pour l’assassinat de mon père pour éviter que l’affaire soit définitivement close par prescription. Daniel Guérin avait découvert un élément nouveau. En 1966, lors de la première enquête, le soi-disant producteur de films était recherché par la police française et au moment où il allait être arrêté, il s’est "suicidé" de deux balles dans le dos. Dans sa mallette, on a retrouvé un questionnaire de type policier, destiné à l’interrogatoire de mon père. Et puis personne n’y a fait attention. Toujours est-il qu’en 1970 un deuxième questionnaire a été retrouvé mais avec des commentaires manuscrits. C’est Daniel Guérin qui a conclu que le scripteur n’était autre qu’un certain Pierre Lemarchand, ancien député gaulliste et un des anciens chefs des barbouzes. Malgré les promesses d’apporter dans les plus brefs délais les preuves de son innocence en justice, cette dernière n’a pas cru bon de le reconvoquer jusqu’à aujourd’hui.

Deuxième blocage, celui du SDECE qui se retranche derrière le secret défense et refuse de fournir ses dossiers. Après l’élection de Mitterrand, Pierre Mauroy a ordonné aux services secrets d’ouvrir les dossiers. Mais ces derniers n’ont fourni que des éléments dont nous avions déjà connaissance. Vingt à trente ans après l’enlèvement de mon père, il n’y avait toujours pas une volonté politique de faire aboutir la vérité. Je dirais même qu’il y avait une volonté politique de ne pas faire apparaître la vérité.

Cela peut s’expliquer de deux manières : soit par des amitiés douteuses pour le régime marocain qu’il fallait préserver, soit, et c’est plus grave, parce que les implications françaises sont beaucoup plus profondes que ce que nous croyions auparavant. L’obstacle principal, en vingt ans d’enquête par Daniel Guérin et ensuite par la famille et les juges d’instruction, a été la raison et l’intérêt d’Etat qui n’a pas voulu lever ces verrous pour la recherche de la vérité.

Ce qui m’a fait admirer l’action de Daniel Guérin, c’est sa ténacité. Il menait son enquête, il poussait les témoins jusque dans leurs derniers retranchements. Il n’a pas hésité à se rendre au Maroc pour rencontrer le ministre de l’Intérieur qui était impliqué dans l’affaire. Il ne négligeait aucun élément. C’est vrai que parfois nous n’étions pas toujours d’accord avec ses conclusions ; on discutait beaucoup, parfois on s’engueulait parce qu’il avait son franc-parler ; il n’hésitait pas à dire ce qu’il pensait quand les avocats ou la famille n’allaient pas dans ce qu’il estimait être la bonne direction. Il est vrai que je n’ai pas toujours partagé ses conclusions notamment sur la façon dont mon père aurait été assassiné.

Mais toujours est-il qu’à partir des éléments qu’il avait pu débusquer, certaines pistes sont apparues. Daniel avait cette capacité d’anticipation qui lui permettait d’arriver à ces conclusions.

Quand on lit son livre sur l’affaire, qui est la somme d’enquêtes de vingt ans, cela ne reflète pas la quantité de travail, d’investigations, d’efforts nerveux, intellectuels ou physiques et tout ce que cela comprenait aussi de frustrations face aux blocages, aux faux-fuyants des témoins, face aux réticences de la justice ou des enquêteurs. Ce qui nous poussait, qui poussait Daniel, c’était ce désir de justice mais pas uniquement la justice pour la justice. Ce qui le poussait à travers cette recherche de la vérité, outre cet acharnement à dévoiler toutes les responsabilités, c’était, je crois, la volonté de rester fidèle à un certain idéal et de rendre hommage à celui qui, pour beaucoup de peuples du tiers-monde, le représentait par son engagement.

C’est ce que, moi, j’ai gardé comme souvenir de Daniel et je sais que, quand il est mort, la recherche de la vérité a perdu quelqu’un.

Bechir Ben Barka


http://www.alternativelibertaire.org/?J ... -Medhi-Ben
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 31 Oct 2016, 12:57

Mehdi Ben Barka assassiné le 29 octobre 1965 avec l’aide du gouvernement français

À la veille de son enlèvement et de son assassinat, il présidait le comité préparatoire de la Conférence de la Tricontinentale qui devait réunir à la Havane, en janvier 1966, les représentants des mouvements de libération des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine. Figure intellectuelle et politique du mouvement anticolonialiste et opposant au roi Hassan II du Maroc, Mehdi Ben Barka est assassiné le 29 octobre 1965 près de Paris. Son corps n’a jamais été retrouvé.

... https://rebellyon.info/Mehdi-Ben-Barka- ... 29-octobre
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede Pïérô » 06 Nov 2016, 13:43

Paris, mercredi 9 novembre 2016

Passé colonial de la France:
réhabilitation, enjeux et conséquences

A l'initiative du Collectif Ni guerres ni état de guerre, cette réunion publique sera animée par l'historien Olivier Le Cour Grandmaison.

à 19h, Bourse du Travail de Paris, Salle Eugène Pottier, 3 rue du château d’eau, Paris 10e

https://paris.demosphere.eu/rv/50103
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 11 Nov 2016, 16:31

Paris samedi 12 novembre 2016

Journée de commémoration critique
« Coloniaux de tous pays … engagez-vous ! »


Une journée pour cultiver la mémoire du quotidien.

à la CNT, 33, rue des Vignoles, Paris 20e

Image

Pour la 3ème année consécutive, notre syndicat organise une journée de commémoration critique. Après avoir abordé :
• En 2014, comment et pourquoi le mouvement syndical de 1914, après des années de propagande antimilitariste et antipatriotique, rallia l'Union Sacrée,
• En 2015, le féminisme et ses rapports au pacifisme et au syndicalisme,

nous développerons cette année la thématique de l'immigration, du début du 20ème siècle à aujourd'hui.

Notre syndicat d'industrie (Bâtiment, TP, Bois, Ameublement, Matériaux de construction), composé de travailleurs et travailleuses aux origines multiples, est confronté à tous les stéréotypes de genres, de races, de cultures qui viennent souvent brouiller notre projet d'émancipation, et de démocratie directe.

Nous voulons profiter de cette 3ème année de commémoration critique du centenaire pour montrer :
• Que notre industrie s'est construite et perdure dans l'ajout de générations successives d'immigration (interne, européenne, coloniale, …)
• Que des maçons creusois du 19ème siècle ou des travailleurs bretons montés à Paris aux travailleurs venus d'Europe ou d'Afrique aujourd'hui, l'exploitation de classe perdure, mêlée d'un rejet d'"infériorité".

Pour favoriser l'analyse critique d'une pensée syndicale en action, nous avons tenté de rassembler, dans le cours de cette journée : des chercheurs, des témoins, des militants avec lesquels confronter, dans le respect de leur identité ou de leur pensée, nos idées aux leurs.

Accès libre jusqu'à 19H00, puis PRIX LIBRE pour le concert de SIDI WACHO.
Restauration et librairie sur place !

Programme

12H00-13H00 Projection du film : « La grève des Mères, des Filles, des Sœurs … »
Ce film a été réalisé et produit par notre syndicat à l'occasion de la journée du 7 novembre 2015 consacrée au féminisme social et pacifiste.

1ère partie :
13h00-14h30 / De Bécassine à Banania

Grande salle
L'immigration a-t-elle une origine et une couleur ?
• Ronan le COADIC, sociologue, professeur de culture et langue bretonne à l'université Rennes 2
• Louis-Georges TIN, docteur ès lettres, maître de conférences à l'université d'Orléans, Président du Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN)

14h30-14h45 - Grande salle - Intermède du SUB URBAIN BAND

2ème partie :
14h45-16h15 / Y-a t-il eu brassage dans la boue des tranchés de l'année 1916
?
Petite salle
• David HAMELIN, historien, Laboratoire GERHICO CERHILIM, Université de Poitiers
• Philippe et Grégory PRIOLON, auteurs de l'ouvrage : « Les oubliés du levant » (L'Harmattan)

14h45-16h15 / Goûter d'enfants
Grande salle

16h15-16h30 -Grande salle - Intermède du SUB URBAIN BAND

3ème partie :
16h30-18h00 / Dans le bain de l'immigration politique et économique des années 60 (Républicains espagnols, rapatriés immigrés et Harkis d'Algérie, Portugais, …)
Grande salle
• Natacha LILLO, docteur en Histoire, Maître de conférences à l'Université Paris-Diderot (Paris 7)

18h00-19h30 / Des pratiques syndicales anti-raciales ?
Petite salle
• Irène PEREIRA, sociologue et philosophe
• Nicolas JOUNIN, sociologue,
• Xavier DUNEZAT, sociologue, Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris (CRESPPA - UMR 7217).

19h30-20h30 Apéro et repas en Fanfare avec la FANFARE VENT DE PANIQUE

20h30 concert de Sidi Wacho
Sidi Wacho c'est le nouveau collectif inclassable avec Saidou et Jeoffrey l'accordéoniste du Ministere des Affaires Populaires (MAP), Juanito Ayala de Santiago du Chili, Boris Viande à la trompette aux couleurs balkaniques, El Pulpo aux percussions et Dj Antü (Colectivo Andigena). Mais attention, ne vous méprenez pas, Sidi Wacho ce n'est pas de la cumbia, ce n'est pas du rap, ce n'est pas de la musique des Balkans.. Sidi Wacho c'est de l'expression populaire made in Lille et Santiago, avec des textes engagés qui piquent et qui nous rappellent que « la lucha sigue ».

http://www.cnt-f.org/subrp/spip.php?article1011
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 28 Jan 2017, 16:41

Appel pour la reconnaissance des crimes coloniaux commis par la France

Pour la reconnaissance des crimes coloniaux commis par la France

Populations « indigènes » soumises au travail forcé, dispositions racistes et d’exception – codes de l’indigénat, internement administratif, responsabilitécollective, etc… – imposées aux colonisés qui, dans leur écrasante majorité, n’étaient pas considérés comme des citoyens mais comme des « sujets français »jusqu’à la Libération, déportations, exécutions sommaires et massacres ; autant de pratiques qui ont été constitutives de la construction et de la défense del’empire colonial français. Les massacres de Thiaroye au Sénégal (décembre 1944), ceux de Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie, qui débutent le 8 mai 1945 et leurs dizaines de milliers de morts, en témoignent sinistrement.

Il y a soixante-dix ans, au mois de mars 1947, la guerre d’Indochine et l’insurrection malgache débutaient. Le 1er novembre 1954, un conflit long etsanglant commençait en Algérie. Entre 1945 et 1962, la France a donc été presque constamment engagée dans des opérations militaires coloniales qui se sontsoldées par près d’un million de morts. N’oublions pas la guerre longtemps occultée menée au Cameroun (1955-1971) et les répressions sanglantes desmilitants guadeloupéens et kanaks.

Si la loi Taubira et les initiatives de la société civile ont permis un début de reconnaissance sociale et politique de l’esclavage et de la traite négrière, il n’en est pas de même pour les crimes commis avant ou après la Seconde Guerre mondiale. Cette situation est inacceptable, car elle ajoute aux massacres, l’outrage aux victimes, à leurs descendants et leurs proches.

Aussi, nous demandons aux plus hautes autorités de l’Etat et aux candidat-e-s à l’élection présidentielle qu’ils se prononcent pour la création d’un lieu dusouvenir à la mémoire de celles et ceux qui furent assassinés, l’ouverture de toutes les archives relatives à ces différents événements et la reconnaissance de ces crimes de guerre et de ces crimes d’Etat. C’est ainsi que justice sera rendue aux héritiers de l’immigration coloniale et post-coloniale, et que lesdiscriminations mémorielles qui les affectent toujours pourront être combattues. Enfin, de tels actes permettront à tous les Français-e-s de mieux connaîtrecette histoire singulière.

Alacarz, Nadia, écrivaine. Aouina, Hamadi, artiste groupe Zyriab. Bantigny, Ludivine, historienne. Barbier, Michèle, présidente de la LDH Saint-Pons Hauts Cantons. Benaissa, Yourid, syndicaliste. Bennaï, Farid, membre du réseau Reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation. Bihr, Alain,sociologue. Bouamama, Saïd, sociologue et membre du FUIQP. Boumediene, Alima, avocate. Braun, Henri, avocat. Briant, Jo, militant associatif. Brossat,Alain, philosophe. Brun, François, militant NPA. Boutault, Jacques, maire du 2e arrondissement de Paris, (Eelv). Candas, Viviane, cinéaste. Charansonnet,Alexis, historien. Clerval, Anne, géographe. Cours-Salies, Pierre, sociologue. Daeninckx, Didier, écrivain. Dayan-Herzbrun, Sonia, sociologue. Desjardin,Alain, président de l’association Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis contre la Guerre (4ACG). Delphy, Christine, sociologue. Deltombe, Thomas,éditeur. Epsztajn, Didier, animateur du blog Entre les lignes. Entre les mots. Farbiaz. Patrick. Fassin, Eric, sociologue. Favre, Jean-Louis. Furon, Ferial,présidente de l’association Franco-Algériens Républicains Rassemblés (FARR). Garcia, Marcela, sociologue. Gassa, Amelle, maire-adjointe en charge desaffaires juridiques (Givors). Gèze, François, éditeur. Hedna, Toufik, président de l’association Les Amis de l’Algérie (Rennes). Ivekovic, Rada, philosophe,Johsua, Samy, élu Front de Gauche, (Marseille). Kahoul, Yamina, maire-adjointe au développement économique (Givors). Kaki, Mhamed, président del’association Les Oranges. Khalfa, Pierre, co-président de la Fondation Copernic. Kodjo-Granvaux, Séverine, philosophe. Kupferstein, Daniel, réalisateur.Laffitte, Roland, chercheur indépendant. Lahmer, Annie, conseillère régionale Ile-de-France (Eelv). Lallaoui, Mehdi, réalisateur. Lavignotte, Stéphane,théologien. Le Cour Grandmaison, Olivier, universitaire. Lowy, Elise, membre du bureau exécutif d’Eelv, déléguée aux relations internationales. LusteBoulbina, Seloua, philosophe. Maherzi, Aïcha, universitaire. Marlière, Philippe, politiste. Martelli, Roger, historien, co-directeur de Regards. Massiah,Gustavo, économiste. Mbembe, Achille, historien. Messaoudi, Samia, journaliste et responsable Au nom de la Mémoire. Meynier, Gilbert, historien.Monville-De Cecco, Bénédicte, conseillère régionale Ile-de-France (Eelv). Morillas, Cindy, politiste. Nahori, Michèle, pédiatre. Omani, Rania, artistepeintre. Pape, Elise, sociologue. Passevant, Christiane, Radio Libertaire. Pelletier, Willy, coordinateur général de la Fondation Copernic. Pfefferkorn, Roland,sociologue. Poupin, Christine, porte-parole du NPA. Prémel, Gérard, écrivain. Raharimanana, Jean-Luc, écrivain. Riceputi, Fabrice, historien. Riot-Sarcey,Michèle, historienne. Ruscio, Alain, historien. Sala-Molins, Lluis, professeur émérite de philosophie politique. Samary, Catherine, économiste. Senari, Ali,conseiller municipal (Givors). Silberstein, Patrick, éditeur. Spensky, Martine, historienne. Taraud, Christelle, historienne. Tin, Louis-Georges, président du CRAN. Tobner, Odile. Vermeren, Pauline, philosophe. Vianna, Pedro, écrivain. Zemor, Olivia, présidente de CAPJO-EuroPalestine.


http://www.anti-k.org/2017/01/27/pour-l ... la-france/
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede Lila » 12 Fév 2017, 22:32

Les Héréros et Namas poursuivent l'Allemagne en justice pour génocide en Namibie

Au début de cette année, des représentants des Héréros et Namas de Namibie ont déposé une plainte contre la République fédérale d'Allemagne à New York. Ils exigent des réparations matérielles pour le génocide de 1904-1908 ainsi qu'une participation directe aux négociations.

Les négociations officielles du gouvernement fédéral avec le gouvernement namibien durent depuis plus d'un an. Mais ce processus, engagé à l'origine en vue de promouvoir la réconciliation, est en train d'ouvrir de vieilles blessures et de créer de nouveaux clivages. Car les groupes concernés ne siègent pas à la table de négociation et de l'Allemagne rejette toute réparation.

Génocide et vol de terres

Entre 1904 et 1908 l'Empire allemand a commis un génocide dans l'ancienne colonie allemande du Sud-Ouest africain, aujourd'hui la Namibie. Ce chapitre sombre de l'histoire allemande détermine encore la vie des descendants. Des soldats allemands ont à cette époque non seulement assassiné jusqu'à 100.000 Héréros et Namas, mais aussi détruit les moyens de subsistance des survivants, en leur volant leurs terres et leur bétail, sans fournir de compensation. La distribution inégale des terres d'aujourd'hui dont des Blancs possèdent encore plus de 80 pour cent du pays, a ses origines immédiates dans le génocide. Raison pour laquelle la plupart des descendants vivent dans la pauvreté. Le chef suprême Héréro Vekuii Rukoro a clarifié sans ambiguïté que des excuses symboliques sans compensation matérielle ne valent rien.

Massacre du colonialisme

Les chances de succès juridique de la plainte sont difficiles à prévoir. Ce qui laisse augurer d'une réussite, ce sont les termes dans lesquels dans la Convention des Nations Unies sur les droits des peuples indigènes, est énoncé leur droit à «participer aux processus de prise de décision dans des domaines concernant leurs droits, par des représentants choisis par eux-mêmes selon leurs propres procédures". Aussi bien l''Allemagne que la Namibie ont signé cette convention. Même si c'est un Herrero, le Dr. Zed Ngavirue, qui mène les négociations du côté namibien, il a été nommé par le gouvernement namibien, sans le consentement des représentants officiels des Héréros et Namas.

la suite : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=19778
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 25 Fév 2017, 22:33

La guerre du Cameroun, un demi-siècle de censure et d’oubli

Parmi les épisodes refoulés de l’historiographie coloniale, la guerre que la France a menée au Cameroun dans les années 1950 et 1960 occupe une place à part. Il s’agit même d’un cas d’école puisque personne ou presque, en France, n’en connait l’existence. Cette guerre secrète, qui a pourtant fait des dizaines de milliers de victimes, est passée inaperçue à l’époque où elle se déroulait et les traces qu’elle a laissées ont été méthodiquement effacées. Au Cameroun également, la mémoire de ce conflit eut du mal à se transmettre : la victoire de la France et de ses auxiliaires camerounais a permis l’installation d’une féroce dictature, qui s’est empressée d’effacer la mémoire du combat anticolonialiste dont elle a pourtant récolté les fruits.

par Thomas Deltombe
Co-auteur de Kamerun ! (2011) et de La Guerre du Cameroun (2016), publiés aux éditions La Découverte.

... https://visionscarto.net/la-guerre-du-cameroun
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede Pïérô » 02 Mar 2017, 13:14

Radio : La Guerre du Cameroun, un conflit aux origines de la Françafrique

Ce 27 février, nous revenons dans le Magazine sur un conflit (de moins en moins) méconnu : la Guerre du Cameroun dans les années 1950/1960. Une guerre "contre-subversive" acharnée, menée à l’ombre de celle du Viet-Nam ou d’Algérie, mais que la France gagnera, privant les camerounais-es d’une réelle indépendance.
Notre invité : Thomas Deltombe, co-auteur de "La guerre du Cameroun, l’invention de la Françafrique (1948-1971)" aux éditions La Découverte.

Emission Canal Sud à écouter : http://www.canalsud.net/?La-Guerre-du-C ... un-conflit
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 03 Mar 2017, 21:14

Paris samedi 4 mars 2017

Débat
Cameroun, une guerre à l'origine de la Françafrique

à 14h30, La Bellevilloise, 21 rue Boyer, Paris 20e

proposé par survie

Invités : Thomas Deltombe et Manuel Domergue, auteurs de "La guerre du Cameroun : l'invention de la Françafrique

Et Olivier Lecour Grandmaison

Thomas Deltombe et Manuel Domergue, auteurs de deux livres sur la guerre du Cameroun, replaceront les crimes commis durant la guerre secrète livrée par la France dans les années 50 et 60 dans leur contexte d'indépendance volée aux populations pour asseoir des régimes soumis à la volonté de la puissance coloniale.

Le Cameroun sera un laboratoire de la Françafrique pour laquelle, dès lors, tous les coups seront permis L'armée française dans ce cadre, comme en Algérie, a appliqué la doctrine de la guerre contre-révolutionnaire et procédé à des massacres de populations, des assassinats ciblés et pratiqué massivement la torture.

Cette "guerre totale", niée par certains responsables politiques actuels est pourtant documentée et ses modalités revendiquées dans les rapports officiels auxquels les auteurs ont eu accès.

Des représentants de l'Union des Populations du Cameroun présenteront l'état actuel des luttes contre le régime néo-colonial installé depuis plus de cinquante années d'"indépendance".

https://paris.demosphere.eu/rv/53585



Débat
« Le massacre de 1967 en Guadeloupe »

à 15h15, La Bellevilloise, 21 rue Boyer, Paris 20e

Guadeloupe Mé67, 50 ans déjà
Les martyrs guadeloupéens victimes de la répression coloniale de mai 67

Le Comité du 10 Mai invite :
• Elie Domota, syndicaliste du LKP (visio conférence)
• Luc Reinette, indépendantiste guadeloupéen (sous réserve)
• Raymond Gamma, historien (visio conférence)
• Théo Lubin (modérateur)

https://paris.demosphere.eu/rv/53170
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