Algérie, lutte indépendance, solidarité internationale ...

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Messagede Pïérô » 04 Mai 2015, 09:44

Strasbourg

MERCREDI 6 MAI A 20H MAISON DES SYNDICATS 1 rue sédillot Strasbourg

Réunion débat autour d’un film sur les massacres autour de Sétif

Massacres du 8 mai 1945 en Algérie Pas en notre nom Le 8 mai es toujours commémoré en France comme le jour de la libération de l’Europe de la barbarie nazie et de l’avènement de la .En cette date d’anniversaire, nous voulons rappeler que le 8 mai 1945 est aussi une date de guerre coloniale .C’ est le jour des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, répressions sanglantes d’émeutes survenues dans le département alors français de Constantine en Algérie, suite à des manifestations pacifiques pour l’indépendance, la fin des pillage et de l’occupation française. S’il y a eu parmi les Européens une centaine de morts recensés, on ignore toujours combien de dizaines de milliers anonymes ont été rafles, torturés, exécutés, tout simplement parce qu’ils étaient Algériens et qu’ils voulaient vivre libres .Il y a eu de véritables pogroms dans les villages des mitraillages par l’aviation française. Le film que nous verrons en introduction au débat, réalisé seulement en 1995 après des années de censure, montre comment l’armée française utilisait des méthodes de torture et d’élimination de toutes les armées coloniales contre les insurgés .En la dénonçant, il relève le caractère odieux de la impérialiste française dans la région.

Le collectif d’ailleurs nous sommes d’ici antiraciste et antifaciste


Le 8 mai a 10h30 RASSEMBLEMENT sur la place du 17 octobre 1961 rue de la Douane en hommage de toutes les victimes du colonialisme français et particulièrement aux victimes de Sétif
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Messagede bipbip » 07 Mai 2015, 12:43

Nancy

1945 - 2015. Pour un 8 mai anticolonialiste !

Il y a 70 ans, le 8 mai 1945 dans le Constantinois, les Algériens ont voulu saisir l'occasion de l'armistice qui libérait la France de l'occupant nazi pour affirmer une volonté d'indépendance. Leurs manifestations ont été durement réprimées par la "force" organisée des occupants, les colons français (et européens). Un affrontement aboutissant à un véritable massacre dont les victimes algériennes, évaluées à environ 1200 par les autorités françaises de l'époque, sont actuellement estimées être de 15 000 à 45 000 victimes. Du côté des colons, une centaine de morts et autant de blessés furent dénombrés.

Parce que le 8 mai verra cette année encore encenser l'armée française et l'unité nationale, nous voulons rappeler que cette date est synonyme de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis par l’État français et ceux qui le servaient. Les situations de domination coloniale ou néocoloniales perdurent et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est aujourd'hui encore bafoué, en Palestine, au Kurdistan, ou au Sahara occidental.

Pour un autre 8 mai, nous vous invitons à une journée contre le colonialisme et les autres formes de domination.

VENDREDI 8 MAI 2015

Parc de la Pépinière à Nancy (derrière l'aire de jeux)
. 13 h - 15 h : déjeuner sur l'herbe version auberge espagnole
. 15 h - 17 h : concerts et prises de parole : Chorale des Sans Nom, Kader Dellaoui, David Vincent...

CLID (29 rue de Pixérécourt à 5 mn de la Pépinière)
. 17 h 30 - 18 h : accueil thé à la menthe…
. 18 h : projection du documentaire « Les massacres de Sétif : un certain 8 mai 1945 »
. 19 h : débat

et tout le long: tables de presse, expo, pétanque, football... en organisation autogérée

Premiers soutiens : Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Chorale des Sans Nom, Alternative Libertaire Moselle, Association de Solidarité avec le Peuple Sahraoui Lorraine (ASPS-Lorraine), Assocation France-Palestine Solidarité (AFPS), Bloc Anti Fasciste Nancy (BAF), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Mouvement de l’Objection de Conscience (MOC-Nancy), Centre Culturel Autogéré de Nancy (CCAN)

http://al-moselle.over-blog.com/2015/04 ... liste.html
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Messagede bipbip » 09 Mai 2015, 00:15

8 Mai 1945 : Massacre de Sétif !

Le jour même où la France est libérée, elle réaffirme dans le sang sa domination coloniale en Algérie : 45.000 morts à Sétif, Guelma, Kherrata et dans tout le Constantinois...

http://rebellyon.info/8-Mai-1945-Massacre-de-Setif.html
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Messagede bipbip » 30 Mai 2015, 14:28

23 et 24 juillet 1961 : quand les Paras sèment la terreur et massacrent les Algériens de Metz

Metz a vécu des heures sanglantes, les 23 et 24 juillet 1961 : après une rixe qui a mal tourné, 300 parachutistes du 1 er RCP mettent les quartiers arabes à sac. Un webdocumentaire retrace ces événements tragiques et occultés

... vidéos http://alsace.alternativelibertaire.org ... article697
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Messagede bipbip » 01 Sep 2015, 02:03

Samedi 12 septembre 2015 à Lyon

Cinéma en plein air sur la guerre d’Algérie à la Croix-Rousse

L’association Grand ensemble - atelier de cinéma populaire organise, en partenariat avec la mairie du 1er arrondissement et les associations du quartier de la Croix-Rousse, une projection en plein air du film "Cette Guerre et nous", de Béatrice Dubell, le samedi 12 septembre à 20h30 sur l’esplanade de la montée de la Grand côte.

Synopsis :
Sur le lieu d’une exposition, qui met en lumière des pages oubliées de la guerre de libération algérienne, des visiteurs d’âges divers prennent la parole. La diversité de leurs récits compose une vue d’ensemble : appelés, descendants de l’immigration algérienne, rapatriés, harkis ou désignés comme tels, reflétant l’état des mémoires et des représentations de cette guerre, en 2012, dans une grande ville de France.

Le film sera suivi d’un échange avec la réalisatrice :
Dans quelle mesure cette guerre touche-­t­-elle encore les Français ? Comment ce passé affecte­t­il aujourd’hui encore les relations entre les habitants d’une même cité, d’un même pays ?
Le film donne à entendre la plus grande diversité de récits traduisant des points de vue parfois très éloignés. Il éclaire les processus de transmission des mémoires de cette guerre, en alternant entre récits de témoins, et de descendants des générations suivantes.

Les échanges sur ce thème se poursuivront dans le 1er arrondissement pendant tout l’automne et donneront lieu à de nouveaux enregistrements mémoriels.

Plus d’informations sur le site de Grand ensemble : http://www.grandensemble.fr

http://rebellyon.info/Cinema-en-plein-a ... a-guerre-d
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Messagede Pïérô » 07 Avr 2016, 19:58

Ivry-sur-Seine (94), dimanche 10 avril 2016

Les juifs algériens dans la lutte anticoloniale.
Trajectoires dissidentes (19341965)


Rencontre avec Pierre-Jean Le Foll-Luciani.

à 15h, Librairie « Envie de lire »,16, rue Gabriel Péri, Ivry-sur-Seine (94)

Rebellions contre l'ordre colonial, luttes et engagements pour la justice, la fraternité et la paix, c'est autour de ces thématiques chères à la librairie que notre ami Pierre-Jean Le Foll-Luciani (jeune Docteur en histoire contemporaine à l'université Rennes 2 !) viendra nous parler des trajectoires dissidentes sur lesquelles ont porté ses recherches : celles de juifs algériens engagés dans la lutte anticoloniale, de l'entre-deux-guerres à l'indépendance de l'Algérie.

On se souvient de lui, il était venu une première fois à la librairie en 2014, aux côtés de William Sportisse, présenter l'ouvrage qu'ils avaient co-écrit (Le camp des oliviers, PUR, 2012) à l'occasion d'une journée dédiée à l'Algérie.

Il s'agira cette fois-ci de se remémorer le parcours de jeunes hommes et femmes qui, nés français durant les années 1930, déchus de la citoyenneté française et exclus de l'école sous Vichy, se sont engagés au sein du Parti communiste algérien après la Seconde Guerre mondiale, avant de rejoindre le Front de libération nationale en 1956.

Pour ce faire, l'ouvrage de Pierre-Jean s'appuie sur 40 entretiens biographiques réalisés avec d'anciens militants juifs algériens, sur des sources privées ainsi que sur des fonds d'archives souvent inexplorés. Il met en évidence l'existence de ces trajectoires dissidentes, dont les sociabilités, les engagements politiques et militants, s'attachent pleinement à déconstruire l'ordre social colonial.

A travers l'étude approfondie de ces parcours minoritaires, il réinterroge par la marge une histoire des juifs d'Algérie, du communisme algérien et de la société algérienne colonisée et nouvellement indépendante.

Nous vous attendons à la librairie à partir de 14h30 pour un café, nous débuterons les échanges à 15h ! La rencontre sera suivie d'un pot.

https://www.facebook.com/events/219554455069527/
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Messagede Pïérô » 02 Mai 2016, 10:40

Paris, dimanche 8 mai 2016

Rassemblement « L'autre 8 mai 1945 »
Massacres de Sétif et Guelma, Algérie

à 16h, Parvis de l’Hôtel de Ville de Paris

« L'autre 8 mai 1945 »

Il est impossible de célébrer l'anniversaire de la victoire contre le fascisme sans vouloir arracher à l'oubli ce qui s'est passé en Algérie ce même 8 mai et les jours suivants.

Des manifestations pacifiques à Sétif, Guelma, Kheratta et la région ont été réprimées dans le sang ; des dizaines de milliers de civils Algériens ont été massacrés par la police, la gendarmerie, les milices armées par les autorités locales, l'Armée Française, agissant sur ordre de l'exécutif. C'est au cours de cette répression massive que l'on a déploré à Sétif et aux alentours une centaine de victimes Européennes.

Amputer notre histoire commune par l'occultation de ce crime d'Etat ne permet pas à la France d'en finir avec la page coloniale de son histoire. Si, le 19 mars, le président de la République a reconnu que le système colonial en Algérie était « injuste » et « niait les aspirations des peuples à décider d'eux-mêmes », il faut qu'il aille plus loin en disant la vérité sur les massacres du 8 mai 1945.Le geste symbolique fait à Sétif en 2015 par le secrétaire d'Etat chargé des Anciens combattants et de la mémoire, J-M. TODESCHINI, demeure très en-deçà de cette demande.

En 2015, le conseil municipal de Paris a demandé à l'unanimité au chef de l'Etat de reconnaître ces massacres comme crimes d'Etat. Des vœux dans ce sens ont été adoptés par les villes de Rennes, de Nanterre, de Bobigny et d'Ivry-sur-Seine.

Le 14 avril 2015, un Collectif Unitaire pour la reconnaissance des crimes d'Etat de 1945 en Algérie (Sétif, Guelma, Kherrata) s'est constitué. Outre cette reconnaissance, il demande: l'ouverture de toutes les archives, l'inscription dans la mémoire nationale de ces événements par le biais de gestes forts des plus hautes autorités de l'Etat et un soutien à la diffusion des documentaires relatifs aux événements dans l'Education Nationale comme dans les médias publics.

Nous appelons à un rassemblement unitaire
le 8 mai 2016 à 16h00
Sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris


Organisations appelant à ce rassemblement (au 1er Mai 2016)

Associations : 4 ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis contre la guerre ), ACCA (Association Contre le Colonialisme Aujourd'hui), ACDA (Agir pour le Changement et la Démocratie en
Algérie), AFASPA (Association Française d'Amitié et de Solidarité avec les Peuples d'Afrique), AMDH- Paris-IDF (Association Marocaine des Droits Humains Paris /Ile de France), APCV (Association pour la Promotion des Cultures et du Voyage) , Association culturelle Les Oranges, Association Rennes-Sétif, Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, ANPNPA (Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis), Au nom de la Mémoire, ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins en France), CANVA (Coordination Action Non- Violente de l' Arche), Cercle de Résistance (Collectif - Paris), CMF (Collectif des musulmans de France), Collectif ni Guerre ni Etat de Guerre, Comité Justice et Vérité pour Charonne, CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires de France), Droits devant!!, Europalestine, Emancipation, FARR (Franco-Algériens Républicains Rassemblés), FASTI (Fédération des Associations avec Tou-te-s les Immigré-e-s), FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives), Les Amis de l'Algérie (Rennes), LDH (Ligue des Droits de l'Homme), MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples), Réfractaires non-violents à la guerre d' Algérie de 1959 à 63, Sortir du Colonialisme, UJFP (Union Juive pour la Paix) ...

Syndicats : CNT (Confédération Nationale du Travail, Union Syndicale Solidaires,

Partis Politiques : Alternative Libertaire, EELV (Europe Ecologie Les Verts), Ensemble, NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), PCF (Parti Communiste Français), PG (Parti de Gauche)
(Nouveau Parti Anticapitaliste), PCF (Parti Communiste Français), PG (Parti de Gauche),

http://paris.demosphere.eu/rv/46824
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Re: Algérie, lutte indépendance, solidarité internationale .

Messagede bipbip » 09 Mai 2016, 13:52

Les massacres de Sétif, un certain 8 mai 1945



Ce film a été réalisé en 1995 et la plupart des témoins sont désormais disparus ce qui donne d'autant plus de valeur à cette collecte de mémoires. Le réalisateur, Mehdi Lallaoui, vient d'ajouter à son film de nouvelles séquences documentaires, qui lui avaient été dissimulées en 1995 lors de la fourniture des documents par l'ECPA (Établissement cinématographique et photographique des armées). Des séquences montrant les brutalités et les crimes de la répression. Des "crimes contre l'humanité" car c'est la qualification qui devrait être retenue pour qualifier cette intervention qui, selon certains historiens, est la cause principale du déclenchement de la guerre d'Algérie.

https://www.dailymotion.com/video/x2p51 ... -1945_news
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Messagede Lila » 10 Juil 2016, 19:57

Algérie - France : "Les crânes de résistants algériens n’ont rien à faire au Musée de l’homme" à Paris

"Les crânes de résistants algériens n’ont rien à faire au Musée de l’homme"

En mai 2011, l’archéologue et historien algérien Ali Farid Belkadi lançait une pétition « pour le rapatriement des restes mortuaires algériens conservés dans les musées français », en particulier les crânes de résistants algériens tués par le corps expéditionnaire français dans les années 1840 et 1850, qu’il venait de retrouver dans les réserves du Musée de l’homme à Paris.

Alors que cet appel était lancé un an après le vote, par le Parlement français, d’une loi exigeant la « restitution [à la Nouvelle-Zélande] de toutes les têtes maories détenues en France », il n’a eu malheureusement que très peu d’écho. En mai dernier, l’universitaire et écrivain algérien Brahim Senouci a lancé un nouvel appel pour que soient restituées les « têtes des résistants algériens détenues par le Musée de l’homme », afin que leur pays les honore, avec cette fois un écho nettement plus large.

Il nous a paru important de le relayer en rappelant la raison de la présence dans un musée parisien de ces restes mortuaires, à partir de l’histoire de l’un d’entre eux : le crâne du cheikh Bouziane, chef de la révolte de Zaâtcha en 1849, écrasée par une terrible répression, emblématique de la violence coloniale.

UN SIÈGE DE QUATRE MOIS

En 1847, après la reddition d’Abd-el- Kader, les militaires français croient que c’en est fini des combats en Algérie après plus de dix ans d’une guerre de conquête d’une sauvagerie inouïe. Mais, alors que le danger était surtout à l’ouest, il réapparaît à l’est début 1849, dans le Sud-Constantinois, près de Biskra, où le cheikh Bouziane reprend le flambeau de la résistance. Après des affrontements, il se retranche dans l’« oasis » de Zaâtcha, une véritable cité fortifiée où, outre des combattants retranchés, vivent des centaines d’habitants, toutes générations confondues.

« Le cheikh Bouziane reprend le flambeau de la résistance. Après des affrontements, il se retranche dans l’« oasis » de Zaâtcha, une véritable cité fortifiée où, outre des combattants retranchés, vivent des centaines d’habitants, toutes générations confondues ». | DR/Poste algérienne

Le 17 juillet 1849, les troupes françaises envoyées en hâte entament un siège, qui durera quatre mois. Après un premier assaut infructueux, l’état-major prend la mesure de la résistance et envoie une colonne de renfort de plus de 5 000 hommes, commandée par le général Émile Herbillon (1794-1866), commandant de la province de Constantine, suivie d’une autre, des zouaves dirigés par le colonel François Canrobert (1809-1895). Deux officiers supérieurs, plusieurs milliers d’hommes contre une localité du grand sud algérien, deux décennies après la prise d’Alger : la résistance algérienne était d’une ampleur et d’une efficacité exceptionnelles.

Le 26 novembre, les assiégeants, exaspérés par la longueur du siège, voyant beaucoup de leurs camarades mourir (des combats et du choléra), informés du sort que les quelques Français prisonniers avaient subi (tortures, décapitations, émasculations…), s’élancent à l’assaut de la ville. Chaque maison devient un fortin, chaque terrasse un lieu d’embuscade contre les assaillants. Après d’âpres combats, au cours desquels les Français subissent de lourdes pertes, le drapeau tricolore flotte sur le point culminant de l’oasis.

Deux ans plus tard, Charles Bourseul, un « ancien officier de l’armée d’Afrique » ayant participé à l’assaut, publiera son témoignage : « Les maisons, les terrasses sont partout envahies. Des feux de peloton couchent sur le sol tous les groupes d’Arabes que l’on rencontre. Tout ce qui reste debout dans ces groupes tombe immédiatement sous la baïonnette. Ce qui n’est pas atteint par le feu périt par le fer. Pas un seul des défenseurs de Zaâtcha ne cherche son salut dans la fuite, pas un seul n’implore la pitié du vainqueur, tous succombent les armes à la main, en vendant chèrement leur vie, et leurs bras ne cessent de combattre que lorsque la mort les a rendus immobiles. ». Il s’agissait là des combattants.

DESTRUCTION MÉTHODIQUE

Or, l’oasis abritait aussi des femmes, des vieillards, des enfants, des adolescents. La destruction de la ville fut totale, méthodique. Les maisons encore debout furent minées, toute la végétation arrachée. Les « indigènes » qui n’étaient pas ensevelis furent passés au fil de la baïonnette.

Dans son livre La Guerre et le gouvernement de l’Algérie, le journaliste Louis de Baudicour racontera en 1853 avoir vu les zouaves « se précipiter avec fureur sur les malheureuses créatures qui n’avaient pu fuir », puis s’acharner : « Ici un soldat amputait, en plaisantant, le sein d’une pauvre femme qui demandait comme une grâce d’être achevée, et expirait quelques instants après dans les souffrances ; là, un autre soldat prenait par les jambes un petit enfant et lui brisait la cervelle contre une muraille ; ailleurs, c’étaient d’autres scènes qu’un être dégradé peut seul comprendre et qu’une bouche honnête ne peut raconter. Des procédés aussi barbares n’étaient pas nécessaires, et il est très fâcheux que nos officiers ne soient pas plus maîtres en expédition de leurs troupes d’élite, qu’un chasseur ne l’est d’une meute de chiens courants quand elle arrive avant lui sur sa proie. »

D’après les estimations les plus basses, il y eut ce jour-là huit cents Algériens massacrés. Tous les habitants tués ? Non. Le général Herbillon se crut obligé de fournir cette précision : « Un aveugle et quelques femmes furent seuls épargnés ». Le pire est que la presse française d’alors reprit ce rapport cynique.

FUSILLÉS PUIS DÉCAPITÉS

Il y eut trois autres « épargnés »… provisoirement. Les Français voulurent capturer vivant – dans le but de faire un exemple – le chef de la résistance, le cheikh Bouziane. Au terme des combats, il fut fait prisonnier. Son fils, âgé de quinze ans, l’accompagna, ainsi que Si-Moussa, présenté comme un marabout. Que faire d’eux ? Ces « sauvages »n’eurent pas droit aux honneurs dus aux combattants.

Le général Herbillon ordonna qu’ils soient fusillés sur place, puis décapités. Leurs têtes, au bout de piques, furent emmenées jusqu’à Biskra et exposées sur la place du marché, afin d’augmenter l’effroi de la population. Un observateur, le docteur Ferdinand Quesnoy, qui accompagnait la colonne, dessina cette macabre mise en scène qu’il publia en 1888 dans un livre, témoignage promis à un certain avenir…

Que devinrent les têtes détachées des corps des combattants algériens ? Qui a eu l’idée de les conserver, pratique alors courante ? Où le furent-elles et dans quelles conditions ? Quand a eu lieu leur sordide transfert en « métropole » ? Cela reste à établir, même si certaines sources indiquent la date de 1874, d’autres la décennie 1880. Il semble certaines d’elles aient été d’abord exposées à la Société d’anthropologie de Paris, puis transférées au Musée de l’homme. Elles y sont encore aujourd’hui.

Soutenir les appels de citoyens algériens à rapatrier ces dépouilles dans leur pays, pour leur donner une sépulture digne comme cela fut fait pour les rebelles maori ou les résistants kanak Ataï et ses compagnons (en 2014), ne revient aucunement pour nous à céder à un quelconque tropisme de « repentance » ou d’une supposée « guerre des mémoires », ce qui n’aurait strictement aucun sens. Il s’agit seulement de contribuer à sortir de l’oubli l’une des pages sombres de l’histoire de France, celles dont l’effacement participe aujourd’hui aux dérives xénophobes qui gangrènent la société française.

Les signataires : Pascal Blanchard historien ; Raphaëlle Branche, historienne ; Christiane Chaulet Achour, universitaire ; Didier Daeninckx, écrivain ; René Gallissot, historien ; François Gèze, éditeur ; Mohammed Harbi, historien ; Aïssa Kadri, sociologue ; Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire ; Gilles Manceron, historien ; Gilbert Meynier, historien ; François Nadiras, Ligue des droits de l’homme ; Tramor Quemeneur, historien ; Malika Rahal, historienne ; Alain Ruscio, historien ;Benjamin Stora, historien ; Mohamed Tayeb Achour, universitaire.


http://mobile.lemonde.fr/idees/article/ ... cebook.com
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Re: Algérie, lutte indépendance, solidarité internationale .

Messagede bipbip » 20 Juil 2016, 02:01

« Les balles du 14 juillet 1953 » : un film sur un carnage méconnu
Tout le monde connaît le 17 octobre 1961 mais il y a eu avant d’autres carnages dont certains sont méconnus comme celui du 14 juillet 1953... Un documentaire tire de l’oubli cet assassinat de masse en plein coeur de Paris.
... http://www.4acg.org/Les-balles-du-14-ju ... ge-meconnu

14 juillet 1953 : répression coloniale, massacre d’État :
Le 14 juillet 1953, une manifestation anticoloniale - appelée par le MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) fondé par Messali Hadj, la CGT et le PCF - était réprimée dans le sang. 6 jeunes ouvriers algériens et un métallurgiste français, syndicaliste CGT, furent tués par balles, pour avoir revendiqué la fin du colonialisme et l'indépendance de l'Algérie.
... http://www.contretemps.eu/interventions ... d%C3%A9tat
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Re: Algérie, lutte indépendance, solidarité internationale .

Messagede Pïérô » 12 Sep 2016, 23:48

Paris, mercredi 14 septembre 2016

Projection débat « Les balles du 14 juillet 1953 »

à 19h30, Librairie du Monde libertaire - Publico, 145 rue Amelot, Paris 11e
Entrée libre

Le 14 juillet 1953, un drame terrible s’est déroulé en plein Paris. Au moment de la dislocation d’une manifestation en l’honneur de la Révolution Française, la police parisienne charge un cortège de manifestants algériens. Sept personnes (six algériens et un français) sont tuées et une centaine de manifestants blessés dont plus de quarante par balles. Un vrai carnage.

Cette histoire est quasiment inconnue. Comme si une page d’histoire avait été déchirée et mise à la poubelle. En France comme en Algérie.

Ce film, est l’histoire d’une longue enquête contre l’amnésie. Enquête au jour le jour, pour retrouver des témoins, pour faire parler les historiens, pour reprendre les informations dans les journaux de l’époque, dans les archives et autres centres de documentation afin de reconstituer au mieux le déroulement de ce drame mais aussi pour comprendre comment ce mensonge d’État a si bien fonctionné.


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Re: la guerre d'algérie n'est tjs pas finie ...

Messagede bipbip » 03 Oct 2016, 23:38

le point sur l’affaire des crânes au musée

La chaîne France24 a diffusé le 28 septembre 2016 une émission consacrée à un chapitre relativement peu connu de la conquête coloniale de l’Algérie : l’histoire de combattants algériens fusillés, puis décapités au milieu du XIXème siècle pour avoir combattu la colonisation française.

Plus de 150 ans après leur mort, les crânes de ces résistants font partie des collections anthropologiques du Musée de l’Homme à Paris. Comment sont-ils arrivés là ? Seront-ils un jour rapatriés en Algérie, comme le demande une pétition qui a reçu près de 30 000 signatures venant des deux rives de la Méditerranée ? Gilles Manceron, historien de la colonisation, donne son point de vue.

... http://ldh-toulon.net/le-point-sur-l-af ... ranes.html
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Re: Algérie, lutte indépendance, solidarité internationale .

Messagede Pïérô » 27 Nov 2016, 01:48

14 juillet 1953, 17 octobre 1961, 8 février 1962 : ici la police tue les manifestants

Rencontre avec Daniel Kupferstein qui, avec ses trois films « les balles du 14 juillet », «17 octobre 1961. Dissimulation d'un massacre », et « Mourir à Charonne, pourquoi ? », fouille les entrailles de la sombre histoire coloniale de la France au XXe siècle. Le réalisateur a retrouvé des témoins, fait parler les historiens afin de reconstituer au mieux le déroulement de ces massacres occultés où le nom de Maurice Papon n’est jamais loin, et de comprendre comment le mensonge d’Etat a si bien fonctionné.

- Les 17 et 18 octobre 1961, lors d'une manifestation non-violente contre le couvre-feu qui leur était imposé, des dizaines d'algériens étaient assassinés à Paris par des fonctionnaires de police aux ordres de leurs supérieurs, sous couvert du préfet de police Maurice Papon. Pendant quarante ans, ce crime a été occulté.
- Le 8 février 1962, les syndicats et partis de gauche appellent à une manifestation de protestation contre les attentats de l’OAS. Au moment de la dispersion au métro Charonne, la police charge brutalement. On relèvera neuf morts et de nombreux blessés.
- Le 14 juillet 1953, en plein Paris, la police parisienne a chargé un cortège de manifestants algériens. En quelques minutes, sept personnes (six Algériens et un Français) ont été tuées et plus de quarante blessés par balles.


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Re: Algérie, lutte indépendance, solidarité internationale .

Messagede bipbip » 13 Déc 2016, 16:29

Algérie 1962-1965 Autogestion mythe ou réalité? (suite): Deux textes de Mohammed Harbi.

Nous publions ci-dessous la contribution de Mohammed Harbi, dans Autogestion, hier, aujourd’hui, demain, (Syllepse, 2010), accompagné des annexes qui suivaient dans le livre (article de Raptis, décrets de 1963, circulaires, articles, documents visés par le texte de M. Harbi), ainsi que des extraits de l’entretien accordé aux Temps Modernes en juillet 1982 « l’expérience de 1962 à 1965, sa portée, ses limites ».

... http://www.autogestion.asso.fr/?p=2293
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Re: Algérie, lutte indépendance, solidarité internationale .

Messagede bipbip » 05 Jan 2017, 15:58

Décembre 1960. Quand le peuple algérien se soulevait contre le colonialisme

Après la « bataille d’Alger » en 1957, la France prétendait avoir anéanti toute opposition en Algérie. Mais le dimanche 11 décembre 1960 et les jours suivants, de vastes manifestations populaires sont organisées par les Algériens pour arracher leur indépendance. Cet épisode historique capital reste méconnu.

... http://orientxxi.info/magazine/decembre ... lisme,1613
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