Luttes des femmes dans l'Histoire et en international

Re: Luttes des femmes dans l'Histoire et en international

Messagede Lila » 01 Avr 2018, 20:34

L'histoire oubliée de ces femmes qui, en 1905, ont gagné contre leur harceleur

Ce sont les femmes des classes populaires qui ont refusé les premières d'accepter d'être traitées comme des objets sexuels. Quelque part, elles sont nos modèles.

La semaine dernière, j’assistais à une journée organisée par l’observatoire des violences envers les femmes en Seine-Saint-Denis. La chercheuse Sylvie Cromer a pris la parole sur le mouvement #MeToo. Et elle a nous raconté une histoire, tirée de Le Droit de cuissage: France, 1860-1930 de Marie-Victoire Louis.

À la fin du XIXe siècle, en France, se sont déroulées des grèves pour la dignité. Des ouvrières se mettaient en grève pour dénoncer le harcèlement sexuel de certains chefs d’atelier. Vous en avez entendu parler?

à lire : http://www.slate.fr/story/159085/metoo- ... harceleurs
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Re: Luttes des femmes dans l'Histoire et en international

Messagede Lila » 15 Avr 2018, 19:51

Simone, Louise, Olympe et les autres : la grande histoire des féministes (Documentaire 2018)

La grande histoire des féministes - 01 - Les Pionnières (1789-1918)




La grande histoire des féministes - 02 - Ne me libère pas, je m'en charge ! (1918-1981)

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Re: Luttes des femmes dans l'Histoire et en international

Messagede Lila » 19 Juil 2018, 19:07

Le titre ne reflète pas le combat réel, mais l'article fait connaître Marie-Rose Astié de Valsayre


Figures du féminisme: Le combat d'Astié pour autoriser les femmes à porter le pantalon au XIXe siècle

Marie-Rose Astié de Valsayre, féministe atypique et multifacette, fut l’une des premières femmes à militer pour que les femmes aient le droit de porter des pantalons, à la fin du XIXe siècle…

Les scandales vestimentaires à l’Assemblée ne datent pas d’hier. En 1887, les députés reçoivent une pétition réclamant le droit pour les femmes de porter à Paris les mêmes vêtements que les hommes, et en particulier le pantalon. Ce plaidoyer historique pour la « liberté de costume » est signé Marie-Rose Astié de Valsayre. Méconnue du grand public, elle mena une vie aussi mouvementée qu’en avance sur son temps et fut l’une des pionnières de l’émancipation féminine.

« Messieurs les députés, dans toutes les bagarres de terre ou d’eau, la femme, en raison de son costume, est une victime prédestinée à la mort, et les accidents de tramways survenant pour le même motif sont quotidiens. »

Ainsi s’adresse Marie-Rose Astié de Valsayre aux élus, en juillet 1887. Elle est la première à réclamer l’abrogation de « la loi routinière qui interdit aux femmes de porter le costume masculin, tout aussi décent, quoi qu’on en puisse dire, surtout incontestablement plus hygiénique ».
Contre une ordonnance de 1800… et des traditions millénaires

A l’époque, les femmes sont privées de porter le pantalon en vertu d'une ordonnance datant de la première République, prise le 16 brumaire an IX (le 7 novembre 1800), qui stipule que les femmes « travesties » [en hommes] doivent être arrêtées par la police, sauf en cas de dérogation exceptionnelle, souvent pour des raisons de santé. C’est donc à ce texte et à des traditions solidement ancrées que Marie-Rose Astié de Valsayre s’attaque dès 1887.

« A l’époque, il y avait un débat sur le port du corset, dont des médecins disaient qu’il était mauvais pour la santé », rappelle l’historienne Nicole Cadène. « Astié avait fait des études de médecine et cela explique que sa revendication pour la liberté de costume est avant tout hygiénique. Sa pétition intervient après l’incendie de l’Opéra comique, dans lequel des femmes, gênées par leurs vêtements, ont péri. Mais il y avait aussi une dimension économique, car les femmes étaient empêchées d’exercer certains métiers en raison de leur tenue, et une dimension féministe, la liberté de mouvement », poursuit la chercheure associée au Telemme.

La pétition d’Astié suscite alors les moqueries de la presse, notamment sous la plume – teintée de misogynie – d’un journaliste du Petit Parisien daté du 28 juillet 1887. « Il est bien certain que les délicieux costumes, les robes bouffantes, les falbalas flottants, les tournures rebondies dont se revêt pour nous mieux charmer le sexe féminin ne sont pas ce qu’il y a de plus commode pour se livrer aux exercices gymnastiques qu’exige, dans nombre de cas, un sauvetage », raille l’auteur.

Mais il souligne aussi « les gros inconvénients qui résulteraient au point de vue du costume de la confusion des sexes » et s’inquiète de voir la militante mettre en cause « un usage immémorial consacré par le consentement ininterrompu d’innombrables générations », pointant le poids des conventions vestimentaires de l’époque.

« Dans les salons, les robes de bal, que l’on fait extrêmement longues, n’ont jamais empêché une dame de valser… j’allais dire de valsayre », se gausse Le Siècle du 26 août 1888.

Femme de lettres et d’épée

Les railleries, parfois grossières, de ses contemporains masculins et les caricatures moqueuses sont autant suscitées par les revendications d’Astié (comme elle se fait appeler), jugées incongrues à l’époque, que par sa réputation. A 40 ans, elle est déjà connue à Paris et à l’étranger pour ses provocations en duel, dont l’une est relatée dans Le Figaro du 10 mai 1886. « A l’époque, les hommes manifestaient leur citoyenneté en recourant au duel. Astié voualit que les femmes puissent en faire autant, qu’elles soient capables de défendre leur honneur. Elle a fondé la Ligue des escrimeuses en 1893 », note l’historienne Nicole Cadène.

Mariée à un médecin, elle a fait des études de médecine et de pharmacie et a officié comme ambulancière pendant la guerre franco-prussienne de 1870, au cours de laquelle elle a été blessée. Elle a aussi composé de la musique et écrit plusieurs ouvrages, parfois sous un pseudonyme masculin.

C’est à contre-pied qu’elle commence à militer puisqu’elle publie en 1882, sous pseudo, un ouvrage dans lequel elle critique les féministes de l’époque. « Elle a évolué, d’un féminisme modéré, qui la poussait à rejeter les féministes de son époque, vers un féminisme bien plus radical », observe Nicole Cadène. « Cette rupture correspond sur le plan personnel avec la mort de son mari, en 1881, et son adhésion au socialisme, à partir de 1888. »

C’est un tournant pour Astié qui fonde un an plus tard la Ligue de l’affranchissement des femmes (aussi appelée Ligue des femmes). A sa tête, elle milite pour l’inscription des femmes sur les listes électorales et se porte même candidate aux élections de 1889 puis 1893, des candidatures de témoignage. « Elle a aussi créé des syndicats de couturières, lingères, mécaniciennes et de verseuses [serveuses dans des bars], elle s’est battue pour leurs salaires afin de leur éviter la prostitution », détaille l’historienne.

la suite : https://www.20minutes.fr/societe/226139 ... ixe-siecle
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Messagede bipbip » 04 Aoû 2018, 16:58

Une aurore du féminisme

Mary Wollstonecraft eut une pensée hardie et une vie peu conformiste. Partie prenante des débats que la Révolution française suscita en Angleterre et activement liée au radicalisme, elle politisa sa réflexion sur l’oppression des femmes, notamment à la lumière de la critique du despotisme.

Emma Goldman la décrivait en 1911 comme une pionnière du progrès humain et une championne des déshérités. L’Anglaise Mary Wollstonecraft (1759-1797) a été un peu oubliée, notamment de ce côté-ci de la Manche. Elle aura pourtant été l’une des premières à penser le sort des femmes en termes politiques. Portant dans sa vie même une volonté remarquable de renverser les vieux obstacles, elle fut une figure centrale du féminisme, mais aussi du mouvement radical britannique. L’historien marxiste Edward P. Thompson a montré son rôle déterminant dans la cristallisation d’une première conscience de classe ouvrière en Angleterre.

Les « radicaux » regroupaient depuis les années 1760 des réformistes de la classe moyenne. À partir de 1789, les revendications démocratiques, l’influence du courant jacobin, la volonté de rejeter l’ordre de l’oligarchie aristocratique et marchande vont donner au mouvement une autre ampleur. Deux théoriciens contribuent à cet éveil : Thomas Paine, adepte enthousiaste des principes de la révolution américaine et de la Révolution française, dont Les Droits de l’homme (1791) sont vite érigés en bible du radicalisme démocratique, exerçant une énorme influence sur le monde du travail ; et William Godwin, pasteur ayant quitté l’Église, premier représentant de la pensée socialiste, qui prône dans son Enquête sur la justice politique (1793) une doctrine à la fois anarchiste et optimiste fondée sur la perfectibilité indéfinie de l’homme et de la société (1). Au cours des années 1790 se déchaîne la « guerre des pamphlets » ; elle oppose notamment Paine et Edmund Burke, dont les Réflexions sur la révolution de France exercent une influence considérable en Angleterre, et contribuent à retourner l’opinion publique et la bourgeoisie progressiste contre la Révolution et les « jacobins » anglais. Mary Wollstonecraft sera une actrice essentielle de ce débat.

Ses débuts dans la vie avaient pourtant été beaucoup plus classiques. Née dans la bourgeoisie commerçante et industrielle (l’un de ses grands-pères était marchand de vin, l’autre propriétaire d’une petite soierie), elle connaît l’étroitesse du champ des possibles féminins — sa réduction, même, à une époque où la fabrication industrielle des biens de consommation courante et l’émulation bourgeoise en matière de courtoisie aristocratique tendent à transformer les femmes en « anges du foyer » prévictoriens. Elle a subi directement les conséquences de ce grand enfermement. Elle a été témoin de l’autorité abusive d’un père despotique et de l’apathie d’une mère soumise à son époux, dont elle dressera un portrait à charge dans son premier roman (2). Ses sœurs et elle ont reçu une éducation très superficielle dans une petite école du Yorkshire, alors que leur frère aîné poursuivait des études de droit ; plus tard, à la suite d’un revers de fortune familial, elles ont dû exercer des emplois de gouvernante ou de dame de compagnie, mal rémunérés et humiliants. En 1784, elles ouvrent avec une amie proche, Fanny Blood, une école pour filles, mais doivent la fermer deux ans plus tard à cause de difficultés financières.

L’enseignement inspire à Mary Wollstonecraft un premier ouvrage, Pensées sur l’éducation des filles (1787), qui fait de celle-ci l’instrument privilégié d’une amélioration de la « situation infortunée des femmes » (3). L’origine du mal et son remède restent donc circonscrits à la sphère domestique, et le traité prisonnier d’un certain moralisme bourgeois : Wollstonecraft met en garde les mères contre l’influence corruptrice des nourrices ignares et des valets voleurs. C’est cependant le point de départ d’une première politisation de sa pensée. Car l’école se trouve à deux pas de la chapelle où prêche Richard Price. Ce pasteur et théologien s’est rendu célèbre en 1789 par un sermon à la gloire des révolutions américaine et française, qui a provoqué l’ire de Burke et l’écriture de son pamphlet.

Wollstonecraft commence alors à fréquenter les cercles de protestants non conformistes, ces dissenters qui n’ont le droit, en pays anglican, ni d’étudier à l’université ni d’occuper des fonctions officielles. Ces dissidents sont très présents dans les clubs politiques et les sociétés savantes où germent projets de réforme parlementaire et inventions scientifiques, noyau dur du mouvement radical prérévolutionnaire, du soutien à l’indépendance américaine et de la campagne abolitionniste. Elle y rencontre Joseph Johnson, figure-clé du radicalisme londonien et éditeur de Paine, qui l’encourage ; il accepte de publier ses Pensées, puis son premier roman. Il lui commande traductions et recensions pour la revue qu’il édite. Les dissenters sont ainsi le moyen d’une double émancipation, politique et économique : Wollstonecraft rencontre le radicalisme en même temps qu’elle accède à l’indépendance financière grâce à ses écrits.

Mais c’est la Révolution française qui induit chez elle le tournant le plus significatif. Elle écrit, avant Paine, une Défense des droits de l’homme (1790) qui fait d’elle une intellectuelle reconnue, bien établie dans les milieux radicaux (et masculins) de la métropole. À la table de Johnson, elle croise le fer avec Paine, avec les romanciers Mary Hays et Thomas Holcroft, ainsi qu’avec William Godwin, qui énonce une critique protoanarchiste de toute forme de gouvernement. Godwin deviendra son amant, puis son époux. Il rappelle dans la biographie qu’il lui consacre sa ténacité et son talent argumentatif, y compris sa capacité à accaparer la conversation sans laisser dire un mot à son interlocuteur ; ce fut le cas avec Paine au cours du dîner où Godwin la rencontra pour la première fois. Un peu plus tard, en 1792, elle écrit sa Défense des droits des femmes (4).

La Révolution conduit Wollstonecraft à appliquer la critique radicale du despotisme à l’expérience féminine. Elle peut alors condamner la condition « dégradée » des femmes comme le résultat non plus d’une mauvaise éducation, mais d’une oppression systématique, d’un esclavage organisé par la tyrannie masculine. Mais il y a plus, entre les deux Défenses, qu’un simple transfert. Sa critique répétée, dans la première, du « voile » jeté par le faste royal et aristocratique sur la nudité de l’oppression du peuple (dont Burke préconise le maintien) la rend particulièrement sensible à la dimension idéologique de la domination. Même si elle ne parle pas d’« idéologie », c’est bien une critique de celle de la féminité, et de son rôle dans la perpétuation de l’avilissement et de l’asservissement des femmes, qu’elle développe dans la seconde Défense. Elle en traque méthodiquement la présence et les implications : dans les manuels de bonne conduite (conduct books) qui enseignent aux jeunes filles à être belles et à se taire ; dans l’Émile de Jean-Jacques Rousseau ; dans les romans sentimentaux à la mode ou dans la galanterie masculine, que les femmes ont bien tort de priser (5).

Wollstonecraft propose ainsi une théorie de la construction des « caractères sexués » qui anticipe le féminisme des années 1960 et les études de genre. Le caractère socialement composite du mouvement radical va la mettre au contact d’idées qui poussent le libéralisme aux confins du socialisme : État-providence redistributeur esquissé par Paine ; défense du droit du travailleur à une part des profits engendrés par son travail, promue par John Thelwall ; protocommunisme agrarien de Thomas Spence, qui milite pour l’abolition de la propriété privée de la terre (6). Son roman posthume — et inachevé — Maria ou le Malheur d’être femme s’en fera l’écho. Sans le pathos que le roman sentimental réserve aux gens du peuple, il décrit avec crudité la dureté du travail féminin. Sa fin devait célébrer l’amitié et l’entraide de « différentes catégories de femmes (7) ».

Dans les années 1970, les féministes de la seconde vague seront souvent peu tendres avec Mary Wollstonecraft. Elles épingleront le libéralisme bourgeois qui la rend aveugle aux différences de classe, ainsi que le puritanisme qui la fait fustiger les femmes dans les termes misogynes qu’elle condamne, mais aussi réprimer toute féminité et sensualité : l’esprit, pour elle, n’a pas de sexe. De fait, elle se contente de revendiquer l’ouverture de la carrière libérale aux talents féminins et de rêver au jour où les femmes deviendront députées, sans même réclamer pour elles le droit de vote, que seul Thomas Spence défend au même moment. L’impossibilité d’écrire le désir féminin, à une époque où le seul fait d’être auteure est déjà bien immoral, se traduit dans son œuvre par des disjonctions stylistiques frappantes : la philosophie asexuée cède la place à des envolées sentimentales qui la font tomber dans les travers féminins qu’elle dénonce. Mais quand, dans le Paris révolutionnaire où elle se rend seule, elle entame une liaison mouvementée avec un aventurier américain (dont elle a une première fille), quand elle est la maîtresse de Godwin (qui voit dans le mariage un « odieux monopole », mais qui l’épousera après une grossesse imprévue), quand tous deux choisissent la non-cohabitation (chacun jugeant le métier d’écrivain peu compatible avec la vie conjugale), quand elle vit, plus jeune, une amitié passionnée avec Fanny Blood (où certains voient une relation lesbienne (8)), elle revendique et pratique bien une forme de liberté sexuelle qui lui attirera les foudres de la presse conservatrice, mais aussi de certains radicaux.

Après sa mort, à 38 ans, à la naissance de sa seconde fille, la dissémination de ses idées sera lente, freinée par la virulence de la presse conservatrice à son encontre, par l’effondrement du mouvement radical sous les coups du gouvernement conservateur de William Pitt le Jeune et par la misogynie persistante du radicalisme masculin. La constitution d’un mouvement féministe en Angleterre ne se développera véritablement qu’un siècle plus tard, privant en même temps le socialisme émergent d’une pensée spécifique sur l’oppression des femmes et le travail féminin (sauf peut-être dans la philosophie de Robert Owen (9), vite congédiée pour utopisme).

En un sens, le legs le plus direct de Wollstonecraft aura peut-être été sa seconde fille, Mary. Celle-ci reproduit à la génération suivante l’audace à la fois intellectuelle et sexuelle de sa mère, en s’enfuyant à 16 ans avec le jeune poète Percy Bysshe Shelley, marié et père de famille, et en publiant à 20 ans Frankenstein, l’un des grands romans de la modernité. Un livre qui se mêle ouvertement de science et de philosophie — un peu moins directement de politique —, et que la postérité, cette fois, n’a pas oublié.

Marion Leclair

Doctorante en littérature anglaise à l’université Paris-III.


(1) Précision du 28 février 2018 : Godwin est individualiste ; hostile à toute forme de production et de répartition collective des richesses (et d’action politique organisée), il estime que leur redistribution, si redistribution il y a, doit se faire de façon purement individuelle et spontanée ; et il est un des premiers grands théoriciens de la critique de l’État. Il est plus évidemment anarchiste qu’il n’est socialiste.

(2) « Mary. Invention », dans Mary Wollstonecraft. Aux origines du féminisme politique et social en Angleterre, textes réunis et présentés par Nathalie Zimpfer, ENS Éditions, Lyon, 2015.

(3) « Pensées sur l’éducation des filles », dans Mary Wollstonecraft, op. cit.

(4) Mary Wollstonecraft, « Défense des droits des femmes », dans Œuvres, édition d’Isabelle Bour, Classiques Garnier, Paris, 2016.

(5) Barbara Taylor, Mary Wollstonecraft and the Feminist Imagination, Cambridge University Press, New York, 2003. Pour une biographie, cf. Janet Todd, Mary Wollstonecraft : A Revolutionary Life, Weidenfeld & Nicolson, Londres, 2000.

(6) Gregory Claeys, The French Revolution Debate in Britain : The Origins of Modern Politics, Palgrave Macmillan, Basingstoke (Royaume-Uni), 2007.

(7) Mary Wollstonecraft, « Maria ou le Malheur d’être femme », dans Œuvres, op. cit.

(8) Claudia L. Johnson, Equivocal Beings, University of Chicago Press, coll. « Women in culture and society », 1995.

(9) Barbara Taylor, Eve and the New Jerusalem : Socialism and Feminism in the Nineteenth Century, Virago Press, Londres, 2016 (1re éd. : 1983).


https://www.monde-diplomatique.fr/2018/03/LECLAIR/58443
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Re: Luttes des femmes dans l'Histoire et en international

Messagede bipbip » 11 Aoû 2018, 23:14

Le mouvement de libération des femmes, une aventure libertaire ?

Le renouveau du féminisme en France au début des année 70 est, très certainement, l’enfant direct de mai 68. C’était la pièce manquante dans le puzzle de la subversion, la conséquence nécessaire du croisement entre rêve de révolution et libération sexuelle.

Le mouvement de libération des femmes, une aventure libertaire ?

Mai 68, événement fondateur.

Cet article est paru (en espagnol) dans le n° 93, hiver 2017 / 2018 de la revue Libre Pensamiento

Libre Pensamiento

n° 93 - invierno 2017 / 2018

La revolución de mayo del 68

EL MOVIMIENTO DE LIBERACIÓN DE LAS MUJERES,

sommaire et PDF du numéro

¿UNA AVENTURA LIBERTARIA ?

Monique Rouille-Boireau

* * *
Le mouvement de libération des femmes, une aventure libertaire ?

Mai 68, événement fondateur.

Monique Rouillé-Boireau

Le renouveau du féminisme en France au début des année 70
est, très certainement, l’enfant direct de mai 68. « C’est parce que le
mouvement de libération des femmes était en pointillé dans le
printemps révolutionnaire de 68 qu’il prit, dès les années suivantes,
comme une traînée de poudre » écrira G. Fraisse. « C’était la pièce
manquante dans le puzzle de la subversion, c’était la conséquence
nécessaire du croisement entre rêve de révolution et libération
sexuelle ».

Certes, il existait dans les années 60 des groupes de femmes qui
militaient pour l’égalité des droits, le planning familial travaillait pour
généraliser la pratique des moyens contraceptifs, et des sociologues
étudiaient la condition féminine, la division des rôles sociaux et
l’inégalité qu’elle entraîne, la non maîtrise de la fécondité. Mais dans
l’enthousiasme (la naïveté ?) du moment, tout cela paraissait très
limité par rapport à l’espace infini de changements et ruptures qui
s’ouvrait. Nous, les femmes, allions conquérir existence nouvelle et
liberté.

Deux ruptures se sont alors opérées par rapport à ce cours
tranquille du féminisme : il s’agissait de changer le monde et non plus
de le comprendre, et c’était de bien autre chose que l’obtention de
l’égalité des droits dont il était question. En effet d’emblée, le
mouvement des femmes s’est vécu comme subversif ; l’enjeu était la
révolution, et la place des femmes y était essentielle : en se libérant,
les femmes libéreraient le monde.

lire la suite en PDF : https://refractions.plusloin.org/IMG/pd ... _-_mlf.pdf
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Re: Luttes des femmes dans l'Histoire et en international

Messagede bipbip » 18 Aoû 2018, 15:44

Recension : Histoire des suffragistes radicales du nord de l’Angleterre

Recension : « Histoire des suffragistes radicales » de Jill Liddington et Jill Norris. Éditions Libertalia, 560 pages, 17 euros.

Un livre qui retrace le combat oublié des ouvrières du nord de l’Angleterre à la fin du 19e siècle et au début 20e siècle. Paru en 1978 en Grande-Bretagne où il fut largement diffusé, il vient d’être traduit en français, 40 ans après !

Les ouvrières des filatures de coton de la région de Manchester ont mené des luttes importantes pour l’égalité sociale et politique. C’est cette histoire que les auteures, deux féministes britanniques, ont eu à cœur d’écrire, sur la base de témoignages et d’enquêtes approfondies. L’ouvrage décrit dans le détail les épouvantables conditions de vie et de travail de ces femmes, les horaires interminables, etc. Sans oublier les tâches ménagères et l’éducation des enfants. C’est ce que reflète le titre anglais du livre : One Hand Tied Behind Us (« Une main attachée dans le dos »).

Droits politiques, économiques et sociaux

Nombre d’entre elles sont impliquées dans les syndicats, et militent au Parti travailliste. Leurs revendications ? Salaire égal à celui des hommes, droit à l’éducation pour les filles et droit au divorce pour les épouses, le contrôle des naissances, l’émancipation des travailleurs et le socialisme. Elles pensent que le droit de vote leur permettra de mieux défendre ces aspirations. En cela, elles se distinguent des « féministes bourgeoises » qui ne voient dans le droit de vote qu’un moyen de protéger leurs fortunes.

Ces suffragistes vont aller, souvent à vélo, convaincre les ouvrières. Le 1er mai 1900 elle font signer à des dizaines de milliers d’entre elles une pétition exigeant le droit de vote. Elles se heurteront à l’intransigeance et au mépris des dirigeants syndicaux et des Travaillistes. Devant ces refus à répétition, une partie des suffragistes radicales décident de se lancer dans des actions directes. On les connaîtra sous le nom de « suffragettes », dirigées par la famille Pankhurst qui appartient à la classe moyenne.

Les militantes ouvrières resteront à l’écart de ces actions tout en étant solidaires. Et durant la guerre de 1914 elles seront antimilitaristes et pacifistes. Rappelons que le droit de vote d’une partie des femmes fut acquis en Angleterre dès 1918 !

Régine Vinon


http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article45145
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