Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede bipbip » 02 Déc 2016, 13:41

L’abécédaire d’Emma Goldman

Emma Goldman n’était pas née aux États-Unis mais elle se percevait comme l’un de ses enfants « adoptés » : non pas, confiait-elle, en raison d’une carte d’identité mais d’« un état d’esprit », celui de l’immensité des terres et d’un certain souci de la liberté. À l’heure où un milliardaire nationaliste s’apprête à fanfaronner dans les bureaux de la Maison Blanche, (re)plongeons-nous dans l’œuvre-vie de cette militante née en Lituanie en 1869 : anarchiste, communiste et féministe, amatrice de danse et de théâtre, elle fut incarcérée pour s’être levée contre la Première Guerre mondiale et avoir défendu le droit des femmes à la contraception. Exilée en Russie, elle se sépara des bolcheviks qu’elle avait initialement soutenus et partit appuyer les libertaires en Espagne, contre Franco. Celle que les services secrets nord-américains tenaient pour l’une des voix les plus « dangereuses » mourut d’un accident vasculaire cérébral à Toronto, en 1940, après avoir dénoncé le Pacte germano-soviétique… Une vie, disait-elle, « de désespoir noir et de fervent espoir » — l’un de ses amis salua, sur sa tombe, celle qui se battit sans relâche, en tant qu’ouvrière, infirmière, essayiste et activiste, pour « un monde sans guerre, un monde sans pauvreté, un monde d’espoir et de fraternité humaine ».

... http://www.revue-ballast.fr/labecedaire-demma-goldman/
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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede Pïérô » 11 Déc 2016, 03:44

AMEDEO BERTOLO (1941-2016)

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès d’Amedeo Bertolo, une grande figure de l’anarchisme italien. Nous l’avions rencontré à plusieurs reprises lors des réunions de la Fédération internationale des centres de documentation libertaire (Ficedl). Avec sa compagne Rossella Di Leo, il y représentait le Centro studi libertari-Archivio Giuseppe Pinelli de Milan.

On pourra lire en détail son itinéraire d’anarchiste dans le livre de Laurent Patry et Mimmo Pucciarelli, L’anarchisme en personnes (Atelier de création libertaire, 2006, 365 pages) sous le titre « Éloge du cidre ».

Amedeo est né en 1941 à Milan dans une famille modeste. Ses parents étaient originaires du Frioul. Alors qu’il est encore au lycée, il crée en 1961 le Gruppo giovanile libertario qui organise des réunions et publie des tracts, notamment en soutien aux anarchistes espagnols en lutte contre Franco.
Pendant l’été 1962, il parcourt l’Espagne à moto, nouant des contacts avec la Fédération ibérique des jeunesses libertaires (FIJL) et en apportant des tracts, des informations et une ronéo. Au retour de ce voyage, il apprend la condamnation à mort de Jorge Conill Vals, accusé d’avoir commis des attentats contre des édifices franquistes. Pour protester contre cette condamnation, avec des compagnons anarchistes et socialistes, il enlève le vice-consul espagnol de Milan. C’est le premier enlèvement politique en Italie.

Il a un grand écho dans l’opinion publique. La peine de mort de Jorge Conill Vals est commuée en peine de prison, le vice-consul est libéré, les auteurs de l’enlèvement sont arrêtés, mais Amedeo réussit à s’enfuir en Suisse puis en Italie où il est pris en charge par des compagnons anarchistes. Il se constitue prisonnier le jour du procès. Le tribunal dit que les auteurs de l’enlèvement ont agi pour des raisons d’une « valeur morale et sociale élevée ». Les condamnations sont minimales et les peines de prison sont suspendues.

En 1963, il participe à la rédaction du journal Materialismo e libertà qui aura trois numéros. En 1966, il fait partie des organisateurs d’une rencontre internationale de jeunes anarchistes à Milan, parmi lesquels des Provos hollandais et des anarchistes français. À la fin de la rencontre, une manifestation est improvisée ; un garrot, symbole de la terreur franquiste, est déposé devant le Duomo.

Il est ensuite l’animateur du groupe Gioventù libertaria puis du groupe Bandiera nera. Avec Giuseppe Pinelli, il fonde la Croce nera, suivant l’exemple de la Black Cross britannique. Le principal objectif est d’aider les victimes du franquisme.

Giuseppe Pinelli est assassiné dans la nuit du 15 au 16 décembre 1969, il est jeté par la fenêtre d’un commissariat. La police essayait de faire croire que les anarchistes étaient responsables des récents attentats meurtriers, en particulier celui de la Piazza Fontana à Milan, le 12 décembre. Ceux-ci avaient été en réalité organisés par les fascistes et les services secrets. Amedeo participe activement à une campagne de contre-information pour expliquer ce qui se tramait : la stratégie de la tension visait à enrayer la montée de la contestation sociale et des luttes populaires.

Dans les années 1970, Amedeo est le protagoniste de plusieurs initiatives. Il est rédacteur dans le journal A rivista anarchica, il participe aux activités des Gruppi anarchici federati et au Comitato Spagna libertaria. Il intervient dans des colloques (Bakounine, les nouveaux patrons, l’autogestion…) et dans les rencontres internationales (Venise, 1984).
Il collabore à la revue Interrogations aux côtés de Louis Mercier Vega.

En 1976, il est parmi les créateurs du Centro studi libertari qui fusionne avec l’Archivio Pinelli. Il collabore à la nouvelle série de la revue Volontà.

En 1986, il est parmi les fondateurs des éditions Elèuthera qui prennent la suite des éditions Antistato et qui ont maintenant plusieurs centaines de titres à leur catalogue.

« Laissons le pessimisme pour des temps meilleurs », avait écrit Amedeo en 1983.

CIRA de Marseille

Nous relayons cette biographie hommage ainsi que celles des compañeros espagnols à lire ici : alasbarricadas.org


http://gimenologues.org/spip.php?article696
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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede bipbip » 15 Déc 2016, 16:28

Camillo Berneri et Francesco Barbieri

C’est le texte corrigé publié dans "Camillo Berneri Guerre de Classes en Espagne et textes libertaires" chez Spartacus en 1977 (oublié pendant cinq ans dans un tiroir et sorti avec pas mal de fautes).

Camillo Berneri et Francesco Barbieri

Camillo Berneri

Né à Lodi le 28 mai 1897, il passe son enfance à Reggio Emilia et milite dans un cercle de jeunesses socialistes. Il décide de démissionner en envoyant une lettre ouverte qui fit quelque bruit :
" ... le mouvement socialiste a commencé sa descente désastreuse vers les bases de l’égoïsme destructeur, suivant ainsi la trajectoire de la puissance morale du christianisme, qui devint puissant grâce à ses martyrs et tomba dans la décadence lorsque les sacrifices de ses partisans cessèrent. [...] Il nous faut un nouvel essor, il nous faut un retour au temps où aimer une Idée voulait dire ne pas craindre la mort et ne pas sacrifier toute la vie à une soumission complète. " (1915)

Ce profond engagement militant que l’on retrouve jusqu’à son assassinat ne fut pourtant jamais une fidélité aveugle, comme on va le voir.

En 1917, il est mobilisé. Voulut-il être objecteur ou déserter ? "Il y a des cas où se faire tuer est la solution la plus logique et se faire tuer devient une nécessité morale. Les cas de conscience sont plus
terribles que les balles autrichiennes ou les gaz asphyxiants. On combat et l’on meurt. Les violettes poussent sur le sol baigné de sang, le long des fossés d’eau rouge".

Après la guerre, il finit ses études tout en participant très activement à la presse anarchiste. Il devient professeur de philosophie dans un lycée. L’avènement du régime fasciste, les persécutions, son refus de prêter, en tant que fonctionnaire, fidélité au régime font qu’il doit s’exiler.

Alors commence une longue série d’arrestations et d’expulsions de France, de Suisse, d’Allemagne, de Belgique, du Luxembourg et de Hollande ; auxquelles s’ajoutent les difficultés propres aux exils politiques : discussions, emballements, déceptions, espionnite. etc. "J’ai rêvé de construire un édifice solide et spacieux, mais j’ai constaté que mon effort est bref : j’ai pesé mon cerveau, radiographié mon cœur et je me sens tantôt avili tantôt fier. Je me demande si mon activité politique n’est pas qu’une agitation sans but dans les feuilles sèches d’une idéologie en déclin : ma foi qui était d’un beau vert tendre et riche est maintenant rousse comme les vignes de l’automne".

Berneri vivait avec sa femme et ses deux filles qui étaient en France. D’une prison belge, il écrivait en 1930 à sa Fille Giliana : "Un jour peut-être tu sauras combien papa a aimé ta maman et vous autres, bien qu’il ait fait souvent souffrir la première et bien qu’il n’ait pas été tendre avec vous" (écrit directement en français).

Mais malgré ces obstacles matériels et moraux, Berneri était en pleine activité intellectuelle : "Ce qui est curieux, c’est que d’un côté je suis poussé à la politique militante, de l’autre, dans le domaine culturel, mes études préférées sont ou d’une érudition très particulière (j’ai gâché tant de temps à des choses bouffonnes : psychologie, zoologie, télépathie, etc.) ou terriblement abstraites (j’ai un gros livre de matériels sur le finalisme). Il en résulte un malaise général. " (Lettre à Luigi Fabbri, sept. 1929)

"Plus je lis notre presse et plus je crois rêver. Tu sais que c’est plus fort que moi et que je ne suis d’accord avec presque personne. [...] Quant au syndicalisme, je crois que c’est le seul terrain sur lequel nous
pourrons construire quelque chose, bien que je ne puisse pas accepter les fonctionnaires syndicaux et que je voie des inconvénients et du danger dans l’anarcho-syndicalisme en pratique. Si je m’en prends à l’individualisme, c’est parce que, bien que peu important numériquement, il a réussi à influencer presque tout le mouvement. [...] Mon rêve est de susciter l’examen d’une grande série de problèmes, puis, en rassemblant les remarques critiques, les annotations, les solutions, etc., de ceux qui en parleront, d’arriver à un programme pour 1932 ou 1933, pour le présenter comme programme d’un groupe d’anarchistes, qui laissent vivre en paix les autres, mais qui veulent marcher sur une route à eux". (Lettre à Luigi Fabbri, juillet 1930).

Il ne semble pas que cette tentative ait vu le jour. Par contre, Berneri écrivit de nombreux articles et des brochures antireligieuses et sur l’émancipation de la femme. Il fit également une thèse qui fut publiée Le Juif antisémite où il étudiait l’assimilation forcée ou volontaire des Juifs. André Spire, poète et sioniste, jugea le livre "de première importance".

Mais ses écrits les plus importants furent L’espionnage, fasciste à l’étranger (en italien) et Mussolini à la conquête des Baléares et ses articles militants dont nous donnons trois citations qui nous semblent résumer Berneri avant son arrivée comme volontaire en Espagne.

"Heureusement le phénomène maçonnique est, dans le camp de l’anarchisme italien, tout à fait négligeable. Mais il y a une considérable minorité d’anarchistes qui alléchés par l’espérance des "grands moyens" s’est laissé attirer dans le jeu politique de cet antifascisme équivoque. [...] La F.M appuie tout mouvement qui peut aider la bourgeoisie et combat tout ce qui peut lui nuire..."

"Il faut sortir du romantisme. Voir les masses, dirai-je, en perspective. Il n’y a pas le peuple, homogène, mais les foules, variées, séparées en catégories. Il n’y a pas la volonté révolutionnaire des masses, mais des moments révolutionnaires, dans lesquels les masses sont un énorme levier.(1927) [...] Si nous voulons arriver à une révision potentielle de notre force révolutionnaire non négligeable, il faut nous débarrasser des apriorismes idéologiques et de la remise à demain commode du règlement des problèmes tactiques et constructifs. Je dis constructifs parce que le plus grand danger d’arrêt et de déviation de la révolution est dans la tendance conservatrice des masses". (1930).

"Attendre que le peuple se réveille, parler d’action de masses, réduire la lutte antifasciste au développement et au maintien des cadres du parti et du syndicat au lieu de concentrer les moyens et la volonté sur l’action révolutionnaire qui, seule, peut changer cette atmosphère d’avilissement moral où le prolétariat italien est en train de se corrompre entièrement, est méprisable, c’est une idiotie et une trahison". (1934 fin de L’ouvrier-idolatrie).

A la nouvelle de l’insurrection en Espagne, Berneri et la plupart des antifascistes italiens s’y rendent immédiatement. Ils forment une colonne, organisée par Berneri et Carlo Rosselli (socialiste de gauche), qui sera intégrée dans la colonne Ascaso sur le front d’Aragon.

Berneri prend part aux combats de Monte Pelado (28 août 1936) : "Nous avons défendu la position à 130 contre 600 environ, aguerris et disposant de forts moyens, et cela pendant quatre heures de lutte" et de Huesca" (3 septembre 1936).

Il finit par se consacrer en grande partie à la propagande, sans cesser de s’occuper de la colonne italienne. Il dirige la revue Guerra de classe (en italien) et parle à la radio CNT-FAI dans des émissions pour l’Italie. Le livre Pensieri e battaglie (Paris - 1938) nous donnent sur la situation un certain nombre de remarques que Berneri notait pour lui. On verra qu’elles éclairent les articles en ce qui concerne le danger du putsch communiste et les rapports tendus avec les anarchistes-gouvernementalistes.

"Une catégorie de gens me joue terriblement sur les nerfs, c’est celle des volontaires observateurs (Français en majorité). Ils viennent avec des airs de curé et des tenues de cow-boys, pour passer la moitié du temps au café". (21 septembre 1936).

"L’article du N°6 a irrité le consul général d’URSS à Barcelone qui a demandé au comité régional (de la CNT) s’il l’approuvait. Je ne sais pas ce qu’ils ont répondu". (janvier 1937).

"Le N°8 de "Guerra de Classe" sortira quand il pourra. Le comité (régional de la CNT) a agi comme avec L’Espagne Antifasciste (1) et je ne veux pas être accusé. Cependant la chose m’a un peu chagriné. Je compenserai en collaborant à des revues et j’écrirai des brochures".

"Depuis quelque temps, nous avons fréquemment des victimes dans notre camp, ici, à cause des staliniens". (janvier 1937) "Giopp a été libéré sur intervention d’Espla et d’Arieto, mais son cas est grave et ils l’ont escorté et fait partir en avion par crainte d’un sale coup de la Tcheka communiste qui commande à Valence". [...] Je ne vois pas quand je finirai la brochure sur les Baléares (que je m’efforce de travailler malgré les inquiétudes !) pour pouvoir commencer une avalanche d’articles sur la situation d’ici, qui risque d’être bouleversé par les moscoutaires". (mars 1937).

"Moi qui dans le danger immédiat, ne suis en général pas peureux, je suis parfois pris par la peur de la mort, sans qu’il y ait une raison particulière objective." (Lettre à sa femme, 25 avril 1937).

Dix jours après, le 5 Mai 1937, Berneri et Barbieri, tous deux anarchistes, étaient arrêtés à leur domicile par une dizaine de policiers armés, en civil sous l’inculpation d’être "contre-révolutionnaires". Devant la protestation de Barbieri, un policier sortit sa carte N° 1109 (notée par la compagne de Barbieri).

Les deux derniers travaux de Berneri furent "Nous et le POUM" publiés par un journal anarchiste italien de New York, sans doute parce que la défense critique que faisait Berneri n’était pas publiable en avril-mai 1937 en Espagne ; et un discours le 3 Mai 1937 à la radio CNT-FAI pour l’Italie à l’occasion de la mort de Gramsci "le militant tenace et digne que fut notre adversaire Antonio Gramsci, convaincu qu’il a apporté sa pierre à la construction de la nouvelle société".


Francisco Barbieri

Bien que le nom de Camillo Berneri soit fraternellement uni à celui de Francisco Barbieri, par leur mort, on présente peu souvent ce camarade anarchiste.

Né le 11 Novembre 1895 à Briattica dans la province de Catanzaro, en Calabre, Barbieri milite dès sa jeunesse comme anarchiste et lors de l’arrivée du fascisme, il émigre en Argentine en avril 1921.

A Buenos Aires, il s’intègre dans le "Comitato Antifascista Italiano”, et fait connaissance d’exilés politiques, dont la majorité était liée au syndicat anarchiste de la FORA., très actif dans les luttes sociales argentines.

Avec l’arrivée de Severino Di Giovanni, en 1923, l’aile de l’anarchisme d’action, dr tendance individualiste, est renforcée sous le nom d’“anarchisme expropriateur”. Barbieri, appelé en Argentine “Qhico le professeur”, se rapproche tout de suite de Di Giovanni et des frères Scarfò, qui sont aussi des anarchistes d’origine calabraise. Entre 1927 et 1928, le groupe commet plus de vingt attaques à la dynamite : on pense que Barbieri faisait les explosifs. [Le groupe financer une imprimerie clandestine qui publiera en 1930 deux volumes de Scritti Sociali [Ecrits sociaux] d’Elisée Reclus en italien.] Lorsque le 3 mai 1928 Di Giovanni met une bombe près du consulat d’Italie, provocant la mort de neuf personnes et plus de trente blessés, le mouvement libertaire argentine se divise sur cet événement. Très dures sont les accusations du journal La Protesta, organe officiel de la FORA, envers les exécuteurs de l’attentat, accuses de faire le jeu de la police. Même le journal La Antorcha, traditionnellement proche des thèses des “expropriateurs”, prend ses distances vis à vis d’un tel acte.

Le groupe de Di Giovanni se disperse pour éviter d’évidentes représailles policières. Barbieri part d’abord en Uruguay puis au Brésil. la police a découvert le laboratoire où “Qhico” avait préparé les explosifs. C’est pour cette raison qu’il ne peut retourner à Buenos Aires. Grâce à l’intervention d’un avocat sympathisant des anarchistes, il réussit à ne pas extrader en Argentine et à rentrer en Calabre.

Il y est soumis à des continuelles “attentions” de la police. Connu pour son intense activité antifasciste, il est arrêté et condamné à un an et six mois de réclusion. cependant il arrive à s’évader de prison en février 1930 et à gagner Marseille (article d’Oscar Greco,"Contropotere - giornale anarchico" n° 14 - juillet/août 2003 - anno 2).

Accusé d’usage de faux papiers, il fut emprisonné et expulsé de France en Suisse, d’où il sera également expulsé et arrivera en Espagne en octobre 1935. Mais dénoncé par la police secrète italienne qui demande son extradition, il passe clandestinement en Suisse, où il se trouve lorsque commencent les évènements d’Espagne. Barbieri regagne Barcelone où il arrive le 25 Juillet 1936.

A cause d’une maladie, Barbieri se trouvait à Barcelone en mai 1937 après avoir combattu sur le front de Huesca. (Renseignements contenus en partie dans l’article de L. Mastrodicasa, Guerra de Classe, 23 Juin 1937).

Liés par leur mort, Berneri et Barbieri illustrent deux aspects complémentaires de l’anarchisme : la lutte impitoyable contre les dictatures et leur idéologie par la plume et par les armes.

Frank MINTZ

1) L’Espagne Antifasciste était un périodique consacré à la défense de l’Espagne anarcho-syndicaliste et dirigé par André Prudhommeaux. Il avait dû partir de Barcelone et s’installer à Nîmes pour garder son indépendance. Voir le témoignage de l’intéressé dans Sur les volontaires de langue française en Espagne dans la CNT-FAI


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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede Pïérô » 15 Déc 2016, 22:26

AMEDEO BERTOLO (1941-2016)

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès d’Amedeo Bertolo, une grande figure de l’anarchisme italien. Nous l’avions rencontré à plusieurs reprises lors des réunions de la Fédération internationale des centres de documentation libertaire (Ficedl). Avec sa compagne Rossella Di Leo, il y représentait le Centro studi libertari-Archivio Giuseppe Pinelli de Milan.

On pourra lire en détail son itinéraire d’anarchiste dans le livre de Laurent Patry et Mimmo Pucciarelli, L’anarchisme en personnes (Atelier de création libertaire, 2006, 365 pages) sous le titre « Éloge du cidre ».

Amedeo est né en 1941 à Milan dans une famille modeste. Ses parents étaient originaires du Frioul. Alors qu’il est encore au lycée, il crée en 1961 le Gruppo giovanile libertario qui organise des réunions et publie des tracts, notamment en soutien aux anarchistes espagnols en lutte contre Franco.
Pendant l’été 1962, il parcourt l’Espagne à moto, nouant des contacts avec la Fédération ibérique des jeunesses libertaires (FIJL) et en apportant des tracts, des informations et une ronéo. Au retour de ce voyage, il apprend la condamnation à mort de Jorge Conill Vals, accusé d’avoir commis des attentats contre des édifices franquistes. Pour protester contre cette condamnation, avec des compagnons anarchistes et socialistes, il enlève le vice-consul espagnol de Milan. C’est le premier enlèvement politique en Italie.

Il a un grand écho dans l’opinion publique. La peine de mort de Jorge Conill Vals est commuée en peine de prison, le vice-consul est libéré, les auteurs de l’enlèvement sont arrêtés, mais Amedeo réussit à s’enfuir en Suisse puis en Italie où il est pris en charge par des compagnons anarchistes. Il se constitue prisonnier le jour du procès. Le tribunal dit que les auteurs de l’enlèvement ont agi pour des raisons d’une « valeur morale et sociale élevée ». Les condamnations sont minimales et les peines de prison sont suspendues.

En 1963, il participe à la rédaction du journal Materialismo e libertà qui aura trois numéros. En 1966, il fait partie des organisateurs d’une rencontre internationale de jeunes anarchistes à Milan, parmi lesquels des Provos hollandais et des anarchistes français. À la fin de la rencontre, une manifestation est improvisée ; un garrot, symbole de la terreur franquiste, est déposé devant le Duomo.

Il est ensuite l’animateur du groupe Gioventù libertaria puis du groupe Bandiera nera. Avec Giuseppe Pinelli, il fonde la Croce nera, suivant l’exemple de la Black Cross britannique. Le principal objectif est d’aider les victimes du franquisme.

... http://gimenologues.org/spip.php?article696
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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede bipbip » 22 Déc 2016, 18:57

La pensée libertaire de Joseph Déjacque

Les anarchistes luttent autant pour l'égalité que pour la liberté. Au XIXe siècle se forme déjà une pensée libertaire.

Joseph Déjacque exprime un anarchisme révolutionnaire au XIXe siècle. Il est condamné pour avoir participé à l’insurrection de 1848 en France. Il ne cesse de vivre dans la pauvreté mais mène un inlassable combat politique. Il critique à la fois le régime autoritaire et la misère sociale. En 1852, avec l’arrivée de Bonaparte au pouvoir, il s’exile en Angleterre.

Avec Gustave Lefrançais et d’autres « indépendants », il fonde « La Sociale ». Cette société d’entraide ouvrière vise à renforcer la solidarité au quotidien et défend des positions politiques radicales. Joseph Déjacque s’oppose au discours modéré de Victor Hugo. Au contraire, il propose « de marcher enfin au renversement de la vieille société et à la terre promise de la liberté et de l’harmonie, le flambeau dans un main et le glaive dans l’autre ».

En 1854, Joseph Déjacque rejoint New York. Il fonde un journal : Le Libertaire. Il développe une critique radicale de la famille, de la propriété, de la religion et du gouvernement. Son discours choque les républicains. Il semble proche de l’anarchisme mais dénonce la misogynie de Proudhon. Une série de textes de Joseph Déjacque, présentée par l’historien Thomas Bouchet, est regroupée sous le titre A bas les chefs !

... http://www.zones-subversives.com/2016/0 ... acque.html

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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede Pïérô » 14 Jan 2017, 22:37

Alexandre Schapiro

Anarcho-syndicaliste russe.

En 1898, il vient faire ses études à Paris, à la Sorbonne, étude qu’il arrête faute de moyens. Il rejoint son père à Londres en 1900 et fait la connaissance de Rudolf Rocker et de Kropotkine, dont il devient le secrétaire. Il participe au Congrès anarchiste international d’Amsterdam en 1907, comme délégué de la Fédération anarchiste juive de Londres et, la même année, il assure le secrétariat du Comité de secours de la Croix-Rouge anarchiste.

Durant l’été 1917, il se rend en Russie et participe avec Voline au journal anarcho-syndicaliste Golos Trouda.

Après l’écrasement de l’insurrection de Cronstadt, il se joint à Emma Goldman et Alexandre Berkman pour obtenir la libération des anarchistes emprisonnés. Il est arrêté à son tour et expulsé du pays.

A Berlin, il participe au Comité de défense des révolutionnaires emprisonnés en Russie (1923-1926) puis au Fonds d’aide de l’Association internationale des travailleurs (anarcho-syndicaliste) (1926-1932). En décembre 1922, toujours à Berlin, il assiste au Congrès constitutif de l’A.I.T (antiautoritaire), dont il devient un membre du secrétariat international.

En 1933, il quitte l’Allemagne pour fuir le nazisme et s’installe à Paris où il édite La Voix du travail et collabore à Der Syndikalist de Berlin et à Combat Syndicaliste. En 1939, il se réfugie en Suède, puis à New York où il publie New Trends.

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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede bipbip » 26 Jan 2017, 16:23

Louis Bertoni, anarchiste et syndicaliste,

éd. Contre-Courant, coll. Les Cahiers, n° 71, Paris, 1958, p. 78-88

PDF : http://anarlivres.free.fr/pages/documen ... lectif.pdf
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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede bipbip » 28 Jan 2017, 18:52

Joseph Déjacque

Joseph Déjacque : un précurseur anarchiste méconnu

Joseph Déjacque n’est pas considéré comme un théoricien anarchiste et, pourtant, il vient pratiquement juste après Proudhon, avant Bakounine et Libertad, chronologiquement parlant. Déjacque mérite d’être lu et d’être redécouvert.

Il est né le 27 décembre 1821 à Paris. Rapidement orphelin de père, sa mère l’élève seul. À 12 ans, il devient apprenti en commerce de papiers peints. Durant toute sa vie, il sera un authentique prolétaire, c’est-à-dire ouvrier décorateur, peintre en bâtiment et poseur de papier peint. C’est un des rares hommes du peuple et à la fois penseur de l’anarchie, autodidacte. Toute sa vie, il aura de grandes difficultés matérielles, car son intransigeance face aux patrons ou à ses adversaires politiques le fera plonger sur le pavé. Tenant tête à ses différents employeurs, il sera constamment licencié. De guerre lasse, il s’engage dans la marine de guerre, il découvrira les mers d’Orient, mais il en reviendra antimilitariste et farouchement antiautoritaire. À nouveau dans le civil, il peine à retrouver du travail, sa réputation le précède et il sévit une grave crise économique (déjà à l’époque !).

Le 22 février 1848, l’insurrection éclate et Paris se couvre de barricades, Déjacque participe aux événements. Le roi Louis-Philippe doit partir, on brûle son trône et on pille les Tuileries ainsi que de nombreux autres châteaux. Thiers, Premier ministre, essaye de sauver la situation… déjà lui. C’est un coup d’essai, il recommencera en 1871 pour la Commune avec plus de succès dans la réaction… Avec la nouvelle République, la liberté d’association est proclamée et le gouvernement crée des ateliers nationaux pour endiguer le chômage. Déjacque en profite pour faire imprimer ses premières publications, dont deux pièces de théâtre, l’une s’intitulant Aux ci-devant dynastiques, aux tartuffes du peuple et de la liberté. Il fait aussi paraître des fables sociales pour défendre ses compagnons de misère : « Ce qu’il veut, lui, que la faim tenaille, c’est du pain, un abri pour celui qui travaille ; c’est du travail pour tous, pour tous la liberté ; c’est le gouvernement de la fraternité. » Il fréquente les clubs, et notamment le Club des femmes, et participe à la rédaction de leur journal, La Voix des femmes, socialiste et politique, organe des intérêts de tous et de toutes. Ce journal, vendu à la criée, publiera même un de ses poèmes. Déjacque se lancera alors dans le combat pour l’égalité des sexes.

Pendant ses périodes de chômage, qui étaient fréquentes, il en profitait pour composer des poésies virulentes dénonçant la misère des ouvriers et appelant à la destruction du vieux monde. La réaction passe à l’action en juin 1848, le peuple de Paris érige 600 barricades pour protester contre les élections truquées (on brûle des urnes), mais l’armée républicaine les réprime. Le bilan est terrible : 12 000 fusillés, de très nombreux emprisonnés. Il faut dire que la nouvelle chambre est truffée de « républicains du lendemain », en fait des aristocrates déguisés. Barbès, Raspail, Blanqui ont été enfermés. Le gouvernement fait paraître un communiqué victorieux : « L’ordre a triomphé de l’anarchie. » La question sociale a été résolue à coups de fusil ! Les clubs ont été fermés, ainsi que les ateliers nationaux. Le 7 juillet, Déjacque est enfermé à la prison de La Force, puis relégué sur les pontons de Brest et de Cherbourg. Il vit l’enfer. Il revient en mars 1849 à Paris et, en août 1851, il fait paraître Les Lazaréennes, un recueil de fables et de poésies sociales. Il emploie dans celle-ci les termes « prolétaire » et « capital ». Il colle dans le même sac monarchistes, bonapartistes et républicains. Il faut dire que la IIe République à peine créée se revendique « de la famille, du travail, de la propriété et de l’ordre public ». Déjacque écrit : « Prolétaire, sous la cravache, sous le mors et sous l’éperon, tout le jour courbé sans relâche, produis et meurs pour le patron. Je veux exploiter ta misère, je veux sous mon genou puissant te réduire à brouter terre. Regarde… je suis le présent » (depuis la prison de Sainte-Pélagie, 1849). Mais aussi : « Parfois aussi le peuple, à bout de patience, rugit un cri de délivrance. Mais – vainqueur politique – esclave social, il retombe énervé, loin du vaste idéal, dans sa cage d’abus, de vices, d’ignorance, sous les chaînes du capital… » Le gouvernement de Badinguet (le prince Louis Napoléon Bonaparte), au pouvoir depuis le 10 décembre 1848, fait saisir le livre immédiatement en poursuivant l’auteur et l’imprimeur pour « apologie de faits qualifiés de crimes et d’excitation à la haine ». Déjacque est condamné à deux ans de prison. Il se sauve en Belgique et finalement s’exile à Londres. Il se liera d’amitié avec Gustave Lefrançais, futur membre de la Commune et de l’Internationale de Saint-Imier. Ensemble, ils fonderont une société d’entraide, la Sociale, et feront front contre les exilés libéraux et républicains qui n’hésitent pas à s’accaparer des dons de soutien envoyés de France. Durant l’exil, les classes se reforment avec tout ce que cela suppose…

Au cours de l’enterrement d’un proscrit, Déjacque s’en prend à Ledru-Rollin et à Louis Blanc avec une véhémence et une hargne qui les laissent sans voix. Le poète des misérables les cloue au pilori en les traitant de « mitrailleurs des prolétaires ». Tout est déjà en place à cette époque-là, la social-démocratie, drapée dans une prétendue légitimité de gauche, rejouera toujours le même scénario jusqu’à nos jours, son obsession sera de rétablir l’ordre à tout prix en affamant les pauvres pendant que le capital engrangera ses dividendes ! Déjacque se met à dos bon nombre d’exilés qu’il traite de moutons. Fin 1852, il rejoint l’île de Jersey où des proscrits plus fortunés se sont retirés. En Angleterre, à moins d’être cuisinier ou artiste, un Français n’a guère de chance de trouver du travail dans ces années-là. Mais Déjacque réitère ses provocations à l’enterrement d’une proscrite de Belleville, il s’oppose à Victor Hugo (chevalier de la Légion d’honneur, pair de France, académicien, ancien député et toujours prêt à soutenir tous les pouvoirs successifs). Hugo était alors en exil volontaire pour marquer son opposition à Napoléon III, mais auparavant il avait siégé avec les conservateurs et les révolutionnaires s’en souvenaient.

En outre, Déjacque ne voulait pas que l’on parlât pour lui. Au contact de tous ces réformistes et de tous ces socialistes autoritaires, il devient anarchiste et écrit La Question révolutionnaire, une brochure de 64 pages qui prône dès le début : « Abolition du gouvernement sous toutes ces formes, monarchique ou républicain, suprématie d’un seul ou des majorités ; mais l’anarchie, la souveraineté individuelle, la liberté entière, illimitée, absolue de tout faire, tout ce qui est dans la nature de l’être humain. » Il définit l’abolition de la religion, de la famille, de la propriété privée, de l’autorité et des privilèges et développe l’émancipation des femmes et aussi des enfants, l’affranchissement total. Pour survivre et donc trouver du travail, il part pour New York au printemps de 1854. Il y sera ouvrier colleur. Il se mettra tout de suite à dos la colonie des Français réfugiés, bourgeois républicains et démocrates qu’il appelle « pauvres porte-cocardes » et qu’il scandalisera en faisant une lecture de La Question révolutionnaire. Ces mêmes exilés réformistes le traiteront d’antisocial.

En 1855, avec d’autres exilés français, il signera le manifeste de l’Association internationale, créée à Londres, ancêtre de la Première Internationale des travailleurs de 1864. Finalement, cette même année il part pour La Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Immédiatement, il est choqué par l’esclavagisme et il défend spontanément les Noirs. Il se fait bien sûr mal voir par la société créole conservatrice et réactionnaire, en portant un toast : « À l’affranchissement de tous les hommes, noirs ou blancs. À la communion libre et égalitaire des producteurs de tous sexes et de toutes races au banquet social. » Pour de tels propos, il aurait pu être lynché par ces sudistes rétrogrades. Il écrira plus tard dans Le Libertaire no 3 : « J’ai vu encore plus atroce, des dogues dressés à la chasse aux nègres marrons, chiens aussi féroces que leurs maîtres, et à qui on abandonne de temps à autre la chair d’un noir fugitif ; comme dans la chasse à la bête fauve, on abandonne les entrailles de la victime à la meute avide de sang fumant et de chairs chaudes. » Il est à souligner que Déjacque ne se trompe jamais de combat, spontanément il se rallie aux opprimés. Il publie un pamphlet, La Terreur aux États-Unis, où il défend l’égalité entre les Noirs et les Blancs. C’est aussi à cette époque-là qu’il répond à Proudhon, le théoricien français de l’anarchisme, dans une lettre de onze pages, De l’être humain mâle et femelle, où il revendique un féminisme toujours défendu auparavant et qui semblerait clamer : « Camarade Proudhon, encore un effort pour être plus anarchiste ! » Il pourfend d’une façon véhémente la misogynie de ce dernier. Il en profite aussi pour inventer le néologisme « libertaire » en opposition à « libéral » : « Le libertaire n’est pas un libérâtre ; il n’est pas de ceux qui rendent l’autorité pour la liberté, mais tout au contraire, la liberté envers et contre l’autorité. »

Puis, en 1857, Déjacque écrit L’Humanisphère, utopie anarchique, son ouvrage le plus connu et le plus souvent réédité, notamment par Max Netlau et Élisée Reclus. Il s’agit d’une utopie férocement athée, originale et égalitaire, à côté Fourier passerait pour un tiède. Déjacque propose une espèce de « phalanstère, mais sans aucune hiérarchie, sans aucune autorité ; où tout, au contraire, réalise égalité et liberté et fonde l’anarchie la plus complète ». C’est cependant beaucoup plus qu’une fable ou un genre littéraire, mais la définition d’une société libertaire viable et réalisable, une construction de « l’humanitaire avenir ». Il peine à faire publier son ouvrage et il repart pour New York, éternel exilé, où il fonde le 9 juin 1858 le journal Le Libertaire, journal du mouvement social, tiré à 1 000 exemplaires sur quatre pages grand format. Déjacque est aidé par une trentaine de sympathisants. Cependant, il doit en même temps écrire la nuit et travailler le jour, car il est l’unique rédacteur (ce qui fait un peu penser à Zo d’Axa, rédacteur de La Feuille ou de L’En-dehors plus tard, mais qui lui disposa d’un héritage, ce qui ne lui évita malheureusement pas la prison).

Déjacque publie L’Humanisphère en feuilleton dans Le Libertaire, critique la situation locale, pourfend l’esclavage, parle de la situation en Europe, et donne des comptes rendus des activités de l’Association internationale. Il continue de l’envoyer à La Nouvelle-Orléans où le journal est souvent saisi. Il est aussi envoyé en Suisse, en Belgique, en Angleterre et, bien sûr, en France. Il sortira environ 38 numéros du Libertaire en tout – en 1860 seuls 6 numéros sortent. Entre ses activités pour gagner sa pitance et la rédaction du journal, Déjacque s’est miné la santé. Il se retrouve dans une impasse, une nouvelle fois, la guerre de Sécession va éclater, il n’a plus de travail car la crise économique se fait encore plus mordante. En février 1861, il doit retourner en France. Il se livre à un ami en lui écrivant : « J’ai la nostalgie non pas du pays où je suis né, mais du pays que je n’ai encore entrevu qu’en rêve la Terre promise, la terre de liberté. »

En 1864, il meurt dans la misère, à 43 ans, à Paris. Il avait sombré dans la folie, selon son ami Gustave Lefrançais. Sept ans avant la Commune, deux ans après le suicide d’Ernest Cœurderoy !

Je conclurai par une citation d’Émile Pouget : « Alors que Bakounine avisait aux moyens de fuir la Sibérie où la bienveillance de son tsar l’avait parqué, un ouvrier colleur de papier, Déjacque, réfugié à New York, définissait l’anarchisme avec une acuité de vue merveilleuse ; il ne s’est pas contenté d’en avoir une fugace compréhension, il l’a embrassé dans toute son ampleur. » Bel hommage d’un anarcho-syndicaliste à un individualiste anarchiste, prolétaire, irréductible insurgé, rebelle, insoumis, et néanmoins théoricien révolutionnaire de la pensée libertaire.

Patricio Salcedo


http://www.socialisme-libertaire.fr/201 ... connu.html
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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede Pïérô » 29 Jan 2017, 03:06

Lucía Sánchez Saornil

Militante anarchiste, syndicaliste et féministe espagnole . Elle collabore à de nombreux journaux et revues comme Tierra y Libertad, Solidaridad Obrera et CNT
Elle est co-fondatrice de l’organisation féministe libertaire Mujeres Libres.
Elle se réfugie en France après la fin de la guerre d’Espagne puis y retourne en 1942 pour échapper à la déportation. Elle y vit en clandestinité jusqu’en 1954

... https://racinesetbranches.wordpress.com ... z-saornil/
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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede digger » 29 Jan 2017, 11:58

Un éclairage intéressant sur un épisode de la révolution espagnole sur Libcom et une énigme résolue concernant le destin (extraordinaire) de Samuel Kaplan.

Samuel Kaplan Milgram était un anarchiste d'origine lithuanienne, emprisonné en URSS pour ses idées et qui avait réussit à se réfugier en Allemagne. A la prise de pouvoir par les nazis, il est emprisonné à Dachau, d'où il réussit à s'enfuir. Il réapparaît en Espagne et prend la nationalité espagnole.

Militant à la CNT, il rejoint la colonne Durutti en juillet 1937. Lors de sa dissolution, il se porte volontaire dans les Brigades Internationales. Lorsqu'on lui refuse un poste de chauffeur de camion, qu'il occupait auparavant, et qu'on lui propose un poste dans l'infanterie, il refuse se servir de chair à canon, rôle généralement attribué aux anarchistes par les staliniens. Il est arrêté en février 1938 et passe de prison en prison.

Lui et plusieurs prisonniers feront une grève de la faim. Le 5 janvier 1939, il est transféré ) la prison de Montjuich. Le 21 janvier, les troupes franquistes entrent dans Barcelone. Les prisonniers affaiblis qui ne peuvent s'enfuir sont abattus. Kaplan n''est pas parmi eux. Il n'y a plus trace de lui.

Suite à un article, Samuel Kaplan: another mysterious disappearance in Spain https://libcom.org/history/samuel-kaplan-another-mysterious-disappearance-spain Libcom a recu un courrier de Nathalio Caplan où il indique que son père a gagné l'Afrique, où il a été emprisonné à Tanger, s'est échappé, et s'est rendu au Mexique via le Maroc, où il est mort en août 1998

Voir aussi, entre autres Militer pour survivre Lettres d’anarchistes français emprisonnés à Barcelone (1937-1938) François Godicheau 
https://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2002-1-page-137.htm

A travers tout cela, apparaît une critique de la CNT et du peu de cas que l'organisation a fait du sort de ses membres prisonniers des staliniens.
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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede Pïérô » 10 Fév 2017, 02:20

CIRA Lausanne, mercredi 15 février 2017

Vernissage de la réédition des Souvenirs d’un rebelle, Soixante ans de lutte d’un libertaire jurassien d'André Bösiger (CIRA et ACL, 2017).

à 18h30, Centre International de Recherches sur l'Anarchisme
CIRA, Avenue de Beaumont 24, CH-1012 Lausanne, Suisse

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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede Lila » 12 Fév 2017, 22:37

Lucy Parsons, militante anarchiste infatigable

Lucy Eldine Gonzalez Parsons (1853 – 1942) est une militante anarchiste américaine. Oratrice de talent, elle a également laissé des articles et pamphlets dénonçant le racisme et les conditions de vie des ouvriers, ainsi qu’une biographie de son mari, exécuté dans l’affaire de la bombe de Haymarket Square.

La naissance d’une militante

D’origine afro-américaine, mexicaine et amérindienne, Lucy Eldine Gonzalez nait en 1853, probablement au Texas. On sait peu de choses de son enfance et de sa famille, si ce n’est qu’elle est vraisemblablement née esclave. Elle connait ainsi l’esclavage jusqu’à son abolition en 1865, alors qu’elle a 12 ans. En 1871, à l’âge de 18 ans, Lucy épouse Albert Parsons, qui est un ancien membre de l’armée confédérée. Au Texas, ce mariage mixte est quasiment illégal et très mal accepté. Faisant face à des menaces de mort, les deux jeunes époux, qui auront deux enfants, s’expatrient à Chicago.

Lucy et Albert y poursuivent un engagement militant anarchiste déjà entrepris au Texas, en faveur des droits des Noir·e·s et des ouvrier·e·s. Lucy gagne sa vie en cousant des vêtements, tandis que son époux travaille dans une imprimerie. Les deux commencent à écrire dans des journaux engagés, abordant des sujets de société comme les droits civiques des Afro-américain·e·s ou la situation des chômeurs·ses, des femmes, des prisonnier·e·s politiques, des sans-abris. Les propos anti-capitalistes d’Albert lui valent d’être renvoyés de son poste au Chicago Tribune, le journal de la ville. Lucy fréquente les ouvrières de Chicago, particulièrement dans les usines textiles où les conditions de travail sont extrêmement pénibles. Soutenue par son mari, elle fonde l’Union des femmes ouvrières de Chicago pour défendre leurs droits.

En 1883, les deux époux, avec quelques autres militants, fondent l’Association Internationale des Travailleurs (International Working People’s Association, IWPA). Lucy écrit articles et pamphlets pour The Alarm, le journal de l’organisation. Concernant les conditions de travail des ouvrières et ouvriers, les revendications se cristallisent rapidement autour de la question du temps de travail. Beaucoup doivent en effet travailler entre 15 et 18 heures de jour pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Lucy et Albert militent pour la journée de 8 heures, et les travailleurs appellent à une journée de grève pour le 1er mai 1886. Lucy et Albert, qui est déjà considéré par les autorités et la presse comme un dangereux activiste, défilent avec leurs enfants.

la suite : https://histoireparlesfemmes.com/2016/1 ... fatigable/
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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede Pïérô » 07 Mar 2017, 02:30

"Souvenirs d'un rebelle" à Genève: vendredi 10 mars 2017, 18h30

Vernissage genevois de la réédition des Souvenirs d’un rebelle, Soixante ans de lutte d’un libertaire jurassien d'André Bösiger (CIRA et ACL, 2017).

Film, présentation du livre et discussion.

Rue Lissignol 8, GENÈVE

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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede Pïérô » 10 Mar 2017, 01:54

Séraphine PAJAUD, une militante anarchiste et syndicale de la fin du XIXème siècle

Aux origines du syndicalisme manceau, des anarcho-syndicalistes :

hommage à Séraphine PAJAUD, une militante anarchiste et syndicale de la fin du XIXème siècle

Le syndicalisme manceau nait, comme dans beaucoup de villes ouvrières françaises, à la fin du XIXème siècle. La CGT se créé officiellement en 1895 alors qu’une bourse du travail existait déjà localement. Entre 1895 et 1906, pendant 10 ans, la CGT mancelle va se constituer peu à peu, ce lui permettra d’envoyer un délégué signataire de la charte élaborée pendant le congrès d’Amiens, en la personne de Narcisse Richer. C’est dans cette période de constitution que les militant-e-s anarchistes locaux vont fortement intervenir et investir le champ syndical. Parmi eux-elles, une femme d’exception : Séraphine Pajaud. En ce 8 mars, à l’heure où bon nombre de syndicats oublient de considérer et de combattre réellement l’infériorisation des femmes dans le monde du travail, ainsi que leur prise en charge disproportionnée des tâches domestiques utiles à la reproduction des forces de travail, voici un court rappel et un hommage pour son parcours et son rôle.

Séraphine Pajaud arrive au Mans en décembre 1892 à l’âge de 34 ans en provenance de Londres, c'est-à-dire bien avant l’amnistie de 1895 pour les anarchistes. Que faisait elle à Londres ? Beaucoup d’anarchistes françai-se-s s’étaient exilé-e-s en Angleterre entre 1880 et le début des années 1890 afin d’échapper à la répression et d’obtenir un droit d’asile. Cette émigration atteindra son niveau le plus important en 1893-1894 au moment de la vague d’attentats anarchistes. L’essentiel de la propagande écrite en langue française provient alors de Londres (où les textes sont rédigés puis imprimés) pour être ensuite diffusée illégalement sur le territoire national. A noter aussi les activités illégales de cambriolages politiques préparés à partir de Londres pour financer la propagande. C’est dans ce contexte particulièrement dangereux que S. Pajaud décide de rentrer en France, probablement dans un but militant de propagandiste dans les milieux d’ouvrier-e-s, faute de pouvoir opérer ouvertement dans des conférences publiques. Rappelons que la troisième loi scélérate, votée le 28 juillet 1894 est probablement la plus hostile pour les anarchistes car elle les vise directement en les nommant et en leur interdisant tout type de propagande. Ce contexte coercitif pose question sur les intentions véritables de militant-e-s qui ont choisi la tactique syndicale : s’agissait-il uniquement d’utiliser opportunément le syndicat comme lieu de propagande caché faute de mieux plutôt que de le considérer avec les syndicalistes révolutionnaires comme un outil de lutte et d’organisation pour la société future ? Le parcours de S. Pajaud pourrait le laisser penser mais elle subît aussi la vindicte patronale, ce qui a pu la dissuader de poursuivre dans la voie syndicale.

A son arrivée, S. Pajaud est alors concubine de Marie-Georges Sandré , veuf également, avec qui elle se maria en juillet 1893 et eu un enfant. Ils habitaient au 40 rue du Port au Mans. En octobre 1896, elle créé le syndicat professionnel des tailleuses, culottières, pompières et parties similaires, adhérent à la bourse du travail. Elle y devient secrétaire le 22 août 1896 et délégué au comité général de la bourse.

Son mari devient quant à lui secrétaire de la chambre des galochiers, puis secrétaire adjoint de la bourse du travail. Ainsi, les époux Sandré et les travailleurs du secteur textile et de la confection ont joué un rôle essentiel à la naissance de la bourse du travail mancelle qui s’organise à partir de 1895. Cet engagement syndical lui vaut comme son mari, de perdre

son emploi. Elle assiste ensuite avec Léon Boudier (artisan galochier anarchiste, actif militant qui réunissait les anarchistes chez lui au 18 rue de la Calandre, sans doute pour des « réunions de familles », moments de sociabilité spécifiquement anarchiste, sensé renforcer les liens entre militants) à deux conférences de Sébastien Faure en décembre 1896 et à une réunion anarchiste alors tenue le 17 janvier 1897 contre les condamnations des anarchistes de Barcelone. Son mari décide le 24 janvier 1897 de rejoindre Faure à Paris pour l’assister dans ses tournées. Il y rejoint L. Boudier, également sans travail, ruiné et suicidaire, qui était en relation avec Faure depuis 1893. S. Pajaud demande alors à rejoindre son mari dans le courant de l’année 1897 pour les mêmes raisons que lui.

La suite est bien connue et décrite dans l’éphéméride des militants anarchistes.

« En mars 1898, avec son compagnon et leur enfant âgé de 5 ans, elle fit une série de conférences dans l’Aube (Troyes, Evry, Croutes, Saint Florentin, Tonnerre...). Selon la police, le couple voyageait à pieds "avec une cage en osier renfermant deux colombes".

Le 1er mars 1902, à la suite d’une conférence sur « l’inexistence de Dieu », elle fut condamnée par défaut par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, à 6 mois de prison et 100f d’amende pour « excitation au meurtre, pillage et incendie ». En 1904 elle participait à une nouvelle tournée de conférences ; elle était alors domiciliée à l’île de Ré en tant que veuve Sandré. En 1906 elle fut arrêtée à Alès (gard) sous la double inculpation « d’apologie de crime et insultes à l’armée ». »

Elle semble toutefois avoir gardé des contacts dans les milieux syndicaux et libertaires locaux car, lors de l’affaire de Boulogne sur mer, elle revient se réfugier au Mans le 13 novembre 1901 avant d’être condamnée en Mars 1902.

« Martial Desmoulins, qui la prénomme Amélie et l’avait rencontré au début des années 1930 chez un vieux compagnon d’origine juive, ami d’Alexandre Jacob, qui l’avait recueillie chez lui à Nice, l’évoquait en ces termes : "...Ce fut une des propagandistes les plus fameuses de l’anticléricalisme après la Commune et jusqu’en 1914. Elle faisait ses conférences de ville en ville, souvent n’ayant pas d’argent pour aller à l’hôtel et prendre le train, couchant dans des granges et sur le trimard. J’ai connu des camarades de Périgueux et de Bordeaux qui avaient organisé des conférences avec la camarade Pajaud, ils en faisaient des éloges. Moi, jeune anarchiste, lorsque je la rencontrai, je ne la trouvai pas extraordinaire, brave femme que le copain gardait parcequ’il la connaissait depuis très longtemps. Donc Amélie Pajaud faisait chez le copain un peu la femme de ménage. Sébastien Faure descendait chez ce copain avant de descendre chez Honorée Teyssier, qui fut à partir de 1936 la compagne de Louzon. Je me souviens que tous les deux racontaient leurs souvenirs. A. Pajaud avait parcouru toute la France sauf deux départements. Elle avait assisté avec émerveillement à la naissance de la CGT, à son organisation, et croyait que la révolution était une question de jours et de mois. En 1934, il me semble qu’elle se retira en Charentes Maritimes dont elle était originaire". En effet, en 1934 André Lorulot l’avait rencontrée à la Rochelle. »


http://lemanscipe.lautre.net/index.php/ ... eme-siecle
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Re: Divers militant-es anarchistes dans l'Histoire

Messagede Pïérô » 16 Mar 2017, 11:31

Paris mercredi 22 mars 2017

Projection débat « Écoutez Marcel Body »

à 20h, Librairie du Monde libertaire - Publico, 145 rue Amelot, Paris 11e

L'Université populaire et libertaire du 11ème arrondissement, le Ciné de la Commune vous invitent à la projection du film :

Ecoutez Marcel Body (1984, 57 minutes)
en présence du réalisateur Bernard Baissat

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Marcel Body est né à Limoges en 1894, dans une famille de céramistes. Il choisit le métier de typographe. En 1916, il fait partie de la mission militaire française en Russie. D'abord spectateur de la révolution, puis entraîné par les évènements, il se rallie aux bolcheviks et milite dans leurs rangs. C'est là qu'il côtoie Lénine, Trotski, Zinoviev, Staline… Devenu citoyen soviétique, il occupe un poste diplomatique en Norvège aux côtés d'Alexandra Kollontai. Hostile à l'évolution du régime, il réussit à regagner la France en 1927 et se consacre à des travaux de traduction des oeuvres de Boukharine, Trotski, et surtout Bakounine. Il a 90 ans quand il évoque les principales étapes de sa vie avec Alexandre Skirda.

Organisé par le groupe Commune de Paris de la Fédération anarchiste.

Entrée libre.

http://www.librairie-publico.info/?p=2351
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