le grand soir

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Messagede ARTHUR » 11 Nov 2017, 09:19

Aurélie Carrier, qui participe à notre journée de commémoration critique du centenaire à préalablement répondu à plusieurs de nos questions.

Votre travail universitaire vous a orientée vers l’étude de ce que vous nommez un « rêve programmatique » de la Belle Époque. Est-ce à dire que, pour vous, l’utopie sociale ne peut s’entendre que dans une forme poétique ?

L’utopie sociale est porteuse d’un imaginaire dont la doctrine seule ne suffit à rendre compte. L’imaginaire, c’est un rêve éveillé, un moyen de se soustraire au réel, pour le critiquer, pour ouvrir des brèches – notamment par le langage poétique, mais pas exclusivement. La force du rêve, surtout quand il est grandiose comme dans le cas du Grand Soir, réside dans sa capacité à faire le lien entre la perspective révolutionnaire et les luttes concrètes, à exercer une fonction subversive. Il est l’un des ferments de l’action révolutionnaire. J’ai employé l’expression de « rêve programmatique » justement pour signifier que le « Grand Soir » n’est pas qu’une formule magique ou une parole incantatoire : c’est une figure d’explication globale (comment se fera la révolution sociale) en même temps qu’une promesse qu’il convient de garder à l’esprit tout en passant aux actes.

La révolution russe a-t-elle, pour vous, parfaitement remplacé l’espoir du Grand Soir ?

Je rejoins Éric Aunoble sur l’idée que la révolution russe a incarné – pour un temps – l’espoir du Grand Soir plus qu’elle ne l’a remplacé. L’espoir du Grand Soir avait connu un sérieux revers avec le déclenchement de la première guerre mondiale, en août 1914, synonyme d’échec des mots d’ordre internationalistes (d’une possible fraternité entre les peuples et d’une grève générale pour empêcher le conflit). La révolution russe de 1917, avec ses conseils d’ouvriers, de soldats et de paysans et le mot d’ordre « Tout le pouvoir aux soviets », ravive cet espoir et relance l’idée de révolution mondiale. Elle est accueillie avec enthousiasme par les classes populaires, on pouvait penser que le Grand Soir serait bientôt là ! Dans La Part du rêve[1], Danielle Tartakowsky écrit que les réunions préparatoires que la minorité révolutionnaire de la CGT organise à la veille du 1er mai 1919 « retentissent d’accents millénaristes et de fantasmes de “grand soir”, colorés par l’éclat de la “grande lueur qui vient de l’Est” ». Mais les tendances libertaires de la révolution russe ont vite été étouffées. La répression de la Makhnovtchina et de la révolte des marins de Kronstadt, en 1921, marque un tournant dans la prise de conscience des dérives autoritaires du pouvoir bolchévique. Et les militants anarchistes continuent d’annoncer la venue du Grand Soir, comme dans Le Chant du drapeau noir, écrit en 1922 par Louis Loréal :
« Pourquoi ce drapeau teint en noir ? / Pourquoi cette teinte sinistre ?
L'anarchie est faite d'espoir / Et la mort n'est pas son ministre. / Nous portons le deuil des méchants / Des ambitieux et des cupides, / Des capitalistes avides / Qui font couler du sang / pour leurs penchants. / Nous annonçons l'approche du Grand Soir / Où les tyrans iront au pourrissoir. / Le capital engendre tous les crimes / Et nous portons le deuil de ses victimes. »

Pensez-vous que le Grand Soir et la révolution d’Octobre pourraient avoir pour pendant Mythe et Réalité ?

En un sens, oui. Ce parallèle avait déjà été fait pour la première révolution russe. Un livre de Patrick de Laubier intitulé La Grève générale en 1905 a pour sous-titre « Le mythe français et la réalité russe[2] ».
Dans la première décennie du 20e siècle, le syndicalisme révolutionnaire est en plein essor en France et affiche sa volonté de donner un contenu plus concret à l’imaginaire du Grand Soir. Son instrument, c’est la grève générale, qui est tout à la fois un moyen, une stratégie et un mythe mobilisateur. De nombreuses tentatives de grève générale voient le jour durant cette période (1906, 1910, 1912…), sans qu’elles n’aboutissent vraiment.
Mais j’ajouterais que ce pendant entre « mythe » et « réalité » est imparfait : dans les représentations libertaires du Grand Soir que j’ai étudiées, le moment qui voit l’aboutissement de la révolution sociale émancipatrice et la mise en place d’une société harmonieuse est marqué par la fulgurance, le jaillissement. Le soir de la destruction de la société bourgeoise et capitaliste est presque toujours immédiatement suivi de l’aube de l’anarchie. Si cette vision de la transformation sociale semble en apparence naïve (les anarchistes savent bien que la réalité ne sera pas aussi facile), on peut y voir en creux le refus d’une nécessaire période de transition, de la dictature du prolétariat prônée par les marxistes-léninistes.

Vous insistez sur l’aspect poétique de ce fameux Grand Soir, mais les révolutions l’ont-elles jamais été ?

De nombreux textes qui appellent à la révolution ou qui célèbrent des révolutions passées sont poétiques. De là à dire que les révolutions ont déjà été poétiques…

On taxe souvent les radicaux politiques de doux rêveurs tout en les associant au chaos. Ces diverses appréciations ne sont-elles pas d’ordre à discréditer une pensée, et ses acteurs ?

Tout à fait ! Au premier abord, cette association est d’ailleurs curieuse. Et surtout méprisante. Ces appréciations sont souvent le fait des meilleurs gardiens de l’ordre social institué. Taxer les radicaux politiques de doux rêveurs ou, pire !, d’« utopistes » permet de les présenter comme étant inoffensifs, de dire qu’ils peuvent bien continuer de rêver puisqu’ils ne constitueraient finalement pas une menace pour le système en place. Mais une crainte subsiste. Le pouvoir ne redoute rien tant que l’imagination. Alors on tente de les discréditer en les associant au chaos, image aux connotations prétendument négatives, pour qu’on ne soit pas tentés d’adhérer à leurs thèses.

Vous faites un lien entre le Grand Soir et la propagande syndicaliste révolutionnaire. Au contraire du Grand Soir, la grève générale est un mythe qui perdure aujourd’hui. À votre avis, pourquoi ?

La grève générale a peut-être un peu perdu de sa prégnance, mais elle galvanise encore de nombreux militants. Si elle n’est plus envisagée comme une grève insurrectionnelle qui mènera au Grand Soir, la grève générale a toujours une visée émancipatrice pour les syndicalistes révolutionnaires. Elle se veut expropriatrice, est un moyen pour établir la justice sociale. De plus, la pratique de la grève, ce moment où le travail s’arrête, est souvent un temps de partage et de solidarité, où l’on peut réfléchir ensemble à la société de demain. C’est aussi dans les luttes que s’inventent et s’imaginent les nouveaux mondes…
Et la grève générale suscite encore de nombreuses inquiétudes. L’énergie déployée par les éditocrates et le personnel politique pour la discréditer en est une preuve assez convaincante. Ils s’échinent à la présenter comme un archaïsme, à désigner ceux qui en appellent à la grève générale comme les tenants d’un monde ancien, du « vieux monde ». Mais c’est bien parce qu’ils savent qu’ils ne pourraient rien faire face à un mouvement de grève générale réussi. Il me semble que 1995 en est un bon exemple !

Insurrectionnaliste ou syndicaliste, le Grand Soir est-il définitivement à ranger au rayon de l’Histoire ?

Je ne crois pas ! Je pense qu’il est intéressant de s’interroger sur la persistance de ce mythe qui fait partie de l’héritage du mouvement ouvrier, de le critiquer. Il serait en tout cas dommage d’en faire abstraction.

Publier aux éditions Libertalia a-t-il un sens historique, idéologique, économique ?

Tout à fait. J’avais envie de faire publier cette étude pour la partager, qu’elle ne reste pas dans les rayons d’une bibliothèque universitaire à prendre la poussière. Et Libertalia, qui vient de fêter ses dix ans, est une maison d’édition de critique sociale qui publie de nombreux bouquins sur le mouvement libertaire. J’étais donc très heureuse lorsqu’ils m’ont donné leur feu vert !

Ce travail aura-t-il des suites ?

J’aimerais bien, oui.

Programme de la journée de commémoration critique du centenaire: http://www.cnt-f.org/subrp/spip.php?article1089
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Re: le grand soir

Messagede Pïérô » 19 Nov 2017, 17:49

Mélancolies du Grand Soir

Deux ouvrages d’historiens s’intéressent à ce mythe révolutionnaire apparu en France à la fin du XIXe siècle qui irrigua les mouvements anarcho-syndicalistes.

Durant l’été 1882, de jeunes ouvriers de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), révoltés par la misère et le climat d’ordre moral qu’imposaient le patronat local et son alliée l’Eglise, décidèrent de passer à l’action. Réunis la nuit dans les bois ou chez les marchands de vin, ils prirent le nom de «bande noire» et multiplièrent les dynamitages. Ils incendièrent une chapelle, firent sauter des calvaires et des croix, s’en prirent aux domiciles des «maîtres mineurs» et adressèrent aux magistrats des lettres de menaces. Récusant le réformisme des chambres syndicales, ils furent ainsi les premiers à mettre en œuvre la «propagande par le fait» que des théoriciens anarchistes comme Kropotkine formulaient au même moment. C’est aussi à leur procès, en octobre 1882, que l’expression «Grand Soir» fut employée pour la première fois dans un sens politique. «On a saisi chez vous des lettres d’un agitateur vous recommandant d’être énergique, parce que le grand soir approchait. Que voulait dire cette phrase ?» interrogea le président Masson.

Convulsions.

La formule, rapportée par le chroniqueur judiciaire du Figaro Albert Bataille, frappa les esprits. Elle s’imposa dès lors, jusqu’à constituer «un mot-clé de l’imaginaire anarchiste», voire un véritable mythe auquel s’est intéressée la jeune historienne Aurélie Carrier. L’expression n’allait pourtant pas de soi. La rhétorique révolutionnaire avait privilégié jusque-là une poétique diurne : on parlait du «Grand Jour», d’aube des temps nouveaux. Et la dimension religieuse de l’expression, avec son messianisme et ses relents de Jugement dernier, pouvait étonner sous la plume de militants «sans dieu ni maître». Mais la prégnance du catholicisme était alors extrême, y compris chez ceux qui le récusaient. L’expression était également en phase avec l’imaginaire décadent qui marquait cette «fin de siècle». L’heure était à «la société mourante», pensée comme un grand corps corrompu, traversée de spasmes, de convulsions et de «visions du monde crépusculaires». Cette perspective catastrophiste enchantait les révolutionnaires. Nul doute à avoir, estimait Kropotkine en 1887, «la fin du siècle nous prépare une formidable révolution». Il suffisait donc de la précipiter. D’où la force symbolique et apocalyptique du «Grand Soir» : son ciel noir ravagé par les flammes ravivait les souvenirs de la Commune et prenait parfois des accents fantastiques. Il nourrit donc un mythe puissant, qui suscita nombre de récits, de poèmes et d’images. La dimension eschatologique était évidente : la violence et le chaos destructeur allaient accélérer la marche du temps, enfanter un monde nouveau et régénérer l’humanité. «Bientôt, les ténèbres traversées de flammes du Grand Soir couvriront la Terre. Puis viendra l’aube de joie et de fraternité», écrit le poète Adolphe Retté en 1899. Ils sont alors nombreux à communier dans cette croyance qui tient du romantisme révolutionnaire et de l’élan millénariste. «Je croyais mystiquement au Grand Soir, à l’aube rouge», se souvint Camille Mauclair. Bernard Lazare, lui, célébra ce «soir libertaire, soir de justice», annonciateur d’un nouvel âge d’or, un temps de bonheur, de rédemption et de salut collectif.

L’anarcho-syndicalisme, alors en plein essor, se chargea de donner un contenu plus concret à cet imaginaire : l’instrument du Grand Soir, sa forme et son symbole, ce sera la grève générale, révolutionnaire et expropriatrice. Alternative à l’insurrection ou à la dynamite, elle s’imposa presque d’emblée comme le recours suprême. Emile Pouget, l’un de ses plus fervents partisans, y voyait «la réalisation pratique de l’anarchisme, sa seule chance historique». A compter de la création de la CGT en 1895, elle se confondit de plus en plus avec le Grand Soir, suscitant l’anxiété grandissante des possédants.

... http://next.liberation.fr/livres/2017/0 ... ir_1576893
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Re: le grand soir

Messagede bipbip » 27 Nov 2017, 23:22

Aurélie Carrier
Le Grand Soir

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Voyage dans l’imaginaire révolutionnaire et libertaire de la Belle Époque.

« Tous ces spoliés commencent à perdre patience et à s’acheminer vers la Révolution. Bientôt, peut-être, les ténèbres traversées de flammes du Grand Soir couvriront la terre. Puis viendra l’aube de joie et de fraternité. Et l’humanité nouvelle évoluera vers de splendides destins. » Adolphe Retté, Le Libertaire, 1899.

À la fin du XIXe siècle, l’attente du Grand Soir exprime l’espoir d’un bouleversement violent et radical de l’ordre social existant. Cette croyance millénariste en l’éclosion d’un monde régénéré grâce à la révolution sociale est caractéristique de la mythologie libertaire qui se forme alors. Une vision insurrectionnelle qui influencera les syndicalistes révolutionnaires.
Ce livre se propose d’étudier les représentations qui composent l’imaginaire du Grand Soir, et leurs interactions avec celui de la grève générale.
La puissance d’attraction et la capacité de retentissement du Grand Soir débordèrent les cercles libertaires pour pénétrer les masses populaires. Repérer l’influence d’une telle construction imaginaire sur les pratiques sociales permet de questionner l’espace des possibilités entre la réalité sociale et ses représentations, et la généalogie des utopies, disparues ou renaissantes.

L’auteure
Aurélie Carrier est née en 1987. Titulaire d’un master 2 d’histoire contemporaine, elle est correctrice de presse pour plusieurs titres, quotidiens et hebdomadaires. Le Grand Soir est son premier ouvrage.

16 € — 238 pages
+ cahier couleurs 24 pages
Parution : 4 mai 2017
ISBN : 9782377290062

http://www.editionslibertalia.com/catal ... grand-soir




L’imaginaire libertaire du Grand Soir

Depuis la fin du XIXe siècle, la révolution sociale reste associée au Grand Soir. Un grand mouvement de révolte doit balayer l'ordre existant.

Le Grand Soir est créé par l’imaginaire libertaire en France à partir de la fin du XIXe siècle. C’est le moment de la révolution sociale et de la rupture avec l’ordre existant. En France, le Grand Soir anime les syndicalistes révolutionnaires et une grande partie du mouvement anarchiste. La grève générale accompagne cet imaginaire. Aurélie Carrier se replonge dans cette histoire pour faire revivre l’espérance révolutionnaire dans son livre sur Le Grand Soir.

La presse anarchiste relaie cet imaginaire insurrectionnel. « Le Grand Soir est une apothéose. Un événement soudain et imprévisible qui verra l’aboutissement fulgurant de la révolution sociale émancipatrice, marqué par l’écroulement total du vieil ordre et la mise en place d’une société harmonieuse », décrit Aurélie Carrier. Mais le Grand Soir devient un mythe fondateur qui dépasse les cercles libertaires pour susciter l’adhésion d’une grande partie des classes populaires et ouvrières. L’isolement et l’incertitude du lendemain accompagnent les conditions de vie des ouvriers. Ils décident de s’organiser comme une classe, séparée du reste de la société, portée par la croyance messianique de la révolution prochaine.

Un imaginaire anarchiste

« Au tournant du siècle, et au-delà des militants eux-mêmes, une large fraction du prolétariat rêve d’une transformation radicale du monde existant », observe Aurélie Carrier. Chaque lutte et chaque révolte porte la perspective d’un renversement ponctuel et brutal de l’ordre social. Le courant anarchiste rêve d’une société nouvelle, sans hiérarchie et sans Etat. « Aspirant à l’intégrale liberté, ils souhaitaient détruire tout l’édifice de contraintes sociales, toutes les formes de domination ou d’autorité qui pesaient sur les hommes », souligne Aurélie Carrier. A partir de 1880, le retour des communards permet le développement du courant anarchiste. Dans un contexte de crise économique et de misère sociale, la révolution semble imminente.

Les anarchistes estiment que le renversement du vieux monde est proche. Le syndicaliste Emile Pouget refuse même les réformes qui veulent aménager le capitalisme. Ces quelques miettes ne font que retarder l’imminence de la révolution à venir. La société bourgeoise, en pleine décomposition, semble au bord de l’effondrement. Face à une société malade de ses injustices sociales, le seul remède devient le Grand Soir.

La propagande anarchiste vise à combattre la passivité et la soumission ouvrière pour inciter à la révolte. Les moments de manifestations, de grèves et d’explosions spontanées de la colère ouvrière favorisent la diffusion des idées anarchistes. Chaque évènement peut devenir le premier acte de la révolution sociale.

Les anarchistes analysent les échecs des révolutions du XIXe siècle. Malgré des changements dans les régimes politiques, ces révoltes ne débouchent pas vers une amélioration du quotidien des classes populaires. Les libertaires valorisent alors la révolution sociale. La violence est considérée comme autoritaire par les anarchistes. Mais elle demeure indispensable pour briser l’exploitation et l’oppression. La classe bourgeoise ne se laissera pas exproprier volontairement.

C’est la destruction de l’ordre existant qui doit permettre la création d’un monde nouveau. Pour Mikhaïl Bakounine, « une liquidation générale est le préliminaire obligé de toute révolution ». C’est le feu qui symbolise le Grand Soir, pour mêler les images de vengeance et de purification. Les anarchistes veulent incendier les bâtiments et les lieux symboliques du pouvoir. « Il n’y aura pas de révolution sans destruction passionnée : seule la catastrophe révolutionnaire, avec un colossal déracinement, permettra aux hommes de se délivrer et d’atteindre leur idéal », résume Aurélie Carrier.

... http://www.zones-subversives.com/2017/0 ... -soir.html
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Re: le grand soir

Messagede Pïérô » 30 Nov 2017, 00:33

Paris, jeudi 30 novembre 2017

Le Grand soir
Voyage dans l'imaginaire révolutionnaire et libertaire de la Belle Époque


à 19h30, Bibliothèque Associative de Malakoff - BAM
14 Impasse Carnot, Malakoff (92)

Rencontre avec Aurélie Carrier, auteure de Le Grand soir : Voyage dans l'imaginaire révolutionnaire et libertaire de la Belle Époque (Éditions Libertalia, 2017).

« Tous ces spoliés commencent à perdre patience et à s'acheminer vers la Révolution. Bientôt, peut-être, les ténèbres traversées de flammes du Grand Soir couvriront la terre. Puis viendra l'aube de joie et de fraternité. Et l'humanité nouvelle évoluera vers de splendides destins. » Adolphe Retté, Le Libertaire, 1899.

À la fin du XIXe siècle, l'attente du Grand Soir exprime l'espoir d'un bouleversement violent et radical de l'ordre social existant. Cette croyance millénariste en l'éclosion d'un monde régénéré grâce à la révolution sociale est caractéristique de la mythologie libertaire qui se forme alors. Une vision insurrectionnelle qui influencera les syndicalistes révolutionnaires.

Ce livre se propose d'étudier les représentations qui composent l'imaginaire du Grand Soir, et leurs interactions avec celui de la grève générale.

La puissance d'attraction et la capacité de retentissement du Grand Soir débordèrent les cercles libertaires pour pénétrer les masses populaires. Repérer l'influence d'une telle construction imaginaire sur les pratiques sociales permet de questionner l'espace des possibilités entre la réalité sociale et ses représentations, et la généalogie des utopies, disparues ou renaissantes.

La soirée se poursuivra sur un buffet en auberge espagnole, on compte sur vous toutes et tous pour apporter quelque chose à grignoter.

http://www.b-a-m.org/2017/11/3011-19h30-le-grand-soir/
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Re: le grand soir

Messagede bipbip » 16 Jan 2018, 01:38

Merlieux (02) jeudi 18 janvier 2018

Jeudi 18 janvier 2018, de 18h30 à 21h00, la Bibliothèque Sociale vous propose de rencontrer Aurélie Carrier autour de son livre "Le Grand Soir" (Libertalia, 2017).

Entrée libre - Table de presse - Apéro - auberge espagnole

Athénée le Loup Noir – Merlieux
8, rue de Fouquerolles
02000 Merlieux et Fouquerolles

https://kropotkine.cybertaria.org/spip.php?article174
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Re: le grand soir

Messagede bipbip » 06 Fév 2018, 12:21

Voyage dans l’imaginaire révolutionnaire et libertaire de la Belle Époque

Caen, le samedi 10 février
à partir de 16h30, à la Pétroleuse de Caen, 163 cours Caffarelli à Mondeville

La discussion, en présente de l’auteure sera suivie d’un repas préparée par la cantine Riot Food (vegan, prix libre) et de concerts.

À la fin du XIXe siècle, l’attente du Grand Soir exprime l’espoir d’un bouleversement violent et radical de l’ordre social existant. Cette croyance millénariste en l’éclosion d’un monde régénéré grâce à la révolution sociale est caractéristique de la mythologie libertaire qui se forme alors. Une vision insurrectionnelle qui influencera les syndicalistes révolutionnaires.

Ce livre se propose d’étudier les représentations qui composent l’imaginaire du Grand Soir, et leurs interactions avec celui de la grève générale.

La puissance d’attraction et la capacité de retentissement du Grand Soir débordèrent les cercles libertaires pour pénétrer les masses populaires. Repérer l’influence d’une telle construction imaginaire sur les pratiques sociales permet de questionner l’espace des possibilités entre la réalité sociale et ses représentations, et la généalogie des utopies, disparues ou renaissantes.

L’auteure
Aurélie Carrier est née en 1987. Titulaire d’un master 2 d’histoire contemporaine, elle est correctrice de presse pour plusieurs titres, quotidiens et hebdomadaires. Le Grand Soir est son premier ouvrage.

https://a-louest.info/Voyage-dans-l-ima ... Epoque-304
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