1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 23 Nov 2016, 00:05

Université de Nanterre le 23 novembre 2016
Journée d’étude sur les Brigadistes et volontaires étrangers dans la guerre d’Espagne
http://gimenologues.org/spip.php?article692


Paris, vendredi 25 novembre

Projection- débat « Ma guerre d'Espagne à moi »
Documentaire de Fito Pochat et Javier Olivera - 80 minutes
Hommage à Mika Etchebéhère (Micaela Feldman), capitaine de la brigade motorisée du POUM

à 21h, Maison de l’Amérique latine, 217 Boulevard Saint Germain, Paris 7e

En ce mois de Novembre 2016, à l' occasion du 80è anniversaire de la Révolution et de la Guerre d'Espagne, La Casa de Santa Fe en Paris rend hommage à cette argentine rebelle qui en fut l' une des protagonistes:

1) Projection du film: "Mika, mi guerra de España" un film documentaire des réalisateurs argentins Fito Pochat et Javier Olivera- 80 Mn, avec Arnaldo Etchebéhère et la voix de Cristina Banegas- Production MotonetaCine, suivie de la

2) Présentation de la magnifique nouvelle édition des mémoires de Mika: "Ma Guerre d'Espagne à moi" (Une femme à la tête d'une colonne au Combat), coédition des Editions Libertalia et Editions Milena en présence de Charles Jacquier, l' auteur de la préface du livre.

3) Le Débat qui suivra sera animé par Charles Jacquier, Franck Mintz et Francis Pallares.

Entrée libre dans la limite des places disponibles
Réservations indispensables au 01 45 72 09 08 ou par internet: casasantafeparis@yahoo.fr

Présentation :

Extrait d'une Lettre de Julio Cortàzar à son amie Mika Etchebéhère en 1974 à propos de son livre:

"...rien n'est plus triste de trouver mauvaise l' oeuvre d'un ami et à l' inverse, on ressent une grande joie lorsque le texte est beau.

Beau, nécessaire et efficace, ton livre est le témoin de la guerre d'Espagne, mais également des ruines de notre époque, et de l' invincible espoir qui est le nôtre."

Nés en Argentine au début du XXè siècle, Mika et Hipòlito Etchebéhère décident de consacrer leur vie à la révolution. Après avoir voyagé en Patagonie, à Berlin puis Paris, ils prennent les armes aux côtés du peuple espagnol à Madrid en 1936, lorsqu' éclate la guerre civile. Capitaine d'une colonne de miliciens, la colonne motorisée du POUM, "maman-de-guerre", Mika assume un rôle inédit jusqu'alors. L'Espagne devient le terrain d'expérimentation de ses valeurs et de ses engagements de jeunesse, auxquels elle ne renoncera jamais.

Un documentaire passionnant et poignant de deux jeunes réalisateurs argentins Fito Pochat et Javier Olivera.

"Mika est venue nous chercher" racontent les réalisateurs, quand, en 2007 son livre de mémoires est tombé entre leurs mains. L' histoire était restée cachée dans la famille jusqu' à ce qu'ils rencontrent Arnold Etchebéhère fil conducteur et témoin dans le film, neveu de Hipòlito le mari de la capitaine. "Mika, mi guerra de España" devient ainsi un documentaire réalisé par Pochat et Olivera, petits fils-neveux de Hipòlito. Mais ils tarderont 5 ans à reconstruire et à chercher en profondeur son hisqtoire. Cependant ils ont respecté au maximum le regard de cette femme révolutionnaire à la forte personnalité et aux idées claires qui représente le pouvoir féminin parmi les républicains, une combattante d' extrême gauche qui vient d'Argentine et qui a trouvé en Espagne la lutte qu' elle avait toujours désiré mener avec l' homme qu'elle aimait, Hipolito Etchebéhère."Jamais je n' ai revu dans la vie un homme aussi lumineux" a telle affirmé....

https://paris.demosphere.eu/rv/51453

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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Béatrice » 24 Nov 2016, 20:16

samedi 26 novembre 2016 à MARSEILLE à 19 h

Casa Consolat, 13001

Marseille : Fête des 80 ans de la révolution espagnole

Cinéma sous le signe libertaire : De 1936 à 1937, la révolution sociale et la guerre d’Espagne + Repas !

80 ans de la révolution espagnole !


Nous vous donnons rendez-vous samedi 26 novembre 2016 à 19H à La Casa Consolat (1 rue Consolat, 13001 Marseille)

La révolution espagnole fut une expérience unique dans l’histoire, à la fois dans son combat contre le fascisme et dans la construction du société autogestionnaire.

Pour continuer à fêter les 80 ans de la révolution espagnole, nous vous invitons à une soirée cinéma sous le signe libertaire, avec une PROJECTION :
"1936-1937 : La révolution sociale et la guerre d’Espagne", suivi d’une DISCUSSION et d’échanges dans la convivialité et d’un REPAS !

Viva la Revolucion !

Alternative Libertaire, CNT 13, CNT-SO et Groupe Germinal de la Fédération Anarchiste.

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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 25 Nov 2016, 13:58

Nîmes samedi 26 novembre 2016

Expo-Débat
1936-2016 : Actualité de la Révolution espagnole

Alternative libertaire Gard organise, au centre social André-Malraux à Nîmes, le samedi 26 novembre 2016, une journée consacrée aux 80 ans de la Révolution espagnole.

C'est lors de la Révolution espagnole de 1936 que les libertaires touchent au plus près l'utopie que des générations de militants et militantes avaient porté au quotidien. Une expérience autogestionnaire exceptionnelle se fit jour. Un exemple quasi unique dans l'histoire du mouvement ouvrier international.

Sitôt le coup d'État militaire (Pronunciamiento) déclenché par le général Francisco Franco, le 18 juillet 1936, la résistance s'organise. Elle est avant tout le fait des syndicats et des organisations révolutionnaires. Le gouvernement de Frente Popular, élu en février 1936, reste impuissant.

En Aragon, dans le Levant, dans une partie de la Castille et surtout en Catalogne, les armées « nationalistes » sont mises en déroute par la seule mobilisation de la classe ouvrière, organisée majoritairement au sein du syndicat libertaire : la CNT.

Une révolution sociale et économique, du fait de centaines de milliers de femmes et d'hommes, changea la structure sociale de ces régions selon un modèle de société égalitaire et anti-autoritaire.

Déroulement de journée :
• 14 heures : Ouverture des portes et visite de l'exposition "La Révolution libertaire",prêtée par la CGT espagnole.
• 16 heures : Conférence-débat avec l'historien Frank Mintz, auteur de plusieurs ouvrages sur la question.
• 19 heures : Apéro dînatoire (tapas variés, salades)
• 21 heures : Concert de Flamenco avec Pepe Linares, accompagné à la guitare par Rémi Sébaoni.

Une vidéo de présentation du débat : https://vimeo.com/171966001

A Samedi 26 novembre, donc !!!!

Alternative libertaire Gard

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http://alternativelibertaire30.blogspot ... ution.html
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 28 Nov 2016, 17:45

NÎMES Alternative Libertaire fête les 80 ans de la révolution espagnole

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Ce samedi, au centre André Malraux à Nîmes, le mouvement Alternative Libertaire Gard a consacré une journée aux 80 ans de la révolution espagnole.

Une exposition « La révolution libertaire », une conférence-débat avec l’historien Frank Mintz, un apéro dînatoire et un concert de Flamenco avec Pepe Linares. C’est de cette manière que le mouvement anarchiste a voulu marquer l’anniversaire de la révolution espagnole qui a permis aux libertaires, en 1936, de toucher au plus près leur combat. Le coup d’Etat militaire de Franco mobilisera de nombreux syndicats et organisations révolutionnaires.

« Il ne faut pas oublier notre Histoire, explique Marie-Lise Girodon, une militante du mouvement présente au centre André Malraux ce samedi. Des gens se sont battus pour gagner des libertés. Aujourd’hui, le capitalisme est maître mais il faut combattre cette idéologie. Il ne faut pas se résigner. La lutte continue, tous les jours, petit à petit ».

http://www.objectifgard.com/2016/11/27/ ... espagnole/
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 03 Déc 2016, 15:35

Anarchistes français en Espagne

Dans le cadre de la sortie du volume du Maitron (dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, mouvement social) consacré aux anarchistes, présentation du corpus des anarchistes francophones ayant rejoint l'Espagne en révolution, en 1936, enregistrée lors d'une émission de radio libertaire "hors les murs". Quelques figures de militants anarchistes, comme Charles Ridel ou Ferdinand Fortin sont retracées. Production vidéo : Centre d'Histoire sociale (CNRS/Université Paris1). Réalisation vidéo : Jeanne Menjoulet. Anarchistes français en Espagne.
Les images filmées de l'Espagne à cette époque illustrant cette vidéo sont librement accessibles sur archive.org, il s'agit de "l'enterrement de Durruti" (1936, images de Durruti sur le front d'Aragon), ainsi que des films de la CNT-FAI "Ayuda Madrid" (1936) et "Barcelona July 19th 1936".

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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede digger » 04 Déc 2016, 10:50

Je me suis ré-intéressé à la révolution et à la guerre d'Espagne à travers des recherches sur Emma Goldman et le livre de David Porter Vision on Fire. Emma Goldman on the Spanish Revolution AK Press, 2006 Seconde Edition
http://libcom.org/files/Goldman%20-%20Vision%20on%20Fire%20-%20Emma%20Goldman%20on%20the%20Spanish%20Revolution.pdf . Et mes recherches m'ont amené à m'interroger sur l'anarchisme US et la question noire dans la deuxième moitié du XIXème et première moitié du XXème. Ceci amenant cela, je suis arrivé à la participation de combattants afro-américains durant la guerre d'Espagne. En fait il apparaît que la Parti Communiste US avait une grande longueur d'avance sur les anarchistes aux USA concernant la question raciale à l'époque. D'où la présence d'afro-américains dans les Brigades Internationales - une centaine de combattants environ ainsi que des volontaires non-combattant-tes. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet.

Quelques liens (en anglais, désolé)

African Americans in the Spanish Civil War
http://www.alba-valb.org/resources/lessons/african-americans-in-the-spanish-civil-war
Black in the Day: Black American Volunteers in the Spanish Civil War (1936-1938) Reginald Smith
http://blackexpat.com/new/magazine-archives/2010-articles/black-in-the-day-black-american-volunteers-in-the-spanish-civil-war-1936-1938/
Spanish quest to identify black soldier who fought against fascism in civil war
https://www.theguardian.com/world/2009/dec/20/spanish-civil-war-black-fighter

Et un peu de poésie dans ce monde de brutes, avec Langston Hughes, racontant la rencontre d'un volontaire afro-américain et d'un soldat marocain de l'autre bord

Letter from Spain
by Langston Hughes
Addressed to Alabama

Lincoln Battalion,
International Brigades,

November Something, 1937.

Dear Brother at home:
We captured a wounded Moor today.
He was just as dark as me.
I said, Boy, what you been doin' here
Fightin' against the free?
He answered something in a language
I couldn't understand.
But somebody told me he was sayin'
They nabbed him in his land
And made him join the fascist army
And come across to Spain.
And he said he had a feelin'
He'd never get back home again.
He said he had a feelin'
This whole thing wasn't right.
He said he didn't know
The folks he had to fight.
And as he lay there dying
In a village we had taken,
I looked across to Africa
And seed foundations shakin'.
Cause if a free Spain wins this war,
The colonies, too, are free —
Then something wonderful'll happen
To them Moors as dark as me.
I said, I guess that's why old England
And I reckon Italy, too,
Is afraid to let a workers' Spain
Be too good to me and you —
Cause they got slaves in Africa —
And they don't want 'em to be free.
Listen, Moorish prisoner, hell!
Here, shake hands with me!
I knelt down there beside him,
And I took his hand —
But the wounded Moor was dyin'
And he didn't understand.
Salud,
Johnny
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 06 Déc 2016, 04:53

Vidéo : Alternative Libertaire Gard : “1936-2016 : Actualité de la Révolution espagnole” (Expo, conférence, concert)

Vidéo de la journée organisée par l’AL Gard consacrée aux 80 ans de la Révolution espagnole.

Images de la Conférence (Jérémie de l’AL 30 et de Frank Mintz, historien), du concert de flamenco de Pépé Linares et de l’exposition "La Révolution libertaire".

https://vimeo.com/193895547
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 09 Déc 2016, 23:24

Paris samedi 10 décembre 2016

Histoire de la guerre d'Espagne
Réunion débat contre la persistance de la lecture stalinienne de l'histoire

La Révolution espagnole. Le 19 juillet 1936.
Explosion de l'Etat et constitution de Comités-gouvernements assumant tous les pouvoirs de la société (campagne et villes).

à 14h30, Local EDMP, 8 impasse Crozatier (à la hauteur du 43 rue Crozatier), Paris 12e

Introduction au débat par François Pallarés Aran :

• 1. Le 19 juillet 1936. La signification comme explosion de l'Etat et la constitution de Comités-gouvernements assumant tous les pouvoirs de la société (campagne et villes).
• 2. L'évolution dans l'imposture de la lecture de l'histoire avec la chape de plomb stalinienne (médias, universités, intelligentzia etc), pendant des décennies, imposant un "romantisme" fallacieux : non-intervention (défendue aussi par Staline, on l'oublie), Brigades Internationales (militants envoyés à la boucherie). les combattants juifs - surtout polonais- chair à canon et otages de la politique du Komintern - particulièrement ceux venant de Palestine. L'escroquerie de la livraison d'armes. Les batailles de Teruel et de l'Ebre, en réalité, préparant le Pacte germano-soviétique etc etc). En gros la "vision" imposée par les staliniens particulièrement en France en Italie et en Espagne de la Guerre civile (avec les pitreries des Malraux et autres Hemingway).

Pour synthétiser : comment on est passé d'une "lecture" de l'histoire sous le prisme de "L'Espoir" ou de "Mourir à Madrid" jusqu'à la "révélation" (pour certains) de "Land and Freedom".

Guerre d'Espagne, la fin des mythes

« Le 19 juillet 1936 sera aussi l'une des dates de la deuxième révolution du siècle, celle qui prend sa source dans la Commune de Paris et qui chemine toujours sous les apparences de la défaite, mais qui n'a pas encore fini de secouer le monde et qui pour finir portera l'homme plus loin que n'a pu le faire la révolution russe d'octobre 1917. Nourrie par l'Espagne et, en général, par le génie libertaire, elle nous rendra un jour une Espagne et une Europe et avec elles de nouvelles tâches et des combats enfin à ciel ouvert. Ceci du moins c'est notre espoir et nos raisons de lutter ».

Albert Camus

Quatre-vingts ans après, l'écho de la révolution et de la guerre d'Espagne retentit encore. Il ne s'agit pas de refaire un énième récit de la guerre civile espagnole. Nous nous attacherons à deux aspects, qui nous semblent éclairer singulièrement les problématiques politiques actuelles.

Le 19 juillet 1936 et l'explosion révolutionnaire en Espagne. L'enjeu était très clair, en finir avec les oppresseurs et le système de la propriété privée et réaliser l'émancipation dans une société constituée de femmes et d'hommes libres.

La fin des légendes

Force est de constater que l'histoire, loin d'être objective, semble n'être bien souvent que la réécriture permanente d'un récit en fonction de la situation politique présente. L'histoire de la guerre d'Espagne en constitue un paradigme quasi absolu. En 1969, Noam Chomsky dénonçait déjà « l'asservissement contre révolutionnaire » des historiens officiels à l'idéologie dominante, dans « l'Amérique et ses nouveaux mandarins ». Il soulignait le peu d'intérêt de ces mêmes universitaires pour les collectivisations pendant la guerre civile espagnole.

« En fait, ce bouleversement social semble avoir été complètement oublié ». Malgré l'indépendance affichée et la fin des légendes, lire par exemple le numéro 427 de la revue Histoire du mois de septembre 2016, force est de constater que cet aspect brille toujours par son absence. Nous apprenons même que l'affaire Andrés Nin est « un crime stalinien ». Ipso-facto, on suggère d'en innocenter les militants du Parti Communiste d'Espagne (PCE). Inutile d'imaginer, d'ailleurs, qu'ils aient pu être des « marionettes de Moscou » d'après l'historien madrilène Fernando Hernández Sánchez, quitte à « oublier » les échanges de courriers serviles entre les correspondants du Komintern de Madrid et de Barcelone avec le centre.

Evidemment, il a coulé de l'eau sous les ponts, nul n'ose plus se revendiquer des crimes du petit père des peuples, ni croire encore à la pureté immaculée de la pasionaria. Mais sous la surface, plus ou moins consciemment, de manière plus ou moins subliminale, les légendes demeurent. C'est tout l'intérêt d'en débattre.

François Pallarés Aran

Le 19 juillet 1936, en réponse au pronunciamiento de l'armée soutenu par les financiers, les grands propriétaires terriens, les industriels, les groupes fascisants et l'église, les organisations ouvrières prennent les armes et mettent en échec le golpe dans les deux tiers de l'Espagne. Les factieux voulaient empêcher la révolution, ils la précipitent.

L'état républicain explose et spontanément, dans les villes et les campagnes, se constituent des comités-gouvernements qui assument toutes les nécessités et les fonctions d'une société civilisée, nourriture, logement, santé, culture, école, énergie, sécurité, justice, transports, échanges et argent. La suite des évènements sera conditionnée, en grande partie, par la victoire ou l'échec des organisations ouvrières, le 19 juillet 1936.

La lecture de l'histoire a évolué. Après la Libération, pendant des décennies, la prégnance stalinienne a largement imposé à l'opinion, médias, université et intelligentzia, l'imposture d'un romantisme fallacieux et manichéen. Citons pêle-mêle, la non intervention, défendue par Léon Blum, mais aussi par Joseph Staline et Maurice Thorez, les brigades internationales, des militants sincères et idéalistes envoyés à l'abattoir, les combattants juifs, surtout polonais, chair à canon et otages de la politique du Komintern, l'escroquerie de l'aide désintéressée, six cent trente neuf tonnes d'or, et de la livraison d'armes, soixante dix pour cent de moins en valeur et cinquante pour cent de moins en tonnage à partir de 1938, surprofit de sept cent millions de dollars prélevés sur le dos de la république par le Kremlin, les batailles de Teruel et de l'Ebre, préparant en réalité le pacte germano-soviétique. En gros c'est la vision de la guerre civile qu'ont imposée les partis communistes, particulièrement en France en Italie et en Espagne, mais qui a été aussi reprise ad nauseam par les médias de la bourgeoisie, propagande franquiste en Espagne ou le Figaro voire le Monde ou le Nouvel Observateur, en France.

N'oublions pas les pitreries d'André Malraux et d'Ernest Hemingway. Pour synthétiser, comment est-on passé d'une révision, d'une lecture de l'histoire sous le prisme de l'Espoir ou de Mourir à Madrid jusqu'à la révélation pour beaucoup de Land and Freedom ? Comment se fait-il que la réalité des faits, qui avait pourtant été très vite dénoncée, et à de nombreuses reprises, dès les années 1940, 1950 et 1960, par John dos Passos, Andreu Nin, George Orwell, Julian Gorkín, Benjamin Péret, Victor Serge, Burnett Bolloten, José Peirats Valls, Walter Krivitsky, Albert Camus, Daniel Guérin, Pierre Broué, Wilebaldo Solano et Noam Chomsky, ait pu être à ce point étouffée, déformée, bâillonnée et occultée, au point de devenir invisible et de disparaître ?


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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 10 Déc 2016, 15:09

Samedi 10 décembre 2016

Montpellier

« Gestion directe d’hier à aujourd’hui »
Les 80 ans de la révolution sociale espagnole de 1936-1937


Soirée de projection, lecture et débat sur différents exemples de gestion directe et d’autogestion. Dans le contexte des 80 ans de la révolution espagnole, la CNT-AIT de Montpellier organise ce moment convivial (bouffe et musique) au local du Centre Ascaso Durruti 6 rue Henri René quartier Gare, samedi 10 décembre à 19h.

Il y a 80 ans, le 19 juillet 1936, les tra­vailleurs espa­gnols des­cen­daient dans la rue, pre­naient les armes et pro­vo­quaient la grève géné­rale dans de nom­breu­ses régions d’Espagne pour répon­dre à la ten­ta­tive de coup d’Etat natio­na­liste à carac­tère fas­ciste déclen­ché la veille. Cette réac­tion, qui peut appa­raî­tre comme spon­ta­née, fut l’œuvre des orga­ni­sa­tions syndicales (CNT et dans une moindre mesure UGT) et politiques telles que la FAI (d’inspiration anarchiste) et du POUM (Parti marxiste anti-stalinien). Face à l’inca­pa­cité du gou­ver­ne­ment répu­bli­cain à faire face au coup d’Etat du géné­ral Franco, les mili­ces ouvriè­res ont orga­nisé la lutte anti­fas­ciste. En même temps, l’Etat étant qua­si­ment tombé en désué­tude et inca­pa­ble de gérer la situa­tion mili­taire et économique et sociale, les syn­di­cats, CNT et UGT ont pris en charge l’autoges­tion de la société et de l’économie. A Barcelone, l’indus­trie et les trans­ports sont col­lec­ti­vi­sés. Dans les cam­pa­gnes, de nom­breux vil­la­ges met­tent en place des col­lec­ti­vi­tés où la pro­priété privée comme sou­vent l’argent sont sup­pri­més, où les terres sont ras­sem­blées, tra­vaillées col­lec­ti­ve­ment et où les riches­ses pro­dui­tes sont redis­tri­buées selon la bonne vielle devise « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Ce mou­ve­ment attein­dra son plus haut point de déve­lop­pe­ment en Aragon avec la cons­ti­tu­tion du Conseil des col­lec­ti­vi­tés d’Aragon.

Organisé par la CNT-AIT de Montpellier au local du Centre Ascaso Durruti.
• 19h00 : "Fallait pas", on amène ce qu’on peut ou ce qu’on veut, et on partage
• 19h30-19h45 : projection d’un montage vidéo sur l’Espagne en 1936.
• 19h45-20h00 : lecture, si possible interactive, du témoignage de Miguel Celma, « La Collectivité de Calanda, 1936-1938 »

A la suite, infos sur des expériences contemporaines (Lip, Chiapas...).
Débat, questions éventuelles.
Animation musicale : chansons révolutionnaires accompagnées à la guitare.

https://lepressoir-info.org/spip.php?article632



Angers

80 ans de la révolution sociale espagnole : soirée ciné-débat + Exposition d’affiches D’Espagne 36

à 20h30, l'Etincelle, 26 rue Maillé, Angers.

Soirée présentée par La CNT 49.
La révolution sociale espagnole de 1936 est un événement majeur du XXe siècle qui reste un exemple de mise en place d’autogestion, de Collectivisation de l’économie, de l’éducation, de concrétisation des idées libertaires…
Projection du film :Espagne 36 : Révolution auto-gestionnaire

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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 11 Déc 2016, 03:39

En Espagne entre 1936 et 1939, les communes sans état et sans argent.

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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 15 Déc 2016, 22:29

La fin des légendes

Portée par les récits d’Hemingway, de Malraux ou de Bernanos, les photographies de Robert Capa ou de Gerda Taro, les tableaux de Picasso, la guerre d’Espagne est aussi un conflit fantasmé.
Du mythe à la réalité, retour sur une tragédie espagnole.

Par François Godicheau
In Revue L’Histoire, n° 427/ septembre 2016.

... http://gimenologues.org/spip.php?article695
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 22 Déc 2016, 19:08

Camillo Berneri
Lettre ouverte à la camarade Frederica Montseny

Chère Camarade,

J’avais l’intention de m’adresser à vous tous camarades-ministres, mais une fois la plume en main, je me suis adressée spontanément à toi seule et je n’ai pas voulu contrarier cette impulsion instinctive.

Que je ne sois pas toujours d’accord avec toi, cela ne t’étonne, ni ne t’irrite, et tu t’es montrée cordialement oublieuse des critiques qu’il aurait été presque toujours équitable, parce qu’humain, de considérer comme injustes et excessives. Ceci n’est pas une petite qualité à mes yeux, et elle témoigne de la nature anarchiste de ton esprit. C’est une certitude qui compense efficacement, pour mon amitié bien entendu, les particularités idéologiques que tu as manifestées souvent dans tes articles au style très personnel et dans tes discours d’une éloquence admirable.

Je n’ai pu accepter calmement l’identité affirmée par toi entre l’anarchisme bakouniniste et le républicanisme fédéraliste de Pi y Margall. Je ne te pardonne pas d’avoir écrit « qu’en Russie, ce ne fut pas Lénine le vrai constructeur de la Russie mais bien Staline, esprit réalisateur, etc. ». Et j’ai applaudi à la réponse de Voline dans « Terre Libre », à tes affirmations complètement inexactes sur le mouvement anarchiste russe.

Mais ce n’est pas de cela que je veux t’entretenir. De ces choses-là et de bien d’autres j’espère un jour ou l’autre te parler directement. Si je m’adresse à toi publiquement, c’est à propos de sujets infiniment plus graves, pour te rappeler des responsabilités énormes, dont tu ne te rends peut-être pas compte à cause de ta modestie.

Dans ton discours du 3 janvier, tu disais :

« Les anarchistes sont entrés au gouvernement pour empêcher que la Révolution déviât et pour la poursuivre au-delà de la guerre, et encore pour s’opposer à toute éventualité dictatoriale, d’où qu’elle vienne. »

Eh bien, camarade, en avril, après trois mois d’expérience collaborationniste, nous nous trouvons en présence d’une situation au cours de laquelle se produisent des faits graves, tandis que d’autres pires encore se dessinent déjà.

Là où, comme au Pays Basque, dans le Levant et en Castille, notre mouvement n’est pas imposé par des forces de base, autrement dit par de vastes cadres syndicaux et par l’adhésion prépondérante des masses, la contre-révolution opprime et menace de tout écraser. Le gouvernement est à Valence et c’est de là que partent les gardes d’assaut destinés à désarmer les noyaux révolutionnaires formés pour la défense. On évoque Casas-Viejas en songeant à Vilanesa.[1] Ce sont les gardes civils et les gardes d’assaut qui conservent les armes; ce sont encore eux qui à l’arrière doivent contrôler les « incontrôlables », autrement dit désarmer les noyaux révolutionnaires pourvus de quelques fusils et de quelques revolvers. Ceci se passe tandis que le front intérieur n’est pas liquidé. Ceci se produit au cours d’une guerre civile dans laquelle toutes les surprises sont possibles et dans des régions où le front bien proche, extrêmement découpé n’est pas mathématiquement certain. Ceci, tandis qu’apparaît avec évidence une distribution politique des armes tendant à n’armer que du strict nécessaire (« strict nécessaire » qui, souhaitons-le, apparaîtra suffisant) le front d’Aragon, escorte armée de la collectivisation agraire en Aragon et contrefort de la Catalogne, cette Ukraine ibérique. Tu es, dans un gouvernement qui a offert à la France et à l’Angleterre des avantages au Maroc, tandis que, dès juillet 1936, il aurait été nécessaire de proclamer officiellement l’autonomie politique marocaine. Je m’imagine, ce que toi, anarchiste, tu dois penser de cette affaire aussi ignoble que stupide; mais je crois que l’heure est venue de faire savoir que toi et les autres anarchistes ministres n’êtes pas d’accord quant à la nature et à la teneur de pareilles propositions.

Le 24 octobre 1936, j’écrivais dans « Guerra di Classe » :

« La base d’opération de l’armée fasciste est le Maroc. Il faut intensifier la propagande en faveur de l’autonomie marocaine sur tout le secteur de l’influence panislamique. Il faut imposer à Madrid des déclarations sans équivoque annonçant l’abandon du Maroc et la protection de l’autonomie marocaine. La France envisage avec préoccupation la possibilité de répercussions insurrectionnelles dans l’Afrique du Nord et en Syrie; l’Angleterre voit se renforcer les agitations autonomistes égyptiennes et celles des Arabes de Palestine. Il faut exploiter pareils soucis à travers une politique qui menace de déchaîner la révolte dans le monde islamique.

« Pour une pareille politique, il faut de l’argent et il faut d’urgence envoyer des émissaires agitateurs et organisateurs dans tous les centres de l’émigration arabe, dans toutes les zones frontières du Maroc français. Sur les fronts d’Aragon, du Centre, des Asturies et d’Andalousie, quelques Marocains suffisent pour faire fonction de propagandistes (par radio, tracts, etc.). »

Il va de soi qu’on ne peut simultanément garantir les intérêts anglais et français au Maroc et faire oeuvre d’insurrection. Valence continue la politique de Madrid. Il faut que celle-ci change. Et pour la changer, il faut dire clairement et fortement toute sa pensée propre, parce qu’à Valence des influences agissent tendant à pactiser avec Franco.

Jean Zyromski écrivait dans le « Populaire » du 3 mars :

« Les manoeuvres sont visibles et elles visent à la conclusion d’une paix, qui, en réalité, signifierait non seulement l’arrêt de la Révolution espagnole, mais encore l’annulation des conquêtes sociales réalisées.

« Ni Caballero, ni Franco, telle serait la formule qui exprimerait sommairement une conception qui existe, et je ne suis pas sûr qu’elle n’ait pas la faveur de certains milieux politiques,diplomatiques et mémo gouvernementaux en Angleterre et aussi en France. »

Ces influences, ces manoeuvres expliquent différents points obscurs : par exemple l’inactivité de la flotte de guerre loyaliste. La concentration des forces provenant du Maroc, la piraterie du Canarias et du Baleares, la prise de Malaga sont les conséquences de cette inactivité. Et la guerre n’est pas finie ! Si Prieto est incapable et indolent, pourquoi le tolérer ? Si Prieto est lié par une politique qui lui fait paralyser la flotte, pourquoi ne pas dénoncer cette politique ?

Vous, anarchistes ministres, vous tenez des discours éloquents et vous écrivez des articles brillants, mais ce n’est pas avec des discours et des articles que l’on gagne la guerre et que l’on défend la Révolution. Celle-là se gagne et celle-ci se défend en permettant de passer de la défensive à l’offensive. La stratégie de position ne peut s’éterniser. Le problème ne peut se résoudre en lançant des mots d’ordre : mobilisation générale, des armes au front, commandement unique, armée populaire, etc., etc. Le problème se résout en réalisant immédiatement ce qui peut être réalisé.

La « Dépêche de Toulouse » du 17 janvier écrivait :

« La grande préoccupation du ministère de l’Intérieur est de rétablir l’autorité de L’État sur celle des groupes et sur celle des incontrôlables de toute provenance. »

Il va de soi que lorsque pendant des mois on cherche à annihiler les « incontrôlables », on ne peut résoudre le problème de la liquidation de la « Cinquième colonne »’. La suppression du front intérieur a pour condition première une activité d’investigation et de répression qui ne peut être accomplie que par des révolutionnaires éprouvés. Une politique intérieure de collaboration entre les classes et de flatterie envers les classes moyennes conduit inévitablement à la tolérance envers les éléments politiquement équivoques. La Cinquième colonne[2] est constituée non seulement par les éléments appartenant à des formations fascistes, mais aussi par tous les mécontents qui souhaitent une république modérée. Or, ce sont ces derniers éléments qui profitent de la tolérance des chasseurs « d’incontrôlables ».

La liquidation du front intérieur était conditionnée par une activité ample et radicale des comités de défense constitués par la C.N.T. et l’U.G.T.

Nous assistons à la pénétration dans les cadres dirigeants de l’armée populaire d’éléments équivoques n’offrant pas les garanties d’une organisation politique et syndicale. Les comités et les délégués politiques des milices exerçaient un contrôle salutaire qui, aujourd’hui, est affaibli par la prédominance de systèmes d’avancement et de promotion strictement militaires. Il faut renforcer l’autorité de ces comités et de ces délégués.

Nous assistons au fait nouveau, et pouvant entraîner des conséquences désastreuses, fait suivant lequel des bataillons entiers sont commandés par des officiers qui ne jouissent pas de l’estime et de l’affection des miliciens. Ce fait est grave parce que la valeur de la majorité des miliciens espagnols est directement proportionnelle à la confiance dont jouit leur propre commandant. Il est donc nécessaire de rétablir l’éligibilité directe et le droit de destitution Une grave erreur a été commise en acceptant les formules autoritaires, non pas parce que celles-ci étaient telles au point de vue forme; mais parce qu’elles renfermaient d’énormes erreurs et des buts politiques qui n’avaient rien à faire avec les nécessités de la guerre.

J’ai eu l’occasion de parler à des officiers supérieurs italiens, français et belges et j’ai constaté que ceux-ci démontrent avoir des nécessités réelles de la discipline une conception beaucoup plus moderne et rationnelle que certains néo-généraux qui prétendent être des réalistes.

Je crois que l’heure est venue de constituer l’armée confédérale, comme le parti socialiste a constitué sa propre troupe : le 5e régiment des milices populaires. Je crois que l’heure est venue de résoudre le problème du commandement unique en réalisant effectivement l’unité du commandement qui permette de passer à l’offensive sur le front d’Aragon. Je crois que l’heure est venue d’en finir avec les milliers de gardes civils et de gardes d’assaut qui ne vont pas au front parce qu’ils servent à contrôler les « incontrôlables ». Je crois que l’heure est venue de créer une sérieuse industrie de guerre. Et je crois que l’heure est venue d’en finir avec certaines bizarreries flagrantes : comme celles du respect du repos dominical et de certains « droits aux ouvriers » sabotant la défense de la Révolution.

Il faut, avant tout, maintenir élevé l’esprit des combattants. Louis Bertoni, interprétant les sentiments exprimés par différents camarades italiens combattant sur le front de Huesca, écrivait il n’y a pas longtemps :

« La guerre d’Espagne, dépouillée ainsi de toute foi nouvelle, de toute idée de transformation sociale, de toute grandeur révolutionnaire, de tout sens universel, n’est plus qu’une vulgaire guerre d’indépendance nationale, qu’il faut mener pour éviter l’extermination que se propose la ploutocratie mondiale. Elle reste une terrible question de vie ou de mort, mais ce n’est plus une guerre d’affirmation d’un nouveau régime et d’une nouvelle humanité. On dira que tout n’est pas encore perdu; mais en réalité, tout est menacé et investi; les nôtres tiennent un langage de renonciateurs, le même que tenait le socialisme italien lors de l’avance du fascisme; Gare aux provocations ! Calme et sérénité ! Ordre et discipline ! Toutes choses qui pratiquement se réduisent au laisser-faire. Et comme en Italie le fascisme finit par triompher, en Espagne, l’anti-socialisme en habit républicain ne pourra que vaincre, à moins qu’il ne se produise des événements qui échappent à nos prévisions. Il est inutile d’ajouter que nous constatons simplement, sans condamner les nôtres; nous ne pourrions dire comment la conduite de ceux-ci pourrait être différente et efficace, aussi longtemps que la pression italo-allemande grandit sur le front et celle des bolcheviko-bourgeois croit à l’arrière-garde. »

Je n’ai pas la modestie de Louis Bertoni. J’ai la prétention d’affirmer que les anarchistes espagnols pourraient avoir une ligne politique différente de celle qui prévaut; je prétends pouvoir, en capitalisant ce que je sais des expériences des diverses grandes révolutions récentes et ce que je lis dans la presse libertaire espagnole elle-même, conseiller quelques lignes de conduite.

Je crois que tu dois te poser le problème de savoir si tu défends mieux la Révolution, si tu apportes une plus grande contribution à la lutte contre le fascisme en participant au gouvernement, ou si tu ne serais pas infiniment plus utile en portant la flamme de ta parole magnifique parmi les combattants et à l’arrière.

L’heure est venue aussi de clarifier la signification unitaire que peut avoir notre participation au gouvernement. Il faut parler aux masses, les appeler à juger si Marcel Cachin a raison quand il déclare dans « L’Humanité » du 23 mars :

« Les responsables anarchistes multiplient leurs efforts unitaires et leurs appels sont de plus en plus entendus. »

... Ou bien si ce sont la « Pravda » et les « Izvestia » qui ont raison quand ils calomnient les anarchistes espagnols en les traitant de saboteurs de l’unité. Appeler la masse à juger la complicité morale et politique du silence de la presse anarchiste espagnole quant aux délits dictatoriaux de Staline, aux persécutions contre les anarchistes russes, aux monstrueux procès contre l’opposition léniniste et trotskiste, silence compensé avec mérite par les diffamations des « Izvestia » contre « Solidaridad Obrera ».

Appeler les masses à juger si certaines manoeuvres de sabotage du ravitaillement ne rentrent pas dans le plan annoncé le 17 décembre 1936 par la « Pravda » :

« Quant à la Catalogne, l’épuration des éléments trotskistes et anarcho-syndicalistes est commencée; cette oeuvre sera conduite avec la même énergie que celle avec laquelle elle a été conduite en U.R.S.S. »

L’heure est venue de se rendre compte si les anarchistes sont au gouvernement pour être les vestales d’un feu sur le point de s’éteindre, ou bien s’ils y sont désormais seulement pour servir de bonnet phrygien à des politiciens flirtant avec l’ennemi ou avec les forces de restauration de la « République de toutes les classes ». Le problème est posé par l’évidence d’une crise dépassant les hommes qui en sont les personnages représentatifs.

Le dilemme : guerre ou révolution n’a plus de sens. Le seul dilemme est celui-ci : ou la victoire sur Franco grâce à la guerre révolutionnaire, ou la défaite.

Le problème pour toi et pour les autres camarades est de choisir entre le Versailles de Thiers et le Paris de la Commune, avant que Thiers et Bismarck ne fassent l’union sacrée. A toi de répondre, car tu es « la lumière sous le boisseau ».


[1] Vilanesa, petit village espagnol où plusieurs militants de la C.N.T. furent massacrés après que leur local syndical eut été saccagé. (n.d.r.)

[2] Cinquième colonne : nom donné dans la presse espagnole à l’ensemble des organisations fascistes existant à l’arrière du front républicain. (n.d.r.)


https://fr.theanarchistlibrary.org/libr ... a-montseny
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 10 Jan 2017, 03:03

Les Giménologues à Bruxelles • Conférence-débat • Le vendredi 13 janvier 2017

LES ANARCHISTES PENDANT LA GUERRE D’ESPAGNE

à 20h15, Au 61 Rue de la Victoire - 1060 Bruxelles

Ce sera l’occasion de tout dire sur « la mallette belge »

…remise à deux des « giménologues-avant-l’heure » dans les années 80 par Stéphane Huvenne, militant libertaire de la cause antifranquiste en Belgique, et dès la fin des années cinquante, membre actif de la section bruxelloise de la SIA (Solidarité internationale antifasciste), chargée notamment de l’accueil et du soutien aux réfugiés politiques [3].

C’est le précieux contenu de cette mallette qui a fait de nous des chercheurs compulsifs en matière de volontaires internationaux dans les colonnes anarchistes espagnoles.
On y trouva des numéros (en un seul exemplaire) de journaux anarchistes parus dans toute l’Espagne républicaine en 1936-1938, tel El Frente, porte-voix de la 26° Division Durruti, Titan !, des Jeunesses Libertaires d’Aragon, et bien d’autres très peu connus, ainsi que des numéros de L’Espagne antifasciste ou de L’Espagne Nouvelle.
Et aussi trois grandes photos ramenées du front d’Aragon, prises après deux batailles victorieuses auxquelles participa le Groupe international à la fin septembre 1936 : Siétamo et Le Monte Aragon.

Enfin et surtout, la malle aux trésors recelait le n°12-13 de l’été 1956 de la revue suisse Témoins, intitulé « Fidélité à l’Espagne ». L’article « Refus de la légende [4] » de Louis Mercier nous a permis de faire le rapprochement avec le Charles Ridel, co-confondateur à Pina de Ebro (Aragon) du Groupe International de la colonne Durruti, que nous a fait connaître Antoine Gimenez.

Ridel, Mercier, Mercier Vega, … autant de pseudos utilisés par l’anarchiste Charles Cortvrint né le 6 mai 1914 à Lièges, et qui sera à l’honneur en cette soirée.

Fin 1939, Ridel se rendit en Belgique, chez Hem Day, avant d’embarquer à Anvers pour l’Amérique du Sud.
On suppose que Stéphane tenait justement ces documents de Marcel DIEU (30/05/1902 – 14/08/1969) dit Hem DAY. « Ce libraire, franc-maçon, militant anarchiste depuis la première guerre mondiale collabora à de nombreuses revues durant toute l’entre-deux-guerres et finit par créer la sienne « Pensée et Action » pour y diffuser sa propagande anti-communiste, anti-fasciste et pacifiste. […]
Durant la guerre d’Espagne, il partit à Barcelone œuvrer à la propagande révolutionnaire anarchiste, de manière pacifique et non-violente. De retour en Belgique, il se consacra entièrement à la propagande, continua ses publications et fit jusqu’à sa mort de nombreuses conférences. [5] »

Parmi les anarchistes belges en relation directe avec ceux d’Espagne il faut aussi citer Jean DE BOË (20/03/1889 – 02/01/1974), typographe [6] . En 1937, il passa aussi les Pyrénées. En 1939, il adopta deux fillettes des Asturies dont le père avait été fusillé par les franquistes.
Quant à Nicolas Lazarévitch et Ida Mett, avec Hem Day, ils soutiendront et relaieront inlassablement depuis Bruxelles le processus révolutionnaire en Espagne.

Tout ceci pour rappeler que la Belgique de l’entre-deux-guerres fut une terre d’exil, et que les militants anarchistes belges de cette génération accueillirent et aidèrent de nombreuses personnes dans la semi clandestinité : des militants anarchistes italiens et espagnols (dont Ascaso et Durruti), des Allemands, des Juifs, des objecteurs de conscience, des anarchistes néo-malthusiens...

À Bruxelles en ce 13 janvier, nous évoquerons aussi l’anarcho-syndicaliste Roger Madrid, grand ami de « Ridel ». Lors de la guerre d’Espagne, il a traversé la France en bicyclette pour soutenir les Espagnols et s’est engagé dans une coopérative.
Et nous reviendrions sur le parcours et la personnalité de quelques-uns des volontaires internationaux, hommes et femmes qu’Antoine Gimenez nous a fait connaître. Nous projetterons des photos que nous avons trouvées aux archives, ou que nous ont données les familles de certains d’entre eux, rencontrés après la parution en 2006 de la première édition des Fils de la nuit.

Notre deuxième ouvrage, paru en 2016, est également tissé de témoignages à la première personne, car nous avons eu la chance incroyable de rencontrer des protagonistes ou témoins directs entre 2006 et 2008 :

A Zaragoza o al Charco ! Récits de protagonistes libertaires. Aragon 1936-1938 (en co-édition avec L’Insomniaque).

Nous y avons consacré un chapitre sur le processus révolutionnaire mené au nom du communisme libertaire dans les campagnes aragonaises.
Car en ce 80e anniversaire de la révolution espagnole, il s’agit encore et toujours de tisser le fil continu qui nous relie à l’intense guerre sociale du début du XXe siècle, et qui fit de cette contrée la seule en Europe où s’engagea une lutte frontale contre le capitalisme, le fascisme et le communisme autoritaire.

Les Giménologues, 4 janvier 2017.

[1] Au 61 Rue de la Victoire - 1060 Bruxelles
[2] http://upjb.be/agenda/culture/article/l ... -d-espagne
[3] Voir http://www.cegesoma.be/docs/Invent/Huve ... AA2204.pdf
[4] article 254 http://gimenologues.org/spip.php?article254
[5] https://revuesshs.u-bourgogne.fr/dissid ... hp?id=1546
[6] Ibid.


http://gimenologues.org/spip.php?article700



Le samedi 14 janvier 2017

Les Giménologues en Picardie • Soirée à La Grange Erquery

à 20h30, 16 rue de la République 60600 Erquery

Nous vous convions à une rencontre et à un débat avec Myrtille des Giménologues autour du livre Les Fils de la Nuit : Souvenirs de la guerre d’Espagne (juillet 1936-février 1939) d’Antoine Gimenez, aux Éditions Libertalia (2016)

Nous terminerons la soirée avec un concert de René Binamé, le mythique groupe Anarcho-punk Belge !
• Entrée à prix libre.
• N’hésitez pas à ramener un petit miam-miam ou glouglou à partager après le spectacle !

Petite note sur les anars en Picardie

C’est à Vaux, commune d’Essômes-sur-Marne, qu’eut lieu la première expérience de vie communautaire anarchiste en France, de 1902 à 1909.

Elle fut suivie, en 1911, par une autre tentative, à Bascon, à 800 mètres de Vaux. Il s’agit cette fois d’une colonie naturiste et végétalienne.

De 1919 à 1926 de nombreux adeptes, de différentes nationalités, affluent à Bascon : des écrivains comme Hélène Patou [1] et Georges Navel [2] …

Deux volontaires dans la colonne Durruti que nous évoquons dans Les Fils de la nuit…

Les Giménologues, le 3 janvier 2016

[1] http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/ ... ticle73976
[2] https://militants-anarchistes.info/spip.php?article9835

http://gimenologues.org/spip.php?article699
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 13 Jan 2017, 19:17

Nantes samedi 14 janvier 2017

Expo/débat: "80 ans de la Révolution Espagnole"

Image

Alternative Libertaire Nantes vous invite à une exposition d’une vingtaine de panneaux, prêtés par la CGT espagnole, et un débat sur les 80 ans de la Révolution espagnole, le samedi 14 janvier, dans le Hall de la Manufacture, à partir de 14 heures. Le débat aura lieu à 16 heures avec Frank Mintz, historien et militant syndical.

Juillet 1936, il y a 80 ans, un coup d’état militaire vise à renverser le gouvernement de front populaire élu en janvier. Le climat social est tendu et le gouvernement prétend avoir la situation en main, en dépit des avertissements de la la Confederación Nacional del Trabajo, puissante organisation anarcho-syndicaliste.

Les putschistes s’emparent en quelques heures de la moitié de l’Espagne. Mais dans l’autre, à Barcelone, à Madrid, à Valence, etc., ce sont majoritairement les anarcho syndicalistes armé-es, suivi-es par des ouvriers et ouvrières socialistes, des militant-es de gauche et parfois des groupes de la police qui réussissent à mettre en déroute les militaires factieux.

Des centaines de milliers de femmes et d’hommes de la classe ouvrière des villes et des campagnes, au-delà de leurs étiquettes politiques, prennent en main la société et forment des milices. Une vie nouvelle semble commencer.

http://www.alternativelibertaire.org/?P ... Revolution
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 14 Jan 2017, 22:41

L’URSS et la CNT : Une attitude inadmissible

Titre original : The USSR and the CNT: an unconscionable stance

C’est avec une tristesse croissante et un sentiment de blessure que l’on lit aujourd’hui et depuis quelques temps déjà, Solidaridad Obrera, le journal de la CNT. On ne peut éviter d’arriver çà la conclusion que ce quotidien, au tirage d’un quart de millions d’exemplaires par jour, est devenu le quotidien semi officiel de l’URSS.

Il suffit de tourner les pages de notre Soli anti-bolchevique pour le trouver bourrer d’articles défendant l’URSS et la politique étrangère de Staline, sans la moindre trace de désaccord affleurant pour corriger cette impression.

Il suffit de feuilleter une douzaine des derniers numéros de Soli sur la position de l’URSS à Genève et à Nyon.

‘Le prolétariat mondial devrait soutenir la position de l’URSS une fois pour toutes‘, affirme un appel le 9 septembre, alors que l’éditorial du même numéro déclare que ‘tous les hommes libres du monde devraient soutenir les exigences de l’URSS’ et, pour enfoncer le clou, un autre appel proclame que ‘la seule façon de soutenir la position résolue de l’URSS est l’action des travailleurs du monde entier de concert avec le prolétariat soviétique’. Le lendemain, Soli est d’avis que ‘le prolétariat attend un signe de la Russie’. Par une coïncidence qui ne peut que provoquer le sourire, un titre sur la même page cite ‘Machiavel, l’inspirateur de l’Italie et de l’Allemagne…’, en oubliant soigneusement bien sûr d’y ajouter l’URSS, ce disciple de talent du philosophe italien.

Un jour plus tard, le 11 septembre, Soli annonce que le comité national de la CNT envoie son représentant rejoindre la Commission (créée par Les Amis de l’URSS) pour célébrer le vingtième anniversaire de l’Union Soviétique.

Quelques jours plus tard et c’est ‘la CNT de Madrid qui prend part à l’hommage à l’Union Soviétique’. Dans Soli du 12 septembre, on fait prévaloir que ‘l’Espagne interdite de siéger à Nyon par les diplomates occidentaux va y retrouver son siège grâce au plaidoyer de l’URSS’ et le 18 septembre Soli brosse le portrait du ‘camarade’ (hein?) Ovseenko à l’occasion de sa nomination au poste de ministre de la justice en URSS.

Mais, alors même que Soli et la CNT mettaient en avant d’amples preuves de leur attachement à l’URSS, à son gouvernement et à ses représentants à Nyon et à Barcelone, ils ne ménageaient pas non plus leur criques parfois au vitriol contre le PSUC, qui est le Part Communiste de Catalogne, une branche de la Troisième Internationale, entièrement aux ordres de ce même gouvernement de l’URSS. Un paradoxe qui met en évidence l’a tragédie d’une situation où la CNT est obligée de jouer ce double jeu : soutenir simultanément l’URSS et attaquer en même temps son agent espagnol, le PSUC.

Cela pose fatalement la question: A quel moment la CNT et Soli sont-ils sincères? Certes, l’URSS vend son matériel de guerre à l’Espagne. Nous disons ‘vend’ car il a été prouvé que pas un seul kilo d’armes n’a été livré par Staline autrement que contre paiement en espèces…ou en nature. Reproduisons ce que L. V. a écrit à ce sujet dans Le Réveil de Genève:

« Nos amis ont invoqué l’aide de Moscou. Les représentants de Moscou ne peuvent être attaqués d’aucune manière parce que l’aide matérielle de Moscou, face à l’abandon honteux des États démocratiques capitalistes, et, pardessus tout, de la lâcheté du prolétariat de ces pays qui sont trompés par leurs dirigeants, est absolument indispensable si l’on veut garder la moindre chance de vaincre les troupes fascistes! Mais pourquoi ne pas le dire franchement : La Russie nous a envoyé des armes de telle et telle qualité et en telle et telle quantité. En retour, l’Espagne a tout donné, et qui plus est, la direction soviétique à imposé certaines conditions et a formulé certaines exigences en termes de politique intérieure. Pourquoi alors reconnaître l’aide soviétique et ne pas admettre les contreparties imposées par Moscou et acceptées par Valence? Les organisations anarchistes ont été jouées comme des pigeons et ont été les victimes et complices de cette hypocrisie inadmissible. »

En réalité, cette hypocrisie inadmissible continue encore, jour après jour, dans Soli et est exprimée par la politique de flirt de la CNT, à travers laquelle l’URSS les rend complices de la politique dont est en proie la prétendue Espagne « républicaine » et, avant tout, la Catalogne. Nous le demandons encore une fois : quelle attitude la CNT est-elle sincère ? La critique justifiée du PSUC ou l’admiration injustifiée du gouvernement de l’URSS et de ses représentants à l’étranger, Litvinov et Ovseenko? Ou la CNT est-elle sincères dans les deux cas? Ou hypocrite? Ici? Là?

Quelle que soit la réponse apportée par la CNT à ces questions, deux faits restent: le gouvernement de Moscou exploite merveilleusement les silences de la CNT afin de saper ses fondations, en même temps que la CNT est involontairement transformée en un accessoire de la politique anti-révolutionnaire et démocrate-capitaliste que mène continuellement Moscou. La CNT, plongée jusqu’au cou dans un soutien irréfléchi à un gouvernement assassin, soutien payé dans le sang afin d’assurer des livraisons d’armes utilisées dans une guerre qui n’a rien d’anti-fasciste, sera un jour obligée d’arrêter ses attaques contre les communistes espagnols. Parce quil n’existe aucune logique à soutenir un gouvernement tout en étant réticents à soutenir ses représentants politiques.

Nos camarades espagnols pourraient bien rétorquer que leur soutien ne va pas au gouvernement de l’URSS mais au prolétariat russe; que leur participation aux célébrations du vingtième anniversaire de l’URSS ne suppose que leur reconnaissance de la Révolution d’Octobre. Ce qui serait malhonnête. Depuis de nombreuses années, nous n’avons aucunes nouvelles du prolétariat russe (il n’a aucun organe à travers lequel s’exprimer). La reconnaissance de la Révolution d’Octobre, que nous n’avons pas cessé de célébrer depuis 1917, ne demande pas du tout, bien au contraire, une collaboration avec ceux-là même qui ont étranglé cette révolution.

Cette hypocrisie inadmissible doit cesser.Moscou est sur le point de vendre à l’Angleterre à un prix cassé ce qui reste de la révolution espagnole du 19 juillet 1936.

Ne soyons pas complices de cette trahison, à travers le soutien moral que Soli et la CNT accordent aux politiciens staliniens. Le PSUC prend uniquement ses ordres à Moscou. Notre attitude envers Moscou doit être la même. Tous les deux sont à égalité les étrangleurs de la révolution espagnole, nous devons condamner publiquement les deux.


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