1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 30 Avr 2017, 01:40

L’anticapitalisme des anarchistes et anarcho-syndicalistes espagnols des années trente

Première partie
Quand le 21 juillet 1936 à Barcelone, une bonne partie des leaders anarchistes estima que la situation n’était pas favorable à l’application immédiate du communisme libertaire, l’argument des « circonstances » fut constamment invoqué : toute l’Espagne n’était pas libérée des troupes factieuses ; il ne fallait pas effaroucher les démocraties qui pourraient aider la république espagnole ; il fallait avant tout reprendre Saragosse, etc.
Mais la base déjà organisée en comités de quartier et de défense prenait possession de la ville sans attendre la moindre consigne, et mettait en branle le réseau de ravitaillement, l’amélioration des conditions d’existence, l’expropriation des usines et ateliers etc. De la même manière dans les localités rurales, l’appropriation des terres des grands propriétaires suivit logiquement la victoire contre les militaires factieux. Tout ceci représentait la phase préliminaire évidente d’une socialisation prônée par la CNT au congrès de Saragosse en mai 1936.
... https://gimenologues.org/spip.php?article548

Deuxième partie
https://gimenologues.org/spip.php?article549

L’anticapitalisme des anarchistes et anarcho-syndicalistes espagnols des années trente
Chapitre B.
Qu’advint-il du processus révolutionnaire à Barcelone après le 19 juillet 1936 ?
https://gimenologues.org/spip.php?article550
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 09 Mai 2017, 00:37

Verfeil (82) jeudi 11 mai 2017

« Le rêve égalitaire des Barcelone rebelles »

intervention de Myrtille des Giménologues
avec projection de photos

à 20h, à Verfeil (Tarn-et-Garonne) [2]

« Rarement une ville s’est retrouvée aux mains de ses habitants. Barcelone, quelquefois, pas souvent, mais avec une telle intensité que le souvenir de cette aube nouvelle, de cette fête durant des jours et des semaines les obsède encore, eux, pour réessayer, et leurs ennemis, pour les en empêcher. La crainte que ces gens occupent à nouveau leur ville et se prennent en charge eux-mêmes mobilise contre eux tous les partisans de la mort : Capital, État, Église, Armée. Et le désir que cela revienne a maintenu en rébellion la partie la plus décidée et la plus festive de ce peuple et, dans l’attente de cette prochaine tentative, tous les partisans de la vie. [3] »

« Ce qui était remarquable chez eux, malgré toute répression qui leur tombait dessus, c’est la constance avec laquelle ils menaient leurs activités critiques sur tous les plans, sans faire de distinction ni poser de priorité entre la sphère du travail ou de la production, et celle du territoire ou de la reproduction sociale » (ibid.)

Comme Pere Lopez, nous trouvons un grand intérêt à savoir comment les gens du commun ont été capables de faire une révolution sociale. Cet événement ne se produit pas en un jour, il est donc important de parcourir l’itinéraire qu’ils ont suivi pour en arriver à un tel engagement total.

Ce sera l’occasion de souligner la profondeur et le caractère spécifique de la rencontre entre l’anarchisme – et à travers lui le projet communiste libertaire conçu par les rescapés de la Commune de Paris – et les classes populaires espagnoles (quartiers ouvriers de Barcelone, journaliers agricoles andalous…), en révolte contre la mise en place du capitalisme au milieu du XIXe siècle. Nous suivrons quelques étapes du processus révolutionnaire qui déboucha sur le début de sortie du capitalisme de l’été 1936.

Les Giménologues, 29 avril 2017.

[1] Commune proche de Gourdon-Le-Vigan dans le Quercy où se développa la colonie anarchiste espagnole d’Aymare de 1939 à 1967. Il s’agissait d’une exploitation de moins de 120 ha qui jouxtait un château en ruine qui fut achetée par le Mouvement Libertaire Espagnol. Les fonds provenaient essentiellement du CAER-Comité d’Aide à l’Espagne Républicaine, de la SIA et de la CNT. Il s’agissait d’accueillir des réfugiés espagnols concentrés dans les camps français du Barcarès puis du Vernet d’Ariège. Les premiers réfugiés arrivèrent fin juillet-début août 1939. Il y avait 36 hommes établis au Vigan en septembre 1939, voire plus. La plupart étaient aragonais, cénétistes et membres de la 26e division, ex-Colonne Durruti. Beaucoup aient eu l’expérience des collectivités de 1936-1938 et du travail agricole. Voir la suite ici : http://www.autogestion.asso.fr/?p=6778


[2] Pizzas à partir de 18 h 30

[3] Pere López, in https://rastrosderostros.wordpress.com/, auteur du livre Rastros de rostros en un prado rojo (y negro), Virus, Barcelone, 2015.

http://gimenologues.org/spip.php?article718
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 11 Mai 2017, 14:35

Meymac (19), samedi 13 mai 2017

Espagne 36
Du passé faisons notre rage!

Spectacle musical

Des idéaux républicains et libertaires
aux luttes d'aujourd'hui

durée 1h 15 - entrée à prix libre
Salle polyvalente de Meymac (19), avenue du Gaud

https://limoges.demosphere.eu/rv/483
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 12 Mai 2017, 20:12

L’anarchisme d’État et la Commune de Barcelone

L’anarchisme d’État et la Commune de Barcelone
Rapport d’Helmut Rüdiger (décembre 1937)


Éditions Ni patrie ni frontières

Nous ne prétendons pas, dans ce livre, donner des réponses aux nombreuses questions que le passé nous a laissées. Nous espérons toutefois relancer la discussion autour des questions de la prise du pouvoir par la classe ouvrière et du contenu du socialisme après la révolution. Les 17 et 19 juillet 1936, pour contrer le coup d’État franquiste, les prolétaires se saisissent eux-mêmes des armes dans les casernes et les arsenaux. Ils se défendent à Barcelone, à Madrid, dans le nord de l’Espagne, en Aragon, au Levant, en Estrémadure et en Andalousie et conquièrent ainsi le pouvoir de leurs propres mains. Le gouvernement de la République les avait trahis et avait refusé de leur fournir les armes. Une fois victorieux, les travailleurs se trouvent aux côtes de la CNT, maîtres du pouvoir. Ils étaient organisés par cette dernière depuis de très nombreuses années.

Aujourd’hui, de nombreux militants ignorent que les instances dirigeantes de la CNT et de l’AIT justifièrent théoriquement et politiquement leur collaboration avec la bourgeoisie antifranquiste et les staliniens. Les explications cyniques d’Helmut Rüdiger offrent un témoignage saisissant et très actuel sur la façon dont des révolutionnaires décident de tourner leur veste, en arguant toujours de la prétendue « arriération » des prolétaires et de « conditions nationales spécifiques » qui empêchent de mener à bout la révolution sociale.

Ce livre présente plusieurs documents pour mieux comprendre les enjeux de l’anarchisme d’Etat autour du « rapport secret » d’Helmut Rüdiger, document rédigé pour la CNT à l’occasion du congrès de la FAI de 1937 et qui fut finalement traduit et publié en Espagne :
– une introduction d’Agustín Guillamón,
– des extraits importants du rapport lui-même,
– un article de Frank Mintz,
– une contribution d’Agustín Guillamón sur Les Amis de Durruti en France,
– et un témoignage de Hugo Oehler sur l’insurrection de Barcelone en mai 1937.

Michel Olivier



Commentaires

L’anarchisme d’État et la Commune de Barcelone

lire aussi :

Les Giménologues : "L’anticapitalisme des anarchistes et anarcho-syndicalistes espagnols des années trente - "
1 : https://gimenologues.org/spip.php?article548
2 : https://gimenologues.org/spip.php?article549
3 : https://gimenologues.org/spip.php?article550

en pdf : http://gimenologues.org/IMG/pdf/anticap ... _2016w.pdf

émissions avec les giménologues "80 ans après, une histoire de la révolution espagnole (1936-1939) "
http://sortirducapitalisme.fr/153-80-an ... menologues

Michael Seidman
"Ouvriers contre le travail : Barcelone et Paris pendant les fronts populaires" : http://senonevero.communisation.net/1/a ... le-travail
pdf : http://senonevero.communisation.net/IMG ... ravail.pdf

"Pour une histoire de la résistance ouvrière au travail"
http://www.mondialisme.org/spip.php?rubrique84

Carlos Semprún Maura : "Révolution et contre-révolution en Catalogne : Socialistes, communistes, anarchistes et syndicalistes contre les collectivisations"

introduction : http://les.nuits.rouges.free.fr/spip.php?article16

le livre pdf en espagnol : http://www.bsolot.info/wp-content/uploa ... C3%B1a.pdf

"Ni Dios, ni amo, ni CNT "
livre pdf en espagnol : https://docs.google.com/open?id=0B0uNIO ... FhUZ19Hb2c


http://bxl.indymedia.org/spip.php?article14223
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 13 Mai 2017, 15:22

Paris mardi 16 mai 2017

Projection débat « Land and Freedom. »
Un film de Ken Loach

Le 16 mai, l'association 24 août 1944, vous invite à assister à la projection du film de Ken Loach Land and Freedom (Tierra y Libertad) enfin de rappeler les événements dramatiques pour l'avenir de l'Espagne de mai 37 à Barcelone et l'épuration voulue par Staline qui a abouti à l'assassinat des dirigeants du POUM et de révolutionnaires anarchistes.

En présence
• d'Edgar Morin, philosophe et résistant, proche de Wilebaldo Solano, dirigeant du POUM ;
• Cristina Simó, et Silvia Ortiz deux des petites-filles d'Andrès Nin, dirigeant du POUM assassiné en Espagne, sur l'ordre de Staline ;
• et Frédéric Pierrot, acteur du film.

En juillet 1936, c'est par idéalisme que David, un jeune chômeur anglais, quitte Liverpool et sa fiancée pour s'engager dans les rangs des internationaux qui rejoignent les antifascistes, révolutionnaires espagnols.

« La filière britannique est organisée par le POUM, David va se retrouver dans une de ses milices. Le POUM est un petit parti bien décidé à imposer la révolution active comme antidote au fascisme menaçant. Mais Staline ne l'entend pas de cette oreille. Le Petit Père des peuples a besoin de respectabilité et redoute que ces thèses extrémistes effraient les grandes puissances. Il s'agit donc d'isoler puis d'éliminer les milices du POUM. Il va y réussir très bien, les accusant, d'abord, d'être des traîtres trotskistes, puis, carrément, des agents de Franco. Ecoeurés, les militants du POUM rendront les armes et rentreront dans le rang ou se feront tuer. » (Extraits de l'article de Cécile Mury, Télérama 02/05/2015)

Cette politique menée par le Kommintern en Espagne, orchestrée par Staline mène aux funestes événements de mai 37 à Barcelone où militants anarchistes de la CNT et militants du POUM vont lutter au coude à coude contre la répression exercée par la police républicaine aux mains des staliniens. S'en suivront des disparitions et exécutions en série de révolutionnaires espagnols.

Land and freedom rend compte de cet engagement sans précédent pour une révolution sociale et de ces déchirements.

Mardi 16 mai 2017 à 18h
à l'Auditorium de l'Hôtel de ville, 5 rue Lobau, Paris 4e
Durée : 109 mn. Production : Diaphana films

Entrée libre, dans la limite des places disponibles.
Réservation obligatoire auprès de l'association 24 Août 1944 :
24aout1944@gmail.com ou par téléphone : 06 51 72 86 18 ou 06 12 25 52 85
Nous vous demandons d'arriver à 17h30 /17h45 car nous commencerons à 18h précises
afin de bénéficier d'un temps assez long pour le débat avec nos invités, après la projection.

Image

http://www.24-aout-1944.org/TIERRA-Y-LI ... ND-FREEDOM
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 14 Mai 2017, 23:49

Rencontre avec les Giménologues • Ganges

Bibliothèque Les mots du siècle • Vendredi 19 mai 2017 • 19 h

Image

http://gimenologues.org/spip.php?article721




Retour de la colonne Durruti dans les Cévennes

Causerie giménologique à St Jean du Gard • 20 mai 2017 • 19 h

Causerie giménologique à St Jean du Gard
Le 20 mai à 19 heures
agrémentée de projection de photos

http://gimenologues.org/spip.php?article720
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 18 Mai 2017, 20:49

Montpellier, lundi 22 Mai 2017

Présentation des communes libertaires en Espagne, de 1936 à 1938

Lundi 22 Mai 2017 à 19 h 30 à Montpellier
Salle Guillaume De Nogaret - Espace Pitot Mirouze

À l’invitation du collectif « Semaine de la Démocratie 2017 » Myrtille, giménologue, abordera quelques aspects de l’expérience communiste libertaire en Espagne (1936-1938) et mettra à disposition son livre Les chemins du communisme libertaire avant sa sortie en librairie.

http://gimenologues.org/spip.php?article722
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 28 Mai 2017, 16:38

Montpellier mardi 30 mai 2017

Projection de "Vivre l'utopie - ils ont réalisé l'anarchisme"

Vivre l'utopie (1997, 95 minutes) retrace, à travers images et témoignages, l'histoire de la révolution espagnole et de l'application concrète de l'autogestion par plusieurs millions de personnes.

à 19h, Maison des étudiants
Bâtiment 34, Fac de sciences, 2 place Eugène Bataillon, Montpellier

Le film sera suivi d'une discussion.

"A côté de ce fait historique transcendant dans l'histoire de l'humanité, la Commune de Paris, qui a suscité tant d'intérêt, tant d'écrits, d'études et d'essais, apparaît comme un événement mineur."

"Car, sur une très large échelle, la révolution espagnole a réalisé le communisme libertaire. En Espagne, pendant près de trois ans, plus de 60 % des terres ont été cultivées sans patrons, ni propriétaires, sans administrateurs tout-puissants, sans que l'intérêt privé et la concurrence soient nécessaires pour stimuler les efforts et les initiatives.

Chacune des collectivités, des réalisations sociales de l'Espagne libertaire mériterait un volume ; et la révolution espagnole en mériterait des dizaines. Ces volumes n'ont pas été écrits, et vraisemblablement ne le seront pas. Car les créateurs de ce monde nouveau étaient des ouvriers, des paysans, plus aptes à manier les outils que la plume, et se préoccupant plus de faire l'histoire que de l'écrire."
(Gaston Leval, extraits de Espagne libertaire 1936-1939)

https://www.facebook.com/events/414378312277324/
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 01 Juin 2017, 15:59

Radio : Les révolutionnaires parisiens, acteurs, soutiens et critiques de l’Espagne révolutionnaire (1936-1939)

Une histoire de l’action, du soutien et des critiques des révolutionnaires parisien-ne-s (1936-1939), autour de l’ouvrage La Révolution défaite. Les groupements révolutionnaires parisiens face à la révolution espagnole (Noir et rouge, 2013) – avec l’auteur, Daniel Aiache, historien.

Avec une présentation de l’ouvrage – motivé par une critique de l’histoire officielle de l’antifascisme (des staliniens comme des bureaucrates anarcho-syndicalistes) et son effacement de la mémoire –, des différents courants révolutionnaires (surtout libertaires) parisiens de l’époque (Union Anarchiste, Fédération anarchiste francophone, CGT – Syndicaliste révolutionnaire, surréalistes, trotskystes) et des stratégies promues par des libertaires parisiens (proclamer l’indépendance du Maroc espagnol, s’approvisionner directement en armes sans l’intermédiaire de l’URSS stalinienne). Avec également une discussion critique des « purges » de la CNT (démission forcée du président de l’Internationale anarchiste [AIT], purge des comités de soutien de tout élément critique, arrêt du journal L’Espagne antifasciste en raison de ses critiques d’une collaboration contre-révolutionnaire de la CNT avec l’antifascisme républico-stalinien). Avec enfin une évocation des critiques dès 1937-1938 de Charles Ridel (Louis-Mercier Véga) et d’autres parisiens au sujet de l’évolution raciste, nationaliste, travailliste, altercapitaliste de la CNT, évolution analysée comme défaut interne de l’anarcho-syndicalisme (bureaucratisation, organe de gestion du capitalisme). Et un petit aparté de critique du courant « pacifiste » français [1 heure].

à écouter : http://sortirducapitalisme.fr/218-les-r ... -1936-1939
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 03 Juin 2017, 16:49

Les chemins du communisme libertaire en Espagne 1868-1937

Après avoir retracé les moments forts de la rencontre entre l’Espagne et l’anarchisme au temps de l’AIT, l’auteure aborde dans ce premier tome les « deux manières d’interpréter le sens de la vie et les formes de l’économie post-révolutionnaire » qui s’agitaient au coeur même de la CNT avant le 19 juillet 1936. Il y a encore et toujours des enseignements à tirer de ce moment historique où certains proclamèrent l’abolition du salariat, préalable incontournable à tout projet communiste libertaire.

Nous publions ici les "bonnes feuilles" de cet ouvrage à paraître cette semaines aux éditions Divergences.

... https://lundi.am/Les-chemins-du-communi ... e1868-1937
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 06 Juin 2017, 08:17

Radio : Et l’anarchisme devint espagnol (1868-1910) – avec Myrtille des Giménologues

Une histoire de l’anarchisme, du communisme libertaire et des luttes des classes populaires d’Espagne, autour de Les chemins du communisme libertaire en Espagne (1868-1937). Et l’anarchisme devint espagnol (1868-1910) (éditions Divergences, 2017) – avec l’auteure, Myrtille des Giménologues.

Une histoire des résistances populaires (grèves, émeutes, sabotages, insurrections, rétorsions) au capitalisme naissant et à la violence de l’État (la Guardia civil, ses meurtres et ses tortures) et des classes dominantes en Espagne au 19ème siècle, avec une mention de la grève générale de 1855, de la répression républicaine du soulèvement d’Alcoy de 1873 et de la clandestinité de 1874-1881, étapes d’une véritable guerre des classes entre une partie anti-capitaliste, anti-étatiste, anti-politique et anti-cléricale des classes populaires et des classes dominantes (monarchie, grands propriétaires, Église, armée, patrons) se refusant à toute réforme. Une histoire également de la rencontre d’une partie des classes populaires d’Espagne avec l’anarchisme (artisans ou ouvriers catalans allant progressivement vers un syndicalisme anarchiste, ouvriers agricoles d’Andalousie s’organisant comme groupes d’affinités clandestins « intransigeants »), de la fondation de la FRE (Fédération régionale espagnole, section de l’Internationale anti-autoritaire) et de la « propagande par le fait » comme réponse à la violence de l’État et des classes dominantes. Une histoire, en outre, de l’Internationale anti-autoritaire (scission de l’Internationale de 1872), de l’élaboration du communisme libertaire (« de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins », sans répartition « collectiviste » des produits de l’activité productive en fonction du temps de travail) comme projet révolutionnaire par des exilés de la Commune de Paris (Reclus, Kropotkine) et d’autres (Malatesta, Cafiero, etc.) et de l’adoption progressive de ce projet au sein des fédérations anarchistes du monde entier. Une histoire, enfin, des luttes de quartiers de Barcelone, de la répression de l’anarchisme au cours des années 1890-1900, du soulèvement populaire de Barcelone de 1909 (et sa répression féroce) et enfin de la fondation de la CNT (centrale syndicale « anarchiste ») en 1910.

On retrouvera davantage d’éléments d’histoire de l’anarchisme, du communisme libertaire et des luttes des classes populaires d’Espagne dans Et l’anarchisme devint espagnol (éditions Divergences, 2017).

Emission à écouter : http://sortirducapitalisme.fr/219-et-l- ... menologues
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 07 Juin 2017, 00:23

Nancy vendredi 9 juin 2017

L’autogestion dans l’Espagne libertaire de 1936

Le 9 juin à 19 heures, à la MJC des Trois-Maisons, 12, rue de Fontenoy, à Nancy.

Le CCAN, la CNT Interco 54 et l’AL 54 organisent une conférence de Franck Mintz le vendredi 9 juin à 19h à l’ancienne école de la MJC des Trois-Maisons (12 rue de Fontenoy à Nancy) sur le thème de l’autogestion libertaire pendant la révolution espagnole de 1936.

Une projection documentaire introduira la conférence, qui sera suivi d’un débat, puis du vernissage d’une exposition avec auberge espagnole.

Image

http://www.alternativelibertaire.org/?L ... re-de-1936
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 09 Juin 2017, 07:42

Paris dimanche 11 juin 2017

La Révolution espagnole

Cycle sur la démocratie directe

Avec les années 1920 et la croissance vertigineuse de la CNT, l’Espagne est devenue l’épicentre de l’anarchisme dans le monde. Très rapidement après l’avènement de la IIe République, elle lance des tentatives insurrectionnelles.En juillet 1936, la tentative de coup d’État militaire de Franco est stoppée par la réaction populaire. Les anarchistes, prennent la tête du combat antifasciste et de la Révolution espagnole. Quelle organisation a été mise en place ? Quelles ont été les formes d’autogestion ? Comment concilier discipline militaire et démocratie ?

15h30 à 18h30, au local fédéral d’AL - 92 rue d’Aubervilliers (Paris 19e)

http://alternativelibertaire.org/?Cycle ... -Paris-19e
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 19 Juin 2017, 06:24

Bordeaux, mardi 20 juin 2017

"les chemins du communisme libertaire en Espagne"

Présentation du livre « Les chemins du communisme libertaire en Espagne » en présence de l'auteure.

à 20h, Athénée Libertaire, 7 rue du Muguet, Bordeaux

Image

Sans doute l'Espagne sera-t-elle le théâtre de la prochaine révolution en Europe. […] Vu qu'en aucun autre pays d'Europe n'existe un mouvement communiste libertaire de l'importance de celle du mouvement espagnol, [ce dernier] porte toute la responsabilité de l'histoire future du continent. […] C'est dans l'anarchisme espagnol que bat le cœur même de l'Espagne.

Organisé par le collectif libertaire de Gironde

http://gimenologues.org/spip.php?article726
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 22 Juin 2017, 21:39

1937 : En Espagne, la contre-révolution triomphante

La révolution espagnole avait bien commencé, mais dès 1937, sous l’impact des coups staliniens comme des erreurs des anarchistes, elle recule.

La révolution espagnole de 1936 constitue une page, voire la plus importante page, de l’histoire de notre courant, avec la mise en pratique de masse de notre idéal communiste libertaire. Cette dynamique créatrice est, hélas, empêchée puis stoppée à partir de décembre 1937.

Le recul du processus révolutionnaire est dû à des causes externes (l’avancée des armées franquistes) mais aussi à des causes internes au camp antifasciste : le poids du stalinisme d’une part, les hésitations et les erreurs stratégiques des révolutionnaires de l’autre.

Et si l’œuvre sociale de cette révolution, comme l’idée de combattre les armes à la main le fascisme, font partie de l’« héroïque patrimoine » du mouvement libertaire international, il n’en est pas de même des prises de positions politiques de la Direction de la CNT-FAI. Nous touchons là l’aspect le plus sensible de cette révolution. Car il s’agit de comprendre et analyser les raisons de son échec, y compris en passant au crible la responsabilité évidente de certains secteurs se réclamant de nos idéaux.

Staline et la leçon allemande

Premier, et principal élément, le rôle joué par l’URSS et le Parti communiste espagnol qui seront à l’avant garde de cette contre-révolution.

Pour l’URSS de Staline, et en lien avec la nouvelle politique de l’Internationale communiste, le Komintern, l’idée est de promouvoir des politiques de Front populaire et une politique de conciliation avec l’aide progressiste de la bourgeoisie, en priorité les partis socialistes.

En cela, cette tactique de Front populaire prend le contre-pied absolu de la période offensive « classe contre classe » (1928-1933) qui avait justement déterminé une attitude très sectaire des PC à l’égard des socialistes.

C’est qu’aux yeux des Soviétiques, le danger a changé de nature : l’Europe brune menace directement la « patrie du socialisme ». L’élément fondamental qui fait évoluer la politique internationale de l’URSS et du Komintern est l’exemple allemand. C’est en effet en Allemagne que la tactique « classe contre classe » est poussée à l’extrême.

Profitant de la crise politique et sociale, le Parti communiste allemand (le KPD) obtient 6 millions de voix aux élections de 1932. Ce succès électoral conduit le KPD à deux conclusions : dès lors que la lutte pour l’instauration d’un régime communiste est à l’ordre du jour, il faut considérer toutes les forces qui en sont l’adversaire comme un bloc de la bourgeoisie. En soutenant que face au danger fasciste et à Hitler, le KPD est la seule alternative, les socialistes, opposés à la révolution prolétarienne, sont considérés comme des ennemis au même titre que les autres factions de la bourgeoisie. Les socialistes sont qualifiés de « socio-fascistes ».

Cette tactique sera maintenue jusqu’à l’avènement d’Hitler au pouvoir. Sur la base de l’échec de cette politique qui a, finalement, facilité la prise de pouvoir d’Hitler, Staline et le Komintern lui préférèrent désormais la tactique de Front populaire.

La lutte antifasciste devient désormais la priorité du Komintern, à l’heure où les visées expansionnistes à l’Ouest de l’Allemagne et à l’Est du Japon, menacent l’intégrité territoriale de l’Union soviétique. D’où désormais une politique faite de modération et de conciliation avec la social-­démocratie.

Un autre facteur, enfin, nourrit les craintes de Staline : la révolution en Espagne représente un danger car son essence est une alternative antiautoritaire de rupture avec le capitalisme. Un modèle, encore, que tout oppose au « communisme de caserne » de l’URSS du Petit Père des peuples, où le GPU, les purges, la domestication des syndicats et les Goulags ont définitivement tué tout idéal révolutionnaire.

Un problème de taille se pose pourtant pour le Kremlin. S’il veut intervenir en terre d’Espagne, et contrecarrer cette influence révolutionnaire, il se doit de compter sur une organisation capable de mettre en pratique ses plans. Or cette organisation n’existe pas ou peu. L’histoire du Parti communiste espagnol (PCE), avant juillet 1936, est celle d’un parti sans influence, sans implantation ­réelle exception faite aux Asturies et à Séville. Un anonyme adhérent du PCE, auteur d’une Historia del partido comunista, révélait que celui-ci comptait à peine « 800 militants en 1931 ».

Au cours de la guerre civile, son poids ne cesse, néanmoins, de grandir et ce pour plusieurs raisons. En Catalogne, il fusionne, à son profit, avec les socialistes catalans pour fonder le Parti socialiste unifié catalan (PSUC). Mais c’est surtout l’aide soviétique (militaire et alimentaire) à la République espagnole dans sa lutte contre le fascisme qui accroîtra son prestige.

Une aide soviétique qui n’est pas totalement désintéressée : L’URSS se fait livrer au préalable 500 tonnes d’or de la Banque d’Espagne, à la suite d’accords secrets entre le premier ministre Largo Caballero et le représentant russe en Espagne [1].

Usant de ce poids et du soutien du grand frère russe, les staliniens espagnols, secondés par des « conseillers politiques » russes (Osvenko, Rosenberg) mettront tout en œuvre pour contrer l’influence des révolutionnaires. Ils tissent habilement leur toile. Et rapidement, l’armée, la police, les services de renseignement (SIM) sont tous sous contrôle communiste.

Dans le même temps, le PCE gagne de nouveaux militants et nouvelles militantes. La révolution et ses réalisations font, en effet, de nombreux mécontents, parmi les classes moyennes en particulier. Le PCE sera leur Parti. Le programme des staliniens espagnols est des plus modérés, et le PC se fait le champion de la défense de la propriété privée. Des boutiquiers, une partie de l’intelligentsia, des employé.es et des républicains bourgeois adhèrent au Parti communiste.

Le PCE est, désormais, en position de force pour s’attaquer aux acquis révolutionnaires. La Pravda, le journal officiel du PC soviétique annonce le 16 décembre 1936 : « En Catalogne, l’élimination des trotskistes et des anarcho-syndicalistes est commencée ; elle sera menée avec la même énergie qu’en URSS. »

Participation gouvernementale

Dans les faits, Andres Nin, leader du POUM, parti marxiste antiautoritaire, et l’anarchiste italien Camilo Berneri, seront ainsi retrou­vés morts après avoir été torturés aux lendemains de la semaine des barricades à Barcelone en mai 1937. Bientôt le POUM sera déclaré officiellement illégal. D’autres militantes et militants anarchistes et du POUM seront, par la suite, liquidé.es. Au niveau institutionnel, le PCE est à l’avant garde de toutes les mesures qui visent à réduire les acquis révolutionnaires.

Si, dans le recul du processus révolutionnaire, le rôle du PCE et de Staline sont incontestables, un autre facteur a trait aux erreurs stratégiques qui seront commises par les révolutionnaires eux-mêmes (la CNT et le POUM en particulier). En acceptant de participer aux gouvernements républicains, les dirigeants et dirigeantes de ces organisations se rendront complices des reculs révolutionnaires. En effet, la participation gouvernementale de la CNT-FAI aux gouvernements de la Generalitat de Catalogne et de Madrid, en octobre et novembre 1936, est lourde de conséquences.

Pour les libertaires espagnols, il s’agit ponctuellement d’adhérer au Front populaire antifasciste le temps de battre les armées de Franco. L’historien libertaire espagnol César Lorenzo résume l’argumentaire de la « thèse circonstancialiste » défendue par une écrasante majorité des membres éminents de la CNT-FAI.

Cette « thèse circonstancialiste », comme son nom l’indique, défend l’idée que des circonstances particulières justifient une politique particulière. Elle servira à justifier l’entrée au gouvernement de Madrid de quatre membres de la CNT. César Lorenzo, dans son ouvrage Les Anarchistes espagnols et le Pouvoir écrit :

« Le gouvernement et les partis commençaient leur grande offensive contre la CNT. Avec patience, ils reconstituaient l’État, une armée classique. En même temps, ils n’apportaient aucune aide financière aux collectivités industrielles ou agraires, les laissant dépérir par manque de capitaux. Ils gênaient les opérations commerciales en rendant difficiles leurs relations avec l’étranger, en bloquant leurs importations et exportations par une habile répartition des licences. En même temps, ils refusaient systématiquement les armes aux colonnes de la CNT… Ainsi, jour après jour, les milices libertaires s’affaiblissaient par rapport aux milices sous commandement communiste, jour après jour, l’économie collectivisée risquait de succomber par asphyxie. La CNT se trouvait dans une situation intenable : elle n’avait pu détruire le pouvoir ni pu s’en emparer ; elle coexistait avec le pouvoir, mais cette existence devenait une véritable guerre qui ne cesserait qu’avec la disparition de l’un d’entre eux. Comme il ­n’était pas possible de vaincre le pouvoir, la CNT était condamnée à la défaite. Une seule issue demeurait pour les anarchistes : partager le pouvoir, entrer dans l’État, pour l’empêcher de tout dévorer, participer au gouvernement pour protéger les collectivités au moyen de la légalité et de l’autorité républicaines. En un mot se fondre dans la machine étatique pour l’empêcher de l’intérieur de tout broyer, pour la freiner au moins. »

Pour les dirigeantes et dirigeants de la CNT-FAI, la révolution sociale, qui est avant tout le fait de la base de la CNT et en partie celle de l’UGT, le syndicat socialiste, devient secondaire. La priorité reste de vaincre le fascisme selon l’expression : « Sacrificamos a todo menos la victoria » (« Nous sacrifions tout sauf la victoire »). Ils et elles ont la conviction que la victoire contre Franco est inéluctable. La révolution est simplement remise à plus tard par stratégie.

Capitulations des « camarades-ministres »

En tant que communistes libertaires en 2017, un peu plus de 80 ans après des événements que l’on n’a pas vécus, il peut sembler facile de porter un regard critique. Néanmoins, on peut, car les faits historiques nous donnent raison, estimer que cette voie « circonstancialiste » a échoué, et ce à un double niveau.

La constitution d’un Front populaire antifasciste, dans la perspective de faire de la victoire une priorité, a failli. En mars 1939, malgré le sacrifice de la révolution sociale, malgré l’unité étatique de tous les antifascistes, malgré l’aide soviétique, c’est le bruit des bottes des armées franquistes rentrant à Madrid qui symbolise la fin de cet espoir de vie meilleure pour les exploité.es d’Espagne.

La participation gouvernementale, conçue comme le meilleur moyen de contrôler les velléités contre-révolutionnaires des « partenaires » républicains, a été un échec. Les « camarades-ministres » n’ont rien contrôlé. Par leurs seules présences dans les cabinets ministériels, leurs appels répétés au calme et à la responsabilité lors des heures cruciales de la révolution, ils et elles se sont rendu.es complices des reculs. En particulier, au moment de la dissolution du comité des milices antifascistes, véritable garantie du pouvoir armé du peuple. Puis lors de la destruction des différentes institutions révolutionnaires…

Comme, enfin, au cours des événements en mai 1937 à Barcelone, quand la base de la CNT se révolte contre le poids du stalinisme, que des barricades se dressent comme en juillet 1936, la direction de la CNT se rend coupable de capitulations politiques aux conséquences dramatiques. Sur les ondes de radio Barcelone, Garcia Oliver, militant historique du mouvement libertaire ibérique et ministre de la Justice, somme, notamment, ses camarades de quitter les barricades et de fraterniser avec l’ennemi stalinien. Il dénonce ceux et celles qui résistent et n’hésite pas les traiter d’irresponsables à la solde de Franco.

Certains secteurs de la CNT, défendront, malgré le chantage des instances dirigeantes de la CNT-FAI, une ligne dure et l’idée d’une rupture radicale avec les différentes composantes républicaines. On retrouve ces secteurs, en premier lieu, au sein des Jeunesses libertaires, mais aussi au sein de certaines milices libertaires qui combattent sur le front d’Aragon. C’est le cas, par exemple, de la colonne de fer. Le secteur oppositionnel, néanmoins, le plus connu se retrouve autour du groupe Les Amis de Durruti, en référence au mythique leader libertaire.

Dans un tract, ces derniers proclament : « L’esprit révolutionnaire et anarchiste du 19 juillet a été mystifié... La CNT et la FAI qui, pendant les premiers jours de juillet, étaient ceux qui exprimaient le mieux le sens révolutionnaire et l’énergie potentielle dans la rue, se trouvent aujourd’hui être dans une situation diminuée pour ne pas avoir su donner toute sa valeur à leur personnalité pendant les journées ci-dessus évoquées. Nous avons accepté la collaboration sur un plan minoritaire tandis que notre force dans la rue a une grande valeur majoritaire. Nous avons renforcé les représentants d’une petite bourgeoisie décrépite et contre-révolutionnaire. En aucune façon nous ne pouvons tolérer que la révolution soit ajournée jusqu’à la fin du conflit militaire. Travailleurs, n’abandonnons pas la rue. Junte révolutionnaire. Exécution des coupables. Désarmement des corps armés. Socialisation de l’économie. Dissolution des partis politiques qui ont agressé la classe ouvrière. Nous saluons les camarades du POUM (Parti ouvrier d’unité marxiste) qui ont fraternisé avec nous dans la rue. Vive la révolution sociale. »

Ces différents secteurs critiques seront, hélas, bâillonnés, par la direction de la CNT-FAI, qui n’hésitera pas à exclure ces empêcheurs et empêcheuses de tourner en rond. Réalité violente qui pose, en substance, aussi un autre problème de fond. La CNT, organisation libertaire, censée développer un fonctionnement autogestionnaire et horizontal, finit par reproduire un fonctionnement autoritaire et vertical avec une bureaucratie et une direction qui décide toute seule, et exclut les opposantes et opposants.

L’enseignement de cette révolution espagnole, si l’on doit en retirer quelque chose : c’est qu’en situation révolutionnaire, ne pas rompre avec le vieux monde et ses institutions est lourd de conséquences. Notamment, quand cette absence de rupture se matérialise par l’alliance des forces révolutionnaires et des défenseurs de l’ordre républicain. Alliance interclassiste, elle ne pouvait que mettre, en danger le devenir même de la révolution sociale.

Un débat d’actualité, en ces heures de campagne électorale. Un débat qui nous rappelle, encore, que la seule et unique alternative, comme le défendait Cornelius Castoriadis, demeure, hier, aujourd’hui comme demain : « Socialisme ou barbarie ».

Jérémie Berthuin (AL Gard)


[1] Une partie de cet or sera utilisée d’ailleurs pour construire le pharaonique siège du PCF à Paris, métro Colonel-Fabien, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il a servi à financer, aussi, et dès 1936, le quotidien communiste Ce soir, dirigé par le poète Louis Aragon.

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