1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 03 Fév 2017, 12:46

Les voix de la CNT-FAI

Nous relayons cet intéressant article de Guillaume Goutte sur quelques aspects peu connus de la propagande anarcho-syndicaliste en Espagne pendant la guerre, où la participation des étrangers joua un rôle non négligeable.

Si pendant la révolution espagnole de 1936-1939 le nombre de journaux et de revues liés au mouvement anarcho-syndicaliste fut important, l’écrit n’était pour autant pas le seul support de communication des organisations libertaires. Outre les meetings et autres rencontres, l’outil radiophonique fut également exploité via la création, dès juillet 1936, de deux radios anarchistes : ECN 1 - Radio CNT-FAI [1] à Barcelone et EAJ-39, dans une localité non loin de la capitale catalane.

Radio CNT-FAI
Dès le début de la guerre en juillet 1936, le mouvement anarcho-syndicaliste espagnol fit de la propagande en direction de l’international un aspect primordial de sa stratégie. Face à des médias bourgeois muets ou malhonnêtes, il se devait en effet de faire valoir d’autres points de vue sur les événements en cours en Espagne. Outil de propagande par excellence – bien que pas seulement – Radio CNT-FAI ne pouvait donc échapper à cette logique et se devait, dès le départ, d’émettre le plus largement possible. Et c’est ce qu’elle fit, en émettant sur deux longueurs d’ondes différentes – l’onde courte 42,88 MHz (fréquence 6 995’1 Kcs) et l’onde normale 222,55 MHz (fréquence 1 348 Kcs) – qui lui permirent de couvrir à la fois toute l’Espagne et une partie de l’Europe.
Cette large couverture « obligea » la radio à diffuser des émissions en plusieurs langues, et ce d’autant qu’elle souhaitait offrir des espaces radiophoniques aux militants étrangers venus rejoindre les milices pour combattre les franquistes et vivre la révolution. Avec des émissions en français, en anglais, en allemand, en italien, en russe, en espéranto et, bien sûr, en espagnol (la majorité), ce fut un beau bouquet de langues qui s’exprima à travers les micros des studios de Barcelone ; à tel point d’ailleurs que les bureaux de propagande de la CNT-FAI avaient soin de préciser, sur chaque programme radio de la journée, la langue dans laquelle se faisait l’émission.
Œuvre de l’organisation anarcho-syndicaliste, Radio CNT-FAI portait un contenu essentiellement politique. Elle diffusait des communiqués officiels de la CNT et des autres organisations du mouvement libertaire (FAI et FIJL), relayait les parutions de la presse (le journal Solidaridad Obrera était systématiquement lu à l’antenne), et donnait régulièrement des informations sur la situation des fronts et des expériences révolutionnaires. Elle permettait aussi l’expression régulière des militants, et certains discours marquèrent l’histoire de la radio tel celui prononcé par Buenaventura Durruti, le 5 novembre 1936, pour manifester son refus de la militarisation des milices, et répondre aux calomnies que les staliniens répandaient à leur sujet : « Si cette militarisation décrétée par la Généralité [instance de gouvernement de la Catalogne] est faite pour nous intimider et nous imposer une discipline de fer, on se trompe, et nous invitons les auteurs du décret à monter au front pour se rendre compte de notre moral et de notre discipline ; ensuite nous viendrons les comparer avec le moral et la discipline de l’arrière. »
C’est aussi sur Radio CNT-FAI que fut prononcé, en novembre 1936, le bel hommage à Durruti rédigé par l’anarcho-syndicaliste allemand Carl Einstein [1] .
Pour autant, et à l’instar de la plupart des journaux libertaires de l’époque, Radio CNT-FAI accordait aussi une place non négligeable à des émissions moins strictement militantes, plus en lien avec la culture et les questions de société : littérature, spectacle, musique, sexualité, etc.

Pour avoir une idée du contenu diffusé, voici le programme de la journée du samedi 5 décembre 1936, d’après une plaquette réalisée et diffusée par les bureaux de propagande de la CNT-FAI :

« À 17 h 00 – Les hymnes Hijos del Pueblo et A las barricadas.

À 17 h 10 – Édition parlée de Solidaridad Obrera. Informations télégraphiques et téléphoniques directes des divers fronts antifascistes. En castillan.

À 17 h 45 – Musiques variées.

À 18 h 00 – Informations télégraphiques et téléphoniques directes des divers fronts antifascistes. En catalan.

À 18 h 30 – Information organique confédérale. Assemblées, appels, brèves, avis et communiqués.

À 19 h 00 – Notre compagnon, le docteur Rosell Ganz, du Syndicat unique de la santé, dissertera sur le thème « défense contre les gaz asphyxiants ».

À 19 h 30 – Une compagne de l’Athénée encyclopédique Toujours-plus-loin lancera un appel à toutes les femmes de Catalogne et d’Espagne.

À 20 h 00 – Informations télégraphiques et téléphoniques directes des divers fronts antifascistes et de l’étranger. Nouvelles de la dernière heure. En castillan et catalan.

À 20 h 30 – Information organique confédérale. Assemblées, appels, brèves, avis et communiqués.

À 21 h 00 – Rapport de guerre. En différentes langues étrangères.

À 21 h 15 – Lecture d’articles. En castillan et catalan.

À 22 h 00 – Français.

À 22 h 30 – Anglais.

À 23 h 00 – Italien.

À 23 h 30 – Espéranto. »

Étant donné l’éclectisme linguistique, bon nombre d’animateurs de Radio CNT-FAI n’étaient pas d’origine espagnole. Parmi les plus célèbres, nous pouvons citer, entre autres, l’anarchiste italien Camillo Berneri. Arrivé en Espagne peu après le début du soulèvement en 1936, il fonda, avec le socialiste Carlo Rosselli, une section de miliciens italiens rattachée à la colonne Ascaso [2] . Après plusieurs combats – dont les plus importants furent sans doute ceux de « Monte Pelato » le 28 août, et de Huesca le 3 septembre 1936 –, il « délaissa » le front – notamment à cause d’une myopie [3] qui ne faisait pas de lui le plus efficace des miliciens – pour se consacrer davantage à la diffusion de la propagande et de l’information. Outre la publication du journal Guerra di classe, il intervenait très régulièrement sur Radio CNT-FAI dans des émissions en italien destinées à informer ses « compatriotes » de l’évolution de la guerre et de la révolution. Certains militants anarchistes français – notamment Gaston Leval et Lucien Haussard [4] – intervinrent aussi régulièrement.

Radio EAJ-39
Outre Radio CNT-FAI, le mouvement anarcho-syndicaliste espagnol disposait d’autres radios. C’est le cas, notamment, de la radio EAJ-39, développée par des militants de Badalona, une ville de la banlieue de la capitale catalane. Ses studios étaient installés au siège de la Fédération locale de la CNT et ses animateurs étaient désignés dans les assemblées du syndicat. Si sa couverture géographique était bien plus restreinte que celle de Radio CNT-FAI, EAJ-39 émettait tout de même dans une grande partie de la Catalogne. Le matériel utilisé était celui de la radio commerciale locale d’avant-guerre – Radio Badalona –, réquisitionné par le peuple insurgé après le putsch de juillet.
Au niveau contenu, EAJ-39 relayait, à l’instar de sa consœur de Barcelone, les communiqués officiels et la presse des organisations du mouvement anarchiste espagnol. Mais elle se faisait aussi, et surtout, l’écho de la situation locale et, pour cette raison, elle rencontra un auditoire très important dans la ville d’où elle émettait. C’est aussi ce qui lui permit de se distinguer un peu de Radio CNT-FAI.

Les voix se taisent
La radio EAJ-39 fut la première à être réduite au silence. Toutefois, la répression qui l’obligea à se taire ne vint pas du camp franquiste, mais des communistes staliniens qui, en mai 1937, entreprirent de discréditer et de liquider physiquement les anarcho-syndicalistes. Voici ce que confiait un animateur de la radio dans un témoignage cité par le Magazine libertaire numéro 7 (qui consacrait alors un petit article à ces deux radios) :
« Lors de la contre-révolution bolchevique de mai 1937, j’étais au micro lorsque la police en armes vint saisir notre radio. Il faut bien dire qu’aucune mesure défensive n’avait été envisagée… En réponse à cette agression, un réseau de haut-parleurs qui avait été préalablement installé dans tous les quartiers de la ville nous permit, pendant un certain temps, de continuer à émettre : les gens se regroupaient autour des haut-parleurs pour écouter nos communiqués. C’est sans doute ce qui provoqua une nouvelle intervention policière sous un prétexte fallacieux. Cette fois, les choses faillirent tourner très mal car la foule, les femmes notamment, s’en prirent aux “forces du désordre” avec une rare violence. »
Quand ce ne sont pas les communistes qui bâillonnent, ce sont les fascistes. Et ce sont eux qui, à leur tour, firent taire Radio CNT-FAI lorsqu’ils prirent Barcelone au début de l’année 1939. Pour autant, téméraires et bien décidés à conserver la présence d’une voix antifranquiste et libertaire sur les ondes espagnoles, la CNT entreprit, peu après l’exil, d’installer une nouvelle radio en France, d’abord à Mont-Louis, puis à Cahors [5] . Elle émit pendant un certain temps vers l’Espagne franquiste jusqu’à ce que la gendarmerie française se charge de lui clouer le bec…
Dernière expérience radiophonique de l’exil libertaire espagnol en direction de l’Espagne franquiste, Radio Liberación – fondée par des militants de Frente Libertario, dissidence de la CNT officielle – fut aussi la première du renouveau libertaire des années suivant la mort de Franco. D’avril à décembre 1976, chaque dimanche de 14 heures à 14 h 30, elle émit, depuis Carrare (Italie) – fréquence : 8 860 Kcs –, un programme de trente minutes qu’on pouvait capter en Catalogne, en Aragon et dans la région de Valence.

Pendant toute la Guerre civile, le mouvement anarcho-syndicaliste espagnol aura donc émis sur les ondes de l’Europe pour faire entendre sa voix. Cette épopée radiophonique – considérée par beaucoup comme l’une des premières expériences de radios anarchistes – aura non seulement permis aux organisations libertaires de se doter d’un outil de communication efficace et puissant (l’information circule généralement plus vite par la radio que par la presse), mais aussi de donner à l’Europe la possibilité d’entendre d’autres discours sur la Guerre civile et la révolution que ceux relayés par les médias bourgeois.

Guillaume Goutte
Le Monde Libertaire
n°1647 (20-26 octobre 2011)



[1]. Par simplicité, je me contenterai d’écrire « Radio CNT-FAI ».



[1] [Sur Carl Einstein cf. http://gimenologues.org/spip.php?article328 ; et pour le discours : https://gradhiva.revues.org/2209. Note des Giménologues] ]

[2] [Cf. L’ouvrage d’Alba Balestri : http://gimenologues.org/spip.php?article634. NdG]

[3] [Ce n’est pas plutôt à cause de sa surdité ? NdG]

[4] [Le long parcours de ce militant mérite d’être connu. Voir la notice biographique le concernant : https://militants-anarchistes.info/spip.php?article2615. Dans la notice à son nom du Maîtron, toutes ses activités en Espagne en 1936-1937 sont omises. NdG].

[5] [Des réfugiés espagnols reconstruisent en France, en 1945 et 1946, deux émetteurs ondes courtes à longue portée à destination de l’Espagne, à Mont-Louis (Pyrénées-Orientales), et à Aymare, Gourdon (Lot). Ils seront interdits par les autorités françaises à la suite d’une plainte du régime franquiste : https://fr.wikipedia.org/wiki/Radio_CNT-FAI_ECN1. NdG]


http://gimenologues.org/spip.php?article701
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 05 Fév 2017, 17:12

La Révolution espagnole, les collectivisations en Catalogne (1936-1939)

A l’occasion du 80e anniversaire de la Révolution espagnole, nous publions en deux parties un article sur les collectivisations en Catalogne (Richard Neuville, 2009)*.

1ère partie : http://www.autogestion.asso.fr/?p=6237

2e partie : http://www.autogestion.asso.fr/?p=6241
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 08 Fév 2017, 22:16

Anarchistes français en Espagne

Dans le cadre de la sortie du volume du Maitron (dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, mouvement social) consacré aux anarchistes, présentation du corpus des anarchistes francophones ayant rejoint l'Espagne en révolution, en 1936, enregistrée lors d'une émission de radio libertaire "hors les murs". Quelques figures de militants anarchistes, comme Charles Ridel ou Ferdinand Fortin sont retracées. Production vidéo : Centre d'Histoire sociale (CNRS/Université Paris1). Réalisation vidéo : Jeanne Menjoulet. Anarchistes français en Espagne.
Les images filmées de l'Espagne à cette époque illustrant cette vidéo sont librement accessibles sur archive.org, il s'agit de "l'enterrement de Durruti" (1936, images de Durruti sur le front d'Aragon), ainsi que des films de la CNT-FAI "Ayuda Madrid" (1936) et "Barcelona July 19th 1936".

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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 11 Fév 2017, 11:16

Paris dimanche 12 février 2017

Projection débat « Land and Freedom »

Film réalisé par Ken Loach, sorti en 1995

à 17h, Bibliothèque La Rue, 10 rue Robert-Planquette, Paris 18e

Image

Une jeune femme, fouillant de nos jours dans les affaires de son grand-père décédé, découvre le passé militant de celui-ci, et notamment sa participation en tant que soldat du POUM, engagé au côté des républicains, anarchistes et communistes, à la guerre d'Espagne en 1936.

Ken Loach

Kenneth « Ken » Loach, né le 17 juin 19361 à Nuneaton (Warwickshire), est un réalisateur britannique de cinéma et de télévision.

Il ouvre la voie, d'abord à la télévision, puis dans les salles, au renouveau des années 1980 et 1990 du cinéma britannique qui a notamment révélé Mike Leigh et Stephen Frears2.

Son style naturaliste s'axe sur une étude sans concession de la misère en Grande-Bretagne, des tares socio-familiales et du ravage des politiques publiques (Riff-Raff, Raining Stones, Ladybird, Carla's Song, Sweet Sixteen, Moi, Daniel Blake). Il explore également les heures sombres de l'histoire outre-Manche (Secret défense, Land and Freedom, Le Vent se lève, Route Irish). Son œuvre, très militante, laisse entrevoir son engagement à gauche dans les conflits sociaux et la lutte pour le droit des travailleurs ou des immigrés clandestins (Les Dockers de Liverpool, Bread and Roses, The Navigators, It's a Free World!...)2. Son radicalisme politique, ses sympathies marxistes et ses prises de position publiques ont souvent déclenché la polémique au Royaume-Uni2.

Projection organisée par le ciné club "La Lanterne Noire" du groupe Louise-Michel

https://paris.demosphere.eu/rv/52589
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 14 Fév 2017, 03:36

Buenaventura Durruti

(textes de Manuel Buenacasa, Liberto Callejas, D.A. De Santillán, Karl Einstein, Fernand Fortin, Emma Goldman, Federica Montseny, H. Rüdiger, A. Souchy…), CNT-AIT-FAI, Barcelone, [1937], 31 p.

Doc PDF : http://anarlivres.free.fr/pages/documen ... AitFai.pdf
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 22 Fév 2017, 01:58

St Gaudens (31) dimanche 26 février 2017

Soirée giménologique
Nous parlerons des événements d’Espagne sous bien des aspects à travers nos deux ouvrages

Image

http://gimenologues.org/spip.php?article704
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 26 Fév 2017, 02:39

Reims vendredi 03 mars 2017

Soirée "recuerdos libertarios - Espagne, mémoire de 36-39"

La CNT-SO organise le vendredi 03 mars, au théâtre du chemin vert à Reims, une soirée autour de la mémoire de la révolution sociale espagnole de 1936-39 avec une conférence-débat suivie d’une évocation littéraire et musicale.


Image

http://www.cnt-so.org/Reims-soiree-recu ... ibertarios
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 03 Mar 2017, 15:51

Gaillac (81) vendredi 3 mars 2017

(avec la nécessité d'y apporter un point de vue libertaire)

Projection du film "Compañeras" de Dominique Gautier et Jean Ortiz

Projection suivie d'un débat avec Betty Fournier et Michel de Chanterac, proposée par l'Association pour Perpétuer le Souvenir des Internées des Camps de Brens et de Rieucros

à 20h30, Auditorium Dom Vayssette, 3 rue Cavaillé-Coll, 81600 GAILLAC

Image

Le film retrace la participation et le rôle des femmes dans la défense de la République espagnole, dans l'anti-franquisme. Pendant 10 ans, Dominique Gautier et Jean Ortiz ont interviewé, rencontré, suivi, ces femmes courage, mères, épouses, en première ligne ou à l'arrière du front, miliciennes, combattantes, guérilleras, agents de liaison, recueillant des heures de témoignages plus forts et plus poignants les uns que les autres. Des portraits chaleureux de femmes anarchistes, communistes, socialistes..., des mots dits, des silences, des regards. Beaucoup de dignité. "Compañeras" raconte l'avant 1931, la République, la Guerre d'Espagne, l'anti-franquisme, une «transition» sans rupture, le rétablissement d'une démocratie bancale... Il termine par la condition de la femme sous le très conservateur gouvernement Rajoy, sur le nécessaire combat de mémoire, mais tourné vers le futur, ainsi que sur le ressenti de la troisième génération «républicaine».

Accès libre, participation volontaire aux frais

https://apsicbr.wordpress.com/category/futur/
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 17 Mar 2017, 19:03

Arles samedi 18 mars 2017

L’histoire des mouvements alternatifs 1936 : Vivre l’utopie ou l’Espagne sous le signe du communisme libertaire

Débat organisé dans le cadre du festival Utopie-Dystopie, Samedi 18 Mars de 15H à 17H à Arles à l’église des frères prêcheurs par Alternative Libertaire - Gard.

Présentation du débat :

C’est lors de la Révolution espagnole de 1936 que les libertaires touchent au plus près l’utopie que des générations de militants et militantes avaient porté au quotidien. Une expérience autogestionnaire exceptionnelle se fit jour. Un exemple quasi unique dans l’histoire du mouvement ouvrier international. Sitôt le coup d’État militaire (Pronunciamiento) déclenché par le général Francisco Franco, le 18 juillet 1936, la résistance s’organise. Elle est avant tout le fait des syndicats et des organisations révolutionnaires. Le gouvernement de Frente Popular, élu en février 1936, reste impuissant. En Aragon, dans le Levant, dans une partie de la Castille et surtout en Catalogne, les armées « nationalistes » sont mises en déroute par la seule mobilisation de la classe ouvrière, organisée majoritairement au sein du syndicat libertaire : la CNT. Une révolution sociale et économique, du fait de centaines de milliers de femmes et d’hommes, changea la structure sociale de ces régions selon un modèle de société égalitaire et antiautoritaire.

http://www.alternativelibertaire.org/?L ... mouvements
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 18 Mar 2017, 19:48

Expo
Cent ans d’anarchosyndicalisme en Espagne 1910-2010

Dans les locaux de l’EDMP, 8 impasse Crozatier - Paris 12e - sera présentée, à partir du 17 mars, une exposition retraçant l’histoire du syndicalisme libertaire en Espagne.

L’exposition en soi permet d’avoir un bon aperçu d’aspects mal connus du mouvement libertaire espagnol entre 1910 et 2010.

Le syndicalisme libertaire espagnol était, à cause de la nécessité vitale de ne pas avoir de bâillon, de regarder sans avoir la vision obstruée, de demander que le travail soit décemment rémunéré sans se faire réprimer ou emprisonner ou pire encore, ce syndicalisme était donc forcé (comme le syndicalisme socialiste) de casser des cadenas, de briser des privilèges de classes sociales richissimes.

L’exposition suggère très fortement cette interprétation. Mais, par exemple, la différence entre “libertaire” et “anarchosyndicalisme” ou les liens et les différences (pas toujours profondes ou définitives) avec le syndicalisme socialiste ne sont pas abordés. Et encore moins la question du PC en Espagne entre 1920 et 1975.

La juxtaposition de sujets, apparemment sans rapport, “espéranto”, “naturisme”, “pédagogie libertaire”, prend sens lorsqu’on les relie à l’obscurantisme catholique ibérique.

L’exposition est un apport, un éclairage, pour ceux et celles qui connaissent en partie le syndicalisme espagnol et qui en tireront une vision plus ordonnée. Pour ceux et celles qui savent peu de choses c’est un enrichissement, puisqu’ils et elles feront indirectement la comparaison avec l’histoire du syndicalisme français.

Frank Mintz


http://www.emancipation.fr/spip.php?article1523
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede bipbip » 21 Mar 2017, 16:44

Syndicats et communes

Discussion avec Myrtille Gonzalbo autour du communisme libertaire et de l’anarcho-syndicalisme en Espagne. Première partie : avant 1936.

Avant 1936, l’Espagne est le seul pays où l’anarchisme est une force politique majeure. Comment expliquer, dans ces conditions, la participation au gouvernement et les multiples appels à retourner au travail lancés par la CNT à Barcelone dès 1936 alors même que la ville était libérée de l’emprise des militaires ? Pour comprendre la situation, il faut remonter à la formation de la CNT et du mouvement anarchiste espagnol, ainsi qu’aux conflits de tendances qui l’ont animé avant 1936. Nous avons pour cela rencontré Myrtille Gonzalbo, du collectif « les Giménologues » (qui ont notamment publié Les Fils de la Nuit , un beau récit de la guerrre d’Espagne par Antonio Gimenez, ré-édité récemment chez Libertalia) : elle nous livre ici son analyse, qui nous rapelle que le débat sur les stratégies révolutionnaires avait et a toujours une importance cruciale.

... https://lundi.am/Interview-Myrtille
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 23 Mar 2017, 22:20

À Decazeville le samedi 25 mars 2017

« 19 juillet 1936 : La révolution espagnole »

avec la participation de François Godicheau, historien et Myrtille des Giménologues.

à 14h au local de Memoria andando, Zone du Centre 12300 Decazeville

Entrée libre et gratuite

1936-2016 : il y a 80 ans le 18 juillet 1936 le soulèvement d’une partie de l’armée espagnole soutenu par l’Espagne noire, réactionnaire, catholique, fasciste marque le début d’une guerre civile qui va durer presque 3 ans.

La plupart des historiens ont eu tendance à banaliser le conflit en le réduisant à un affrontement classique gauche/droite en niant la singularité de l’événement, sa dimension éminemment révolutionnaire et le rôle déterminant qu’y joue l’anarcho-syndicalisme.

Bien que combattu à mort pendant le franquisme pendant la guerre et la dictature, l’anarchisme, mouvement de masse spécifiquement espagnol, ne sera jamais nommé en tant que tel, il sera amalgamé dans la lutte contre le communisme international venu de l’étranger, ce qui en pleine guerre froide fera pleuvoir sur l’Espagne une pluie de dollars.

De la même manière, la Transition du franquisme à une démocratie représentative s’est construite sur une inacceptable loi d’amnistie et un pacte de silence et d’oubli voulus par la droite héritière du franquisme, le Parti socialiste et le Parti communiste. Avec bien sûr la négation délibérée du projet révolutionnaire dont le mouvement ouvrier avait été porteur et artisan.

Myrtille des Giménologues (auteurs de Les Fils de la nuit et de A Zaragoza o al charco) évoquera les volontaires internationaux avant les Brigades Internationales puis l’expérience révolutionnaire en Aragon.
François Godicheau, universitaire, historien interviendra sur « Les historiens et la révolution de 1936 ».

Organisateur : L’Association Memoria andando
Contact : 06 03 89 48 07
http://memoria.andando.free.fr/

http://gimenologues.org/spip.php?article708
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 25 Mar 2017, 12:27

Paris, Dimanche 26 mars 2017

Projection du film "Vivre l’Utopie"
Projection d’un documentaire sur la révolution espagnole de 1936, suivie d’une discussion sur l’idéal anarchiste révolutionnaire aujourd’hui.


Vivre l’utopie (1997, 95 minutes) retrace, à travers images et témoignages, l’histoire de la révolution espagnole et de l’application concrète de l’autogestion par plusieurs millions de personnes.

Espagne, juillet 1936, en réponse au coup d’État fasciste, le peuple prend les armes et repousse les militaires. De vastes régions s’organisent sans gouvernement et, dans nombre d’endroits, l’argent est aboli. Usines et transports sont collectivisés, et de nombreux villages mettent en place des collectivités où les terres sont rassemblées et où les richesses produites sont redistribuées selon le principe  : de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins. «  Un jour, le peuple s’est couché pauvre et s’est réveillé riche, parce qu’il a mangé tout le pain qu’il voulait, alors qu’avant il ne pouvait que supporter sa faim.  »

«  Que la ville expédie aux villages, non des commissaires, ceints d’écharpes rouges ou multicolores, signifiant au paysan le décret de porter ses denrées à tel endroit, mais qu’elle les fasse visiter par des amis, des frères disant  : “Apportez-nous vos produits  ; et prenez dans nos magasins toutes les choses manufacturées qui vous plairont.” Et alors les denrées afflueront de toutes parts. Le paysan gardera ce qu’il lui faut pour vivre, mais il enverra le reste aux travailleurs des villes, dans lesquels — pour la première fois dans le cours de l’histoire — il verra des frères et non des exploiteurs.  » (La conquête du pain)

La projection sera suivie d’un débat  : En ces temps de résignation électoraliste, que reste-t-il de l’idéal anarchiste révolutionnaire  ?

à 16h30 à la librairie Publico (145 rue Amelot, Paris 11),
entrée libre.
À l’initiative du groupe libertaire d’Ivry.

https://paris.demosphere.eu/files/impor ... 921f68.jpg

https://paris-luttes.info/projection-de ... topie-7206
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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Pïérô » 11 Avr 2017, 21:10

« La grande révolution et la guerre »

Quelques lignes au fil de la plume
sur la révolution sociale de 1936 et la guerre civile espagnole


Au cours des années 30 du siècle dernier, une crise mondiale sans précédent aiguisait la lutte des classes dans différents pays européens, donnait libre cours à des situations révolutionnaires et poussait ses classes dirigeantes, qui ne croyaient plus au système parlementaire, vers la dictature et le fascisme.

Dans l’Espagne républicaine, différentes tentatives révolutionnaires se succédèrent qui se soldèrent par des défaites. Dans le but de revenir à la légalité, d’obtenir l’amnistie et de sortir de prison ses détenus, la classe ouvrière décida d’appuyer, de manière active ou passive, le secteur libéral affaibli de la bourgeoisie, tout en sachant que la classe dominante dans sa majorité n’accepterait pas une victoire électorale qui profiterait aux organisations prolétaires. Avec la victoire du Front populaire, un coup d’État, qui chercherait à instaurer un régime dictatorial et fasciste, était inévitable ; les orateurs confédéraux et anarchistes ne cessaient de proclamer qu’après les élections il faudrait choisir entre le fascisme et la révolution.

C’est dans ce climat qu’eut lieu le soulèvement des militaires « africanistes » (formés dans la répression féroce des mouvements anticolonialistes du nord du Maroc et arme coercitive principale de la monarchie et du « Bienio Negro ») lequel fut favorisé par la passivité initiale du gouvernement républicain, qui se refusa catégoriquement à fournir des armes au peuple. Avec l’aide de l’aviation italienne et hitlérienne, l’armée ne fit pas obstacle au débarquement des troupes africaines qui occupèrent l’Andalousie occidentale et l’Estrémadure, tout en commettant d’effroyables massacres. Les ouvriers répliquèrent en déclarant la grève générale, élevèrent des barricades, et là où ils disposaient de groupes armés de défense, prirent d’assaut les casernes et organisèrent des colonnes de miliciens pour libérer les villages et les villes tombés aux mains des rebelles.

Dans la zone loyale, la situation des forces en présence se modifia profondément. La grève générale illimitée fut déclarée et les casernes furent assiégées. Les rues et les routes se remplirent de barricades. L’État républicain devint une coquille vide et les unités de l’armée qui ne s’étaient pas soulevées commencèrent à se débander. La vacance du pouvoir favorisa l’émergence d’une vague révolutionnaire. Du jour au lendemain apparurent de nombreux Comités antifascistes, où la CNT était souvent la force principale, soucieux de former des milices chargées de libérer les zones tombées au pouvoir des factieux. Les conseils municipaux furent remplacés par des organismes unitaires locaux tels que les comités de défense, des juntes administratives ou de gestion, chargés d’organiser la vie quotidienne. Bien que les forces de l’Ordre public ne fussent pas dissoutes, leurs fonctions furent assumées par des commissions improvisées, « brigades mobiles » et patrouilles ouvrières. Aussi les juges et magistrats ne disparurent pas non plus, mais la justice devint l’affaire des Tribunaux populaires. Les prisons se vidèrent de leurs détenus, y compris des droits communs et se remplirent de curés, de gens de droite et de fascistes. En outre, chaque organisation possédait son centre de détention particulier. De nombreux caciques, phalangistes et droitistes de premier plan ainsi que des éléments ayant joué un rôle important dans la répression des années antérieures subirent des exécutions sommaires. En marge des organisations apparurent à l’arrière-garde des groupes « incontrôlés » qui volaient, extorquaient et assassinaient, qui furent rapidement éliminés. Les syndicats, partis et comités s’emparèrent d’édifices publics et religieux, tandis que dans les couvents, les arènes et les casernes on ouvrait des bureaux de recrutement et de collecte de vêtements, de nourriture ou de matériel pour les colonnes qui partaient libérer les zones aux mains des factieux. Les véhicules étaient réquisitionnés pour les besoins de la guerre, au même titre que les propriétés des individus en fuite ou cachés et les ateliers où s’imprimaient les journaux conservateurs et droitistes.

Dans les usines, un contrôle ouvrier très strict était instauré dans le but de préparer l’expropriation, les services publics étaient saisis et les entreprises abandonnées (le patron étant mort, caché ou en prison) autogérées, les champs étaient collectivisés et l’horizon de la socialisation se rapprochait nettement. On évitait la spéculation sur le prix des denrées alimentaires et leur accaparement en formant de nombreux comités « de abastos » [approvisionnement] et au moyen du contrôle des marchés. On collectivisait également les hôtels, les bars et les restaurants, les hôpitaux, les salons de coiffure, les salles de spectacles… tout sauf les banques et les entreprises au capital étranger. On créait des cantines populaires, on mettait en marche des écoles, les tramways, les autobus et les trains circulaient recouverts des couleurs et des slogans du prolétariat. Sur les ondes, les voix des délégués ouvriers étaient massivement écoutées. Les meetings et les réunions où on analysait le moment politique, social et militaire et où on émettait les consignes de circonstance réunissaient d’immenses foules. Dans les rues, l’habit ouvrier s’imposait (le bleu de travail, le foulard et la casquette). Pour saluer, on levait le poing.

Le peuple en armes remplaçait l’ancienne armée. Les colonnes, qui ne pouvaient pas trop avancer à découvert à cause du manque d’expérience militaire, de munitions et de couverture (par l’artillerie ou la voie aérienne), aidaient dans leurs moments de liberté les paysans dans leurs tâches, contribuaient à la formation de comités et socialisaient les biens et les outils, conduisant les confédéraux à proclamer le communisme libertaire sur les terres libérées malgré la position officielle affichée par l’ « Organisation ».

Les brusques changements qui agitèrent la société en juillet et août indiquaient clairement le début d’une profonde révolution sociale qui ne s’en tiendrait pas aux simples aspects politiques. L’État était dépassé par les événements. Les faits démontraient que le cadre légal républicain s’avérait incapable de résoudre le moindre problème posé, et moins encore de comprendre et de contrôler la tourmente populaire déchaînée par la rébellion militaire fasciste. La victoire était indissolublement liée à la révolution en cours.

Bien que dans la pratique le pouvoir demeurât aux mains des organisations ouvrières, les institutions républicaines ne furent pas démantelées. L’État bourgeois conservait sa carcasse, même s’il avait perdu sa force. Tous les éléments de la contre-révolution, policiers, gardes civils et d’assaut, juges, militaires, chefs politiques, fonctionnaires, anciens patrons, propriétaires, banquiers, intellectuels salariés, journalistes conservateurs, etc., qui, pour diverses raisons, étaient demeurés fidèles à la République, attendaient que la tempête révolutionnaire se calme pour récupérer leurs positions et lui faire front, dissimulés au sein des partis de gauche et des organisations syndicales.

Staline n’était pas intéressé par une révolution en Espagne et encore moins par une révolution anarchiste, car il était en quête d’une alliance avec la France et l’Angleterre qui lui permettrait de mieux faire face à l’agressivité du régime nazi. Ses agents transmirent les directives de modération aux communistes espagnols qui les appliquèrent au pied de la lettre. Le PCE, en s’opposant à la dérive révolutionnaire de la classe ouvrière et en se montrant partisan de ne pas sortir du cadre républicain antérieur au 19 juillet, spécialement en ce qui concerne la propriété privée, devint un refuge sûr pour tous les ennemis de la révolution sociale.

L’offensive prolétarienne fut stoppée devant les capitales aragonaises (Teruel, Saragosse et Huesca) et dans la sierra madrilène, tandis qu’elle était écrasée à Grenade, Séville et Cordoue. Majorque, la Galice, la Vieille-Castille, Oviedo, Vitoria et Pampelune tombèrent aux mains des militaires rebelles. Le débarquement de troupes africaines à Cadix ouvrit la route de Madrid, là où devaient converger toutes les forces du soulèvement militaire. Les miliciens n’avaient pas devant eux de simples gardes civils et des fascistes exaltés mais des troupes régulières de l’armée et des forces de choc comme les légionnaires et les unités marocaines, mieux équipées et entraînées. En outre, l’armée rebelle bénéficiait de l’aide militaire de l’Allemagne, de l’Italie et du Portugal, tandis que l’armement des forces antifascistes restait bloqué par la politique de neutralité décrétée à Londres par un Comité de non-intervention. Ainsi l’avancée des insurgés était-elle irrésistible. Le blocage français rendit la chute d’Irun et San Sebastián inévitable. La capitale de l’Espagne absorba pratiquement tous les moyens de guerre disponibles, paralysant ainsi les autres fronts.

Il était évident qu’il fallait en finir avec le fantôme de l’État et former une armée prolétarienne à partir des colonnes, le peuple en armes en un mot, capable de mettre en déroute sur le champ de bataille les rebelles, de consolider les conquêtes ouvrières et de propulser le processus révolutionnaire. La seule force capable et décidée à aller dans cette direction était la CNT, encore que ne régnât pas l’unanimité en son sein, une bonne partie de ses représentants penchant pour la collaboration avec les autres forces politiques, bourgeoises ou prolétaires, dans un gouvernement républicain héritier de la légitimité bourgeoise. La guerre civile contraignait à différer la révolution. La CNT venait de réintégrer dans ses rangs le secteur réformiste (« treintistas ») au Congrès de Saragosse de mai 1936, mais la responsabilité de l’orientation collaborationniste revint de fait aux comités représentatifs, où les anciens « faïstes » étaient en majorité.

Les dirigeants libertaires engagés dans la collaboration maintinrent un équilibre précaire avec les bases radicales en soutenant et coordonnant leurs conquêtes, mais en renonçant explicitement à lutter pour le communisme libertaire, la finalité de l’organisation confédérale, et à « ir por el todo », c’est-à-dire prendre le pouvoir. Cette position difficile les conduisit à participer aux gouvernements régionaux interclassistes créés pour jouer le rôle des institutions que le soulèvement avaient rendu obsolètes. Et dans toutes les actions unitaires qui se présentèrent, ils cherchèrent l’unité avec l’UGT et les partis fidèles à la République.

Les victoires des fascistes et l’inefficacité de l’État mèneront le socialiste Largo Caballero à la tête du gouvernement avec pour mission de le reconstruire pour gagner la guerre. La CNT comprit qu’elle ne pouvait remporter la guerre à elle seule et elle devint gouvernementaliste, en pressant le chef du gouvernement de créer un Conseil national de défense formé uniquement par les centrales syndicales. Mais Largo, appuyé par les communistes et les républicains, ne céda pas aux pressions, tout en concédant en échange quatre ministères d’importance secondaire. La CNT, devant la perspective de rester en dehors du jeu, capitula. L’entrée de la CNT dans le gouvernement couvrit son transfert à Valence. L’option de reconstruire l’appareil d’État commença à s’ouvrir au sein des forces non révolutionnaires. Cela signifiait la formation d’une armée nouvelle qui engloberait les milices suivant un modèle classique de hiérarchies et de châtiments, la réapparition de la force publique d’avant le soulèvement populaire du 19 juillet, et le remplacement des organismes régionaux antifascistes et des comités locaux par des gouverneurs civils et des conseils municipaux adoubés par le gouvernement.

Entre-temps, la guerre avait acquis une dimension internationale. Craignant que la révolution n’atteigne leurs territoires, les principales puissances signèrent un pacte de non-intervention par lequel elles s’abstenaient d’apporter la moindre aide à la république espagnole. La supériorité militaire des putschistes – qui disposaient de l’aide du Portugal, de l’Italie et de l’Allemagne – n’offrait pas d’autre solution que de recourir à l’Union Soviétique, le seul État qui protesta contre l’ingérence italo-allemande dans la guerre civile espagnole, et l’unique puissance disposée à soutenir le camp républicain, même si elle avait également signé le pacte.

Les espoirs placés dans l’aide soviétique propulsèrent le PCE, qui augmenta sa présence dans les institutions dans des proportions bien supérieures à ses effectifs réels. Immédiatement, il prit la tête de tous les partis affectés par la révolution, allant jusqu’à défendre des associations de propriétaires terriens, d’industriels et de commerçants. Au début, il soutint les initiatives de Largo Caballero pour renforcer l’appareil d’État et forger une armée « populaire » dotée d’un commandement centralisé. Les décrets de restauration des conseils municipaux, de désarmement de l’arrière et de militarisation des milices signifiaient la récupération du pouvoir par le gouvernement, la reconstruction de l’État et la fin de la vacance de pouvoir qui avait permis à la révolution de progresser. Les nouveaux gouverneurs civils, en récupérant, avec l’appui des communistes, les pouvoirs des diverses juntes et des comités provinciaux, se heurtèrent à l’autonomie des comités populaires, des collectivités et des milices. Des incidents sanglants se produisirent à Madrid, Guadix, Gandía et Valence. La création ou l’extension des corps de police et la formation de brigades mixtes étaient destinées à contenir et démanteler le processus révolutionnaire aussi bien à l’arrière que sur le front.

Les dirigeants libertaires se montrèrent de fervents partisans de la militarisation, de la restauration des conseils municipaux et du désarmement de l’arrière, ainsi que de la participation à toutes sortes d’institutions. Tandis que dans les colonnes, on répondait « Miliciens ? oui, soldats ? jamais ! », le comité de rédaction de Solidaridad Obrera fut remplacé par un autre dirigé par Jacinto Toryho, plus disposé à promouvoir la ligne officielle, militariste, étatiste et prosoviétique. Il ne fallut pas longtemps pour que le journal proclamât que la guerre civile n’était pas une guerre de classes mais une « guerre d’indépendance contre l’envahisseur », comme l’affirmait le PCE, et que la direction libertaire s’érigeât en champion de « l’unité », de la discipline et des galons, au point qu’elle menaça de recourir à la force contre les miliciens dissidents comme ceux du IVe groupement de la colonne Durruti et ceux de la colonne de Fer.

Au dire des agents soviétiques, Durruti fut envoyé à Madrid dans le but d’amoindrir la force des anarchistes sur le front d’Aragon, et il fut convaincu par ses compagnons dirigeants de la CNT-FAI qu’avec sa présence ce front serait approvisionné. « Une balle perdue » ou plus probablement qui ne se perdit pas vraiment l’a tué, mais Madrid fut sauvé. La fin du siège madrilène fut l’œuvre de tous, mais le mérite en fut attribué aux Brigades internationales, dont la mission secrète était de neutraliser les milices anarchistes. La mort de Durruti le 20 novembre 1936 levait un obstacle important à la militarisation, en ce qu’elle autorisait l’invention à des fins politiques de la figure d’un caudillo militaire disposé à renoncer « à tout, sauf à la victoire », conformément à l’éditorial de la Soli de février. Avec cette phrase d’origine stalinienne, les comités responsables du mouvement libertaire inauguraient la doctrine circonstancialiste d’adhésion à l’État et renonçaient à leurs principes, tactiques et finalités. La chute de Málaga début février leur fournit le prétexte supplémentaire pour les confirmer dans leur choix. Après la bataille de Madrid, l’armée fasciste fut renforcée par la Légion Condor et plusieurs bataillons de volontaires italiens qui contribuèrent assez notablement à cette chute. La figure la plus originale des milices anarchistes andalouses, Francisco Maroto, fut arrêté à Almería en raison de son intervention en défense des réfugiés de Málaga et il fut accusé de sédition, ce qui déclencha une campagne pour sa libération soutenue de mauvaise grâce par la direction confédérale.

Le Comité péninsulaire de la FAI (Santillán, De Sousa, Herrera, Federica Montseny) commença à manœuvrer pour transformer l’organisation « spécifique », c’est-à-dire la coordination des groupes d’affinité, en parti politique, avec hiérarchie, statuts, cartes et cotisations, en faisant assaut d’adresse pour ne pas heurter les intérêts des divers groupes de pouvoir qui se formaient au sein de la nouvelle bureaucratie libertaire, et pour, dans le même temps, marginaliser les groupes affinitaires qui s’obstinaient à continuer comme avant. En réalité, il s’agissait de structurer politiquement une bureaucratie qui venait de naître aux dépens d’une révolution inachevée, facteur nécessaire à la ploutocratie politique et syndicale républicaine, la nouvelle bourgeoisie qui venait de se substituer à l’ancienne. Le poste officiel ou la responsabilité organique conférait des privilèges comme l’approvisionnement en produits de base introuvables sur le marché, le véhicule privé, les repas dans des restaurants de luxe et l’accès aux tripots, salles de bal et cabarets. Les manteaux de fourrure, le costume, la cravate et le chapeau réapparurent dans les rues. Dans ces conditions, les appels continuels de la CNT et de la FAI à augmenter la journée de travail, à en finir avec les revendications dans le travail et baisser les salaires furent contreproductifs, puisque l’exploitation du travail ne servit pas à renforcer la révolution, mais plutôt à consolider la domination d’une nouvelle classe.

La guerre de classes se convertit, avec l’approbation de la CNT-FAI, en une guerre d’indépendance contre un ennemi envahisseur. Les dirigeants libertaires parlaient ouvertement d’une république fédérale administrée conjointement par les organisations antifascistes à l’horizon de la fin de la guerre. L’offensive contre les anarchistes se matérialisait : campagnes de presse contre les mesures révolutionnaires (« D’abord gagner la guerre »), découverte de la tchéka de Murcia, assassinats de membres de la collectivité de Torres de la Alameda, emprisonnement de Maroto, suspension de la presse libertaire (Nosotros, Castilla Libre, CNT Norte) et tous les affrontements de Vinalesa, Cullera, Gandía, Burriana, Segorbe…

À mesure que la contre-révolution avançait et que le divorce entre la direction et les militants libertaires se consumait, des signes de dissidence et d’opposition radicale apparaissaient (Los Amigos de Durruti, les JJLL de Catalogne, la fédération locale des groupes de Barcelone, d’autres fédérations locales, la revue Ideas, les hebdomadaires Superación et Ruta, les quotidiens La Noche, Nosotros et Acracia, la publication ¡ Alerta !…). La direction de la CNT-FAI convoqua une réunion de la presse pour imposer une ligne unique. Après mai, Los Amigos de Durruti furent discrédités mais les syndicats s’opposèrent à leur expulsion. En juillet, une Commission d’assistance politique, la CAP, dirigée par García Oliver, Esgleas et Eroles, fut créée pour endiguer les opinions discordantes.

Il est évident qu’une forte réaction du prolétariat international contre ses propres gouvernements aurait liquidé le pacte de non-intervention et donné accès aux armes. La fin de la dépendance vis-à-vis de l’URSS concernant l’approvisionnement en armes aurait freiné l’influence sans fondement du PCE, la pénétration des conseillers russes dans l’armée et l’activité en toute impunité des services secrets staliniens. Elle aurait également gêné l’orientation capitularde de la direction confédérale et anarchiste face à l’État. À défaut, une telle orientation pouvait se donner libre cours. Mais l’action solidaire du prolétariat international ne fut pas suffisante et la révolution ne put aller à son terme. Dans le meilleur des cas elle adoptait la forme défensive des fronts populaires. Saint-Just n’avait-il pas déjà déclaré que « celui qui fait les révolutions à moitié ne fait que creuser sa tombe » ?

La bataille de Guadalajara préserva l’équilibre sur les fronts, en laissant le temps à une provocation de se déployer, qui était conçue pour écarter du gouvernement Largo Caballero (opposé à la domination des communistes et surtout à la fusion de son parti avec le PCE, comme cela s’était produit en Catalogne), en finir avec le poids excessif de la CNT-FAI, liquider les réalisations du prolétariat (déjà bien entamées), envoyer le POUM derrière les barreaux et lancer la chasse aux révolutionnaires. Le complot communiste trouva ses alliés les plus sûrs en Catalogne et fut mis en œuvre à travers eux. Il débuta par le vol de tanks à Barcelone et l’assassinat d’Antonio Martín à Puigcerdá, pour se dérouler dans la foulée le 3 mai 1937 avec la tentative d’occupation du centre d’appel téléphonique.

Les journées de mai mirent un point final à la révolution, bien que la partie ouvrière fût victorieuse dans la rue. L’abandon sans conditions des barricades par les ouvriers à la demande de leurs dirigeants conduisit à une implacable répression qui remplit les prisons et les camps de travail (récemment créés par le ministre de la Justice, García Oliver) de volontaires étrangers, de syndicalistes, d’anarchistes et de poumistes. Les comités de défense et les conseils d’ouvriers et de soldats furent dissous par la direction cénétiste pour éviter des soulèvements ultérieurs en réponse à de nouvelles provocations. À ce niveau, on ne peut pas parler d’erreur ou d’incapacité mais bien de trahison.

Les Tribunaux populaires furent vidés de leurs compétences et mis à l’arrière-plan. La contre-révolution créa deux instruments puissants, les Tribunaux d’Espionnage et de Haute Trahison, et le Service d’Information Militaire, et érigea un système de prisons secrètes, appelées « checas », totalement en marge de la justice ordinaire. Les objectifs de la lutte révolutionnaire se réduiront à un seul : libérer les prisonniers antifascistes. Le nouveau gouvernement de Negrín, Prieto et les communistes fut transféré à Barcelone. La CNT refusa d’y avoir un représentant, ce qui ne l’empêchera pas d’en réclamer un avec insistance peu après. Le cadavre de Berneri et la fosse contenant les corps des jeunes libertaires de San Andrés furent découverts ; on apprit l’assassinat d’anarchistes à Tarragone et les disparitions de Juan Rúa, Arís et Alfredo Martínez ; les stations de radio de la CNT furent fermées, la censure s’acharna sur la presse libertaire et le POUM fut déclaré hors la loi. À Barcelone, une seconde provocation eut lieu avec l’assaut de Los Escolapios et une troisième avec la fouille des locaux du syndicat du Transport et les assauts menés contre ceux des Jeunesses libertaires. Andrés Nin fut assassiné, les patrouilles de contrôle furent dissoutes, le Conseil d’Aragon fut supprimé manu militari et les collectivités aragonaises furent détruites par les Divisions communistes. Des tribunaux spéciaux intentèrent des actions contre les ouvriers révolutionnaires, qui étaient maintenant frappés du qualificatif infamant d’« incontrolados », et des procès s’intentèrent à partir des cimetières clandestins, des événements de mai, des feuilles clandestines, de la possession d’armes, etc. Les frontières repassèrent entièrement sous le contrôle du gouvernement. Toutes les entreprises et les terres collectivisées durent se soumettre à la nouvelle législation restrictive, quand elles n’étaient pas purement et simplement restituées à leurs propriétaires ou directement nationalisées pour « raison stratégique », comme ce fut le cas pour les transports, la métallurgie ou les communications.

Avec les soviétiques à la tête de l’armée populaire, les brigades anarchistes furent utilisées comme de la chair à canon et envoyées au front sans armement suffisant, sans appui de l’artillerie ni couverture aérienne, et furent pratiquement anéanties (le cas le plus flagrant fut celui de la 83e BM, l’ancienne colonne de Fer). À l’arrière, on enfermait et on torturait dans les tchékas les militants mobilisés. Sur le front, on fusillait impunément, sous n’importe quel prétexte, les anarchistes réfractaires au PCE. On sacrifiait des contingents de soldats dans d’inutiles batailles comme celles de Brunete et Belchite, des manœuvres d’usure qui n’empêchèrent pas la chute de toute la zone Nord (Biscaye, Santander et Asturies). Les comités dirigeants de la CNT et de la FAI, qui avaient créé en leur sein des sections de défense, étaient parfaitement au courant de tous ces faits, mais, loin de les dénoncer, ils se contentaient d’émettre des plaintes amères dans des rapports détaillés envoyés au chef du gouvernement.

Les militants libertaires se trouvaient dans la situation de devoir choisir entre une dictature fasciste et une dictature républicaine dirigée par des communistes. De combattre le fascisme en défense, non pas d’une révolution, mais d’un régime autoritaire bourgeois. Sa presse concurrençait les autres en matière de nationalisme et l’éloquence patriotique de ses délégués et commissaires, et était devenue méconnaissable. La faim et le froid frappaient la population qui souhaitait la fin de la guerre. La démoralisation s’empara irrésistiblement des masses qui luttaient pour l’abolition du travail salarié et des classes. La désertion prit un tour sérieux.

À la fin de 1937, la disposition de la direction libertaire espagnole à déposer les armes était totale. Non seulement elle entreprit une campagne pour imposer ses concessions au mouvement libertaire international, où se révélèrent très utiles certaines figures reconnues comme Rüdiger, Souchy, Leval, Lapeyre, Lecoin, etc, mais elle réclamait en outre constamment sa place dans le gouvernement de Negrín, et ne faisait aucun cas de la répression qui frappait ses rangs. Ses conceptions furent formellement et définitivement abandonnées lors d’un plénum économique qui se tint en janvier 1938 et dans un pacte postérieur avec l’UGT. Ils défendaient une république démocratique et fédérale, dont les Espagnols étaient censés voter la constitution à la fin de la guerre. La déroute de la bataille de Teruel provoqua une crise de gouvernement qui entraîna la démission d’Indalecio Prieto, partisan d’un « abrazo de Vergara » [armistice] avec les franquistes, patronné par le Royaume-Uni. Cette politique entrait en conflit avec la consigne de résistance à outrance du PCE et du comité national de la CNT, partisan acharné de Negrín.

Le négrinisme et le philocommunisme du comité national de la CNT (notamment celui du secrétaire national Marianet, de Galo Díez, Serafín Aliaga et du ministre Segundo Blanco) furent tellement exagérés qu’ils provoquèrent d’importants heurts avec la région catalane (plongée dans un Mouvement libertaire dirigé par un Comité exécutif de création récente) et avec la direction de la FAI. Après la déroute de Teruel et la partition de la zone républicaine en deux, tous, à l’exception du CN, étaient convaincus de la défaite finale. La crise attribua à l’organisation confédérale un poste ministériel dans le « gouvernement de la victoire ». Un plénum conjoint des trois branches du Mouvement libertaire espagnol réaffirma son soutien aux comités dirigeants syndicaux, partisans de la résistance à outrance brandie avec les « treize points » de Negrín, face au défaitisme du secteur opposé de la bureaucratie anarchiste, pareille aux socialistes prietistes.

La répression d’un gouvernement avec participation cénétiste conduisit au poteau les militants par brassées. Finalement, l’échec de la dernière des batailles inutiles, celle de l’Èbre, en même temps que la retraite des Brigades internationales et l’arrêt des envois d’armes soviétiques, amoindrit l’influence communiste et incita les secteurs malmenés par son sectarisme criminel, les socialistes non négrinistes, les républicains, la CNT du Centre et les anarchistes, à se rassembler. On essaya, en vain, de rompre la neutralité des puissances qualifiées de « démocratiques » et d’obtenir une paix honorable qui éviterait au peuple espagnol le massacre sanglant qui s’annonçait. Une série de nominations qui octroyaient une majorité décisive de commandements militaires aux communistes, accompagnée de la démission du président de la République (Azaña), fut à l’origine d’un contre-coup de force dirigé par le colonel Casado, qui mit fin à la dictature de Negrín et du PCE. En un clin d’œil, on mit un terme à la faible résistance opposée par les communistes mais sans pouvoir obtenir une paix honorable qui permît à ceux qui le désiraient de quitter le pays et apportât à ceux qui resteraient des garanties de ne pas se voir persécutés. Avec la victoire à portée de main, Franco ne se rendit pas à la raison. La fin de la guerre fut synonyme de souffrances sans fin pour les vaincus, à la merci d’un vainqueur assoiffé de vengeance s’ils étaient restés chez eux, ou comme hôtes indésirables des camps de concentration français ou africains, s’ils avaient pu fuir le pays. L’après-guerre fut atroce pour les perdants car les classes dominantes se comportent avec cruauté quand elles gagnent ou, simplement, quand une masse de réfugiés les dérange.

Miguel Amorós

Charla au local de la CNT d’Alicante, le 21 septembre 2016
(Traduction française, le 3 avril 2017).


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Re: 1936, une révolution sociale et libertaire en Espagne

Messagede Béatrice » 26 Avr 2017, 07:02

mercredi 26 avril 2017 à MARSEILLE

-19 h 30 Casa Consolat • 1 rue Consolat 13001 • Métro Réformés

CNT 13 / Casa Consolat
Un autre futur : l’Espagne en rouge et noir !
un film de Richard PROST • 3e partie : 1937-1945

Nous projetterons ce soir la troisième partie du film de Richard PROST • COUL extraits d’époque N&B • VF et VO Esp sous-titré en français

Image

50 ans après, l’histoire des anarcho-syndicalistes espagnols, qui menèrent une révolution autogestionnaire au cœur de la guerre civile.

Ce film est né de la volonté des vieux libertaires espagnols de reconstituer la mémoire collective de leur génération, et de nous en laisser témoignage. Dispersés par l’exil, affaiblis par l’âge, ils ont gardé une étonnante jeunesse lorsqu’il s’est agit de se lancer, une fois encore, dans une aventure commune.

A Barcelone en 1936, la révolution qu’ils faisaient, ils l’ont filmée.

Aujourd’hui, ils donnent à voir ces images lyriques arrachées au temps et aux persécutions, pour que leur témoignage et leurs vies ne se dissolvent pas dans l’oubli.

- 1re partie : Je demande la parole période de 1870 à 1936
- 2e partie : Sous le signe libertaire période de 1936 à 1937 • projetée à la Casa Consolat le 26 novembre 2016 pour le 80e anniversaire de la Révolution espagnole

- 3e partie : Il n’y a plus de fous période de 1937 à 1945 • Durée : 55 mn
La fin de la guerre et l’exil...

Le film sera suivi d’un débat et d’un repas

Entrée libre • PAF libre

P.-S.
Secteur vidéo de la CNT-F • Un autre futur : http://www.cnt-f.org/video/videos/46-hi ... e-et-noir-
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
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