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Messagede Béatrice » 09 Nov 2011, 08:37

Décès le 2 novembre 2011 de Henri Karajan , l'un des deux survivants du groupe Manouchian :

Décès d’Henry Karayan, l’un des deux derniers survivants du groupe Manouchian

http://www.aloufok.net/spip.php ?article5799

Le résistant Henry Karayan, l’un des deux derniers survivants du groupe Manouchian, est mort le 2 novembre à l’âge de 90 ans, a annoncé mardi l’Association nationale des anciens combattants et résistants Arméniens (Anacra).

Né le 3 mai 1921 à Istanbul (Turquie), Henry Karayan arrive en France en 1923. Il rencontre Missak Manouchian en 1942 et participe aux actions armées et aux sabotages menées par les Francs-Tireurs et Partisans - Main d’oeuvre immigrée (FTP-MOI) du groupe en région parisienne. Responsable de la troisième équipe du groupe, il avait coutume de dire : "Moi, je ne tuais pas des civils, je ne tuais pas des Allemands, je tuais des nazis en uniforme".

Avec Arsène Tchakarian, 94 ans, désormais dernier survivant du groupe Manouchian, il témoignait régulièrement auprès des jeunes et avait aidé Robert Guédiguian pour son film "L’Armée du Crime" sorti en 2009. Selon l’Anacra, Henry Karayan "a de tout temps souligné la fraternité d’armes entre tous ces immigrés qui dépassait tous les clivages religieux et identitaires" et qui ont fait "l’Europe avant l’heure".

Le Groupe Manouchian fut l’un des mouvements les plus actifs de la Résistance. A Paris, des groupes armés FTP-MOI, communistes, furent constitués dès avril 1942 et d’autres détachements formés en province. Pour toute la France, ils seront moins de 200.

En février 1943, Missak Manouchian rejoint un détachement des FTP-MOI d’une cinquantaine de Juifs roumains et hongrois et d’Arméniens qu’il commande six mois plus tard. Le groupe Manouchian réalisa une trentaine d’opérations de sabotages ou d’exécutions de collaborateurs d’août à mi-novembre 1943.

Vingt-trois membres du groupe sont arrêtés en région parisienne en novembre 1943. Torturés, ils sont livrés à la police militaire allemande et jugés par une cour martiale du tribunal allemand à Paris le 15 février 1944.
Les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. La seule femme du groupe, Olga Bancic, est décapitée à la prison de Stuttgart le 10 mai 1944.

Au moment du procès, les Allemands impriment et placardent à 15.000 exemplaires une affiche qui présente sur un fond rouge les photos, les noms et les actions de dix résistants du groupe avec le slogan : "Des libérateurs ? La Libération ! Par l’armée du crime" et Manouchian "Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés".
L’affiche devient vite un symbole de la Résistance et des mains anonymes écrivent sur l’affiche "Morts pour la France".
Onze ans après, Aragon écrit un poème sur l’Affiche rouge, mis en musique et chanté quelques années plus tard par Léo Ferré.

(Mardi, 08 novembre 2011 - Avec les agences de presse)

L’Affiche Rouge de Louis Aragon et Léo Ferré en Hommage aux Martyrs de la Résistance

http://www.youtube.com/watch?feature=pl ... hOe-5HU15U

http://www.millebabords.org/spip.php?article18929
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Re: Décès de Henri Karajan , ancien du goupe Manouchian

Messagede Pïérô » 12 Fév 2012, 13:00

Dans le cadre de la semaine anticoloniale, http://www.anticolonial.net/, il y aura un hommage a la mémoire de Manouchian, le dimanche 26 février 2012 à 10h au cimetière d'Ivry.
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Re: FTP-MOÏ

Messagede Pïérô » 07 Oct 2015, 07:38

Toulouse, ce mercredi 7 octobre

Dans le cadre du Festival Antifasciste 2015, l’Union Antifasciste Toulousaine et Kartier Libre organisent :

à partir de 17h30 : Projection du film "Ni travail, ni famille, ni patrie" au Communard - Journal d’une brigade FTP-MOÏ / Un film de Mosco Boucault

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Re: FTP-MOÏ

Messagede bipbip » 11 Mar 2016, 17:29

Paris samedi 12 mars 2016

Projection débat « Une jeunesse parisienne en résistance »
Film documentaire de Laurence Karsznia et de Mourad Laffitte

Ce documentaire aborde l'espoir et la détermination de toute une jeunesse parisienne avide de faire vivre les valeurs humaines au-delà de toute barbarie; le parcours a héroïque de ces jeunes, souvent étrangers, entrés en résistance dans les FTP-MOI et dont beaucoup connurent le sort tragique des arrestations, de la torture, des exécutions ou de la déportation.

En présence de Laurence Karsznia et de Mourad Laffitte et de quelques témoins

Union des Juifs pour la Résistance et l'Entraide

à 15h, 14 rue de Paradis, Paris 10e

http://www.communcommune.com/2016/03/pr ... n=politics
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Re: FTP-MOÏ

Messagede bipbip » 01 Jan 2017, 18:00

Hommage au résistant lyonnais Nathan Chapochnik

Le 20 Avril 2009 disparaissait brutalement à Lyon Nathan Chapochnik, résistant lyonnais FTP MOI (Franc Tireur Partisan, Main d’Oeuvre Immigrée). Retour sur son parcours pour lui rendre hommage, avec notamment la Résistance, les sabotages et les actions de guérilla avec le bataillon Carmagnole...

Il avait bien voulu en octobre 2007 parler de sa vie et de ses actions à RADIO CANUT, en direct dans l’émission BISTANCLAQUE.

Nathan CHAPOCHNIK n’avait pas d’âge , enfin c’est l’impression qu’il donnait quand on le rencontrait et qu’on parlait avec lui. Et pourtant à 89 ans toujours en pleine action et avec plein de projets en cours, son coeur l’a lâché.

89 ans et presque 80 ans de militantisme

Fils de juifs ukrainiens immigrés en France pour fuir les pogroms, il est né à Paris le 9 novembre 1920. Né français et républicain, il le reste même quand à 20 ans, la France n’est plus républicaine. Fin 40, il colle déjà des affiches antinazies sur les murs de Paris.

En décembre 1941, il s’installe à Lyon avec sa famille, poursuivant son activité professionnelle d’ouvrier fourreur à domicile. Il entre en contact avec les Jeunesses juives de Lyon, qui deviendront l’Union de la jeunesse juive (UJJ) avec qui il participe à des actions clandestines : collages d’affiches, distributions de tracts dans les transports en commun, les cinémas.

Les camps de concentration, il le dit, il le savait déjà depuis longtemps.
L’étoile jaune il ne l’a jamais portée, il n’en était pas question.
Tout de suite il a voulu se battre contre le nazisme et ses suppôts français, se battre vraiment, et il devient, sous le nom de "Francis", un des premiers membres des groupes FTP-MOI, donc un clandestin.

En juin 1942 c’est avec son camarade et beau frère Simon Zaltzerman (dit "Fred") qu’il est détaché de l’UJJ auprès des FTP-MOI : c’est ainsi qu’ils deviennent les deux premiers membres du bataillon CARMAGNOLE, formé à Lyon en juillet 1942, un des plus actifs maillon de la Résistance.

La résistance, des sabotages et des actions de guérilla avec le bataillon Carmagnole

Le 11 novembre 1942, pour accueillir les Allemands il est sur la passerelle Saint Vincent en couverture des résistants qui lancent la grenade qui n’explosa pas.

A partir du 11 novembre 1942, il participe avec Zaltzerman et Kugler à des actions armées contre les troupes allemandes et des sabotages de camions, de transformateurs électriques... ainsi que beaucoup d’autres actions contre les occupants dans la région lyonnaise. Il en contera quelques unes.

Il assurera pendant un temps le fonctionnement de l’imprimerie clandestine de l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE) à son domicile avenue Thiers à Villeurbanne, avant de lui trouver une cachette plus sûre. Vers la mi-mars 1943, il rentre dans la clandestinité totale cessant tout contact avec sa famille et toute activité professionnelle pour ne se consacrer qu’à la lutte contre l’ennemi nazi : « Ni travail, ni famille, ni patrie ».

Le 27 mai 1943, une opération pour récupérer des tickets d’alimentation
se passe mal et son beau frère Simon Zaltzerman (dit Fred) est blessé, puis capturé et sera guillotiné.
Le 4 décembre 1943, il allait être guillotiné à la prison Saint-Paul par les soins de la "justice" française de Vichy. Le juge responsable de la condamnation sera abattu par un groupe FTP MOI de CARMAGNOLE.
Pour échapper à sa condamnation, il quitte Lyon pour Grenoble, avec le bataillon Liberté, ce qui formera le bataillon Carmagnole-Liberté. Il sera à l’origine de la création, avec une douzaine de compagnons, du maquis Le Chant du Départ près du Mont Aiguille...

Puis il part à Nice où il devient "Paul", responsable militaire des FTP MOI du département. Grâce aux liens qu’il développe avec l’Armée secrète, il
parvient à armer ses groupes. Ainsi le maquis de Peille reçoit un parachutage d’armes et d’explosifs. Les actions se poursuivent contre l’occupant allemand : destructions de camions, d’une usine d’air liquide, attentat à la bombe dans un café, contre un blockhaus ; jusqu’à sa blessure
au Cros-de-Cagnes, le 6 juin 1944, qui l’oblige à interrompre ses activités. Il poursuit toutefois l’instruction militaire de groupes de combat (Arméniens)
jusqu’à la libération de Marseille le 15 août 1944.

Après la guerre il s’engage dans l’armée, et assez vite on l’envoie en Indochine. Mais comprenant tout de suite qu’il n’est pas question pour lui de devenir un artisan du massacre du Viet Minh [1], il démissionne de l’armée en 1951.

Il reprend ensuite à Lyon sa vie civile et de militant oeuvrant pour la cause de ses compagnons disparus dans la lutte (97 morts au combat sur les quelques 200 membres de CARMAGNOLE et LIBERTÉ), au sein de l’ANACR, et pour celle de la justice sociale et des droits des travailleurs. Avec d’autres résistants et déportés, Nathan participait activement à l’activité en direction des scolaires du Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon.

Marcel Bertone

Quelques jours avant sa mort, place Bertone sur le plateau de la Croix Rousse, il prononçait le discours de l’hommage annuel rendu au résistant lyonnais assassiné Marcel BERTONE et "Chapo", comme on l’appelait dans son quartier, parlait "du devoir de mémoire à poursuivre après notre disparition "...

NATHAN , nous y sommes.


P.-S.
En plus de pouvoir enregistrer cette émission Bistanclaque de Radio Canut, on peut emprunter à la Bibliothèque de la Part-dieu une vidéocassette VHS (82 mn.) : "Témoignage de Francis Chapochnik", enregistrée le 11 juin 1997 au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, qui contient des informations sur le bataillon Carmagnole et d’autres récits personnels sur la guerre 39/45, sur Lyon...


Notes
[1] Ligue, créée par les Communistes en 1941, et qui regroupe tous ceux qui luttent pour l’indépendance du Viet Nam


https://rebellyon.info/Hommage-au-resistant-lyonnais
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Re: FTP-MOÏ

Messagede Pïérô » 29 Jan 2017, 02:18

Des "terroristes" à la retraite

Juifs et communistes, émigrés en France dans les années 1930, ils ont été les principaux acteurs de la guérilla urbaine menée à Paris contre l'occupation allemande. En 1983, Mosco Boucault recueillait le témoignage de ces anciens "terroristes". Un documentaire qui fit grand bruit, présenté dans une version remontée.

Ils étaient juifs, communistes et étrangers. Venus de Pologne, de Roumanie, de Hongrie et d’Arménie, ils ont immigré en France dans les années 1930 pour échapper aux persécutions raciales et politiques. Pour la plupart, ils étaient tailleurs ou fourreurs. Le pacte de non-agression entre Staline et Hitler, en août 1939, les déboussole. Ils s’engagent mais trouvent une armée française en déroute. La promulgation du statut des juifs par Vichy les oblige à se faire enregistrer au commissariat. Lorsque l’Allemagne envahit l’URSS, en août 1941, le PCF lance une guérilla urbaine contre l’occupant, à Paris. Mais les militants français n’ont pas la culture de la clandestinité. Le parti s’adresse alors aux militants de la MOI (Main-d’œuvre immigrée) : le travail souterrain leur est familier et ils n’ont rien à perdre…

L'affiche rouge

Organisés en triangles cloisonnés, les FTP-MOI (Francs-tireurs partisans de la Main-d’œuvre immigrée) fabriquent des bombes, d'abord artisanales, puis de plus en plus élaborées. Leurs actions se multiplient et sont efficaces : à Paris, entre mars 1942 et novembre 1943, 92 hôtels allemands sont attaqués à la bombe, 33 à la grenade ; 15 bureaux de recrutement sont incendiés, 125 camions militaires détruits, 11 traîtres abattus… En août 1943, les FTP-MOI organisent un attentat contre von Schaumburg, général commandant de Paris. En septembre, ils exécutent le responsable du STO en France, Julius Ritter. Mais, en octobre, un de leurs chefs est arrêté. Missak Manouchian cherche en vain à obtenir de la direction du mouvement l’autorisation de quitter provisoirement Paris. En novembre, la plupart des militants sont arrêtés et exécutés. Leurs visages figureront sur la célèbre “affiche rouge” placardée sur les murs de Paris…

Lors de sa première diffusion, ce documentaire a eu un retentissement considérable, d’abord parce qu’il mettait en avant la responsabilité des instances dirigeantes des FTP et du PCF, ensuite à cause de l’extrême humanité des témoins, filmés en situation, sur les lieux de leurs actions rejouées pour la caméra ou dans les ateliers de confection où ils ont continué de travailler.

http://www.arte.tv/guide/fr/024362-000- ... a-retraite

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Re: FTP-MOÏ

Messagede bipbip » 28 Fév 2017, 14:07

Le 21 février 1944, les membres du groupe FTP-MOI de Missak Manouchian sont fusillés au Mont Valérien

Une twithistoire de Mathilde Larrère

1) Le 21 février 1944, les membres du groupe FTP-MOI de Missak Manouchian sont fusillés au Mont Valérien

2) Les FTP-MOI étaient des résistants communistes. Essentiellement composés d’étrangers, ils étaient issus des groupes syndicaux de la MOI

3) La MOI ça veut dire la main d’œuvre immigrée.

4) Car il faut savoir que depuis les débuts de l’industrialisation, la France avait eu massivement recours à des travailleurs étrangers

5) En effet il n’y avait pas assez de main d’œuvre pour l’industrie. dans les 20ies on avait même organisé 1 système de recrutement d'ouv

7) Il s’agissait alors surtout de travailleurs venus d’Europe, Italiens, Polonais surtout. Et qui étaient en bute à une violente xénophobie

8) Peu organisés, ces travailleurs souffraient aussi de contrats de travail particulièrement défavorables

9) Aussi, la CGTU (syndicats communistes) avaient créés des groupes de la MOI pour aider ces travailleurs


https://twitter.com/LarrereMathilde/sta ... 8007015424
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Re: FTP-MOÏ

Messagede Pïérô » 12 Oct 2017, 09:04

Toulouse, dimanche 15 octobre 2017

l’Histoire de la 35ème brigade FTP MOÏ dans un documentaire et une bande dessinée

Jacob Insel, Mendel Langer, les frères Claude et Raymond Lévy Commentaires sur le film de Pierre Mosco Boucault et la bande dessinée de Marc Levy et d'Alain Grand.

Invités : Elerika Leroy (Historienne) et Alain Grand (auteur scénariste de Bédé)

à 18h, Place des Tiercerettes, Toulouse

À partir d'extraits du documentaire « Ni travail, ni famille, ni patrie » et de la bande dessinée d'Alain Grand « Les enfants de la liberté » (adapté du roman de Marc Levy), nous reviendrons sur les traces de Jacob Insel, Mendel Langer, les frères Claude, Raymond Levy et d'autres héros de la Résistance à Toulouse. Cette histoire de la 35e brigade FTP Moï (Francs-tireurs et partisans - main d'oeuvre immigrée) est restée longtemps dans l'ombre. Depuis quelques années, des oeuvres leur rendent hommage. Elerika Leroy et Alain Grand commenteront et présenteront ces deux productions à la mémoire de ces oubliés de la guerre, en nous apportant quelques éclairages complémentaires.

Gratuit et en plein air

https://toulouse.demosphere.eu/rv/15914

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Re: FTP-MOÏ

Messagede bipbip » 21 Jan 2018, 16:58

Projection débat « L'armée du crime »

Séance exceptionnelle le vendredi 26 janvier à 14h00 à Utopia Pontoise

dans le cadre de la préparation au Concours National de la Résistance et de la Déportation 2018 et de la journée de commémoration de la libération des camps le 27 janvier.

Organisée par la DSDEN95 et l'EDARIDAE ( Entente des Associations de Résistants, Internés et Déportés, d'Amis et d'Enseignants du Val d'Oise)

Séance suivie d'une rencontre avec Madame Frania Eisenbach-Haverland, née polonaise, mise en ghetto à l'âge de 15 ans, puis envoyée vers différents camps nazis dont Auschwitz-Birkenau. Valdoisienne, elle témoigne depuis de nombreuses années dans les établissements scolaires de notre département où elle soutient activement le CNRD.

Séance ouverte à tous (places limitées). Inscription des scolaires sur cette séance (contactez-nous au 01 30 37 75 52)

L'armée du crime

Film de Robert Guediguian - France 2009 2h19mn
avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Robinson Stevenin, Jean Pierre Darroussin, Lola Naymark, Ariane Ascaride, Gérard Meylan...
Scénario de Serge Le Péron, Gille Taurand et Robert Guédiguian.

L'occupant allemand avait plaqué leurs visages sombres sur une affiche rouge sang, barrée d'un gros titre : « Des libérateurs ? », ironique, tant il semblait impossible que ces gens-là, ces métèques venus d'ailleurs aient pu avoir pour motivation celles qu'ils revendiquaient : la libération de la France, le respect des « droits de l'homme »… Ils étaient si fiers de leur trouvaille, les Teutons, qu'ils firent placarder sur tous les murs de France la liste de ces noms impossibles à dire et qui leur semblaient parfaitement répulsifs : Manouchian, Boczov, Crzywakz, Wasjbrot, Fingerweig… L'affiche concluait « la libération ! par l'Armée du crime ! », dénonçant ces terroristes immondes, ces criminels par nature…

À contrario, l'occupant a donné une preuve éclatante de son talent pour la propagande : pour toute la Résistance, le groupe Manouchian devint un modèle et depuis, personne ne peut évoquer « l'affiche rouge » sans avoir des frissons d'émotion jusqu'au bout des arpions. La légende a traversé les années, exaltant définitivement l'esprit de résistance d'une bande d'étrangers, communistes, juifs, qui engagèrent leur vie toute entière au service d'un idéal supérieur, de l'intérêt collectif bien compris.

Missak Manouchian, immigré arménien, poète, ouvrier, militant de la FTP-MOI de la région parisienne, amoureux de sa Mélinée, fut désigné en 1943 pour prendre la tête du groupe qui devint l'obsession des « verts de gris » et des collabos. La police française mit le paquet : enquêtes, filatures, chantage, torture… et finirent, à la suite d'une dénonciation, par pincer les principaux leaders.

Si les images sont particulièrement soignées, si la reconstitution est précise et les acteurs impeccables, le film de Guédiguian réussit à faire de ces icônes des humains, pas si différents de nous : tous ceux-là aiment la vie plus fort que tout, travaillent, s'inquiètent, sont amoureux, pensent… Et loin d'être figés dans le marbre de l'histoire, ils semblent tisser un lien évident avec notre présent, tant les valeurs qui les font agir sont encore aujourd'hui relayées par d'autres et le film est un formidable hommage à la vie, à l'amour, à l'espoir, à l'esprit de résistance…

http://www.cinemas-utopia.org/saintouen ... &mode=film
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Re: FTP-MOÏ

Messagede bipbip » 08 Aoû 2018, 21:24

Arsène Tchakarian, le survivant témoin
Il était le dernier survivant du "groupe Manouchian" qui avait résisté à l'occupant nazi. Le résistant Arsène Tchakarian est décédé à l'âge de 101 ans, samedi 4 août, à Vitry. Après la Libération, il a passé sa vie à chercher et écrire sur la période la plus forte de son existence. Nous vous proposons de relire son portrait, publié dans l'Humanité en 2014.
... https://www.humanite.fr/arsene-tchakari ... oin-658892

Résistance. Arsène Tchakarian a fermé ses yeux de partisan
Le dernier survivant du groupe Manouchian est décédé à l’âge de 101 ans. Résistant sous l’Occupation, il était devenu historien pour que vive la mémoire.

Il n’était pas sur l’Affiche rouge. Il n’a pas été fusillé comme 22 de ses camarades au fort du Mont-Valérien, le 21 février 1944. Il a fini par les rejoindre, après avoir passé sa vie à leur rendre hommage. Arsène Tchakarian, le dernier survivant du réseau Manouchian, s’est éteint le samedi 4 août. Il avait 101 ans. Celui qui se faisait appeler Charles, quand il était membre de l’Armée secrète chargée de combattre les nazis, tout en ayant une carte d’identité au nom d’Antoine Picchini avec la mention « né à Bastia », a en réalité vu le jour en Turquie, en décembre 1916. Sa famille, arménienne, quitte très vite l’Empire ottoman. Arrivé en France en 1930, Arsène devient communiste, soutient le Front populaire et adhère à la CGT. Engagé dans l’armée française en 1937, il vit d’abord la Seconde Guerre mondiale en tant que soldat, dans les Ardennes. Démobilisé après l’armistice, il ne supporte pas la capitulation. Il choisit le chemin de la résistance, d’abord en imprimant des tracts, dans la clandestinité. Mais voilà qu’un jour de 1942 son ami Missak Manouchian vient le retrouver, armé d’une nouvelle détermination. « Il me dit : “Il y en a marre des tracts. Maintenant il faut combattre avec les armes” », racontait Arsène Tchakarian à l’Humanité en 2014.
... https://www.humanite.fr/resistance-arse ... san-658912
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Re: FTP-MOÏ

Messagede bipbip » 10 Nov 2018, 22:15

Les résistants du groupe Manouchian (1943-1944)

Le matin du 17 mars 1943, Missak Manouchian, Arsène Tchakarian et Marcel Rayman, attaquent à la grenade un groupe de soldats allemands à Levallois-Perret. Cet attentat marque le début d’une série d’actions menée par un groupe de résistants issus de la MOI (Main d’œuvre immigrée), plus connu sous le nom de groupe Manouchian. Pendant plusieurs mois cette organisation, composée d’une soixantaine d’hommes et de femmes, va harceler quotidiennement l’occupant nazi. Immigrés pour la plus part, ils vont être la principale force armée s’opposant directement aux allemands en région parisienne. Dotés d’un courage sans faille et guidés par un idéal, celui de la liberté, ils vont à jamais marquer l’histoire de la Résistance.

« Étrangers et nos frères pourtant », ils ont dit « non » à l’occupant nazi

Dans les années 1920, le Parti communiste et la CGT décident de la création d’une organisation syndicale regroupant les travailleurs immigrés présents sur le territoire. La France accueille alors une main d’oeuvre importante venu de l’étranger¹, qui a besoin de s’intégrer et de se souder. Devenue la MOI dans les années 30, l’organisation décide de la création d’une branche armée au début de la Seconde Guerre mondiale pour faire face à l’occupant nazi.

Ainsi, le groupe des Francs-tireurs et partisans – Main d’œuvre immigré (FTP-MOI) voit le jour en 1941. Présents dans les grandes villes du territoire (Paris, Marseille…), ses combattants vont s’organiser clandestinement pour résister et mener des actions. Membre de la MOI depuis les années 30, le poète et intellectuel engagé arménien, Missak Manouchian prend la tète de la structure parisienne de l’organisation en 1943.

A ses cotés, une soixantaine de jeunes résistants². D’horizons différents, ils avaient pour point commun leur farouche volonté de combattre la haine et de défendre la liberté. Antifascistes, certains comme l’italien Spartaco Fontano avaient été contraints de quitter leur pays. Communistes, d’autres comme le hongrois Emeric Glasz avaient du fuir les persécutions politiques. Juifs, d’autres encore en avaient fait de même face aux mesures antisémites. Missak Manouchian était quant à lui un survivant du génocide arménien qui avait emporté son père et sa mère (morte de la famine qui s’en est suivie).

Ainsi, fuyant la misère et les persécutions, ils sont venus se réfugier en France, pays des droits de l’homme, où les fascistes avaient échoué à prendre le pouvoir. Leurs tragiques histoires personnelles, leurs souffrances, renforceront indiscutablement leur volonté à s’engager dans la lutte armée contre l’occupant.

Antifascistes et Républicains, certains comme Szolomo Grzywacz, Célestino Alfonso ou encore Joseph Boczov avaient déjà rejoint les Brigades internationales en 1936 afin de participer à la lutte contre Franco en Espagne. D’autres comme Missak Manouchian ou Emric Glasz s’étaient volontairement engagés dans l’armée française en 1939 afin de combattre l’Allemagne nazi. Tous connaissaient le sacrifice de leur engagement. Mais aucun d’eux n’était prêt à reculer face à la haine qui envahissait alors l’Europe.

La défaite de 1940 puis l’occupation, vont être pour eux comme pour l’ensemble des français un véritable bouleversement. Certains comme Léon Goldberg vont voir leur famille disparaître lors de rafles, d’autres comme Amedeo Usseglio ou Robert Witchitz vont se voir réquisitionnés pour le Service du Travail Obligatoire (STO). Ainsi, refusant de se soumettre à l’occupant, bravant leur peur, s’est tout naturellement qu’ils vont rejoindre les FTP-MOI.

Des résistants qui ne laissèrent aucun répit à l’occupant nazi

En février 1943, Missak Manouchian s’engage dans la branche armée de la MOI³. Le 17 mars, il effectue son premier attentat contre l’occupant. Rapidement, il obtient des responsabilités au sein de l’organisation. En juillet, il succède au tchèque Alik Neuer, arrêté par la police, au poste de commissaire technique des FTP-MOI dans la capitale. Il en devient même le principal dirigeant à partir du mois d’août et donc le chef de la résistance parisienne.

A la tête d’un groupe composé d’une soixantaine de combattants, il va pendant plusieurs mois organiser la résistance dans la capitale. Ses troupes passent à l’action plusieurs fois par semaine. Attentas, exécutions d’officiers allemands en plein jours, déraillement de trains, ils ne laissent aucun répit à l’occupant.

Les membres du groupe connaissent les risques qu’ils prennent en commettant de tels actes. Nombre d’entre eux ont vu des proches, des amis ou des camarades arrêtés ou déportés(4). « Avant l’action, nous avions des tremblements » affirme le résistant Henri Karayan (5), « mais au moment de l’action, tout s’arrêtait ».

Manouchian préparait minutieusement les différentes opérations. « Il a réfléchi, sur le terrain, à toutes les erreurs à ne pas commettre. Sa stratégie, c’est d’abord d’éviter les opérations suicides. Dogme intangible : avant chaque action, vérifier l’équation selon laquelle cent pour cent d’efficacité égalent cent pour cent de sûreté. Nécessité, aussi, de constituer un arsenal suffisant. Nécessité, enfin, de frapper l’ennemi dans ses centres nerveux(6) ».

Rien n’est laissé au hasard. Les armes, les résistants se les font directement livrer par avion depuis Londres. Là-bas, convaincu par Jean Moulin, le général de Gaulle a accepté d’armée la résistance communiste. Malgré leur jeunesse, une grande partie d‘entre eux est déjà aguerrie au combat. Certains ont notamment été formés dans les Brigades internationales.

Par leurs actions, les membres du groupe Manouchian voulaient montrer à l’occupant, mais aussi à la population française, que la résistance était encore debout. Plusieurs de leurs actions ont un retentissement important. On trouve en effet au tableau de chasse de l’organisation plusieurs officiers nazis comme le colonel et responsable du STO Julius Ritter ou les généraux Von Schaumburg et Van Apt.

Des casernes militaires, des libraires nazies ou encore le siège du parti fasciste italien seront aussi pris pour cible. Au total, plus d’une centaine d’actions sont attribuées aux résistants de la MOI entre février et novembre 1943. Chacune d’entre elle représentera une source d’espoir pour des milliers de français qui par peur de la répression féroce des allemands n’osaient entrer dans la lutte armée contre l’occupant.

« Je n’ai jamais tué d’allemands, je n’ai tué que des nazis »

Les importants moyens mis en place par les nazis pour traquer le groupe Manouchian sont la preuve flagrante de l’efficacité des actions de la résistance. En effet, pas moins de 200 agents sont chargés de traquer les membres de l’organisation clandestine parisienne. Brigades spéciales, renseignements généraux, agents municipaux, la police française participera activement à l’opération(7).

Une situation improbable donc, « voilà des combattants étrangers engagés dans la libération de la France qui se retrouvent repérés, filés, arrêtés par des policiers français œuvrant au service de l’occupant allemand »(8). Après des semaines de filature, ils sont une trentaine de résistants à être arrêtés en novembre 1943. Parmi eux, Missak Manouchian, leader parisien des FTP-MOI et Joseph Epstein, chef régional de l’organisation(9). Cette arrestation met fin à la résistance armée au sein de la capitale pendant plusieurs mois.

Après avoir été torturés des heures durant, 24 des interpellés sont présentés devant une cour martiale allemande le 19 février 1944. Un simulacre de procès a alors lieu. Il débouche sur la condamnation à mort de vingt trois d’entre eux. Les nazis profitent alors de l’occasion pour lancer une importante campagne de propagande destinée à diaboliser la résistance. Des milliers d’affiches et de tracts sont ainsi diffusés dans plusieurs grandes villes du territoire. Sur ces documents, Manouchian et neuf membres de son groupe sont présentés comme des terroristes.

Xénophobe, antisémite, « l’Affiche rouge » assimile la résistance à un « complot étranger contre la vie des Français et contre la souveraineté de la France ». Cependant, plutôt que de répugner la population, cette affiche va venir lui rappeler que la lutte contre l’occupant est encore bien vivante. Certains déposeront même des fleurs aux pieds de quelques affiches.

Le 21 février 1944, trois jours après leur procès, 22 des résistants condamnés sont fusillés au Mont-Valérien(10). Quelques minutes avant de mourir, Missak Manouchian écrit ces mots à sa femme Mélinée : « J’en suis sûre que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit ».

Jamais les FTP-MOI parisiens ne se seront soumis à la haine, pas même au moment d’être fusillés. Jamais ils n’auront assimilé le peuple allemand à la barbarie nazie (« Je n’ai jamais tué d’allemands, je n’ai tué que des nazis », Henri Karayan(11)). Jamais, ils n’auront perdu espoir en un avenir meilleur (« le peuple Allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps », Missak Manouchian).

70 ans après la disparition des membres du groupe Manouchian, il est plus que jamais essentiel de garder vivante leur mémoire. A travers leur courage, leur humanisme, leur espoir sans faille en un avenir meilleur ou encore leur lutte contre la haine et le fascisme, ils ont oeuvré pour la paix. Arméniens, espagnols, italiens, roumains, hongrois, polonais ou encore français, ces hommes et ces femmes ont su unir leur force au service l’émancipation humaine. Combattants de la liberté et de la fraternité, ils incarneront à jamais le visage de la Résistance.

¹ En 1939, il y a entre deux et trois millions d’étrangers en France.
² Les FTP-MOI parisiens rassemblent 65 combattants à l’époque.
³ En réalité, il s’y prépare depuis avril 1942.
4 En décembre 1942, une partie de la direction des FTP-MOI est arrêtée. En mars 1943 ensuite, de nombreux militants des Jeunesses communistes sont déportés dans des camps de travail (on trouve notamment parmi eux Henri Krasucki, le futur leader de la CGT). Beaucoup n’en reviendront pas.
5 Henri Karayan (membre du groupe Manouchian décédé en 2011), Nord Éclair, 06 mai 2000.
6 Henri Karayan, l’Humanité, 04 avril 2000.
7 En 1942, des accords de collaborations des polices sont signés entre Vichy et les nazis.
8 Denis Peschanski, L’Humanité, Hors série, février 2014.
9 Il sera fusillé le 11 avril 1944 au Mont-Valérien.
10 La loi allemande interdisant de fusiller une femme, Olga Bancic, 23ème condamnée, sera décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944.
11 Henri Karayan, L’Humanité, 04 avril 2000.

Principales sources : L’Humanité, Hors série, février 2014 ; Divers témoignages d’Arsène Tcharkarian et d’Henry Karayan ; Divers articles de Denis Peschanski ; Site L’Affiche rouge – Manouchian http://l-afficherouge-manouchian.hautetfort.com/


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