Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Re: Une histoire en kit des années 60 aux USA

Messagede Pïérô » 04 Aoû 2016, 18:35

Musique et guerre

Déserteurs et Protest singers : chanter contre la guerre

Une émission d'archives consacrée aux déserteurs et Protest singers avec Christian Marcadet, Chercheur au CNRS, Jacques Vassal, Journaliste chroniqueur musical et Marie Plassart, Enseignante chercheuse associée à l’IEP de Lyon.

à écouter : http://www.franceculture.fr/emissions/l ... rs-chanter
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Re: Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Messagede bipbip » 01 Sep 2016, 02:29

“Good Night White Pride” : histoire d’un logo

GOOD NIGHT WHITE PRIDE : interview avec Harlon Jones

Tout le monde est habitué à voir le logo « Good Night White Pride » – L’image d’une silhouette mettant un coup d’pied dans la tête d’un neo-nazi – Mais peu de personne sait que l’image vient d’une photo prise en 1998 lors d’une contre-manifestation contre un rassemblement du KKK (Ku Klux Klan) à Ann Arbor dans le Michigan, US.

L’an dernier, Antifa International postait un article détaillé sur l’histoire de la photo derrière le logo GNWP, mais ils n’étaient pas encore capable de mettre un nom sur le visage de l’antifasciste apparaissant sur la photo.

Puis, il y a quelques semaines, ils ont été contacté par ce gentleman qui présentait sa semelle à la tête d’un des membres du KKK.
Voici les propos qu’ils ont recueilli:

... http://lahorde.samizdat.net/2016/08/27/ ... -dun-logo/
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Re: Une histoire en kit des années 60 aux USA

Messagede Pïérô » 15 Sep 2016, 18:57

Besançon, mardi 27 Septembre 2016

Projection-Débat : LES DIGGERS DE SAN-FRANCISCO
Documentaire de Céline Deransart et Alice Gaillard

Les Diggers furent un collectif artistique militant et anarchiste actif entre 1966 et 1969 à
San Francisco. Leur théâtre libre qui met en scène dans la rue une société libre et
gratuite est complété par des brochures de propagandes poétiques et par des
distributions de repas gratuits, selon des modes d'action qui inspireront le mouvement
« Food not Bombs »

20h00, LIBRAIRIE L'AUTODIDACTE, 5 rue Marulaz
Entrée libre
Organisés par le RESTO TROTTOIR, collectif Food Not Bombs
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Re: Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Messagede Lila » 04 Déc 2016, 20:48

Rosa Parks, « la femme qui s’est assise »

Rosa Louise McCauley Parks, dite Rosa Parks (1913 – 2005) est une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis.

Fille de Leona et James McCauley, respectivement institutrice et charpentier, Rosa Louise nait le 4 février 1913 en Alabama. Dans sa jeunesse, elle a des problèmes de santé chroniques. Après le divorce de ses parents, elle vit avec sa mère, son frère et ses grands-parents. Jusqu’à ses 11 ans, c’est Leona qui prend en charge son éducation, à laquelle elle accorde une grande importance, puis Rosa fait ses études dans des écoles pour enfants noirs. Mais son école est brûlée, à deux reprises, par des membres du Klu Klux Klan, et elle doit interrompre ses études avant la fin, pour prendre soin de sa grand-mère puis de sa mère malades.

Rosa affronte le racisme au quotidien. Son grand-père, inquiété par les actions du KKK, monte la garde devant la ferme familiale. Elle est marquée par les fontaines réservées aux Blancs ou aux Noirs, par l’interdiction des transports scolaires aux enfants jaunes ou noirs et par les sections réservées dans les bus. C’est là, dit-elle, qu’elle réalise « qu’il y [a] un monde pour les Noirs et un monde pour les Blancs ».

En 1930, Rosa commence à travailler en tant que couturière ; elle est également aide-soignante. En 1932, elle épouse Raymond Parks, barbier militant membre de l’Alabama de l’Association pour l’avancement des gens de couleur (National Association for the Advancement of Colored People, NAACP). Tous deux s’investissent dans divers mouvements de lutte pour les droits civiques.

En 1955, Claudette Colvin, une adolescente de 15 ans membre du NAACP, est arrêtée et menottée pour avoir refusé de céder sa place à un homme blanc ; Rosa lève des fonds pour la défendre. Mais Claudette est enceinte et le NAACP juge que ce fait lui sera reproché et pourrait nuire à la cause. Une autre femme, Mary Louise Smith, n’est pas non plus défendue du fait de son père alcoolique. Le 27 novembre 1955, après le meurtre sauvage d’Emmett Till qui choque beaucoup d’Afro-Américains, Rosa assiste à un grand meeting sur le meurtre, tenu par T.R.M. Howard, activiste des droits civiques. Le 1er décembre 1955, un conducteur de bus, James Blake, lui ordonne de laisser sa place à un Blanc et de s’installer au fond ; Rosa refuse.

Rosa est arrêtée, jugée et inculpée de désordre public ainsi que de violation des lois locales. Son affaire se transforme immédiatement en contestation de la loi sur la ségrégation. Rapidement, 50 dirigeants de la communauté afro-américaine, emmenés par Martin Luther King, se réunissent pour discuter des actions à mener à la suite de l’arrestation de Rosa Parks. Ils fondent le Montgomery Improvement Association et en élisent Luther King président. Un boycott des bus de Montgomery est organisé ; il durera 381 jours. Des violences et des vexations sont perpétrées contre les Noirs. Finalement, le 13 novembre 1956, la Cour suprême des États-Unis juge que la ségrégation dans les bus est anticonstitutionnelle. Le boycott cesse le 20 novembre, mais les violences ne s’achèvent pas.

Par la suite, Rosa Parks devient une icône pour le mouvement des droits civiques. De 1965 à 1988 (lorsqu’elle prend sa retraite), elle travaille dans l’équipe du représentant démocrate du Michigan, l’Afro-Américain John Conyers à la Chambre des Représentants des États-Unis.

Rosa Parks décède le 24 octobre 2005 à Détroit.

https://histoireparlesfemmes.com/2012/12/16/rosa-parks/
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Re: Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Messagede bipbip » 29 Déc 2016, 15:22

Histoire des femmes travailleuses

Il y a 103 ans, la grève pour le « pain et les roses »

Une tache d’encre se repend dans le tissu pénétrant ses fibres en profondeur. Une grève décisive a pénétré comme la tache d’encre, profondément, la fibre de la vie de ses protagonistes. Voilà l’histoire des femmes de Lawrence.

La grève des femmes de Lawrence

Cela fait 103 ans que dans la ville de Lawrence, dans l’état du Massachusetts aux États-Unis, loin des fêtes du nouvel an, les ouvrières textiles commencèrent une grève qui fut alors connue sous le nom de « Bread and Roses » (du pain et des roses). Les grévistes ont obtenu satisfaction de leurs revendications : la réduction de la journée de travail, l’augmentation des salaires et la reconnaissance du droit à l’appartenance syndicale.

La première décennie du XXe siècle est marquée par une vague de grèves aux États-Unis, concentrée dans le secteur du textile, une industrie dynamique à cette époque. Les journées de travail interminables, les salaires misérables et les conditions de travail inhumaines ont entraîné des milliers de travailleuses dans la rue.

En 1908, les ouvrières de vêtements de Chicago ont mené une large campagne pour la réduction de la journée de travail et l’amélioration des conditions de travail. L’année suivante, en 1909, à New York, a eu lieu la première action ouvrière, la plus importante de l’histoire de la ville, menée par les « jeunes filles » qui n’avaient pas 20 ans, avec pour leader la « vétérante » Clara Lechmil, 23 ans. En 1911 une célèbre grève textile s’est terminée par un désastre : l’incendie provoqué par les patrons de la Triangle Shirtwaist Company.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Il-y ... -les-roses
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Re: Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Messagede bipbip » 18 Fév 2017, 17:12

Le mouvement des luttes afro-américaines

L'histoire des luttes afro-américaines reste centrale dans la contestation aux Etats-Unis. Ce mouvement ne s'arrête pas à l'égalité des droits mais remet en cause l'ordre capitaliste.

La lutte des Africains-Américains est devenue un véritable mythe. Mais cette histoire est souvent falsifiée ou aseptisée. La lutte pour les droits civiques, pacifiste et réformiste, est particulièrement valorisée. Les combats contre les inégalités économiques et sociales sont davantage occultés. Les luttes des femmes empruntent aux mobilisations radicales et ouvrières mais restent ancrées dans un activisme pragmatique qui tente de trouver des solutions concrètes aux problèmes de la vie quotidienne. Caroline Rolland-Diamond propose de retracer l’histoire longue de cette lutte dans le livre Black America.

Des divergences de classe traversent le mouvement des Africains-Américains. La petite bourgeoisie privilégie les stratégies d’élévation sociale contre des revendications plus frontales et plus radicales de transformation de l’ordre social.

« Historiquement, la classe moyenne noire a joué un rôle controversé d’intermédiaire et de négociateur entre les élites au pouvoir et les populations noires défavorisées », souligne Caroline Rolland-Diamond.

... http://www.zones-subversives.com/2017/0 ... aines.html
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Re: Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Messagede bipbip » 18 Mar 2017, 20:23

Première bataille de Wounded Knee le 27 février 1973

Le 27 février 1973, des membres de l’American Indian Movement (AIM) et des Lakotas (Sioux) Oglala occupent la réserve indienne de Pine Ridge et le comptoir de Wounded Knee afin de protester contre le régime de terreur instauré par le président du conseil tribal dit "progressiste" et corrompu Dick Wilson et sa milice paramilitaire privée ainsi que contre la politique du gouvernement fédéral à l’égard des nations amérindiennes. Le siège dure 71 jours, et les fédéraux firent pleuvoir sur le village plus de 500 000 balles, avant que les militants ne se rendent le 8 mai, et disparaissent à la barbe des autorités.

... https://rebellyon.info/Premiere-bataill ... e-27-14419
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Re: Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Messagede bipbip » 08 Mai 2017, 19:21

Montreuil jeudi 11 mai 2017

Projection rencontre "I Am Not Your Negro"

Documentaire de Raoul Peck (France/Etats-Unis/Belgique/Suisse - 2017 -1h33 - VO)

séance suivie d'une rencontre avec le réalisateur, Raoul Peck

à 20h30, Cinéma Georges Méliès, 12 place Jean-Jaurès, Montreuil (93)

À travers les propos et les écrits de l'écrivain noir américain James Baldwin, Raoul Peck propose un film qui revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains au cours de ces dernières décennies.

« L'histoire des Noirs en Amérique, c'est l'histoire de l'Amérique, et ce n'est pas une belle histoire », écrivait James Baldwin en 1979. C'est au travers des mots de cet auteur que le réalisateur haïtien Raoul Peck a choisi de raconter la lutte des Africains-Américains. Si le thème n'est pas nouveau, il en tire un documentaire choc. Porté par la pensée acérée et radicale de Baldwin, le spectateur se retrouve plongé dans un siècle d'activisme grâce à des images d'archives mettant en scène les trois figures emblématiques de la cause noire, Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King.

Le manuscrit resté inachevé de Baldwin, Remember This House (Souviens-toi de cette maison), dans lequel il rendait hommage à ses trois amis disparus « avant leurs 40 ans », sert de trame au récit.

http://rencartaumelies.blogspot.fr/2017 ... negro.html
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Re: Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Messagede Pïérô » 09 Juil 2017, 03:13

1905-aujourd'hui: les travailleurs industriels du monde aux États-Unis

Une courte histoire de la branche américaine de l'organisation de masse la plus révolutionnaire de l'histoire américaine, l'Union des travailleurs industriels de l'union mondiale, l'IWW.
L'IWW a changé le syndicalisme américain pour toujours, étant le premier grand syndicat à organiser le noir et blanc dans toutes les industries et appelant à l'abolition du système des salaires et de la démocratie industrielle. Il a été largement vaincu par une campagne massive de répression lancée par les patrons et le gouvernement

... https://translate.google.fr/translate?s ... edit-text=
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Re: Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Messagede bipbip » 02 Sep 2017, 18:31

Chronologie (provisoire) du Black Panther Party

...et des principaux événements
qui ont influencé ses activités
aux Etats-Unis de 1966 à 1982

Nous avons placé en encadré et en italiques les éléments du contexte social et politique qui ont influencé la naissance du Parti des Panthères noires, son ascension puis son déclin.

PDF : http://mondialisme.org/IMG/pdf/chronolo ... du_bpp.pdf
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Re: Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Messagede bipbip » 04 Jan 2018, 22:07

103 ans après la grève "du pain et des roses"

Une tâche d'encre se répand sur un tissu parce qu'elle imbibe profondément ses fibres. Une action décisive transforme ses protagonistes parce qu'elle pénètre, comme la tache sur un tissu, profondément la fibre de leurs vies. Telle est l'histoire des femmes de Lawrence.

La grève de Lawrence

Il y 103 ans, dans une ville appelée Lawrence, dans l’Etat de Massachusetts aux Etats-Unis, bien loin des fêtes du jour de l’An, les ouvrières du textile ont initié une grève connue plus tard sous le nom de la grève "du pain et des roses". Elle aboutira à la réduction du temps de travail, à l’augmentation des salaires et la reconnaissance des femmes par les syndicats.

La première décennie du 20ème siècle s’est ouverte sur une vague de grèves aux Etats-Unis, concentrée dans le secteur du textile, l’industrie en pointe de l’époque. Les journées de travail interminables, les salaires de misère et les conditions de travail inhumaines ont déclenché de nombreuses grèves.

En 1908 les ouvrières de l’industrie de l’habillement de Chicago ont mené une grande campagne pour la réduction du temps de travail et l’amélioration des conditions de travail. L’année suivante, en 1909, New York a connu la première action ouvrière de grande ampleur de son histoire, lancée par des "jeunes filles" qui n’avaient pas 20 ans et dirigée par la "vétérante" Clara Lechmil, âgée de 23 ans. Puis, 1911 a été l’année de la fameuse grève du textile qui termina en désastre, par l’incendie provoqué par les propriétaires de la Triangle Shirtwaist Company.

Le jour de l’An en 1912

Le jour de l’An, bien loin des banquets des familles riches, les travailleuses et travailleurs de Lawrence se sont mis en grève. Quelques jours auparavant une nouvelle législation qui réduisait le temps de travail de 56 à 54 heures par semaine pour les femmes et les mineurs de moins de 18 ans avait été votée.

L’industrie du textile employait de la main d’œuvre immigrée, féminine et infantile. Plus de la moitié était des femmes et beaucoup d’entre elle étaient mineures. Elles luttaient sous la bannière de la conquête du pain (symbole des droits sociaux en matière de travail) et des roses (symbole de l’exigence de meilleures conditions de vie).

L’immense majorité des ouvrières de Lawrence n’était pas organisées en syndicats, la AFM (American Federeation of Labor, centrale syndicale officielle) affiliant seulement les ouvriers qualifiés, autrement dit, des hommes blancs. Ainsi, l’industrie textile était totalement désorganisée.

Organisation et lutte des classes : les femmes au front

Au cœur de la grève était engagée la IWW (Industrial Workers of the World), l’une des premières organisations ouvrières qui a encouragé les femmes ouvrières à occuper des postes dirigeants et qui s’est battu pour des méthodes de lutte démocratiques. Elle a tenté de suivre la trace de l’organisation des "Chevaliers du travail", qui avait inauguré la tradition des syndicats mixtes (ouverts aux ouvriers blancs et noirs) et l’intégration des femmes.

Le 10 janvier eut lieu la première réunion au sein de la IWW, où mille ouvrières, qui venaient de recevoir leur chèque avec un salaire moindre (à cause de la réduction du temps de travail) décidèrent d’appeler à la grève. Des heures plus tard, tout était en marche. Les premières à se mettre en grève étaient les ouvrières polonaises du Everett Mill, le 11 janvier, et le 12 suivirent celles de American Wollen Company (une des entreprises les plus importantes). Et le mouvement s’est étendu à la majorité des ateliers.

Un comité de grève a été élu, comprenant 56 titulaires et 56 suppléantes pour remplacer le groupe titulaire au cas où il serait arrêté, fait commun pendant les grèves. Le comité représentait toutes les nationalités, au sein des réunions on pouvait entendre parler 25 langues et 45 dialectes, et il y avait des interprètes pour chacun d’entre eux. Tous les jours, avaient lieu des assemblées générales à la fin de la journée où l’on faisait un bilan et où l’on discutait des prochains pas à suivre pour le succès de la lutte.

Les deux premières mesures votées étaient : caisse de grève et piquet massif autour des usines. Les affrontements avec la police et les milices du gouvernement local étaient chaque fois plus violents et il devenait difficile de bloquer l’entrée des briseurs de grève. Finalement, il a été décidé de former une ligne "infinie" autour des ateliers, un piquet tenu 24h/24 et qui bougeait constamment. Il était ainsi impossible d’entrer dans l’usine.

Quelques semaines plus tard, les dirigeantes sont arrêtées, accusées d’incitation à la violence, suite à la mort d’une ouvrière. La IWW envoya Elizabeth Gurley Flynn, Jog Hill et Carlo Tresca pour remplacer les dirigeants emprisonnés.

De nouvelles mesures pour encourager la participation féminine

Le nouveau comité de grève mis en place des garderies et cantines collectives pour les enfants des ouvrières. Les mesures visaient à faciliter la participation des femmes. Se tenaient aussi des réunions non-mixtes, nécessaires pour combattre le machisme chez les ouvriers, y compris chez les militants. Elizabeth Gurley Flyenn, d’un enthousiasme déterminant, a été un élément moteur de cette politique.

La IWW s’adressait aussi en particulier aux enfants, qui subissaient des attaques à l’école et dans leur quartier, la ville étant alors très divisée autour de la grève. Peu à peu, se mirent en place des réunions des enfants du syndicat ainsi qu’une école où se discutaient les revendications de la grève. La mesure eut tant de succès qu’elle fut à nouveau mise en place au cours de la grève de Paterson de 1913.

En raison de la violence croissante, les enfants furent envoyés dans d’autres villes, où ils ont été hébergés par des familles solidaires du mouvement. Dans le premier train, il y avait 120 garçons. Au moment où le second train s’apprêtait à partir pour New York, la police déclencha une répression inouïe dans la gare. Cet épisode donna à la grève un écho national, dans la presse et au Parlement.

Tout le monde parlait de Lawrence. Les dirigeants de la centrale syndicale officielle durent se prononcer mais il ne soutinrent pas la grève : ils qualifièrent les ouvrières de gauchistes, d’anarchistes et de révolutionnaires et ne voulaient pas entendre parler de comité de grève. Mais les ouvrières de Lawrence pouvaient compter sur un soutien énorme. Il y eut des meetings de solidarité dans tout le pays. Les universités voisines, comme la prestigieuse Harvard, comportaient des comités étudiants qui participaient à la grève et qui, s’ils étaient amenés à sécher leur examens, se les voyaient valider d’emblée par l’université. Les étudiantes des universités de femmes ont collecté de l’argent, diffusé la lutte et voyagé à Lawrence pour participer directement au comité de grève.

La diffusion large, la détermination des ouvrières et la peur que la grève ne s’étende ont amené les patrons à céder : ils ont accepté la réduction du temps de travail et l’augmentation des salaires. Après une longue lutte, qui a duré presque tout l’hiver, le 12 mars, la grève "du pain et des roses" devint l’une des premières victoires du mouvement ouvrier aux Etats-Unis. Le 30 mars, les enfants des travailleuses rentraient à Lawrence.

La victoire ne se limite pas aux revendications. Elle a bouleversé l’idée de comment lutter pour gagner. L’histoire du mouvement ouvrier prend souvent le visage d’un homme aguerri. Or les femmes ont passé des jours et des nuits à se battre, aux côtés de leurs camarades, et des grèves comme celle de Lawrence sont bien là pour nous le montrer.


http://www.revolutionpermanente.fr/103- ... an-y-Rosas
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Re: Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Messagede bipbip » 06 Jan 2018, 21:21

Black Lives Matter et la révolte noire américaine

Le mouvement Black Lives Matter s'inscrit dans l'histoire du mouvement des luttes afro-américaine. Cette révolte contre les violences policières permet également de repenser la critique du capitalisme.

A partir de l’automne 2014, des révoltes ont éclaté à Ferguson et à Baltimore après la mort de personnes tuées par la police. La lutte locale portée par les habitants et habitantes de Ferguson devient un mouvement national contre les violences policières. Les Afro-Américains sont régulièrement victimes de violences policières. Ils risquent également davantage d’aller en prison. Un amalgame créé entre race et risque de délinquance sert à légitimer la surveillance policière des communautés noires. Ensuite, les attaques de la population noire s’inscrivent dans une offensive bien plus large contre les classes populaires dans leur ensemble. Les inégalités sociales ne cessent de se creuser.

Les différences de classe entre Afro-Américains deviennent très importantes. Alors qu’une minorité de la communauté s’est enrichie, la grande majorité subie la misère et le désespoir alimentés par les inégalités qui traversent toute la société américaine. La bourgeoisie noire vit les inégalités raciales de manière très différente que les Afro-Américains pauvres et prolétaires. La réussite de l’élite noire est attribuée à son mérite individuel. Ce qui permet de masquer le racisme institutionnel qui maintient les Afro-Américains dans la pauvreté. Sous les mandats d’Obama, la situation de la population noire ne s’est pas améliorée. L’indifférence perdure.

Le mouvement Black Lives Matter incarne un renouveau des luttes noires américaines. La révolte devient plus explosive. Elle remet en cause le racisme institutionnel et les inégalités sociales. Keeanga-Yamahtta Taylor propose une analyse de ce mouvement dans le livre Black Lives Matter. Le renouveau de la révolte noire américaine.

... http://www.zones-subversives.com/2018/0 ... caine.html
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Re: Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Messagede bipbip » 04 Fév 2018, 18:25

L’affaire Abu-Jamal

Comment le FBI a liquidé les Panthères noires

Une campagne internationale tente d’empêcher l’exécution, prévue à Philadelphie, le 17 août, de M. Mumia Abu-Jamal, journaliste et ancien membre des Panthères noires. Elle relance le débat sur la peine de mort aux Etats-Unis. Un débat d’autant plus nécessaire que l’application de ce châtiment frappe principalement les minorités raciales. L’affaire Abu-Jamal incite aussi à s’interroger sur les procédés employés par les autorités du pays, de 1968 à aujourd’hui, pour liquider les mouvements révolutionnaires américains et leurs militants.

... https://www.monde-diplomatique.fr/1995/ ... ESQUE/6545
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Re: Une histoire en kit des années 60 aux USA

Messagede Pïérô » 09 Fév 2018, 13:06

Young Lords, Histoire des Black Panthers latinos (1969-1976)

Marseille, Samedi 10 février
18h, Manifesten, 59 Rue Adolphe Thiers, Marseille, 1e arr.

Une histoire méconnue que conte brillamment Claire Richard dans Young Lords, ouvrage qu’elle présente ce soir.

Image

Août 1969 : la canicule règne en maître sur les rues d’El Barrio, quartier portoricain de New-York socialement sinistré. Les poubelles pourrissent dans les rues ? La mairie s’en tape. Une poignée de jeunes militants, balais en main et bérets sur la tête, se retroussent alors les manches, incitant les habitants à reprendre en main leur quartier. Les Young Lords sont nés. Pendant quelques années, ces black Panthers latino vont multiplier les actions communautaires, mêlant radicalité politique et pragmatisme social, lutte contre la tuberculose et émeute, occupations d’églises et appels aux armes.

https://mars-infos.org/young-lords-hist ... black-2853
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Re: Mouvements sociaux, mouvement ouvrier aux États-Unis

Messagede bipbip » 08 Mai 2018, 22:23

Etats-Unis. Pourquoi? L’assassinat de Luther King nécessite une réponse

Cette année marque le cinquantième anniversaire de l’assassinat du Dr Martin Luther King, le 4 avril 1968.

Ce meurtre de l’un des grands dirigeants noirs de l’époque par des racistes blancs avec la complicité du gouvernement américain, très probablement le FBI, a stupéfié tous les Afro-Américains du pays. Immédiatement, des soulèvements violents ont éclaté dans des centaines de villes et de villages, les soulèvements les plus amples qui ont marqué la période du mouvement des droits civiques et du «pouvoir noir» (Black Power).

... https://alencontre.org/ameriques/americ ... ponse.html
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