Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 27 Avr 2017, 21:20

Lettre à mon voisin qui a fait la guerre coloniale

Écho actualisé des déserteurs portugais

Jorge Valadas
Traduction de Filipa Freitas

Le 25 avril 1974, une partie de l’armée portugaise met fin à près de 50 ans d’un régime autoritaire d’idéologie fasciste. Depuis 1961, le régime est par ailleurs embourbé dans une guerre contre des mouvements indépendantistes dans ses trois colonies africaines, la Guinée-Bissau, l’Angola et le Mozambique. Aujourd’hui encore, cet horrible conflit colonial demeure un tabou dans nombre de familles, et en avril 2016, la publication d’un modeste recueil de témoignages de déserteurs portugais a provoqué un véritable tollé au Portugal.

Dans Lettre à mon voisin qui a fait la guerre coloniale, parue originellement en janvier 2017 dans Mapa, journal d’information critique portugais, Jorge Valadas1 parcourt les tréfonds d’un mal constitutif de l’histoire portugaise et européenne. Il revient sur un mouvement de jeunes refusant le patriotisme triomphant, en écho avec nos temps de repli identitaire.

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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 08 Mai 2017, 19:00

“Kamerun ! une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971”

De 1955 à 1962, la France a livré une guerre totale aux indépendantistes camerounais. Une véritable guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts, à 5 000 km de la métropole, loin des regards d’une opinion fascinée par les événements d’Algérie. Une guerre qui s’inscrit dans la lignée des pires conflits coloniaux [1].

Aujourd’hui encore, peu de Français savent que leur armée fut engagée pendant sept ans au Cameroun, pour éradiquer l’UPC, un mouvement rebelle. Une guerre que les autorités françaises persistent à nier, envers et contre tout. En visite à Yaoundé le 22 mai 2009, François Fillon, interrogé sur cette guerre, avait même osé affirmer : « Je dénie absolument que des forces françaises aient participé en quoi que ce soit à des assassinats au Cameroun, tout cela c’est de la pure invention » [2]. En 750 pages, les trois auteurs mettent en pièce ce déni d’histoire. Le site associé au livre ➚ publiera progressivement des documents d’archives inédits, des extraits d’interviews de témoins et de responsables, politiques et militaires, camerounais et français, de cette guerre.

A la suite de la présentation du livre, vous trouverez ci-dessous deux des sept parties constituant l’introduction : « Aux origines du système néocolonial français en Afrique » et « La France contre le
Kamerun ».

Image

Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971
Manuel DOMERGUE, Jacob TATSITSA, Thomas DELTOMBE [3]
éd. La Découverte ➚, 6 janvier 2011, 25 €, 744 pages

Quatrième de couverture

Pendant plus de quinze ans, de 1955 à 1971, la France a mené au Cameroun une guerre secrète. Une guerre coloniale, puis néocoloniale, qui a fait des dizaines de milliers de morts, peut-être davantage. Une guerre totalement effacée des histoires officielles. En France, où l’on enseigne toujours que la décolonisation de l’« Afrique française » fut exemplaire et pacifique. Et au Cameroun, où il est encore risqué aujourd’hui d’évoquer ce terrible conflit qui enfanta une redoutable dictature… C’est dire l’importance de ce livre, qui retrace l’histoire de la guerre menée par les autorités françaises contre l’Union des populations du Cameroun (UPC), le parti indépendantiste créé en 1948, et tous ceux pour qui la liberté et la justice s’incarnaient en un mot : « Kamerun ! ».

Pendant quatre ans, les auteurs ont enquêté en France et au Cameroun. Ils ont retrouvé de nombreux témoins : militaires français et camerounais, combattants nationalistes, rescapés des massacres… Dans les archives, ils ont consulté des milliers de documents et fait d’étonnantes trouvailles. Ils racontent comment furent assassinés, un à un, les leaders de l’UPC : Ruben Um Nyobè en 1958, Félix Moumié en 1960 et Ernest Ouandié en 1971. Et ils montrent comment l’administration et l’armée françaises, avec leurs exécutants locaux, ont conduit pendant des années une effroyable répression : bombardements des populations, escadrons de la mort, lavage de cerveau, torture généralisée, etc.

Plus de cinquante ans après la pseudo-indépendance accordée au Cameroun le 1er janvier 1960, cette histoire reste d’une brûlante actualité. Car c’est aussi celle de la naissance de la Françafrique, fruit du consensus colonial de la IVe République, puis de la diplomatie secrète de la Ve République. C’est l’histoire, enfin, d’un régime « ami de la France » en guerre perpétuelle contre son propre peuple : après vingt-deux ans de dictature sous Ahmadou Ahidjo et près de trois décennies de déliquescence sous Paul Biya, les Camerounais rêvent toujours d’indépendance et de démocratie.

Aux origines du système néocolonial français en Afrique [4]

La France, nul ne l’ignore, n’a pas quitté l’Afrique en octroyant l’indépendance
à ses anciennes colonies. Elle est partie pour mieux rester. Pour rester
cachée derrière des régimes qu’elle a elle-même installés, formés et consolidés, et qu’elle s’est arrangée à contrôler et à maintenir en place sur la longue durée. Des accords de coopération, civils et militaires, ont été signés entre ces partenaires inégaux pour moderniser, en les contractualisant, les liens de dépendance.
Des accords de défense (largement secrets) ont également été paraphés
pour permettre aux dirigeants des tout jeunes États indépendants de faire face
aux menaces extérieures et, encore davantage, aux « troubles intérieurs » qui
pourraient à l’avenir les faire vaciller et ainsi ébranler la nouvelle architecture
de ce colonialisme réformé.

Le Cameroun occupe une place particulière dans ce système néocolonial.
Non seulement parce qu’il est le seul pays du « pré carré » français en Afrique
à avoir connu une rébellion armée conséquente, sous l’impulsion de l’UPC, au
moment de l’indépendance, mais également parce qu’il est le premier – si l’on
met de côté le cas particulier de la Guinée d’Ahmed Sékou Touré – à accéder
à l’indépendance, le 1er janvier 1960. Le Cameroun apparaît alors comme un
pays pionnier. Premier pays du « champ » à avoir vu débarquer les « spécialistes
» français de la guerre révolutionnaire, dès le milieu des années 1950, il
est aussi le premier à se voir doté d’une armée nationale et à « bénéficier » de
l’assistance militaire technique française. Cette dernière, activée le jourmême
de la proclamation de l’indépendance, permet de poursuivre sans transition
et, pour encore de longues années, les opérations militaires engagées contre la
rébellion upéciste à l’ère du colonialisme direct, inaugurant dans le sang une
longue série d’ingérences militaires françaises en Afrique.

Né dans un contexte de guerre, c’est tout le régime du Cameroun « indépendant » qui a été imbibé par les modèles « contre-révolutionnaires ». Les
doctrines françaises de contre-insurrection ont muté en système de gouvernement. Quelques mois après l’indépendance, tandis que les opérations de guerre se poursuivaient dans plusieurs régions du pays, une dictature implacable fut installée. Concentré dans les mains du président Ahmadou Ahidjo et de son entourage, mais appuyé par la « coopération » et l’« assistance technique » françaises, le pouvoir camerounais a recyclé les méthodes guerrières utilisées contre les maquis de l’UPC pour les appliquer à tous les « subversifs », c’est-à-dire à tous ceux qui contestaient, ou semblaient contester, les nouvelles
autorités. La surveillance, l’endoctrinement et la répression des populations
devinrent des habitudes. Et l’exception, la règle. Les Camerounais, qui
s’étaient passionnés pour le projet émancipateur de l’UPC dans les années
1950, furent sommés de rejeter leurs « mauvais penchants » et de transférer
leur enthousiasme sur le parti unique d’Ahmadou Ahidjo. Lequel, vampirisant
l’héritage upéciste, s’octroya le titre de pionnier de l’indépendance…
Purgé de ses éléments « subversifs », appelé à traquer en son sein la moindre
« déviance », sommé quotidiennement d’oublier ses amours d’antan, le
peuple camerounais ne put faire vivre son désir de liberté que dans la clandestinité, dans l’exil ou sur le mode du refoulement.

Le même phénomène s’observe, au même moment, dans les autres pays
africains du « pré carré » français. Partout s’installent des régimes à poigne,
dont la pérennité est assurée par les accords de défense, de coopération et
d’assistance technique auxquels leur parrain français les fait souscrire dès leur
accession à l’indépendance, à l’époque exacte où se déroule la guerre du
Cameroun. Profondément inspirés par les méthodes militaires de l’ex-métropole, ces nouveaux régimes reçurent pour mission, afin de sauvegarder les « intérêts français » sur le continent, de lutter sans relâche contre leurs ennemis intérieurs, réels ou potentiels, qu’on voulait croire inspirés par les puissances communistes ou, dans certains cas, anglo-saxonnes. C’est un officier du Centre militaire d’information et de documentation sur l’outre-mer (CMIDOM) qui explique le phénomène dans une étude confidentielle rédigée en 1973 : « Formées de personnels transférés de l’armée française, organisées sur le modèle de cette dernière et équipées de matériels cédés par la France, les armées des jeunes États indépendants constituent, au début, les seuls “outils” structurés à la disposition des gouvernants. Héritières en quelque sorte des Forces françaises outre-mer, elles en adoptent aussi une partie des missions traditionnelles, tout particulièrement préserver l’ordre politique et social (issu de l’indépendance) et être prêtes à faire face à la subversion et, éventuellement, à l’opposition politique. […] Avec le temps, la véritable mission de ces armées va évoluer, l’ennemi à craindre étant plus au-dedans qu’au-dehors. Dans plusieurs pays, l’armée jouera un rôle capital dans la direction des affaires du pays. »

Les processus que nous venons brièvement d’évoquer, la transmission au
sein de l’armée française des savoir-faire contre-subversifs forgés au moment
de la décolonisation, d’une part, et leur utilisation intensive et continue par
des régimes africains vassalisés par la France, d’autre part, sont longtemps
restés inconnus d’une opinion publique française qui se soucie fort peu du
destin de l’Afrique et de la politique qu’y mènent ses gouvernants depuis des
décennies. Ce silence entretenu et consenti est une des forces principales du
néocolonialisme français en Afrique. La faiblesse des contre-feux et des
procédures de contrôle a permis aux dirigeants français de faire passer les dictateurs « amis de la France » pour de fins démocrates, dont les excès de zèle répressif, parfois trop voyants, ne pourraient s’expliquer que par une incorrigible « nature africaine » et par la regrettable inaptitude de leurs peuples à entrer de plain-pied « dans l’Histoire ». Ces arguments ont permis – et permettent encore – à une partie des classes dirigeantes hexagonales de conserver des « liens privilégiés », ô combien rémunérateurs, avec bon nombre de dictateurs, de tortionnaires et de criminels de guerre formés à l’« école française ».

Le silence, cependant, a été partiellement brisé au début des années 1990.
D’abord parce que, à la faveur de la fin de la guerre froide, les peuples africains ont saisi l’opportunité pour faire entendre leur colère. Ensuite parce
qu’il y a eu le génocide des Tutsis du Rwanda, en 1994, derrière lequel on n’a
pas tardé à découvrir de graves complicités françaises. Enfin, parce que des
militants, des journalistes et des chercheurs se sont penchés et mobilisés en
France pour dévoiler la face cachée de la politique africaine de la France. C’est
ainsi que François-Xavier Verschave, président de l’association Survie de 1995
jusqu’à sa mort en 2005, popularisera – le « salopard » !… – le concept de
« Françafrique » pour décrire les relations occultes et malsaines entretenues
entre dirigeants français et africains. C’est ainsi également que des journalistes
ou des chercheurs comme Patrick de Saint-Exupéry, David Servenay ou
Gabriel Périès exhumèrent les canaux de transmission qui permirent aux
génocidaires rwandais de bénéficier de la part de la France non seulement
d’armes, d’appuis logistiques, de soutien moral et politique, mais également
de formations auxméthodes d’éradication de l’« ennemi intérieur » forgées et
diffusées depuis la période de décolonisation par les autorités politiques et
militaires françaises. « Nous avons instruit les tueurs, écrira ainsi le journaliste
Patrick de Saint-Exupéry. Nous leur avons fourni la technologie : notre
“théorie”. Nous leur avons fourni la méthodologie : notre “doctrine”. Nous
avons appliqué au Rwanda un vieux concept tiré de notre histoire d’empire.
De nos guerres coloniales. »

La France contre le Kamerun [5]

Il ne s’agit en aucune façon ici de refaire toute l’histoire du Cameroun.
Nous cherchons plutôt à comprendre pourquoi les responsables français, de la
IVe puis de la Ve République, avant comme après l’octroi de l’indépendance
du pays, se sont lancés dans une répression aussi féroce. C’est ce contexte qu’il convient en préalable de brosser à grands traits, tout en présentant l’organisation que nous avons retenue pour ce livre, structuré en quatre séquences chronologiques : 1945-1954, 1955-1958, 1959-1960, 1961-1971.

La raison principale de la hargne française s’appelle, on l’a dit, l’UPC.
Créée en 1948 à Douala par quelques « indigènes évolués », comme on les
désignait alors, l’UPC constitue dès le départ un des défis les plus sérieux au
colonialisme français en Afrique. Elle réclame d’abord la justice, la dignité et
l’égalité pour les « indigènes » trop longtemps martyrisés, exploités, abusés.
Elle demande aussi la réunification du pays que se sont partagé les Français
et les Britanniques, par le truchement de la Société des nations (SDN) après la
défaite allemande en 1916, puis celui de l’ONU. S’appuyant sur le statut international du Cameroun qui en fait, avec le Togo, un Territoire à part au sein
de l’Empire français, l’UPC exige surtout l’indépendance : affront insupportable
pour les Français qui, contrairement aux Britanniques, n’ont aucune
intention de lâcher du lest. Malgré les belles paroles du général de Gaulle à
Brazzaville en janvier 1944, ils comptent bien s’agripper à leurs « possessions
» d’outre-mer pour redorer le blason tricolore, assurer la défense nationale et faire quelques menus profits. Épine dans le pied des colons français, l’UPC se refuse, au contraire d’autres mouvements nationalistes africains, à tout compromis. Sa popularité se consolide, ses mots d’ordre se diffusent
dans tout le pays. Elle risque même de faire tache d’huile à travers le
continent. La répression française, qui n’est pas d’abord militaire, se durcit.
En vain (première partie).

Paris envoie alors, pour se maintenir à Yaoundé, des Hauts Commissaires
à poigne. Roland Pré d’abord, un ancien de la Résistance française contre le nazisme, qui voit des communistes partout. Il engage l’épreuve de force en mai 1955 et fait interdire l’UPC. Pierre Messmer ensuite, réputé libéral, mais qui ne craint pas lui non plus de faire couler le sang. Les nationalistes
camerounais maintiennent le cap. Dans la clandestinité, le programme
– indépendance, réunification, justice sociale – est maintenu. Et s’incarne
dans un mot : Kamerun ! Pied de nez aux Français, l’UPC brandit le nom que
leurs ennemis héréditaires, les Allemands, avaient donné à ce pays quelques
décennies plus tôt, avant son partage entre le Cameroun français et le Cameroon britannique. Pour les Camerounais, le mot devient slogan. Plus qu’un
programme, c’est un esprit : celui de la résistance. La France n’y tient plus.
Elle frappe, elle tue, elle enferme : en Sanaga-Maritime, mais aussi dans la
région que le colonialisme appelle « Bamiléké ». Ses soldats s’y livrent à la torture systématique, pour obtenir des renseignements et semer la terreur. La
France veut étouffer l’espoir : Ruben Um Nyobè, leader exemplaire du mouvement nationaliste, est assassiné en 1958 dans les maquis de Sanaga-Maritime (deuxième partie).

Le Cameroun devra suivre le chemin tracé par Houphouët-Boigny en
Côte-d’Ivoire et non celui de Sékou Touré en Guinée. Croyant avoir gagné,
ou cherchant à hâter sa victoire en leurrant les Camerounais, la France prépare
l’accession du pays à une « indépendance » qu’elle s’ingénie au préalable
à vider de son contenu. Elle a trouvé en Ahmadou Ahidjo, un petit homme
du nord du pays, le polichinelle idéal pour créer l’illusion. La flamme « kamerunaise » résiste encore, pourtant, quoique difficilement. En Sanaga-Maritime, la mort d’Um a presque atteint son objectif. Mais la résistance se
poursuit dans cette région aussi, comme dans les régions de Yaoundé, de
Douala et du Mungo. C’est surtout dans la région Bamiléké, l’Ouest-Cameroun,
que les combats sont les plus acharnés. Entrées en dissidence, les populations
de la région participent massivement à l’insurrection. Les autorités
françaises, qui ne sont théoriquement plus « chez elles » depuis le 1er janvier
1960, optent alors pour les représailles collectives : les bombardements
aveugles sur des villages entiers. C’est la « guerre totale », l’hécatombe. En exil forcé, au Caire, en Guinée, au Ghana, Félix Moumié, président de l’UPC, tente de trouver des soutiens étrangers et d’alerter une opinion internationale, française en particulier, aveuglée par les éclats meurtriers de la guerre d’Algérie. En novembre 1960, les services secrets français dénicheront à Genève une bonne adresse et un bon cocktail, pour lui faire passer l’envie de protester (troisième partie).

Maintenant que ses parrains français ont éliminé ses deux principaux
rivaux, Um Nyobè et Moumié, et écrasé la « révolte bamiléké », le « fantoche
» Ahmadou Ahidjo peut lever les bras en signe de victoire. La France de
Charles de Gaulle et de Jacques Foccart prend toutes les dispositions utiles
pour assurer sa longévité. À Yaoundé, les méthodes élaborées pour faire la
guerre à l’UPC se transforment en mode de gouvernement. Comme dans les
autres pays d’Afrique francophone, l’« indépendance » a enfanté une coriace
dictature : une façade derrière laquelle l’ancienne puissance coloniale peut
discrètement manoeuvrer. Revenu clandestinement d’exil, Ernest Ouandié,
vice-président de l’UPC, cherche vaillamment à rallumer la flamme et à
secouer cet état de fait. Mais le contexte est défavorable. À l’intérieur du
Cameroun, le contrôle des populations par les forces gouvernementales est
maintenant trop serré. Les militants kamerunais s’épuisent. À l’étranger, les
soutiens potentiels ont déserté : ils se passionnent maintenant pour le
Congo-Léopoldville et les colonies portugaises, ils se mobilisent pour le Viêt-nam…
et en oublient les « causes perdues ». Ouandié, de plus en plus isolé, perd le
contact avec ses amis exilés. Les tentatives de « deuxième front », lancées
depuis le Congo-Brazzaville, échouent lamentablement. Début 1971,
Ouandié est fusillé en public par un peloton d’exécution. Le Kamerun a vécu,
la Françafrique triomphe (quatrième partie).


[1] Voir la présentation du livre par David Servenay sur Rue89 : « Cameroun 1955-1962 : la guerre cachée de la France en Afrique http://www.rue89.com/2011/01/01/camerou ... que-183142 .

[2] Référence : http://www.gouvernement.fr/premier-mini ... u-cameroun http://www.gouvernement.fr/premier-mini ... u-cameroun

[3] Les auteurs :
Thomas Deltombe, journaliste indépendant, est l’auteur de L‘islam imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005 (La Découverte, 2005).
Manuel Domergue est journaliste au magazine Alternatives économiques.
Jacob Tatsitsa, enseignant, est doctorant en histoire à l’université de Yaoundé-I.

[4] Kamerun !, pages 14-16.

[5] Kamerun !, pages 26-28.


http://www.ldh-toulon.net/Kamerun-une-g ... e-aux.html
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 11 Mai 2017, 20:29

Lyon samedi 13 mai 2017

Aux origines de la FrançAfrique : Débat autour du livre tiré de Kamerun

à 15h à la librairie La Gryffe, 5 rue Sébastien Gryphe Lyon 7e.
Rencontre/débat autour du livre La guerre du Cameroun, L’invention de la Françafrique (1948-1971), Ed. La Découverte avec Manuel Domergue, l’un des auteurs.

Cette rencontre/débat est organisée par l’Association des Étudiants de Cultures Africaines de Lyon (AECAL).
Image

La légende veut que la France, « patrie des droits de l’homme », ait généreusement offert l’indépendance à ses anciennes colonies d’Afrique noire en 1960. Le livre La guerre du Cameroun, L’invention de la Françafrique (1948-1971) (édition de 2016 avec une préface de Achille Mbembe) écrit par Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, raconte une tout autre histoire : celle d’une guerre brutale, violente, meurtrière, qui a permis à Paris d’inventer un nouveau système de domination : la Françafrique.

Cette guerre secrète a pour théâtre le Cameroun des années 1950 et 1960. Confrontées à un vaste mouvement social et politique, porté par un parti indépendantiste, l’Union des populations du Cameroun (UPC), les autorités françaises décident de passer en force. En utilisant les mêmes méthodes qu’en Algérie (torture, bombardements, internements de masse, action psychologique, etc.), elles parviennent en quelques années à éradiquer militairement les contestataires et à installer à Yaoundé une dictature profrançaise.

En pleine guerre froide, et alors que l’opinion française a les yeux tournés vers l’Algérie, la guerre du Cameroun, qui a fait des dizaines de milliers de morts, est à l’époque passée inaperçue. Elle a ensuite été effacée des mémoires par ceux qui l’ont remportée : les Français et leurs alliés camerounais. Le crime fut donc presque parfait : les nouvelles autorités camerounaises ont repris les mots d’ordre de l’UPC pour vider l’« indépendance » de son contenu et la mettre au service… de la France ! Mais la mémoire revient depuis quelques années. Et les fantômes du Cameroun viennent hanter l’ancienne métropole. Laquelle, de plus en plus contestée sur le continent africain, devra tôt ou tard regarder son passé en face.

https://rebellyon.info/Aux-origines-de- ... ebat-17774
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 19 Mai 2017, 20:17

Paris samedi 21 mai 2016

Lancement du livre « Exilios »
Témoignages d'exilés et de déserteurs des guerres coloniales portugaises (1961-1974)


L'Association des Exilés Politiques 1961-1974 (AEP 61-74) et l'Association Mémoire Vive/Memória Viva (MV²) ont le plaisir de vous inviter au lancement du livre "EXILIOS, testemunhos de exilados e desertores portugueses na Europa (1961-1974)'', une collection de témoignages autour de la thématique de la désertion des guerres coloniales portugaises.

Programme complet :
• 16h30 - Présentation du livre
En présence de :
Victor Pereira, Docteur en histoire (IEP Paris), Maître de Conférences en Histoire contemporaine, Université de Pau.
Fernando Cardoso, Président de l'AEP 61-74 (Lisbonne).
Sonia Ferreira, Antropologue ISCT-IUL / CRIA. (Paris VII et ISCT de Lisbonne).
Vasco Martins, Vice-président de MV² et membre de l'AEP61-74.
• 17h30 - Moment d'échange avec la tribune.
• 18h30 - Projection du film Le Printemps de l'exil de José Vieira
• 19h30 - Débat en présence du réalisateur
• 20h30 - Concert de Chanson engagée portugaise
Avec Arnaldo Franco (Du groupe Os Camaradas), Joaquim Simões, Rui Meireles, Mr Pierre, Pedro Fidalgo et Dominique Grange.

Une exposition sur le sujet, de l'AEP 61-74 sera présentée en exclusivité tout le weekend.
Les livres seront bien évidemment en vente, ainsi que les dvds de José Vieira.

Entrée libre. Restauration possible sur place.

Lusofolie's, 57 avenue Dausmenil, Paris 12e

https://www.facebook.com/events/2760376 ... highlights
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 19 Mai 2017, 21:26

Lyon samedi 20 mai 2017

Projection-Débat : La Réunion des années 1960-1970, émigration, déportation, contrôle des naissances

Sur le Bumidom, l’affaire des “Enfants de la Creuse”, et les avortements et stérilisations pratiqués sur des femmes réunionnaises sans leur consentement. Avec la présence de : Michael Gence, Jean-Charles Pitou, Françoise Vergès. Le 20 mai 2017 14h, à l’Université Lyon 2 (campus BDR), au “Grand Amphi”. Entrée gratuite.

- Projection du film Rassine Monmon, Papa : Tome 1, ce passé qui ne passe pas
en présence du réalisateur Michael Gence
1963, le tout jeune département français de la Réunion atteint les 400 000 habitants,
dont la moitié a moins de 20 ans. 1963, encore, Michel Debré (ancien 1er ministre de DeGaulle) devient député de La Réunion et entame une politique démographique qui va du contrôle des naissances à « l’exportation » en France d’un grand nombre de jeunes réunionnais, voire des enfants, se servant d’institutions telles que l’armée, la fonction publique et les organismes sociaux. Pour cela, il crée le Bureau pour le développement des migrations intéressant les départements d’outre-mer (le Bumidom).
Je suis allé à la rencontre de plusieurs de ces migrants qui, comme mes parents, ont franchi l’océan sous l’impulsion de l’état français. Ce 1er tome pose le contexte dans lequel mes parents ont « désoté la mer » pour un aller sans retour pour l’hexagone, à la fin des années 60.
L’histoire de toute une jeunesse réunionnaise déboussolée, à qui on a séché tout espoir de développement au pays natal, vécue comme une promotion sociale, pour quelques uns, et pour de nombreux autres, comme un exil.
En savoir plus sur le film : https://rassinemonmonpapa.jimdo.com/

- Présentation de l’association Génération brisée
par son président Jean-Charles Pitou
Entre 1963 et 1982, plus de 2150 enfants réunionnais furent déportés en France hexagonale, dans des départements à repeupler comme la Creuse, le Cantal, le Gers… Cette affaire est plus généralement connue sous le nom des “Enfants de la Creuse”. Le 18 février 2014, après plusieurs années de combat judiciaire des victimes pour faire reconnaître ce crime, une résolution mémorielle est votée à l’Assemblée Nationale reconnaissant la responsabilité de l’État français dans ce drame. L’association Génération brisée est l’une des associations qui ont permis de faire sortir cette affaire de l’ombre.

- Présentation du livre Le ventre des femmes
par Françoise Vergès
Introduction par Véronique Corinus, Maîtresse de conférences en littératures francophones (Antilles et Afrique Subsaharienne) - Laboratoire Passages XX-XXI
Dans les années 1960-1970, l’État français encourage l’avortement et la contraception dans les départements d’outre-mer alors même qu’il les interdit et les criminalise en France métropolitaine.
Comment expliquer de telles disparités ? Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d’avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau.
Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l’État français prône le contrôle des naissances et l’organisation de l’émigration ; une politique qui le conduit à reconfigurer à plusieurs reprises l’espace de la République, provoquant un repli progressif sur l’Hexagone au détriment des outre-mer, où les abus se multiplient.
Françoise Vergès s’interroge sur les causes et les conséquences de ces reconfigurations et sur la marginalisation de la question raciale et coloniale par les mouvements féministes actifs en métropole, en particulier le MLF. En s’appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l’auteure entend faire la lumière sur l’histoire mutilée de ces femmes, héritée d’un système esclavagiste, colonialiste et capitaliste encore largement ignoré aujourd’hui.

- Table ronde et débat
Échange entre les intervenant.es, pour parler de cette période et du contexte de l’époque à la Réunion, suivi d’un débat avec le public.
N’oubliez pas de vous inscrire afin de participer à cet événement : inscription.chaire.eid@gmail.com


P.-S.
Facebook : https://www.facebook.com/events/654872568038424/
Site de Lyon 2 : http://www.univ-lyon2.fr/actualite/agen ... 26941.kjsp

https://rebellyon.info/Projection-Debat ... nees-17749
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 25 Mai 2017, 22:43

Paris vendredi 26 mai 2017

50 ans après les massacres et la répression policière de Mai 67 en Guadeloupe
Veillée culturelle en hommage aux victimes avant la manifestation du 27 mai


à 19h, Place de la République

Pour la vérité, la justice et les réparations

Lors d'une négociation des ouvriers du bâtiment où les représentants du patronat refusent les 2% d'augmentation demandés par les ouvriers, le préfet ordonne aux Képis Rouges (Gendarmes mobiles) d'ouvrir le feu sur les manifestants sur la place de la Victoire à Pointe-à-Pitre. Des guadeloupéens ont été assassinés, des centaines ont été pourchassés, persécutés, blessés, torturés dans les locaux même de la Sous-Préfecture, d'autres ont été condamnés et emprisonnés. Tandis que les victimes ont été poursuivies, les coupables n'ont toujours pas été inquiétés. Plus de 50 ans après ces massacres perpétrés dans un département français, aucun chiffre officiel n'a encore été fourni par les autorités sur le nombre de morts, de blessés et de disparus. Aujourd'hui encore les archives les plus importantes pour connaître toute la vérité sont encore gardées secrètes. Qui sont les responsables de ces massacre? Les Guadeloupéens réclament la Vérité, la Justice et la Réparation de cette répression coloniale.

Kolèktif Doubout pou Mé 67 : Mouvman kiltirèl

Choukaj, Miyo, Bwa Bandé, Ka Fratèrnité, Mas Libérasyon, Mas Mélé, Mas A Yo, Mas An Bistan, Vibrasyon A Mas, Karibean Mas &Amp; Asosyasyon Éritaj.

https://www.facebook.com/profile.php?id=100015093663568



Samedi 27 mai

Marche en hommage aux victimes
50 ans du massacre des guadeloupéens - Mai 1967


Image

Pour la vérité, la justice et les réparations

Nation - Bastille - République

Reconnaissance, vérité et justice des massacres de mai 67 50 ans apres les massacres perpétrés par les autorités françaises.

Les ouvriers du bâtiment réclament 2% d'augmentation. Le patronat refuse. Le préfet ordonne aux Képis Rouges (Gendarmes mobiles) d'ouvrir le feu. Des guadeloupéens ont été assassinés, des centaines ont été persécutés, blessés, torturés, condamnés, emprisonnés. Tandis que les victimes ont été poursuivies, les coupables n'ont toujours pas été inquiétés. Les Archives les plus importantes sont encore gardées secrètes.

Kolèktif Doubout pou Mé 67 : Mouvman kiltirèl

CHOUKAJ, MIYO, BWA BANDÉ, KA FRATÈRNITÉ, MAS LIBÉRASYON, MAS MÉLÉ, MAS A YO, MAS AN BISTAN, VIBRASYON A MAS, KARIBEAN MAS & ASOSYASYON ÉRITAJ.

Avec le soutien :
du Comité d'Organisation du 10 Mai, Sortir du Colonialisme, le CRAN et l'union syndicale, CGT/DOM et Solidaires

Contacts : douboutpoume67@gmail.com Facebook : kolèktif doubout pou mé swasannsèt

Signataires :

Kolèktif Doubout Pou Mé 67 : Mouvman kiltirèl CHOUKAJ, MIYO, BWA BANDÉ, KA FRATÈRNITÉ, MAS LIBÉRASYON, MAS MÉLÉ, MAS A YO, MAS AN BISTAN, VIBRASYON A MAS, KARIBEAN MAS & ASOSYASYON ÉRIT

Avec le soutien : du Comité d'Organisation du 10 Mai, Sortir du Colonialisme, Union syndicale Solidaires, CGT/DOM, CNT, CRAN, Cedetim/Ipam, Collectif féministe Ruptures, Femmes Plurielles, collectif Fathy Koumba, AFASPA, Cahiers d'Histoire, Droits Devant, Les Oranges, Collectif Solidarité Kanaky, Comité Vérité Justice de Kanaky, Ustke, MJKF (mouvement de jeunes kanak en France), STC (Syndicat des Travailleurs Corses), Corelso ( sahara), CDISCOM ( comores -Mayotte), Collectif Mahore

http://www.anticolonial.net/spip.php?article3034
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede Pïérô » 27 Mai 2017, 14:04

Sonjé Mé 67

Crime colonial oublié de la « métropole », les tueries et la répression de mai 1967 ne sont l’ob­jet d’aucune commémoration de l’Etat français : cinquante ans d’omerta.


La Guadeloupe a une histoire particulière au sein des Antilles françaises. Après la figure de Toussaint Louverture, l’homme qui commanda la révolte et mit fin à l’esclavage dans la partie française de Saint-Domingue en 1791, c’est celle de Louis Delgrès qui est la plus emblématique de la lutte pour l’émancipation, lui qui s’engagea désespérément contre le rétablissement de l’esclavage par Bonaparte et préféra la mort à la reddition le 28 mai 1802 à Saint Claude en Guadeloupe.

Nouveau statut, même combat

Cent cinquante ans plus tard, alors que les Antilles françaises sont passées en 1946 du statut de colonie à celui de département français, sans pour autant qu’une égalité de fait soit instaurée avec les Français de métropole, la Guadeloupe voit se développer des mouvements de revendication. En novembre 1951, les ouvriers de la canne à sucre entament une grève, bientôt rejointe en janvier 1952 par les petits fonctionnaires. Les propriétaires Béké font appel aux CRS qui, le 14 février, tirent dans la foule désarmée, faisant quatre morts et de nombreux blessés. Des mouvements plus politiques voient le jour dans les années 1960. Administrateur de la France d’Outre-mer, le Guadeloupéen Albert Béville, écrivain sous le nom de Paul Niger, a tiré de son expérience africaine ses convictions anticoloniales. Il fonde en avril 1961, avec l’écrivain Edouard Glissant et l’avocat Marcel Manville, le Front Antilles-Guyane pour l’autonomie. L’association est dissoute à peine trois mois après. Albert Béville est mis en congé, rétrogradé administrativement et interdit de séjour aux Antilles. Il réussit à s’envoler pour la Guadeloupe en compagnie du député de Guyane Justin Catayé et d’autres militants du Front. Leur avion s’écrase à l’atterrissage, le 22 juin 1962, à Deshaies en Guadeloupe.
En 1963 est fondé, à partir de mouvements d’étudiants en métropole, le GONG (Groupe d’organisation nationale de la Guadeloupe) qui revendique cette fois l’indépendance et rencontre la sympathie dans une population exaspérée par l’injustice sociale et raciale, par les élections régulièrement truquées, par l’arrogance intacte du pouvoir colonial.

« Embrasse le nègre »

En mars 1967, une étincelle va mettre le feu aux poudres. Le propriétaire européen d’un grand magasin à Basse-Terre lâche son berger allemand, en lui ordonnant « embrasse le nègre », sur un cordonnier ambulant infirme à qui il veut interdire de s’installer sur le trottoir devant chez lui. Le vieil homme est renversé et mordu. La foule en colère s’assemble, met à sac le magasin et précipite la grosse voiture du commerçant dans la mer. Deux jours plus tard, le magasin du frère de l’agresseur explose à Pointe-à-Pitre. Devant ces émeutes, le préfet Pierre Bollotte, qui a été directeur de cabinet du préfet d’Alger pendant la bataille du même nom, fait appel aux CRS et ordonne une répression féroce qui fait de nombreux blessés. Deux mois plus tard, les ouvriers du bâtiment se mettent en grève, réclamant 2% d’augmentation. Le 25 mai, des négociations ont lieu à la Chambre de commerce de Pointe-à-Pitre devant laquelle les manifestants se rassemblent. Le patronat ne cède rien. La phrase : « Quand les nègres auront faim, ils reprendront le travail » est même prononcée. Les manifestants jettent alors des projectiles sur les forces de l’ordre qui répliquent en ouvrant le feu et font deux morts. Au premier rang de la manifestation, l’activiste du GONG Jacques Nestor s’écroule, victime d’un tir manifestement ciblé. Loin de s’arrêter, la manifestation s’amplifie. Des lieux symboliques de l’État français sont incendiés. Les gendarmes mobiles et les CRS, renforcés par l’armée, ouvrent alors un feu nourri. Des dizaines de manifestants tombent tandis que les autres s’enfuient. La traque dégénérant en massacre systématique va alors s’organiser dans la soirée, la nuit et les jours suivants. Des automitrailleuses sillonnent la ville tirant sur les passants. La chasse à l’homme se poursuit méthodiquement dans le ratissage des quartiers. Le chiffre des victimes de ces journées sanglantes est à ce jour inconnu. Les autorités déclareront huit morts, la réalité doit se monter à une voire plusieurs centaines de tués.

Amnésie volontaire

La répression se poursuit par des centaines d’arrestations. Dix-neuf membres ou sympathisants du GONG sont transférés en métropole pour comparaître devant la Cour de sûreté de l’État, accusés d’avoir organisé la sédition. Treize seront acquittés, six condamnés avec sursis. Ce verdict signe non la volonté de l’État d’apaiser les esprits – le caractère spontané de la révolte était avéré – mais celle d’effacer le massacre. Entreprise réussie. Qui, en France, connaît le mai 67 guadeloupéen ? [1] Nos héros ne sont pas vos héros ; nos morts ne sont pas vos morts, a pu dire James Baldwin à propos des luttes des noirs.
Cinquante ans après, les archives doivent s’ouvrir pour identifier la chaîne de commandement qui a permis ce terrible carnage. On en attribue la responsabilité à Foccart, homme de l’ombre de l’Élysée, issu d’une famille de Békés guadeloupéens [2] et obsédé par la subversion communiste dans les possessions françaises, un de ces hommes puissants « qui ne veulent voir d’hommes noirs ou tirant leur origine de cette couleur que dans les fers de l’esclavage », selon l’ultime message de Delgrès.


[1] Sur ces événements, un documentaire de Xavier-Marie Bonnot et François-Xavier Guillerm a été produit en 2010, et est toujours disponible en ligne : "Mai 1967 en Guadeloupe, enquête sur un massacre oublié" https://www.youtube.com/watch?v=2ZNFYqLIr3E Les auteurs en ont fait aussi un livre en 2015 : Le sang des nègres, éd. Galaade

[2] Voir "Foccart le Guadeloupéen" http://survie.org/billets-d-afrique/200 ... adeloupeen, Billets n°185, novembre 2009

http://survie.org/billets-d-afrique/201 ... me-67-5234
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 28 Mai 2017, 16:46

Mai 1967 à Pointe-à-Pitre : « Un massacre d’Etat »
Il y a cinquante ans, en Guadeloupe, une manifestation ouvrière était réprimée dans le sang. Bilan officiel : huit morts. Bien plus en réalité. L’historienne Michelle Zancarini-Fournel (1) revient sur cet épisode oublié de la France postcoloniale.
... http://www.humanite.fr/mai-1967-pointe- ... xtor=RSS-1


Mai 1967, grève et manifestation sanglante en Guadeloupe
Les 25 et 26 mai 1967, dans les rues de Pointe-à-Pitre, à l’occasion d’une grève des ouvriers du bâtiment, qui réclamaient 2,5 % d’augmentation de salaire, les quartiers de la ville sont jetés dans l’effroi, les larmes et le sang.
... http://www.humanite.fr/mai-1967-greve-e ... upe-636569
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 30 Mai 2017, 10:46

Montpellier mardi 30 mai 2017

Projection-débat « Mé 67, un massacre colonial »

Ce mois de mai 2017, nous commémorons les 50 ans du massacre colonial de mai 1967 en Guadeloupe. Programme, contexte historique, liens, etc.
Rdv mardi 30 mai, Université Paul-Valéry – Montpellier 3 (route de Mandes, arrête de tram St-Eloi l. 1) à partir de 16h30

Ce mois de mai 2017, nous commémorons les 50 ans du massacre colonial de mai 1967 en Guadeloupe.

Mardi 30 mai, Université Paul-Valéry – Montpellier 3
• 16h30, grande pelouse : animation musicale, par Calypsud Steelbands
• 18h, salle Charles Camproux (Maison des Etudiants), Projection-débat du film-documentaire « Sonjé… Mé 67 » , de Danik Ibrahim Zandwonis, directeur de publication du média « CaraibCreoleNews ».

Image

SONJE...ME 67 EPISODE 1. par imajkarayib

Soirée organisée par le SCALP – No Pasaran 34, et soutenue par plusieurs collectifs et associations



Projection de "Vivre l'utopie - ils ont réalisé l'anarchisme"

Vivre l'utopie (1997, 95 minutes) retrace, à travers images et témoignages, l'histoire de la révolution espagnole et de l'application concrète de l'autogestion par plusieurs millions de personnes.

à 19h, Maison des étudiants
Bâtiment 34, Fac de sciences, 2 place Eugène Bataillon, Montpellier

Le film sera suivi d'une discussion.

"A côté de ce fait historique transcendant dans l'histoire de l'humanité, la Commune de Paris, qui a suscité tant d'intérêt, tant d'écrits, d'études et d'essais, apparaît comme un événement mineur."

"Car, sur une très large échelle, la révolution espagnole a réalisé le communisme libertaire. En Espagne, pendant près de trois ans, plus de 60 % des terres ont été cultivées sans patrons, ni propriétaires, sans administrateurs tout-puissants, sans que l'intérêt privé et la concurrence soient nécessaires pour stimuler les efforts et les initiatives.

Chacune des collectivités, des réalisations sociales de l'Espagne libertaire mériterait un volume ; et la révolution espagnole en mériterait des dizaines. Ces volumes n'ont pas été écrits, et vraisemblablement ne le seront pas. Car les créateurs de ce monde nouveau étaient des ouvriers, des paysans, plus aptes à manier les outils que la plume, et se préoccupant plus de faire l'histoire que de l'écrire."
(Gaston Leval, extraits de Espagne libertaire 1936-1939)

https://www.facebook.com/events/414378312277324/
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 03 Juin 2017, 17:01

Mai 1967 en Guadeloupe : anniversaire d’un massacre colonial
Il y a cinquante ans, des dizaines de Guadeloupéens furent assassinés par les forces de l’ordre, gendarmes et policiers. Un massacre longtemps mis sous le boisseau et dont seules les victimes ont été jugées, un crime d’Etat commis dans ce qui était théoriquement un département français.
... http://www.anti-k.org/2017/05/29/mai-19 ... -colonial/


Mai 67, massacre d’État en Guadeloupe
Sur l'île des Caraïbes, la fin du système colonial n'a rien changé à la pauvreté et à l'organisation de la société guadeloupéenne. 8 ans après la révolution cubaine et 5 ans après l'indépendance algérienne, une manifestation pour une augmentation de salaire est réprimée dans le sang. Selon les autorités, il y aura 8 morts alors que les chiffres les plus réalistes arrivent à 87 assassinats.
... http://www.revolutionpermanente.fr/Mai- ... Guadeloupe


Cinquante ans après le massacre de mai 1967, la Guadeloupe demande toujours la vérité
Source : L'Autre Quotidien En mai 1967, une grève des ouvriers du bâtiment de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, donne lieu à une répression féroce. Les gendarmes mobiles tirent dans la foule. Officiellement, le massacre aurait fait huit morts identifiés. En réalité, il y aurait eu plus de 80 morts, selon un ex- secrétaire d’Etat aux « Dom-Tom ». Mais la vérité peine à émerger plus de cinquante ans après les faits.
... http://www.revolutionpermanente.fr/Cinq ... -la-verite
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 18 Juin 2017, 22:20

ENQUÊTE DE MÉDIAPART / Côte d’Ivoire-Des années de guerre françafricaine enfin révélées

Alors que s’ouvre le procès de Laurent Gbagbo, président de la Côte d’Ivoire entre 2000 et 2011, devant la Cour Pénale Internationale et que le pays est traversé par des mutineries de l’armée opposée à son successeur Alassane Ouattara, Médiapart revient en détail sur la guerre qui s’y est menée ces dernières années, et le rôle qui a joué l’Etat français. crédits photo : RP défense.

Quelques clés pour comprendre l’histoire longue de la Côte d’Ivoire françafricaine

L’histoire de la Côte d’Ivoire est depuis bien longtemps marquée par la présence coloniale française. Si la décolonisation est réputée pour avoir eu lieu pacifiquement – à contrario de l’Algérie ou du Cameroun – elle fut en réalité surtout réussie grâce à une véritable collusion entre les colons français et un secteur de la petite bourgeoisie naissante des planteurs, dirigée par Félix Houphouët-Boigny. Se reposant sur sa posture nationaliste et accordant quelques concessions à la population, l’Etat français pu ainsi garder la main mise sur certains secteurs clés des ressources du pays, par le biais de cette formidable « amitié » liant les gouvernements successifs français au président Houphouët, le « Vieux » et « Père de l’Indépendance » qui dirigea le pays de 1960 à sa mort en 1993.

Bâtiment, communication, commerce, banque… Longue est la liste de tous les secteurs stratégiques dans lesquels les grandes entreprises françaises prospèrent sur le territoire ivoirien, du fait de cette « amitié » au long cours. Sans compter la position géopolitique stratégique, située au cœur de cette région d’Afrique de l’Ouest, qu’offre la Côte d’Ivoire à la France qui y dispose d’une importante base militaire. La fait que le président burkinabé Blaise Compaoré, démis par la révolte populaire de son poste après 27 ans au pouvoir, ait trouvé refuge en Côte d’Ivoire en 2014 avec le soutien de François Hollande, n’est qu’un des nombreux signes du rôle de contention régional et de bastion françafricain que joue depuis longtemps l’Etat ivoirien.

Et ce bastion, la France a eu, depuis la mort d’Houphouët, bien peur de le perdre. D’autant plus qu’à l’époque de cette fin de règne s’est joué également la fin du « miracle ivoirien » sur le terrain économique, et le début de la mise en place des « plans d’ajustement structurel » (autrement dit, plans d’austérité imposés par la banque mondiale et les pays impérialistes) successifs. C’est sur la colère contre ces plans d’ajustement et sur l’instabilité générée par la fin du régime du « Vieux » que va reposer le succès de Laurent Gbagbo, et, avec retardement, son élection à la présidence en 2000. Issu d’une génération forgée par le mouvement étudiant sur les campus ivoiriens, Gbagbo a bâti sa réputation d’intellectuel marxiste, opposé à Houphouët-Boigny et à la soumission de la Côte d’Ivoire aux intérêts de l’Etat français. Et si dans les faits, une fois arrivé au pouvoir, sa politique n’a pas eu grand-chose à voir avec un programme « socialiste » (comme il prétend l’être, et a été rattaché pendant longtemps à l’Internationale socialiste du PS français) ou « anti-impérialiste », il n’en signifiait pas moins pour l’Etat français un pacte néocolonial moins stabilisé qu’avant, et moins stabilisé qu’aux côtés d’un certain Alassane Ouattara…

« J’accuse la France de Chirac et Sarkozy »

C’est en ces termes que s’est exprimé Laurent Gbagbo dans l’interview exclusif qu’il a donné au journal en ligne Médiapart, depuis La Haye où il est détenu depuis six ans par la Cour Pénale Internationale. Le dossier réuni dans les pages de Médiapart est en effet édifiant. Il montre le discours tronqué qui a été présenté par les médias et les gouvernements français sur la Côte d’Ivoire lors de la présidence Gbagbo et des crises successives qui l’ont secoué.

Il revient aussi sur le rôle joué par l’Etat français en 2004. La Côte d’Ivoire vit alors sous tensions. La succession avec le régime d’Houphouët a été difficile, et une rébellion s’est installée dans les régions nord du pays à partir de 2002, à la suite du coup d’Etat mené contre le successeur d’Houphouët, Henri Konan Bédié, en 1999. Cette rébellion est dirigée par une force militaire appelée les Forces nouvelles. Depuis lors, l’Etat français a renforcé ses troupes dans le pays, notamment sous le prétexte de défendre ses expatriés, et sous l’égide de l’ONU. Le gouvernement français s’investit alors dans un « processus de paix », appelé les accords de Marcoussis. Mais cette « paix » – qui n’est que relative notamment car les Forces Nouvelles refusent de rendre les armes – sera rompue par un événement : le bombardement de la base militaire française de Bouaké, attribué à l’armée ivoirienne de Laurent Gbagbo. S’ensuit alors une reprises des affrontements, opposants militaires français et ivoiriens.

Ce récit est aujourd’hui remis en cause. En effet, comme l’explique Médiapart, de nouveaux documents montrent que l’Etat français lui-même n’était pas innocent dans ce bombardement de Bouaké. Au contraire, les ministres français ont tout fait pour que la lumière ne soit pas faite sur ce qu’il s’est réellement passé ce jour là. La juge Sabine Kheris, en charge de l’affaire, a ainsi sollicité le renvoi devant la Cour de Justice de la République Dominique deVillepin, Michèle Alliot-Marie et Michel Barnier. Avec en toile de fond un soupçon, explicité par l’avocat des familles de militaires tués ce jour là par le bombardement, MeJean Balan : « Le bombardement de Bouaké est une tentative de coup d’État manquée. En France, une petite clique a voulu se débarrasser de Gbagbo en faisant croire qu’il avait attaqué l’armée française. ». Une tentative qui aura permis à l’armée française de tirer sur une foule d’ivoiriens pro-Gbagbo non-armés, en face du grand Hotel Ivoire d’Abidjan, faisant une soixantaine de morts et plus d’un milliers de blessés – ce que l’armée française démentira toujours, qui ne reconnaît qu’une vingtaine de blessés civils et militaires. Une tentative, surtout, de rappeler qui règne sur le territoire françafricain.

Plus encore, le dossier de Mediapart est un dossier à charger contre le rôle des médias français – et notamment de RFI, radio publique française par ailleurs très écoutée en Afrique – en faveur du récit dominant écrit par les dirigeants français. Le média en ligne revient notamment sur la période de ce qu’on a appelé la « crise post-électorale » ivoirienne, en 2011, pendant laquelle l’armée française est intervenue pour faire cesser les combats entre les partisans de Ouattara et de Gbagbo, tous deux candidats à l’élection présidentielle et tous deux revendiquant la victoire, et installer au pouvoir leur favori, Alassane Ouattara, ancien du FMI et farouche défenseur des politiques libérales.

D’après Mediapart : « À l’époque, la plupart des médias français ont épousé le récit officiel favorable à Ouattara, expliquant à l’instar de l’Agence France-Presse (AFP) que la crise était« née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite ». Ils ont passé sous silence les nombreuses et évidentes anomalies que présentait le processus électoral, dont une implication directe de l’ambassadeur de France à Abidjan. ». Une méthode qui date des débuts de la crise politico-militaire, au début des années 2000, et qui a touché les grands médias français, mis à part le Canard Enchaîné. Un journaliste du Monde, Théophile Kouamouo, correspondant en Afrique de l’Ouest à Abidjan, est à cette époque allé même jusqu’à quitter le quotidien de renom, refusant la censure dont il est victime lorsqu’il raconte la situation en Côte d’ivoire, et notamment lorsqu’il raconte « le rôle ambigu de l’armée française dans ce conflit ». Mis à part quelques résistants de ce type, les « chiens de garde » furent nombreux pour affirmer le récit d’un Etat français venu défendre le démocrate Ouattara face au dictateur Gbgabo.

Un récit falsifié pour défendre les intérêts français et cacher ses propres magouilles. Mais si Médiapart vient rétablir une partie des faits concernant l’Etat français, c’est en laissant (pour l’instant ?) le champ libre à Gbagbo « le socialiste », au risque de remplacer un faux récit par un autre.

... http://abidjantv.net/actualites/enquete ... -revelees/
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 22 Juin 2017, 21:32

Vu d’Alger. L’autre versant d’une guerre coloniale

La commémoration du 8 mai 1945 à Alger n’est pas celle de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie mais celle des massacres perpétrés par la France contre les indépendantistes algériens à Sétif, Guelma, Kherrata et leurs régions. Plus de 70 ans après, et malgré quelques déclarations politiques côté français, le « pays des droits de l’homme » ne parvient toujours pas à reconnaître le caractère criminel de la colonisation et à infléchir en ce sens son récit national

... http://orientxxi.info/magazine/vu-d-alg ... niale,1909
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede bipbip » 24 Juin 2017, 15:52

Le génocide nazi s’est-il inventé en Namibie ?

Au début du XXe siècle, en Namibie, l’Allemagne du IIe Reich se livra à un véritable génocide des peuples herero et nama. Ce massacre oublié fut-il une préfiguration du nazisme ? Aujourd’hui les descendants des martyrs réclament réparations.

... http://www.lesinrocks.com/2017/06/16/ac ... -11955019/
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede Pïérô » 07 Juil 2017, 00:40

Les inavouables crimes de la France en Afrique exhumés par la revue « XXI »

Les secrets ressortent des cartons secret-défense des archives. Ni le temps ni même le secret qui les entoure depuis des décennies n’ont effacé de la mémoire collective, l’encre séchée sur ces pages jaunies et sombres de l'Histoire entre la France et certaines de ces anciennes colonies. Massacre de Thiaroye, livraison d’armes dans la guerre du Biafra ou réarmement trouble de la métropole dans le génocide au Rwanda... En dépoussiérant les archives, la revue «XXI» rappelle ces inavouables crimes français en Afrique et pose, par la même occasion, l’épineuse question de la déclassification des archives françaises.

... http://afrique.latribune.fr/politique/2 ... 42047.html
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Re: Colonialisme, décolonisation, repression et luttes

Messagede Pïérô » 09 Juil 2017, 02:21

Le blanchiment des troupes coloniales

Le blanchiment des régiments se définit comme le renvoi et le remplacement des soldats noirs venus d'Afrique par des recrues blanches pour la dernière étape de la Libération. Cette opération logistique méconnue est appliquée à l'automne 1944. Environ 20 000 soldats noirs de l'armée française sont rapidement retirés du front et renvoyés chez eux. Cette décision a été prise, au début, pour satisfaire à la demande des Américains qui ne souhaitaient pas voir de soldats de «couleur » dans la 2e DB du général Leclerc puis par le Gouvernement Provisoire de la République (GPRF) pour les autres régiments.






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