Tchad

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Messagede bipbip » 15 Jan 2017, 15:53

Au Tchad, « les syndicalistes ne sont pas les bienvenus »

Alors qu’ils devaient se rendre à N’Djamena pour apporter leur soutien aux grévistes tchadiens, des syndicalistes de la CGT ont essuyé, à deux reprises, un refus de visa.

Sous le règne du dictateur Idriss Déby Itno, il faut montrer patte blanche pour se rendre au Tchad. Les membres d’une délégation de la CGT l’ont appris à leurs dépends. Alors qu’un mouvement social secoue le pays depuis bientôt cinq mois, ces syndicalistes français, qui entendaient apporter leur soutien aux grévistes tchadiens, ont essuyé deux refus de visa. La première fois, au mois de décembre, la deuxième fois, début janvier. Motif invoqué par le premier conseiller de l’ambassadeur du Tchad à Paris en présence d’Alain Delmas, responsable Afrique au secteur international de la CGT : « Les syndicalistes et les journalistes ne sont pas les bienvenus ». Solidarité interdite, fermez le ban.

... http://www.humanite.fr/au-tchad-les-syn ... nus-630270
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Re: Tchad

Messagede Pïérô » 20 Avr 2017, 13:35

Arrestations arbitraires au Tchad, allié incontournable de la France

Au Tchad, deux arrestations de militants de la société civile, coup sur coup les 6 et 15 avril, viennent rappeler s’il le faut, que le meilleur allié de la France pour l’opération militaire Barkhane, mène une politique qui étouffe toute critique du pouvoir et toute contestation sociale.


Nadjo Kaina, porte-parole du mouvement citoyen Iyina (On est fatigués) et par ailleurs membre de la coalition internationale Tournons la page-Tchad, a été arrêté ce jeudi 6 avril à Ndjamena. Le mouvement Iyina avait lancé un appel à se mobiliser le 10 avril dénonçant le régime en place et ses pratiques arbitraires, un an après la réélection d’Idriss Deby à la tête du pays. Le 10 avril, une dizaine de militants ont été arrêtés à la Bourse du Travail où ils contestaient cette arrestation et répondaient à l’appel, avant d’être libérés deux jours plus tard. Bertrand Sollo, rapporteur du mouvement Iyina et membre de la campagne Tournons la page -Tchad a été arrêté à son tour le 15 avril. Actuellement, aucune information sur leurs conditions d’arrestation et leurs lieux de détention ne sont connues.

Ces arrestations s’inscrivent dans un contexte de crise socio-économique aiguë et de répressions continues. Après le hold-up électoral d’avril 2016 et l’aggravation de la crise socio-économique, les mobilisations se sont intensifiées, immobilisant le pays de septembre à janvier dernier par des grèves dans différents secteurs. Dans ce climat délétère, le gouvernement perpétue une répression sévère pour tenter de faire taire les contestations : répression des manifestations, arrestations et condamnations de 68 étudiants en février, intimidations et arrestations de journalistes comme Mayedine Babouri ou Daniel Ngadjadoum, pressions sur les militants de la société civile...

Malgré les atteintes à la liberté d’expression et aux droits humains, la France maintient ses relations privilégiées avec le régime de Déby, allié précieux dans la lutte contre le terrorisme. En cette fin de mandat, les visites se succèdent : visite de Bernard Cazeneuve et Jean-Yves Le Drian à Ndjamena en décembre, de Ségolène Royal en janvier, de Jean-Marie Le Guen en février et en avril à Amdjarass ou visite de Brahim Hissein Taha, ministre tchadien des Affaires étrangères à Jean-Marc Ayrault en mars à Paris. Ces rencontres, assorties de promesses d’aides militaires et civiles, assurent le soutien indéfectible de la France au régime, comme le confirment les propos de Bernard Cazeneuve, « La France aidera toujours le Tchad à surmonter les difficultés », en éludant les responsabilités du gouvernement tchadien dans la crise actuelle et les violations des droits humains envers la population tchadienne, saignée à blanc.

Survie demande aux autorités françaises de condamner les arrestations arbitraires au Tchad et la répression en cours à l’encontre des militants tchadiens, et de suspendre immédiatement la coopération avec le régime d’Idriss Déby.

http://survie.org/francafrique/article/ ... tchad-5227
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Re: Tchad

Messagede Pïérô » 01 Mai 2017, 08:58

Tchad : Demande de libération immédiate de trois prisonniers d’opinion

Le 26 avril, le Procureur de la République de N’Djamena a inculpé les activites Nadjo Kaïna Palmer et Bertrand Solloh Gandere pour « tentative de complot » et de « provocation à l’attroupement » et Dingamnayal Nely Versinis d’ « escroquerie et usurpation de titre » et les a transferé à la maison d’arrêt d’AmSinene, en détention provisoire.

Nadjo Kaïna Palmer, Coordinateur de « Tournons la page » (TLP) et porte-parole du mouvement citoyen « Iyina », Bertrand Solloh Gandere, Chargé de mobilisation de TLP et rapporteur du mouvement « Iyina » et Dingamnayal Nely Versinis, président du « Collectif tchadien contre la vie chère », ont été respectivement arrêtés à N’Djamena les 6, 12 et 15 avril 2017 de manière arbitraire. Jusqu’au 23 avril, ils ont été détenus au secret, vraisemblablement dans les locaux de l’Agence Nationale de Sécurité (ANS), sans accès à leur famille, ni à leur avocat. Selon nos informations, ils ont été transférés à la police judiciaire le 24 avril au matin à « des fins d’enquête » et dans le but de les déférer au parquet dans un délai court. Ils sont désormais en détention provisoire.

« Ces activistes sont détenus illégalement depuis plusieurs semaines. Leur seul tort : avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression et de manifestation » déclare Balkissa Idé Siddo, chercheur sur l’Afrique Centrale à Amnesty International.

Nadjo Kaïna Palmer and Bertrand Solloh Gandere ont été arrêtés suite à l’appel lancé, lors d’une conférence de presse, par le mouvement citoyen Iyina, invitant la population tchadienne à observer « une journée Iyina » le 10 avril dernier, marquant la date anniversaire de l’élection présidentielle de 2016, en s’habillant en rouge ou en portant un foulard rouge sur la tête afin d’exprimer leur « ras-le-bol au régime en place et dire non à la mauvaise gouvernance, à l’impunité et à l’humiliation ».

Dingamnayal Nely Versinis a, quant à lui, été arrêté après avoir appelé les commerçants du marché de mil de N’Djamena à participer à une grève pour protester contre l’augmentation des frais de stand.

Les trois activistes ont été inculpés après avoir été interrogés par la police judiciaire en l’absence de leur avocat.

Leurs dossiers judiciaires ont été envoyés devant le tribunal en flagrant délit pour un proces prévu pour le 27 avril.

Pour Clément Boursin, responsable des programmes Afrique de l’ACAT-France, « les charges retenues contre eux relèvent d’une volonté manifeste de criminaliser les mouvements citoyens et de maintenir un climat de peur chez les voix dissidentes ».

Les états de santé de M. Solloh et M. Versinis sont préoccupants car ils n’ont pas accès à leurs médicaments.

« Exprimer pacifiquement des critiques à l’endroit d’un gouvernement, comme ils l’ont fait, n’est pas une infraction en droit. Leurs libertés d’expression et de manifestation sont fondamentales et intrinsèques à tout Etat qui se veut de droit » indique Laurent Duarte, coordinateur de la campagne Tournons la page. Par conséquent, la campagne Tournons la page, Amnesty International, l’ACAT France et Survie exigent la libération immédiate et sans condition de Messieurs Nadjo Kaïna Palmer, Bertrand Solloh Gandere et Dingamnayal Nely Versinis. En attendant leur libération, leurs droits les plus fondamentaux doivent être respectés. Les trois détenus d’opinion doivent pouvoir recevoir les visites de leur famille, d’un médecin de leur choix et de leur avocat et ne subir aucune violence physique ou psychologique.


http://survie.org/activites/campagnes-e ... ation-5228
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Re: Tchad

Messagede bipbip » 02 Aoû 2017, 00:19

Tchad : Durcissement de la répression

Tortures, détention au secret, manifestations interdites, des activistes de la société civile témoignent d’un durcissement ces derniers mois de la répression dans le Tchad du président Idriss Déby Itno. Le gouvernement du Tchad est appuyé par les pays occidentaux au nom de la lutte contre le terrorisme. Nadjo Kaina, du mouvement Iyina (“Nous sommes fatigués” en arabe dialectal), a été arrêté à plusieurs reprises. Détenu au secret pendant 21 jours, il était les pieds enchaînés, les mains menottées, et pendant l’interrogatoire, on l’étouffait avec un sac contenant des piments serré sur la tête. Beaucoup d’activistes des droits sociaux ou de bloggeurs critiques ont subi le même sort.

https://secoursrouge.org/Tchad-Durcisse ... repression
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Re: Tchad

Messagede bipbip » 11 Fév 2018, 00:02

Au Tchad, l’opposition déplore « plus de 600 arrestations » lors de marches pacifiques

Alors que les grèves s’étendent pour protester contre l’austérité, les autorités religieuses proposent leur médiation.

La marche pacifique organisée pour protester contre l’austérité, mardi 6 février à N’Djamena, au Tchad, aura duré dix petites minutes. Le temps pour les manifestants de parcourir 200 mètres avant d’être dispersés par des gaz lacrymogènes et « par des tirs à balles réelles », selon le député Djimet Clément Bagaou, porte-parole de la coalition de partis d’opposition à l’initiative de cette action. « Nous nous étions donné rendez-vous à 7 heures dans le 9e arrondissement [sud de la capitale], mais les forces de l’ordre étaient déjà déployées et beaucoup n’ont pas pu rejoindre le point de rassemblement. » Des marches avaient également été organisées dans plusieurs villes de province.

Mercredi matin, M. Bagaou dénombrait « plus de 50 blessés par balles et plus de 600 arrestations arbitraires de manifestants sur l’ensemble du territoire national ». Ce bilan est officiellement contesté par la police de N’Djamena. « Il n’y a eu aucun tir à balles réelles, nous ignorons l’existence de personnes blessées », affirme son porte-parole, interrogé par l’AFP.

... http://www.lemonde.fr/afrique/article/2 ... ToI4w15.99
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Re: Tchad

Messagede bipbip » 01 Mar 2018, 23:58

Tchad : la fonction publique entame son deuxième mois de grève

Depuis plus d’un mois, le Tchad est le théâtre d’une féroce répression. Des grèves paralysent l’économie et les marches organisées pour protester contre l’austérité sont dispersées par des tirs à balles réelles*. L’opposition dénonce plus de 600 arrestations et le gouvernement menace les syndicats de dissolution. Kamadji Demba Karyom, sociologue et membre de l’Union des Syndicats du Tchad (UST – 65 000 militants) et de la Fédération des Syndicats des Services Publics (FSSP) a été invitée le 27 janvier à Montpellier par l’union départementale de la CGT pour présenter les enjeux et les perspectives du mouvement social actuel. À l’heure où l’on parle si peu du Tchad, le témoignage de cette syndicaliste est précieux. Extraits.

... http://www.lepoing.net/tchad-la-fonctio ... -de-greve/
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Re: Tchad

Messagede bipbip » 03 Mar 2018, 22:09

Tchad : les forces de sécurité qui répriment les manifestants ont été formées par la France

Le Tchad, surnommé le « porte-avions » de l’armée française en Afrique, est dirigé depuis 1990 par Idriss Deby, dictateur arrivé et maintenu au pouvoir par plusieurs interventions directes et indirectes de la France. L’armée tchadienne est aujourd’hui la principale alliée de l’opération Barkhane, qui permet à l’armée française de quadriller plusieurs pays du Sahel. Les forces de sécurité tchadiennes ont été formées par la France, et elles répriment aujourd’hui férocement les grévistes et les manifestants tchadiens qui luttent pour défendre leurs droits. Pour comprendre les intérêts de l’engagement militaire français au Tchad, l’union départementale héraultaise de la CGT a invité le 27 janvier à Montpellier une membre de l’association Survie, qui se donne pour mission de lutter contre la Françafrique. Le Poing vous retranscrit son discours.

Le Tchad, une (ancienne) colonie française

Le Tchad a été considéré comme un protectorat français en 1900 et a été érigé en colonie en 1920. La domination coloniale s’est fondamentalement exercée par la force et aujourd’hui, c’est encore l’aspect militaire qui prédomine dans les relations franco-tchadiennes. Le pays est devenu indépendant en 1960 mais jusqu’en 1965, les régions du nord Borkou-Ennedi-Tibesti étaient encore administrées par des militaires français. Depuis l’indépendance, les différents gouvernements français ont soutenu tous les chefs d’État tchadiens. Le Tchad est le pays d’Afrique dans lequel il y a eu le plus d’interventions de l’armée française et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la France n’intervient pas pour des intérêts économiques, mais pour des intérêts géostratégiques globaux, sans tenir compte de la situation interne du pays.

L’État français est prêt à tout pour défendre ses intérêts géostratégiques

L’État français a soutenu Hissène Habré, au pouvoir de 1982 à 1990, en lui fournissant des armes et en formant ses services de renseignements et ses commandants. Une commission d’enquête tchadienne estime pourtant le bilan de la répression sous son règne à quelque 40 000 morts, et il a d’ailleurs été condamné à la prison à perpétuité en 2016. La France est intervenue deux fois sous le régime de Habré, en 1983 et en 1986, avec comme objectif principal de lutter contre l’influence communiste en Afrique, dans le cadre de la guerre froide. Avec 3 500 hommes mobilisés, l’opération Manta de 1983 a été la plus grosse intervention extérieure française en Afrique depuis la guerre d’Algérie. Le but de cette opération était de contrecarrer l’influence de la Libye, proche de l’Union soviétique, dans le nord du Tchad. En 1986, ce sont 1 000 hommes qui sont mobilisés pour l’opération Epervier, avec toujours pour but de lutter contre l’influence libyenne, même si l’objectif officiel qui a été présenté par l’État français était la protection des 1500 ressortissants français présents au Tchad. Durant le conflit, les Etats-Unis ont fourni de l’aide au Tchad et Habré s’est alors détourné de la France pour tisser des relations plus étroites avec les nord-américains. En réaction, les services de renseignements français ont soutenu la rébellion d’un ancien conseiller de Habré, Idriss Déby Itni, qui s’est emparé du pouvoir en 1990.

... http://www.lepoing.net/tchad-les-forces ... la-france/
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