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JO de Sotchi 2014

MessagePosté: 17 Fév 2014, 02:20
de bipbip
Jeux olympiques, ça sert toujours le côté sombre

Jeux de Sotchi 2014 : nous ne serons pas complices !

Nul ne peut plus l’ignorer aujourd’hui, Vladimir Poutine organise les Jeux olympiques d’hiver dans la droite ligne de toutes les dictatures qui ont instrumentalisé les grandes manifestations sportives.

Ses objectifs sont clairs :
- Restriction des libertés civiles et contrôle militaro-policier des espaces publics et privés au nom de la « paix olympique ».
- Extension des zones d’influence géopolitique et économique grâce aux investissements olympiques pharaoniques.
- Médiatisation à haute dose du grand show sportif en tant qu’opération de propagande que le parcours de la flamme olympique a portée à son paroxysme.
- Endoctrinement et obnubilation nationalistes de la population par la promotion de champions d’État transformés en vitrines publicitaires.
- Durcissement autoritaire du pouvoir, des services de sécurité et des groupes supplétifs qui bafouent les libertés démocratiques élémentaires avec la complicité des partenaires économiques.

Il en fut ainsi en 1936 lors des Jeux de la croix gammée à Berlin, en 1980 lors des Jeux du goulag à Moscou, en 1988 lors des Jeux de l’ordre militaire à Séoul, et en 2008 lors des Jeux du laogaï à Pékin.

À présent, soutenu par l’oligarchie olympique, Vladimir Poutine engage cyniquement tous les moyens pour faire des Jeux d’hiver la vitrine propagandiste de sa souveraineté, le cheval de Troie de ses conquêtes territoriales aux portes du Caucase et le paravent de ses atteintes répétées aux droits de l’Homme. Les dépenses mégalomaniaques qui ont été engagées – près de 50 milliards de dollars sur fond de corruption généralisée – sont une insulte à la misère du monde. La réduction à un esclavagisme moyenâgeux des ouvriers migrants bâtissant les sites de Sotchi est un scandale couvert par le CIO, à l’instar de la FIFA au Qatar. La dévastation, la pollution, l’exploitation de milieux naturels protégés réduit à néant la fable mystificatrice des Jeux « durables ».

L’expropriation et l’extorsion de milliers d’habitants de la région est l’apogée d’un nihilisme juridique constant depuis 2007. Le quadrillage ultra sécuritaire de Sotchi et de ses alentours, la promulgation de l’état d’urgence en zone olympique (interdiction de manifester, surveillance de toutes les communications, mesures antiterroristes), l’intimidation et la persécution des journalistes et des ONG qui viennent enquêter sur les « côtés sombres » des JO sont autant de mesures draconiennes qui s’ajoutent aux lois sociales liberticides, à la pénalisation de l’homosexualité, à la violence en colonie pénitentiaire (songeons à Nadejda Tolokonnikova et Maria Aliokhina des Pussy Riot, ou à la Tchétchène Zara Mourtazalieva), à la psychiatrisation punitive de certains prisonniers politiques (comme Kosenko, l’un des « prisonniers du 6 mai ») et à la détention brutale des militants de Greenpeace. La libération de Mikhail Khodorkovski et des deux Pussy Riot Nadejda Tolokonnikova et Maria Aliokhina est une manœuvre tactique qui ne trompe personne. Elle sert à assurer le triomphe sans ombre du cirque olympique de Poutine par un coup de communication sur la « magnanimité » d’un pouvoirtout-puissant, qui fait et défait à son gré les destinées des individus. Vladimir Poutine supervise ses Jeux comme il mène ses guerres, avec violence et cynisme. Le CIO et tous les partisans du « sport apolitique » qui encensent son projet olympique entérinent ainsi, par leur silence ou leur adhésion aveugle, ses volontés de domination.

Dans une telle situation, aller à Sotchi ce n’est pas simplement se rendre dans une enceinte olympique, c’est cautionner les dérives dictatoriales du Kremlin déjà dénoncées par certaines instances européennes. Est-il dès lors moralement acceptable d’invoquer le « droit » des athlètes à « réaliser leurs rêves » au prix d’une présence complice au banquet olympique d’un autocrate sans scrupule ? Est-il souhaitable que les démocraties occidentales sacrifient une fois encore les valeurs humanistes et les droits de l’Homme sur l’autel des performances sportives et des intérêts des multinationales ? Évidemment non ! Entendons le courage et la détermination exemplaires de Nadejda Tolokonnikova et Maria Aliokhina qui, à peine libérées et au péril de leur vie, se sont prononcées « pour le boycott des Jeux olympiques d’un pays qui a le visage d’un camp » et ont invité les gouvernements européens à en faire autant !

Considérant qu’il n’est pas admissible de se compromettre avec le régime de Vladimir Poutine, nous appelons :
- L’Union européenne, les gouvernements européens et les ministères des sports à ne pas cautionner par leur présence les cérémonies officielles d’ouverture et de clôture des Jeux.
- Les organisations sportives (CNOSF, Fédérations) à ne pas collaborer avec l’appareil d’État russe qui a fait du sport olympique un système politiqued’embrigadement.
- Les athlètes à assumer pleinement leur rôle de citoyens en refusant de devenirles gladiateurs du cirque olympique russe. Soit en déclinant l’invitation à se rendreà Sotchi et en le faisant savoir. Soit en exigeant la libération de tous les prisonniers politiques et l’abrogation des lois liberticides et homophobes (appels, pétitions, conférences de presse, manifestations de soutien, etc.). Pas de compétitions sportives entre les camps de travail et les colonies pénitentiaires !
- Les partis politiques, les syndicats, les associations démocratiques, les organismes de défense des Droits de l’Homme et, au-delà, tous les citoyens, àboycotter la retransmission des Jeux et les partenaires commerciaux du CIO.
- Les journalistes à refuser d’être des caisses de résonance de la propagande poutinienne et à rendre compte de la situation réelle du pays.

Pour Sotchi comme pour Pékin, Séoul, Moscou ou Berlin auparavant, les vrais héros de l’olympisme seront ceux qui ne participeront pas à la légitimation d’une dictature.

Jacques Ardoino, professeur émérite en sciences de l’éducation à l’universitéParis VIII ; Paul Ariès, Politologue, rédacteur en chef du mensuel Les Z’indignés ;Patrick Baudry, professeur de sociologie à l’université Bordeaux III ; Jean-Marie Brohm, professeur émérite de sociologie à l’université Montpellier III ; Jean-Pierre Durand, professeur de sociologie à l’université d’Evry ; Christian Godin, philosophe, maître de conférences à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand ; Claude Javeau, professeur émérite de sociologie à l’université Libre de Bruxelles ; Annie Le Brun, écrivain ; Alexandre Marcel, président du Comitéinternational day against homophoby (IDAHO) France ; Isabelle de Montmollin, philosophe Léonard Moulin, économiste à l’université Paris XIII ; Fabien Ollier, directeur de la revue Quel Sport ? ; Robert Redeker, philosophe, chercheur au CNRS ; Louis Sala-Molins, professeur émérite de philosophie politique à l’université Toulouse II ; Pierre-André Taguieff, philosophe et politologue, directeur de recherche au CNRS ; José Artur dos Santos Ferreira, doyen de l’Institut de sciences sociales appliquées à l’université fédérale de Ouro Preto,Brésil ; René Schérer, professeur émérite de philosophie à l’université Paris VIII ;Daniel Salvatore Schiffer, philosophe, professeur de philosophie de l’art à l’Académie royale des beaux-arts de Liège ; Magali Uhl, professeure de sociologie à l’université du Québec à Montréal



Pendant les JO de Sotchi, la défense de l’environnement mène dans les camps
http://www.bastamag.net/A-Sotchi-la-defense-de-l

Sotchi : les Jeux de la répression des droits de l’homme
http://www.reporterre.net/spip.php?article5374ꀀ

Re: JO de Sotchi 2014

MessagePosté: 18 Fév 2014, 07:54
de bipbip
Appel
Solidarité contre la répression en Russie
pendant comme après les JO de Sotchi


Pour le régime dictatorial russe, les Jeux Olympiques de Sotchi sont l'occasion de mettre en scène sa puissance et ce d'autant mieux qu'il est cautionné par les nombreux états amis, le mouvement olympique et les firmes transnationales qui sponsorisent cette compétition.
Pour cela, il entend étouffer tout type de contestation. Rassemblements et manifestations sont interdits par décret pour toute la durée des JO. Cela étant dit ces interdictions et le bâillonnement des libertés constituent une règle permanente en Russie. Et le pouvoir compte sur les JO pour faire silence sur ses agissements liberticides.

De nombreux militant-e-s de gauche, anticapitalistes, syndicalistes, écologistes sont emprisonnés ou en instance de jugement. Ils et elles sont réprimé-e-s par le pouvoir du fait de leur participation en 2012 aux mobilisations de masse contre les élections présidentielles truquées par l'état poutinien. Pour elles et eux, il est très important que durant les JO protestations et manifestations de solidarité se fassent entendre.
Les lesbiennes, gay, bi et trans font l'objet de persécutions spécifiques (loi contre la « propagande homosexuelle »). De même, ce pouvoir criminel tolère voire encourage les mouvements d'extrême droite qui ont assassiné ces dernières années de nombreux immigré-e-s et militant-e-s antifascistes.
Par ailleurs rappelons également l'expulsion il y a plus de deux mois de 5 000 travailleurs sans papiers serbes qui ont travaillé pour construire les infrastructures des JO de Sotchi et ont été renvoyés dans leur pays sans même avoir été payés un seul rouble malgré leurs protestations. Cette surexploitation et cette oppression rappellent celle des ouvriers immigrés du Qatar. Cette violence de l'état et du capital, on la retrouve à travers l'expulsion d'habitant-e-s de Sotchi pour faire place à certains aménagements sportifs. Pendant toute la durée des JO, la frontière entre la Russie et l'Abkhazie située à 4 km de Sotchi est fermée par les autorités russes sous prétexte de sécurisation et de lutte antiterroriste. Ainsi la dictature russe empêche les travailleurs-ses frontaliers abkhazes de se rendre à leur travail et les paysans pauvres de ce pays de vendre leurs produits alors que la région de Sotchi est leur seul débouché.
Enfin précisons que les aménagements nécessaires à l'organisation de ces JO ont aussi été réalisés au prix de la destruction d'une forêt, d'une partie de la montagne entourant Sotchi et de la pollution des rivières aux alentours. Pour couronner le tout, ces JO comme les autres génèrent des milliards d'euros de dépenses, l'augmentation des prix au détriment de la satisfaction des besoins des populations.
La dictature russe se maintient au pouvoir du fait d'un régime policier empêchant toute expression libre et démocratique, mais il faut aussi souligner que cela est possible grâce au silence et à la complicité des états occidentaux, des firmes transnationales et du mouvement sportif (cf. déclaration du numéro 2 de la FIFA expliquant que la FIFA préfère travailler avec des pouvoirs dictatoriaux comme la Russie et le Qatar qui accueillent la coupe du monde de football respectivement en 2018 et en 2022).

Plusieurs actions ont eu lieu en France le 1er février à l'initiative de mouvements de défense des droits humains et le 5 février dans le monde pour les droits des LGBT. En janvier, plusieurs mouvements de la gauche anticapitaliste russe ont appelé à se mobiliser contre la répression dont ils et elles font l'objet.
Aujourd'hui nous voulons
- rompre le silence et exprimer notre solidarité avec les victimes de la répression en Russie ;
- dénoncer le régime de dictature en Russie, mais aussi le soutien qui lui est apporté par le Comité international olympique du fait même de l'organisation des JO à Sotchi dont les enjeux sont avant tout économiques, financiers et politiques, et par les états qui font le choix d'y envoyer leurs représentants politiques à cette occasion ;
- exiger la libération de tous les prisonniers politiques
- exiger l'abrogation de la législation antihomosexuelle, ainsi que toutes celles qui contreviennent à la liberté d'expression (pétition, presse, rassemblement, manifestation, réunion, grève...).


Premiers signataires : Les Alternatifs, Alternative libertaire, Ensemble – Mouvement pour une alternative de gauche écologiste et solidaire, Gauche anticapitaliste, Nouveau parti anticapitaliste, Solidaires