Pays Basque

Re: Grève générale au Pays basque

Messagede Pïérô » 01 Juin 2009, 22:01

C'est amusant parce que sur le site de l'OCL, dans les commentaires sous la rubrique concernée, ont été mis les échanges qu'il y a ici. http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article564
Et comme il y en a un qui, à mon avis à juste titre, conteste le truc et écrit un commentaire que je trouve plutôt intéressant en ce qui nous concerne ici, et concernant aussi certaines réponses je me fait un plaisir de le mettre :

Grève générale au Pays basque 29 mai 12:21, par sympathisant communiste libertaire
Je suis d’accord avec la remarque précédente. Le site de l’OCL publie globalement des textes de qualité, qu’ils soient purement informatifs (et donc avec peu de recul en terme d’analyse) ou qu’ils parviennent à argumenter un ou plusieurs points de vue sur une thème de fond. Et généralement, les réactions de lecteurs sont également d’une certaine qualité ce qui ne peut qu’enrichir le site et donner envie de le consulter.

Or les messages circulant sur certains forums (anarchistes ou autres) sont globalement d’une grande pauvreté. Malgré les efforts de quelques uns pour essayer d’élever le débat ou la qualité des échanges, je remarque que ceux-ci retombent toujours dans la facilité, la pauvreté du propos, entre “impressions”, petits textes d’“humeur”, et échanges de propos peu argumentés, réactifs, et qui confinent souvent au dialogue de sourds…

En d’autres termes, il serait dommage de trop “rapatrier” des échanges qui n’apportent pas grand-chose, qui ont tendance à tirer la discussion vers le bas et de la déplacer sur autre chose que son contenu initial. C’est le propre des “débats” qui ne sont pas un minimum cadrés, qui partent dans tous les sens…

Par exemple quand cet “anonyme” parle de l’ETA, du régionalisme, de l’identitarisme (sic !), etc… alors que de tout cela il n’en est pas fait mention dans le compte rendu (surtout factuel) de cette journée de grève de 24h au Pays basque sud où il est surtout question de débrayages, de manifs, de rassemblements, sur des objectifs plus sociaux que directement liés à la situation politique du Pays basque dans l’Etat espagnol.

On s’égare dans autre chose, dans les phobies de certains anars qui ne supportent pas que le « réel » ne s’accorde pas à leurs idées, idées qu’ils fétichisent, avec lesquelles ils n’ont pas de distance critique, sans doute parce qu’elles les rassurent et qu’elles sont constitutives de leur identité ! Car au passage, s’il y a des “identitaires”, c’est bien chez les anars avec leur folklore, leur look (drapeaux, autocollants, pin’s, T-shirts, symboles - A cerclé, chat noir…-), leurs grands ancêtres et leur recherche éperdue de miroirs : rien ne semble plus important pour certains que d’être vus, remarqués, reconnus… Car l’identité, c’est toujours une image de soi, non ?

Quant aux idées qui “rassurent”, on sait qu’elles ne peuvent pas être des instruments critiques car la critique n’est jamais rassurante, elle déstabilise, elle montre les impasses et les contradictions de nos modes d’action et de pensée. Sinon elle ne sert à rien ou ne vise qu’à confirmer toujours ce que l’on sait déjà…

Car ils disent lutter contre l’Etat en général, le nationalisme en général, le travail salarié en général, les frontières en général, la domination en général. Or, le “en général” n’existe pas : il n’“existe“ que comme concept, dans une chaîne conceptuelle, abstraite, générale… à laquelle il n’est possible que d’opposer une contre-série de concepts ; ça s’appelle de l’idéologie, et cela existe chez les “anarchistes” comme chez les “marxistes”. Et cela conduit généralement les révolutionnaires à s’imaginer “faire la révolution” de leur côté, à être eux-mêmes et eux seuls ceux qui vont abattre le capitalisme et la domination, etc. et donc à complètement mésestimer les dynamiques locales, les rapports de forces incertains, les ruptures partielles dans le consensus ou l’ordre social…

C’est finalement le ressort de tous les volontarismes poussés à l’extrême, avec son imaginaire un peu parano : non seulement il y a “eux “ et le monde mais aussi il n’y a jamais de victoire partielle car seule compte la victoire finale, les défaites n’en sont pas ou alors ne peuvent être que le résultat de défections et de trahisons de tous ceux qui ne sont pas assez révolutionnaires, etc. D’où absence de bilan, de débats…

Essayons de rester sur le terrain politique, qui est de toute évidence le plus difficile à “tenir”, le plus précaire, car il doit se frayer un chemin entre deux domaines de réassurance, deux champs de certitudes : d’un côté l’idéologie (la radicalité politique comme posture ou simplement une pensée qui bégaie et tourne en rond) et, de l’autre, le tout venant des luttes et des mouvements de contestation sociale (l’opportunisme inconsistant où la pensée critique, politique, se rabat sur les revendications basiques et s’y confond).

Mais là, c’est peut-être moi qui m’égare et déplace le sujet… Comme quoi. Ou qui peut-être cherche spontanément à l’élargir.

Amitiés
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Re: Grève générale au Pays basque

Messagede conan » 01 Juin 2009, 23:25

Texte intéressant, comme beaucoup de textes de l'OCL et de ses sympathisants... notamment sur le piège d'une identité de logos et d'orgas.
Mais franchement, le côté donneur de leçon m'agace. Je serais communiste (libertaire ou non), je m'abstiendrais sagement de ce genre de critiques, en vertu du principe qu'il vaut mieux s'appliquer à soi-même ses préceptes plutôt que de donner des leçons aux autres. Notamment sur l'identité, les drapeaux, les couleurs etc.
Et j'éviterais aussi de parler d'un anarchisme stérile, cantonné à un truc en vase clos, qui serait à opposer à une sorte de lucide pragmatisme radical. Qu'ont fait de concret les lucides pragmatiques radicaux ?
Je veux dire, de réalisation concrète de liberté vécue ?
Qui sont ceux que l'on voit le moins se bouger le cul pour réaliser l'utopie bien concrète de la gratuité contre le fric, de l'amour libre contre l'amour propriétaire, la réappropriation de savoirs-faire autonomes et solidaires pour vivre en-dehors du salariat, de l'attaque réelle contre le capital contre la négociation de miettes.... Ceux-là même qui conchient ce genre de trucs en disant que c'est stérile et pas "constructif", que c'est pas "conséquent", que c'est du monologue, ceux-là mêmes qui prétendent que s'attacher à la radicalité est stérile.
Ceux-là même qui sont jaloux de la liberté qu'ils n'oseront jamais prendre.
M'est avis que c'est en posant clairement la radicalité, au sens de racine de l'action, une radicalité instinctive et généreuse (débarrassée des réformismes et des pragmatismes chiants et lourdingues de professeurs rouges qui blablatent bien et beaucoup, mais surtout pour casser l'énergie radicale), tout simplement parce qu'on l'éprouve comme une évidence, et que c'est en refusant de composer avec cette évidence finale, qu'on peut gagner sa liberté réelle, au lieu de miettes.
Et encore ! Même les miettes, lorsqu'elles sont obtenues, le sont en général par ceux qui ont su traduire en actes cette radicalité : les conquêtes "collectives" sont le fait de gens qui se battent, pas de gens qui appellent à construire l'adhésion du grand nombre et parlent de pragmatisme, d'attendre que la "masse" s'y mette.
Ce sont les fossoyeurs de toujours de la liberté.
Les miettes sont données par le pouvoir lorsqu'il comprend qu'il a face à lui des gens qui voient plus loin que lui. Ces miettes sont ensuite ramassées par ceux qui chantent la victoire pour mieux enterrer la lutte qui les effraie.
Enfin, c'est cette radicalité-là qui invente de nouveaux modes de vie, ici et maintenant, et pose la conquête de la liberté non comme quelque chose que l'on demande (même à haute voix) à un pouvoir, mais comme quelque chose que l'on pose ici et maintenant, de pas négociable parce que c'est tout simplement ce que l'on sait légitime et évident. La relation de l'anarchiste au pouvoir n'est pas une demande (même musclée), une "conquête" comme quelque chose qui rognerait... non, le pouvoir ne focalise pas l'attention de l'anarchiste. L'anarchiste ne compose pas avec le pouvoir, il l'ignore et l'emmerde, parce qu'il vit ici et maintenant sans pouvoir. L'anarchiste n'est confronté au pouvoir que sous la forme de répression. Lorsqu'on a construit un truc et qu'on apprend à le défendre.
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Re: Grève générale au Pays basque

Messagede JPD » 15 Juin 2009, 07:47

Salut,

Juste une petite intervention - et peut être information ! - histoire de signaler quelques contradictions. Une petite pique pas vraiment volonté de polémique.
Laissons les Basques un instant et venons-en aux Amazoniens. L'OCL s'est intéressé vite et de près à cette lutte en traduisant de nombreux textes et en les faisant connaître par son site (http://oclibertaire.free.fr/) et ailleurs. Très rapidement un appel à la solidarité a été lancé par le biais d'un communiqué par nos camarades de l'ULS péruvienne (http://www.uslperu.blogspot.com/). Communiqué signé par l'OCL. Normal, très bien, fanatiques comme nous sommes des mouvements identitaires et nationalistes ! L'AL (http://www.alternativelibertaire.org/) a suivi très vite, normal aussi, je pense qu'en gros nous sommes-là dessus sur la même ligne. En revanche je viens de voir arriver la signature de la FA et là les bras m'en tombent ! Le texte de l'appel est introduit ainsi " initiative de solidarité libertaire internationale avec les peuples originaires et amazoniens du Pérou dans leur lutte en défense de leurs terres et culture ancestrale". Il est fait référence au concept de "peuple" : "Soutenir la juste protestation des peuples originaires de l’Amazonie". On y demande même un processus d'auto-détermination (donc d'indépendance) , comme au Pays basque ! Comment les détracteurs des luttes de libération nationales très nombreux à la FA (ils se sont largement exprimé à ce sujet sur ce forum) ont-ils pu signer une telle horreur ! Pensez, "peuple", "indépendance", "culture ancestrale" !
Alors quoi ? il y a eu un changement de ligne à la FA ? Après la reconnaissance de la lutte des classes celui des LLN ? Ou bien, serait-ce que le principe d'unanimité ne serait plus sacré ? Dans les deux cas je m'en réjoui, concernant ce sujet-là. Je n'ose croise que parce que c'est loin c'est beau et que des indiens c'est sacré !

sans rancune, bisous.
JPD
 
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Re: Grève générale au Pays basque

Messagede conan » 15 Juin 2009, 10:39

Hello JP ! dès que j'ai lu ce texte je me suis dit que ça allait t'intéresser. :wink:
Je vais essayer de répondre, pour c que j'en pense, étant depuis peu fédéré à la FA. Si d'autres copines/copains fédérés le souhaitent, ce serait bien qu'ils donnent aussi leurs points de vue, je ne prétends pas parler autrement qu'en mon nom.
Le débat est toujours bon JP, pas de problème là-dessus ; mais je crois que celui qui consiste à comprendre la "ligne" de la FA est peut-être un petit peu à côté de la plaque, ou alors n'a que le mérite de rappeler le rapport de la FA aux "lignes" , ce dont au fond on se fout pas mal... mais pour ceux que ça intéresse je me lance. :)
Je crois qu'il n'y a précisément pas de "ligne" à la FA, qui rejette le dogmatisme, contrairement à ce qui peut parfois se dire chez ceux qui réfléchissent toujours à produire une ligne commune.
Etant synthésiste, la FA a en revanche une grande variété d'opinions en son sein (y compris des opinions se rapprochant de celles de l'OCL, sur bien des points précis). Et ces opinions fluctuent aussi en fonction des gens qui vont, viennent, réfléchissent, commissionnent en toute liberté.
La FA n'a pas, en effet, pour but premier de produire des lignes communes, des plateformes et des communiqués, mais de promouvoir la variété des luttes et des alternatives, par le fédéralisme, l'autonomie des groupes et des individus, et la libre association. Ce, dans le respect de la diversité.
On peut le déplorer ou mal le comprendre, y voir une faiblesse théorique ? Pour ma part, j'y vois plutôt une force, ayant une certaine méfiance de toute opinion ou posture trop figée sur telle ou telle question, qu'il s'agisse du pour ou du contre.
Peut-être que pour cette raison, les communiqués sont plus rares qu'ailleurs, parce que la FA respecte les opinions de chacun et qu'elle n'a que rarement eu la prétention d'exprimer la pensée de tous ses adhérents, se contentant de s'exprimer sur un cadre a minima, avec des principes et des motions d'ordre assez général ? Peut-être que le seul dogme de la FA, du point de vue idéologique, est de débusquer précisément les dogmes, quels qu'ils soient ? En cela d'ailleurs, OCL et FA ont sans doute aujourd'hui des choses en commun contre le dogmatisme, mais diffèrent dans leurs approches critiques, dans leur côté "poil à gratter".
Peut-être qu'à la FA, il y a aussi des mandats (notamment celui des Relations Internationales), qui ne sont pas assumés par les mêmes que tu as pu connaître un temps, et qui tournent ?... :mrgreen:
Peut-être donc, qu'on ne peut ériger en ligne, en dogme le principe de la défense des peuples (ni le principe de les envoyer systématiquement chier, ce qu'on verra par exemple à l'AIT, que je respecte mais a parfois des positions un peu figées à mon goût) ; tout en soutenant dans certains contextes leurs luttes, parce que le contexte est toujours différent et qu'il ne faut jamais s'interdire une réflexion sur le contexte, qui, tu en conviendras, diffère quelque peu entre la lutte basque et la lutte des Amérindiens du Pérou.
Je t'invite à lire le communiqué du secrétariat aux Relations Internationales, dont j'ai pris connaissance et qui sortira très bientôt : tu verras que les mandaté-e-s actuels aux relations internationales à la FA, au fédéral, soutiennent la lutte des Amérindiens parce qu'ils reconnaissent (à mon sens à juste titre) dans leurs revendications et leurs exigences politiques bien des convergences avec l'anarchie... dans ce cas précis. :wink:
C'est ça, ne pas être dogmatique.
conan
 

Re: Grève générale au Pays basque

Messagede Bibo » 15 Juin 2009, 12:16

Code: Tout sélectionner
Etant synthésiste, la FA a en revanche une grande variété d'opinions en son sein


Et bien tu n'es pas à la FA depuis longtemps, mais visiblement tu as compris ce que certaines personnes (ou orgas) extérieures se refusent à voir depuis des années. J'ai toujours conçu et pratiqué la FA comme un ensemble de groupes et individus autonomes rassemblés sur la base de principes communs.
Après, les donneurs de leçons se cantonnent souvent à un rôle de curés dogmantiques ou de personnes qu jouent à "ouh ! les vilains ! ce sont les machants de la FA !" :lol: :lol: :lol: .. faute de pouvoir faire autre chose ... :twisted: Les personnes qui agissent et avec qui nous pouvons avoir des désaccords sont des personnes avec qui nous pouvons débattre. :trinque:
Mais le sujet n'est pas là.

Sans plus attendre, le communiqué de nos relations internationales :

« Tierra y Libertad » pour tous les peuples du monde !
Solidarité avec les communautés péruviennes en lutte

Pérou, vendredi 5 juin, 5 heures du matin, l'Etat montre son vrai visage : l'armée et la police attaquent par terre et par air, en utilisant des balles réelles. Il en résulte des dizaines de morts, des centaines de blessés. Les « dangereux terroristes » éliminés appartiennent à des peuples autochtones de la région Amazonas qui bloquaient pacifiquement une route près de Bagua au nord du Pérou.
Depuis, la zone est totalement militarisée, des responsables amérindiens sont recherchés par toutes les polices... Il en coûte cher de s'opposer aux intérêts des multinationales, dont l'Etat est le garant... Pourtant Alan García avait été élu en 2006 pour changer le modèle économique néolibéral en place... Ce ne sont pas les anarchistes qui s'étonneront de la trahison des promesses des politiciens, quelle que soit leur couleur.

Cela fait bien longtemps que les territoires amazoniens occupés par les peuples originels font l'objet des convoitises capitalistes. Déjà, au début du vingtième siècle, la « fièvre du caoutchouc » avait conduit aventuriers et hommes d'affaires à torturer et massacrer des communautés indigènes.
Plus récemment, après la signature d'un traité de libre commerce avec les Etats-Unis (TLC), le gouvernement péruvien avait imposé en 2008 des décrets facilitant l'implantation d'entreprises pétrolières, gazières, minières ou liées à l'exploitation forestière ou au tourisme. Depuis, les protestations et manifestations se sont amplifiées au Pérou.
Dernièrement, en mai 2009, à l'occasion de la « 4ème Rencontre continentale des peuples et nationalités indigènes de l'Abya Yala (les Amériques) », les communautés présentes ont « rejeté catégoriquement la privatisation de l'eau, la présence de sociétés multinationales, le modèle économique néo-libéral ».
L'AIDESP, une coordination de 1350 communautés au Pérou a appelé à « l'état d'insurrection » et à faire du 11 juin une journée de mobilisation populaire pour « l'abrogation des décrets encourageant les entreprises étrangères à investir dans les zones habitées par les autochtones. » C'était le 4 juin, et le 5 juin...
La Fédération Anarchiste se joint aux nombreuses organisations anarchistes d'Amérique latine et d'ailleurs pour exiger l'abrogation des décrets et l'arrêt de la campagne de criminalisation de ceux qui la réclament.

Les prédateurs qui se pressent en Amazonie ont des noms : Parenco (Franco-britannique), Petrofilera (Canada), Petrobras (Brésil), Pluspetrol (Argentine), BPZ Energy (USA), Repsol (Espagne)... Nous appelons à ne pas les laisser dans l'ombre !
La Fédération Anarchiste est bien consciente qu'au delà des intérêts directs de ces exploiteurs, les Etats protègent le désordre économique mondial. En effet, depuis quelques années, les révoltes amérindiennes prennent de l'ampleur, se coordonnent, communiquent avec les autres peuples originels, mais aussi avec ceux qui s'opposent au capitalisme. Les luttes se multiplient, les pratiques d'autonomie se développent dans tous les domaines (communication, éducation, santé, sécurité, justice...). Parmi les plus connues, rappelons celles des communautés zapatistes (1994), des communautés paysannes d'Atenco contre la construction d'un aéroport (2002), la Commune d'Oaxaca (2006). A chaque fois l'Etat produit la seule réponse qu'il connaisse, la répression ! C'est que les pratiques basées sur les « us et coutumes » amérindiens de démocratie directe non seulement se développent, mais intéressent au delà des peuples originels. Elles rejoignent certaines propositions anarchistes : autonomie vis à vis de l'Etat et des partis politiques, décisions collectives, fédéralisme...
En ce sens la Fédération Anarchiste se reconnaît dans les analyses produites lors de la rencontre d'octobre 2007 réunissant plus de soixante communautés amérindiennes des deux Amériques à Vicam (Mexique) : « Le capitalisme nous a amené la propriété privée, l'injustice, la violence et la tyrannie, les ravages d'une extermination sanglante par la croix et l'épée. Pour nous, peuples originels, le système capitaliste est totalement contraire à nos principes. Cette guerre capitaliste nous affecte tous, tous les pauvres, pas seulement les indiens. Ce monde n'aura aucune chance de continuer à exister si ce sont ceux d'en haut qui gagnent cette guerre ».

La lutte des peuples autochtones, au Pérou et ailleurs, s'inscrit dans un projet global de révolution sociale. Avec nos compagnes et compagnons magonistes de la révolution mexicaine, avec nos compagnons cénétistes de la révolution espagnole :
« Tierra y Libertad » pour tous les peuples du monde!


Secrétariat aux Relations Internationales
Fédération Anarchiste (France)
Bibo
 

Pays basque: Manifestation interdite et réprimée

Messagede Johan » 23 Aoû 2009, 21:24

Pays basque: Manifestation interdite et réprimée

Bilbao est en fête et une manifestation devait être organisée hier en faveur de la liberté d’expression et ce, par différents groupes locaux de la ville. Le gouvernement collabo régional l’avait interdite et le responsable des groupes convoquant la manifestation s’est présenté au commissariat de la police "autonome", afin de l’annuler. Devant la presse, les organisateurs ont indiqué «qu’ils constataient avec beaucoup de préoccupation, comment des partis, syndicats et partenaires sociaux tournaient la tête de l’autre côté, quand des droits conquis après des années de luttes étaient bafoués. Il s’agit d’une véritable chasse aux sorcières. Nous ne pouvons accepter que des expressions et des idées soient illégales et réprimées en tant que telles. La vie sociale et politique ne peut être conditionnée par la répression.»

Après cette déclaration, un rassemblement spontané a été dispersé par la police. Plusieurs conteneurs ont été jetés sur la voie publique. Plus tard un groupe de personnes s’est réuni sur la Place Eliptica avant d’être à nouveau dispersé par la Ertzaintza. Trois personnes ont été interpellées.

Image
Johan
 

suite des arrestations des 36 jeunes de Segi

Messagede Parpalhon » 11 Déc 2009, 00:25

Attouchements sexuels sur jeunes de 20 ans dans les commissariats espagnols

La semaine dernière, lors de la rafle des forces de sécurité espagnoles à l’encontre de la jeunesse abertzale en Pays Basque sud, les méthodes policières de la Guardia Civil ont franchi un nouveau cap. En plus des coups et des menaces et pressions incessantes habituelles de la part de la police espagnole, les jeunes interpellés ont fait l’objet de traitements humiliants à caractère sexuel.

Dénudés, ces garçons et ces filles ont été obligés de faire de longues séries de flexions devant leurs bourreaux sans vêtement aucun. Des garçons ont dénoncé avoir reçu des coups dans les testicules. Certaines filles ont dénoncé avoir fair l’objet d’attouchement de la part d'hommes cagoulés de la garde civile dans les commissariats. Les policiers se sont livrés à des attouchements allant jusqu’à baiser le torse des jeunes filles à leur merci, dénudées et tenues par les policiers.

Ces faits ont été dénoncés devant le juge Fernando Grande Marlaska qui, comme d’habitude, ne fera pas état de ces pratiques dans ces diligences. Des pistolet mis sur la tempe, des piqûres avec des seringues, des coups portés avec des annuaires sur la tête et sur le corps ont également été dénoncés.

Ces 34 jeunes, accusés d’appartenir au mouvement de jeunes indépendantistes Segi, ont été arrêtés et mis au secret. Aucun attentat, aucun crime ne leur est reproché. Juste leur appartenance au mouvement Segi, mis hors la loi par les autorités judiciaires espagnoles, qui estiment que les buts politiques de Segi sont les mêmes que ceux de l’ETA. Ainsi, ces tortures et mauvais traitements n’avaient pas pour but d'obtenir une quelconque information ou déclaration de la part des détenus, leur appartenance à Segi étant publiquement assumée. Il s’agissait d’actes totalement gratuits de la part des forces de police. A l’exception de trois jeunes, les 35 autres ont été déferrés dans des prisons espagnoles.

Le cas Bakedano
Suite à la rafle contre les jeunes abertzale, Ainhara Bakedano, qui n’était pas à son domicile quand les policiers s'y sont rendus, a souhaité se présenter devant le juge madrilène de sa propre initiative, disposée à répondre aux questions de ce dernier. Elle s’est donc rendue à Madrid, à l’Audience Nationale, mais elle a été arrêtée à l’entrée du tribunal. Conduite au cuartel de la Garde Civile, elle a subi toutes sortes de tortures, mauvais traitements et menaces. Le supplice de la poche lui a également été infligé. Il s’agit de mettre une poche sur la tête du détenu, afin de le priver d’air et ainsi provoquer l’asphyxie par manque d’oxygène jusqu’à perte de connaissance. La poche est ensuite enlevée pour que le détenu reprenne conscience, puis rebelotte.

Source : Pays Basque Info
" Mort als estats visquin les terres ! "
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La fin de la lutte armée au Pays Basque

Messagede digger » 21 Oct 2011, 10:10

Hier, ETA a fait parvenir un message vidéo au journal basque Gara, annonçant "l'arrêt définitif de son activité armée".

Texte intégral de la déclaration d'ETA
"Euskadi Ta Askatasuna, organisation socialiste révolutionnaire basque de libération nationale, souhaite à travers cette Déclaration faire savoir sa décision au Peuple Basque :

ETA considère que la Conférence Internationale qui a récemment eu lieu en Pays Basque est une initiative de grande importance politique. La résolution accordée rassemble les ingrédients pour une solution intégrale au conflit et compte avec le soutien de larges secteurs de la société basque et de la communauté internationale.

Un nouveau cycle politique est en train de s'ouvrir en Pays Basque. Nous nous trouvons devant une opportunité historique pour trouver une solution juste et démocratique à ce conflit politique séculier.
Face à la violence et à la répression, le dialogue et l'accord doivent caractériser le nouveau cycle. La reconnaissance du Pays Basque et le respect de la volonté populaire doivent l'emporter sur l'imposition. Tel est le désir de la majorité de la société basque.

Ces longues années de lutte ont permis cette opportunité. Le chemin n'a pas été facile. La dureté de la lutte a emporté à jamais de nombreux compagnons. D'autres subissent la prison ou l'exil. Nous leur adressons notre reconnaissance et notre hommage le plus sincère.

Dorénavant, le chemin ne sera pas pour autant plus facile. Face à l'imposition qui est toujours présente, chaque pas, chaque gain sera la fruit des efforts et de la lutte de la société basque. Tout au long de ces années, le Peuple Basque a accumulé l'expérience et la force nécessaires pour affronter ce chemin, et en a également la détermination.

Il est temps de regarder le futur avec espoir. Il est temps aussi d'agir avec responsabilité et courage.

Pour toutes ces raisons,

ETA a décidé l'arrêt définitif de son activité armée. ETA lance un appel aux gouvernements d'Espagne et de France pour ouvrir un processus de dialogue direct qui aura comme objectif la résolution des conséquences du conflit et, en conséquence, le dépassement de la confrontation armée. A travers cette déclaration historique, ETA montre son engagement clair, ferme et définitif.

Enfin, ETA lance un appel à la société basque pour qu'elle s'implique dans ce processus de résolution jusqu'à la construction d'un scénario de paix et de liberté."


Cette déclaration répond au préalable de la Conférence Internationale pour une résolution de paix au Pays Basque qui s’est tenue le 17 octobre à Donostia/San Sebastian et qui comprenait Kofi Annan, l'ancien secrétaire général de l'ONU et prix Nobel de la Paix ; l'Irlandais Gerry Adams, le président du Sinn Fein ; l'ancien premier ministre irlandais Bertie Ahern, l'ancien ministre français de l'Intérieur Pierre Joxe ; l'ancienne première ministre norvégienne, Gro Harlem BrundtlandKofi Annan, l'ancien secrétaire général de l'ONU et prix Nobel de la Paix ; l'Irlandais Gerry Adams, le président du Sinn Fein ; l'ancien premier ministre irlandais Bertie Ahern, l'ancien ministre français de l'Intérieur Pierre Joxe ; l'ancienne première ministre norvégienne, Gro Harlem Brundtland ; et l'ancien chef de cabinet de Tony Blair, Jonathan Powell. et l'ancien chef de cabinet de Tony Blair, Jonathan Powell.

Les 4 autres points de la déclaration finale propose :

- L’accueil favorable par Madrid et à Paris d’ujne telle déclaration de l'ETA et l’ouverture d’ un dialogue, en particulier sur les conséquences d'un conflit qui dure depuis 50 ans,
- La reconnaissance puis la réconciliation des victimes
- Un appel lancé à "toutes les forces non violentes et politiques" à ouvrir des espaces communs de discussions pour envisager le futur d'un Pays Basque sans violence.
- La création d'un comité international de suivi de ces recommandations.

Gerry Adams, président du parti politique irlandais Sinn Féin et ancien "bras politique" l’IRA a déclaré que "d'autres sujets" devront probablement être traités, afin de "construire une confiance à l'intérieur du processus", comme la question des prisonniers basques, la démilitarisation de l'organisation, le respect et la reconnaissance des droits démocratiques de tous les partis politiques, "qui doivent être traités comme égaux entre eux". Et notamment le cas du mouvement indépendantiste basque Batasuna, "mis hors la loi", et le sort d'un chef politique comme Arnaldo Otegi, "totalement compromis, selon mon opinion, avec la paix".
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Pays Basque

Messagede digger » 26 Déc 2012, 12:28

Le topic sur Aurore Martin me semble intéressant à prolonger par un sujet plus général traitant en particulier du processus de paix et des réalités socio-économiques et culturelles.
Pour commencer, un sujet sur l'organisation des agriculteurs face à la toute-puissantes FNSEA.
ELB fête ses 30 ans de combat syndical
26/12/2012

Pierre MAILHARIN

Avant, “il y avait un syndicat unique : la FDSEA”, rappelle Panpi Sainte-Marie. Mais ça, c’était avant, comme dirait une publicité pour lunettes. Avant la naissance d’Euskal Herriko Laborarien Batasuna, plus connu sous le diminutif d’ELB. La date : 1982, “quand Mitterrand est arrivé au pouvoir et qu’il a autorisé le multisyndicalisme”, déroule le secrétaire général de l’organisation, qui fêtera ses 30 ans samedi à Irissarry (détails ci-dessous).

Au commencement, donc, un seul syndicat, la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA), qui fait cohabiter “des gens avec une vision collective et d’autres plutôt de droite”, schématise P. Sainte-Marie. Le deuxième courant est largement majoritaire. “Ceux qui allaient créer ELB ont essayé de batailler de l’intérieur, à la section ovine. Comme ils n’y arrivaient pas, il se sont dits : ‘Il faut qu’on crée nous-mêmes quelque chose.’”

Ces fondateurs s’appellent Michel Berhocoirigoin, Arño Cachenaut, Bernadette Oillarburu, Peio Iralour. Entre autres. Ils décident de former un syndicat, qui sera affilié à la Confédération paysanne, répondant à deux caractéristiques imbriquées à leur sens : la défense d’un modèle agricole et de la spécificité culturelle basque : “Avant, tout était centré sur Pau, avec une vision de la plaine, des céréaliers, des grandes exploitations. Alors qu’ici, nous sommes sur des problématiques d’élevage, de petites surfaces de montagnes, de défense des petites fermes”, revendique P. Sainte-Marie.

Une moitié des paysans basques

Qualité contre quantité, éleveurs versus céréaliers, le clivage peut s’installer. FDSEA en Béarn et ELB au Pays Basque ? Trop simple. L’ex-syndicat unique reste très fort localement. ELB doit labourer pour récolter les premiers fruits électoraux. “On s’est présentés pour la première fois aux élections [de la Chambre d’agriculture, ndlr] en 1983, on a obtenu 30 % au Pays Basque. On est montés à 42 % au deuxième coup, puis 51 et quelque. On a progressivement obtenu la reconnaissance de la moitié des paysans”, se félicite l’agriculteur de Lantabat.

Malgré tout, ELB demeure très minoritaire à la Chambre d’agriculture, du fait du mode de scrutin départemental et de la prime des sièges au vainqueur. S’il pousse sur le terrain à la constitution de labels et certifications (AOC Ossau-Iraty, piment d’Espelette, Idoki…), il ne peut globalement faire entendre sa voix et se sent méprisé : “Deux phrases d’un ancien président de la Chambre sont restées : ‘Ne parlent que ceux qui existent’ et ‘On ne peut pas être nombreux et heureux’”, se souvient P. Sainte-Marie.

Le combat pour EHLG

Démarre alors le combat pour la création d’une Chambre d’agriculture du Pays Basque : “Malgré la pression des élus, on n’a pas voulu nous la donner. On a alors décidé de la créer nous-mêmes avec l’aide de la société civile.” Euskal Herriko Laborantza Ganbara (EHLG), la “Chambre d’agriculture du Pays Basque”, voit le jour le 15 janvier 2005.

Non reconnue par l’État, elle subit les foudres de ses représentants locaux, qui lui intentent procès sur procès. Sans succès. L’association EHLG s’enracine à Ainhice-Mongelos, où ELB – auparavant à Saint-Jean-Pied-de-Port – prend aussi ses quartiers. La visite du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, en octobre dernier à Lurrama, le salon organisé tous les ans par l’association, constitue une forme de reconnaissance implicite.

Pour le syndicat basque, la bataille n’est cependant pas terminée : “EHLG fait du conseil, de l’orientation, mais n’a pas la main sur la Commission départementale d’orientation agricole, qui est le lieu où se décide l’octroi des aides, l’outil pour mettre en place une politique agricole”, souligne le secrétaire général.

D’où la volonté d’ELB de continuer à lutter pour obtenir une Chambre officielle. En attendant, il a choisi, pour la première fois, de faire liste commune avec la Confédération paysanne Béarn lors du renouvellement de la Chambre des Pyrénées-Atlantiques en janvier prochain. “Il y a un débat pour l’obtention d’une collectivité territoriale Pays Basque. S’il y a cette collectivité, il y aura une Chambre officielle. L’agriculture est en pleine crise. Pour parler d’une même voix face à la FDSEA et le bulldozer libéral, on a décidé d’aller ensemble avec les Béarnais”, justifie P. Sainte-Marie, qui souhaite ainsi “essayer de foutre dehors les idées de la FDSEA”. Sacré défi. ELB a montré quelques capacités en la matière.

Euskal Herria Kazeta http://www.lejpb.com/paperezkoa/20121226/379532/fr/ELB-fete-ses-30-ans-combat-syndical
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Re: Pays Basque

Messagede digger » 10 Jan 2013, 16:14

Etxerat dénonce des chiffres accablants
Exercice de statistiques implacable auquel s’est livrée l’association Etxerat, représentant les familles des 606 prisonniers basques dispersés dans les prisons espagnoles et françaises. Premier constat : 224 prisonniers devraient être libres si les États espagnol et français appliquaient leurs propres lois.
Sur ces 224 prisonniers libérables, 13 sont gravement malades, 143 devraient pouvoir bénéficier d’une liberté conditionnelle et 68 sont victimes de la dite “doctrine Parot.” Sept des 606 prisonniers accomplissent leurs peines dans des prisons basques (1 % du collectif). Une dispersion de fait, violant ainsi les recommandations dictées par la loi et visant à ce que les prisonniers purgent leurs peines au plus près de leurs familles. Dans la pratique, les prisonniers sont entre 800 à 900 km de chez eux. Conséquences : de nombreux voyages pénibles pour les familles avec comme corollaire de graves accidents de voitures provoquant des blessés, voire des décès.
Les 606 prisonniers sont répartis dans 84 prisons des États français et espagnol, sept sont en Angleterre, Irlande, Écosse, Portugal et Italie, douze sont assignés à résidence à leurs domiciles, onze en liberté conditionnelle, deux en arrêt domiciliaire à Rome et Autun.


Euskal Herriko Kazeta 10/01/2013 http://www.lejpb.com/paperezkoa/20130110/381822/fr/
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Re: Pays Basque

Messagede bipbip » 26 Juin 2013, 00:26

Deux militants basques ont interpelés dans le cadre du mandat d’arrêt européen
Pays Basque - Les personnes interpelées attendues à Pau

25/06/2013
Goizeder TABERNA


Deux militants basques ont été interpelés hier par la police française en collaboration avec le commissariat général d’information de la police espagnole. Les deux exilés doivent passer ce matin, à 9 h 30, devant la cour d’appel de Pau, afin qu’elle leur notifie le mandat d’arrêt européen émis par la justice espagnole.

L’une des personnes arrêtées est Jokin Aranalde (67 ans), Gipuzkoar, Bas-Navarrais d’adoption, et l’un des représentants du Collectif des exilés politiques basques (EIPK) (voir encadré). Il a été arrêté à Hélette à 13 heures. D’après l’agence Europa Press, les tribunaux espagnols le chercheraient pour un délit présumé “d’intégration dans ETA”. Coïncidence, deux jours après qu’il a accordé une interview dans la presse basque, la presse espagnole l’avait pointé du doigt.

D’une justice à l’autre

Le second est Beñat Atorrasagasti de Lesaka (Navarre). Il se trouvait à Urrugne au moment de l’arrestation, en milieu de journée. En avril, il avait été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à trois ans de prison, en partie avec sursis, après avoir été arrêté en Écosse en 2012 et remis à la justice française.

Aujourd’hui, la cour d’appel de Pau devra se prononcer sur la mise en liberté ou l’incarcération des deux militants, avant qu’elle examine les mandats d’arrêt européens. La procédure pourrait prendre plusieurs semaines.

Une pierre dans le processus

Les arrestations d’hier sont survenues quelques jours après que les exilés basques ont franchi un pas : le 12 juin, ils désignaient une représentation collective composée de 14 interlocuteurs, dont Jokin Aranalde, et le 15 juin, ils présentaient à la halle d’Iraty leur feuille de route pour régler le problème des exilés et pour arriver à la résolution du conflit.

En mai, les mouvements Bake Bidea et Lokarri, en partenariat avec des experts internationaux, proposaient douze points pour faire avancer le processus de paix au Pays Basque.

À travers leurs réactions, les partis abertzale ont rappelé ce contexte. Dans un communiqué, Euskal Herria Bai (EH Bai) déclare : “L’arrestation de Jokin Aranalde faisant partie des porte-parole pour ouvrir le dialogue avec les États et de Beñat Atorrasagasti ne va pas dans le sens de la construction d’une paix juste et durable.” La coalition s’adresse ensuite aux États concernés : “Pour EH Bai, les États français et espagnol doivent cesser d’utiliser la répression pour répondre aux appels au dialogue.”

Réagissant lui aussi aux interpellations, le porte-parole de Sortu, Pernando Barrena, a prévenu : “Ceux qui s’engagent dans la voie policière et refusent de reconnaître le Pays Basque comme sujet politique se trouveront face à un mur populaire qui est décidé à mener au bout le processus de résolution et s’engage pour la paix.”
http://www.lejpb.com/paperezkoa/2013062 ... dues-a-Pau
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Jokin Aranalde

Messagede digger » 03 Nov 2013, 20:08

Son téléphone portable ne répond plus. Jokin Aranalde a choisi l’insoumission. Ce représentant et porte-parole du Collectif des exilés politiques basques (CEPB) vivant à Irissarry depuis de nombreuses années a pris cette décision d’insoumission après le rejet par la Cour de cassation du pourvoi qu’il avait formé contre l’arrêt de la cour d’appel de Pau favorable à l’application d’un mandat d’arrêt européen émis à son encontre par Madrid. Depuis le 30 octobre dernier, les autorités françaises ont donc dix jours pour remettre Jokin Aranalde à leurs homologues espagnols.
Dans une lettre ouverte envoyée à plusieurs médias (voir page 2), Jokin Aranalde explique : “J’ai décidé de choisir l’insoumission puisque, étant l’un des porte-parole du CEPB, mon engagement est de continuer à travailler jusqu’à ce que le dernier des exilés et déportés puissions vivre au Pays Basque en liberté.”
Dans sa lettre, Jokin Aranalde rappelle qu’il a été torturé à trois reprises avant de rejoindre le Pays Basque Nord : en 1976, 1978 puis en 2002. “J’ai 67 ans. Ces derniers 50 ans, j’ai vécu l’une des périodes les plus sombres qu’ait connue mon peuple à cause des États espagnol et français, en particulier celle du franquisme au Pays Basque Sud. [...] Je suis, en fait, l’une des quelque 7 000 personnes torturées ces derniers 50 ans. C’est pour cette raison-là que j’ai décidé de m’installer en Pays Basque Nord, car ni mon esprit ni mon corps ne supporteraient d’être torturé une quatrième fois”, précise-t-il. Jokin Aranalde rappelle les événements majeurs de ces deux dernières années : la Conférence d’Aiete et l’arrêt de la lutte armée de la part d’ETA.
Il souligne qu’une feuille de route avait été établie par différentes personnalités internationales et acteurs sociaux et politiques divers afin de “surmonter, une fois pour toutes, le conflit politique armé” et instaurer des conditions pour que le Pays Basque puisse mener son propre chemin. Jokin Aranalde affirme dans sa lettre que force est de constater que “seule ETA a tenu parole à 100 %”. Et de souligner “l’attitude négative” des deux États espagnol et français. “Devant l’attitude négative des deux États, nous, Collectif des exilés-ées politiques basques, avons décidé, comme beaucoup d’autres l’avaient déjà fait au Pays Basque, que nous aussi devions nous activer afin que le processus de paix puisse se développer”, poursuit Jokin Aranalde, faisant référence au 15 juin dernier quand 300 exilés basques ont présenté publiquement à Biarritz une proposition allant dans le même sens que celui de la conférence d’Aiete. Moins de dix jours après cet acte public, Jokin Aranalde était arrêté sous le coup d’un mandat européen. Aujourd’hui, tous les recours sont épuisés et Jokin Aranalde devrait être remis à la justice espagnole. Il a donc fait le choix de l’insoumission, lui qui nous déclarait dans une interview réalisée au début de cette procédure (13/07/2013) “être très touché” par les marques de solidarité dont il était l’objet, mais qu’il envisageait le pire et avait l’habitude de vivre des situations extrêmes. “Mais la dignité, notre peuple, nos preso sont au-dessus de tout. C’est cela le plus important”, concluait-il.

http://www.lejpb.com/paperezkoa/20131102/430670/fr/%E2%80%9CJ%E2%80%99ai-decide-choisir-l%E2%80%99insoumission%E2%80%9D-declare-Jokin-Aranalde-dans-une-lettre-ouverte


J’ai 67 ans. Ces derniers 50 ans, j’ai vécu l’une des périodes les plus sombres qu’ait connue mon peuple à cause des États espagnol et français, en particulier celle du franquisme au Pays Basque Sud. J’ai été torturé trois fois, la dernière en 2002. Je suis, en fait, l’une des quelque 7 000 personnes torturées ces derniers 50 ans. C’est pour cette raison-là que j’ai décidé de m’installer au Pays Basque Nord, car ni mon esprit ni mon corps ne supporteraient d’être torturé une quatrième fois. Je dois aussi préciser que, pendant toutes ces années, j’ai vu revivre notre peuple qui se trouvait voué à la disparition et que moi-même j’ai été acteur de cette résurgence (revirement) politique, culturelle et sociale. Néanmoins, notre peuple n’est pas encore parvenu à être souverain.

Il y a deux ans, deux événements majeurs qui ont amené d’importants changements se sont produits. Le premier est la conférence d’Aiete et le second l’arrêt de la lutte armée de la part d’Euskadi ta Askatasuna (ETA). Lors de la conférence d’Aiete, avec l’ex-président de l’ONU Kofi Annan en tête, de nombreuses personnalités du monde entier ont établi, devant des acteurs politiques et sociaux de tout Euskal Herria, une feuille de route destinée à surmonter, une fois pour toutes, le conflit politique armé et à instaurer les conditions pour que le Pays Basque puisse parcourir son propre chemin.

Malheureusement, force est de constater que seule Euskadi ta Askatasuna a tenu parole à 100 %.

Devant l’attitude négative des deux États, nous, Collectif des exilés-ées politiques basques (CEPB), avons décidé, comme beaucoup d’autres l’avaient déjà fait au Pays Basque, que nous aussi devions nous activer afin que le processus de paix puisse se développer. Dans ce but, le 15 juin, nous avons présenté, d’abord aux acteurs politiques, sociaux et culturels, et ensuite publiquement, notre proposition, notre feuille de route, qui va dans le même sens que celle de la conférence d’Aiete.

Cependant, au lieu d’accueillir positivement la proposition constructive du CEPB, les deux États ont répondu par un nouveau coup répressif. Après une campagne médiatique très agressive, trois exilés basques avons été arrêtés et jugés. Le mandat d’arrêt européen a été refusé pour deux d’entre eux. Ces deux camarades ont été sciemment utilisés pour donner une image d’impartialité car l’objectif réel de ces parodies de procès n’est autre que de se servir du mandat d’arrêt européen pour faire obstacle à la feuille de route du CEPB. IL EST ÉVIDENT QU’IL S’AGIT D’UN PROCÈS POLITIQUE.

Devant cette situation, différentes personnalités institutionnelles et politiques, ainsi que des mouvements sociaux et des personnes référentielles du monde culturel, ont émis le besoin de répondre avec une attitude d’insoumission et de désobéissance pour, ainsi, socialiser la proposition du CEPB et qu’elle puisse être défendue par la société elle-même. Autrement dit, pour que, malgré l’attitude de deux États, le processus démocratique puisse être mené jusqu’au bout.

Encouragé par l’attitude responsable et digne d’admiration de ces acteurs, j’ai décidé de choisir l’insoumission puisque, étant l’un des porte-parole du CEPB, mon engagement est de continuer à travailler jusqu’à ce que le dernier des exilés et déportés puissions vivre au Pays Basque en liberté.

Tout au long de l’histoire, beaucoup de belles paroles ont loué la générosité d’Euskal Herria. À titre d’exemple, nombreux historiens ont raconté ce passage : “Au printemps 1945, une brigade basque prend part à la bataille pour la libération des ports de l’Atlantique. De Gaulle la félicite à Bordeaux : il embrasse le drapeau basque, en disant : ‘La France n’oubliera jamais ce que les Basques ont fait pour elle’.”

Je veux souligner que seul le peuple donne du contenu aux belles paroles. Le peuple est le pilier et la garantie pour qu’Euskal Herria puisse aller de l’avant. C’est pourquoi j’appelle tous les citoyens et citoyennes à rester mobilisés afin que nous atteignions la véritable paix si nécessaire et si désirée. LE PEUPLE EST NOTRE SOUFFLE ET NOTRE CAUSE.

Pour finir, je ne peux pas trouver les mots pour décrire la chaleur, la solidarité et le soutien que j’ai reçus de la part de mes voisins et concitoyens. Esker mila et bon courage à tous et à toutes.
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Emilie Martin dit non à la justice espagnole

Messagede digger » 05 Nov 2013, 16:18

La militante basque a annoncé qu'elle ne se rendrait pas à la convocation, à 10 heures à Madrid, des autorités antiterroristes, ce qui devrait entraîner l'émission d'un mandat d'arrêt européen.
La militante basque Emilie Martin ne répondra pas à une convocation mardi de la justice antiterroriste espagnole, un an après l’interpellation polémique, également à la demande de Madrid, de sa sœur Aurore Martin, a-t-elle annoncé à l’AFP. «Je ne vais pas aller devant un tribunal qui bafoue les droits de l’Homme», a déclaré Emilie Martin, convoquée à 10 heures à Madrid par l’Audience nationale, juridiction spécialisée notamment dans les affaires de terrorisme.
Emilie Martin a précisé avoir été convoquée pour «appartenance à une organisation terroriste, financement et apologie du terrorisme», dans une enquête portant sur Herrira, mouvement de soutien aux membres emprisonnés de l’organisation séparatiste basque ETA. Emilie Martin, 28 ans, l’une des porte-paroles d’Herrira, a assuré lors d’un entretien avec l’AFP, être «parfaitement consciente des conséquences» de son choix. «Mon absence à l’audience va entraîner automatiquement l’émission d’un mandat d’arrêt européen délivré par Madrid et la France va devoir décider si elle l’applique ou non.»
«Les cartes sont entre ses mains», a-t-elle ajouté, alors qu’il y a tout juste un an, le 1er novembre 2012, la décision d’exécuter le mandat visant sa sœur Aurore Martin avait déclenché des réactions politiques hostiles à gauche et à droite, au Pays basque et au-delà. Pour elle, Herrira, créé en février 2012 et qui milite pour les droits des prisonniers basques, a su «rassembler par son travail les partis politiques et la société civile en faveur du processus de paix» au Pays basque, et a obtenu le soutien de dizaines de milliers de personnes, qui ont manifesté aussi bien à Bayonne, en novembre 2012 qu’à Bilbao, en janvier 2013.
«L’Audience nationale et, avec elle l’Espagne suivie par la France, veut briser cette dynamique pour bloquer le processus de paix», accuse-t-elle. «Comment comprendre la présence d’élus socialistes (français) derrière les banderoles lors de la manifestation organisée par Herrira en novembre 2012 à Bayonne alors que, dans le même temps, le gouvernement appartenant au même Parti socialiste à Paris suit la politique répressive de l’Espagne ?», a-t-elle encore demandé.
Emilie Martin a commencé à militer à 16 ans dans les mouvements de la jeunesse nationaliste. Elle a été porte-parole de Segi, mouvement interdit en Espagne pour ses liens présumés avec l’ETA et dissous en juin 2012 au Pays basque français. En 2003, elle avait été placée en garde-à-vue à Bayonne dans le cadre d’une procédure pour appartenance à l’ETA. Mise en examen, elle a été sous contrôle judiciaire jusqu’en 2005, avant de bénéficier d’un non-lieu.
«Répression politique»
Depuis janvier 2013, elle est salariée et porte-parole d’Herrira à Bayonne. Selon elle, les motifs de sa convocation du 2 novembre devant l’Audience nationale sont les mêmes que ceux pour lesquels 18 membres d’Herrira ont été arrêtés le 30 septembre par la Garde civile espagnole dans plusieurs villes basques espagnoles.
Les 18 militants, jugés trop proches de l’ETA, sont poursuivis pour appartenance à un groupe armé, apologie et financement du terrorisme. Ils ont été remis en liberté. En France, Herrira reste en revanche légale.
Aurore Martin, sa sœur de 34 ans, avait été interpellée et remise à l’Espagne pour sa participation à des manifestations de Batasuna, mouvement interdit depuis 2003 en Espagne où il était considéré comme la branche politique de l’ETA, mais alors légal en France. Elle n’avait pas été inquiétée depuis 2011, en dépit d’un mandat d’arrêt validé en 2010.
Sa remise à l’Espagne, où elle a été libérée sous caution le 22 décembre 2012, pour des faits non répréhensibles en France, avait été vivement critiquée par des élus de droite comme de gauche et entraîné une importante mobilisation, au point que le président socialiste François Hollande avait publiquement démenti toute intervention gouvernementale.
«Le fait que je sois, après ma sœur, convoquée par l’Audience nationale, ne doit pas se lire comme de l’acharnement sur une même famille. C’est une répression politique qui touche tout le monde», a encore accusé Emilie Martin.
AFP
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Re: Pays Basque

Messagede Pïérô » 07 Nov 2013, 14:33

Emilie Martin : «Madrid veut m'arrêter. Et la France, elle dit quoi ?»


RÉCIT
La militante basque est recherchée par l'Espagne, obligeant les autorités françaises, comme sa sœur avant elle, à clarifier leur position.

Leur histoire est troublante de similitudes. Les sœurs Aurore et Emilie Martin se retrouvent, l’une après l’autre à un an d’intervalle, à incarner la position de la France sur la question basque. Chacune à leur tour, elles sont visées par la justice espagnole pour leur militantisme. Et obligent la France à clarifier sa position, notamment dans le cadre du processus de paix engagé depuis deux ans.


«Rien n'oblige la France à m'arrêter»

«En France, rappelle-t-elle, l’association est tout à fait légale, on reçoit les subventions du conseil général, je suis salariée de l’association.» Mais en Espagne, Herrira a été interdite il y a peu. Le 30 septembre dernier, les bureaux en Espagne ont été fermés, la page Facebook bloquée. 18 membres ont été interpellés, et se retrouvent sous contrôle judiciaire. Les charges sont lourdes. Ils sont poursuivis pour appartenance à un groupe armé, apologie et financement du terrorisme.

«Le gouvernement espagnol est toujours dans la théorie "tout est ETA". Cela n’a aucun sens. Notre association a justement été créée dans le cadre du processus de paix pour résoudre les conséquences du conflit, en permettant le retour des réfugiés politiques et des prisonniers basques. Encore une fois, le gouvernement espagnol fait tout pour casser la dynamique !» Elle poursuit : «En ce moment, se déroulent là-bas deux méga procès : 80 personnes sont jugées. Nous faisons tout pour avancer vers la paix et eux, ils nous font des procès.»

Emilie Martin a des mots durs, assure n’avoir aucune confiance en la justice espagnole. «Je connais leurs tribunaux. Tout le monde sait ici qu’ils bafouent constamment les droits de l’homme sur la question basque. Madrid m’appelle, mais que dit la France ?», interpelle-t-elle. Dans les jours qui viennent, l’Espagne va certainement déposer un mandat d’arrêt européen à son encontre. «La France aura alors le choix. Rien ne l’oblige à l’activer et m’arrêter comme ils ont arrêté ma sœur.»

«Il ne s’agit pas d’un conflit de personnes»

Le 1er novembre 2012, Aurore Martin était stoppée par les gendarmes sur une petite route des Pyrénées-Atlantiques, et livrée illico aux autorités espagnoles qui la recherchaient pour des faits non répréhensibles en France. A savoir, avoir participé à des réunions publiques du parti séparatiste Batasuna, interdit en Espagne, mais légal en France (autodissous depuis). C’était la première ressortissante française remise à l’Espagne dans une affaire basque. Sa sœur sera-t-elle la prochaine ?

«On va bien voir», répond, stoïque, Emilie Martin. Elle balaie d’un revers de main tout «acharnement contre ma sœur et moi. J’avoue, c’est étrange mais c’est tombé comme ça. Il ne s’agit pas d’un conflit de personnes. Nous sommes dans un conflit politique. Parfois, des familles entières se retrouvent en prison.»

Emilie ne compte pas se cacher. Elle se dit même «plutôt curieuse» de voir comment les autorités françaises vont réagir. «Il est plus que temps que la France arrête de s’aligner sur l’Espagne sur la question basque. Qu’on avance vers la paix.» Demain, comme tous les jours, elle se rendra dans les locaux de Herrira, au cœur du petit Bayonne. «Pour travailler. Evidemment que je continue. Même si avec l’interdiction en Espagne, on a une jambe en moins.»

Marie PIQUEMAL

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Re: Pays Basque

Messagede digger » 21 Nov 2013, 17:30

Libération de neuf prisonniers basques
21/11/2013
Hier, l’Audience nationale a décrété la libération de neuf prisonniers basques sous le coup de la doctrine 197/2006 (aussi dite “Parot”). Au total, 33 prisonniers basques ont été libérés à la suite de la décision de la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg du 21 octobre dernier.
Les neuf personnes libérées sont Jose Etxeberria, Ramón Uribe, Maitane Sagastume, Juan José Zubieta, Xabier Goldaraz, Juanjo Legorburu, Jokin Urain, Jesús Mari Zabarte et Manuel González. Ce dernier avait entamé une grève de la faim en compagnie des dix autres camarades le 28 octobre pour protester contre ses conditions d’incarcération à la prison de Séville II. Il avait dû stopper sa lutte il y a quelques jours à cause d’une insuffisance rénale.
Ramon Uribe Navarro, quant à lui, avait déjà purgé plus de 18 ans de prison, lorsque le 3 décembre 2012, jour de sa sortie, la justice espagnole a décidé de lui appliquer la doctrine 197/2006, lui infligeant douze années d’emprisonnement supplémentaires, jusqu’en 2024.
L’audience nationale a également ordonné la libération de trois prisonniers du groupe révolutionnaire Grapo.
Mardi, le tribunal spécial espagnol avait ordonné la libération de trois autres prisonniers basques. Juan Carlos Arruti est sorti hier de la prison de Cordoba, après 24 ans d’incarcération. Luis Mari Lizarralde et Iñaki Rekarte, qui s’étaient repentis et dissociés du collectif des prisonniers par la “voie Nanclares”, sortiront très bientôt.
Les soutiens tentent d’entrer au parlement
Nous relations dans notre édition d’hier qu’un groupe de personnes s’était enfermé dans l’église San Lorenzo d’Iruñea, capitale de la Navarre, en soutien aux prisonniers basques en grève de la faim à la prison de Séville II.
Hier, les représentants de ce groupe se sont rendus au parlement de Navarre pour tenter d’alerter les élus sur la situation des prisonniers, en grève de la faim depuis 24 jours.
Mais les forces de l’ordre les ont empêchés de pénétrer dans l’enceinte et les manifestants n’ont donc pas pu distribuer aux politiciens les informations qu’ils avaient entre les mains.
Afin de protester contre leurs conditions d’incarcération, onze prisonniers basques de la prison de Séville II ont entamé une grève de la faim le 28 octobre dernier.
Ils demandent que “l’isolement illimité et l’incessante persécution” dont ils sont victimes s’arrêtent et que “les droits fondamentaux soient respectés”.
Alors que chacun des grévistes de la faim a perdu “entre 12 et 13 kg” selon Etxerat, trois d’entre eux ont dû abandonner leur action pour de graves raisons de santé. Ainsi de Manuel Gonzalez, libéré hier, qui souffrait par exemple d’une insuffisance rénale.

Le jpb
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