Kurdistan

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Messagede Lila » 03 Déc 2017, 21:50

Village de femmes autogéré au Rojava

1ER VILLAGE DE FEMMES AUTOGÉRÉE AU ROJAVA - SOUTIEN POSSIBLE PAR DON

"Depuis un an, nous avons travaillé dur pour créer une ONG locale ici à Rojava. Une organisation sur le terrain pour soutenir et répondre aux besoins de la communauté de Rojava. Après beaucoup de travail dans les coulisses, je voudrais vous présenter la Fondation Hevi (www.hevifoundation.org) qui veut dire " Kurde pour l'Espoir".
Nous avons imaginé une ONG qui n'est pas un organisme de bienfaisance, mais une fondation d'espoir pour les communautés.

L'un de nos premiers projets concerne la conception du village des femmes de Jinwar dans le canton de Cézire. Le village est conçu en utilisant des matériaux disponibles localement, 100% écologique, et est construit entièrement par des femmes (avec la direction de Kongreye Star et de WJAR - Association des Femmes Libres à Rojava).

Le système utilise une combinaison de Super Adobe et de maisons en briques de boue, des conceptions qui sont indigènes à la région. Le schéma du village utilise également l'ancien symbole mésopotamien pour les femmes en forme de triangle inversé, avec tous les bâtiments administratifs au centre du triangle.

Le village des femmes s'inspire d'autres projets similaires tels que le village des femmes dans le nord du Kenya dans le but d'établir des espaces sûrs et amicaux dans lesquels les femmes peuvent vivre écologiquement et trouver un refuge contre les agressions du patriarcat, de la guerre et de la terreur. C'est le symbole des femmes libres et libérées dans la sphère civile. Portez une attention particulière au design de l'école à la limite du design!

Jinwar est presque achevé à 50 %, mais a besoin d'un soutien et d'un financement supplémentaires. Même si vous ne pouvez pas soutenir financièrement le projet, vous pouvez quand même aider en faisant passer le mot et en partageant le projet avec d'autres personnes afin qu'elles puissent contribuer au don. Pour plus d'informations et de support, veuillez nous contacter via info@hevifoundation.org

Pour faire un don, veuillez utiliser les coordonnées bancaires suivantes:
Kurdistan Hilfe e. V.
Mot-clé WJAR-Jinwar
IBAN: DE40 2005 0550 1049 2227 04
BIC: HASPDEHHHXXX.


https://www.facebook.com/Kurdistan-au-f ... /?ref=py_c
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Re: Kurdistan

Messagede Blesk » 15 Déc 2017, 15:59

Image

[Allemagne] L’armée fait l’éloge des YPG pendant que le gouvernement interdit leur drapeau
Publié le 11 décembre 2017 |
Kurdistan

Le magazine de l’armée allemande a salué les forces YPG / YPJ qui ont libéré Raqqa alors que les drapeaux YPG ont été interdits en mars dernier.

Le Y magazine a publié un reportage sur les Forces démocratiques syriennes (SDF) après la libération de Raqqa. Intitulé "Les restes de la guerre", l’article raconte l’histoire des combattants des YPG et de YPJ qui ont libéré la ville et dit que l’opération de Raqqa montre comment une ville peut être sauvée dans l’ère moderne.

Y Magazine est uniquement distribué au personnel de l’armée allemande et contient des articles sur les tactiques militaires et la technologie.

Toujours sur les pages technologiques du magazine, les images des véhicules blindés fabriqués par les YPG ont été partagées.

Une photo montre un Humvee américain à Alep, qui est fourni avec une plaque de métal supplémentaire avec l’inscription "YPG". Une autre photo montre une "voiture blindée fabriquée de la milice kurde YPG", qui aurait été utilisée dans la lutte pour Kobanê en 2015.

Le gouvernement allemand a interdit les drapeaux des YPG et YPJ en mars dernier. Les politiciens kurdes disent que l’interdiction est une décision commune avec la Turquie et accuse Berlin d’opprimer la société kurde dans le pays.

Malgré l’interdiction, le magazine de l’armée allemande a publié un article qui a fait l’éloge des forces de YPG.

ENGLISH : https://anfenglish.com/news/german-army ... flag-23565
P.-S.

https://www.facebook.com/Kurdistan-au-f ... 5406882168
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Re: Kurdistan

Messagede Pïérô » 19 Déc 2017, 23:59

Brèves des Kurdistans, semaine du 11 Décembre 2017

Le Kurdistan est réparti sur quatre états : L’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie. En référence à un grand Kurdistan et comme outil de lutte contre la colonisation de ces quatre États, les mouvements kurdes se réfèrent aux différentes régions du Kurdistan en les désignant par les points cardinaux (en kurde). Le Kurdistan du Nord (ou Bakur) correspond au Kurdistan de Turquie, le Kurdistan de l’Ouest (ou Rojava) à celui de Syrie, le Kurdistan du Sud (ou Bashur) à celui d’Irak et le Kurdistan de l’Est (ou Rojhelat) à celui d’Iran. Les brèves ici transmises concernent principalement le Kurdistan du Nord (Bakur) et le Kurdistan de l’Est (Rojhelat), mais des luttes (et la répression qui va avec) ont lieu également au Kurdistan ouest (Rojava) et au Kurdistan du Sud (Bashur).
Les politiques coloniales et racistes menées par les États turc, syrien, irakien et iranien ont conduit à utiliser des noms turcs, arabes ou perses pour désigner les villes kurdes. Les villes sont indiquées ici sous leur nom kurde avec le nom turc ou iranien entre parenthèses.
Tous les noms précédés d’une astérisque dans le texte, sont expliqués dans le glossaire.

Au Bakur* (Kurdistan du Nord, en Turquie ) de nouveaux couvre-feux ont été mis en place dans plusieurs municipalités :
• à Hasankeyf
• dans 15 villages du district de Bitlis
• dans quatre villages du district de Nusaybin
• dans 6 villages du distict de Mardin.
20 personnes du village du Siirt ont été arrêtées lors d’une opération militaire.
La guerre civile en cours au Bakur reste ainsi multiforme. Des bombardements ont également eu lieu dans le district de Dersim, ainsi que près du village de Xakurke, situé dans les montagnes du côté du Kurdistan irakien. En effet, les bases arrières des combattant.es du PKK se situent dans cette zone, au Bashur*, dans le massif montagneux de Qandil.
Au Bashur*, le PKK est très présent dans le camp de réfugié.es de Maxmur. La semaine dernière, une bombe y a explosé, faisant 5 mort.es et 6 bléssé.es. Maxmur est un camp de refugié.es kurdes qui ont fui les violences de l’État Turc dans les années 90. Ce camp est situé au sud de la capitale du Kurdistan irakien, à Hewler (Erbil). La guérilla du PKK, les HPG, ont tué 5 soldats turcs à Çukurca, en réponse à l’attaque subie au camp de réfugié.es de Maxmur.

Lors de la tenue du référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien, de très nombreux kurdes sont sorti.es dans la rue en Iran pour célébrer le résultat. Ils ont fait l’objet d’une intense répression par le régime iranien. Une étudiante en droit de la ville de Saqez, Zamaneh Zivia, a notamment été arrêtée la semaine dernière. Lors d’une première parution devant la cours pénale pour atteinte à la sécurité nationale, participation à un rassemblement illégal et atteinte à l’ordre public, elle a été condamnée à 50 coups de fouet et à une amende de 1 million 800 mille tomans. Elle doit encore comparaître devant la cours révolutionnaire.
D’autre personnes ont également été arrêtées pour avoir organisé une entre-aide avec les victimes du tremblement de terre qui a frappé le Kurdistan il y a un mois. Il n’y a aucune nouvelle de Sharham Farhadi, l’un des organisateurs de l’aide aux victimes du tremblement de terre. Il a été arrêté mardi dernier.
Enfin, le militant Ramin Panahi a entamé depuis une semaine une grève de la faim depuis sa cellule, pour revendiquer son droit à un avocat. Ramin Panahi a été blessé puis arrêté lors d’un clash entre des peshmergas* du Komala et des forces spéciales iraniennes en juin dernier. Les soldats l’avaient emmené puis déplacé dans plusieurs centres de détention, durant plusieurs mois, sans laisser savoir à sa famille qu’il était vivant. Il est aujourd’hui en cellule de confinement et plusieurs membre de sa famille ont également été arrêtés.


https://mars-infos.org/breves-des-kurdi ... ne-du-2772
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 23 Déc 2017, 18:46

Kurdistan irakien : 5 tués dans des manifestations contre la corruption

Cinq personnes ont été tuées et 96 autres blessées mardi dans des manifestations survenues dans la région semi-autonome du Kurdistan irakien, suite à un vaste mouvement de colère contre les salaires impayés et la corruption. Le plus lourd bilan a été enregistré dans la ville de Rania, dans la province de Souleymanieh, où les forces de sécurité ont ouvert le feu sur la foule et employé des gaz lacrymogènes lorsque des manifestants ont mis le feu aux bureaux de plusieurs partis kurdes. Les heurts ont fait cinq morts et 80 blessés.

Des affrontements se sont également produits dans la ville de Souleymanieh, où les forces de l’ordre ont tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. A Koysinjaq, les manifestants ont mis le feu au bureau du maire ainsi qu’au siège du Parti démocratique du Kurdistan (PDK de Massoud Barzani). A Kifri, des centaines de manifestants ont pris le contrôle du siège du même parti après avoir jeté des pierres sur le bâtiment. Exaspérés par la détérioration de la situation économique après le référendum d’indépendance du 25 septembre initié par Barzani, les protestataires avaient incendié la veille les permanences du PDK, de l’UPK, du parti Goran, de l’Union islamique et du Groupe islamique à Piramagroun, à 30 km de Souleimaniyeh

https://secoursrouge.org/Kurdistan-irak ... corruption
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 18 Jan 2018, 19:28

Un communiste libertaire au sein du Bataillon international de libération

Je tire ma révérence, la lutte continue
Après un long silence, je reprends la plume pour tirer (provisoirement) ma révérence.
J'ai quitté la Syrie et suis de retour en Europe depuis quelques semaines. Après avoir participé à la bataille de Mansourah, que j'ai relatée sur ce blog, j'ai enchaîné avec celle de Raqqa, capitale puis tombeau du califat. Une bataille pénible, cruelle, suffocante… Je n'écrirai pas davantage, pour le moment, sur le sujet. Vous avez pu lire suffisamment de reportages divers pour vous en faire une image.
... http://kurdistan-autogestion-revolution ... -tire-ma-révérence-la-lutte-continue


Salut tout le monde, je prends le relais !

Bataillon international de libération,
canton de Cizîrê, le 17 janvier 2018

Bonjour à tous et à toutes !

Comme l’a dit précédemment mon camarade Arthur Aberlin, je suis militant communiste libertaire, actuellement présent au Kurdistan syrien. J’y suis arrivé à la fin de l’été 2017, quelques jours après la prise de Raqqa par les Forces démocratiques syriennes, et j’ai intégré le Bataillon international de libération (International Freedom Batallion, IFB).

J’aurai probablement moins de choses à rapporter qu’Arthur, n’ayant pas eu l’occasion de monter au front. Il se peut d’ailleurs que je n’y monte jamais, du fait de l’effondrement de l’État islamique… et à moins que l’État turc lance une offensive contre la Fédération démocratique de Syrie du Nord !

Je vous ferai néanmoins remonter des faits, observés par moi-même ou rapportés par d’autres camarades. Je tâcherai d’ailleurs de recouper les informations, afin de ne pas colporter de rumeurs. Il s’agira aussi d’analyses personnelles, de réflexions sur le processus révolutionnaire en cours.

Dans mes chroniques, il y aura de la critique ; ce sera peut-être même la majeure partie de mes écrits. Deux raisons à cela. La première relève d’une nécessité politique : si on a beaucoup parlé du processus révolutionnaire au Rojava, on n’en a pas suffisamment pointé les faiblesses. La seconde tient tout bonnement à l’endroit où je suis : si j’étais engagé dans la société civile, j’aurais certainement tendance à voir les choses par le prisme des réalisations quotidiennes ; étant dans la lutte armée, je reçois surtout les échos de ce qui ne va pas !

L’extrême gauche française a, dans sa majorité, limité son soutien à la révolution au Rojava à quelques communiqués et à une participation aux manifestations de solidarité. Une minorité lui a même tourné le dos, au motif que cette révolution ne correspondait pas suffisamment à ses « exigences » idéologiques, et qu’elle avait accepté les armes livrées par les États impérialistes au moment du « front commun » contre l’État islamique. Pourtant elle ne l’a fait que parce qu’elle ne pouvait pas escompter une aide logistique conséquente du mouvement ouvrier révolutionnaire international, trop affaibli ou trop sectaire pour cela.

Refuser tout soutien, même minimal, pour ces raisons, c’est risquer l’ethnocentrisme, avec une grille d’analyse inadéquate, centrée uniquement sur les conditions que l’on connaît sur son propre territoire, dans sa propre société. Une telle erreur ne peut conduire qu’à bouder toutes les révolutions non occidentales.

Un véritable engagement de nos organisations est une nécessité. Il suppose un travail d’analyse conséquent, des explications sur le processus révolutionnaire, un soutien financier, un engagement humain (qu’il soit civil ou armé) sans sectarisme ni romantisme révolutionnaire.

Damien Keller


http://kurdistan-autogestion-revolution ... -le-relais
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 04 Fév 2018, 20:15

Réforme de l’école au Rojava

L’agence ANHA, proche du Parti de l’union démocratique (PYD), diffuse en anglais des informations sur la réforme de l’enseignement au Rojava et dans le Nord de la Syrie. Bien que le pays souffre d’un manque d’écoles et d’enseignants, les municipalités kurdes ont entrepris la réforme de l’école et la mise en place "d’un nouveau système éducatif" sur les principes suivants :
le but de l’école n’est pas seulement d’instruire mais "d’apprendre" la vie ;
en conséquence, les examens sont remplacés par une évaluation continue fondée sur l’échange ;
l’école reconnaît le plurilinguisme et enseignera en langues kurde, arabe et syriaque afin de permettre à chaque élève d’apprendre sa langue maternelle.

Cela manque de détails, mais on comprend l’intention. C’est un exemple supplémentaire de l’ambition des kurdes de Syrie de mettre en œuvre et en pratique leur projet de municipalisme libertaire. Même si on ne sait pas combien d’école sont concernées ni combien d’élèves bénéficieront de cette "réforme", les différents acteurs du Rojava veulent faire savoir que leur projet n’est pas que des mots...

Pierre Bance

Le lien :
http://en.hawarnews.com/new-educational ... -of-exams/

https://www.questionsdeclasses.org/?L-a ... de-l-union
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 09 Fév 2018, 01:51

La Commune Internationaliste du Rojava : “Make Rojava Green Again”

La Commune Internationaliste du Rojava, présente la campagne en coopération avec l’Auto-administration Démocratique du Nord de la Syrie.

Make Rojava Green Again
Soutenez la révolution écologique du Nord de la Syrie


Introduction

Cinq ans ont passé depuis le début de la Révolution du Rojava. En commençant par l’héroïque résistance de Kobanê, les YPG/YPJ ont fait reculer encore et encore les forces réactionnaires de Daesh. Au même moment, la population du Rojava a résisté avec succès aux tentatives hégémoniques de corrompre la révolution. Inspiré et façonné par les idées d’Abdullah Öcalan et le combat du mouvement de libération kurde, le Rojava est un projet révolutionnaire dont l’objectif est de défier la modernité capitaliste par la libération des femmes, l’écologie et la démocratie radicale. Malgré les succès répétés de la Révolution du Rojava, la population reste sous pression; la guerre contre Daesh, les attaques de l’État turc et un embargo économique total sont des obstacles à la construction d’une nouvelle société. Au regard de cette situation, le Rojava a plus que jamais besoin de soutien international…

La Commune Internationaliste – Apprendre, soutenir, organiser

Depuis plusieurs années, nous, internationalistes du monde entier, avons travaillé sur différents aspects de la Révolution du Rojava. Inspiré·e·s par la perspective révolutionnaire du mouvement de libération kurde, nous sommes ici pour nous former, soutenir et aider à développer les projets existants. C’est notre objectif que d’organiser une nouvelle génération d’internationalistes pour mettre en échec la modernité capitaliste. Soutenu·e·s par le mouvement de la jeunesse du Rojava (YCR/YJC), nous avons fondé au début 2017 la Commune Internationaliste du Rojava. Nos activités jusqu’à maintenant ont été d’organiser des formations, des délégations, des cours de langue et de construire la première académie civile pour les internationalistes arrivant au Rojava.

Un pilier de la révolution : l’écologie

Les peuples aliénés de la nature sont aliénés d’eux-mêmes et s’auto-détruisent. Aucun système n’a illustré la primauté de cette relation de façon plus claire que la modernité capitaliste; la destruction de l’environnement et la crise écologique allant de pair avec l’oppression et l’exploitation des peuples. La mentalité inepte du profit maximum a amené notre planète à la frontière des abysses, et laissé l’humanité dans un tourbillon de guerres, de famines et de crises sociales. Pour cela, le développement d’une société écologique est un pilier de la révolution du Rojava, de même que la libération des femmes et la démocratisation totale de tous les aspects de la vie. Il n’est pas seulement question de protéger la nature en limitant les dommages que nous lui infligeons, mais de recréer la balance entre les populations et la nature. Il s’agit d’une « unification renouvelée, consciente et éclairée à une société naturelle, organique » (Abdullah Öcalan).

Monoculture, pénurie d’eau et pollution de l’air : une colonisation de l’humanité et de la nature

Les résultats de la mentalité capitaliste et de la violence d’État contre la société et l’environnement sont clairement visibles au Rojava; le régime Bathiiste n’a jamais été intéressé par l’idée de construire une société écologique en Syrie. Le régime s’est toujours concentré uniquement sur l’exploitation maximale des ressources et la rentabilité agricole, au dépend de la protection de l’environnement, particulièrement dans le territoire colonisé du Kurdistan de l’Ouest (Rojava). La déforestation systématique a permis la monoculture: blé dans la région de Cizirê, olives à Efrîn et un mélange des deux à Kobanê ont altéré l’environnement naturel du Rojava. Pendant plusieurs décennies, il était interdit de planter des arbres ou des légumes et la population était encouragée, par des politiques répressives et le sous-développement délibéré de la région, à émigrer en tant que main-d’œuvre bon marché vers les banlieues des villes comme Alep, Raqqa ou Homs. La production et l’utilisation de l’énergie, les politiques insensées de gestion des déchets et l’utilisation irréfléchie des produits chimiques dans l’agriculture ont détruit le sol, l’air et l’eau. Mais la population du Rojava n’a pas seulement à se battre contre l’héritage éco-politique du régime bathiiste, mais aussi avec la constante et grave menace des politiques hostiles de la Turquie. A côté des attaques militaires, de la menace permanente d’invasion et de l’embargo économique existent de nombreux problèmes dus aux politiques turques de construction de barrages dans le territoire occupé du Nord-Kurdistan et d’utilisation incontrôlé des eaux souterraines pour l’agriculture. Ce siphonage agressif réduit le flux des rivières entrant au Rojava et abaisse le niveau des eaux souterraines de toute la région. La Turquie ferme systématiquement le robinet à eau du Rojava.

Entre guerre et embargo – le travail écologique au Rojava

Les tentatives des régimes turc et syrien d’étrangler la révolution du Rojava par des attaques militaires, politiques et économiques, la guerre contre Daesh et l’embargo soutenu par le KDP au Kurdistan du Sud (Irak) créent des conditions difficiles pour le développement écologique du Rojava. Néanmoins, de nombreux projets sont en cours, comme la reforestation du territoire, la création de réserves naturelles et infrastructures de gestion et tri des déchets, objectifs qui sont pour l’heure difficiles à atteindre. Les projets de la plupart des comités régionaux ne sont encore qu’à un stade préparatoire ou commencent tout juste à être mis en place. La révolution écologique, comme part de la révolution générale du Rojava n’en est encore qu’à ses débuts. Il manque aujourd’hui une conscience environnementale partagée par toute la population, certains savoirs experts et nécessaires technologies ainsi qu’une connexion avec la solidarité venant de l’étranger. Notre contribution à la révolution écologique : Make Rojava Green Again. Nous, la Commune Internationaliste du Rojava, voulons contribuer à la révolution écologique du Nord de la Syrie. Pour cela, nous avons lancé la campagne « Make Rojava Green Again » en coopération avec le comité écologique du canton de Cizirê. La campagne se décline en trois aspects :

1. La construction de l’Académie Internationaliste sur la base d’un ethos écologique, pour servir d’exemple pour des projets et concepts similaires pour la société, impliquant la formation à la fois des internationalistes et de la population du Rojava, afin de renforcer la conscience et la préoccupation pour l’environnement et construire une société écologique.

2. La participation au travail de reforestation du Rojava par la construction d’une pépinière d’arbre comme l’un des travaux de notre Académie Internationaliste.

3. Le soutien matériel aux projets écologiques déjà existants ou en devenir portés par les structures de l’Auto-administration Démocratique, incluant le partage de savoirs entre activistes, scientifiques, expert·e·s et les comités et structures du Rojava, pour le développement d’une perspective de long terme pour une Syrie du Nord écologique.

Les deux premiers projets concrets de « Make Rojava Green Again » sont :
• La mise en pratique des concepts d’une vie et d’un travail écologique au sein de l’Académie Internationaliste, en partie grâce à la construction de la pépinière en tant que l’un des travaux de l’Académie. Au printemps 2018, nous allons planter 2000 arbres dans les alentours de l’Académie et plus de 50 000 jeunes plants dans la pépinière.
• Un soutien pratique et financier au Comité du Conservatoire naturel de la reforestation de la réserve naturelle d’Hayaka, située à côté de la ville de Derik dans le canton de Cizirê. Dans les cinq prochaines années, nous allons planter près de 50 000 arbres sur les rives du lac Sefan.

Le travail collectif dans la pépinière sera une dimension pratique de la formation à l’Académie internationaliste, aussi bien qu’une solidarité concrète avec les communes, institutions et structures populaires.

« Make Rojava Green Again » : un pont pour la solidarité internationaliste

Pour soutenir la campagne « Make Rojava Green Again », le travail écologique en Syrie du Nord et la révolution au Rojava, plusieurs actions sont possibles :
• Partager cette campagne avec des activistes, scientifiques et expert·e·s des domaines de l’agriculture écologique, sylviculture, de l’approvisionnement en eau et de la production d’énergie soutenable.
• Contacter et assurer la liaison avec des activistes, journalistes et politicien·ne·s ou autres personnes qui pourraient être intéressées par cette campagne.
• Écrire, publier des articles ou des interviews à propos de la campagne.
• Partager l’information avec votre famille et vos ami·e·s. Répandre l’information à propos du développement de la révolution écologique au Rojava.
• Établir des contacts entre des personnes/groupes/organisations et la Commune Internationaliste du Rojava.
• Venir directement travailler au Rojava.
• Soutenir financièrement le travail écologique au Rojava.
CONTACT
makerojavagreenagain@riseup.net | www.internationalistcommune.com
Facebook | Twitter @CommuneInt

DONS
Rote Hilfe (Secours Rouge)
IBAN: CH82 0900 0000 8555 9939 2
BIC: POFICHBEXXX
Post Finance
Reference: “Make Rojava Green Again”


Télécharger cette présentation en pdf. http://www.kedistan.net/wp-content/uplo ... GA_fre.pdf

http://www.kedistan.net/2018/02/06/comm ... een-again/
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 11 Fév 2018, 00:06

France/Kurdistan : Mort d’un combattant franco-kurde YPG

Dimanche dernier, les autorités YPG ont annoncé la mort de plusieurs combattants lors de bombardements de l’aviation turque le 4 septembre dernier au Kurdistan irakien. Parmi eux, Kemal Akyol jeune franco-kurde de 21 ans qui a participé au combat contre Daesh à Manbij et à Raqqa.

https://secoursrouge.org/France-Kurdist ... -kurde-YPG
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 21 Fév 2018, 17:31

Le camp de réfugiés irakien de Maxmûr, laboratoire de la révolution sociale kurde

Dans le nord de l’Irak, les réfugiés kurdes de Maxmûr font vivre depuis deux décennies les principes du « confédéralisme démocratique ». La fin de la guerre contre Daech et la recomposition géopolitique en cours complique l’avenir de ce laboratoire politique né de la répression turque des années 1990.
Maxmûr (Kurdistan irakien), reportage

... https://reporterre.net/REP-Le-camp-de-r ... on-sociale
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Re: Kurdistan

Messagede Pïérô » 05 Mar 2018, 12:59

[VIDEO] Interview avec Hogir, volontaire français dans les YPG

Hogir est un volontaire français engagé depuis deux ans dans les YPG, les forces armées kurdes du Rojava (nord de la Syrie). Commandant du tabûr (unité) internationaliste, il combat actuellement aux côtés des Forces Démocratiques Syriennes pour libérer de Daesh la ville de Deir Ezor. Roj Info vous propose une interview vidéo en cinq parties.

http://rojinfo.com/interview-avec-hogir ... s-les-ypg/
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 08 Mar 2018, 22:54

Rojava (Kurdistan) : « Un véritable ovni politique dans la région »

La région kurde autonome, territoire d’expérimentations et d’utopies ?

CHAPITRAGE
◾2 « UNE UTOPIE AU CŒUR DU CHAOS SYRIEN »
◾3 UN OVNI POLITIQUE
◾4 UNE « BRIGADE HENRI KRASUCKI »
◾5 KURDES CONTRE KURDES ?

https://beta.arretsurimages.net/emissio ... -la-region
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 11 Mar 2018, 01:24

Arabes, Kurdes ou Syriaques sœurs d’armes

Dans le Rojava, des femmes d’origines culturelles différentes ont décidé de prendre les armes contre Daech et contre tous les obscurantismes régionaux.

Mardi après-midi, le quartier général des Forces démocratiques syriennes (FDS) annonçait le déploiement de 1 700 de leurs combattants vers Afrin, enclave du Rojava (Kurdistan syrien), cible depuis le 20 janvier d’une agression armée de la Turquie. « Ce détachement essentiellement composé d’Arabes originaires du nord de la Syrie sera déployé d’ici à la fin de la semaine » a précisé à l’AFP Abou Omar Al Idlebi, responsable militaire FDS. Un détail d’importance. En 2015, en effet, cette coalition militaire, dominée par les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), a su intégrer des rebelles arabes proches de l’Armée syrienne libre ou issus de tribus locales. Depuis lors, des femmes arabes et syriaques ont rejoint ce contingent, imitant les femmes kurdes depuis longtemps aguerries. Une véritable révolution dans cette région conservatrice du Nord-Est syrien qui ploie sous le joug de traditions patriarcales, religieuses ou bédouines.

... https://humanite.fr/syrie-arabes-kurdes ... mes-651700
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 15 Mar 2018, 02:02

Vidéos : "Souvenirs d’Ivana Hoffmann à Duisbourg" et "The revolutionary struggle of women in Shengal and Rojava"

À l’occasion des trois ans de la mort d’Ivana Hoffmann, la première internationaliste tombée en combattant Daesh et en défendant la révolution au Rojava, nous avons rendu visite au Cercle des Amis d’Ivana à Duisbourg, sa ville natale. Nous avons ainsi pu réaliser une série d’entretiens avec la mère et les ami.e.s d’Ivana. Comme résultat de cette rencontre, nous avons réalisé la vidéo suivante, elle a déjà été projetée lors de l’hommage rendu à Ivana et aux martyrs internationalistes le 7 mars dernier lors d’une soirée au Sacco-Vanzetti. Cette soirée avait également été l’occasion de lancer la campagne de solidarité avec les femmes combattantes de Shengal et du Rojava, vous pouvez en apprendre plus sur cette nouvelle campagne sur le site shengal.xyz http://shengal.xyz/



Une seconde vidéo a été réalisée par la campagne de solidarité avec les femmes combattantes de Shengal et du Rojava, elle présente l’histoire récente des femmes de Shengal, qui après avoir subies une tentative de génocide et avoir été réduites en esclavage par Daesh se sont auto-organisées dans des unités d’auto-défense.



https://secoursrouge.org/Videos-Souveni ... truggle-of
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 22 Mar 2018, 22:56

Un communiste libertaire dans l’IFB #09 : les angles morts du confédéralisme démocratique

L’implication des « hevals » du PYD peut jouer un rôle à la fois moteur et inhibant.

Canton de la Cizîrê, 15 mars 2018

Dans le canton d’Afrîn, les destructions sont énormes, mi-mars il y avait déjà plus de 200 morts et des centaines de blessé.es parmi les habitantes et les habitants… On s’achemine vers un siège de la ville. Les FDS et, en leur sein, les volontaires des Antifascist Forces in Afrîn (AFFA) se préparent à résister.

Par ailleurs, des actes de déplacements forcés de population ont été signalés à plusieurs endroits dans le canton de Shabha, majoritairement occupé par l’armée turque et ses supplétifs islamistes. On peut légitimement craindre une opération d’épuration ethnique visant les Kurdes et les Yézidis. Certains supplétifs islamistes d’Ankara en font ouvertement la menace.

Et toujours le silence assourdissant des alliés et partenaires de la Turquie (Londres, Paris, Washington, Moscou…). Le drame de la Ghouta orientale, où l’armée de Damas et la Russie visent également délibérément les civils, a jusqu’ici focalisé l’attention.

Comme promis il y a quelques semaines, je poursuis cependant la publication de quelques commentaires critiques sur le processus révolutionnaire au Rojava et dans la Fédération démocratique de Syrie du Nord, fruits d’observations personnelles et de discussions avec des camarades.

Les limites du pouvoir populaire

L’un des axes principaux du confédéralisme démocratique, c’est la démocratie directe. Comme dans la théorie anarchiste, les conseils de quartiers et de villages sont souverains vis-à-vis des structures fédérales des régions et des cantons, afin que le pouvoir politique soit maîtrisé le plus possible par la population. L’ensemble de ces conseils locaux sont fédérés au sein du Tev-Dem, le Mouvement pour une société démocratique, dont l’auto-administration de chaque canton est l’organe exécutif.

L’enjeu est que l’ensemble des communautés ethno-confessionnelles soient représentées au sein de ces conseils afin que personne ne se sente évincé. Cet aspect est très important dans un contexte où, depuis l’Empire ottoman, le pouvoir central, les impérialistes et les bourgeoisies locales ont toujours monté les communautés les unes contre les autres.

Ces institutions de base, dans les quartiers et les villages, souffrent cependant d’un manque d’investissement de la population. Le contexte de guerre civile n’aide pas, mais il semble également y avoir une réticence idéologique de la part de certaines catégories de la population restées fidèles au régime de Bachar el-Assad. Ce qui est problématique quand les villages ne sont pas en mixité ethno-confessionnelle, ce qui est souvent le cas.

Il y a également un effet de distorsion, en raison du rôle dirigeant joué par le PYD. Ses militants et militantes sont en effet très actives dans l’ensemble des instances démocratiques, et les non-militant.es peuvent alors considérer ces structures du Tev-Dem comme relevant prioritairement de la compétence des hevals (« camarades »).

Il s’agit là d’une contradiction que les militantes et les militaires libertaires connaissent bien, et qui est celle de « l’animateur autogestionnaire de lutte », qui peut jouer un rôle à la fois moteur et inhibant.

Les contraintes du double pouvoir

Comme il refuse le séparatisme, et ne veut pas remettre en cause les frontières étatiques actuelles, le confédéralisme démocratique s’est construit comme un pouvoir populaire contraint de coexister, pour une durée indéterminée, avec le pouvoir d’État. Dans la pratique, cette situation conduit à une double administration assez lourde pour les habitantes et les habitants qui ont pour référence à la fois le Contrat social de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord, et la loi de la République arabe syrienne, c’est-à-dire de l’administration de Bachar el-Assad.

La démocratie prévaut également au sein des forces armées YPG-YPJ où les officiers et les officières de premier niveau sont élu.es par leurs unités. Néanmoins, le haut commandement, qui pilote la stratégie militaire, est nommé par le PYD.

La théorie du confédéralisme n’a pas renouvelé l’analyse de classe. En fait, elle ne l’a quasiment pas abordée, même si la grande bourgeoisie de la région craint certainement le pouvoir populaire qui s’érige actuellement, et que les médias libéraux occidentaux ont bien la conscience que ce qui se joue ici relève de notre camp social. Il apparaît pourtant nécessaire de voir si cette fragilité ne conduit pas, dans les prochaines années, à une omniprésence de la petite-bourgeoisie au sein des conseils. La révolution du Rojava est encore très jeune et c’est l’une des questions en suspens.

La question économique, elle, n’est pas assez travaillée. La Fédération démocratique de Syrie du Nord dépend toujours de la livre syrienne dont la valeur est toujours dictée par la Banque centrale, contrôlée par Bachar el-Assad. Le non-contrôle de la monnaie limite nécessairement l’autonomie économique de la fédération et sa capacité à mettre en place des réformes sociales, alors que la région connaît un chômage important. Par ailleurs, si la Fédération démocratique de Syrie du Nord évolue vers une autonomie économique, ce sera certainement au prix d’un bras de fer avec le régime de Damas, qui ne se laissera pas facilement déposséder des champs céréaliers et pétrolifères situés au Rojava.

Damien Keller


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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 28 Mar 2018, 02:31

Rojava : brisons le silence !

Actuellement sous le feu d’une opération militaire conduite par l’État turc — avec l’aval de la Russie, la complicité de l’OTAN et la bienveillance des États européens —, la population du Rojava résiste et sollicite le soutien international. Nous publions donc cette tribune, écrite par notre rédaction et signée par une soixantaine d’acteurs et de collectifs du monde syndical, associatif, politique, intellectuel et culturel, mobilisés en faveur de l’émancipation des peuples et des individus.

« Il y avait la foi dans la révolution et dans l’avenir », écrivit George Orwell dans son Hommage à la Catalogne. Aux quatre coins du monde, les partisans de la justice sociale n’en finissent pas d’honorer l’Espagne progressiste, défaite à la fin des années 1930 par les fascismes européens : cette mémoire est nôtre, mais notre époque nous requiert et nous pousse à la jeter, ressourcée et vivante, dans la bataille qui se joue sous nos yeux au Rojava, en Syrie.

Un projet d’émancipation

Il faut parler des civils, bien sûr, qu’ils soient bombardés à Afrin par l’État turc et ses alliés jihadistes comme à la Ghouta par le régime d’Assad et ses soutiens. Il faut dénoncer la « catastrophe humanitaire » provoquée au Rojava par l’invasion turque, bien sûr, et écouter le Comité international de la Croix-Rouge alerter sur les « besoins » des familles et le Croissant rouge du Kurdistan lancer « un appel à l’aide ». Mais, pour essentielles qu’elles soient, ces interpellations ne suffisent pas : ne taisons pas l’alternative politique émancipatrice proposée par le Rojava depuis 2012, étendue depuis à presque tout le nord de la Syrie.

Brisons le silence, comme le demandent aujourd’hui ses partisans, pour rendre compte d’une perspective singulière qui tente de se frayer un chemin, dans un pays ravagé par sept années d’une guerre qui touche aussi l’Europe, entre l’autocratisme ethnique d’une République arabe syrienne et la théocratie louée par trop de ses opposants. Une alternative antifasciste portée par le Mouvement pour la société démocratique (TEV-DEM) et protégée par les unités d’autodéfense YPG/J ainsi que leurs partenaires des Forces démocratiques syriennes. Forts de deux contrats sociaux, établis en 2014 et 2016, le Rojava (et ses trois cantons auto-administrés : Afrin, Kobané et Djézireh) ainsi que la Fédération démocratique de la Syrie du Nord promeuvent la justice sociale, les libertés individuelles et politiques, la démocratie directe, la liberté de croire ou de ne pas croire, l’égalité entre les sexes, l’écologie et l’interdiction de la peine de mort et de la torture. Une alternative syrienne qui implique à égalité, et dans le respect des frontières du Moyen-Orient, les Kurdes, les Arabes, les Assyriens, les Syriaques, les Chaldéens, les Turkmènes, les Arméniens et les Tchétchènes — qu’ils soient musulmans sunnites ou alaouites, chrétiens, yézidis ou athées.

Brisons le silence, pour que la défense du Rojava ne soit plus, en Occident et plus encore en France, l’otage de quelques avocats médiatiques « des Kurdes », essentialistes embarqués dans on ne sait quelle campagne pour « nos valeurs » : non, la population mosaïque du Rojava et de la Syrie du nord ne se bat pas pour la sauvegarde de nos « démocraties » libérales.

Il n’est à l’évidence pas question de prétendre à un miracle ni de brosser le portrait d’un territoire enfin affranchi des dominations qui, là-bas comme partout ailleurs, font rage : les contradictions abondent au quotidien et on ne peut qu’évoquer un processus à l’œuvre — une expérience concrète « très différente de tout ce qui se trouve en Syrie », estime ainsi Noam Chomsky. Il est en revanche certain que la possibilité de voir cette révolution aboutir un jour sera écrasée dans l’œuf si le gouvernement turc et ses alliés théocrates (groupes rebelles syriens armés, débris de Daech et d’Al-Qaïda) l’emportent dans les mois à venir.

Place aux peuples

Emmanuel Macron a reçu le président Erdoğan au début du mois de janvier 2018. Quand ce dernier ne marchande pas la rétention d’environ trois millions de réfugiés en menaçant à tout instant l’Union européenne d’ouvrir ses frontières, quand il ne remplit pas ses prisons de journalistes, d’écrivains, d’artistes et de militants démocrates, féministes ou LGBT, quand il ne s’illustre pas dans les crimes de guerre, le voici qui parle de « croisade », soutient le jihad au nord de la Syrie et annonce qu’il entend bien y rester. Puis raille les combattants kurdes qui auraient « fui [Afrin] la queue entre les jambes » — rien n’est moins vrai : la ville a volontairement été évacuée afin de protéger les populations, l’État turc ayant déjà assassiné plus de 500 civils depuis le lancement, il y a deux mois, de l’opération Rameau d’olivier. La résistance n’en continue pas moins : ce retrait en garantit la réorientation stratégique.

Lors de son séjour en France, ce même Erdoğan a appelé à ce que les échanges commerciaux soient portés à 20 milliards de dollars (contre actuellement 13,4), supervisé l’achat de vingt-cinq Airbus et signé un contrat de défense aérienne et anti-missile. « Une communauté de vues et d’intérêts stratégiques », a commenté Emmanuel Macron. Avant de se fendre, dans les colonnes du Figaro, d’un vibrant appel à « la précaution et à la retenue », dans le cadre de l’invasion du Rojava, tout en faisant siens les éléments de langage de son homologue turc en qualifiant les unités YPG/J de « potentiels terroristes ».

L’Espagne est tombée, le Chili de l’Unité populaire est tombé ; le Rojava tient encore. Brisons le silence, oui, construisons ici des solidarités concrètes et faisons-nous l’écho des revendications des populations concernées : un couloir humanitaire et la création d’une zone d’exclusion aérienne. Sans quoi, il nous faudra encore parler de cet espoir au passé.

SIGNATAIRES
Salah Amokrane, militant associatif
Isabelle Attard, ex-députée écologiste
Clémentine Autain, directrice de publication de Regards et députée France insoumise
Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste
Farid Bennaï, militant antiraciste et pour l’égalité des droits
Éric Beynel, porte-parole de Solidaires
Olivier Besancenot, facteur et membre du Nouveau parti anticapitaliste (NPA)
Janet Biehl, écrivaine et chercheuse indépendante
Alain Bihr, sociologue
Martine Billard, secrétaire nationale à l’écologie du Parti de Gauche
Yves Bonnardel, essayiste et cofondateur des Cahiers antispécistes
Bernie Bonvoisin, chanteur de Trust
Farid Boudjellal, auteur de bandes dessinées
Breyten Breytenbach, poète
Carmen Castillo, réalisatrice
Manuel Cervera-Marzal, sociologue
Laurence Cohen, sénatrice Parti communiste français (PCF)
Patrick Chamoiseau, écrivain
Noam Chomsky, linguiste
Laurence de Cock, professeure et chercheuse en histoire et sciences de l’éducation
Philippe Corcuff, sociologue et membre de la Fédération anarchiste
Éric Coquerel, député France insoumise
Alain Damasio, écrivain
Christine Delphy, sociologue et cofondatrice de Nouvelles Questions féministes
Chris Den Hond, journaliste
Stéphane Enjalran, secrétaire national de Solidaires
David Graeber, anthropologue
Robert Guédiguian, réalisateur
Noredine Iznani, militant et cofondateur du Mouvement de l’immigration et des banlieues (MIB)
Aki Kaurismaki, réalisateur
Bastien Lachaud, député France insoumise
Aude Lancelin, journaliste
Mathide Larrère, historienne
Pierre Laurent, sénateur et secrétaire national du PCF
Jean-Paul Lecoq, député PCF (membre de la commission des affaires étrangères)
Mike Leigh, réalisateur
Ken Loach, réalisateur
Frédéric Lordon, philosophe et économiste
Michael Löwy, sociologue et philosophe
Xavier Mathieu, comédien et ancien délégué syndical CGT de l’usine Continental AG
Daniel Mermet, journaliste et cofondateur d’Attac
Miossec, auteur-compositeur-interprète
Mouss & Hakim, Zebda-Motivés
Thurston Moore, ex-chanteur de Sonic Youth
Corinne Morel Darleux, conseillère régionale et membre du bureau de la Fondation Copernic
Rosa Moussaoui, grand reporter à L’Humanité
Marc Nammour, rappeur du groupe La Canaille
Danièle Obono, députée France insoumise
Mathilde Panot, députée France insoumise
Bruno Poncet, cheminot syndicaliste Sud-Rail
Philippe Poutou, ouvrier à l’usine Ford de Blanquefort et membre du NPA
Christine Prunaud, sénatrice CRCE-PCF (membre de la commission des affaires étrangères)
Adrien Quatennens, député France insoumise
Tancrède Ramonet, réalisateur de documentaires
Mathieu Rigouste, chercheur indépendant
Rocé, rappeur
Nedjib Sidi Moussa, essayiste
Danielle Simonnet, élue et coordinatrice nationale du Parti de Gauche
Dominique Vidal, historien et journaliste
Roger Waters, musicien et membre fondateur de Pink Floyd
Bénédicte Taurine, députée France insoumise
Eric Toussaint, militant internationaliste et membre fondateur du Comité pour l’Abolition des dettes illégitimes (CADTM)
Miguel Urbán Crespo, eurodéputé Podemos
Marie-Pierre Vieu, députée européenne GUE-PCF-FDG
Michel Warschawski, président du Centre d’information alternative de Jérusalem

*
Alternative libertaire
Compagnie Jolie Môme
Confédération nationale du travail (CNT)
Union syndicale Solidaires


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