Kurdistan

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Messagede bipbip » 23 Sep 2017, 17:16

Peter Loo • Lettre du Rojava
Nombreux sont les textes produits sur la révolution en cours au nord de la Syrie, seule région qui a pu prendre son autonomie par rapport au régime de Bachar al-Assad – poursuivant ainsi la révolution sociale qui avait éclaté partout en Syrie en 2011 – et qui a su se défendre contre les forces militaires assaillantes telles que l’État Islamique d’abord, puis les groupes soutenus par la Turquie, et enfin l’armée turque elle-même.
Cet article déjà ancien, rédigé par Peter Loo, bénévole britannique travaillant au Rojava auprès du Tev-Dem, ne révèle rien de très nouveau, mais il a l’intérêt d’être concis – et donc d’introduire le contexte si nécessaire – et d’aborder brièvement la question des soutiens populaires à la révolution. Pour ce qui est de la « révolution des femmes », nous vous conseillons de lire d’autres textes bien plus détaillés et rédigés par des femmes, notamment Dilar Dirik, que nous avons traduits dans de précédents numéros de Merhaba Hevalno.
Peter Loo est membre de Plan C [NdT : une organisation britannique qui entend survivre et résister aux impacts du capitalisme et mettre en place l’auto-organisation] ; il travaille actuellement à Qamishlo avec le TEV-DEM. Ce texte est son dernier rapport pour Plan C.
... http://www.kedistan.net/2017/09/13/syri ... du-rojava/

Libération kurde • Le mouvement des Femmes Libres
Témoignages d’une délégation de femmes partie au Kurdistan…
Nous présentons le mouvement des femmes du Bakûr, tel que nous l’avons étudié et rencontré lors de notre voyage.
(La première partie de cet article, publié dans le Merhaba Hevalno 4, traitait de la contre-révolution menée par l’État turc au Bakûr.)
... http://www.kedistan.net/2017/09/05/kurd ... es-libres/

Syrie/Kurdistan : Tensions entre les forces du régime et les Forces Démocratiques Syriennes à Deir-Ezzor
Alors que la ville de Raqqa n’est pas encore entièrement libérée (80% de la ville contrôlée par les Forces Démocratiques Syriennes), tous les enjeux de la Guerre de Syrie se sont désormais déplacés vers le l’est du pays, à Deir-Ezzor. Depuis le début de la guerre, cette ville a su résister à l’invasion de l’Etat Islamique au beau milieu de la zone d’influence du ’Califat’. C’est l’Armée Syrienne Arabe (celle du régime donc) qui a mené cette résistance depuis le début de la guerre. La bataille de Raqqa avait déjà été l’enjeu d’une course entre les forces du régime et les Forces Démocratiques Syriennes (QSD), les premières ont ainsi libéré de Daesh le sud et une partie de l’est de la zone environnant la ville alors que les secondes ont pris la ville en elle-même. Le gros des troupes de Daesh avait déjà pris la fuite vers la région de Deir-Ezzor. Ainsi les enjeux autour de Deir-Ezzor sont multiples : le désenclavement de la ville pour le régime syrien, l’extension de la Fédération du Nord de la Syrie (nom administratif des zones libérées par les QSD) à toute la zone à l’est de l’Euphrate et jusqu’à la frontière irakienne (ce qui offrirait aux QSD une frontière avec l’Irak de Baghdad) et pour les deux forces : l’affaiblissement de Daesh en Syrie. La situation est tendue entre les forces du régime et les QSD, un bombardement russe (allié du régime) a touché le 16 septembre une position des QSD faisant plusieurs blessés.
De l’autre côté de la frontière, le référendum pour l’indépendance du Kurdistan irakien qui aura lieu le 25 septembre va également influencer le nouveau jeu d’alliance qui se dessine dans la région : Daesh est virtuellement battu en Syrie et à présent plus faible qu’Al Qaeda, les relations diplomatiques du Kurdistan Irakien de Barzani avec la Turquie sont amochées par le référendum et la multiplication des opérations militaires turques dans la région kurde irakienne, les USA pourraient également lever le pied après la reprise totale de Raqqa, la relation entre l’Irak de Baghdad et le Kurdistan irakien va probablement s’envenimer alors qu’une frontière entre le Rojava et l’Irak de Baghdad pourrait exister dans un avenir proche.
Cliquer sur la carte pour aller sur la carte interactive
https://secoursrouge.org/Syrie-Kurdista ... ocratiques
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Messagede bipbip » 29 Sep 2017, 20:08

Rıza Altun, du KCK, s’exprime sur le référendum d’indépendance
Reportage à propos du référendum d’indépendance au Kurdistan irakien, de Tijda Yağmur, avec Rıza Altun membre du Conseil exécutif du KCK (publié sur Yeni Özgür Politika et effectué le 16 septembre 2017).
... http://www.kedistan.net/2017/09/24/riza ... ependance/


Oui à l’autodétermination des Kurdes d’Irak, mais…
Bafouant sa propre charte et niant le droit à l’autodétermination, le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni le 21 septembre, s’est dit préoccupé « face à l’impact potentiellement déstabilisateur » du référendum au Kurdistan irakien et a rappelé son « attachement continu pour la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité de l’Irak ».
L’ONU s’en tient ainsi au découpage territorial du traité de Lausanne de 1923, qui a privé les Kurdes d’un État et les a répartis entre l’Irak, la Syrie, l’Iran et la Turquie, quatre puissances régionales qui n’ont eu de cesse de les opprimer et de les massacrer lorsqu’ils se sont révoltés.
Inefficaces menaces
Al-Malaki, vice-président de l’Irak, et Erdogan, président-dictateur de Turquie, qui ne craint qu’une chose, qu’un État kurde indépendant en Irak ne fasse tache d’huile et ne légitime le combat des Kurdes pour leur émancipation dans son propre pays, ont multiplié les menaces, et, joignant le geste à la parole, massé leurs troupes aux frontières. L’Iran a décidé d’interrompre « tous les vols iraniens vers les aéroports d’Erbil et de Souleymanieh [les capitales administrative et culturelle du Kurdistan d’Irak] ainsi que tous les vols au départ du Kurdistan irakien transitant par l’Iran », selon l’agence officielle Irna, et de fermer sa frontière.
Mais rien n’y a fait. Au cours des dernières semaines, des dizaines de milliers de personnes ont participé à des rassemblements pour l’indépendance sur tout le territoire, et c’est massivement que les électeurs kurdes d’Irak se sont déplacés lors du scrutin.
Soutien inconditionnel… mais critique
... http://www.anti-k.org/2017/09/28/oui-a- ... irak-mais/
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Messagede bipbip » 05 Oct 2017, 23:32

Après référendum en Irak arrestations de plusieurs centaines de Kurdes dans le Kurdistan Iranien

28 Septembre et 1er Octobre 2017 nouvelles qui nous parviennent par le biais de l’agence de presse Kurde indépendante ANF News et des camarades Kurdes qui nous ont transmis plusieurs nouvelles par le biais des réseaux sociaux, malgré les filtrages des lignes téléphoniques et de l’internet par le régime.

28 Septembre et 1er Octobre 2017 nouvelles qui nous parviennent par le biais de l’agence de presse Kurde indépendante ANF News et des camarades Kurdes qui nous ont transmis plusieurs nouvelles par le biais des réseaux sociaux, malgré les filtrages des lignes téléphoniques et de l’internet par le régime.

L’appareil policier et militaire à la solde du régime totalitaire et fasciste Iranien de Khamenei et Hassan Rouhani, frappe de nouveau avec la plus extrême des brutalités, après les résultats du référendum d’indépendance en Irak.

Prés de la frontière avec le Kurdistan Irakien, dans le Rojhelat ou Kurdistan Iranien les forces répressives de Téhéran ont arrêté plus de 100 Kurdes qui avaient simplement participé pacifiquement à des manifestations de joie, dans les rues de plusieurs grandes villes de cette province .

Selon des sources locales, la police anti émeute iranienne ou Naja Police et les services de renseignements de la Vevak ont perquisitionné les maisons d’activistes kurdes, dans les villes de Saqqez , Mahabad et Ciwanro. Des policiers lourdement armés ont violenté et torturé des personnes au cours de ces raids et emmené des dizaines de militants dans des centres d’interrogatoires secrets de l’Etelaat – L’une des trois agences de renseignements du régime Ndr.

... Après référendum en Irak arrestations de plusieurs centaines de Kurdes dans le Kurdistan Iranien

28 Septembre et 1er Octobre 2017 nouvelles qui nous parviennent par le biais de l’agence de presse Kurde indépendante ANF News et des camarades Kurdes qui nous ont transmis plusieurs nouvelles par le biais des réseaux sociaux, malgré les filtrages des lignes téléphoniques et de l’internet par le régime.

28 Septembre et 1er Octobre 2017 nouvelles qui nous parviennent par le biais de l’agence de presse Kurde indépendante ANF News et des camarades Kurdes qui nous ont transmis plusieurs nouvelles par le biais des réseaux sociaux, malgré les filtrages des lignes téléphoniques et de l’internet par le régime.

L’appareil policier et militaire à la solde du régime totalitaire et fasciste Iranien de Khamenei et Hassan Rouhani, frappe de nouveau avec la plus extrême des brutalités, après les résultats du référendum d’indépendance en Irak.

Prés de la frontière avec le Kurdistan Irakien, dans le Rojhelat ou Kurdistan Iranien les forces répressives de Téhéran ont arrêté plus de 100 Kurdes qui avaient simplement participé pacifiquement à des manifestations de joie, dans les rues de plusieurs grandes villes de cette province .

Selon des sources locales, la police anti émeute iranienne ou Naja Police et les services de renseignements de la Vevak ont perquisitionné les maisons d’activistes kurdes, dans les villes de Saqqez , Mahabad et Ciwanro. Des policiers lourdement armés ont violenté et torturé des personnes au cours de ces raids et emmené des dizaines de militants dans des centres d’interrogatoires secrets de l’Etelaat – L’une des trois agences de renseignements du régime Ndr.

... https://soliranparis.wordpress.com/
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Messagede bipbip » 07 Oct 2017, 19:38

Après référendum en Irak arrestations de plusieurs centaines de Kurdes dans le Kurdistan Iranien

28 Septembre et 1er Octobre 2017 nouvelles qui nous parviennent par le biais de l’agence de presse Kurde indépendante ANF News et des camarades Kurdes qui nous ont transmis plusieurs nouvelles par le biais des réseaux sociaux, malgré les filtrages des lignes téléphoniques et de l’internet par le régime.

L’appareil policier et militaire à la solde du régime totalitaire et fasciste Iranien de Khamenei et Hassan Rouhani, frappe de nouveau avec la plus extrême des brutalités, après les résultats du référendum d’indépendance en Irak.

Prés de la frontière avec le Kurdistan Irakien, dans le Rojhelat ou Kurdistan Iranien les forces répressives de Téhéran ont arrêté plus de 100 Kurdes qui avaient simplement participé pacifiquement à des manifestations de joie, dans les rues de plusieurs grandes villes de cette province .

Selon des sources locales, la police anti émeute iranienne ou Naja Police et les services de renseignements de la Vevak ont perquisitionné les maisons d’activistes kurdes, dans les villes de Saqqez , Mahabad et Ciwanro. Des policiers lourdement armés ont violenté et torturé des personnes au cours de ces raids et emmené des dizaines de militants dans des centres d’interrogatoires secrets de l’Etelaat – L’une des trois agences de renseignements du régime Ndr.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme du Kurdistan Oriental ont déclaré que le nombre de personnes détenues s’élève pour le moment à plus d’une centaine de personnes et que de nombreux enlèvements à caractère politique avaient

Dans la ville de Sine, sept jeunes Kurdes ont été arrêtés par la police iranienne sur la place Iqbal, dans ce quartier d’Iqbal plusieurs personnes ont été appelées et convoquées dans des centres de la Vevak et des « Gardiens de la révolution » de l’IRGC pour y être interrogées.

Après cette nouvelle vague d’arrestations massives, les familles ont commencé à manifester devant certains centres de détentions. Ces familles des personnes arrêtées arbitrairement continuent courageusement leurs protestations malgré les menaces d’arrestations et les pression exercées par la police iranienne.

Le régime iranien a commencé à imposer un embargo contre le Kurdistan irakien après le oui au référendum et Téhéran a également lancé un exercice militaire de grande ampleur près de la frontière Turquie-Iran-Irak.

Le site du réseau Kurdistan Human Rights Network que nous remercions au passage pour son admirable travail d’information, a publié plusieurs vidéos et photos montrant l’ampleur sans précédent du déploiement des forces répressives Iraniennes lourdement armées qui quadrillent maintenant militairement les plus grande villes du Kurdistan Iranien, il a également signalé que le régime avait fait couper les communications téléphoniques et ralenti fortement le débit de l’internet dans les villes de : Baneh, Mahabad et Sanandaj ou hier soir la population est courageusement descendue dans les rues malgré l’interdiction des manifestations

Ces forces répressives envoyées par Téhéran incluent plusieurs régiments d’unités spéciales la police anti émeute et de voltigeurs motocyclistes de la Naja Police, des miliciens Bassidj’is en « civil » et en uniforme, des canons à eau, et des centaines d’agents en « civil » des services spéciaux de renseignements des « Gardiens de la Révolution » et de la police politique de la Vevak.


https://lille.indymedia.org/spip.php?article31086
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Messagede bipbip » 08 Oct 2017, 14:52

Un référendum pour quoi faire (suites)

Comme on pouvait le prévoir, les suites du référendum initié par Massoud Barzani au Kurdistan ne ressemblent pas à un chemin parsemé de pétales de roses.

Les médias internationaux y ont prêté une attention distraite, préférant donner la parole aux “grands de ce monde” qui le déclaraient à l’avance illégal et non avenu, ou aux belliqueux de la région, soudain rabibochés contre une donne politique qui les dérange.
Le “coup de sonde”, à 92%, provoqué par ce référendum et son résultat écrasant en faveur de l’indépendance, a redistribué quelques cartes, et a le mérite d’avoir posé un nécessaire débat entre Kurdes, et entre les mouvements qui les représentent, et tout autant en leur sein.

Jusqu’ici le gouvernement Barzani, comme on pouvait s’y attendre, s’est contenté de tirer les fruits de ce qu’il concevait comme une sorte de plébiscite dans le cadre d’une crise interne à la région en partie autonome. Massoud Barzani lui même a déclaré que l’indépendance unilatérale n’était pas pour demain, et cet actuel président de la région autonome du Kurdistan, a dit plusieurs fois “qu’il y avait beaucoup de questions à résoudre, notamment la question des frontières. Pour cela, il faudra négocier avec Bagdad, même si cela prend des années“.
Son opposition kurde en interne, elle, a retourné le “compliment” en faisant de ce référendum l’occasion de pousser les feux vers une unité kurde, qui ne serait pas “nationaliste”, mais tournée vers des propositions de sorties de crise dans la région, avec les populations victimes des guerres en cours.
Ce qui fait la différence, et l’exemple du Rojava est essentiel dans cette réflexion, est justement la manière d’analyser les crises des Etats-nation dans la région, leurs origines et conséquences sur les peuples. Et cette différence d’approche politique conduit nécessairement à ne pas en rajouter un autre mécaniquement, comme pour combler un chaînon manquant des “feux” accords Sykes-Picot de 1916.

Très concrètement, le référendum a soulevé contre lui une réprobation diplomatique internationale quasi unanime, provenant de ceux-là mêmes qui, pour résoudre des crises, ont pourtant toujours proposé des re-découpages ou créations de nouveaux Etats, comme en Europe dans les années 1990.
Le capitalisme libéral ne jure que par ses classiques depuis plus d’un siècle.
Et pourtant, visiblement, l’après Daech est loin d’être pensé par les protagonistes internationaux ou régionaux, et la table gigogne des futures négociations sur le Moyen-Orient n’en finit pas de se constituer. L’urgence reste d’attendre et de faire durer.

... http://www.kedistan.net/2017/10/07/kurd ... um-suites/
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 11 Oct 2017, 15:23

Rojava, utopie au cœur du chaos syrien

Orient XXI, magazine en ligne “l’Orient du Maroc à l’Afghanistan”, vient de publier une vidéo réalisée par Mireille Court, qui s’est rendue cet été au Rojava.

Elle était accompagnée de Chris Den Hond, journaliste, et également un des auteurs de l’ouvrage collectif ” La Commune du Rojava, alternative à l’Etat-nation” que nous avions présenté lors de sa parution également sur nos pages.

Ce film est la version vidéo du reportage publié dans Le Monde Diplomatique de septembre 2017 sous le même titre.

Si des journalistes, qui cherchent à comprendre également pour eux-mêmes, par convictions, n’opéraient pas ces reportages, lors d’allers et retours compliqués, par les blocus, les guerres et les menaces permanentes, les arrestations possibles dans des pays environnants (Kurdistan irakien ou Turquie), nous ne disposerions que d’images et de textes de propagande ou d’images “spectaculaires” de la guerre.

Le processus politique en cours au Nord de la Syrie, et le Rojava au coeur de cette fédération démocratique, sont des îlots de vie démocratique dans un océan de guerres et d’affrontements alentours. Documenter cette réalité, en donner à lire une approche critique avec un regard extérieur, mais non dépourvu d’une connaissance préalable de tous les enjeux politiques, est essentiel.

D’autres journalistes, encartés ou non, ont la même démarche vers d’autres territoire d’un Kurdistan qui va de la Syrie à l’Iran, en incluant Turquie et Irak. Donner à voir, faire découvrir, autre chose que le mythe du grand Kurdistan sur papier, une autre version de la “Nation turque” et de sa turcité imposée, l’option nationaliste d’un Barzani, le combat réprimé des Kurdes d’Iran, tout cela participe de l’information et du débat politique dans les pays européens saturés par les discours et images policées.

Parce que Kedistan ne vivrait pas sans pouvoir aussi s’adosser à ce réel réseau de journalistes de conviction, nous tentons chaque fois que possible de nous faire le relai de leur démarche.
Fort heureusement, nous ne sommes pas les seulEs.

Soulignons également qu’en Turquie par exemple, d’autres journalistes, avec ou sans carte également, qui n’ont bien souvent pas la médiatisation d’exilés célèbres, effectuent ce travail d’infos alternatif en subissant une répression constante. Nombre d’entre eux ont été incarcérés pour cela.
L’objectivité n’est pas dans le silence convenu glissé entre les mots, mais dans l’examen convaincu du réel, en sachant ce qu’on y cherche.

Durée 45 min. Tourné en juillet 2017.

“ Nous ne voulons pas un Kurdistan indépendant pour les Kurdes, mais une fédération démocratique et pluraliste pour tout le monde “



http://www.kedistan.net/2017/10/08/roja ... os-syrien/
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 19 Oct 2017, 17:11

Les alliances de circonstance contre les Kurdes

Entamer une nouvelle chronique sur l’actualité géopolitique en Irak et en Syrie, après le référendum sans lendemain au Kurdistan irakien, comme “observateur attentif”, aboutirait à une simple compilation de nouvelles publiées ici où là, si ces “nouvelles” n’avait pas une cohérence, lorsqu’on considère la question kurde comme une des clés de sortie. Clé démocratique, contraire à tous les intérêts nationaux et impérialistes sur la région, et pourtant plombée par les guerres.

Les gros titres vont un instant parler de Raqqa, questionner sur la “fin” de Daech, des plateaux télé parleront d’un “coup” peut être porté au “terrorisme”, jusqu’au prochain cinglé qui sortira un couteau. N’en attendez pas des interrogations sur ce qui se joue réellement dans les semaines qui viennent au Moyen-Orient. Voilà des années que ces questionnements sont traités unilatéralement sous l’angle instrumentalisé du “terrorisme islamique”, et de la phobie des réfugiés de guerre qui vont avec, par l’immense majorité des commentateurs européens.

Raqqa, ex fief de Daech, est libérée de la barbarie. Les Forces Démocratiques Syriennes contrôlent désormais la ville et une administration provisoire devrait en principe, dans un avenir prochain, être confiée à des habitants rescapés de la zone. Etant donné les divisions énormes créées par le traumatisme Daech au sein des populations, les destructions de la reconquête, la tâche va être longue.

La dite “coalition” peut être satisfaite, avec un engagement à minima au sol, restreint à des forces spéciales ou des encadrants guidant des frappes aériennes, et une aide logistique et en armement, elle va probablement s’arroger une victoire militaire contre l’Etat islamique, après avoir laissé celle de Mossoul en Irak être fêtée par Bagdad.
Mossoul fut un carnage, difficile à dissimuler, on le sait.
Dans le cas de Raqqa, les pertes humaines dans les rangs des combattants depuis le début de l’offensive il y a un an déjà, sont lourdes, et beaucoup comptent leurs amiEs tombéEs.

On pourrait donc espérer, alors que pourtant Daech tient encore des territoires morcelés et cherche “son refuge du désert”, une “embellie”, si tant est qu’on puisse parler ainsi en temps de guerre. Les forces démocratiques et en leur sein les Kurdes, pourraient enfin “fêter” cette victoire.

Mais ces libérations de Mossoul et Raqqa n’annoncent que le début des alliances de circonstances, entre ceux qui veulent leur future part du gâteau au Moyen-Orient. La future tablée possible de “Genève” (ou d’ailleurs) comportera des fauteuils, des chaises, des strapontins, et certains resteront debout.

... http://www.kedistan.net/2017/10/18/alli ... re-kurdes/
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 01 Nov 2017, 12:55

Appel international de Kobanê • 1er novembre #WorldKobaneDay

Kobanê est devenu un symbole de la résistance mondiale. La libération de Kobanê a été le prélude de la capitulation de l’auto-proclamé État Islamique, qui n’a pas cessé de perdre du terrain depuis cette défaite. Hier 13 octobre, 3 ans après la résistance qui a changé le cours de la guerre en Syrie et au Moyen-orient, la libération de Raqqa a été annoncée. Les forces d’auto-défenses de la Fédération du Nord de la Syrie ont réussi a vaincre le fascisme théocratique qui la menaçait.

La ville qui fut la capitale de ce qui s’auto-désignait comme le califat, a été libérée de Daesh lors de l’opération “Colère de l’Euphrate”, lancée par les Forces Démocratiques Syriennes sous le commandement des YPG/YPJ- Forces de Défense du Peuple/Forces de Défense des Femmes. La libération de Raqqa, parallèlement à la chute de Mossoul en juillet 2017, signifie la fin du cauchemar que Daesh a constitué pour la Syrie et l’Irak. La terreur perpétuée par le fascisme fondamentaliste à touché à sa fin grâce aux efforts et aux sacrifices de dizaines de milliers de femmes et d’hommes, qui après la libération de Kobanê, ont repoussés l’ennemi qui avait soumis la ville kurde à la quasi-annihilation.

La guerre contre Daesh porte le combat pour défendre la vie contre l’oppression et la barbarie, porte la lutte pour la libération des femmes contre l’une des formes les plus extrêmes et les plus brutales de la domination patriarcale. Cela enseigne à se battre contre le totalitarisme et la mentalité de la pensée unique, et se dresser contre les visées coloniales et impérialiste que l’Occident à instauré par le biais d’États-nations, gardiens de la déstabilisation de la région. Cette fragmentation permanente permet aux grandes puissances capitalistes de contrôler des territoires et de s’approprier facilement les ressources de la région. La guerre contre Daesh est la lutte pour la civilisation démocratique.

Ceux que nous avons perdus dans cette guerre, ainsi que les milliers de blessés lors de ces combats nous rappellent l’immense sacrifice nécessaire au combat pour les valeurs de l’humanité.

C’est pourquoi nous nous rappelons et honorons par là même chaque camarade tombé au combat. Car faire rempart de son corps devant de la guerre contre l’oppression et la barbarie, peut faire tomber au champ de bataille. Mais les valeurs et les idées pour lesquelles tu t’es battuE sont remises entre les mains des camarades qui continuent la lutte. C’est pour cette raison que nous proclamons que les martyrs du peuple ne meurent jamais.

Un grand nombre d’internationalistes, venus de tous les continents, se sont engagés dans bataille pour Raqqa. Les amiEs qui se battent dans les formations des YPG/YPJ, ainsi que dans les rangs de l’IFB (Bataillon International de la Liberté), ont combattus depuis le début de la bataille. Les Internationalistes qui sont venus des quatre coins du monde pour défendre les valeurs démocratiques du Rojava et la Fédération du Nord de la Syrie, sont l’image vivante de la dimension internationaliste de cette révolution.

C’est pour tout cela, que de la Commune Internationaliste du Rojava, nous appelons à la solidarité internationale avec la ville de Kobanê ce 1er Novembre 2017. Nous vous invitons à répondre à ce troisième appel de la journée mondiale pour Kobanê , #WorldKobaneDay. La résistance de Kobanê est un symbole de la lutte pour la vie, et c’est pour cela que nous devons nous rappeler que grâce a cette victoire héroïque, le Rojava est aujourd’hui un nid d’espoir pour les sociétés du monde entier.

Biji Berxwedana Kobanê, Biji Berxwedana Rojava, Biji berxwedana Kurdistán

Si vous répondez à cet appel en organisant des manifestations ou des événements en solidarité avec Kobanê, envoyez-nous vos communiqués, vos affiches, des photos des différents rassemblements que vous organiserez ce 1er novembre.

Envois à faire à internationalistcommune(a)riseup.net



Image

http://www.kedistan.net/2017/10/22/appe ... kobaneday/
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 02 Nov 2017, 14:29

Syrie-Irak : Kirkouk et Raqqa : deux politiques kurdes inconciliables

État-nation kurde ou confédéralisme démocratique ? Il ne s’agit plus d’un débat abstrait, mais tout à fait concret quand les puissances impérialistes alliées des Kurdes ramènent à l’âge de pierre des villes entières comme Mossoul et Raqqa, et quand les États régionaux renforcent leur domination sur les peuples et les minorités…

Les commandants des peshmergas de l’UPK et du PDK à Kirkouk s’accusent mutuellement de lâcheté face à la récente offensive de l’armée irakienne et des milices chiites du Hachd al-Chaabi, appuyées par l’Iran.

Kirkouk sous la botte de Bagdad et de Téhéran

Peu importe qui est responsable : les faits sont là. Envoyés sur place pour sécuriser les bâtiments officiels du gouvernorat, ils les ont livrés sans combat. Tout comme ils ont abandonné les populations civiles des quartiers kurdes de la ville, dorénavant soumises à la férule de leurs oppresseurs de l’État d’Irak et des milices alliées de l’Iran.

Des rumeurs contradictoires circulent au Kurdistan du Sud sur les accords secrets que l’UPK et le PDK auraient passés avec Bagdad pour se répartir la manne pétrolière et sécuriser leurs bastions respectifs d’Erbil et de Souleymanié en échange de leur « trahison » des Kurdes de Kirkouk et des populations yézidies de Shengal et kurdes de Makhmouk, désormais sous la menace d’une invasion militaire du régime fasciste AKP-MHP d’Ankara.

Les rivalités entre les féodalités kurdes ont montré une fois encore leur nocivité. La tentative d’installation d’un État-nation kurde « croupion » par Barzani dans le nord de l’Irak a ouvert la boîte de Pandore de l’explosif empilement des oppressions nationales où les minorités turkmène, yézidie et arabe ne veulent en aucun cas troquer la domination de Bagdad pour celle d’Erbil.

Cemil Bayık, dirigeant historique du PKK et co-­président de l’Union des communautés du Kurdistan (KCK), l’énonce sans détour : « Nous ne nous tiendrons au côté ni du gouvernement du Kurdistan du Sud ni de celui de l’Irak qui mènent des politiques nationalistes et confessionnelles. […] Nous continuerons à suivre notre voie indépendante, démocratique et libertaire pour préserver notre peuple de ce conflit. »

Raqqa libérée de Daesh, mais après ?

Le même KCK salue en ces termes la libération de Raqqa : « Nous sommes convaincus que la libération de Raqqa débutera une nouvelle période en Syrie […] la création d’une Syrie démocratique […] où les Arabes, les Kurdes, les Syriaques, les Tchétchènes, les Druzes et Turkmènes viv[ro]nt ensemble côte à côte avec leur propre identité et culture, [qui] sera un modèle pour tout le Moyen-Orient. »

Nous ne doutons guère de la sincérité du KCK, ni du fait que les Forces démocratiques syriennes (FDS), après 134 jours d’une guerre populaire menée rue par rue, maison par maison, entendent tenir leurs promesses, comme elles l’ont fait après les batailles de Kobanê et de Mambij. Elles ont annoncé qu’elles remettraient le pouvoir à un conseil civil composé de toutes les communautés, où les Arabes seront les plus nombreux, et paritaire femmes-hommes, garantissant les droits culturels, politiques et sociaux de touTEs.

Mais leur marge de manœuvre est étroite face à leurs alliés de la coalition impérialiste qui a mené « sa » guerre aérienne de bombardements dits « ciblés », faisant des milliers de victimes civiles, et dont une représentante, Florence Parly, ministre des Armées, vient de déclarer : « S’il y a des djihadistes [français] qui périssent à Raqqa, c’est tant mieux. » Voilà toute la différence de « civilisation » entre la loi du talion de la barbarie impérialiste et le respect des conventions de Genève auquel les FDS se sont engagées pour les prisonniers de Daesh, sans parler de l’abolition de la peine de mort que prône la charte du Rojava.

Pierre Granet


http://www.anti-k.org/2017/10/29/syrie- ... ciliables/
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 04 Nov 2017, 20:44

Kurdistan • Femmes, oppression, démocratie et Etat

Kedistan continue de vous proposer des pistes de réflexion fondamentale, issues des mouvements de femmes kurdes, et de certaines de ses activistes incontournables en Europe, parce que globalisantes dans leur démarche politique et à l’écart des représentations politiciennes convenues.

Intervention de Dilar Dirik, lors du Sommet du Nouveau Monde à Bruxelles, 19-21 septembre 2014
(vidéo en anglais http://vimeo.com/107639261)

... http://www.kedistan.net/2017/10/31/kurd ... atie-etat/
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 06 Nov 2017, 20:43

Kurdistan • Des dangers du nationalisme

Un texte d’un journaliste, et étonnant voyageur, amoureux du Moyen-Orient et attentif aux solutions politiques en processus, malgré les guerres récurrentes, soubresauts sanglants des décrépitudes des Etats-nation tracés à la règle à coup de traités, ou violemment érigés contre les mosaïques de Peuples, leur histoire, religions, leurs cultures et leurs passés communs.

Un présent vécu, passé au crible d’une réflexion fondamentale, qui ne fait que renforcer l’idée nécessaire du paradigme de “confédéralisme démocratique” en développement au Nord syrien.

Des dangers du nationalisme, même lorsqu’il est kurde…

Le Kurdistan irakien a-t-il échappé de peu au drame de l’indépendance ?

On pourrait presque se poser la question sérieusement tant ce projet de scission des kurdes de l’entité irakienne était devenue problématique sous de multiples aspects. Il est déconcertant de voir comment la marche vers cette finalité était venue s’incarner en un seul personnage, le dirigeant Massoud Barzani au détriment d’institutions politiques saines et représentatives.

En effet, ce n’est pas par le biais d’un débat parlementaire et d’un vote des députés que cette concertation publique a été intentée comme le prévoit les lois du pays, mais du simple injonction d’un dirigeant qui n’a pas de mandat légal au sein du gouvernement qu’il dirige depuis quatre ans. Cette réalité est largement occultée dans les médias internationaux ainsi qu’au Kurdistan irakien lui-même. Il suffit de passer quelques jours au Bashur, le kurdistan irakien, pour saisir à quel point cette préoccupation n’est pas superflue. Les bannières à l’effigie de Barzani sont omniprésentes dans les territoires contrôlés par les milices de son parti. Le culte de la personnalité autour des hommes de pouvoir au Moyen-Orient est certes omniprésente. Toutefois, il pose problème à partir du moment où la personnalité en question confond sa personne avec les institutions qu’il est sensé régir et lorsque celui-ci entend légitimer ses décisions arbitraires et autoritaires en prenant en otage son peuple autour d’une question si impérieuse d’une hypothétique indépendance.

Depuis longtemps, l’aspiration à un Etat est venue incarner la panacée, l’ultime issue salutaire face aux maux que connaissent les Kurdes, grands oubliés des tractations entre puissants pendant la reconfiguration des frontières de la région au siècle dernier. Le traité de Lausanne a été un affront et une malédiction sans nom pour ce peuple qui aspirait à prendre place dans ce nouvel ordre régi par un principe simple: une nation = un Etat. Or non seulement cette règle ne s’appliqua pas aux kurdes, mais elle n’aurait probablement pas pour autant permis de résoudre les contentieux qu’elle aurait créé par la même occasion. Le fait est que jusqu’à la fin de l’empire Ottoman, les peuples et les minorités religieuses vivaient inextricablement imbriqués les uns dans les autres. Gouvernés par une entité qui dépassait leurs particularismes, ils n’entraient pas en opposition l’un envers l’autre comme ce fut le cas par la suite.

L’Etat-nation, modèle de gestion politique instauré en Europe dès 1648 par les traités de Westaphalie, remodelèrent la carte du continent en redéfinissant les relations entre les États dans le respect de la souveraineté de chacun. La suprématie de l’Etat-nation, qui prendra tant d’ampleur durant le XIXe siècle et qui triomphera des Empires multi-ethniques à la fin de la première Guerre Mondiale, avait déjà montré qu’il pouvait engendrer les pulsions les plus mortifères imaginables. Les répliques eurent lieu par la suite au Moyen-Orient (Turquie, Israël pour ne citer que les plus agressifs) et dans le reste du monde (Rwanda, Indonésie, Inde/Pakistan, Ex-Yougoslavie…) jusqu’à aujourd’hui (Birmanie et ses Rohingyas).

Les Kurdes ont-ils échappé au fait de se retrouver du mauvais coté de l’histoire, parce qu’ils ont été les victimes plutôt que les instigateurs de l’injustice, comme cela aurait pu être le cas s’ils avaient pris place dans le concert des Etats-nation ?

Auraient-ils eux aussi fini par marginaliser d’autres groupes minoritaires qui se seraient alors retrouvés malgré eux dans le territoire d’un Etat-Nation kurde ? Tout dépendrait aussi du comportement du leadership , de la solidité et de la transparence des institutions locales. Barzani avait annoncé que les minorités qui peuplent les fameux territoires contestés, grande pomme de discorde entre Baghdad et Erbil, seraient des “invités bienvenus” au sein d’une entité kurde, les rabaissant dès-lors à une position de citoyens de second plan derrière l’élément kurde qui serait venu incarner par excellence le peuple du nouvel État-nation. Faut-il qu’ils se contentent de cette demi-mesure qui n’est pas sans rappeler le statut de dhimmis qu’accordait le Califat à ses sujets par le passé?

Le nationalisme produit des écrans de fumée à plusieurs niveaux. Jouant sur la sentimentalité des masses, il élude la complexité des relations humaines, l’hétérogénéité des corps sociaux, la nécessité qu’ont les Hommes de diffuser les idées et les cultures plutôt que de les figer, de les ligoter dans des carcans passéistes, d’idéaliser une Histoire où il est tout aussi faussement supposé que les ancêtres vivaient en vase clos dans des montagnes autarciques. En supposant un corps social et politique où une communauté est largement majoritaire et de surcroit dominante, le nationalisme nie aux groupes minoritaires présents sur le territoire, la possibilité d’exister autrement qu’au travers de leur nature de minorité. Plus grave encore, il fait des autres groupes, généralement ceux aux frontières, un ennemi commun qu’il faut combattre et dominer par la même occasion. Les minorités internes identifiées à ces groupes extérieurs se retrouvent alors pointées du doigt comme une cinquième colonne, des traitres par nature.

Comment, dès lors, aurait-on pu résoudre le dilemme des populations arabes et turkmènes de Kirkouk ? Il n’y a pas d’issues dans le nationalisme. D’autres minorités situées dans ces territoires contestés et qui ont subi l’administration de leurs contrées par les forces du GRK depuis 2014 ont poussé un énorme soupir de soulagement lorsque les forces irakiennes ont chassé les peshmergas de leur terres. Pourquoi ? Parce que les forces kurdes se sont comportées comme des colonisateurs pour qui une seule chose importait: incorporer ces territoires à leur projet d’Etat dans la mesure où elles comportaient une masse critique suffisante de kurdes et de minorités cooptables. Les autres devenaient alors un “problème” devant se résoudre par l’intimidation et la coercition. Le proto-Etat qu’est le GRK a déjà fait les preuves de sa dérive vers un appareil de répression. Il entendait moduler la société pour servir une ambition vaniteuse et aliénante.

Vaniteux par excellence, Barzani a confondu pendant trop longtemps le GRK avec sa propre personne, probablement rassuré dans cet assomption par des conseillers trop obséquieux comme BHL. Les adorateurs les plus fervents de cette idole ne cachent pas leur amour, leur dévotion pour le leader maximo qui vient de tomber du haut du trône où il s’était hissé. Ils furent nombreux à rager de désespoir le soir venu, envahissant les rues d’Erbil, Dohuk, Zakho, klaxonnant en chœur, tirant vers le ciel par rafales avec leurs kalachnikovs. Pour ces masses soudainement devenues turbulentes, la démission de Barzani a été ressentie comme une castration. Le soir de la session parlementaire où Barzani jetait l’éponge, ils vinrent en masse s’agglutiner devant les portes du parlement kurde, arme au poing, prêts à lyncher les députés des autres partis accusés de tous les maux. Ils n’hésitèrent pas à s’en prendre aux journalistes présents. Pas ceux des officines du clan Barzani, celles qui ressassèrent des jours durant les affabulations les plus sordides sur le sort qui attendaient les Kurdes à Kirkouk devant l’avancée de troupes de chiites assoiffées de sang, celles qui chauffèrent à blanc les esprits les plus ensorcelés par l’idée de prendre place dans un Etat kurde. Dans les bastions du PDK, des fanatiques attaquèrent et incendièrent les bureaux des partis rivaux, accusés par la foule d’avoir saboté le vieux rêve, le plan méticuleusement mis en place par Barzani pour mener les Kurdes vers l’indépendance tant chérie. Infaillible par nature, il n’est pas concevable pour ces justiciers de la nuit que leur idole soit un tant soit peu responsable de la catastrophe qu’ils vivent aujourd’hui. Désormais, il n’y a plus que deux camps, les fidèles au Roi qui a mis un genou à terre, et les traitres à la nation.

Tout avait pourtant bien été ficelé.

Un référendum avec une question simple: Êtes-vous oui ou non pour l’indépendance du Kurdistan d’Irak ? La problématique touchait à une corde sensible. “Aucun kurde peut répondre non à cette question et ne pas se sentir malade après jusqu’à la fin de ses jours” me disait un ami kurde. Les enjeux dépassent en réalité de beaucoup la dialectique du oui ou non qui s’offrait dans l’urne.

Quelles institutions pour le Kurdistan? Quid de la corruption et de l’économie en lambeaux au Kurdistan irakien, de l’inclusion de minorités ? Doit-on attendre d’être indépendant pour rétablir une démocratie bafouée depuis bientôt quatre ans par un clan de prévaricateurs ?

Le nationalisme ne saurait répondre à toutes ces questions. Ce projet rigide et empli de tromperies ne laisse pas la place au débat, à la recherche de consensus, de négociations avec les autres parties de l’Irak qui regardent de loin, encore sonnées par la barbarie de l’organisation Etat Islamique et qui aperçoivent la maison kurde se diriger vers un divorce sans amiable, mais plutôt de l’ordre de la répudiation, après avoir mis les biens communs dans son coffre de voiture. Y a-t-il donc de quoi s’étonner de la réaction violente de Baghdad?

Le nationalisme est un opium qui embrume les esprits les plus sensibles et les livre à l’addiction de la violence en leur faisant lorgner des paradis artificiels. Aux portes d’un siècle nouveau, il est temps de tourner la page de cette voie sans issue.

Tous les peuples devraient savoir que le discours que leur vend l’Etat-nation sur leur histoire n’est que tissu de mensonges. Aussi, personne n’est ignorant que ces mêmes Kurdes ont élaboré une alternative à cette chimère déguisée en muse qui ronge le Moyen-Orient. Un modèle sociétal réellement inclusif, participatif, qui n’écrase pas l’individu sous une chape de pouvoir, qui ne l’enfume pas avec des promesses irréalisables, mais qui le hisse du mieux qu’il peut à la hauteur de ses responsabilités, de sa condition humaine, et qui tente de révolutionner une bonne fois pour toutes les esprits de la folie qui gangrène le monde depuis toujours.

Il serait salvateur que ces alternatives nouvelles se déploient également au Kurdistan d’Irak, voire au delà.

Auteur : “al Ghazali”


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Re: Kurdistan

Messagede Pïérô » 09 Nov 2017, 19:31

Brèves des Kurdistan

Toutes les semaines, nous vous proposons des brèves sur l’actualité des luttes dans les différentes régions du Kurdistan, principalement au Rojhelat (Kurdistan de l’Est, en Iran), et au Bakur (Kurdistan du Nord, en Turquie). Ces brèves sont tirées des nouvelles que nous envoient des ami.es kurdes directement sur place. Vous pouvez les écouter en direct sur Radio Galère, les vendredi de 12h30 à 13h ; Radio Canut le vendredi soir à 19h ; et Radio Zinzine, les samedi ou lundi midi !
Disponibles aussi en écoute libre à cette adresse :
http://audioblog.arteradio.com/blog/304 ... kurdistan/

Brèves des Kurdistan : semaine du 30 Octobre 2017.

Le Kurdistan est réparti sur quatre états : L’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie. En référence à un grand Kurdistan et comme outil de lutte contre la colonisation de ces quatre États, les mouvements kurdes se réfèrent aux différentes régions du Kurdistan en les désignant par les points cardinaux (en kurde). Le Kurdistan du Nord (ou Bakur) correspond au Kurdistan de Turquie, le Kurdistan de l’Ouest (ou Rojava) à celui de Syrie, le Kurdistan du Sud (ou Bashur) à celui d’Irak et le Kurdistan de l’Est (ou Rojhelat) à celui d’Iran. Les brèves ici transmises concernent principalement le Kurdistan du Nord (Bakur) et le Kurdistan de l’Est (Rojhelat), mais des luttes (et la répression qui va avec) ont lieu également au Kurdistan ouest (Rojava) et au Kurdistan du Sud (Bashur).
Les politiques coloniales et racistes menées par les États turc, syrien, irakien et iranien ont conduit à utiliser des noms turcs, arabes ou perses pour désigner les villes kurdes. Les villes sont indiquées ici sous leur nom kurde avec le nom turc entre parenthèses.
Tous les noms précédés d’une astérisque dans le texte, sont expliqués dans le glossaire.

Cette semaine, les nouvelles à propos de l’ensemble des régions du Kurdistan sont à nouveau alarmantes.

La situation au Bashur* a des conséquences dramatiques pour l’ensemble des partis kurdes qui sont entrés en résistance depuis plusieurs décennies maintenant, le PKK*, comme le PDKI* et le Komala*. Donc pour resituer pour les personnes qui ne seraient pas au courant, il y a eu un référendum pour l’indépendance le 25 septembre dernier, au Kurdistan irakien. Et ce référendum, pour lequel l’ensemble des kurdes en Iraq a voté oui, a été rejeté par le gouvernement Irakien, qui est rentré en conflit armé ouvert avec les kurdes. Après la reprise de la ville de Kirkuk par l’armée irakienne, dont on vous parlait dans les brèves de la semaine dernière, les affrontements continuent. Plusieurs autres villes du Kurdistan irakien ont été reprises soit par l’armée irakienne, soit par les milices Hashad al-Shaabi*, et des couvre-feux y ont été proclamés. Les Kurdes fuient les villes, et il n’y a pour l’instant pas de solution pour les loger : des camps sont improvisés aux abords de la ville de Hâwler (nom kurde de la ville d’Erbil, capitale du Kurdistan irakien). En ce moment même, l’armée irakienne se situe à une cinquantaine de kilomètres de la ville. Les affrontements qui ont lieu entre les peshmergas du PDK* - actuel parti au pouvoir au Kurdistan irakien- et l’armée irakienne qui opère conjointement avec les milices Hashad al-Shaabi*, ont fait plusieurs dizaines de mort.es, dont près de trente peshmergas. Il n’y a pour l’instant pas encore d’estimations plus précises.

Massoud Barzani, qui était le président du Kurdistan irakien, a démissionné cette semaine. A la suite de sa démission, les partis kurdes – donc le PDK, qui était son parti, l’UPK*, et le parti Gorran* – se sont réunis au parlement kurde pour discuter de la répartition des pouvoirs au Kurdistan irakien. Ils ont proposé de voter la suppression du système présidentiel, en vigueur dans la Région autonome du Kurdistan irakien, de manière à ensuite proposer une nouvelle feuille de route à l’Iraq. Au cours des discussions au parlement kurde, un homme a attaqué le premier ministre présent et des journalistes. Suite à son attaque, un mouvement a été lancé par des citoyen.nes kurdes contre ce qu’on appelle le « birakujî », c’est-à-dire les guerres fratricides entre kurdes. Ce terme renvoie à la guerre civile de 1992-96 qui a eu lieu au Kurdistan irakien entre les deux principaux partis kurdes toujours existants, le PDK* et l’UPK*. Par la suite, cette expression a été utilisée pour qualifier l’ensemble des conflits entre les partis kurdes des différentes régions du Kurdistan. Par exemple de nombreux conflits ont eu lieu entre le PKK* et le PDK*, ou entre le PKK et les partis kurdes iraniens, le PDKI et le Komala.

L’Iraq a également demandé à ce que les peshmergas kurdes passent sous le contrôle de l’armée irakienne. Le premier ministre irakien a également menacé de fermer un des principaux média d’information du Kurdistan irakien, Rudaw*. Après ces menaces, un cameraman de Kurdistan TV, un autre média kurde du Kurdistan irakien, a été assassiné. Enfin, l’armée irakienne a pris le contrôle du poste frontière entre la Turquie et la Région autonome du Kurdistan Irakien, et quatre peshmergas kurdes ont été kidnappés par les milices Hashad Al-Shaabi*.
Et pour finir à propos de la situation au Kurdistan irakien, l’armée turque a bombardé les montagnes de Zagros, Zap et Avashin, ainsi qu’un village.

Au Rojhelat*, la cours de Sna a prononcé une sentence de prison de huit ans et demi à l’encontre de Afshin Hossein Panahi, pour avoir organisé un évènement lors d’un Newruz - le nouvel an kurde qui a lieu le 21 Mars de chaque année - et avoir coopéré avec un parti politique kurde. Son frère, peshmerga du Komala, un parti kurde iranien qui mène une guérilla contre l’Iran, a lui été arrêté il y a quelques mois, et condamné à mort. Il est pour l’instant toujours porté disparu. De plus, des médias kurdes iraniens, qui étaient diffusés clandestinement sur internet, ont été fermés. Il s’agit des médias :
• The Kurdistan Voice
• Hengaw
• Kurdish Human Right Association
Une bonne nouvelle toutefois : les deux derniers sites d’information, Hengaw et Kurdish Human Right Association ont pu rouvrir, et l’Iran a ré-ouvert cette semaine un poste frontière avec le Kurdistan Irakien, le plus proche de la ville de Suleimani.

Au Bakur*, les affrontements continuent entre l’armée turque et la guérilla du PKK, notamment dans les régions de şemdinli et Esendere. La ville de Mardin, dont douze villages sont toujours sous couvre-feux depuis une semaine, est en ce moment assiégée par les soldats turcs. À Amed et à Lice, l’armée turque bombarde les villages avoisinants, les champs agricoles. L’armée est à nouveau présente dans des quartiers de la ville d’Amed.
Toujours à Amed, dix-sept personnes ont été arrêtées, soupçonnées d’avoir participé aux affrontements avec la police turque et tiré sur l’un des commandants. Ziya Pir, un ancien représentant du HDP*, a été condamné et arrêté par la justice turque, pour avoir critiqué la répression contre les médias kurdes, en 2015. Enfin, des soldats turcs ont déterré les corps d’ancien.nes combattant.es de la guérilla du PKK, dans le cimetière de Herekol, qui est situé entre Şırnak et Siirt, au Bakur.

Mais cette semaine, nous avons reçu quelques bonnes nouvelles. D’abord, des nouvelles de résistance : dans la prison de Antalya, les femmes kurdes prisonnières ont entamé une grève de la faim infinie pour protester contre les conditions de détention d’Abdullah Öcalan. Ensuite, la relaxe de Nahide Ormanli, membre du mouvement des Mères pour la Paix pendant longtemps. Elle avait été arrêtée en 2014 et condamnée à quatre ans et huit mois de prison, pour avoir « commis un crime terroriste » en participant au rassemblement et manifestations du mouvement. Après avoir purgé une peine de deux ans, elle vient d’être relaxée par la justice turque.

Vous pouvez retrouver ces brèves en direct dans les infos du vendredi midi, de 12h30 à 13h, sur Radio Galère ; le vendredi de 19h à 20h sur Radio Canut ; et dans les infos du samedi ou lundi à 19h sur Radio Zinzine.

Vous pouvez aussi les retrouver en écoute libre / rediffusion sur le blog sonore « Aux quatre coins du kurdistan » : audioblog.arteradio.com/blog/3048057/aux_quatre_coins_du_kurdistan/

Pour aller plus loin, quelques sites d’informations

Pour le Bakur (Kurdistan du Nord) :
• ANF : https://anfturkce.net/
• Comme Jihna a été fermé, le site qui l’a remplacé est Gazete sujîn : https://www.gazetesujin.net

Pour le Bashur (Kurdistan irakien) :
• Rudaw : http://www.rudaw.net
• Ekurd : http://ekurd.net

Pour le Rojhelat (Kurdistan de l’est) :
• Kurdistan Human Right Association : www.kmmk.info/en/
• Hengaw : hengaw.info/en/ (sans le www.)

Liste médias français :
• Kurdistan au féminin et Kurdistanews
• Kedistan : www.kedistan.net
• Merhaba Hevalno, qui est un mensuel publié en ligne sur kedistan

Glossaire
Régions du Kurdistan :

Bakur : Kurdistan du Nord, situé dans le sud-est de la Turquie actuelle.

Bashur : Kurdistan du Sud, situé dans le nord-est de l’Irak actuel. Appelé « Gouvernement Régional du Kurdistan irakien » (GRK), depuis son autonomisation en 2005.

Rojhelat : Kurdistan de l’Est, situé au nord-ouest de l’Iran actuelle.

Rojava : Kurdistan de l’Ouest, situé au nord de la Syrie actuelle.

Partis kurdes :
PDKI (Partî Dêmokiratî Kurdistanî Êran) : Parti Démocratique du Kurdistan d’Iran, fondé en 1945, à Téhéran, en Iran. Après avoir lancé des soulèvements armés dans les soixante contre l’Iran, le PDKI a lancé une guérilla après la révolution iranienne, plus ou moins en même temps que le Komala. Il est parvenu à autonomiser des zones, en mettant en place son propre système politique, juridique et sanitaire. En désaccord politique avec le Komala, il s’est progressivement retrouvé en conflit ouvert avec cet autre parti de guérilla kurde. Suite à d’intenses répressions, et à la guerre Iran-Irak entre 1980-1988, le PDKI a dû se réfugier, comme le Komala, dans les montagnes kurdes irakiennes. Après avoir gelé la guérilla pendant quinze ans, le PDKI a repris la guérilla contre l’Iran depuis désormais un an et demi.

Komala (Komalay Shorshgeri Zahmatkeshani Kurdistani Iran) : Comité des révolutionnaires du Kurdistan iranien, fondé en 1969, à Téhéran, en Iran. Peu de temps après la révolution iranienne en 1979, le Komala a lancé une guérilla contre l’Iran. Jusqu’à la fin des années 1980, ce parti d’origine marxiste contrôlait des zones autonomes au Rojhelat (Kurdistan de l’Est, en Iran). Un système politique organisé sur la base de communes était mis en place. Suite à d’intenses répressions, et à la guerre Iran-Irak entre 1980-1988, le Komala a dû se réfugier, comme le PDKI, dans les montagnes kurdes irakiennes. Après avoir gelé la guérilla pendant quinze ans, le Komala a repris la guérilla contre l’Iran depuis désormais un an et demi.

PKK (Partiya Karkerên Kurdistan) : Parti des travailleurs du Kurdistan, fondé en 1978, à Ankara en Turquie. En 1984, le PKK a lancé une guérilla contre la Turquie, en établissant ses camps de base dans les monts Qandil, notamment. Plusieurs cessez-le-feu et reprise de la guérilla contre la Turquie se sont suivis. Abdullah Öcalan, l’un des membres fondateurs du parti, a été emprisonné en 1999, sur l’île-prison d’Imrali, en Turquie. Le PKK mène toujours une guérilla contre la Turquie, et a de nombreuses organisations sœurs dans d’autres régions du Kurdistan, comme le PYD au Rojava, le PJAK au Rojhelat, et le TACK (Tevgera Azadî ya Civaka Kurdistanê) au Kurdistan irakien.

PDK : Parti Démocratique du Kurdistan d’Iran, fondé en 1946, par Mustafa Barzani. Ce parti a mené plusieurs guérillas contre le régime politique de Saddam Hussein, qui a gazé chimiquement des villes kurdes comme celle d’Halabja. En 2005, et après une guerre civile entre le PDK et l’UPK, le kurdistan irakien est autonomisé et devient le « Gouvernement Régional du Kurdistan irakien » (GRK). C’est son fils, Massoud Barzani, qui a pris la tête du parti après l’assassinat de Mustafa Barzani et est devenu président du GRK. Il a démissionné fin Octobre 2017, après le rejet du référendum pour l’indépendance du Kurdistan, par l’Iraq et des interventions militaires de celle-ci.

UPK : Union patriotique du Kurdistan, a été fondé en 1975, par Jalal Talabani, après une scission avec son ancien parti, le PDK (Parti Démocratique du Kurdistan). Le parti devient une organisation concurrente du PDK dans la lutte armée contre le régime de Saddam Hussein, en Irak, et pour l’indépendance du Kurdistan irakien. À l’issue de la guerre civile qui a opposé le PDK et l’UPK, ces deux partis se divisent le territoire du Kurdistan irakien en deux. En 2005, lorsque le Kurdistan irakien devient autonome, cette division du territoire est maintenue : l’une est sous l’autorité du PDK, tandis que l’autre est sous celle de l’UPK. Jalal Talabani, ancien président de l’Iraq de 2005 à 2014, est mort en 2017. L’UPK est aujourd’hui dirigé par Kosrat Rasul Ali.

Gorran : qui signifie « changement », en kurde sorani, a été fondé en 2009 des suites d’un important mouvement social lancé au Kurdistan irakien contre la corruption du gouvernement. Le mouvement s’est peu à peu institutionnalisé en parti, dans l’objectif de briser le monopole du pouvoir exercé par le PDK et l’UPK sur le Kurdistan irakien. Cependant, le parti Gorran a été destabilisé par un scandale de corruption quelques années plus tard. L’actuel président en est Omar Saïd Ali.

Milices Hashad al-Shaabi : ces milices ont été créées en 2014 par l’Iran, en Irak. Elles constituent des menaces directes contre les combattant.es kurdes iranien.nes du Komala et du Parti Démocratique du Kurdistan Iranien (PDKI), qui avaient lancé une guérilla dans les années 70 et 80 contre l’Iran.


http://mars-infos.org/breves-des-kurdistan-2696
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 19 Nov 2017, 00:21

Bakur Rising : l’autonomie démocratique au Kurdistan

L’expérience kurde du municipalisme radical nous oblige à repenser la question de la violence étatique et à imaginer comment de nouveaux mondes peuvent être créés et défendus.

Article de Nazan Üstündağ, publié dans ROAR Magazine Numéro 6, illustré par David Istvan.

... L’expérience kurde du municipalisme radical nous oblige à repenser la question de la violence étatique et à imaginer comment de nouveaux mondes peuvent être créés et défendus.

Article de Nazan Üstündağ, publié dans ROAR Magazine Numéro 6, illustré par David Istvan.
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Re: Kurdistan

Messagede bipbip » 27 Nov 2017, 18:41

Turquie, PKK et civils kurdes d’Irak sous tirs croisés

Depuis des décennies, un conflit plus ou moins larvé oppose le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à l’armée turque. Le groupe armé — fondé en 1978 et classé sur la liste des organisations terroristes par la Turquie, l’Union européenne et les États-Unis — revendique la libération et l’émancipation du peuple kurde, opprimé de longue date par les puissances régionales : d’abord séparatiste et rudement marxiste-léniniste, le PKK assure désormais proposer une alternative fédérale (« Nous avons changé », expliqua l’un de ses cadres au début des années 2000, appelant à une « Société écologique et démocratique »). Si les insurgés — travaillant, selon les mots d’un ancien commandant, « 24 heures sur 24 pour la révolution » — ont pris l’habitude de se replier dans les montagnes des pays voisins, comme en Irak, cela n’empêche pas l’aviation turque de faire des excursions au-delà de son territoire et de frapper les zones de refuge des combattants… au risque de faire un nombre de victimes civiles considérable, et ce sans la moindre protestation de la part de la communauté internationale. Reportage dans les monts Qandil et les vallées du Kurdistan irakien.

... https://www.revue-ballast.fr/turquie-pkk-civils/
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Re: Kurdistan

Messagede Pïérô » 01 Déc 2017, 07:36

Brèves des Kurdistan - Semaine du 27 Novembre

Le Kurdistan est réparti sur quatre états : L’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie. En référence à un grand Kurdistan et comme outil de lutte contre la colonisation de ces quatre États, les mouvements kurdes se réfèrent aux différentes régions du Kurdistan en les désignant par les points cardinaux (en kurde). Le Kurdistan du Nord (ou Bakur) correspond au Kurdistan de Turquie, le Kurdistan de l’Ouest (ou Rojava) à celui de Syrie, le Kurdistan du Sud (ou Bashur) à celui d’Irak et le Kurdistan de l’Est (ou Rojhelat) à celui d’Iran. Les brèves ici transmises concernent principalement le Kurdistan du Nord (Bakur) et le Kurdistan de l’Est (Rojhelat), mais des luttes (et la répression qui va avec) ont lieu également au Kurdistan ouest (Rojava) et au Kurdistan du Sud (Bashur).
Les politiques coloniales et racistes menées par les États turc, syrien, irakien et iranien ont conduit à utiliser des noms turcs, arabes ou perses pour désigner les villes kurdes. Les villes sont indiquées ici sous leur nom kurde avec le nom turc ou iranien entre parenthèses.
Tous les noms précédés d’une astérisque dans le texte, sont expliqués dans le glossaire.

Au Bakur (Kurdistan du Nord, en Turquie), les décentes de la police turque dans les maisons continuent. Onze personnes ont été placé.es en garde à vue à Tekirdağ après un raid menés dans la nuit du 27 novembre. Deux autres personnes, arrêtés dans la nuit du 24 à Kars ont été placées directement dans la section anti-terroriste pour « Propagande et appartenance à une organisation terroriste ». Des raids ont également été mener à Hatay, où douze personnes auraient été arrêtées et à Istanbul où neufs personnes auraient été arrêtées. Cinq femmes et trois hommes ont quand à elleux été arrêtées lors d’un raid à Bursa.
La guerrilla continue dans les montagnes. De lourdes pertes sont à déplorer cette semaine. Les commandantes Delal Amed et Aze Malazgirt, ainsi que onze autre combatant.es ont été tué.es dans un clash avec l’armé turc dans la région de Sirnak. Le PKK appelle à la revanche pour ses deux commandantes.

Malgré les arrestations massives, les prisonier.es continuent d’être actif.ves. Deux éducateurs, Nuriye Gülmen et Semih Özakça tiennent une grève de la faim depuis 263 jours. Ils l’avaient commencée avant leur emprisonnement, à l’occasion de la campagne « We want our job back ».
Dans la prison de Kocaeli-Kandıra les prisonniers politiques ont collecté entre eux 2500 lira pour les envoyer, par le bais de leur famille, aux victimes du tremblement de terre du 12 novembre.
Enfin, la silenciation de la guerre en cours au Kurdistan est aussi faites en Europe. La police allemande a interdit la tenue d’une manifestation kurde dans la ville de Halle-Trotha, au motif que les participants pourraient porter des symboles kurdes interdit en Allemagne.

Au Kurdistan de l’Est, le Rojhelat, en Iran, le gouvernement Iranien continue de réprimer et de contrôler la population. Ainsi, presque chaque semaine nous vous parlons des Kolbar, les travailleur.es frontaliers qui font passer des marchandises de part et d’autre de la frontière Irano-Irakienne. Cette semaine encore les forces frontières ont tiré sur un groupe de trois personnes, abattant l’un d’entre eux. Ils ont également provoqué l’accident d’une voiture dans laquelle se trouvait 6 personnes. Il faut bien considérer que les accidents de voitures sont une technique courante des services Iraniens pour faire disparaître des personnes. Enfin, un kolbar que nous avions annoncé comme blessé la semaine dernière est mort de ses blessures.

Dans les prisons de Qazvin et Urmiyeh, plusieurs prisonniers ont entamé des grèves de la faim. Semi Hosseini est entré en grève de la fin le 26 novembre pour protester contre l’interdiction de tout contact ou nouvelles avec sa famille. Semi Hosseini avait été arrêté en 2008 avec un autre membre de sa famille. Il avait subit 3 mois de torture, qui avait résulté en 18 jours de coma. À sa sortie du coma il a d’abord été envoyé à la prison d’Urmiyeh, sa région d’origine, puis déplacer dans la prison de Qazvin, au nord de Téhéran.
C’est d’ailleurs dans la prison d’Urmiyeh qu’a lieu une seconde grève de la faim. Siamak Ashrafi a commencé celle-ci le 23 novembre. Il est en prison depuis un an, condamné pour « collusion avec un parti politique kurde ». Les prisons Iraniennes sont organisées en section regroupant les prisonniers condamner pour les même motifs. Ainsi, une section est réservé aux prisonniers politiques. Au début de sa détention, Siamak Ashrafi avait été placé dans la section des prisonniers de droits commun. Il avait alors entamé une grève de la faim pour demander son déplacement dans la sections des prisonniers politiques. Il l’avait arrêté suite à une promesse qui n’avait pas été tenue. Ce mois ici, il a été placé dans la section des prisonniers souffrants de troubles psychiatriques, et il a été sévèrement battu par un groupe de prisonniers organiser par les matons. Il est aujourd’hui dans la section des jeunes et a entamé cette nouvelle grève pour être placé dans la sections des prisonniers politiques. D’après le Kurdish Human right Network, les autorité iraniennes changent depuis quelques mois leur stratégie vis à vis des prisonniers politiques. Elles ont de plus en plus tendance à les éloigner et les isoler les un des autres.

Selon l’Organisation des droits humains du Rojhelat, deux personnes ont été arrêtées à Kirmansha, quatre à Bokan et Sardasht, et une à Sna. Il y aurait notamment le journaliste Erjeng Zerguş, qui serait arrêté pour avoir pris des photos des victimes du tremblement de terre et les avoir postées sur des réseaux sociaux. Sa vidéo disait que les autorités iraniennes avaient trahi le peuple, en ne le secourant pas. L’arrivé de l’hivers à également porté un coup dur aux victimes du tremblement de terre, les tentes s’écroulant sous la neige et la pluie.

Enfin, le 18 novembre un ensemble de partis d’opposition iranien ont annoncé la naissance d’une nouvelle coalition : le « Iranian Démocrat Council ». Les participants représentent pour la grande majorité d’entre eux différentes minorités Iranienne : Kurde, Ahwaz, Azeri, Balouch, Lor, etc…


Glossaire

Régions du Kurdistan :
Bakur : Kurdistan du Nord, situé dans le sud-est de la Turquie actuelle.

Bashur : Kurdistan du Sud, situé dans le nord-est de l’Irak actuel. Appelé « Gouvernement Régional du Kurdistan irakien » (GRK), depuis son autonomisation en 2005.

Rojhelat : Kurdistan de l’Est, situé au nord-ouest de l’Iran actuelle.

Rojava : Kurdistan de l’Ouest, situé au nord de la Syrie actuelle.

Partis kurdes, organisations politiques… :
Gorran : qui signifie « changement », en kurde sorani, a été fondé en 2009 des suites d’un important mouvement social lancé au Kurdistan irakien contre la corruption du gouvernement. Le mouvement s’est peu à peu institutionnalisé en parti, dans l’objectif de briser le monopole du pouvoir exercé par le PDK et l’UPK sur le Kurdistan irakien (Bashur). Cependant, le parti Gorran a été destabilisé par un scandale de corruption quelques années plus tard. L’actuel président en est Omar Saïd Ali.

Milices Hashad al-Shaabi : ces milices ont été créées en 2014 par l’Iran, en Irak. Elles constituent des menaces directes contre les combattant.es kurdes iranien.nes du Komala et du Parti Démocratique du Kurdistan Iranien (PDKI), qui avaient lancé une guérilla dans les années 70 et 80 contre l’Iran.

HPG : Forces de Défense du Peuple. Il s’agit du bataillon armé mixte du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan. Ils opèrent principalement au Bakur (Kurdistan du Nord, Turquie), contre les forces turques, depuis leurs bases arrières établies au mont Qandil.

Kolbar : ce sont les travailleurs et travailleuses frontalièr.es, à la frontière irano-irakienne et irano-turque, chargé.es de transporter illégalement les marchandises. Ils et elles subissent une intense répression de la part de l’Iran.

Komala (Komalay Shorshgeri Zahmatkeshani Kurdistani Iran) : Comité des révolutionnaires du Kurdistan iranien, fondé en 1969, à Téhéran, en Iran. Peu de temps après la révolution iranienne en 1979, le Komala a lancé une guérilla contre l’Iran. Jusqu’à la fin des années 1980, ce parti d’origine marxiste contrôlait des zones autonomes au Rojhelat (Kurdistan de l’Est, en Iran). Un système politique organisé sur la base de communes était mis en place. Suite à d’intenses répressions, et à la guerre Iran-Irak entre 1980-1988, le Komala a dû se réfugier, comme le PDKI, dans les montagnes kurdes irakiennes. Après avoir gelé la guérilla pendant quinze ans, le Komala a repris la guérilla contre l’Iran depuis désormais un an et demi.

Pasdaran : de leur nom complet Sepah-e Pasdaran Enghelāb-e Eslami, qui signifie « Corps des Gardiens de la Révolution islamique », en Iran. Fondés en 1979 sous l’autorité de l’ayatollah Khomeiny, il s’agit d’une organisation paramilitaire de soldats d’élites, dotée de forces terrestres, aériennes et marines, dépendant du Guide Suprême. Cette organisation comprend des branches civiles, chargées principalement de la surveillance et du contrôle des populations, et qui agit conjointement avec les services secrets iraniens.

PDK : Parti Démocratique du Kurdistan d’Iran, fondé en 1946, par Mustafa Barzani. Ce parti a mené plusieurs guérillas contre le régime politique de Saddam Hussein, qui a gazé chimiquement des villes kurdes comme celle d’Halabja. En 2005, et après une guerre civile entre le PDK et l’UPK, le kurdistan irakien est autonomisé et devient le « Gouvernement Régional du Kurdistan irakien » (GRK). C’est son fils, Massoud Barzani, qui a pris la tête du parti après l’assassinat de Mustafa Barzani et est devenu président du GRK. Il a démissionné fin Octobre 2017, après le rejet du référendum pour l’indépendance du Kurdistan, par l’Iraq et des interventions militaires de celle-ci.

PDKI (Partî Dêmokiratî Kurdistanî Êran) : Parti Démocratique du Kurdistan d’Iran, fondé en 1945, à Téhéran, en Iran. Après avoir lancé des soulèvements armés dans les soixante contre l’Iran, le PDKI a lancé une guérilla après la révolution iranienne, plus ou moins en même temps que le Komala. Il est parvenu à autonomiser des zones, en mettant en place son propre système politique, juridique et sanitaire. En désaccord politique avec le Komala, il s’est progressivement retrouvé en conflit ouvert avec cet autre parti de guérilla kurde. Suite à d’intenses répressions, et à la guerre Iran-Irak entre 1980-1988, le PDKI a dû se réfugier, comme le Komala, dans les montagnes kurdes irakiennes. Après avoir gelé la guérilla pendant quinze ans, le PDKI a repris la guérilla contre l’Iran depuis désormais un an et demi.

Peshmergas : à l’origine, ce terme signifie « combattant.e face à la mort ». C’est le nom que ce sont donnés les kurdes qui ont pris la première fois les armes contre les régimes politiques qui les opprimaient : en 1925 en Irak, et en 1946 en Iran. Lorsque la région du Kurdistan irakien (Bahur) a eu accès à l’autonomie en 2005 et s’est dotée d’une armée régulière, cette armée a repris le nom de « peshermags » pour désigner les soldats, en mémoire aux combattant.es mort.es dans les précédentes luttes. Le PKK a fait le choix de nommé autrement ses propres forces, préférant le qualificatif de « guérilla » et de « militant.e ». Cependant, le PDKI et le Komala, au Rojhelat (Kurdistan de l’Est, Iran), continuent d’employer ce qualificatif pour désigner leurs combattant.es.

PKK (Partiya Karkerên Kurdistan) : Parti des travailleurs du Kurdistan, fondé en 1978, à Ankara en Turquie. En 1984, le PKK a lancé une guérilla contre la Turquie, en établissant ses camps de base dans les monts Qandil, notamment. Plusieurs cessez-le-feu et reprise de la guérilla contre la Turquie se sont suivis. Abdullah Öcalan, l’un des membres fondateurs du parti, a été emprisonné en 1999, sur l’île-prison d’Imrali, en Turquie. Le PKK mène toujours une guérilla contre la Turquie, et a de nombreuses organisations sœurs dans d’autres régions du Kurdistan, comme le PYD au Rojava, le PJAK au Rojhelat, et le TACK (Tevgera Azadî ya Civaka Kurdistanê) au Kurdistan irakien.

UPK : Union patriotique du Kurdistan, a été fondé en 1975, par Jalal Talabani, après une scission avec son ancien parti, le PDK (Parti Démocratique du Kurdistan). Le parti devient une organisation concurrente du PDK dans la lutte armée contre le régime de Saddam Hussein, en Irak, et pour l’indépendance du Kurdistan irakien. À l’issue de la guerre civile qui a opposé le PDK et l’UPK, ces deux partis se divisent le territoire du Kurdistan irakien en deux. En 2005, lorsque le Kurdistan irakien devient autonome, cette division du territoire est maintenue : l’une est sous l’autorité du PDK, tandis que l’autre est sous celle de l’UPK. Jalal Talabani, ancien président de l’Iraq de 2005 à 2014, est mort en 2017. L’UPK est aujourd’hui dirigé par Kosrat Rasul Ali.

YJA-STAR : bataillon armée non-mixte de femmes du PKK, Parti des Travailleurs du Kurdistan. Elles opèrent principalement au Bakur (Kurdistan du Nord, Turquie), contre les forces turques, depuis leurs bases arrières établies au mont Qandil. Leurs opérations sont effectuées soit en non-mixité, soit conjointement avec les HPG*.


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