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Messagede Clown » 23 Sep 2008, 12:53

Un patron indien lynché à mort par ses employés

(source: le figaro)

Un patron indien lynché à mort par ses employés

Furieux d'avoir été licenciés, ces anciens salariés d'un équipementier automobile italien exigeaient d'être réembauchés.

Un conflit social affectant une entreprise de la banlieue industrielle de New Dehli a tourné à l'émeute sanglante en Inde : un PDG a été lynché, lundi, jusque là mort ,par 200 d'anciens employés furieux d'avoir été licenciés. Ses ex-salariés d'une filiale indienne de l'équipementier automobile italien Graziano Transmissioni India avaient été conviés par leur patron Lalit Kishore Chaudhary à une réunion de conciliation en vue de leur réinstallation. La cause du licenciement reste floue. D'après la police, citée par le quotidien The Hindu, les travailleurs auraient été renvoyés deux mois plus tôt à l'issue d'une manifestation qui aurait dégénérée. Les ouvriers de Graziano Transmissioni India qui réclamaient de meilleurs salaires et des contrats à durée indéterminée auraient mis à sac en juillet les locaux de leur usine. Graziano Transmissioni India propose une autre version : les licenciements auraient été motivés par les mauvaises performances des employés.

Lorsqu'ils se rendent lundi au siège de leur usine, les travailleurs licenciés apprennent que leur réintégration se fera à plusieurs conditions, dont la rédaction d'une lettre d'excuses. Si on en croit les témoignages recueillis par le Times of India, l'agitation gagne rapidement les ouvriers, mécontents de se voir imposer des pré-requis. Alors que les grilles de l'usine sont ouvertes pour laisser passer une voiture, la foule s'engouffre derrière le véhicule et s'attaque aux automobiles stationnées dans le parking avant de pénétrer dans les locaux de l'usine, frappant les gardes et les employés présents.

Alerté par le bruit, Lalit Kishore Chaudhary tente de calmer les protestataires lorsqu'il est encerclé par six hommes d'une trentaine d'années qui fondent sur lui et l'assaillent avec des barres de fer. Les heurts ont fait, en tout, une quarantaine de blessés dont vingt-trois sont toujours hospitalisés en soins intensifs pour des fractures et blessures à la tête.

Le bilan des affrontements aurait pu être encore plus lourd. Cinq consultants italiens travaillant pour Graziano, qui inspectait l'usine de boites de vitesse et de systèmes de transmission,se trouvaient sur place et ont été épargnés de justesse par les émeutiers. Forettii Gatii, a ainsi raconté au journal Times of India s'être «enfermé dans un bureau» et avoir «prié pour que personne n'entre». La police a arrêté une soixantaine de personnes qui seront poursuivies pour émeute et homicide et va sans doute procéder à de nouvelles interpellations mardi.
Clown
 

Re: Un patron indien lynché à mort par ses employés

Messagede kuhing » 23 Sep 2008, 13:06

Ben y'a pas que des mauvaises nouvelles :D
:gratte:
je voulais dire : Même les patrons ont intérêt à ce que le système change !
kuhing
 

Re: Un patron indien lynché à mort par ses employés

Messagede moolood » 23 Sep 2008, 18:44

Affligeant et insupportable. Un système aussi barbare ne peut qu'encourager la barbarie. Par exemple, en Malaisie, les syndicats sont simplement interdits et ceux qui s'y collent sont massacrés et terrorisés. Ca n'absout en rien les comportements individuels dans le cas indien.
« Les révolutions qui commencent en troupeau, se finissent à l'abattoir » Reiser selon Pierre Carles
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Re: Un patron indien lynché à mort par ses employés

Messagede joe dalton » 23 Sep 2008, 19:38

Trop drôle!
Ouais les asiatiques ils sont pas comme ces feignasses d'occidentaux,ils ferment leurs gueules, et ça les dérange pas de travailler pour 3 centimes!
Mon cul!
joe dalton
 

Re: Un patron indien lynché à mort par ses employés

Messagede Antidote » 24 Sep 2008, 12:23

Y'en a quelques uns en france qui mériteraient un "rappel à l'humanité" :mrgreen:

De cette façon ? Oui oui (^^)
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Re: Un patron indien lynché à mort par ses employés

Messagede kuhing » 24 Sep 2008, 13:05

Antidote a écrit:Y'en a quelques uns en france qui mériteraient un "rappel à l'humanité" :mrgreen:

De cette façon ? Oui oui (^^)


Imagine qu'on se mette à faire ça ici.
Y'en a qui vont pas faire long feu :mrgreen:
kuhing
 

Re: Un patron indien lynché à mort par ses employés

Messagede Vilaine bureaucrate » 24 Sep 2008, 20:27

"le travail, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi la vie échapperait-elle à cette loi ?"
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Messagede Antigone » 18 Nov 2009, 17:27

Le Grand Village - 17 nov. 2009

En Inde, les Dongria luttent contre l’entreprise Vedanta qui veut détruire leur habitat millénaire pour du Bauxite

Les Dongria sont une tribu originelle d’Inde, ils vivent dans les forêts reculées d’Orissa au sud-est de l’Inde. Ce peuple d’Adivasi (premier en Inde) vit depuis des millénaires dans ses collines boisées riches en rivières. Le problème est que leurs collines sont aussi riches en Bauxite, minerai indispensable à la fabrication d’aluminium, ce qui a éveillé la convoitise de l’entreprise Vedanta. Depuis le combat entre le pot de terre et le pot de fer fait rage…

Dongria vient de dongar, un mot de la langue oriya parlée dans cette région, qui désigne les pentes des montagnes où vit ce peuple. Eux-mêmes préfèrent être appelés Jharnia, un mot de leur langue qui signifie “ceux qui vivent près des ruisseaux”. D’une manière générale, en Inde, on les désigne comme des Adivasi, ou “premiers habitants”. Il étaient plus de 400 groupes qui occupaient les différentes régions de l’Inde avant l’arrivée des populations indo-aryennes venues par le nord vers 1500 avant J.C. Ils sont environs 8000 à vivre paisiblement jusqu’à aujourd’hui. Les Dongria Kondh considèrent le sommet de la montagne comme sacré. C’est le siège de leur dieu Nyam raja, dont ils sont tous les descendants. C’est dire si la montagne est sacrée pour eux. “Les Kondh comprennent mieux que n’importe quel scientifique que la montagne est leur source de vie ».

Malheureusement pour ce peuple, leur montagne est riche en bauxite, et l’entreprise Vedanta le sait. Cette entreprise est détenue par un milliardaire indien vivant à Londres. Cette entreprise veut creuser et exploiter une vaste complexe minier pour extraire de la bauxite des monts Niyamgiri, qui sont une montagne sacrée pour les Dongria Kondh.Ces derniers s’y sont opposés début 2008, au motif que la mine détruira à jamais une partie de leur territoire, notamment en asséchant ou dégradant deux fleuves importants et 36 rivières, mais surtout leur mode de vie. En 2008, de nombreux membres de la tribu ont manifesté leur opposition au projet et en juillet 2008, une partie de la tribu a bloqué une route traversant leur forêt vers la zone du projet de mine.

En août 2008, La Cour Suprême indienne a confirmé le droit du propriétaire à exploiter la montagne sacrée. Les Dongria Kondh ont annoncé vouloir déposer une nouvelle plainte contre la mine à propos de la violation de leurs droits culturels et religieux. Jitu Jakesika, leur porte-parole a dit mi-2008 : « Si la compagnie détruit notre montagne et notre forêt pour son seul profit, nous serons transformés en mendiants. Nous donnerons nos vies pour notre montagne ». L’association Survival a estimé que la décision du tribunal était « un coup foudroyant porté non seulement aux Dongria Kondh, mais aussi à tous les peuples indigènes de l’Inde. Le droit international et la Constitution indienne sont piétinés pour le seul profit d’actionnaires lointains », ajoutant que « les Dongria Kondh ne renonceront pas à leur terre et que Survival continuera à soutenir leur mouvement de résistance ». Le 1er août 2008, le Président de Vedanta a annoncé qu’il n’exploiterait pas la mine sans l’accord de la cour suprême d’Inde, ni sans l’accord des Dongria eux-mêmes, mais Amnesty International dénonce des pressions et menaces exercées à l’encontre des membres de la tribu, de la part des porteurs locaux du projet.

Leur espoir n’est peut-être pas vain, en effet l’Inde a souvent prouvé que son peuple pouvait changer des décisions prises par de grands financiers. Des villageois regroupés peuvent se révéler plus puissants que de puissants conglomérats. Il n’est donc pas ilusoir de supporter la lutte de ce peuple. Dans leur intérêt, mais aussi dans le notre puisque les Dongria représente nos origines. Dans une époque où les humains prennent à nouveau conscience qu’on ne peut agir sans la nature il est bon de garder ces exemples efficaces de vie respectueuse. Bien sûr je ne suggère pas que nous vivions nus dans la foret (quoi que) mais ce peuple est la preuve vivante de nos capacité à vivre de cette manière. De plus ces populations primaires indigènes sont en voie d’extinction dans le monde. Au même titre que pour nos animaux, il est important de ne pas détruire ce qui nous reste de naturel. Les peuples indigènes de notre planète sont notre richesse commune, bien plus que l’aluminium.
Cédric Poret
Antigone
 

Re: Inde

Messagede Antigone » 06 Déc 2009, 12:22

Courrier International - 03 dec. 2009

Bhopal met ses maux en bouteilles

Pour les vingt-cinq ans de la catastrophe industrielle qui a touché la capitale du Madhya Pradesh, les Yes Men, professionnels britanniques du canular, ont lancé la “B’eau Pal”, une bouteille d’eau contaminée. Une façon satirique de dénoncer le comportement du groupe chimique Dow, qui refuse d’assumer ses responsabilités.

ette année, par un après-midi d’été, les consommateurs londoniens ont refusé des bouteilles d’eau distribuées gratuitement. C’est sans doute l’étiquette qui les a dissuadés : l’eau de B’eau Pal n’a trompé personne, même si elle venait d’une pompe manuelle du bidonville d’Atal Ayub Nagar, un quartier de Bhopal que personne ne connaît. Son étiquette annonçait en grosses lettres rouges la vérité sur le produit : “Les extraordinaires qualités de notre eau proviennent de vingt-cinq ans d'infiltrations de toxines sur les lieux du plus grave accident industriel de la planète.”

Les Londoniens ont naturellement dit non à l’eau de B’eau Pal, où des polluants comme le dichlorométhane, le tétrachlorure de méthane et le chloroforme étaient présentés comme des éléments “nutritifs”. Mais l’idée a permis d’attirer l’attention sur l’explosion de l’usine Union Carbide de Bhopal, dans la nuit du 3 décembre 1984. Un drame qui, depuis vingt-cinq ans, n’en finit pas d’agiter l’Inde.

Ceux qui luttent pour que justice soit faite en faveur des victimes de la tragédie de Bhopal ne se contentent plus d’organiser des sit-ins, de brandir des drapeaux noirs ou de brûler des effigies dans les rues de New Delhi ou de Bhopal. Leur combat s’internationalise. La B’eau Pal est le fruit de l’imagination délirante de deux Britanniques, professionnels du canular, qui militent contre le néolibéralisme. Mike Bonanno et Andy Bichlbaum, alias les Yes Men, ont lancé la B’eau Pal afin de dénoncer le refus persistant de Dow Chemical, qui a fusionné avec Union Carbide en 2001, d’assumer la responsabilité de la catastrophe. Pourtant, par cette fusion, Union Carbide est devenue une filiale à part entière de Dow. D’après les rapports d’Amnesty International, l’explosion, qui a dégagé 40 tonnes d’isocyanate de méthyle dans l’atmosphère et dans l’eau, a causé la mort de quelque 25 000 personnes.

Dow a toujours affirmé qu'elle n’était pour rien dans l’accident et que l’usine de Bhopal de la défunte Union Carbide appartenait maintenant aux autorités indiennes. La société a déclaré dans un courriel que, “même si Dow n’a jamais possédé ou exploité cette usine, nous – ainsi que l’ensemble du secteur – avons tiré les leçons de cet événement tragique et mettons tout en œuvre pour que de tels accidents ne se reproduisent plus”. Cette déclaration mentionnait également que “l’ancienne usine Union Carbide de Bhopal appartenait à Union Carbide India Limited (UCIL), une société indienne [mais filiale de la multinationale américaine Union Carbide Corporation]. Union Carbide a revendu ses parts à UCIL en 1994, et UCIL a été rebaptisée Eveready Industries India, qui reste aujourd’hui une importante société indienne.

De telles affirmations n’ont pas satisfait des militants comme Bonnano et Bichlbaum. En 2004, Bonanno, déguisé en PDG de Dow Chemical, annonce qu’il “accepte l’entière responsabilité de la catastrophe de Bhopal” en direct sur la BBC. En trois heures, la firme perd 2 milliards de dollars en bourse. Leurs nombreux canulars ont donné naissance à un film, The Yes Men Fix The World (TYMFTW) [Les Yes Men refont le monde], dont la première s’est déroulée en Grande Bretagne le 11 août, peu après le lancement de la B'eau Pal à Londres, et a décroché une récompense au Festival du film de Berlin. Emballé dans une jolie bouteille de verre orné d'un label ovale rouge rappelant le logo de Dow, l’eau de B’eau Pal est un symbole, explique Mike Bonnano, de l'étendue des dégâts, de la négligence des entreprises et de l'apathie générale. “La B'eau Pal traduit les effets tragiques de l'émission de gaz qui, vingt-cinq ans plus tard, continue de ravager les quartiers proches du site de la catastrophe de Bhopal. Elle symbolise aussi tout ce qui va mal dans le monde aujourd'hui, où le profit passe avant tout le reste”, commente Bonanno par téléphone depuis Londres.

Le lancement de l’eau B’eau Pal a par ailleurs coïncidé avec la publication d'un rapport de Sambhavna, une organisation caritative qui s'efforce d'aider et de réinsérer les quelque 100 000 rescapés de la tragédie. D'après ce rapport, à Bhopal, les nappes phréatiques, les légumes et le lait maternel sont contaminés par des quantités toxiques de nickel, de chrome, de mercure, de plomb et d'autres substances organiques volatiles. En outre, plusieurs bébés nés dans les villages environnants présenteraient de graves problèmes médicaux. Lorsque Sathyu Sarangi, de Sambhavna, s’est rendu en Ecosse plus tôt dans l'année, Bonanno, appuyé par le Bhopal Medical Appeal, autre organisation non gouvernementale, basée à Londres, est entré en contact avec lui au sujet de son projet de satire. Bonanno raconte qu'ils ont même apporté de la B'eau Pal au siège londonien de la Dow.

“Nous ne voulons pas que la question soit enterrée. La satire et les manifestations sérieuses sont les deux faces d'une même pièce. Elles ne peuvent exister l'une sans l'autre. A Bhopal, l’humour a peut-être été longtemps malvenu, mais il est plus que jamais d'actualité”, conclut Mike Bonanno. Grâce à cette agitation, les Yes Men et Bhopal bénéficient de davantage de soutien et d'attention. Mais le film n'a toujours pas eu de sortie officielle en Inde. Dans les communautés dévastées par la catastrophe, où s’activent les membres de l'organisation de Sarangi, personne ou presque n'en a entendu parler.


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

A Bhopal, une catastrophe qui rapporte gros

L’explosion de l’usine américaine Union Carbide a dégagé dans l’atmosphère et dans l’eau 40 tonnes d’isocyanate de méthyle, ce qui a entraîné la mort d’au moins 25 000 personnes. Vingt-cinq ans après, la ville panse toujours ses plaies. Actuellement, 100 000 Bhopalis souffrent toujours de pathologies chroniques et d'handicaps contre lesquelles les traitements sont en grande partie inefficaces. Mais, pour certains, c’est un moyen de faire de très bonnes affaires.

Jahar Lal est né sur le bord d’une route dans la nuit du 3 décembre 1984, à Bhopal, pendant que sa mère fuyait les gaz toxiques. A son arrivée à l’hôpital, les médecins ont baptisé le nouveau-né Jahar, “poison” en hindi. Ce nom le rend célèbre : il attire dix à quinze personnes par mois dans son cabanon du basti [bidonville] d’Oriya, à Bhopal [capitale de l’Etat central de Madhya Pradesh].

Au cours des vingt-cinq dernières années, des touristes curieux et des journalistes du monde entier ont parcouru les bastis à la recherche d’histoires de survivants. Sanjay Verma, guide-interprète, accompagne une équipe de télévision étrangère dans Arif Nagar, un bidonville qui se trouve au bord de ce qui était le bassin d’évaporation de l’usine de pesticides d’Union Carbide [multinationale américaine qui est devenue une filiale de la société Dow Chemical le 6 février 2001].
Sanjay a perdu sept membres de sa famille dans la tragédie et a grandi dans un orphelinat de Bhopal. Il a appris tout seul l’anglais qu’il parle couramment et montre aujourd’hui aux visiteurs les sites associés à l’usine d’Union ­Carbide. Il guide environ cent touristes par an. C’est une bonne source de revenus pour lui. Il facture 700 roupies [12 euros] par jour, mais “les gens me donnent souvent bien plus”.

Pour chaque personne qui a souffert de l’explosion, il y en a une autre pour qui la catastrophe représente une occasion de faire de bonnes affaires. Les agences de voyages semblent avoir saisi l’opportunité. Quand je l’appelle, Raksh Chopra, de Radiant Travels, l’une des plus grosses agences de la ville, me dit qu’il peut facilement me trouver un guide. “Nous avons fait visiter ces sites à de nombreux touristes”, m’assure-t-il. Un guide coûte 1 750 roupies par jour [soit 30 euros].

Les plus gros bénéfices de cette “industrie” vont toutefois aux centaines de médecins douteux, les jhola chaap dans le jargon local, qui se sont installés sur Chhola Road, à un jet de pierre de l’usine. Dans cette rue, un établissement sur trois est une clinique. Celles-ci se disputent le trottoir avec les échoppes à thé, les boucheries et les épiceries. Amil Tiwari déclare être le seul médecin qualifié parmi les 85 qui exercent sur ce tronçon de 2 kilomètres. “Les médecins d’ici obtiennent un diplôme d’ayurveda [médecine douce qui se rapproche de l’homéopathie], car c’est facile à obtenir, mais ils prescrivent tous des traitements allopathiques [opposés à l’homéopathie]”, confie-t-il. La majorité des patients qui fréquentent ces cliniques semblent avoir les mêmes symptômes : difficultés respiratoires, douleurs, éruptions cutanées et troubles oculaires.“Ces charlatans gagnent chacun de 100 000 à 200 000 roupies [de 400 à 800 euros] par mois et ils bourrent leurs patients de stéroïdes”, s’insurge le Dr Tiwari.

Devant la Singhai Clinic, qui vante les services du Dr Singhai, licencié en ayurveda, un patient se plaint. Il me montre une ordonnance qui consiste en une série de codes que seul ­comprend le pharmacien de la clinique. Les médicaments qu’il tire d’un paquet en plastique sont allopathiques mais n’ont pas de nom. Les patients qui ont droit à un traitement gratuit dans les hôpitaux publics n’y vont pas car l’attente est longue et les formalités compliquées. K.K. Dubey, le directeur du Kamala Nehru Hospital, un établissement public destiné aux personnes affectées par le gaz, s’indigne : “Le gouvernement n’a rien fait pour contrôler ce genre de clinique.” La tragédie de Bhopal semble s’être transformée en petite entreprise. Et, à l’heure du vingt-cinquième anniversaire de la catastrophe, les bénéfices s’annoncent juteux.
Antigone
 

Re: Inde

Messagede Class War » 09 Sep 2012, 19:55

Image

Depuis le soulèvement de Naxalbari en 1972, la Guerre Populaire dirigée par les forces maoïstes n’a pas cessé. Depuis 2004, elle connaît même un nouveau développement avec la création du Parti Communiste d’Inde (maoïste) [PCI(m)], fruit de l’union des principaux groupes maoïstes.

Aujourd’hui, l’Armée Populaire de Libération dirigée par le PCI (m) est présente sur un tiers du territoire indien, ce qui a permis dans certaines régions de développer la démocratie nouvelle. Dans ces zones libérées par les révolutionnaires, les problèmes ne sont pas posées en terme de garantir les profits des multinationales, des propriétaires terriens et des intermédiaires mais plutôt de garantir une amélioration des conditions de vie :

mise en place de centres de santé (le taux de mortalité infantile est près de 13 fois supérieur à celui de la France),

développement d’une éducation accessible à toutes et tous (26% d’analphabètes – 18% pour les hommes et 35% pour les femmes),

construction de canaux d’irrigation pour améliorer l’indépendance alimentaire (en 2000, 70% de la population en dessous du seuil de pauvreté calorique),

garantie de l’accès à la terre (le système semi-féodal est toujours en cours),

préservation de l’environnement (pollution des sols par les compagnies minières, assèchement des eaux par les usines comme Coca-Cola, cultures OGM de coton improductives, construction d’un réacteur nucléaire par Areva sur une zone sismique),

abolition des castes (plus de 6200 crimes et délits contre les intouchables),

égalité hommes/femmes,

etc.

Plutôt présent dans les zones rurales, les révolutionnaires se sont fermement opposés à l’accaparement des terres et des ressources par les grandes sociétés multinationales minières (à Singur, Nandigram et Lalgarh notamment) conduisant à l’appauvrissement des populations locales et à la destruction de l’environnement dont elles tirent leur subsistance.

Suite à cette résistance légitime, l’Etat indien a décidé en 2009 de lancer une offensive contre sa propre population : l’opération « Green Hunt ». Plus de 100 000 soldats et paramilitaires ont donc été envoyés dans les zones contrôlées par les maoïstes. De nombreux rapports issus de personnalités et d’organismes divers mettent aujourd’hui en avant les tortures, massacres et disparitions commises par les forces armées gouvernementales.

Une partie des intellectuels, des pacifistes, soutient ou sympathise avec les maoïstes et proteste contre les assassinats de dirigeants, de militants et dénoncent les exactions, massacres, viols exercés contre les civils par l’armée indienne. L’influence des révolutionnaires dans les villes commence à grandir.

Cette année 2012 a été témoin d’une augmentation de la colère des masses indiennes : plus grosse grève générale de l’histoire en février, soulèvement dans l’usine Suzuki et Regency KC,…

Pays émergent de plus d’un milliard d’habitants, l’Inde a des visées impérialistes en Afrique, comme la Russie, la Chine et le Brésil. D’un autre côté, elle facilite grandement l’implantation des sociétés multinationales en créant des Zones Economiques Spéciales où le droit du travail est modifié et où les terres, l’eau et l’électricité sont très peu cher voire gratuit. Les répercussions sont dramatiques. L’exemple le plus frappant est sûrement celui de la ruine de dizaines de milliers de paysans devenus dépendants du coton transgénique. Depuis 25 ans, 200 000 se seraient donné la mort pour échapper à la misère (8 000 suicides par an !).

L’impérialisme français n’est pas en reste puisqu’il existe une Chambre de Commerce franco-indienne de 49 conseillers et un groupe d’avocats (UGGC) spécialisé dans l’assistance aux « entreprises européennes à leurs différents stades d’intervention sur le marché indien. » En 1998, un partenariat stratégique a été établi entre la France et l’Inde autour de 3 axes : coopération nucléaire civile, coopération de défense, coopération spatiale.

https://paris.indymedia.org/spip.php?article11596
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Re: Inde

Messagede Ulfo25 » 17 Sep 2012, 09:42

Article Le Monde


Un vent libéral souffle à nouveau sur New Delhi. Les milieux d'affaires applaudissent. Les économistes libéraux suspendent soudain leurs critiques acerbes de l'immobilisme du gouvernement de New Delhi. La coalition au pouvoir, dominée par le parti du Congrès (centre-gauche), "s'est finalement réveillée d'un profond sommeil", commentait ainsi un éditorial du quotidien économique Mint au lendemain de l'annonce, vendredi 14 septembre, d'un plan gouvernemental visant à ouvrir au capital étranger un certain nombre de secteurs de l'économie (commerce de détail, aviation...), jusqu'à présent très encadrés.

Jeudi 13 septembre, le pouvoir avait ouvert la voie en décidant de relever de 12 % les prix (administrés) du diesel et de plafonner l'accès du public au gaz (aux prix également administrés) dans un geste visant à réduire les subventions gouvernementales qui pèsent lourdement sur le déficit budgétaire.

A l'évidence, le parti du Congrès souhaite relancer la dynamique encalminée des réformes à un moment critique où la croissance s'est ralentie à 5,5 % au deuxième trimestre – soit le taux le plus bas depuis dix ans. A un an et demi des élections législatives, qu'il aborde sur la défensive, le parti dirigé par Sonia Gandhi, en liaison avec le premier ministre Manmohan Singh, veut donner tort à ceux qui dénoncent la "paralysie politique" de New Delhi.

L'ouverture des détaillants multimarques aux enseignes étrangères est la mesure phare de cette tentative de restaurer la confiance auprès des investisseurs. En vertu de ce plan, le capital étranger sera autorisé à acquérir des parts à hauteur de 51 %.

L'enjeu est politiquement explosif dans un pays qui compte 12 millions d'entreprises de commerce de détail – pour l'essentiel de petite taille –, employant 40 millions de personnes pour un chiffre d'affaires évalué à 400 milliards de dollars (304 milliards d'euros).

En 2011, le gouvernement avait dû faire machine arrière après avoir soumis la même proposition. Le débat avait été passionné. Les partisans de l'ouverture arguaient que consommateurs et fournisseurs locaux seraient les grands bénéficiaires de la contraction attendue de la chaîne des intermédiaires. Leurs opposants dénonçaient les suppressions d'emplois induites par la dissolution prévisible du tissu commercial local.

Le parti du Congrès avait dû affronter l'hostilité y compris de certains partenaires de sa coalition gouvernementale, notamment le Trinamool Congress, dirigé par Mamata Banerjee, premier ministre ("chief minister") de l'Etat du Bengale-Occidental.

Face à tant d'adversité, l'exécutif avait jeté l'éponge, confortant, auprès des milieux d'affaires, un désenchantement général devant ce qui était interprété comme une "paralysie" des réformes en Inde. Cette fois, le premier ministre, Manmohan Singh, semble résolu à aller de l'avant. Les chiffres préoccupants de l'investissement étranger – en chute de 78 % de juin2011 à juin2012 – l'ont probablement convaincu de l'urgence d'envoyer un signal.

L'INFLATION DEMEURE VIVE

L'annonce parallèle de l'ouverture du secteur de l'aviation civile aux compagnies aériennes étrangères (à hauteur de 49 %) obéit à la même logique. Afin de minimiser le coût politique de cette nouvelle audace, le gouvernement pense avoir trouvé la parade : laisser aux Etats fédérés la liberté d'appliquer le plan d'ouverture du commerce de détail. Neuf Etats ont fait savoir qu'ils mettraient en œuvre cette réforme, six qu'ils la refuseraient.

Dans l'attente d'un impact, à ce stade incertain, ces annonces visent avant tout à modifier la perception politique du pouvoir de New Delhi par la communauté des investisseurs étrangers comme nationaux, jusqu'à présent démoralisés par les scandales de corruption et par la dégradation de la conjoncture.

Illustration de cette désillusion à l'égard de l'Inde, l'agence Standard & Poor's a menacé, en juin, d'abaisser la note de la dette souveraine indienne. Sur fond de croissance essoufflée, l'inflation demeure vive (7,6 %), conduisant la Banque centrale à maintenir des taux d'intérêt élevés contrariant l'activité. Dans le même temps, les déficits budgétaire (5,9 % du PIB) et commercial (2,4 % du PIB) ne cessent de se creuser, accélérant le dévissage de la roupie (moins 20 % en un an face au dollar).

L'un des nœuds de la panne économique de l'Inde tient à son déficit structurel de l'offre, lequel renvoie aux goulets d'étranglement bridant son appareil productif. Les milieux d'affaires réclament plus de hardiesse sur ce terrain-là. "Un véritable big-bang des réformes est toujours attendu", écrit, lundi, le quotidien Business Standard.

Frédéric Bobin

La banque centrale indienne ne dévie pas

La banque centrale indienne (Reserve Bank of India, RBI) a décidé lundi de laisser inchangés ses principaux taux d'intérêt pour le troisième mois consécutif. La banque a cependant abaissé de 25 points de base le taux des réserves obligatoires pour les banques, à 4,5 %.

Le "repo", le taux auquel la banque centrale prête aux banques commerciales, a été maintenu à 8% et le "reverse repo", celui que les banques perçoivent quand elles placent des avoirs auprès de la banque centrale, à 7 %. la lutte contre l'inflation a jusqu'à présent contraint la RBI à maintenir une politique monétaire restrictive.
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Re: Inde

Messagede altersocial » 18 Nov 2012, 00:51

En Inde, la mort du leader d'extrême droite Bal Thackeray met Bombay sous tension

Le politicien nationaliste indien Bal Thackeray, fondateur du parti hindou Shiv Sena, est décédé ce samedi 17 novembre à l’âge de 86 ans. Connu pour ses propos incendiaires, le leader d’extrême droite comptait des centaines de milliers de supporteurs à Bombay. Dans la soirée, les partisans de son parti ont forcé la capitale économique à fermer en l’honneur de leur leader.

Âgé de 86 ans, Bal Thackeray est décédé ce samedi 17 novembre d'un arrêt cardio-respiratoire, selon son médecin, après avoir passé trois jours dans un état critique, alors qu’une foule s’était rassemblée devant sa maison dans le centre financier de Bombay.

Le leader du Shiv Sena, la frange radicale du nationalisme hindou, avait milité pour favoriser les habitants originaires de Bombay contre les migrants indiens et les musulmans. Bal Thackeray était un des hommes politiques les plus controversés du pays mais il pouvait compter sur l'adulation de centaines de milliers de personnes de la région de Bombay.

En début de soirée, un couvre-feu plein de tension s’est abattu sur Bombay. Alors que la ville grouille en général le samedi de millions de personnes venues faire leurs courses ou se préparant à sortir, les magasins ont soudainement tiré le rideau et les rues se sont vidées. La plupart des commerçants ont été forcés d’observer le deuil par les milliers de partisans du Shiv Sena, appelés les « soldats de Shiva ».

Bal Thackeray a créé une idéologie régionaliste d’extrême droite basée sur l’identité des habitants d’origine de Bombay. Son parti s’opposait depuis vingt ans et de manière souvent violente à toute immigration ou mélange religieux. Aujourd’hui, le Shiv Sena est le premier parti de Bombay, où il détient un tiers des sièges au conseil municipal. La relève idéologique s’annonce cependant difficile, dans cette ville devenue la plus cosmopolite du pays.
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Re: Inde

Messagede altersocial » 20 Déc 2012, 12:22

Impunité de la violence patriarcale en Inde, et sa riposte féministe (voir aussi en Inde les affaires d'avortements sélectifs contre les filles à qui sont préférés les garçons!)

Une affaire de viol collectif provoque une forte polémique en Inde

vidéo

Des femmes indiennes enchaînées pour dire NON et Assez.

Assez des viols collectifs qui restent impunis à l’image de celui survenu dimanche soir sur une jeune femme de 23 ans qui se trouvait dans un bus.

Elle rentrait avec son petit ami d’une sortie au cinéma. Elle a été violée dans le bus par six hommes dont le chauffeur avant d‘être balancée hors du véhicule. Son petit ami a été battu avec des barres de fer.

Cette triste affaire a suscité une véritable indignation dans les médias et une partie de la classe politique. Cette juriste demande des comptes et exigent que les coupables soient punis et non remis en liberté. Il faut aussi dit-elle que les victimes soient protégées”.

En Inde, où le nombre de viols a doublé entre 1990 et 2008, les violeurs sont passibles de dix ans de prison mais la plupart du temps les procès n’aboutissent pas.

Une manifestation émaillée d’incidents avec les forces de l’ordre a été organisée devant la résidence des autorités locales à New Delhi pour appeler à la mise en place de mesures concrètes.
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Re: Inde

Messagede altersocial » 22 Déc 2012, 09:21

Inde : Novartis dans la ligne de mire de Médecins sans Frontières

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Malades du Sida et activistes ont manifesté ce vendredi devant le siège de Novartis à Bombay pour protester contre le brevet que veut déposer le géant pharmaceutique suisse. Si Novartis l’emporte devant la Cour suprême indienne, après six ans de bataille juridique, les plus démunis n’auront plus accès aux traitements génériques.

“S’ils gagnent nous n’auront plus accès à aucun médicament. Même les médicaments les plus basiques sont devenus très chers. Ils essaient à présent de fermer les pharmacies des pays en développement, des usines indiennes de génériques. Ils veulent se débarrasser de nous pour faire plus de profits. Toutes ces multinationales n’ont que faire des pauvres, ils se fichent qu’on aille mieux”, s’insurge Eldred Tellis, responsable de programmes pour le HIV et le Sida.

A l’heure actuelle, la trithérapie coûte près de 100 dollars par mois au malade. Une somme déjà très difficile à débourser pour certains. Une éventuelle augmentation serait catastrophique pour les plus démunis.
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Re: Inde

Messagede altersocial » 22 Déc 2012, 15:33

.... Suite. A Créteil comme à New Dehli, pas de répit contre la violence patriarcale :

Viol collectif: la vague d’indignation continue en Inde

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La vague d’indignation se poursuit en Inde après le viol d’une étudiante à New Delhi. Ce samedi, des milliers de personnes ont manifesté devant le palais présidentiel dans la capitale. Ils exigeaient de parler au président. La police a utilisé des canons à eaux pour les disperser.

... Un viol commis dimanche soir dans un bus par six hommes dont le chauffeur. La jeune femme de 23 ans a ensuite été jetée du véhicule.

Cinq suspects ont été arrêtés. La victime était toujours en soin intensif ce vendredi tandis que son compagnon, qui a été battu avec des barres de fer, a été hospitalisé. Le nombre de viols a plus que doublé en Inde entre 1990 et 2008, selon les chiffres officiels.

Des observateurs dénoncent une société indienne profondément misogyne où les victimes de violences sexuelles sont souvent considérées comme responsables de leur agression.

D’après l’Association pour des réformes démocratiques, une vingtaine d’hommes poursuivis pour viols se sont présentés à des élections depuis 2007.
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