Birmanie

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Messagede ivo » 11 Juin 2012, 09:35

L'état d'urgence décrété dans l'ouest de la Birmanie
http://www.liberation.fr/monde/2012/06/ ... nie_825337
La région est en proie à des violences religieuses meurtrières, qui conduisent l'ONU à évacuer son personnel international.

L’Etat Rakhine, dans l’ouest de la Birmanie, s’est réveillé lundi sous état d’urgence, après des violences meurtrières entre bouddhistes et musulmans qui ont poussé le pouvoir à faire appel à l’armée pour restaurer la sécurité.

Les Nations unies ont commencé l'évacuation de leur personnel international de certaines zones touchées par les violences religieuses, sur la base du volontariat, a indiqué lundi un responsable de l’ONU dans le pays. Une quarantaine d’employés onusiens et leur famille, soit «la majeure partie du personnel international», sont en train de quitter Maungdaw, où des violences entre bouddhistes et musulmans ont fait au moins sept morts, a précisé Ashok Nigam, représentant des Nations unies.


La situation semblait calme de prime abord dans la ville de Sittwe, capitale de l’Etat. Mais les restes calcinés d’habitations témoignaient des violences des jours précédents qui, selon les médias officiels et en l’absence d’aucun autre bilan, ont fait sept morts et 17 blessés depuis vendredi. Quelques camions militaires étaient déployés à l’aéroport et des forces de l’ordre, en nombre limité, étaient visibles autour des mosquées et des pagodes.

Selon les chiffres officiels, quelque 500 maisons ont été détruites dans ces violences confessionnelles qui font suite au lynchage de dix musulmans, il y a une semaine, par une foule de bouddhistes en colère dans le sud de l’Etat Rakhine (autrefois appelé Arakan) qui voulait venger le viol d’une femme.

Devant cet enchaînement de revanches sanglantes, le gouvernement a décrété dimanche un couvre-feu entre 18 heures et 6 heures du matin, avant d’imposer l'état d’urgence qui donne à l’armée des pouvoirs étendus.

«Des actes d’anarchie se sont propagés largement (...) en Etat Rakhine», a regretté dans un discours à la Nation dimanche soir le président Thein Sein, arrivé au pouvoir en mars 2011 et crédité depuis de nombreuses réformes politiques. «Si les deux camps se tuent les uns les autres dans une haine et une revanche sans fin (...), cela pourrait se propager au delà de l’Etat Rakhine».

Londres, ancienne puissance coloniale, a pour sa part pressé les autorités d’ouvrir des pourparlers «afin de mettre fin aux violences et de protéger tous les membres de la population locale».

Tensions religieuses

L’Etat Rakhine tient son nom de sa population, une minorité ethnique bouddhiste. Mais il abrite aussi une importante communauté musulmane, d’origine indienne ou bangladeshi, ainsi que les Rohingyas, une minorité apatride considérée par l’ONU comme l’une des plus persécutées au monde.

Tous ces musulmans sont fréquemment assimilés, dans le discours dominant, dans un même groupe stigmatisé comme étranger et dangereux.

Dimanche, «les Bengalis ont brûlé des maisons et aussi tué des gens mais je ne sais pas combien», a ainsi affirmé une résidente, tout en admettant elle même ne pas en avoir été le témoin. «La situation est revenue à la normale après l’arrivée des soldats en ville pour notre sécurité», a-t-elle ajouté, témoignant de ce que l'état d’urgence semblait recueillir l’assentiment de la population.

Des Rohingyas «ont été tués par balle par les forces de sécurité, certains ont été tués au couteau par des Rakhines», a répliqué de son côté Abu Tahay, un responsable du Parti pour le développement démocratique national, qui représente les Rohingyas. L’AFP n'était pas immédiatement en mesure de vérifier l’exactitude d’aucun de ces propos.

Les Rohingyas ne font pas partie des minorités ethniques reconnues par le régime de Naypyidaw. Ils sont près de 800 000 en Birmanie, confinés dans le nord de l’Etat Rakhine, et plus de 200 000 au Bangladesh, dont plusieurs dizaines de milliers dans des camps.

Au-delà de ce dossier complexe, ces violences mettent en exergue les tensions religieuses sous-jacentes dans un pays où, soulignent les experts, être birman signifie généralement être bouddhiste.

Les musulmans représentent officiellement 4% de la population, à 89% bouddhiste. La tension a conduit à des séries d'émeutes antimusulmanes dans le pays ces 15 dernières années, notamment dans cet Etat qui accueille une importante communauté musulmane.

(AFP)
"Le fascisme n’est jamais accidentel ou spontané : il est la réponse du capitalisme à la crise."
- Larry Portis - Qu'est-ce que le fascisme ? -

!!!! AUX GUILLOTINES CITOYENS !!!!
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Re: Birmanie

Messagede bipbip » 06 Mar 2015, 11:08

En Birmanie, des centaines d'étudiants encerclés dans un monastère

La police menace de passer à l'offensive contre les manifestants, fer de lance des protestations contre le régime.

Encerclés et barricadés, plus de 200 étudiants birmans sont engagés depuis lundi dans un bras de fer avec les forces de l’ordre dans un monastère de Letpadan, à 140 kilomètres au nord de l’ex-capitale birmane, Rangoun. La police anti-émeute menace de passer à l’offensive si les étudiants ne cessent pas leur manifestation, qualifiée d’illégale par des autorités sur le qui-vive.

Pourquoi manifestent-ils ?

Depuis novembre, les étudiants sont mobilisés contre la nouvelle loi sur l’éducation, actuellement en discussion. Ils exigent une libéralisation du système, synonyme d’autonomie accrue des universités, de la levée d’une interdiction des syndicats et de la possibilité d’étudier dans la langue des ethnies. Bien qu’en constante augmentation, le budget de l’Education reste, avec celui de la Santé, l’un des portefeuilles les moins bien dotés – à peine 6% des crédits de l’Etat. En janvier, les étudiants ont entrepris une marche de 600 kilomètres entre Mandalay et Rangoun pour une tournée des campus. Le président, Thein Sein, s’est proposé d’être médiateur pour demander des amendements au texte, sans être pour l’instant entendu. Les étudiants ont toujours constitué un mouvement d’opposition résolu contre la junte, comme lors des insurrections de 1974 et 1988. Certains sont même devenus des leaders de premier plan à l’instar Min Ko Naing de Génération 88. Si leur influence n’est plus aussi forte qu’avant, ils sont toujours soutenus par la population. Des bonzes et des habitants se sont d’ailleurs joints aux dernières manifestations et grèves de la faim.

... http://www.liberation.fr/monde/2015/03/ ... re_1214544
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Re: Birmanie

Messagede bipbip » 11 Mar 2015, 17:51

Naypyidaw (Birmanie/Myanmar): deux squatteuses de plus de 80 ans condamnées à de la prison !

Tin Hlaing a 88 ans ; elle vit dans le township Lewe de la capitale birmane Naypyidaw. Daw Nyo a 82 ans ; elle vit dans le village de Shansu. Toutes deux ont été condamnées à un mois de prison pour occupation illégale, et forcées de détruire leur propre logement (sections 26 et 27).

Daw Nyo a été condamnée il y a un an, tandis que Tin Hlaing l’a été la semaine dernière. Selon le résultat du procès, elle devrait être incarcérée dans la prison de Yamethin.

Tin Hlaing: « Nous sommes désignées comme des squatteuses. Je vends des prunes et j’ai vécu ici depuis 2009. On m’a donné l’ordre de démolir ma hutte mais je ne peux pas faire ça, je n’ai nulle part où aller. Je leur ai dit que je déménagerais s’ils me donnaient une autre solution de logement et des aides pour les besoins de transport. Je suis malade. Je ne peux pas aller en prison. Je veux rester ici. Je veux mourir.
J’ai envie de demander au président pourquoi le gouvernement s’acharne en justice contre nous. Où est la réduction de la pauvreté dont il parle ? Où devrions-nous vivre ? Nous avons écouté ses discours à la TV et à la radio. Il y a une grande différence entre ses paroles et ses actes. Je voudrais lui dire la vérité. »

Daw Nyo: « Je vis sur mes propres terres mais les autorités ont décidé de me faire un procès en utilisant les lois de la section 26 et m’ont condamnée à de la prison. Si je détruis ma maison, je vais aller où après ? Ça fait 40 ans que je vis ici. »

Mi Mi Than, la juge du tribunal de Naypyidaw qui a condamné Tin Hlaing et Daw Nyo, a aussi condamné en janvier dernier Aung Win, 74 ans, et Nga Chun, 67 ans, a un mois de prison pour occupation illégale (lois de la section 26 également).

Pendant ce temps-là, la région du Yangon s’apprête à vivre une énorme vague d’expulsions de squats. Les autorités ont annoncé que fin mars, « toutes » les maisons squattées de la région seront détruites. Sauf que dans la région, environ 10% des habitant-e-s vivent en squat, c’est-à-dire 600 000 personnes…

[Sources: Eleven Myanmar http://www.elevenmyanmar.com/index.php? ... temid=384l | Mizzima http://www.mizzima.com/mizzima-news/mya ... d-of-march.]

http://fr.squat.net/2015/03/09/naypyida ... la-prison/
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Re: Birmanie

Messagede bipbip » 12 Avr 2015, 11:26

Birmanie : les ouvrières descendent dans la rue

Depuis la légalisation des syndicats en Birmanie, des milliers de femmes sont descendues dans les rues pour revendiquer de meilleures conditions de travail. Dans une société patriarcale comme la Birmanie, c’est une petite révolution qui s’est mise en branle.

... http://information.tv5monde.com/terrien ... -rue-26759
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Re: Birmanie

Messagede bipbip » 12 Fév 2017, 14:36

Le textile birman sue la surexploitation

Un rapport révèle les conditions de travail exécrables dans les usines de vêtements.

Deux francs et soixante centimes. C’est le salaire minimum journalier pratiqué au Myanmar (Birmanie). De quoi attirer les fabricants de vêtements, dont la production locale a quadruplé depuis le retour à un régime civil et la levée des sanctions internationales en 2011. Mais pas assez pour nourrir une famille, estime le Centre néerlandais de recherche sur les multinationales (SOMO), une ONG qui a mené son enquête sur place et dévoile que cette rétribution minimale n’est souvent même pas respectée. Son rapport est relayé par l'ONG suisse Public Eye.

Le rapport qu’elle vient de publier épingle des détaillants comme C&A et H&M, parmi les plus grandes enseignes de prêt-à-porter en Europe, qui se montreraient peu regardantes sur le choix de leurs fournisseurs. D’autant que les salaires de misère s’accompagnent de toute une série de mauvaises pratiques qui plongent parfois les travailleurs dans des conditions qui peuvent s’apparenter au travail forcé: soixante heures de labeur hebdomadaire en raison des heures supplémentaires (dans certains cas non payées), absence de contrats (dans la moitié des cas), travail des enfants, aucun mécanisme de plaintes, lois de protection des employés défaillantes, etc. Le tout combiné à la rareté des syndicats, longtemps interdits par la dictature au pouvoir entre 1962 et 2011.

... http://www.lecourrier.ch/146649/le_text ... ploitation
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Re: Birmanie

Messagede bipbip » 19 Sep 2017, 10:51

Stop au nettoyage ethnique au Myanmar

Ce qui arrive en ce moment aux Rohingyas, au Myanmar, a été planifié, et ils sont délibérément pris pour cible. Cette crise des réfugiés est celle qui, au niveau mondial, connaît le développement plus rapide. Il s’agit d’un nettoyage ethnique.

Nous sommes en mesure de confirmer que 80 sites habités ont été incendiés par les forces de sécurité du Myanmar et des groupes de miliciens. Des villages entiers ont été réduits en cendres.

Depuis le 25 août, quelque 412 000 personnes ont fui le Myanmar et rejoint le Bangladesh, de l’autre côté de la frontière. Il s’agit de la crise des réfugiés qui connaît le développement le plus rapide au niveau mondial. De plus, 80 % des personnes qui ont fui sont des femmes et des enfants, et beaucoup d’entre eux sont gravement blessés.

Les informations reçues font état de graves actes de violence et de tueries.

Les forces de sécurité utilisent la violence pour chasser les Rohingyas, et tirent à l’aveuglette sur ceux qui tentent de s’échapper. La situation est tout aussi épouvantable à la frontière avec le Bangladesh, où des mines terrestres ont été posées. Ces mines représentent une menace mortelle pour les Rohingyas qui ont déjà affronté tant de violences.

Il s’agit d’un nettoyage ethnique, qui constitue un crime contre l’humanité. Les attaques sont systématiques et coordonnées, et le chef des forces armées a le pouvoir d’y mettre fin.

... https://www.amnesty.org/fr/get-involved ... n-myanmar/
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Re: Birmanie

Messagede bipbip » 27 Sep 2017, 14:03

Birmanie : la politique d’épuration ethnique à l’encontre des Rohingya, le régime birman et les enjeux géopolitiques
Le pouvoir birman mène une véritable politique d’épuration ethnique à l’encontre des Rohingya, chassée du pays. Jamais la persécution de cette minorité musulmane n’avait atteint un tel niveau de violence. La nature du pouvoir birman, la politique d’accaparement des terres et les enjeux géopolitiques sont pour beaucoup dans le caractère paroxysmique de cette crise humanitaire.
... http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article42024

Dossier – Birmanie / Bangladesh : la tragédie humanitaire des Rohingya
http://www.anti-k.org/2017/09/26/birman ... -rohingya/
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Re: Birmanie

Messagede Pïérô » 19 Oct 2017, 08:48

Myanmar. De nouveaux éléments attestent de crimes contre l'humanité systématiques visant à terroriser et chasser les Rohingyas

Plus de 530 000 Rohingyas – hommes, femmes et enfants – ont fui ces dernières semaines le nord de l'État d'Arakan, où les forces de sécurité du Myanmar mènent une campagne ciblée, se livrant à des meurtres, des viols et des incendies généralisés et systématiques, écrit Amnesty International le 18 octobre dans une analyse détaillée de la crise qui secoue le pays.

Ce rapport, intitulé 'My World Is Finished': Rohingya Targeted in Crimes against Humanity in Myanmar, relate que les forces de sécurité du Myanmar mènent une campagne de répression systématique, planifiée et impitoyable contre la population des Rohingyas dans le nord de l'État d'Arakan, depuis qu'un groupe armé rohingya a attaqué une trentaine de postes de sécurité le 25 août.

Des dizaines de témoins des pires violences ont de manière récurrente désigné des unités spécifiques, dont le Commandement de l’ouest de l'armée du Myanmar, la 33e division d'infanterie légère et la police des frontières.

« Dans le cadre de cette campagne orchestrée, les forces de sécurité du Myanmar se livrent à une vengeance brutale contre l'ensemble de la population rohingya du nord de l'État d'Arakan, en vue de lui faire quitter définitivement le pays. Ces atrocités continuent d'alimenter la plus grave crise des réfugiés qu'ait connue la région depuis des décennies, a déclaré Tirana Hassan, directrice du programme Réaction aux crises à Amnesty International.

... https://www.amnesty.org/fr/press-releas ... ingya-out/
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Re: Birmanie

Messagede Lila » 19 Nov 2017, 19:39

Le viol, arme de guerre contre les femmes rohingya en Birmanie

Un rapport d’Human Rights Watch dénonce les « viols systématiques » commis par des soldats et des policiers birmans depuis le début de la répression contre la minorité musulmane.

Un rapport de l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW), publié jeudi 16 novembre, accuse soldats et policiers birmans d’avoir commis, depuis près de trois mois, « des viols systématiques contre de nombreuses femmes et jeunes filles », crimes qui s’inscrivent dans le cadre de la répression généralisée contre les Rohingya. Ce rapport de 37 pages, intitulé « Mon corps n’était plus que douleur » : Violences sexuelles systématiques contre les femmes et les filles rohingya en Birmanie, est fondé sur les témoignages récents recueillis dans les camps de réfugiés du sud du Bangladesh auprès de 52 femmes, 29 d’entre elles ayant été victimes de viols.

Alors que plus de 600 000 Rohingya sont désormais réfugiés au Bangladesh, il ne resterait plus en Birmanie qu’environ un tiers de la population originelle, dont une centaine de milliers sont des personnes déplacées depuis une série de violences interconfessionnelles entre musulmans et bouddhistes, en 2012.

Human Rights Watch affirme que les violeurs étaient « des hommes en uniforme, la plupart du temps appartenant aux forces armées », et qu’une grande partie des viols ont été commis en réunion. Des femmes ont raconté avoir vu leurs enfants, leurs maris et leurs parents périr devant elles, abattus par les soldats ou brûlés vifs dans l’incendie des villages.
« Purification ethnique »
HRW dénonce le viol comme une arme de guerre choisie sciemment par la soldatesque birmane : les violences sexuelles ont été, depuis le début d’une répression d’envergure datant de l’hiver 2016, « une réalité permanente et dévastatrice dans le cadre de la campagne de purification ethnique contre les Rohingya », ainsi que le dénonce Skye Wheeler, chercheuse spécialisée à HRW dans les situations d’urgence et dans les violences faites aux femmes.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/ar ... q108jjs.99
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