Mexique

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Messagede Pïérô » 18 Oct 2015, 14:14

Brochure
Écrits de prison, Chronologie d’une révolte anti-carcérale

[Ville de Mexico] Écrits de prison
Chronologie d’une révolte anti-carcérale
Juin – Septembre, 2015


La Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la «délinquance» par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle.

L’intention de cette coordination informelle de prisonniers n’est pas la recherche de sensationnalisme, il s’agit de la compréhension totale de notre condition d’esclaves de la société. Nous avons choisi le chemin de l’inconnu et de l’insoumission, de l’exploration libre de la vie sans médiateurs ou représentants.

Nous en avons ras le bol d’être stigmatisés et limités par l’ostracisme pratiqué à notre encontre ; l’état constant de non défense dans lequel nous nous retrouvons tous en raison de l’existence de ces structures vaines, inutiles, que sont les prisons…

Nous disons : ça suffit !

Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.RE)


Cliquez ici pour accéder à la brochure : https://liberonsles.files.wordpress.com ... t20153.pdf

https://liberonsles.wordpress.com/2015/ ... carcerale/
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Re: Mexique

Messagede Pïérô » 11 Nov 2015, 20:58

[Mexico] Fernando Sotelo, après un an d’incarcération, toujours debout !
Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millons de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.
... https://liberonsles.wordpress.com/2015/ ... rs-debout/


Appel international à la solidarité pour la libération de Luis Fernando Sotelo Zambrano
Sur la Journée pour la libération de Luis Fernando Sotelo Zambrano : Un appel national et international à la solidarité a été lancé, entre autres par le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité et la Croix Noire Anarchiste de Mexico.
... http://iaata.info/Appel-international-a ... o-873.html
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Re: Mexique

Messagede Pïérô » 15 Nov 2015, 16:36

La solidarité avec les prisonnier.e.s politiques réunie à Tlanixco
Le 24 octobre 2015 dernier avait lieu, dans la communauté de San Pedro Tlanixco (État de Mexico) la “Rencontre nationale pour nos prisonnier.e.s politiques”, convoquée par le Réseau pour la Solidarité et contre la Répression (RvsR).
... http://cspcl.ouvaton.org/spip.php?article1093



Présentation du journal anti-carcéral : El Canero

Nous avons le plaisir de vous présenter le journal « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique que nous venons de traduire en français.

Plusieurs présentations du journal auront lieu à Paris et ailleurs 

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

En prison, Fernando a imaginé et lancé un journal alternatif appelé « journal indépendant de combat : El Canero » qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’une communication alternative produite par des prisonniers et prisonnières qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale. Le projet cherche à élargir l’échange de communication à d’autres lieux en dehors de la ville de Mexico.

« Ce projet veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dans lequel à différents niveaux nous sommes tous prisonniers. Le Canero contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication des prisonniers avec l’extérieur. Il s’agit de démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies (…) En prison aussi nous savons comment mener la lutte, comment résister, car la guerre sociale est une constante et se mène jour après jour, peu importe le gouvernement ou l’autorité en place ».

Ce journal a pour but de voler, de voyager, d’être partagé avec d’autres personnes et d’autres prisonnier-e-s. Il est désormais traduit en français.

Note : À la deuxième page du journal, nous avons remplacé, en accord avec Fernando Barcenas et d’autres compagnon-e-s impliqués, l’annonce faisant référence à l’émission de radio anti-carcérale diffusée par Regeneracion Radio au Mexique, pour y mentionner à la place les émissions de radio diffusées par l’Envolée.

Ce travail a été possible grâce à la solidarité et la motivation de Fernando Barcenas, aux prisonnier-e-s qui racontent leurs expériences et les partagent et à la Croix Noire Anarchiste de Mexico.

Pour télécharger le journal, cliquez ici : https://liberonsles.files.wordpress.com ... _3_web.pdf

https://liberonsles.wordpress.com/2015/ ... -canero-2/
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Re: Mexique

Messagede bipbip » 15 Nov 2015, 19:25

Mexique : La police attaque les étudiants normaliens

Plusieurs bus transportant des étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa ont été attaqués par la police fédérale et de l’État du Mexique, alors qu’ils rentraient à l’école rurale Isidro Burgos Raul de Chilpancingo. La police a tendu une embuscade aux autobus comme ils roulaient sur l’autoroute Tixtla-Chilpancingo. Les étudiants qui ont été attaqués hier sont de la même école que les 43 étudiants manquantes qui ont été victimes de disparition forcée en septembre 2104.

Images de la répression de la police ont commencé à circuler sur les médias sociaux mercredi après-midi avec les rapports que la police de l’État et la police fédérale avaient gazés et battus plusieurs étudiants d’Ayotzinapa et d’autres personnes arrêtées. Les 2tudiants se sont dispersés dans les collines voisines pour échapper à l’attaque.

vidéo http://www.secoursrouge.org/Mexique-La- ... normaliens
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Re: Mexique

Messagede bipbip » 21 Nov 2015, 11:33

Mexique : Une manifestation prend d’assaut et incendie un commissariat

Les événements de Tehuantepec (Oaxaca) ont pour origine un accident de la circulation qui impliqué lundi une patrouille de la police municipale et un moto-taxi, dont le conducteur êt le passager ont été blessés. Les villageois s’en sont pris aux policiers responsables de l’accident, dans des incidents à l’issue desquels six personnes, âgées de 21 à 56 ans, ont été arrêtés. Une manifestation contre la police et pour la libération des six a eu lieu le soir même, rassemblant les habitants de plusieurs localités voisines. Les manifestants ont pris d’assaut le commissariat de Tehuantepec et l’ont incendié. Ils ont également incendié six ou sept voitures et motos de la police municipale et barricadés la route fédérale. 19 personnes ont été arrêtées.

http://www.secoursrouge.org/Mexique-Une ... mmissariat
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Re: Mexique

Messagede Pïérô » 18 Déc 2015, 13:07

« Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres »

À México, Oaxaca, Chiapas, Aguascalientes et dans d’autres endroits du Mexique, un appel a été lancé par les collectifs de soutien, les familles de prisonniers et de prisonnières, le Réseau contre la Répression et pour la solidarité, le groupe de travail Nous ne sommes pas tous et toutes là, la Voix des Zapotèques Xiches en prison, Collectif de soutien pour la liberté de Fernando Sotelo parmi d’autres, à se coordonner du 6 au 13 décembre autour des journées : « Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres » cette journée s’est étendue au niveau international, certains collectifs solidaires dans l’État Espagnol et en France se sont fait l’écho de cette mobilisation.

À Paris, le 11 décembre, une rencontre avec les compagnonnes du journal anti-carcéral de l’Envolée a eu lieu pour présenter le journal anti-carcéral « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique et ailleurs, proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico depuis le 13 décembre 2013. Pendant la rencontre nous avons parlé du système pénitencier ici et là-bas, raconté brièvement la naissance de l’Envolée, la survie, la résistance et la désobéissance en prison, l’intérêt de tisser des liens entre nos luttes et de continuer à faire passer le message de résistance depuis la plus lointaine des tranchées et depuis les entrailles de la prison. Nous n’oublions pas les compagnon-ne-s qui se trouvent derrière les barreaux ici en France et au Mexique.

Voici quelques histoires de luttes évoquées pendant ces journées de solidarité :

... https://liberonsles.wordpress.com/2015/12/18/8915/
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Re: Mexique

Messagede Pïérô » 28 Déc 2015, 12:41

[Mexico] Fernando Bárcenas : Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !

Fernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 21 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.*

... https://liberonsles.wordpress.com/
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Re: Mexique

Messagede Pïérô » 25 Fév 2016, 21:26

[Mexico] Des nouvelles de Fernando Sotelo : interdiction de visites suite au décès d’un compagnon de cellule.

« … À un peu plus d’un an de mon emprisonnement, j’aurais pu seulement m’exprimer du point de vue de la « justice » à laquelle ils me soumettent en raison de ma présumée « délinquance ». Cependant la prétendue leçon donnée par l’appareil judiciaire et ses serviteurs (juges, commissariats, policiers, matons) est beaucoup plus vaste. Il faut vivre dans une prison de la ville de Mexico pour se rendre compte d’une réalité pourrie et très similaire à la liberté relative que vit la société du dehors. En tant que prisonnier, ils m’ont séparé de la population et je survis relativement et meurs par lassitude. Dehors, c’est pareil. Je vis la violence systématique des matons et celle de la classe « délinquante » qui, au final, n’est que la reproduction de la merde de là-haut. Malgré tout cela, la solidarité ne disparaît pas, car elle est une option nécessaire et souhaitable. »

... https://liberonsles.wordpress.com/2016/ ... e-cellule/
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Re: Mexique

Messagede bipbip » 11 Mar 2016, 17:51

Au Mexique, pas besoin d’état d’urgence pour criminaliser les luttes

Le soir du 24 février, un événement culturel pour la libération des prisonniers politiques était organisé au squat la Okupache sur le campus de l’UNAM [1]. Vers 21h30, Jorge Emilio Esquivel Muñoz, alias « El Yorch », militant anarco-punk et résident du squat, accompagne sa compagne prendre le bus non loin de là. A l’arrêt de bus situé avenue Universidad, ils rencontrent deux amis avec lesquels ils discutent, quand tout à coup, débarque un van blanc aux vitres teintées, sans plaque d’immatriculation, duquel surgissent une dizaine d’hommes en civil, rasés, taillés comme des militaires. Ces hommes sautent sur Yorch, le frappent et le mettent à terre, le tirent dans le van, et menacent avec des armes de poings tous ceux qui essayent de défendre Yorch. La compagne de Yorch revînt alors à l’Auditorio où se déroulait la soirée pour prévenir les autres. Dans un premier temps, ils pensèrent tous que Yorch allait se faire séquestrer et qu’ils ne le reverraient certainement pas. Vers 2h du matin sa compagne reçut un coup de téléphone de la part de la PGR (Procuraduria General de la Republica), lui informant que Yorch avait été arrêté par la police. Ce n’est que le lendemain, par les journaux et médias télévisés, que la société mexicaine apprit que Yorch était accusé de trafic de stupéfiant, car les policiers qui l’auraient arrêté auraient découvert qu’il avait un sac à dos, ou une mallette (deux versions officielles se contredisent) contenant 50 petits pochons de cocaïne, 26 pastilles de psychotrope, 300 grammes de marihuana et 400 pesos en liquide.

Après 24h de Garde à vue, la police communique publiquement sur le transfet de Yorch vers une prison fédérale d’Oaxaca, à 10h de route de la ville de Mexico, alors qu’en en réalité il sera envoyé dans la direction opposée à la prison fédérale d’Hermosillo dans le nord, à environ 30h de route, sans même avoir pu consulter un avocat… Jamais un détenu, même appartenant au crime organisé, n’est transféré aussi rapidement à 1900km de chez lui. Mais la police sait bien que le fait de changer d’État oblige à trouver un avocat qui connait les lois en vigueur dans l’État en question, ce qui est clairement une stratégie pour empêcher la défense de se constituer rapidement. Au Mexique la vente de drogue est un crime fédéral, dans le cas de Yorch, la peine serait aggravé pour vente dans un établissement scolaire. Il risque 20 ans de réclusion.

Il est clair que Yorch est innocent et qu’il s’agit d’un montage policier. Devant juste faire un aller-retour afin de revenir au squat, Yorch n’avait ni mallette ni sac-à-dos sur lui ! A l’heure actuelle, les camarades de Yorch essaient d’obtenir les vidéos des caméras de surveillance situées sur les lieux de « l’interpellation ». Mais comme les vidéos démonteraient l’accusation, l’UNAM prétend que ses caméras sont hors-services…

En effet, l’arrestation de Yorch, anarco-punk et artisan, est un nouveau coup bas orchestré par la police et l’État mexicain afin de criminaliser les militants anarchistes mexicains et relancer le débat sur la récupération de l’Auditorio Che Guevara par l’UNAM [2] Ce n’est en rien une arrestation isolée.

L’Auditorio Che Guevara est un lieu autogéré occupé depuis le mouvement étudiant de 1999-2000 par différents groupes selon les époques, mais souvent d’orientations anarchistes. Depuis son ouverture il a subi le harcèlement policier, des attaques de « porros », l’acharnement médiatique organisée par l’UNAM, le gouvernement et les médias de masses. Cependant, la répression envers cet espace (mais aussi envers tout le milieu anarchiste mexicain) s’est faite plus intense ces dernières années. En 2011, Carlos Sinhué, militant étudiant travaillant aussi à l’Okupache avait été retrouvé tué. La police avait conclue à un règlement de compte entre dealers. Le 3 mars 2014, un commando d’une trentaine de gros bras de l’Ecole Normale de Teneria, d’obédience staliniste, avait débarqué en pleine nuit pour reconquérir le lieu et le remettre à la communauté étudiante (entendez leurs alliés « étudiants rouges »). Ce commando avait alors torturé toute la nuit les 6 personnes qui dormaient sur place, dont Yorch. Le lendemain, une foule d’individus et de collectifs solidaire avec l’Okupache avait forcé les portes et reprit le lieu, tandis que le commando fuyait par les portes de derrière… Cet événement avait suscité un défoulement médiatique et une campagne diffamatoire orchestré par l’UNAM pour expulser les squatteurs. Mais pour l’institution, difficile de faire intervenir la police sur le campus. Depuis 3 mois avant l’arrestation de Yorch, plusieurs militants avaient reçu des faux sms informatifs, ainsi que des appels d’intimidation et des mails vérolés. Pour certains, la police à même débarqué chez eux. Et proférer des menaces directes. Bref, l’arrestation de Yorch semble être une action de plus visant à réprimer les espaces autonomes et à justifier que pour le bien de la communauté étudiante de l’UNAM, il faille virer ces dealers de l’université.

Face à cette nouvelle vague de répression, nous faisons appel à la solidarité nationale et internationale pour dénoncer cette attaque à la communauté en résistance. Nous faisons aussi un appel à don, car compte tenu de l’ampleur de la procédure juridique, les frais de justice dépasserons le 200 000 pesos (10 000€).

« Nous réitérons une fois de plus que nous n’attendrons pas votre approbation pour être libre. Aucune agression sans réponse ! Liberté au compagnon Yorch ! Solidarité avec tous les prisonniers ! »

Okupache, Ciudad de México, le 1/03/2016


Notes

[1] l’UNAM est une université de Mexico qui a été le centre névralgique de nombre de mouvements sociaux au Mexique, c’est une des universités les plus grandes et les plus anciennes d’Amérique

[2] l’université tente en effet depuis plusieurs années d’obtenir l’expulsion du squat.

http://rebellyon.info/Au-Mexique-pas-be ... ence-15900
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Re: Mexique

Messagede Pïérô » 15 Mar 2016, 21:24

Halte à la diffamation et à la persécution de nos compagnon‑e‑s anarchistes Mario González et Nuria Ramírez.

Notre compagnon anarchiste, Jorge Mario González García, est un étudiant qui a été exclu du Collège de Sciences Humaines de Naucalpan, établissement scolaire appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique [UNAM], pour s’être largement opposé aux réformes éducatives de l’UNAM visant à privatiser l’Éducation publique et gratuite. Mario avait fait l’objet d’une forte répression et de menaces avant d’être arrêté d’une manière violente et arbitraire, le 02 octobre 2013, alors qu’il se dirigeait vers la manifestation commémorative du massacre des étudiants en 1968, dans la ville de Mexico. Lors de son arrestation, Mario a été torturé par la police (chocs électriques sur tout le corps, fracture du pied…) et condamné le 10 janvier 2014 à cinq ans et neuf mois de prison ferme pour attaques à la paix publique. Délits montés de toutes pièces pour pouvoir criminaliser son activisme politique et sa pensée anarchiste. Peu après minuit, le vendredi 31 octobre 2014, Mario est sorti de la tour médicale de Tetepan où il était incarcéré.

... https://liberonsles.wordpress.com/2016/ ... a-ramirez/
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Re: Mexique

Messagede Pïérô » 02 Avr 2016, 13:08

Ayotzinapa 26/27 septembre 2014
Rien de bien nouveau sous le soleil de Satan


Es fundamental comprender que las acciones de represión política son actos intencionales cometidos por el Estado o por otros grupos que tienen relación con éste (como narcotraficantes y/o paramilitares) y que la responsabilidad de estas violaciones es del Estado, ya sea por acción, omisión o aquiescencia [1] …

« Il est important de bien comprendre que les actions de répression politique sont des actes intentionnels commis par l’État ou par d’autres groupes qui sont en relation avec lui (comme les narcotrafiquants et/ou les paramilitaires) et que la responsabilité de ces violations revient à l’État, que ce soit par action directe, omission ou acquiescement… »

Que sont devenus les 43 étudiants disparus dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014 ? Une délégation d’élèves était partie de l’école normale rurale d’Ayotzinapa près de Chilpancingo, capitale de l’État du Guerrero (Mexique), afin de récupérer des autobus pour se rendre à Mexico, où devait se tenir le 2 octobre une grande manifestation à la mémoire des étudiants assassinés par l’armée mexicaine sur la place de Tlatelolco en 1968. Ils sont allés jusqu’à Iguala, ville qui se trouve au nord de l’État. Dans cette ville, la caravane de cinq autobus s’est trouvée prise sous le feu nourri des forces de la police municipale, de celles de l’État du Guerrero et de la police fédérale, en présence de militaires du 27e bataillon d’infanterie d’Iguala. Cette embuscade, qui a commencé vers dix heures du soir pour se terminer vers minuit, et qui fit des blessés parmi les étudiants, s’est poursuivie jusqu’au petit matin par une chasse à l’homme dans les rues de la ville au cours de laquelle trois étudiants ont trouvé la mort, dont Julio César Mondragón, qui fut torturé, ainsi que trois autres personnes. C’est au cours de cette nuit que 43 étudiants embarqués par les forces de l’ordre ont disparu. Où sont-ils ? Que sont-ils devenus ? Que s’est-il passé exactement ?

Inlassablement, depuis maintenant dix-huit mois, inlassablement, les parents des disparus les recherchent, demandent des comptes à l’État, inlassablement. Inlassablement, avec obstination, ils poussent l’État dans ses retranchements afin que la vérité éclate, inlassablement : que la vérité éclate au grand jour, qu’elle soit dite enfin ! Vainement. L’État se tait. Il sait fort bien ce qui s’est passé, je n’en doute pas un instant, car comment expliquer ses réticences et ses mensonges éhontés ? Dans les années 1970, l’armée mexicaine a pris parti dans le débat social, elle a combattu les mouvements sociaux de libération. Elle est alors apparue comme une force autonome obéissant à une idéologie qui lui est propre, si bien qu’à cette époque on a pu parler d’une dictature militaire disfrazada de civil. L’armée n’était pas là pour défendre la nation, mais pour défendre des intérêts particuliers transnationaux et pour se mettre au service de la politique impérialiste des États-Unis. Depuis, nous ne savons plus qui contrôle qui, si c’est l’armée qui exerce un contrôle sur le gouvernement ou l’inverse, le gouvernement qui contrôle l’armée. Quoi qu’il en soit, la connivence est si étroite entre le pouvoir des militaires et celui du gouvernement civil que l’un ne peut agir sans l’assentiment de l’autre.

Le gouvernement de Peña Nieto sait fort bien ce qui s’est passé et ce que sont devenus les 43 étudiants disparus, la seule question que l’on peut encore se poser concerne le degré de sa responsabilité, entre se trouver directement responsable de leur disparition [2] ou l’être seulement par omission ou acquiescement. L’État sait et il se tait. Il raconte des mensonges, il invente une « vérité historique » des événements pour mieux camoufler, pour mieux étouffer la vérité, pour mieux se taire, pour ne pas dire, pour ne pas avouer. Et les parents et les familles insistent, et l’État dresse des obstacles administratifs, juridiques, institutionnels à leurs demandes d’investigation : impossible d’interroger l’armée, pourtant bien présente lors des événements. Face à l’obstination héroïque des parents, l’État se tait tout aussi obstinément. L’État se défile, il raconte des histoires, il calomnie les enquêteurs internationaux indépendants, il rejette les conclusions de la Commission interaméricaine des droits humains. Il promet de poursuivre l’enquête. Il promet de l’argent aux parents, il tente de les acheter. Les parents s’indignent et refusent. L’État noie le poisson. Pourquoi ?

La vérité sur les disparus d’Ayotzinapa est en passe de devenir un non-dit de la société mexicaine et aussi internationale. Les parents sont allés un peu partout dire leur tragédie, dire le tort qui leur est fait, qui est tout aussi bien un tort universel : en Amérique latine, aux États-Unis, au Canada, en Europe. La société mexicaine, comme la société internationale, s’est révélée impuissante à contraindre l’État mexicain à cracher le morceau. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? Répondre à ces questions, c’est découvrir le monde dans lequel nous vivons.

L’État mexicain peut bien, dans cette affaire, se sentir incómodo, juste un peu gêné sur les entournures : son imposture mise à nu, son infamie devenue visible. Il ne se sent pas pour autant traqué, il ne se sent pas acculé, poussé dans ses derniers retranchements. Une grande partie de la société civile mexicaine et internationale le soutient soit par ignorance, soit par indifférence, surtout par faiblesse et soumission, soit par intérêt. Il peut compter sur l’appui des autres États : le président de la République mexicaine, Enrique Peña Nieto, est reçu avec les honneurs par le président français, François Hollande, le 14 juillet 2015, à la fête de la Révolution, à la fête des Droits de l’homme et du citoyen, justement ! Jusqu’à l’Église et son pape, François l’activiste, le progressiste, venu au Mexique pour, dans le sens propre des termes, « faire silence » sur les 43 disparus d’Ayotzinapa. L’État pense qu’il sortira renforcé de cette épreuve passagère, il pense qu’il sortira renforcé de sa confrontation avec cette part dissidente de la société qui le questionne. Déjà il élève la voix pour réclamer le silence.

« Il a fallu attendre 17 mois, c’est-à-dire 520 jours, écrivait le 29 février le Centre des droits humains de la Montagne, Tlachinollan [3] pour que le président de la République, Enrique Peña Nieto, se déplace à Iguala. » Et le Centre des droits humains de la Montaña ajoute : « Nous pouvions penser que cette visite, bien que tardive, avait pour but de rencontrer les familles des 43 étudiants disparus. Il n’en fut rien. Ce fut même tout le contraire : un hommage appuyé à l’armée et en particulier au 27e bataillon d’infanterie et un rejet [4] des parents. »

Peña Nieto est arrivé au milieu d’un pompeux et spectaculaire dispositif militaire pour atterrir au centre des installations du 27e bataillon d’infanterie, interdisant ainsi toute possibilité de rencontre avec la société civile. Ce fut un acte symbolique fort de soutien inconditionnel à l’armée, qui ne peut être ni atteinte ni souillée par des demandes émanant de la société civile mexicaine ou internationale. L’armée est intouchable, elle n’est pas disposée à se soumettre à l’examen des instances internationales. Les militaires ne seront pas interrogés, ils ne seront pas obligés de remettre l’information qu’ils ont eux-mêmes instruite au cours de la nuit du 26 au 27 septembre. Le président de la République n’a pas prononcé le nom d’Ayotzinapa, il n’a pas mentionné les 43 disparus ni la centaine de disparus d’Iguala, dont on a retrouvé les corps dans des fosses communes tout autour de la ville, il n’a pas fait allusion à la tragédie que vivent les habitants de cette municipalité et, plus généralement, les habitants du Guerrero, il a ignoré les mères et les pères de famille aussi bien d’Ayotzinapa que celles et ceux des autres disparus. Il est venu pour tirer un trait sur ces événements tragiques, pour qu’ils s’effacent de la mémoire collective, pour que les gens oublient, qu’ils retrouvent le silence d’avant, quand ils subissaient l’horreur sans rien dire, quand ils vivaient dans la terreur en silence. La loi du silence. La peur et la peur de parler : la soumission. La teneur de son message fut : ne parlons plus des disparitions d’Iguala, de la vague de violence qui a causé (et qui cause toujours) tant de morts, qu’on arrête de parler de la collusion entre les autorités civiles et militaires et les bandes organisées du crime, se livrant à l’extorsion et au trafic de la drogue, pour le contrôle de la plaza, d’un territoire ou de la région [5]. La visite du président de la République a eu pour fin de cautionner la « vérité historique » du procureur de la République d’alors, José Murillo, soutenant que les corps furent brûlés dans la décharge publique de Cocula par les narcos, thèse qui fut critiquée et définitivement écartée par les experts des instances internationales.

Cette prise de position de la plus haute autorité de l’État n’augure rien de bon : la guerre contre la population et la société en résistance, dite encore guerre de basse intensité, dite encore guerre psychologique, va se poursuivre, et sans doute s’intensifier, au Mexique.

Oaxaca, le 31 mars 2016,
Georges Lapierre



Notes

[1] Clemencia Correa : « La reparación integral, afrontando los daños de la represión política de Estado. El acompañamiento psicosocial : una construcción colectiva » http://www.aluna.org.mx/wp-content/uplo ... social.pdf.

[2] C’est l’hypothèse que j’avais émise dans un premier texte écrit au tout début, en novembre 2014 http://lavoiedujaguar.net/Ayotzinapa.

[3] Cf. l’article d’opinion (à lire) intitulé « Guerrero, pueblo con memoria » http://www.tlachinollan.org/opinion-gue ... n-memoria/, paru sur le site Tlachinollan. Le paragraphe qui suit s’inspire largement de la première partie de cet article.

[4] Une rebuffade proche du désaveu.

[5] À Iguala, le PRD (Parti de la révolution démocratique) serait lié au cartel de Los Guerreros Unidos et le PRI (Parti révolutionnaire institutionnel) à celui de Los Rojos. Ce sont des luttes funestes que se livrent entre eux des groupes de pouvoir étroitement liés à l’armée et à l’État ; ces luttes se sont terriblement intensifiées avec l’ouverture du Mexique au marché transnational dominé par les États-Unis.

http://lavoiedujaguar.net/Ayotzinapa-26 ... embre-2014
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Re: Mexique

Messagede Pïérô » 29 Avr 2016, 03:29

Ils ne peuvent pas se taire : liberté pour Alejandro Díaz Santis

Les injustices, les assassinats, les disparitions, les incarcérations injustes et les menaces faites par les gouvernants, c’est ce que souffrent et ce que nous souffrons chaque personne dans différents pays et différents États du Mexique. Ensemble, nous pouvons gagner les justices véritables.

... http://cspcl.ouvaton.org/spip.php?article1131
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Re: Mexique

Messagede bipbip » 05 Mai 2016, 15:35

[Mexique - À dix ans] Femmes du cas Atenco : Ni oubli ni pardon ! (+ chronologie)

Cela fait déjà dix ans que dans les rues de Texcoco et de San Salvador Atenco les 3 et 4 mai 2006, les trois niveaux de gouvernement avec l’aide des principaux partis politiques et l’ensemble de l’appareil de l’État mexicain ont déchaîné leur violence et leur brutalité par l’intermédiaire de leurs forces policières et judiciaires contre des hommes et des femmes qui défendaient le droit à la terre et à la solidarité. Bilan de la répression : Javier Cortés Santiago et Alexis Benhumea assassinés par la police, 27 femmes torturées sexuellement, 207 personnes arrêtées et des nombreux blessés.

... https://mars-infos.org/mexique-a-dix-an ... u-cas-1082
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Re: Mexique

Messagede Pïérô » 11 Mai 2016, 03:22

Déclaration du CNI et de l’EZLN contre la répression à Chablekal, Yucatán

Les peuples, communautés, tribus, quartiers, organisations et collectifs qui faisons partie du Congrès National Indigène dénonçons et réprouvons les faits survenus aujourd’hui dans la communauté de Chablekal, Yucatán, lorsque la police a tenté d’expulser de son foyer un ancien de la communauté et que, ayant pris connaissance de la situation d’expulsion injuste, les habitants ont décidé de se manifester contre et de tenter d’éviter l’expulsion, ce à quoi les policiers anti-émeutes de l’État ont répondu en lançant des gaz lacrymogènes. Plus de 40 cartouches de gaz ont été retrouvées jusqu’à maintenant dans la communauté sur les lieux où se trouvaient des femmes, des enfants et des personnes âgées.

... http://cspcl.ouvaton.org/spip.php?article1154
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Re: Mexique

Messagede bipbip » 14 Mai 2016, 17:01

Femmes debout

Au Mexique aussi, les femmes victimes de violences sexistes relèvent la tête

Harcèlements et violences faites aux femmes sont malheureusement universels, comme le montre la culture sexiste qui règne parmi le personnel politique masculin français. Si la parole se libère en France, ailleurs aussi les femmes s’organisent. Ciudad Juarez, au Mexique, a longtemps été considérée comme la ville la plus violente du monde. Entre narcotrafic, culture machiste et exploitation par des entreprises états-uniennes installées à la frontière, les femmes y sont en première ligne. Mais depuis quelques années, elles se rassemblent pour défendre leurs droits, au sein du réseau Red mesa de mujeres. Une mobilisation qui a déjà permis d’améliorer leur situation. Rencontre avec l’une de ces femmes debout, Itzel Gonzalez.

... http://www.bastamag.net/Au-Mexique-les- ... ndre-leurs
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