Via Campesina

Via Campesina

Messagede Pïérô » 22 Déc 2011, 00:08

Déclaration de La Via Campesina

çà date mais je pense que c'est le temps des traductions, du 5 décembre, mais il y a des éléments là qui me semblent interessants :

Assemblée des Opprimés, le 5 décembre 2011, Durban, Afrique du Sud

Déclaration de La Via Campesina


Nous, l'Assemblée des Opprimés, sommes réunis ce jour pour revendiquer la réforme du système capitaliste néolibéral dans son ensemble. La lutte contre le changement climatique est une lutte contre le capitalisme néolibéral, la paysannerie sans-terre, la dépossession, la faim, la pauvreté et la recolonisation des territoires des peuples d’Afrique et des pays du Sud.

Nous nous sommes réunis pour faire savoir que l’action directe est la seule arme que possède les peuples opprimés permettant de mettre fin à l’oppression dans le monde et ce sous toutes ses formes.

Nous sommes réunis ici, à Durban, Afrique du Sud, où se tient la 17ème Conférence des Parties des Nations Unies pour débattre des mauvaises solutions proposées visant à faire face au changement climatique. Et nous constatons que l’avenir de la planète Terre et de l’humanité est en danger car les principaux responsables tentent d’échapper à leurs responsabilités et de faire table rase des faits.

Nous, La Via Campesina, mouvement international de paysans et paysannes, pratiquant une agriculture paysanne familiale durable, sommes totalement consternés par le refus réitéré des pays développés et leurs tentatives de se soustraire à leur devoir historique pour lequel ils devraient fournir un réel effort de réduction des émissions, au lieu de promouvoir de fausses alternatives à la crise climatique, dictées par les conditions du marché.

--------------------------------------------------------------------------------

Ici, à Durban, les discussions portent sur la mise en place d’un « nouveau mandat ». Un mandat comportant des mécanismes commerciaux et un système d’engagement volontaire, ce qui permet de ne pas appliquer le programme obligatoire en vue de l’élaboration d’engagements juridiquement contraignants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. De plus, les pays développés persistent dans leur refus d’assumer leur responsabilité historique et de payer leur dette climatique. Ils soutiennent la création d’un « fonds vert pour le climat » (GCF) impliquant des capitaux privés et la Banque Mondiale. Enfin, il existe une volonté d’inclure l’agriculture dans les négociations mais en la considérant en termes de puits de carbone et non comme une source de nourriture ou un moyen d'assurer la souveraineté alimentaire.

Aux yeux de La Via Campesina, et considérant la tournure que prennent les négociations, il est préférable de ne rien signer plutôt que de signer un accord qui condamnerait l’humanité et la planète à un avenir avec des catastrophes climatiques.
Actuellement, l’heure est très grave pour l’agriculture et les petits producteurs, tout comme pour l’environnement. Les conséquences du changement climatique deviennent de plus en plus sévères, causant de mauvaises récoltes, la destruction des foyers et des habitats naturels, la famine et la mort. L’avenir de l’humanité et de notre planète est fortement menacé. Si ces mauvaises résolutions voient le jour, l’impact sera désastreux sur la nature, les générations futures et la planète toute entière.

Voici donc les revendications que nous portons à la connaissance des gouvernements participants aux négociations :

. Nous appelons les pays du Sud, à prendre la défense de leurs propres peuples et des peuples du monde ainsi que celle de la planète avec dignité et conviction. De ce point de vue, le gouvernement d’Afrique du Sud a déjà abandonné et vendu son peuple aux spéculateurs.
. Nous appelons les pays développés à assumer leur responsabilité historique à l’origine de cette crise climatique et de payer leur dette climatique, ainsi que de s’engager sur un objectif de réduction d’au moins 50% de leurs droits d’émissions par rapport aux niveaux de 1990 et ce sans condition et en excluant les marchés du carbone ou tout autre mécanisme de compensation.
. Nous appelons les gouvernements à ne plus subventionner une agriculture industrielle qui engendre pollution et changements climatiques par l’usage massif qu’elle fait des produits pétrochimiques.
. Nous appelons les gouvernements à promouvoir et subventionner l’agro-écologie.
. Nous appelons tous les pays à écouter et à travailler pour le peuple, à cesser d’œuvrer sous le contrôle des grandes multinationales.
. Nous appelons tous les pays à renoncer à vouloir sauver le système capitaliste et à ne plus faire payer le peuple, y compris les petits producteurs, pour les conséquences de la crise économique et financière.
. Nous, La Via Campesina, demandons la mise en œuvre de l’Accord des Peuples de Cochabamba. Et ici, aujourd’hui, à Durban et ou ailleurs, nous réitérons avec force nos solutions face aux effets de la crise climatique :
. Le réchauffement de la planète doit être limité seulement à 1 degré Celsius.
. Les pays développés doivent réduire d’au moins 50% leurs droits d’émissions par rapport aux niveaux de 1990 et ce sans conditions et en excluant les marchés du carbone ou tout autre mécanisme de compensation.
. Les pays riches doivent s’engager à rembourser la dette climatique avec un plan de financement à hauteur d’au moins 6% de leur PIB. Les fonds destinés au financement de la lutte contre les effets du changement climatique doivent être d’ordre publique, et ne peuvent être contrôlés par la Banque Mondiale ou d’autres entreprises privées.
. Tous les mécanismes de marchés doivent être stoppés, y compris les programmes REDD, REDD++ et les marchés du carbone envisagés dans le programme pour l’agriculture.
. Nous affirmons de nouveau qu’il ne peut y avoir de solution aux effets des changements climatiques ainsi qu’au système néolibéral prédateur qui en est la cause, sans une libération totale des femmes, des paysannes en particulier, du joug ancestral du patriarcat et de la discrimination sexiste. Ainsi, nous exigeons une action d’ensemble contre le patriarcat et le sexisme :
. Que l’on donne aux femmes l’accès à la terre et à leurs droits de propriété par le biais d’un processus de redistribution choisie.
. Les lois et les politiques doivent répondre aux besoins spécifiques des femmes.

Nous, La Via Campesina, exigeons qu’un terme soit mis à la marchandisation de notre Planète Terre. Nous rejetons les mécanismes des marchés du carbone. De plus, nous rejetons la possibilité d’inclure dans les négociations un programme de travail spécifique sur l’agriculture comme cela est aujourd’hui envisagé. Nous rejetons également tous les mécanismes de marché envisagés autour de l’agriculture.

Nous, La Via Campesina et les peuples du Monde, détenons les solutions à la crise climatique et nos appelons les gouvernements à les prendre en compte avant qu’il ne soit trop tard. A l’occasion de cette Assemblée des Opprimés, nous tenons à dire aux peuples du monde que la solution est entre leurs mains. C’est à travers la création de mouvements sociaux et la mobilisation des peuples dans la lutte pour le changement social que les peuples du monde viendront à bout de cette alliance mortifère entre les gouvernements et les entreprises multinationales.

En ce moment même en Afrique, cette alliance est en train de commettre l’une des plus grandes spoliations que l’histoire ait connues, en privant les paysans de leurs terres. Et nous savons ce qu’un tel accaparement des terres implique : plus d’agriculture industrielle, plus de pauvreté et d’exploitation, ainsi que l’augmentation des effets du changement climatique.

A ce stade, la seule contre-attaque possible est l’occupation des terres à l’initiative des paysans sans-terre eux-mêmes. Du point de vue de la souveraineté alimentaire, de la réforme agraire et de la justice climatique, ces occupations méritent tout notre soutien.

L’agriculture paysanne durable et l’agro-écologie contribuent au refroidissement de la planète !
La souveraineté alimentaire est la solution !
L’agriculture paysanne n’est pas à vendre !
Globalisons la lutte ! Globalisons l’espoir !
--

La Via Campesina Via Campesina is an international movement of peasants, small- and medium-sized producers, landless, rural women, indigenous people, rural youth and agricultural workers. We are an autonomous, pluralist and multicultural movement, independent of any political, economic, or other type of affiliation. Born in 1993, La Via Campesina now gathers about 150 organisations in 70 countries in Asia, Africa, Europe, and the Americas.

Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 20247
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Déclaration de Durban de la Via Campesina

Messagede bipbip » 02 Aoû 2017, 00:24

Rencontre internationale de La Via Campesina : l’alternative paysanne en marche

Sous un ciel bas noyant les collines du Pays basque et l’orage tonnant rageusement, une femme à la robe bariolée souffle dans un nuage de fumée : « Voilà qui annonce l’heure du changement ». Une énergie particulière se dégage ces jours-ci de la ville de Derio (Pays basque espagnol – Espagne). En ce mercredi 19 juillet débute la VIIème conférence internationale de La Via Campesina. Cette organisation d’ampleur internationale rassemble 200 délégations venues des quatre coins du monde. Elle se réunit tous les quatre ans depuis 1992 autour de problématiques liées aux luttes paysannes dans le monde.

La Via Campesina est l’un des principaux acteurs des Forums sociaux mondiaux et des débats sur l’alimentation, la sécurité et la souveraineté alimentaires. Présente dans 73 pays, elle rassemble 164 organisations locales et se présente comme le porte-voix d’environ 200 millions de paysans en Afrique, en Amérique, en Asie et en Europe. Sa voix porte jusqu’à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Conseil des droits de l’homme de l’organisation internationale.

« Mondialiser la lutte, mondialiser l’espoir » entonnent en cœur les délégations présentes. Environ 500 délégué(e)s, femmes, jeunes, indigènes, réfléchissent autour des enjeux et des avancées de la construction de la souveraineté alimentaire grâce à l’agroécologie paysanne, la défense de la terre et du territoire, la défense des droits des paysans. Cette analyse collective basée sur le partage d’expériences doit mener ensuite à l’élaboration d’un plan stratégique pour le mouvement et à l’affirmation de lignes d’action pour les quatre prochaines années.

La VIème conférence réunie en 2013 à Djakarta avait réaffirmé la nécessité d’approfondir l’intégration des femmes par le biais d’un « féminisme paysan et populaire » et de la jeunesse paysanne. Ces nouveaux enjeux ont fait l’objet de deux journées précédant la Conférence internationale, confirmant le rôle majeur qu’ils doivent jouer tant sur le terrain des luttes que dans les espaces de décisions au niveau local et international. « La Via Campesina vit une période de transition, l’arrivée de nouvelles générations est l’occasion de penser une nouvelle forme d’horizontalité dans les actions mises en place et d’accroître le nombre d’espace de pensée paysanne » lâche à la tribune le premier dirigeant historique du mouvement, Paul Nicholson. En quatre ans, de nouvelles problématiques ont été définies comme connexes à la question paysanne telles que la question des migrants dont les flux ont partie liée avec le déplacement de populations, conséquences de l’accaparement des terres et des différents conflits armés, ainsi que la criminalisation des paysans et des défenseurs de la terre et du territoire.

« Au Salvador, la plupart des migrants qui tentent au péril de leur vie de se rendre aux Etats-Unis viennent des campagnes, nous essayons d’expliquer aux plus jeunes que l’on peut vivre de la terre et faire de l’agriculture biologique à condition de s’intégrer aux réseaux de solidarité dans les communautés rurales pour résister aux grandes firmes de l’agrobusiness » explique Maria Ana Calles, responsable paysanne de l’Association nationale des travailleurs agricoles (ANTA) au Salvador et membre du Comité de coordination internationale de La Via Campesina depuis 2013. En 1995, « nous avons réussi à rendre plusieurs milliers d’hectares aux paysans affiliés. » rappelle-t-elle avec fierté. Soucieuse de poursuivre ce travail, Maria Ana qui avait pris les armes dans la guérilla salvadorienne pour une réforme agraire et contre l’accaparement des terres dans les années 1980 pense que le « combat doit continuer » mais « sans les armes ». Pour cela, « il faut former la jeunesse à la résistance pacifique et à l’autosuffisance agricole ». Elle mène aussi une lutte pour la protection des semences dans son pays contre la bio-piraterie et le système de brevets internationaux qui tentent d’empêcher les paysans de les conserver.

Parmi les moyens mis en place pour contrecarrer la concentration des terres et les tentatives d’accaparement et de l’agrobusiness, plusieurs délégués d’Asie (Indonésie, Thaïlande), d’Amérique latine, d’Afrique du Sud et de l’Est et du Maghreb (groupe récemment créé) partagent leur expérience et évoquent l’installation d’écoles de formation politique en milieu rural. Au programme ? La question de la souveraineté alimentaire – condition sine qua non pour la sécurité alimentaire –, l’apprentissage de techniques agricoles biologiques mais aussi des réseaux d’échanges d’idées, de matériels et d’aide au financement des infrastructures nécessaires à l’autosuffisance. Plusieurs séminaires se sont également déroulés à Nairobi, en 2016. Une caravane paysanne a circulé entre le Burkina Faso et Dakar, et devant l’attrait qu’elle a suscité auprès des villages et des populations rencontrées, une autre tournée est prévue pour 2018. Une vingtaine de paysans africains est venue du Mozambique, du Niger, du Zimbabwe, du Mali, du Sénégal pour représenter leurs mouvements à la Conférence. « C’est impressionnant de voir à quel point nos luttes sont connectées » affirme Nicolette Cupido venue d’Afrique du Sud pour représenter son organisation « Une réforme agraire pour la souveraineté alimentaire » (FSC).

... http://www.medelu.org/Rencontre-interna ... -de-La-Via
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Déclaration de Durban de la Via Campesina

Messagede bipbip » 14 Aoû 2017, 12:31

Nouvelle publication: Les paysannes et paysans luttent pour la justice

Introduction :

La Vía Campesina cristallise les propositions qui surgissent des réalités paysannes. Partout sur la planète, année après année, la progression et la recrudescence du pouvoir et du contrôle qu’exercent les grandes entreprises privées et les États violent les droits des paysannes et paysans sur leurs biens les plus précieux : la terre, l’eau, les semences, la biodiversité et l’ensemble de la nature. Les pillages, les privatisations, les intérêts de l’industrie et les grands investissements progressent. Face à cette situation, le mouvement paysan promeut la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. Avec cette déclaration, nous préparons le terrain pour assurer à la paysannerie la protection de leurs vies et moyens de subsistance, de manière à favoriser leur reconnaissance en tant que sujet politique et leur accorder le droit d’utiliser, de gérer et de contrôler les ressources naturelles. Chaque jour, dans nos champs et les espaces de gouvernance mondiaux, régionaux, nationaux et locaux, nous avançons sur le chemin de la souveraineté alimentaire. Nous construisons l’autonomie et le pouvoir des femmes paysannes et les travailleuses agricoles qui affrontent un système qui discrimine contre elles de multiples façons et qui a aggravé la violence contre leurs corps et contre leurs territoires. Nous forgeons des droits, des droits pour les paysannes et paysans, pour les femmes et les hommes qui travaillent en agriculture, pour les femmes migrantes et travailleuses temporaires, les sans terre, les personnes qui se consacrent à l’élevage ou à la pêche, les migrants et travailleurs temporaires obligés de travailler dans des conditions de précarité extrême et bien souvent de servitude.

Le présent rapport est publié en parallèle au Manuel populaire sur les droits paysans, lequel examine en détail les éléments fondamentaux de la déclaration et clarifie le contenu des droits qui y sont énumérés tout en présentant une vision historique et une perspective stratégique pour le travail à venir. Les deux documents constituent un effort conjoint des organisations et du Collectif de travail sur les droits paysans de La Vía Campesina et du Secrétariat opérationnel international pour faire avancer dans la reconnaissance de ces droits au sein de notre mouvement et des alliances ainsi que dans l’ensemble de la société. Le rapport sur les cas de violation reprend à nouveau le fil des rapports antérieurs publiés en 2004, 2005 et 2006, lesquels visaient à introduire le thème au système des droits de l’homme des Nations Unies.

Le présent rapport part de la prémisse suivante : pour construire des droits, nous devons rendre visibles les situations et la discrimination systémique à l’origine de la faim et de la pauvreté dont souffre le plus grand groupe social collectif au monde. Les cas énoncés ont été compilés par les régions mêmes de LVC dans un effort unique de systématisation des violations des droits de l’homme des paysannes et paysans. Les droits se construisent et s’exercent ; c’est pourquoi nous demandons aux États de les reconnaître. Nous travaillons pour que les Nations Unies adoptent un cadre normatif qui promeut, protège et défend les droits des paysannes et paysans et d’autres personnes qui travaillent en milieu rural. Dans ce sens, nous devons également renforcer le fonctionnement même des organisations pour que jour après jour, nous identifiions ces violations et connaissions les mécanismes d’appui et de défense de ces droits.

Les cas présentés répondent à des critères qui facilitent le travail des organisations sur les violations des droits humains et paysans. Premièrement, ils se réfèrent au contexte politique, économique et culturel des violations ou de la lutte pour les droits. De plus, une analyse du rôle que joue le capital situe dès le départ l’origine et les causes des cas. Deuxièmement, l’identification des détenteurs de droits nous révèle l’impact desdites violations sur les communautés locales et indique si les violations sont des événements fréquents ou isolés ainsi que si les victimes sont des membres de mouvements sociaux. Troisièmement, il faut connaître les auteurs des violations de ces droits, contre qui la lutte est menée ainsi que le rôle des institutions dans chaque cas. Cet aspect nous révèle le contexte législatif et politique et nous montre si les pouvoirs sont absents et le degré de justice que l’on peut espérer obtenir des tribunaux. Finalement, le document présente des propositions d’amélioration du respect des droits, des recommandations concrètes, comment exécuter le travail de réparation, y compris le rôle des États, et l’importance que pourrait avoir une Déclaration des Nations Unies sur les droits paysans.

Plus de 20 ans après le massacre d’Eldorado de Carajás, cinq ans après le massacre de Curuguaty, un an après la mort du confrère Baek en Corée du Sud, quelques jours après les révoltes paysannes en Inde, après des siècles de pillage et d’usurpation de notre mère l’Afrique, la lutte continue ! La Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales exige que les États l’adoptent de toute urgence. Ce résultat dépend de nos mobilisations et de notre pression sur les États. Le processus est loin d’être terminé ; nous faisons des pas de géant, mais le chemin qui reste à parcourir est aussi ardu que la vie rurale. Nous savons que les fruits que nous récolterons seront le produit de nos luttes pour la dignité et la vie paysanne !

LA VIA CAMPESINA

PDF : https://viacampesina.org/fr/wp-content/ ... ice-FR.pdf

https://viacampesina.org/fr/nouvelle-pu ... t-justice/
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Déclaration de Durban de la Via Campesina

Messagede bipbip » 16 Aoû 2017, 17:04

Résumé Des Déclarations Et Des Motions De Solidarité | Viième Conférence Internationale De La Via Campesina

https://viacampesina.org/fr/resume-decl ... campesina/
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Déclaration de Durban de la Via Campesina

Messagede bipbip » 23 Aoû 2017, 13:22

Ve Assemblée des femmes de La Via Campesina : Déclaration

Nous, femmes venant de plus de 70 pays, représentantes de nos mouvements, réunies lors de notre Ve Assemblée des femmes, dans le cadre de la VIIe Conférence internationale de La Via Campesina, nous adressons à toutes les femmes, à tous les mouvements paysans et mouvements populaires en général, la déclaration suivante.

Nous sommes des femmes rurales et nous en représentons la diversité : femmes autochtones, paysannes, salariées rurales, pêcheuses, bergères, artisanes, jeunes, migrantes et cueilleuses. Par notre travail de production et notre travail politique, nous contribuons quotidiennement aux luttes rurales et au mouvement international de La Via Campesina, depuis la perspective du féminisme et de la souveraineté alimentaire.

Nous avons pour commencer, lors de cette Assemblée, rappelé notre histoire jusqu’à présent, en mettant en avant les progrès que nous avons accomplis, sûres de nos actions et de nos réflexions.

Nous avons ratifié le manifeste des femmes rurales, élaboré par la IVe Assemblée des femmes en 2013. Ce manifeste guide nos actions et constitue une proposition de changement qui s’adresse à l’ensemble de la société.

Nous réaffirmons notre engagement à résister sur le terrain, à participer pleinement au sein des organisations, à combattre la violence faite aux femmes jusqu’à son éradication totale, à condamner les guerres et à contribuer à construire la paix grâce à la justice sociale, à défendre notre Terre-Mère et à lutter pour redonner à toute l’humanité la possibilité de bien vivre.

Une fois de plus, nous constatons ce qui suit :

Le système capitaliste et patriarcal continue de croître dans le monde entier et viole nos territoires, nos corps et nos esprits. Il continue d’accumuler toujours plus de capitaux, au détriment de la planète et de l’avenir de l’humanité.

En cette époque de crise profonde du système capitaliste, son expression néolibérale, les gouvernements dictatoriaux et impérialistes, propagent les guerres, extraient traîtreusement les communs, envahissent des nations, provoquent des migrations forcées, chassent les peuples de leurs terres, militarisent les terres, poursuivent ceux qui luttent, les emprisonnent ou les assassinent, et ne cessent pas.

La nature et l’agriculture continuent d’être commercialisées et l’extraction incontrôlée de tout type de ressources se fait sentir avec l’accélération du changement climatique, dont les conséquences sont catastrophiques pour nos communautés et plus particulièrement pour les femmes. Celles-ci sont exposées à des situations qui restreignent la vie rurale et les cultures. Les personnes qui produisent les aliments et les richesses sont touchées par de graves famines et par la pauvreté.

Dans ce contexte, les femmes portent de plus en plus le poids de la production des biens et des aliments. Cependant, leur travail ne cesse d’être rendu invisible et le travail de prise en charge de leurs proches qu’elles effectuent n’est ni valorisé, ni soutenu, ni assumé par la collectivité ou la société, ce qui alourdit le fardeau de leurs tâches et entrave leur pleine participation.

Les types de violences structurelles se sont multipliés. Nous souffrons de violence économique, professionnelle, environnementale, physique, sexuelle et psychologique. Le féminicide continue et s’intensifie. La criminalisation des femmes et de leurs organisations s’est accentuée dernièrement et, de même que l’impunité et les meurtres politiques, est devenue un obstacle de taille pour l’avancée des luttes des femmes. L’accaparement des terres par les multinationales nous expulse de nos terres et de chez nous. Souvent, avec l’aide complice de l’armée, nos cultures et nos maisons sont réduites en cendres. Nous sommes depuis des décennies victimes de migrations forcées, mais actuellement, de plus en plus de personnes font l’objet de trafics orchestrés par la criminalité organisée. La guerre nous touche d’une manière particulièrement brutale ; la violence économique s’aggrave, ce qui entraîne une généralisation de la violence sexuelle et nous enfonce dans la pauvreté. Notre vie est, par conséquent, devenue infiniment plus dure. Les hommes de nos familles sont persécutés, emprisonnés et tués, ce qui nous rend encore plus vulnérables et nous fait ployer sous le poids supplémentaire des tâches indispensables à la survie et à la protection de nos enfants, qui sont de plus en plus exposés à la violence sexuelle, à la mort et au déracinement. La fumigation de produits agrotoxiques sur les grandes monocultures a des conséquences directes sur notre corps, sur l’environnement et sur notre travail. Les semences indigènes et créoles sont contaminées par les organismes génétiquement modifiés et menacent notre souveraineté alimentaire.

Au sujet de notre droit et devoir de participation aux processus politiques et à la prise de décisions

Nous reconnaissons les progrès accomplis, idéologiquement, politiquement et législativement, en ce qui concerne la participation politique. Mais souvent, ces avancées ne se traduisent pas par des mesures pratiques dans notre vie quotidienne, au niveau des États ou de nos organisations.

Nous continuerons d’œuvrer et de lutter pour que nos organisations soient pionnières en ce qui concerne les changements nécessaires pour garantir notre pleine participation politique, notamment au niveau de la prise de décisions, de l’élaboration de stratégies et des responsabilités de nos représentant(e)s. Nous continuerons d’exiger que notre travail de production soit reconnu et que notre travail de mères et d’aidantes soit valorisé, partagé et pris en charge collectivement. Il s’agit d’une condition indispensable à notre pleine participation.

Construire un féminisme paysan et populaire

Nous bâtissons, à partir de notre identité paysanne et populaire, un féminisme visant à servir d’outil pour nos organisations et pour le processus d’émancipation sociale des hommes et des femmes.

Le féminisme que nous proposons reconnaît notre diversité culturelle et les conditions très différentes auxquelles nous faisons face à chaque endroit, dans chaque région et chaque pays. Nous le construisons à partir des combats quotidiens menés par les femmes de toute la planète : les luttes pour notre autonomie, la transformation de la société, la défense et la protection de l’agriculture paysanne, et la souveraineté alimentaire. De nouveaux hommes et de nouvelles femmes en émergeront, ainsi que de nouvelles relations hommes-femmes fondées sur l’égalité, le respect, la coopération et la reconnaissance mutuelle. Ce féminisme possède un pouvoir de transformation, il est rebelle et autonome. Nous le bâtissons collectivement par notre réflexion et par des actions concrètes contre le capital et le patriarcat. Il est solidaire des luttes de toutes les femmes et de tous les peuples qui résistent.

Ce féminisme doit également être consolidé par une formation féministe, pour nous et pour toutes nos organisations. Nos mouvements doivent veiller à réserver des espaces aux femmes, au sein desquels nous pouvons, ensemble, accroître notre autonomie.

Faire campagne pour mettre fin aux violences faites aux femmes

Notre campagne « Mettons fin à la violence contre les femmes » a joué un rôle extrêmement important pour dénoncer la violence dont nous sommes victimes et éveiller les consciences au sein de nos organisations. Nous devons étendre l’engagement pris par l’ensemble des femmes et des hommes de La Via Campesina, y compris les jeunes, afin d’inclure des actions concrètes dans nos campagnes quotidiennes et de venir à bout de la violence qui constitue le principal obstacle auquel nous sommes confrontées.

Nos méthodes populaires de communication devraient amplifier la campagne en faisant connaître et en rendant plus visibles le problème auquel nous faisons face, les luttes que nous entreprenons et les propositions que nous élaborons.

Nous, femmes rurales, continuerons à nous organiser et à lutter pour le droit de vivre dans la dignité, la justice et l’égalité.

Avec le féminisme et la souveraineté alimentaire, nous construisons le mouvement pour changer le monde.


https://viacampesina.org/fr/ve-assemble ... claration/
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Déclaration de Durban de la Via Campesina

Messagede bipbip » 18 Oct 2017, 00:23

A l’occasion de la journée de la souveraineté alimentaire, La Via Campesina sort sa nouvelle publication, appelant au changement radical de nos systèmes agro-alimentaires

Les luttes de La Via Campesina pour la Réforme Agraire et la défense de la vie, de la terre et des territoires

Face aux crises actuelles concernant l’alimentation, le climat, la pauvreté, la finance, l’économie et la démocratie, il est plus urgent que jamais d’opérer un changement massif au niveau du système agro-alimentaire en place!

(Harare, 16 octobre 2017) La Via Campesina, à l’occasion de cette journée mondiale de la Souveraineté Alimentaire contre les multinationales, lance officiellement sa nouvelle publication “Les Luttes de La Via Campesina pour la Réforme Agraire et la Défense de la Vie, la Terre et des Territoires”. Dans une optique de renforcement de la convergence des luttes, la présente publication entend démontrer qu’une réforme agraire intégrale entre les mains des populations et inscrite dans la souveraineté alimentaire constitue le fondement nécessaire à un tel changement.

Les luttes, les stratégies de lutte et les concepts ont beaucoup évolué au sein du mouvement La Via Campesina. Cette évolution est le résultat du contexte actuel, d’une part, mais aussi des processus collectifs et d’une construction partant de la base et des territoires riches d’une grande diversité historique, culturelle, politique et économique. En ce sens, la réforme agraire intégrale et populaire apparaît clairement comme un processus pour la construction de la souveraineté alimentaire et la dignité des peuples.

En s’appuyant sur ce cadre conceptuel dans lequel la réforme agraire est envisagée en tant que défense et récupération du territoire pour la souveraineté alimentaire et comme processus des peuples, la présente publication est structurée comme suit:

Les chapitres 2 et 3 présentent, tout d’abord, l’analyse de La Via Campesina sur le contexte global actuel et les modalités par lesquelles le capital s’approprie les territoires. Quels sont les évolutions qui ont conduit à ce degré, inédit, d’accaparement de territoires, de concentration foncière et d’expulsion des populations de leurs territoires ? Quels sont les acteurs qui se cachent derrière le mot « capital » ? Quel est le cadre politique qui favorise ces processus au niveau mondial? Quelles sont les conséquences pour le système alimentaire et agricole? Et enfin, comment tout cela se reflète-il au niveau des territoires?

Tel est le contexte dans lequel s’est développé le concept de réforme agraire intégrale populaire porté par La Via Campesina, contexte expliqué au chapitre 4. Comment le concept a-t-il évolué à partir d’une perspective axée sur la répartition des terres vers un projet territorial ? Quels ont été les étapes les plus importantes ? En s’interrogeant sur les moyens permettant d’arriver, dans le monde actuel, à un changement de paradigme vers la souveraineté alimentaire et une réforme agraire, le chapitre 5 présente les stratégies menées par les organisations et La Via Campesina, notamment les actions directes, la praxis à l’échelle locale, la communication et la recherche, et le plaidoyer au niveau national et international.

Si l’analyse se situe davantage à l’échelle des processus mondiaux, les entretiens réalisés auprès de dirigeant-e-s d’organisations membres de La Via Campesina, issu-e-s de différents continents et régions, révèlent la nature pluridimensionnelle des mécanismes touchant très concrètement les territoires. De plus, ils montrent comment les différentes manières d’appréhender le monde, si variées du point de vue historique, culturel, politique et économique (diversité que reflète aussi la terminologie), ont enrichi et élargi la construction des projets portés par La Via Campesina. La présente publication étant une synthèse de l’ensemble de ces questions à partir du point de vue des organisations membres de La Via Campesina, il n’a pas été possible d’examiner chacun des thèmes dans le détail. Néanmoins, une liste bibliographique est proposée à la fin de chaque chapitre et peut servir de point de départ à l’étude approfondie des questions abordées.

Télécharger la publication ici https://viacampesina.org/fr/wp-content/ ... ressed.pdf

Ce 16 octobre suis-nous sur les réseaux sociaux! Racontes-nous les activités et actions de ta communauté!
#SouverainetéAlimentaire
#RéformeAgrairePopulaire
#NousNourrissonsLesPeuples
#StopImpunité
Twitter: @viacampesinaFR
Facebook: viacampesinaOFFICIAL

Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Déclaration de Durban de la Via Campesina

Messagede bipbip » 01 Nov 2017, 12:30

La Via Campesina – Appel à l’action

La solution à la crise climatique est dans notre lutte paysanne pour la souveraineté alimentaire et énergétique !

La prochaine conférence des Nations Unies sur le changement climatique aura lieu du 6 au 17 novembre à Bonn, en Allemagne. La Terre-Mère se réchauffera de façon dramatique et l’humanité sera affectée par des conditions climatiques défavorables et en plus une élévation du niveau de la mer sans précédent. Le système capitaliste, alimenté par la cupidité des profits, n’est pas capable de faire face à la crise climatique actuelle. Même l’accord de Paris de la COP21 et ses propositions inadéquates pour maintenir les températures inférieures à 2 degrés Celsius sont dans l’incertitude, avec le récent retrait du président américain Donald Trump.

Cette année on a témoigné la croissance de l´impact du changement climatique soit en ampleur comme en intensité des Ouragans (Harvey, Irma, Maria, etc.), des inondations (Inde, Népal, Bangladesh, Sierra Leone, etc.) tempêtes, sécheresse, vague de chaleur et plus encore. Des milliers de personnes déplacées, des milliers de morts et disparition totale de certains territoires insulaires. Dans plusieurs cas, les peuples ont perdu toutes les ressources nécessaires pour vivre. Les plus affectés sont les paysans et paysannes, les pauvres, les travailleurs et travailleuses ruraux, les indigènes, les pêcheurs et pêcheuses.

Nous connaissons bien la cause de cette crise climatique : les systèmes alimentaires industriels mondiaux sont responsables de plus de 50% des émissions de gaz à effet de serre par l´utilisation intensive de produits agrochimiques, des toxines, d´énergie fossile, de l´accaparement des terres et la dégradation des forêts. Les auteurs de la crise, utilisant leur « muscle monétaire », font pression maintenant et plaident pour de fausses solutions : L´agriculture dite « climatiquement intelligente », le OGM, REDD et REDD+, « carbone bleu » et tous les autres schémas d´économie verte qui cherchent la financiarisation de la nature et ses services. Les multinationales polluent les négociations sur le climat et les convertissent en lieu du pouvoir économique et financier sur les peuples, au détriment de nos droits.

Au fur et à mesure que la COP23 s´approche, nous réaffirmons l´importance de lutter pour des politiques publiques qui promeuvent et soutiennent l´agroécologie, les systèmes énergétiques locaux contrôlés par la communauté et l´action collective pour une transition juste de carburants fossiles et les fausses solutions énergétiques qui encouragent la capture corporative de nos ressources naturelles. Notre agroécologie paysanne nourrit le sol en matière organique, conserve et récupère la biodiversité, en utilisant le savoir-faire de nos peuples et notre Mère-Terre pour nous nourrir. Nous rejetons toute tentative de l´agro-négoce de vouloir opter pour l´agroécologie et nous nous engageons à défendre et promouvoir notre agroécologie paysanne !

Pour La Via Campesina, nos terres, notre savoir-faire, nos semences et notre droit ne sont pas négociables ! Nous appelons au renforcement de toutes les mobilisations contre ce système qui engendre les crimes climatiques actuels et futurs. Nous devons lutter contre tous les accords de libre-échange et les désastreux projets pétroliers, gaziers et miniers, ainsi que tous les mégaprojets exclusifs (barrages, autoroutes, aéroport, plantations, etc.) Nous devons transformer de toute urgence les systèmes de production financiers, sociaux et écologiques, ainsi que le partage du travail et de la richesse, la préservation des biens communs tels que l´eau, la terre, la flore et la faune.

Nous faisons appel à nos alliés, à nos amis et à nos mouvements sociaux à se mobiliser avec la société civile au lieu où se tiendront les négociations de l´ONU sur le climat à Bonn, en faisant entendre notre voix et faisant connaître nos vraies solutions.

Mobilisons-nous lors de la COP23 pour la convergence des luttes, pour l´agroécologie paysanne et la souveraineté alimentaire !


https://viacampesina.org/fr/solution-a- ... ergetique/
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Via Campesina

Messagede bipbip » 14 Nov 2017, 21:07

La Via Campesina répond à la COP23 par l’agroécologie paysanne

Communiqué de presse

Les paysannes et les paysans, les petits agriculteurs et les peuples indigènes “nourrissent le monde et refroidissent la planète”. C’est ce que le mouvement paysan mondial, La Via Campesina, a avancé à Bonn, en Allemagne, lors des réunions sur le climat de la COP23. Lors des négociations officielles mais aussi au Sommet des Peuples sur le climat, où les mouvements sociaux se sont réunis pour élaborer des stratégies pour des alternatives au capitalisme et à sa crise climatique.

Selon le Groupe ETC, les paysans et les peuples autochtones produisent la nourriture de 70% de la population mondiale, et n’utilisent que 30% des ressources naturelles destinées à amener la nourriture sur nos tables.

« Aucun produit chimique n’a jamais touché notre sol. Nous avons conservé nos semences traditionnelles, qui résistent à de nombreux défis climatiques auxquels nous sommes confrontés », a expliqué Michaelin Sibanda, un jeune paysan membre du Zimbabwe Smallholder Organic Farmers Forum (ZIMSOFF). « Nous savons que, pour avoir une alimentation saine et des écosystèmes sains, nous devons avoir un sol sain. »

Les principes de l’agroécologie aident à conserver l’eau, les sols et les semences. Mais, pour La Via Campesina, l’agroécologie est aussi politique: « ll est prouvé que les systèmes agroécologiques sont résilients, et la résilience est aussi une résistance – elle se rapporte à notre façon de nous organiser collectivement et d’établir collectivement des propositions concrètes de changement, soutenues par le travail et la lutte sur nos différents territoires », expliqué Jesús Vázquez, un jeune organisateur et militant de l’Organisation Boricuá d’Agroécologie de Porto Rico. En septembre 2017, le Porto Rico a été dévasté par deux ouragans consécutifs qui ont sérieusement porté atteinte à tous les aspects de la vie sur l’île, y compris la production alimentaire. Vázquez a continué,

« Avec ces ouragans, nous avons pu constater que les pratiques agroécologiques sont plus résistantes aux phénomènes météorologiques extrêmes, qu’elles apportent de la résilience. Beaucoup de racines et de tubercules ont traversé la catastrophe. Beaucoup de paysans et d’agriculteurs sont déjà de retour dans les champs, à planter et à cultiver bien que le Secrétaire à l’Agriculture affirme que l’agriculture est complètement dévastée dans toute l’île. Nous sommes ici pour rappeler aux gouvernements que le changement doit être systémique. »

La Via Campesina et ses alliés s’attaquent à la cause du problème: le contrôle des entreprises sur les prise de décision et les processus d’accaparement des terres et de l’eau, la criminalisation paysanne et les violations des droits humains au long de la chaîne alimentaire transnationale. « Lors des négociations sur le climat, les gouvernements proposent de fausses solutions. Nous les qualifions de mensonges, car ces propositions n’apportent pas de réel changement, elles stimulent plutôt les profits des entreprises », a déclaré Fanny Metrat, de l’organisation paysanne française La Confédération Paysanne. « Les marchés du carbone, la géo-ingénierie, l’agriculture dite intelligente sont promus par ceux-là même qui promeuvent une production animale à forte intensité d’émission et une agriculture industrielle basée sur l’exportation et qui nécessite des quantités massives de combustibles fossiles. C’est une grande contradiction », a-t-elle expliqué.

A la COP23, ces contradictions deviennent claires. Le gouvernement allemand, grand promoteur de l’économie verte, s’est positionné comme le fer de lance des efforts pour faire face au changement climatique, tout en développant la production de charbon, le combustible fossile le plus sale de la planète. Les délégué.e.s internationaux de La Via Campesina se sont joint à plus de 4.000 personnes lors de l’action de désobéissance civile Ende Gelände (ici c’est la fin) contre la plus grande compagnie minière d’Allemagne, KWE, en renforçant le message que la chose la plus importante à faire face à la crise climatique est de laisser les combustibles fossiles sous terre.

Bernd Schmitz de l’Arbeitsgemeinschaft bäuerliche Landwirtschaft (AbL) a insisté sur le besoin de changements en Allemagne. AbL est l’organisation paysanne de La Via Campesina en Allemagne. S’adressant aux journalistes, Schmitz a déclaré,

« Les conséquences du réchauffement climatique sont ressenties partout dans le monde. En Allemagne, nous avons eu des sécheresses extrêmes dans certaines régions et des pluies extrêmes dans d’autres. Cette année, à cause des fortes tempêtes de grêle, nous avons perdu presque toute la production de fruits dans certaines régions! Le gouvernement est trop lent pour répondre au problème. L’AbL soutient que l’agriculture paysanne, qui comprend une chaîne alimentaire localisée et une production alimentaire écologique, aide à résoudre le problème. Ce système utilise moins d’énergie fossile, et réduit ainsi l’émission de dangereux gaz à effet de serre. Les petits paysans du monde entier ont urgemment un besoin de soutien pour nourrir les populations et maintenir leurs moyens de subsistance dans le contexte du changement climatique. »

La Via Campesina a été rejointe par d’autres communautés aux premières lignes, comme la délégation de It Takes Roots des communautés touchées basées aux États-Unis ainsi que des pêcheurs et des paysans de la Convergence mondiale des luttes pour la terre et l’eau. Un représentant du contingent ouest-africain de la Convergence, Massa Koné, du Mali, a clairement souligné l’importance de travailler avec les alliés pour lutter contre les changements climatiques et les injustices multiples: « En tant qu’organisations populaires, nous avons des perspectives similaires sur les problèmes et les solutions à apporter. La Via Campesina permet à nos communautés d’être entendues. Notre appel au changement systémique est urgent car les dégâts augmentent. Les biens communs, y compris la terre, les forêts et l’eau, doivent être protégés et rendus au peuple. Nous devons travailler avec nos alliés pour être préparés au changement climatique. »

Contacts
Bernd Schmitz +49 17 73 56 55 59 [schmitz@abl-ev.de]
Paula Gioia +49 15 20 57 64 591 [paula.gioia@eurovia.org]


https://viacampesina.org/fr/via-campesi ... -paysanne/
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05


Retourner vers International

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 3 invités