Brésil

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Messagede Lila » 01 Avr 2018, 22:27

Brésil : Les femmes du Mouvement des sans Terre occupent Nestlé contre la privatisation de l’eau

(São Lourenço, le 20 mars 2018) En début de semaine, le siège de la multinationale Nestlé à São Lourenço, dans la région méridionale de Minas Gerais, était occupé par 600 femmes du mouvement des sans terre dans le prolongement des mobilisations ayant eu lieu au Brésil à l’occasion du 8 mars. Par cette occupation, elles voulaient dénoncer la privatisation des eaux par les entreprises internationales, privatisation fortement encouragée par le gouvernement issu du coup d’Etat de Michel Temer. Elles voulaient mettre en garde contre les principaux accords qui se prennent en ce moment à l’occasion du Forum mondial de l’eau à Brasilia.

à lire : https://entreleslignesentrelesmots.word ... n-de-leau/
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 05 Avr 2018, 17:11

Bresil : Marielle Franco, Presente !

Dans la nuit du 14 mars dernier, Marielle Franco, a été brutalement exécutée par balles, à la sortie d’un débat avec d’autres femmes noires, dans le quartier de la Lapa à Rio de Janeiro. Anderson Pedro Gomes, le chauffeur de la voiture où elle se trouvait a lui aussi été assassiné.

Marielle Franco était une militante féministe, noire et lesbienne, née dans la favela de la Maré, particulièrement engagée contre le racisme, la répression et les violences policières. Depuis des années elle luttait contre les abus de la Police militaire de l’Etat de Rio. Conseillère municipale du Parti socialisme et liberté (PSOL, gauche radicale) elle était récemment devenue rapporteuse de la commission chargée d’enquêter sur l’intervention militaire fédérale décrétée par le gouvernement de Michel Temer pour « assurer la sécurité » dans l’Etat de Rio. Quatre jours avant sa mort, Marielle avait dénoncé une action violente du 41e bataillon de la Police Militaire dans la favela de l’Acari, où des policiers ont terrorisé les habitants et habitantes, pénétrant avec violences dans les habitations et jetant des jeunes gens dans une fosse pleine de détritus.

Décimer le peuple noir

Pour nos camarades de la Coordination anarchiste brésilienne (CAB), ces assassinats « représentent une action orchestrée par un État terroriste […] qui n’utilise pas de masques pour décimer le peuple noir et pour envoyer un message à tous ceux et toutes celles qui se dressent contre le massacre dans les banlieues. La mort de la camarade en pleine intervention militaire fédérale n’est pas une coïncidence ou une erreur de la politique de sécurité publique de l’Etat de Rio.

L’avancée de la répression, au travers de cette mesure, est ce qui autorise cette nouvelle et profonde étape dans le terrorisme d’État. Il s’agit d’une action clairement bien construite : neuf coups de feu contre le véhicule, un cas évident d’exécution sommaire d’une combattante du peuple. L’État, le capitalisme brésilien et ses institutions continuent à fonctionner, avec leur profil historique de maintien des inégalités structurelles et de perpétuation directe ou indirecte de la barbarie. Dans ce moment de douleur, de tristesse et de haine, il nous incombe d’apporter toute notre solidarité aux familles de Marielle et de Anderson, aux camarades du PSOL et à tous ceux et toutes celles qui luttent quotidiennement. […]

État terroriste ! Pour la fin de l’intervention militaire fédérale ! Pour la mémoire, la vérité et la justice ! Marielle Franco, avec nous ! »

Communiqué de la CAB du 19 mars 2018


http://www.alternativelibertaire.org/?B ... o-Presente
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Messagede bipbip » 07 Avr 2018, 16:36

A la mémoire de Marielle Franco et Anderson Gomes

Rio de Janeiro : l’intervention militaire et la criminalisation des mouvements sociaux

L’assassinat de Marielle Franco et Anderson Pedro Gomes, le 14 mars, symbolise le degré de criminalisation qui s’intensifie au Brésil contre tous ceux qui luttent contre les inégalités sociales, l’extermination des Noirs et des minorités LGBT et ceux qui luttent pour les droits civils, travaillistes et l’accès aux services publiques.

Militante de longue date auprès des populations les plus démunies, Marielle Franco, une des membres clés du PSOL1, a été violemment assassinée dans le centre-ville de Rio de Janeiro (RJ). Anderson Pedro Gomes, son chauffeur, a également été tué dans l’attaque. L’enquête de la police a identifié 9 coups de feu dans la vitre arrière de la voiture, montrant que les meurtriers avaient visé Marielle Franco.

Mère, lesbienne, noire et issue de la favela de Mare, Marielle a été la 5e candidate qui a eu le plus de voix au conseil de RJ. En tant que conseillère, elle a joué un rôle primordial dans la lutte contre les violences policières dont sont victimes les habitants des favelas.

Intervention militaire : Une fausse solution aux problèmes sociaux

La famine, le chômage, les dégradations de services publics - des enseignant.es et des fonctionnaires de santé qui ne reçoivent pas leur salaire depuis des mois - sont des exemples d’un état en faillite, où les violences urbaines sont en hausse et représentent une préoccupation émergente des cariocas.

Pour y répondre, le gouvernement Temer a décrété une intervention fédérale dans quatre états, dont celui de Rio de Janeiro au motif de répondre aux questions relatives à la sécurité publique. Il a nommé un général de l’armée en charge de la sécurité et a ordonné l’intervention militaire dans les favelas et les communautés, employant les mêmes stratégies que les troupes brésiliennes en Haïti.

En réalité, l’intervention militaire n’a pas solutionné les problèmes sociaux de la population, en termes d’accès aux droits basiques de citoyenneté, mais au contraire, les habitants et habitantes de l’état ont vu leur situation se détériorer, les humiliations, menaces de mort étant le quotidien de ces habitants.

Marielle Franco était une leader de l’opposition à cette intervention. Trois semaines auparavant, elle avait été nommée à la tête de la commission mise en place par le conseil municipal pour superviser l’intervention de l’armée.

Trois jours avant son assassinat, Marielle Franco avait dénoncé les actions arbitraires et abusives de la police militaire dans la favela Acari, où des résident.es ont été assassinés et tués par le 41e bataillon de la police militaire, connu sous le nom de « bataillon de la mort ».

La corruption, la violence et le racisme de la police militaire de Rio et ses liens avec les groupes d’extermination sont évidents. Il ne fait aucun doute que le meurtre de Marielle est lié à son engagement contre cette situation, au fait qu’elle soit un symbole de la lutte pour les droits des minorités, contre le racisme et la violence policière et militaire.

Au cours des dernières années, principalement après le coup d’Etat parlementaire qui a porté Michel Temer au pouvoir, le Brésil a vu une augmentation significative de la répression étatique et extra-institutionnelle contre les mouvements sociaux. Cette répression et la criminalisation des mouvements et de leurs dirigeant.es est en train de prendre un nouveau tournant avec l’application de nouvelles mesures institutionnelles de répression, introduites par le Parti des travailleurs (PT) lorsqu’il était au gouvernement, principalement pendant la Coupe du monde et les Jeux olympiques.

Des militant.es et des leaders sont systématiquement menacés, attaqués et tués. Deux jours avant l’assassinat de Marielle, un dirigeant du peuple amazonien, Paulo Sérgio Almeida Nascimento, a été tué de quatre balles à Barcarena (État de Para). Paolo menait une lutte contre la compagnie minière norvégienne, Hydro, qui voulait construire un bassin dans cette région, ce qui aurait un impact dramatique sur l’environnement et la vie de la population locale.

Après sa mort, ils cherchent à détruire sa réputation.

Des manifestations de soutien à Marielle Franco et Anderson Gomes ont eu lieu partout dans le monde. Cette tragédie a éveillée la fureur des populations et représente un défi pour les nouvelles élections de 2018. La bourgeoisie colonialiste et fasciste se sentant menacée, organise, sur les « réseaux sociaux », une campagne diffamatoire envers l’engagement militant de Marielle, afin de tenter de justifier ce crime.

Les vies des noir.es comptent !

Pour cette bourgeoisie colonialiste et fasciste, les noir.es et plus généralement les pauvres ne comptent pas dans la société, leur avis est clair : plus ils et elles meurent, moins il y a de problèmes, surtout s’il s’agit de ceux et celles qui osent à faire entendre leur voix face aux inégalités.

Ils peuvent arracher des fleurs, mais ils ne finiront pas avec le printemps

Les syndicalistes, les mouvements et les organisations sociales mènent une lutte acharnée, à la fois, contre les attaques faites aux travailleurs et travailleuses concernant leurs conditions de travail, et pour la mémoire de Marielle et sa lutte. Quand la vie d’une noire issue de la favela aura de l’importance au Brésil, cela sera le premier pas pour que toutes les vies aient de l’importance.

Résistance !

À la suite de la crise et des contre-réformes qui attaquent les conditions de vie de la classe ouvrière et de tous les pauvres, la résistance s’est organisée à tous les niveaux. Il est fondamental d’unifier ces luttes pour construire des stratégies qui mènent à la victoire contre la montée du fascisme dans le pays, ainsi que pour défendre nos vies, nos droits et cheminer vers la construction d’une société où nous sommes humainement différent, mais socialement égaux.

Marielle Franco et Paolo Sergio présentes !!


http://www.sudeducation.org/Bresil-A-la ... ielle.html
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La rébellion des camionneurs à la croisée des chemins

Messagede Blesk » 05 Juin 2018, 19:05

La rébellion des camionneurs à la croisée des chemins - Iniciativa Revolução Universal
https://libcom.org/library/la-r-bellion-des-camionneurs-la-crois-e-des-chemins-iniciativa-revolu-o-universal

Nous traduisons de l’espagnol ce matériel originellement publié en portugais par des camarades du Brésil organisés autour de l’Initiative Révolution Universelle. Il s’agit d’un tract distribué lors des luttes qui se déroulent actuellement, au printemps 2018, dans la région dominée par l’État brésilien.

LA RÉBELLION DES CAMIONNEURS À LA CROISÉE DES CHEMINS !
Barrez les routes pour ouvrir des voies !

Engagée dans la plus grande rébellion depuis 2013, la classe ouvrière brésilienne réapparaît aujourd’hui sur la scène historique. Les émeutes et protestations durant le Carnaval et la vague de manifestations après la mort de Maríelle Franco furent des signes avant-coureurs de la rébellion sociale actuelle. Les luttes que nous vivons aujourd’hui ont été ralenties par la manipulation/polarisation électorale, par le coup d’Etat de 2016, par la démagogie spectaculaire des journalistes et des juges, qui ont essayé de sauver le système avec de faux discours de « moralisation de la politique » (une tentative d’utiliser la classe ouvrière comme chair à canon dans le différend opposant des bourgeois entre eux, de la part de l’Etat et du siège du gouvernement qui est aujourd’hui la Cour suprême fédérale) et par la détérioration de nos conditions de survie. Tout cela, cependant, après diverses luttes au cours des dernières années contre la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques, contre les privatisations, contre la répression, contre la militarisation, contre la précarisation de la fonction publique, contre la pollution, contre les réformes de l’éducation et après les grèves/émeutes de mars à juin 2017. Les faiblesses, d’une part, et le sabotage flagrant de ces luttes par les deux branches de l’État (« la droite » et « la gauche »), d’autre part, menacent à nouveau maintenant la rébellion exemplaire des camionneurs qui ont paralysé l’économie du pays et qui, en dépit de la persévérance et de la détermination avec lesquelles celle-ci fut menée, a besoin d’identifier ses obstacles et ses ennemis afin de pouvoir triompher. Tout le soutien aux travailleurs en lutte ! Pour la construction de la grève générale des insurgés !

Opportunités et menaces des luttes sociales actuelles au Brésil : la lutte des camionneurs montre un fort potentiel de transformation sociale et mobilise le soutien de l’ensemble de la classe ouvrière. Ses chances de succès apparaissent dans plusieurs caractéristiques :

* Spontanéité : contrairement aux mensonges de la presse et des politiciens qui veulent isoler le mouvement, la grève a commencé avant que les syndicats décrètent leur « soutien » à partir du 21 mai. Lorsque la hausse du prix des carburants a commencé, plusieurs camionneurs ont cessé de livrer leurs marchandises, et ils ont même commencé à bloquer les routes. Cette spontanéité empêche les syndicats et les partis électoraux de prendre le contrôle total de la lutte. Les décisions sont prises sur les piquets de grève et via les réseaux sociaux (Facebook et WhatsApp), en dehors des canaux électoraux et syndicaux, et remplacent la présence physique aux assemblées générales.

* Généralisation/action stratégique : la portée et l’impact du mouvement atteint le pays tout entier, ce qui fait de cette lutte la plus grande rébellion depuis 2013. Les routes commerciales et de distribution de carburant du pays ont été coupées, ce qui a étranglé l’économie capitaliste, forçant le gouvernement et les patrons à céder. Le gouvernement a l’intention de déplacer des effectifs militaires contre la lutte, et des actions sont proposées telles que de bloquer tous les accès à Brasilia. Au vu de l’intelligence tactique de la grève, démontrée par une catégorie de travailleurs qui connaissent les veines et les artères de la logistique de ce pays, ce mouvement de lutte s’avère indispensable pour arrêter et mettre l’Etat en déroute.

* Sympathie et solidarité de classe : comme lors de la rébellion de 2013, les luttes liées à la question des transports sont et seront décisives pour les luttes sociales de demain. Hier, la radicalisation sociale s’est produite autour des tarifs de transport urbain ; aujourd’hui, c’est à cause de l’essence de Temer. Le transport joue le rôle du méchant dans l’aggravation du coût de la vie, puisqu’il impacte directement les prix finaux et ronge les salaires. La classe ouvrière brésilienne a immédiatement soutenu le mouvement : dans plusieurs villes et états, des comités de soutien ont été créés, donnant de la nourriture et autres denrées aux grévistes. D’autres catégories, comme les conducteurs d’autobus scolaires, les motocyclistes, les pétroliers et les dockers, participent au soutien. La lutte des camionneurs devient la lutte de tous, elle crée une sympathie immédiate et ce qui déterminera ou non son succès, au-delà des barrages routiers, et sa persévérance ferme et non-négociable, ce sera la solidarité de la classe ouvrière dans son ensemble.

Il existe de nombreuses menaces contre le mouvement : les chefs d’entreprises du secteur du transport, les propriétaires de flottes de poids lourds essaient de l’utiliser pour obtenir le soutien financier du gouvernement et augmenter leurs profits, au détriment du travail pénible et ininterrompu des camionneurs. Les syndicats qui disent parler au nom des camionneurs font l’impossible pour arrêter la grève, essayant à deux reprises de conclure des accords avec Temer (les 25 et 27 mai), ce qui n’a donné aucun résultat seulement parce que les travailleurs, méfiants envers ces faux amis, ont rejeté les accords. L’infiltration de la droite militante patriotique-fasciste, les tentatives d’isoler la grève de la part de la presse et du secteur « gauchiste » du capitalisme sont les menaces les plus sérieuses et elles attaquent le mouvement à l’intérieur comme à l’extérieur. Elles font partie d’une stratégie unique.

* La stratégie pour démanteler le mouvement : en utilisant la tactique de ciseaux entre la « droite » et la « gauche » pour vaincre la lutte, l’Etat et les patrons ont initié une dynamique bien armée et articulée, avec les pseudo-gauchistes du PT [1], d’un côté, en totale solidarité avec les bolsonaristes[2]/défenseurs des dictatures militaires, de l’autre côté. Les principaux bénéficiaires de tout cela sont le gouvernement de Temer, le patronat et le cartel pétrolier national et international. Cela se passe ainsi parce que le mouvement n’a pas de direction claire, mais sa signification et son identité sont en conflit. L’usure de la « gauche » syndicale-électorale a empêché son implantation dans la grève, et une partie de celle-ci n’y contribue qu’avec un soutien rhétorique. L’utilisation théâtrale, intimidante mais limitée de l’armée, qu’on n’arrive pas encore à qualifier de putsch militaire, en rajoute à la farce, bien que les généraux lancent déjà des regards avides vers le pouvoir.

* L’action de la « droite » : devant le potentiel et la spontanéité du mouvement, les groupes de la droite militante s’infiltrent et se concentrent sur trois objectifs :

a) prendre le contrôle d’un mouvement de la classe ouvrière (ce que la droite a rarement réussi à faire dans l’histoire) et avoir ainsi un public fidèle à ses ambitions politiques : agitation pré-électorale et soutien à un éventuel coup d’état militaire ;

b) par-dessus tout, organiser une campagne électorale en faveur de Bolsonaro, en détournant et en retirant l’objectif du mouvement des mains des travailleurs ;

c) salir le mouvement et accélérer son isolement, puisque Bolsonaro et la droite patriotique-fasciste savent que l’ensemble de la classe ouvrière n’a pas beaucoup de sympathie pour leurs drapeaux, de sorte qu’en essayant d’apparaître comme les maîtres de la grève, on peut ainsi faire augmenter le rejet de la lutte des camionneurs.

La droite, cependant, est une minorité dans le mouvement et son action est plus venue de l’extérieur que de l’intérieur, à travers son supposé « soutien » pour rencontrer les camionneurs ou à travers des « protestations » qui imitent les marches réactionnaires de 2015-16. Les conseillers, les élus municipaux et étatiques tentent aussi de profiter de la grève et expriment leur soutien… à eux-mêmes, en réalité !

* Le sabotage « gauchiste » : organisé avec la « droite » et en alliance avec les médias, la « gauche » du capitalisme s’est consacrée dès le début à trois actions :

a) diffamer le mouvement, en affirmant qu’il s’agit d’une « grève de patrons » (lock-out) ou d’une grève de fascistes en soutien à un coup d’état militaire, qui résulterait du chaos intentionnellement provoqué par la grève – pour cela ils comptent sur la couverture médiatique qui, intentionnellement, ne montrent que les bannières et les drapeaux en faveur de Bolsonaro et d’un coup d’état militaire (en plus de montrer tout le temps des images de pénurie), réduisant ainsi la grève à ces éléments ;

b) par leurs centrales syndicales (CUT, UGT, etc.), ils tentent d’isoler la grève, en obligeant d’autres catégories professionnels de ne pas y adhérer, en essayant d’imposer un cordon sanitaire contre celle-ci… Cependant, cette stratégie est un échec : les métallurgistes de Ford ont entamé une grève, ainsi que les dockers à Santos et certains secteurs de la fonction publique (Unesp, préfectures, etc.). D’autre part, dans les périphéries du nord-est et de São Paulo, des expropriations/pillages ont lieu dans les supermarchés : c’est la lutte contre l’ordre bourgeois ;

c) retirer le 27 mai la consigne de « grève générale » (qui avait été esquissée le 25 par opportunisme), au nom de la « stabilité » du régime, ce qui montre comment la « gauche » électorale est le plus important pilier dans la défense du gouvernement de Temer, révélant sa soumission au gouvernement putschiste et en cachant que celui à être vraiment frappé [en 1964], ce fut la classe ouvrière (cette manœuvre a même été conseillée par Lula, qui depuis sa prison s’est entretenu avec le secteur du commerce – avec des représentants des syndicats et du gouvernement – sans aucun doute, en échange de sa libération et de la possibilité d’être candidat aux élections, puisqu’il reste en tête des sondages). Pour briser le lien entre les pétroliers et les camionneurs, la « grève » des pétroliers fut appelée pour le 30 (la veille des vacances, c’est-à-dire : une grève sans aucun effet), dans l’espoir que la grève sur les routes soit finie avant, et ce fut pour une durée définie : seulement trois jours, pour éviter d’autres résultats. Pendant ce temps, Temer envoie les forces armées aux raffineries et au port de Santos, il décrète l’intervention militaire dans tout le pays et ordonne le déblocage des routes, comme le veulent les faux « défenseurs » de la grève, Bolsonaro et Sérgio Moro, qui s’opposent à tout dommage économique causé par la grève. La « droite » défend directement le patronat, la « gauche » défend Temer, qu’elle accusait d’être un putschiste, et se lève contre un coup d’état militaire qui pourrait interrompre le processus électoral de 2018, ce même processus qu’elle déclarait être illégitime si Lula ne pouvait pas être candidat.

L’initiative de la classe déterminera la situation : les illusions qu’un coup d’état militaire soit une solution, avec l’espoir même que la grève sera vaincue par les troupes qui attaqueraient les piquets de grève et les barricades, ces illusions, la sécurité publique et le drapeau des fascistes sont devenus obsolètes après trois jours de grève des camionneurs et que l’approvisionnement en drogues ait été interrompu (ainsi que l’action des voleurs de cargaisons), liquidant dans la pratique le pouvoir des narcotrafiquants dans plusieurs villes ! L’action auto-organisée de la classe ouvrière sans autres personnages sur la scène doit être la grève générale insurrectionnelle, pour sa propre défense et pour attaquer l’Etat. Formons des comités indépendants de lutte, réunissant les différentes catégories en une seule lutte !

POUR LA RÉVOLUTION SOCIALE ! NI ÉLECTIONS NI MILITAIRES! L’INSOUMISSION EST LA SOLUTION !

SABOTONS LES LIGNES D’APPROVISIONNEMENT DES FORCES ARMÉES ! GRÈVE GÉNÉRALE !

Iniciativa Revolução Universal, mai 2018
revolucaouniversal@riseup.net // revolucaouniversal@protonmail.com
___________________

[1] [Note du traducteur] PT = Parti des Travailleurs, le parti de Lula et Dilma Roussef.

[2] [Note du traducteur] Jair Bolsonaro, homme politique brésilien, proche des milieux conservateurs et militaires.

Source en espagnol : http://barbaria.net/2018/06/02/iniciati ... crucijada/

Source originale en portugais : http://humanaesfera.blogspot.com/2018/0 ... os-na.html
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 05 Juil 2018, 19:46

Brésil. 130 ans d’une abolition inachevée

Conservatrice et brève, contenant à peine plus de deux lignes, la loi n° 3353, appelée Lei Áurea [Loi d’or ou dorée], décréta, le 13 mai 1888, la fin légale de l’esclavage au Brésil [1]. Mais si l’esclavage fut aboli d’un point de vue légal et formel il y a 130 ans, sa dimension sociale et politique reste aujourd’hui présente. C’est là que porte la critique principale de chercheurs et de militants des mouvements noirs à la célébration du 13 mai comme jour de «la fin de l’esclavage».

La promulgation de la loi dorée se fit en grande pompe, ainsi qu’en témoigne la documentation photographique d’António Luiz Ferreira, où l’on peut voir une multitude qui attend la signature de la loi devant le Palais impérial, au centre de Rio de Janeiro.

L’empire portugais [jusqu’en 1889, le Brésil est gouverné par une branche de la famille royale portugaise qui avait trouvé refuge outre-Atlantique lors des guerres napoléoniennes] était l’objet de fortes pressions internationales pour qu’il rende illégale la possibilité de réduire les gens en esclavage. En outre, la montée des idées abolitionnistes ainsi que les fuites et insurrections d’esclaves permanentes faisaient de l’esclavage une affaire toujours moins rentable.

L’activiste du mouvement noir Katiara Oliveira s’exprime ainsi au sujet de cette période, en se fondant sur une historiographie peu explorée, bien qu’elle existe: «L’abolition n’est pas le produit d’une simple signature. Les révoltes et les rébellions, comme brûler les champs de canne à sucre [canavial], la fuite vers les quilombos [communauté d’esclaves en fuite], le suicide, l’infanticide, l’empoissonnement des senhores de engenho [les propriétaires des plantations et fabriques de sucre de canne] portèrent préjudice aux propriétaires d’esclaves. Les formes d’affrontement contre le pouvoir du seigneur étaient multiples.»

Malgré cela, le Brésil est le dernier pays occidental à avoir aboli l’esclavage [1833 dans les dépendances britanniques, 1848 pour la France, 1865 pour les Etats-Unis, 1886 pour Cuba]. La Loi d’or fut la loi la plus populaire et la dernière de l’Empire. Un an et demi après l’abolition, l’Empire tomba. Des historiens de cette période, comme Lilia Moritz Schwarcz, professeure du département d’anthropologie de l’Université de São Paulo (USP), souligne le fait que l’Etat différa autant que possible l’interdiction de l’esclavage, ce qui provoqua la mort du régime.

Une abolition inachevée

Depuis des décennies, les mouvements noirs ont baptisé cette date [du 13 mai 1888, qui devint très tôt une fête civile au Brésil] comme le jour de l’abolition inachevée, soulignant la lutte des Noirs pour leur liberté et démythifiant la figure de la princesse Isabel [de Bourbon et Bragance, fille de l’empereur Pedro II et à trois reprises régente du Brésil; elle reçut le qualificatif de «redentora» en raison de la loi d’or] comme bienfaitrice des Noirs.

Jussara Basso, membre de la coordination nationale du MTST, le Mouvement des travailleurs sans toit, commente ainsi cette abolition formelle et à ses débuts: «Cette situation d’abolition inachevée place en réalité le peuple noir dans une condition d’esclavage rémunéré.»

Un an après l’abolition, les théories racistes fondées sur des méthodes pseudo-scientifiques, qui visaient à présenter les Noirs comme des personnes biologiquement inférieures, prirent forme et gagnèrent en audience, des idéologies comme celle du blanchiment racial furent largement acceptées au Brésil entre 1889 et 1914. De ce fait, le blanchiment physique et culturel du pays devint le grand objectif d’un pouvoir qui devait dissimuler la présence noire, ce qui conduisit à l’encouragement de l’immigration européenne pour travailler dans l’agriculture, au détriment des travailleurs noirs.

Jusqu’à aujourd’hui la désinformation sur la période de l’esclavage est grande. La cohabitation harmonieuse racontée dans des ouvrages comme Casa Grande e senzala, le livre de Gilberto Freyre [1900-1987] publié en 1933 [dont la première édition en français date de 1952, chez Gallimard, avec pour titre Maîtres et esclaves. La formation de la société brésilienne], rendent compte d’un esclavage propre, sans grands conflits, comme si un système où un être humain peut posséder un autre pouvait être pacifique.

Un fait central défendu par les experts et les chercheurs à propos de cette loi qui libéra les descendants d’Africains est qu’elle n’incluait pas de réparations historiques et qu’à partir de ce jour les esclaves furent, simultanément, libérés et abandonnés, avant d’être marginalisés.

Raumi Souza partage cette idée. Il fait partie d’un groupe d’étude sur la question ethnico-raciale et la question agraire du MST [Mouvement des travailleurs sans terre]. «L’abolition de l’esclavage fut une illusion. L’esclave est sorti de la senzala [là où étaient cantonnés les esclaves], il a quitté les plantations et est devenu libre, mais une liberté qui ne donne pas accès à la terre ou aux biens matériels et financiers ne lui donne aucune dignité», se lamente-t-il.

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Re: Brésil

Messagede bipbip » 18 Aoû 2018, 17:30

Meurtre de Marielle Franco au Brésil : des hommes politiques impliqués

BRESIL - Cinq mois après l'assassinat de la militante brésilienne de gauche et féministe Marielle Franco à Rio de Janeiro, qui a avait suscité une vague de manifestations dans tout le pays, l'enquête avance. Des hommes politiques appartenant au Mouvement démocratique brésilien (UMD) - le parti du président Michel Temer - seraient mis en cause.

... https://www.lci.fr/international/meurtr ... 95470.html
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 23 Aoû 2018, 18:40

Contre-réforme agraire: «sa colonne vertébrale, le massacre des pauvres»

C’était tôt le matin à Pau d’Arco, dans l’Etat du Pará, le plus dangereux du Brésil pour ceux qui se battent pour la terre. Des familles sans terre occupaient à nouveau l’hacienda de Santa Lucia. Ils furent massacrés. Neuf hommes et une femme ont été tués le 24 mai 2017 lors d’une action de la police militaire (MP) et de la police de l’Etat du Pará. Quinze policiers ont été arrêtés à titre préventif, puis relâchés. Rien de nouveau sous le soleil.

Selon l’ONG Global Witness, au cours de la dernière décennie, le Brésil a été le pays le plus dangereux au monde pour ceux qui défendent la terre ou l’environnement: il y a eu en moyenne 42 meurtres par an depuis 2012. En 2017, avec 57 assassinats, il est à nouveau en tête du classement mondial. La plupart des massacres ont été perpétrés par la police militaire (PM) ou par des hommes armés en collusion avec des agents de l’Etat.

... http://alencontre.org/ameriques/amelat/ ... uvres.html
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 20 Sep 2018, 22:20

Face au sexisme

Au Brésil, un million de femmes s’unissent contre le candidat d’extrême-droite

Le Brésil va élire son prochain président de la République les 7 et 28 octobre prochain (premier et deuxième tour). Lula , qui a été président de 2002 à 2010, aurait été le candidat le plus populaire. Mais il est en prison, condamné en janvier à une peine de 12 ans de détention, et a été interdit de se présenter. Son dauphin, l’ancien maire de São Paulo Fernando Haddad, peine pour l’instant à dépasser les 10 % dans les sondages.

C’est le candidat de l’extrême droite, Jair Bolsonaro, qui mène la course en tête dans les enquêtes d’opinion, à plus de 20 % des voix au premier tour. L’homme, député au congrès, est ouvertement xénophobe, homophobe, prône l’usage de la violence, et exprime régulièrement sa nostalgie de la dictature militaire. Il est comparé à Donald Trump, il ressemble aussi à bien des égards à Rodrigo Dutarte, le président philippin élu en 2016.

(...)

Le 30 août, des électrices brésiliennes ont créé un groupe Facebook de « Femmes unies contre Bolsonaro ». 24 heures plus tard, le groupe comptait déjà 600 000 membres. Aujourd’hui, il approche le million ! « Mon mari est un colonel de l’armée. Il va voter pour lui, a écrit une enseignante de 62 ans sur la page du groupe. Je ne sais pas quoi faire, je réfléchis à déchirer sa carte électorale ou à cacher ses papiers pour qu’ils en puisse pas voter », racontait-elle. Le groupe facebook n’est pas seulement un lieu d’échange sur les réseaux sociaux. Il se veut aussi un levier d’actions hors d’Internet. Une manifestation des « femmes unies contre Bolsonaro » est déjà prévue pour le 29 septembre, à São Paulo.

... https://www.bastamag.net/Au-Bresil-un-m ... eme-droite
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