mouvement des indigné-e-s/occupy dans le monde

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Messagede kuhing » 05 Nov 2011, 19:13

Pour rassembler les initiatives internationales

Ici au Panama (merci copas :) )

Modifié en dernier par kuhing le 10 Nov 2011, 15:19, modifié 2 fois.
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Re: mouvement des indigné-e-s dans le monde

Messagede digger » 06 Nov 2011, 07:02

Il faudrait effectivement un topic général . Celui de Occupy Wall Street est trop étroit.
Mais je n'aime pas l'appellation "indigné(e)s" qui n'est d'ailleurs pas utilisé partout. On parle davantage du "mouvement des occupations" et des sites qui globalisent l'info comme "Occupy Together"
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Re: mouvement des indigné-e-s/occupations dans le monde

Messagede Pïérô » 06 Nov 2011, 12:23

Un texte qui me semble interessant du Workers Solidarity Movement http://www.wsm.ie/, mis sur Anarkismo :

Le politique évité : réflexions sur le mouvement « Occupons X »

Comment réagir face au mouvement « Occupons X » qui a explosé dans les rues de nombreuses villes à travers le monde, transformant des espaces publics en campements d'opposition? Certaines choses sont évidentes : premièrement, le fait que des milliers de personnes à travers le monde aient envahi des lieux publics pour exprimer leur colère contre le système financier est indéniablement une bonne chose. Ayant campé près de la Banque centrale, sur la rue Dame, samedi, je peux également témoigner du fait que ces manifestations dégagent un optimisme et une espérance qui font si souvent défaut aux parades cérémonielles du milieu militant « fâché ». Mais il y a également, à mon avis, de sérieux problèmes politiques qui empêchent ce mouvement de dépasser son état de « camping radical » et de devenir un véritable mouvement de résistance de la base contre les mesures d'austérité. L'analyse qui suit est basée sur ma propre expérience sur le terrain, rue Dame, et sur les occupations aux États-Unis, couvertes par les médias. Évidemment, toute tentative de discuter d'un mouvement aussi diversifié et fluide comme d'un tout ne peut être qu'approximative et réductrice. Cet article, non-exhaustif, vise à esquisser ce qui m'apparaissent être les tendances principales émergeant de ce mouvement, et devrait être lu en gardant cette perspective en tête.


Non-politique, incohérence, (néo)libéralisme

Le mouvement « Occupons X » a, depuis son apparition, affiché une aversion extrême à l'idée d'être perçu comme « politique ». Certaines applications de cette tendance, comme l'interdiction des bannières de partis politiques, sont une réaction pragmatique et compréhensible face à la propension qu'ont certains partis de récupérer ce genres d'événements en les submergeant de leurs drapeaux, leurs bannières et leur vente de journaux. Mais cette prétention anti-politique du mouvement, du moins du côté des noyaux organisateurs et du collectif Adbusters, qui a lancé le premier appel à occuper Wall Street, est aussi idéologique : une synthèse étrange de post-gauchisme anti-organisationnel (qui conçoit toute organisation politique formelle, par exemple les syndicats, comme étant nécessairement oppressive) et de néolibéralisme post-politique (qui considère l'opposition gauche-droite impertinente depuis la chute du mur de Berlin). Suite à des décennies de gouvernance néolibérale et de propagande médiatique tentant d'extirper la politique et l'idéologie en-dehors du discours public, pour mieux consacrer le consensus libéral-capitaliste comme étant « au-dessus de la politique », et de réduire les questions politiques à des technicalités devant être gérées par des spécialistes, ce n'est peut-être pas surprenant, et néanmoins décourageant, de voir cette dépolitisation se refléter dans les formes contemporaines de résistance. Ceci s'est le plus évidemment affiché dans la non-volonté du mouvement d'essayer de s'entendre sur des positions cohérentes et communes, au-delà de quelques points d'unité de base sans une analyse sous-jacente de la société. Au lieu de cela, l'espace occupé est utilisé par des individus pour exprimer un éventail d'idées incohérentes et souvent mutuellement contradictoires, qui ne sont liées entre elles qu'en étant vaguement opposées au statu quo et aux élites politiques et financières. Samedi dernier, j'ai parlé à des individus qui croient à n'importe quoi allant de la social-démocratie rawlsienne à l'anarchisme, en passant par des théoriques conspirationnistes paranoïaques crypto-antisémites (Nouvel ordre mondial, etc.), jusqu'au stalinisme. Évidemment, l'avantage de cette situation est que le mouvement est très inclusif – le seul pré-requis pour participer, c'est de sentir que les choses ne sont pas comme elles devraient être et que le secteur financier et l'État sont en quelque sorte à blâmer – mais cela implique aussi que les idées réactionnaires sont reçues de la même manière que les idées progressistes, plutôt que d'être solidement remises en question. Dans la pratique, cela veut dire que les idées qui prennent l'avant-plan tendent à être celles qui sont déjà dominantes dans la société : les idées de la classe dominante. Dans le contexte américain, les messages dominants d'Occupy Wall Street ont été libéraux, réformistes et nationalistes : ceux qui constituaient la menace la moins grande pour le système. Par exemple, un appel à « faire travailler Wall Street pour les États-Unis » n'est, concrètement, pas si éloigné d'un appel à une exploitation accrue du Tiers-monde comme alternative à des mesures d'austérité. Un appel à réformer les pratiques des banques pour contraindre « la cupidité des entreprises » est simplement un appel à stabiliser le capitalisme pour que adoucir un peu l'exploitation qui en découle. Le problème est le capitalisme, pas l'échec des règlementations, ou la cupidité des corporations, ni un manque de patriotisme économique, et les importantes lacunes de ces analyses doivent être exposées plutôt que d'être accueillies sans esprit critique. L'occupation irlandaise semble suivre un schéma similaire, avec une saveur anti-FMI/UE particulière. La théorie sur laquelle repose cette anti-politique, de ce que j'en comprends, est la suivante : deux personnes ne peuvent jamais subir l'oppression de la même façon, et toute tentative d'unir les gens sous un programme politique mène inévitablement à l'effacement des perspectives de certaines personnes. C'est une analyse en apparence assez satisfaisante, puisqu'elle crée un cadre dans lequel toutes les idées peuvent être comprises comme également valides puisque découlant toutes de l'expérience vécue, mais elle est extrêmement problématique. Implicitement, elle nie la possibilité de parvenir à une compréhension inter-subjective (c'est-à-dire basée sur la reconnaissance mutuelle d'expériences partagées et la compréhension de celles qui divergent) de l'oppression par la discussion collective et le compromis, et s'effondre plutôt dans un relativisme naïf aux politiques vagues et pauvres, ce qui joue le jeu de ceux qui rejettent le mouvement en taxant ses membres d'être des « hippies » qui ne comprennent pas les complexités du capitalisme. Dans tous les cas, c'est facile d'exagérer l'importance des perspectives subjectives et d'ignorer les facteurs objectifs qui façonnent l'expérience : les processus et les structures de la domination capitaliste.


Ramenez la classe ouvrière !

Une des victoires majeures du néolibéralisme, c'est l'éradication de la classe ouvrière de la conscience populaire. Un de effets de cette disparition est la prévalence dans certaines sections de la gauche de l'idée selon laquelle la classe ouvrière n'est plus pertinente pour comprendre le pouvoir dans le monde moderne – elle n'est qu'un concept désuet auquel s'accrochent quelques dinosaures de la vieille gauche. On voit cela se refléter dans l'idée du « 99% » qui s'est imposé comme slogan du mouvement et qui témoigne d'une mauvaise conception des classes sociales, la classe dirigeante n'étant plus qu'un pourcentage des plus riches de la société. Si ça donne lieu à un slogan rassembleur – « Nous sommes 99%! » – c'est en revanche un bien mauvais critère pour l'appartenance à un mouvement anticapitaliste ou contre les mesures d'austérité. Pour parler franchement : il y a un énorme tas de capitalistes, de patrons et de patronnes, de gestionnaires, de gérantes et de gérants de banque, de PDG, de politiciennes et de politiciens, de flics, de gardes de prison, de proxénètes, de trafiquants d'héroïne, etc., au sein du 99%. Le concept de classe sociale n'est pas un système de classification des individus en fonction de leurs revenus, c'est une relation sociale entre les individus qui découle de l'organisation du travail dans le capitalisme. En d'autres mots, c'est la manière dont les personnes sont forcées d'interagir entre elles pour survivre et participer à la société capitaliste. L'oppression de classe n'est pas une petite cabale orchestrée par les très-très-riches de Wall Street, Washington ou de la Leinster House, elle est dans chaque milieu de travail, chaque poste de police, chaque file d'attente au centre d'emploi, chaque salle d'audience, chaque prison et chaque territoire occupé par les forces armées occidentales, et elle ne peut être comprise raisonnablement qu'en tant que telle.


Conclusion

La nature radicalement démocratique des occupations fait en sorte que le mouvement peut évoluer de plusieurs façons différentes. Que ces occupations deviennent ou non d'authentiques mouvements de résistance dépend en partie d'à quel point la gauche radicale est prête à s'investir dans le mouvement, en participant aux actions, aux discussions et aux assemblées, pour réaffirmer l'importance d'une analyse de classe afin de comprendre et de s'opposer à l'oppression. Un obstacle a déjà été surmonté : les gens sont dans la rue, expriment leur mécontentement, se réapproprient l'espace public; il reste à voir ce qui en ressortira.

http://www.anarkismo.net/article/20738
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Re: mouvement des indigné-e-s/occupations dans le monde

Messagede digger » 06 Nov 2011, 18:27

La classe ouvrière peut s’intégrer sans problème au mouvement américain. Le plus tôt sera le mieux. De nombreux syndicalistes participent aux assemblées et aux manifestations.
Le seul bémol que met le mouvement, c’est l’arrivée de syndicats organisés avec mots d’ordre et banderoles et tout le tralala
Et pour le reste, qui vivra verra ...
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Re: mouvement des indigné-e-s/occupations dans le monde

Messagede Winston » 09 Nov 2011, 01:15

je poste ici ma "reflexion" (faut pas exegerer quand meme....^^), donc pas directement en liaison avec ce qui a ete posté, juste par rapport au titre du sujet (au vu du titre).

ce que j'apprecie peu, c'est qu'on juge ce mouvement comme si il etait anar, donc certains commentaires que j'ai pu lire ici ou ailleurs me paraissent un peu a "cote de la plaque".
On vit dans une societe ou je crois que la majorité des gens sont reformistes>> ne remettent pas vraiment en cause les fondamentaux du systeme et ne cherchent qu'a l'ameliorer....
Selon ma perception, on oscille entre des gens resignés (donc pas content, tres critique), et des gens partisans du systeme, ayant pour point commun qu'ils ne cherchent pas a renverser la "vapeur". certains pensent que le systeme est mauvais, mais ont laissé tombé parce que ne voyant pas de perspective, tandis que d'autres accepte leprincipe de fonctionnement et ne cherchent qu'a l'ameliorer. pour moi actuellement la majorite des gens dans le monde occidental se situe entre les deux points du spectre que j'ai caricaturé, du coup chercher a tout prix a poser des criteres anars ou idees apparentées me parait un peu vain...

Y'a quasiment aucune chance que dans ce type de societe, les mouvements populaires aient comme elements de convergence, des revendications, des idees strictement anar, si le mouvement est de masse... ca fleurera toujours "bon" le reformisme, les chats font pas des chiens...

cela dit les dynamiques en oeuvre, dans ce genre d'evenement peuvent pousser les gens a remettre en cause, ce qui existe, pour aller vers d'autres idees.... soit une optique encore plus autoritaire/hierarchisé, soit le contraire. (la crise n'etant pas forcement l'element favorable aux idees "sociales"...).

Ce mouvement et ces revendications, sont le reflet de notre societe et des rapports de forces, les elements de convergences sont tres vagues/peu concret, pour qu'un maximum de monde puisse s'y reconnaitre, or les idees comme les notre s'appuient sur la masse, nos idees ne gagneront pas par l'argent ou des systemes de croyances hierarchisées, le seul chemin possible est le nombre...

Donc on ne peut ni apposer une etiquette definitive a ce genre de mouvement, encore moins quand il n'ont pas pris fin, ni reprocher la mollesse etc....
Tout ca c'est un milieu large de protestation, a "arme egale" il faut admettre qu'on est pas le "peuple" qu'on ne parle pas pour le "peuple", mais qu'on est une (ou des) force parmi d'autre quidoivent faire progresser leurs idees dans ce "magma" ambiant, pour esperer un jour voir les choses changées.... ne regardont pas cela du haut de nos theories ou principes, mais bien par rapport a ce qu'on est, une force minoritaire agissante (ou pas...).
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Re: mouvement des indigné-e-s/occupations dans le monde

Messagede kuhing » 09 Nov 2011, 10:03

Winston a écrit:
Donc on ne peut ni apposer une etiquette definitive a ce genre de mouvement,
.


Il ne me semble pas avoir vu ça.
Mais je crois que ce qui est intéressant pour nous, anarchistes, c'est qu'il se développe spontanément, de façon internationale et que les "appareils" politiques et syndicaux ne parviennent pas à le reprendre en mains, en tous cas pour le moment.
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Re: mouvement des indigné-e-s/occupations dans le monde

Messagede kuhing » 09 Nov 2011, 11:57

France :

(il y a très peu de temps)

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Re: mouvement des indigné-e-s/occupations dans le monde

Messagede kuhing » 09 Nov 2011, 12:21

Canada anglais :

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Re: mouvement des indigné-e-s/occupations dans le monde

Messagede digger » 09 Nov 2011, 12:55

@ Wilson
"On ne naît pas révolutionnaire. On le devient. "
Peu importe comment. Et le mouvement actuel attire des catégories de personnes qui ne l’auraient pas été par des organisations ou discours "traditionnels ". Ces gens font l’apprentissage de visions différentes, d’organisations diférentes, et de relations différentes. Il part du bas (et vers la gauche ajoutent certains - from below and to the left ) et comme le dit Kuhing, n’est pas récupéré pour l’instant. Pas de mots d’ordres syndicaux ou de partis politiques. Il n’y a personne pour obtenir une pseudo satisfaction sur un point de détail pour pouvoir siffler la fin de la partie. Aucune revendication "réformiste" catégorielle n’a été émise. C’est effectivement une condition indispensable pour que survive le mouvement. Et ce mouvement est progressiste au contraire du Tea Party, populiste et réactionnaire.
Les éléments de convergence sont décidés au jour le jour, localement, et comment pourrait-il en être autrement ? Des actions de solidarité avec des luttes ouvrières ou sur des questions comme le logement voient le jour comme à Oakland,. Ailleurs, ce sera autre chose selon les réalités locales.
Ce mouvement a 2 mois ! Moins dans la plupart des villes. Donne le temps !
Ailleurs, dans le monde, je ne sais pas. Je ne connais pas assez les situations.
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