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Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 16 Aoû 2011, 16:40
de Nico37
Ne payons pas leur crise !

Les soubresauts boursiers actuels ne peuvent que nous laisser présager de nouvelles mesures contre les travailleuses et les travailleurs, en activité ou au chômage. Déjà dans la bouche de Jean-Claude Trichet, président de la Banque Centrale Européenne et porte parole de fait des intérêts de la Bourgeoisie, cette crise « la plus grave depuis la seconde guerre mondiale » impose aux gouvernements « une politique de rigueur pour réduire les déficits ».

Austérité généralisée pour les travailleurs et travailleuses,
profits maximaux pour la Bourgeoisie


Nous savons ce que cela signifiera pour nous au quotidien : la poursuite d'une politique de démolition sociale faite de la liquidation de nos retraites, du système de sécurité sociale, de l'accès à la santé, du gel des salaires, de la casse des services publics, de la baisse des allocations... accompagnée du flicage accrû des chômeurs et chômeuses ainsi que de l'ensemble des précaires.

Le système capitaliste organise notre appauvrissement pour préserver le profit des classes possédantes. Mais contrairement au discours des idéologues au service de la classe dominante, la lutte des classes n'appartient pas à un passé révolu mais fait rage au quotidien, ici comme partout dans le monde : des processus révolutionnaires du Maroc à la Syrie sur fond d'aspiration à la liberté et de révolte sociale, aux émeutes dans les quartiers populaires en Angleterre qui s'ajoutent à plus d'un an d'intenses mobilisations contre les coupes drastiques dans les budgets sociaux, en passant par les mouvements populaires de l'Espagne à la Grèce.

S'organiser et Contre-Attaquer

En France, le mouvement de grève à l'automne 2010 contre la casse des retraites, s'il n'a pas réussi à mettre un coup d'arrêt à l'offensive de la Bourgeoisie, a fait émerger des pratiques de lutte dont il faut nous inspirer pour faire face à l'offensive capitaliste contre nos conditions de vie : solidarité interprofessionnelle, blocage de la production, de l'approvisionnement énergétique et des transports. Il nous faut cependant créer les bases d'une généralisation réelle de la grève, qui a fait défaut à cette période.

Pour cela, il nous faut nous organiser dès aujourd'hui, si nous ne voulons pas payer leur crise. Nous organiser pour lutter contre cette politique de rigueur, pour faire face à la répression que risquent de subir celles et ceux qui refuseront le racket organisé par la bourgeoisie et l'Etat. Nous organiser pour refuser leurs stratégies de division qui jouent la carte nationaliste et raciste afin d'étouffer les révoltes populaires. Nous organiser contre les courants fascistes utilisés comme supplétifs par la bourgeoisie et l'Etat. Nous organiser pour affirmer la nécessité d'une rupture avec le capitalisme et l'Etat, sans laquelle nous ne pourrons briser cette spirale infernale de l'appauvrissement. Nous organiser pour affirmer haut et fort que cette rupture est possible, par la construction d'une société sans classes et sans Etat, selon le principe du communisme libertaire : c'est à dire la propriété commune des moyens de production et de distribution, l'autogestion généralisée, la production et la répartition selon le principe « de chacun-e selon ses moyens , à chacun-e selon ses besoins »

le 16 Août 2011, Relations Extérieures de la Coordination des Groupes Anarchistes

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 16 Aoû 2011, 18:33
de digger
:clap: Mais qui est prêt à s’organiser ? Sur quelle base ? Avec qui ?

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 17 Aoû 2011, 11:55
de Béatrice
A digger :

Les dernières luttes de l'automne dernier contre la réforme des retraites , a vu se rassembler et se concerter des personnes , à l'issue des manifestations ,
voire au-delà de celles-ci , qu' il aurait été impossible dans un passé récent , d'imaginer que cela puisse se réaliser . L'improbable a donc bien eut lieu !
Ce besoin de se retrouver , fût dicté par le sentiment partagé de l' omnipotence du système capitaliste qui broie les individus et dont le seul rempart
qui soit , pour y mettre un terme , c'est l'unification des luttes , la cohésion , la concertation permanente .
Alors , sur un tel socle commun , de futures luttes permettront , à coup sûr , d'aller plus loin dans la réflexion et dans l'élaboration d'un projet pour
" un autre futur " .
Il est certain , que la révolte et la non-résignation étaient bel et bien présentes et depuis cette période , la situation sociale s'est dégradée et donc
le ferment de la colère , éclatera tôt ou tard !

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 17 Aoû 2011, 12:03
de Pïérô
digger a écrit: :clap: Mais qui est prêt à s’organiser ? Sur quelle base ? Avec qui ?

C'est bien toute la question, et qui fait débat actuellement dans le mouvement libertaire, car l'angle d'attaque est important et se révèlent rapidement des divergences non seulement de forme mais aussi de fonds avec des courants d'avantage inspirés de la social-démocratie et d'un capitalisme plus social et régulé. A ce titre est paru un appel collectif qui a mon sens ne peut pas être signé par les organisations anti capitalistes et révolutionnaires en l'état.

Non à la soumission aux marchés financiers
Les peuples ne doivent pas payer leur crise !


L'Union européenne et les gouvernements utilisent les dettes publiques pour imposer aux peuples d’Europe une véritable purge sociale. Alors que les banques et autres opérateurs financiers n’en finissent pas de spéculer sur les dettes publiques, il faudrait que ce soit les populations qui payent une crise dont les marchés financiers sont les premiers responsables et uniques bénéficiaires.

C’est pour cela que les gouvernements de l'Union, la Commission et le Parlement européen, avec la participation active de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, veulent imposer une nouvelle gouvernance économique asservie à la finance avec pour objectif de mettre sous surveillance accrue les budgets nationaux, de durcir les sanctions contre les Etats en cas de déficit dit excessif et de réduire les dépenses publiques.

Le pacte « euro plus » utilisait déjà la crise de la dette pour imposer l’austérité, la baisse des salaires des pensions et des retraites, la diminution du nombre de fonctionnaires, la flexibilité du travail, le recul de l’âge du départ en retraite, la casse des systèmes de protection sociale, tout en réduisant les pouvoirs des organisations syndicales. Le tout, au seul bénéfice des actionnaires des grandes sociétés et du système financier international ! Une mesure déjà prise, le « semestre européen », vise à soumettre au Conseil et à la Commission, les budgets des États avant même qu’ils soient débattus par les parlements nationaux.

Pour essayer de verrouiller totalement ce montage, les gouvernements européens veulent intégrer dans la loi fondamentale des États l’objectif de l’équilibre budgétaire, ce que Nicolas Sarkozy appelle « la règle d’or ». Stupide économiquement - que se serait-il passé si cette règle avait été appliquée au moment de la crise financière où les États ont renfloué les banques -, cette proposition est une agression contre la démocratie, car les politiques économiques seraient ainsi totalement soustraites au débat politique et à la décision citoyenne. Une telle disposition, adoptée par les parlementaires des deux chambres, ne doit pas être intégrée dans la Constitution française comme le veulent le président de la République et l'Union Européenne.

Les citoyens et les citoyennes ne doivent pas payer les dettes qui sont le résultat de la soumission des États aux marchés financiers. Ces dettes sont illégitimes et les peuples ne doivent pas en faire les frais. Il faut exiger aujourd’hui un moratoire et des audits citoyens sur les dettes publiques. Dans l’immédiat, les organisations signataires appellent les citoyennes et les citoyens, leurs organisations associatives, syndicales et politiques à se mobiliser contre la constitutionnalisation de l’austérité et les parlementaires à voter contre ce texte si Nicolas Sarkozy osait malgré tout convoquer le Parlement en congrès à Versailles.

ATTAC, CGT-Finances, FASE, Fondation Copernic, GU, Les Alternatifs, Marches européennes, MPEP, NPA, PCF, PCOF, PG, Union syndicale Solidaires


Sur la forme cet appel s'attache surtout à interpeller les parlementaires sans même évoquer la perspective d'une mobilisation sociale et sans faire référence aux luttes sociales contre l'austérité en Europe et sur le fond légitime implicitement le sauvetage des banques.
et comme le souligne Kuhing dans un autre topic
Kuhing a écrit:"Moratoire de la dette" : "moratoire" peut vouloir dire "suspension" mais aussi "délai" et la précision n'est pas indiquée : on accepte donc la dette et le système tel qu'il fonctionne.
"Audit citoyen" : comme si les problèmes du capitalisme dans sa crise la plus grave allait se résoudre dans les livres de comptes...
"Appel aux parlementaires à ne pas signer ce texte" : quoi de plus révolutionnaire comme proposition ?


La CNT a produit un appel à l'unité la plus large, mais sans préciser les éléments de cette unité : http://www.cnt-f.org/. Le texte de la CGA pose les bons éléments. Comme le dit aussi Armonia il est fait appel aussi à l'auto-organisation et aux luttes sociales dans ce texte de la CGA, et c'est un élément et une dimension qui me parait importante aussi. En tout cas on pourrait imaginer campagne commune au moins dans l'espace libertaire, et éventuellement plus largement avec d'autres structures collectives. Evidemment il ne s'agit pas non plus de cultiver le repli et la marge et il est possible de contribuer à un front très large sans signer cet appel collectif et sans abdiquer sur des fondamentaux et tout en portant notre propre parole.

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 17 Aoû 2011, 13:35
de Nico37
Soubresauts boursiers, crise de la dette : le capitalisme en faillite par Georges KALDY, Lutte Ouvrière

L’interruption du week-end n’a pas arrêté la chute des Bourses. La spéculation suivant la course du soleil, lundi 8 août, ce fut d’abord à la Bourse de Tokyo d’enregistrer une chute du prix des actions, relayée peu après par celles de Séoul, Hong Kong, Shanghaï et New Delhi. À l’ouverture de la Bourse de Paris, c’est tout juste si les commentateurs ne se sont pas félicités de ce que ce marché n’ait reculé que de 1,4 % (mais, à la fermeture, le recul était de 4,68 %) ! Sur les dix dernières séances, l’indice de la Bourse de Paris, le fameux CAC 40, a presque battu son record de baisse depuis sa création, il y a presque un quart de siècle.

La Bourse de New York a suivi. Il s’est trouvé des commentateurs pour se féliciter que la décision de la Banque centrale européenne de racheter les obligations pourries, émises par des États suspects de fragilité, non seulement la Grèce ou le Portugal, mais aussi l’Espagne et l’Italie, ait permis à certaines Bourses européennes de limiter les dégâts, voire, pour celle de Milan, de se retrouver légèrement en hausse... avant de se remettre à chuter. Les commentaires d’heure en heure ressemblaient à l’histoire de l’homme qui tombe du haut d’un gratte-ciel et répète en passant devant chaque étage : « Jusqu’ici, tout va bien ! »

Les plus optimistes, ou les plus imbéciles, ont même poussé un ouf de soulagement, prétendant que le krach boursier a été évité, certes de justesse, mais évité tout de même. D’autres, plus réalistes, ont contourné leur incapacité à prévoir même l’avenir immédiat par une invention sémantique, en parlant de « krach rampant » !

Personne ne connaît la suite, mais l’affolement du monde financier, visible depuis un certain temps déjà, est en tout cas devenu panique après l’annonce de la dégradation, par une agence de notation, de la note de fiabilité des États-Unis eux-mêmes. Le vent de panique a soufflé en effet du côté des « dettes souveraines », c’est-à-dire de ces dettes colossales que tous les États ont accumulées au fil des ans, et avec une accélération particulière depuis la crise financière de septembre 2008.

Les « marchés » ont été pris de panique, de peur, paraît-il, que les États ne puissent pas rembourser les emprunts qu’ils ont faits, augmentés du cumul des intérêts.

Les marchés ? Comme si, derrière ce terme, il y avait une abstraction, une puissance divine qui fait la pluie et le beau temps sur cette terre et contre laquelle les États même les plus puissants ne peuvent pas faire grand-chose !

Ceux qui parlent d’« investisseurs » sont déjà un peu plus réalistes, car il s’agit bien de groupes capitalistes ou de capitalistes individuels en chair et en os, à condition de récuser le mot « investisseurs ». Car ils n’investissent nullement dans des usines, dans des machines, dans des moyens pour produire. Ils se contentent de placer de l’argent, des capitaux colossaux, et de les déplacer d’un point du globe à un autre, d’une monnaie à une autre, d’une matière première à une autre, d’un type d’action ou d’obligation à un autre, parfois à très court terme et en fonction de ce que ces placements rapportent.

C’est le vieux jeu de la spéculation, que l’humanité connaît depuis que l’argent a été inventé et qui a toujours servi à tondre la majorité de la population au profit de la minorité qui possède l’argent. À ceci près que la spéculation d’aujourd’hui mobilise des sommes incomparablement plus élevées que jamais dans le passé et que ces placements et déplacements d’argent font appel aux moyens techniques les plus modernes, des ordinateurs aux transmissions quasi instantanées.

Par ailleurs, en parlant d’« investisseurs », il ne faut pas comprendre quelques officines qui spéculent en marge du fonctionnement général de l’économie capitaliste. Ces fonds spéculatifs ou les banques spécialisées dans ces opérations — elles le sont toutes à des degrés divers — ne travaillent pas seulement avec leur propre argent, mais avec des liquidités qui leur sont confiées par des groupes capitalistes de tout ordre (industriels, commerciaux, assureurs, etc.), ainsi que par de riches particuliers. Toute la bourgeoisie est mouillée dans la spéculation.

Cela fait bien longtemps que la spéculation n’est plus une activité marginale de l’économie capitaliste, mais un de ses aspects fondamentaux. Mais, avec la financiarisation générale de l’économie, elle prend une place de plus en plus centrale.

Recherche de boucs émissaires

Même les plus demeurés des commentateurs ont abandonné la thèse de « c’est la faute à la Grèce » qui était reprise à satiété il y a peu encore, l’air de dire que tout le mal vient d’un État, d’un peuple dépensier qui a pris la mauvaise habitude d’emprunter tout en ne payant pas ses impôts. La petite Grèce, qui représente tout au plus 3 % du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro et une fraction infime du PIB mondial, ne pèse pas bien lourd face aux économies autrement plus puissantes de l’Espagne, de l’Italie et peut-être de la Grande-Bretagne, que l’on annonce comme les prochaines entités dans le collimateur de la méfiance des « investisseurs ». Sans parler du mastodonte du monde capitaliste, les États-Unis, dont on fait mine de découvrir qu’il est perclus de dettes, dont le montant avoisine les 16 400 milliards de dollars !

Faut-il rappeler qu’un autre mastodonte de l’économie capitaliste, le Japon, dépasse tout le monde depuis plusieurs années, avec un endettement de plus de 200 % de son PIB ?

Mais, bien entendu, pas un dirigeant politique, pas un des économistes distingués qui pérorent à la télévision et qui ont accusé pendant des semaines la Grèce de la responsabilité de la crise de la « dette souveraine », n’est revenu dire qu’il a menti. Non, ils sont trop occupés à chercher d’autres boucs émissaires.

« C’est la faute de tout un chacun qui vit à crédit, au-dessus de ses moyens, et il y en a partout, y compris aux États-Unis », disent les plus stupides des commentateurs, ou les plus saligauds. Comme si la responsabilité était partagée entre les salariés, ou les chômeurs, et les milliardaires qui spéculent à crédit.

« C’est la faute à l’euro, à l’Europe », disent les uns. « C’est la faute à l’incapacité de l’Union européenne à s’unir et à se donner une bonne gouvernance, et en particulier à compléter la monnaie unique par un budget fédéral unifié », disent les autres, avec déjà un soupçon de réalisme dans leur constat.

« C’est la faute aux agences de notation » : voilà la dernière explication à la mode. Le fait qu’une des agences de notation, la Standard & Poor’s, ait dégradé la note des États-Unis a incontestablement joué un rôle dans l’aggravation actuelle de la panique boursière. Si on ne peut pas faire confiance à l’État américain pour rembourser ses dettes, à qui alors se fier dans ce bas monde ?

Les agences de notation ne méritent cependant ni un excès d’honneur ni un excès d’indignité. Elles ne sont rien d’autre que la variante moderne des cartomanciennes d’antan, dotées certes d’ordinateurs, de matériels ultra-modernes, de bâtiments somptueux et de milliers d’employés. Mais elles ne prévoient pas plus que les astrologues la fiabilité future des entreprises ou des États endettés. Elles s’étaient complètement trompées avant la crise financière précédente, celle de 2008, en attribuant les meilleures notes à de grandes banques qui ont été parmi les premières à faire faillite, car en possession de trop de titres de crédit pourris accordés à l’immobilier américain, les fameux « subprimes »...

En réalité, le facteur déclenchant de la panique financière est et peut être n’importe quoi : la déclaration d’un gouverneur de banque centrale, d’un chef d’État, d’un ministre de l’Économie — ou, au contraire, leur silence considéré comme suspect. La finance rapporte depuis des années bien plus que ce que permettent les possibilités réelles de l’économie. Depuis des années, les financiers escomptent un profit de 12 %, 15 %, voire 20 % pour leurs placements de capitaux, alors même que la production stagne, que le chômage est élevé partout et que les chiffres officiels des PIB, surestimés pourtant, n’augmentent que de 2 ou 3 % ou, au mieux, de 5 %.

Les spéculateurs de la Bourse ont un adage : les arbres ne peuvent pas pousser jusqu’au ciel. Ils le savent tous. Ce qui ne les empêche pas de parier sur le fait que l’arbre pourra encore bien pousser d’un ou deux mètres, chacun espérant en profiter grassement, quitte à être le dernier avant l’effondrement. Quand il se révèle que ce n’est pas le cas, ils fuient ; et cette simple fuite entraîne celle des autres jusqu’à la panique générale, qui se dessine aujourd’hui.

Suite et conséquence de la crise bancaire de 2008

La crise actuelle est la conséquence de la crise bancaire de 2008. Ou, plus exactement, de la médication utilisée par les États pour la surmonter. Rappelons que la cause immédiate de la crise de septembre 2008 était, déjà, la spéculation effrénée des banques et des institutions financières, à l’époque autour de l’immobilier américain.

Croyant dans la montée des prix de l’immobilier aux États-Unis, les banques rivalisaient pour prêter à quiconque voulait emprunter, du moment que le prêt était garanti par la hausse du prix du bien immobilier acheté. Lorsque le marché de l’immobilier américain s’est effondré, toutes les banques, et pas seulement aux États-Unis, se sont retrouvées avec des papiers représentant ces prêts devenus quasiment sans valeur.

Plus compliqué encore, ces crédits eux-mêmes ont engendré d’autres formes de crédits — le système bancaire ne manque pas d’imagination pour inventer de nouveaux produits, de plus en plus compliqués, de plus en plus obscurs —mais qui étaient liés directement et indirectement à ce marché immobilier en train de se casser la figure.

On se souvient que toute cette situation a fini par aboutir à une crise bancaire majeure, une crise de confiance, dont la raison était que les banques se méfiaient les unes des autres en raison des mauvaises dettes accumulées. Elles ont arrêté de se prêter de l’argent. Or la circulation d’argent entre banques et entreprises, et entre banques elles-mêmes, constitue le système sanguin de l’économie capitaliste.

Il n’était évidemment pas question pour les États, tous au service des banquiers et des groupes capitalistes, de contraindre les banques à faire tout simplement leur métier et à continuer à prêter à l’économie. Non, la solution choisie a consisté à convaincre ces messieurs les banquiers qu’ils pouvaient recommencer à prêter et à faire du profit sur les crédits accordés, car les États s’engageaient à racheter les titres devenus pourris par défaillance de la banque qui les avait émis. En résumant : tant que les prêts privés rapportaient du profit privé, les banques, les groupes capitalistes encaissaient les intérêts ; dès qu’ils ne rapportaient plus et risquaient de faire perdre de l’argent aux possesseurs de capitaux, l’État prenait en charge les pertes. C’est ainsi que s’est produit la miraculeuse transformation des dettes privées en dette publique. Le caractère privé du profit a été complété par la socialisation des pertes. Ou, pour parler en termes de classes sociales, la bourgeoisie a empoché à titre privé les profits des crédits fantaisistes. En revanche, pour éponger ses pertes, elle a chargé l’État de faire payer les classes populaires.

Des sommes fantastiques ont été injectées dans l’économie sous ce prétexte de redonner aux banquiers et aux industriels confiance dans la pérennité de leur propre économie ! Non seulement aucun État ne s’est avisé d’exproprier sans indemnité ni rachat les banquiers criminels, mais même les quelques phrases démagogiques sur la nécessité de réglementer l’activité bancaire n’ont pas été suivies de la moindre mesure concrète.

Ces centaines de milliards débloqués par les États ont été prélevés sur leur budget, au détriment des dépenses un tant soit peu utiles aux classes populaires. C’est la protection sociale, ce sont les pensions de retraite, c’est l’emploi dans les services publics qui ont dû payer pour sauver les banquiers. Mais, cela ne suffisant pas, les États ont emprunté aux banques elles-mêmes, à qui cet argent avait été donné en cadeau. D’où l’aggravation considérable de l’endettement des États.

Ces dépenses et les sacrifices qu’elles impliquaient pour les classes populaires ont été présentés comme une nécessité pour sauver le système bancaire d’une « crise systémique » (c’est leur expression). Mais on voit bien aujourd’hui que cela n’a réglé le problème de la crise de confiance entre les banques qu’un court moment. Au lieu d’être une solution, cette politique a aggravé le problème. Les sommes colossales injectées par les États dans l’économie ont encore augmenté la quantité d’argent en circulation. Et comme aucun État n’a contraint ses capitalistes à utiliser cet argent à investir dans la production, dans la création d’emplois, dans les salaires, tout cela n’a fait que porter la spéculation financière à un degré inconnu auparavant, tout en réduisant la capacité de consommation des classes populaires.

Le résultat : en 2008, c’était des banques et des groupes financiers qui étaient menacés de faillite. Aujourd’hui, ce sont les États eux-mêmes.

Derrière les soubresauts de la finance, la crise de l’économie capitaliste

Si les marchés, les « investisseurs », autrement dit l’ensemble des capitalistes, commencent à avoir des soucis quant à la possibilité de récupérer leurs mises de fonds avec les intérêts qu’ils exigent, ce n’est pas seulement parce que les États, à commencer par l’État américain, sont endettés jusqu’au cou. C’est, plus fondamentalement, parce que l’économie elle-même, la production industrielle, sont stagnantes.

Les plans d’austérité exigés par les financiers, la réduction des dépenses pour les services publics, pour les protections sociales, la diminution drastique des effectifs des agents de l’État réduiront encore la consommation des classes populaires.

Or, la crise de l’économie capitaliste résulte en dernier ressort de la contradiction entre la capacité d’accroissement de la production et les limites de la consommation des classes populaires. Les moyens utilisés pour surmonter la crise financière par l’accroissement des prélèvements sur les classes populaires ne font qu’aggraver cette contradiction.

En 2008, pour sauver le capital, les États ont aggravé brutalement les prélèvements sur les classes populaires. Face aux soubresauts actuels de la finance, ils annoncent les mêmes méthodes. Aux États-Unis, après un petit spectacle politicien histoire de marquer leurs différences, Républicains et Démocrates se sont mis d’accord, président Obama en tête, pour augmenter encore l’endettement de l’État afin de venir en aide au grand capital. En Europe, après moult négociations entre Merkel et Sarkozy, la Banque centrale européenne (BCE) a accepté ce que ses statuts lui interdisent pourtant : racheter de mauvaises dettes d’État pour assurer les créanciers que les intérêts de leurs prêts seront payés, même si ceux-ci ont été accordés à des taux d’usurier.

Qu’il soit dit en passant que l’étiquette politique des porte-parole de la bourgeoisie n’a en l’occurrence aucune espèce d’importance. Pour ce qui est de la France, le langage de Sarkozy est rigoureusement le même que celui de Hollande et de ses rivaux à la primaire du PS.

La rigueur est devenue le maître mot de toute la caste politique, en France comme partout dans le monde. Il s’agit de la rigueur vis-à-vis des seules classes populaires. Essentiellement pour les salariés, mais pas seulement : pour sauver son économie, le grand capital s’en prendra aussi et inévitablement à différentes catégories de la petite bourgeoisie, regroupées sous le vocable de « classes moyennes » en y mélangeant des petits commerçants, des paysans, des artisans, des cadres, voire des enseignants et certaines catégories les moins mal payées de travailleurs. Dans la jungle capitaliste, en cas de crise, il n’y a de place que pour les plus puissants des prédateurs.

Malgré l’effondrement actuel aussi bien des actions des entreprises privées que des obligations d’État, le grand capital rebondira demain. Les capitaux qui, aujourd’hui, fuient les actions en Bourse des entreprises comme les titres représentant une fraction de la dette souveraine de tel ou tel État, doivent bien aller se placer quelque part où cela rapporte... ou promet de rapporter demain. Les conseillers financiers les plus avisés recommandent déjà à leurs mandants de profiter de la chute des prix des actions pour racheter celles d’entreprises susceptibles de rapporter des dividendes solides. À condition, ajoutent-ils, « d’avoir la patience d’attendre que ça remonte » — en d’autres termes, d’être assez riches, assez puissants pour pouvoir le faire.

D’autres, plus cyniques mais plus concrets, mettent les points sur les « i » en affirmant qu’avec la baisse des prix des actions il sera plus intéressant pour les entreprises les plus puissantes de racheter leurs concurrents que d’investir dans de nouvelles usines.

Mais, à dire vrai, le grand capital n’a pas besoin de conseillers pour savoir cela et pour mettre en pratique ce savoir. Les grandes crises de l’économie capitaliste aboutissent toutes à l’accroissement de la puissance des plus grands groupes, une fois élaguées les branches mortes.

Et, pour ce qui est des « dettes souveraines », Obama n’a pas tort d’affirmer que, quelle que soit la note attribuée aux États-Unis, ceux-ci continueront à attirer des capitaux.

Au royaume des aveugles les borgnes étant rois, les placements qui, dans l’affolement, auraient fui les bons du Trésor américain finiront par y revenir, faute de mieux.

Mais, lorsque les groupes capitalistes, en tout cas les plus puissants, auront traversé la crise financière, pour certains en s’enrichissant encore plus, les soubresauts financiers se seront traduits par des licenciements, des fermetures d’usines, des baisses de salaire, sans parler des multiples variantes des politiques d’austérité imposées par les États aux exploités.

La signification sociale de tout cela, ce n’est pas que « les marchés sont plus forts que les États », comme on l’évoque si souvent, mais que les États, entièrement au service du grand capital, complètent les profits capitalistes tirés directement de l’exploitation, c’est-à-dire finalement de la production elle-même. Faute de production suffisante, les États mettent eux-mêmes la main à la pâte pour piller toutes les classes populaires par des moyens étatiques, afin de mettre le résultat de ce vol à la disposition de la classe capitaliste. Cet assistanat gigantesque exprime tout le parasitisme du grand capital d’aujourd’hui et son caractère délétère pour la société.

Renverser le pouvoir de la bourgeoisie

Personne n’a et ne peut avoir de solution pour la crise de l’économie capitaliste, surtout pas ceux qui en sont les profiteurs. Cette crise et son déroulement concret sont la démonstration que l’économie ne peut plus fonctionner sur la base de la propriété privée.

Le problème immédiat des travailleurs, c’est de se défendre pour que le fardeau de la crise ne leur soit pas intégralement imposé. Défendre l’emploi et le salaire, les seuls biens qu’ils possèdent dans la société capitaliste, devient une nécessité plus grande que jamais dans le passé récent, pour empêcher la chute dans la misère de la grande majorité du monde du travail.

Ce qui signifie l’expropriation radicale de la classe capitaliste, à commencer par les banques et les grands groupes industriels et commerciaux, et la réorganisation de l’économie sur la base de la propriété collective, débarrassée de la recherche de profit privé et de la concurrence, et planifiée pour satisfaire au mieux les besoins de tous en fonction de la capacité de production. Cela ne pourra se faire que par une mobilisation de la classe ouvrière à un niveau de détermination mais aussi de conscience politique qui n’existe certes pas aujourd’hui. Mais cela peut venir vite, provoqué par la bourgeoisie elle-même, par les dégâts du capitalisme.

La lutte des exploités pour défendre leurs conditions d’existence ne pourra prendre son sens que dans la perspective du bouleversement radical de l’organisation économique et sociale qui est en train de montrer de façon patente sa faillite.

Il est vital que, face aux partis qui se placent tous sur le terrain du capitalisme, renaisse un parti qui se place dans la perspective du renversement du pouvoir de la bourgeoisie, de la révolution sociale, un véritable parti communiste.

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 17 Aoû 2011, 16:05
de Béatrice
Le communiqué de la CNT , on ne peut plus laconique , ne peut que susciter quelques interrogations et réflexions :

L'annulation de la dette , comme seule revendication face à un capitalisme outrancier qui fossoie littéralement tous
les acquis sociaux obtenus après de dures luttes ?

Et puis après ?
On efface tout et on recommence ?
( pérennisation du système capitaliste )

S'il s'était agi d'un communiqué émanant d'un syndicat " traditionnellement " réformiste , il n'y aurait pas lieu de s'en émouvoir ,
mais celui-ci se réclamant de la CNT , il est tout à fait légitime que certaines questions puissent se poser !
Alors , en tout état de cause , il conviendrait que la CNT affiche plus clairement les objectifs qui sont les siens :
Réformistes ou révolutionnaires ?

( Parce que ce communiqué , en l'état , laisse supposer que le réformisme soit la voie d'orientation prise par ce syndicat ! )
Si tel n'est pas le cas , il conviendrait que celui-ci apporte quelques éléments de réponse , afin que la confusion ne règne plus
dans les esprits " chagrins " !

Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 21 Aoû 2011, 01:07
de Pïérô
bulletin été d'AL Alsace sur la question :

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http://www.al-alsace.tk/

et texte sur AL 93 qui est pas mal sur la question des mots et du sens :

Les "marchés", nouveau croque-mitaine

Les bourses mondiales recommencent à s'affoler et à chuter. Rien d'étonnant. Toute personne ayant plus de deux neurones savaient pertinemment que la crise des subprimes (et ses conséquences) n'était qu'une répétition pour une crise encore plus grande, encre plus forte, avec des conséquences sociales encore plus dramatiques. En effet, strictement rien n'a été fait pour mettre fin à la spéculation. Or le capitalisme se nourrit de "crises".

La nouvelle cible de la spéculation, ce sont les "dettes souveraines", c'est-à-dire l'argent que des institutions privées se targuent de pouvoir émettre en lieu et place de la collectivité. C'est formidable : lors des subprimes, les Etats ont filé du pognon aux banques et aux spéculateurs, qui maintenant l'utilisent pour mettre ces mêmes Etats à genoux ! Les deux parties sont de toutes façons d'accord: ce sont les travailleurs qui paieront les pots cassés.

Avec ce nouvel emballement des bourses, les média ressortent leur discours en boucle sur l'angoisse des "marchés". Les marchés ont peur que..., les marchés craignent que..., les marchés attendent que..., blablabla... Les "marchés", ce sont le nouveau croque-mitaine. Ils ont remplacé le diable moyen-âgeux pour faire peur au populo. Ces "marchés" sont toujours présentés de manière désincarnée, impersonnelle. A entendre les journalistes, les décisions et les actes des "marchés" seraient ni plus moins qu'un phénomène naturel, quelque chose sur lequel on n'a aucune prise, comme la pluie ou la marée.

Or ces "marchés" sont très concrets. Ils ont des visages et des noms. Ce sont les spéculateurs, les actionnaires et les dirigeants des grandes organisations financières (banques, fonds d'investissement, FMI, banque mondiale). Mais évidemment, si les journalistes disaient tous les matins "les spéculateurs sèment une nouvelle fios le désordre dans l'économie mondiale", ça pourrait provoquer des réactions un peu plus virulentes, ciblées et efficaces que lorsqu'ils euphémisent sur "les marchés sont inquiets".

Arrêtons de croire aux marchés, et attaquons les fumiers qui préparent une nouvelle crise sociale d'ampleur.

http://libertaires93.over-blog.com/arti ... 14325.html

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 21 Aoû 2011, 09:30
de digger
Le texte "Non à la soumission aux marchés financiers" ne va pas assez loin, mais il a eu, je pense, une utilité limitée, celle de dissuader le PS d’aller dans le sens de rendre constitutionnel l’équilibre budgétaire. Beaucoup y étaient prêts pour paraître "responsables" en période électorale. Pas révolutionnaire, certes, mais on a sans doute évité le pire.

Comme toujours, et comme le montre Piéro, le problème est bien posé mais si la thèse et l’antithèse sont là, la synthèse ne peut jamais être écrite.
Tout le monde en connait, plus ou moins, les raisons. Les plus érudits remonteront dans l’histoire du mouvement ouvrier pour les expliquer. Tout a été écrit là-dessus.

L’alternative est relativement simple (dans sa formulation) et extrêmement complexe (dans sa mise en place). Nous sommes placés devant depuis des dizaines d’années et je la retrouve telle que je l’ai quitté alors.

Hypothèse 1 : Le mouvement libertaire, pour reprendre le terme de Piero, privilégie le dénominateur commun aux différences doctrinaires et dégage des objectifs communs et une méthodologie commune. Ce n’est pas une approche "unitaire", chacun gardant ses spécificités et ses modes d’actions privilégiés, en dehors du "tronc commun".
Hypothèse 2 : L’aspect "identitaire" des organisations reste le plus fort et nous continuons à accepter la paralysie, condamnés à rester sur la défensive et à la dénonciation stérile.

Il existe une bonne dose d’hypocrisie à se présenter comme "non sectaires", "ouverts aux débats" et "non fossilisés" quand tout démontre le contraire.

La pensée politique et la philosophie anarchistes sont, à mon sens, les plus abouties qui soit, porteuses de valeurs et à la fois, d’une organisation sociale, politique et économique directement rattachées à celles-ci.
Autrement dit, très crûment, nous disposons du plus bel outil qui soit, et les ouvriers ne se montrent pas à la hauteur. :gratte:

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 21 Aoû 2011, 13:07
de ARTHUR
Autrement dit, très crûment, nous disposons du plus bel outil qui soit, et les ouvriers ne se montrent pas à la hauteur.


Tout pratique révolutionnaire réclame beaucoup d'humilité (ce qui semble à l'opposé de cette citation). Quand on n'emporte pas l'adhésion des autres aux thèses que l'on défend, ne serait-ce pas parce que nos "arguments" sont trop abscons ou dépourvus de toute réalité ?
La première chose serait peut-être de renoncer à utiliser la phraséologie du Capital.
Plutôt que de défendre le "pouvoir d'achat", ne devons nous pas apporter par l'entr'aide des réponses concrètes aux difficultés de l'existence;
- Centrales d'achat (développant une réflexion sur l'acte de consommer)
- Mutuelle de secours, pour les camarades exclus du "système" (Sans papiers, sans-domicile, sans formation, sans droit au chômage, etc ...)

C'est en tout cas, dans ce sens que nous oeuvrons au Syndicat Unifié du Bâtiment de la RP (CNT). Si nous comprenons parfaitement que certains s'interrogent (nous le faisons aussi) sur certains communiqué confédéraux, nous les invitons cependant à se rapprocher localement des syndicats pour relativiser les messages généraux par les pratiques de terrains.

Fraternelles Salutations Syndicalistes.

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 21 Aoû 2011, 15:08
de digger
Bel exemple de malentendu.
Je ne parlais pas de la classe ouvrière, mais de l’anarchie comme outil et des anarchistes (nous, moi, y compris) comme les "ouvriers" qui ne savons pas comment utiliser cet "outil" pour emporter l’adhésion des autres.
Bel exemple aussi de sensibilité à fleur de peau, prêt à se jeter sur tout ce qui bouge.
Humblement, je répète que nous, moi, nous sommes montrés incapables, de manière significative, (ce qui exclut quelques exceptions locales, qui pourraient peut-être être reproduites sur des échelles plus larges) à faire progresser les idées libertaires.
Et je refuse le ou/ou , et opte toujours pour le et/et. La pratique de terrain et la réflexion n’ont pas à être opposées. Les deux sont complémentaires et indispensables.
Et, oui, les réponses concrètes sont les seules actes valables à court terme. Et je t’invite à en dire un peu plus sur celles du Syndicat Unifié du Bâtiment.
Et te retourne tes fraternelles salutations.

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 23 Aoû 2011, 22:07
de Nico37
Proposition du Collectif Politique Lieux Communs (Collectif indépendant de pratiques et d'analyses politiques ordinaires pour une auto-transformation radicale de la société) : http://www.magmaweb.fr - lieuxcommuns(at)gmx.fr

Création d'une Mutuelle de Solidarité (par le Collectif Lieux Communs)

Qu'est-ce que c'est que ça encore ?

Face aux difficultés financières grandissantes, nous proposons de créer une mutuelle de solidarité. Il s'agit d'une caisse commune initiée par notre collectif mais gérée pratiquement par un seul de ses membre permettant aux cotisants d'emprunter pour une courte durée une certaine somme d'argent, indépendante de la cotisation : faire passer son compte en positif, combler un retard de paiement, assurer une sortie imprévue, acheter des livres... ou partir en week-end…

Comment ça marche concrètement ?

Pour participer, il suffit de verser à la caisse une cotisation libre (avec un minimum de 150 € mais plus la participation est importante, plus la caisse sera efficace...). Pour éviter toutes les spéculations, l'argent de la caisse ne sera pas placé sur un compte, mais entreposé en liquide.
Les emprunts se font à n'importe quel moment en contactant le gérant au (a voir) pour préciser le montant demandé, poser un délai de remboursement (3 mois maximum) et fixer un rendez-vous.
L'Etat de la caisse (nombre d'emprunteurs, montants empruntés, fond restant) est communiqué sur demande. Pour se retirer définitivement de la mutuelle, il suffit simplement de demander le remboursement de sa cotisation, qui sera fait dans les meilleurs délais.

Et ça marchera tout le temps ?

Il peut arriver que la caisse soit momentanément vide... D'où l'impor­tance de cotisations confortables, d'emprunts mesurés, voire de prévisions des moments de besoins. D'autre part, si on peut comprendre une difficulté à rembourser dans les temps, une mauvaise foi caractérisée ne pourra que re­cevoir une mauvaise réponse non moins caractérisée…

Qui peut participer ?

En principe n'importe qui, y compris les personnes morales (notre collectif). Mais comme le système est en grande partie informel et repose sur la confiance et la prudence de chacun, les cotisants devront être cooptés, au moins dans une première phase de démarrage.

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 24 Aoû 2011, 06:34
de ARTHUR
je t’invite à en dire un peu plus sur celles du Syndicat Unifié du Bâtiment.


Que veux tu savoir de plus ?
Notre syndicat travaille sur ces alternatives.
Il a créer:
- Une société coopérative de production, dans laquelle il est coopérateur lui-même.
- Une mutuelle de secours pour ses membres pouvant allouer des prêts (dont la consommation est exclue) allant jusqu'à 1 500.00 euros.

Il a mis en place un mandat d'organisation pour l'accès à un "tourisme social" et organisé son premier séjour court en Baie de Somme cet été.

Il travaille (il nous faut en moyenne 2 ans pour trouver et former les camarades qui gérerons la structure) à la création d'une coopérative d'achat basé sur des principes de décroissance pour lutter contre l'exploitation des travailleurs par la consommation.

Le Syndicat Unifié du Bâtiment de la RP (CNT-f) demeurant un petit syndicat, et ne disposant que de peu de moyens financiers, la mise en place de ses projets demande du temps et restent fragiles.

Fraternelles Salutations Syndicalistes.

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 13 Oct 2011, 08:57
de bipbip
intéressante initiative,

Appel du Réseau européen des syndicats alternatifs et de base
à soutien des mouvements de grève et les manifestations qui ont eu lieu ou se préparent dans de nombreux pays d’Europe, la journée internationale du 15 octobre lancée par le mouvement des « indignés » et les manifestations contre le G20


Image


Ne payons pas leur crise ! Luttons !

Dans tous les pays, gouvernement et patronat mettent en œuvre une succession de plans d’austérité qui répondent aux exigences des institutions capitalistes mondiales : Fonds Monétaire International, Banque Mondiale, Banque Centrale Européenne, etc. Leur recette est simple : faire payer les peuples, exploiter toujours plus les travailleuses et les travailleurs, pour accroître le pouvoir et les profits d’une petite minorité (capitalistes, banquiers, industriels, …). Détruire les services publics et la protection sociale, bloquer les salaires et les pensions, augmenter la productivité des salariés, taxer la population laborieuse, installer la précarité dans tous les secteurs, attaquer les qualifications et les savoirs des travailleurs-euses… c’est une guerre sociale qui est menée contre les salarié-e-s, les chômeurs/ses, les retraité-e-s. Pour arriver à leurs fins, patronat et gouvernements s’attaquent à toutes les conquêtes démocratiques, aux libertés et droits syndicaux, conquis par les précédentes générations, anéantissent les législations sociales dans chaque pays, répriment celles et ceux qui résistent, stigmatisent les populations pauvres et immigrées.
Dans une telle situation, il faut jeter toutes nos forces dans la lutte !

La dette contractée par nos gouvernements successifs et l’endettement privé ont servi à faire tourner le système, à dissimuler un partage de plus en plus inégalitaire des richesses au profit des capitalistes, banquiers ou industriels, à accroître les bénéfices des actionnaires. Il faut annuler les dettes publiques dont nous ne sommes pas responsables.

La crise marque l’échec des politiques qui visent à confier au marché le sort de l’humanité. C’est le système lui-même qui est en crise, qu’il faut mettre en cause, auquel il faut opposer une alternative.

Il faut répartir autrement les richesses que nous produisons ; des mesures immédiates peuvent être prises ; nos mobilisations peuvent les imposer : modifier totalement les systèmes fiscaux, augmenter les salaires, pensions et indemnités, créer des emplois socialement utiles et stables, etc. Mais cela doit s’appuyer de mesures structurelles fortes : développer des services publics pour tous les secteurs qui sont un bien commun utile à la société, assurer la protection sociale de tous, promouvoir la formation et la culture, rendre effective l’égalité entre hommes et femmes, etc.

Le système capitaliste connaît une crise structurelle, profonde. Une partie du mouvement syndical a accepté l’essentiel de son fonctionnement et de ses objectifs. Ce syndicalisme-là est devenu un rouage du système. Au contraire, beaucoup de collectifs syndicaux poursuivent l’action émancipatrice du syndicalisme : défendre les intérêts immédiats des travailleurs et des travailleuses, et construire une société qui ne repose plus sur la domination et l’exploitation de la majorité de la population. Ce syndicalisme, le nôtre, est internationaliste.

La crise fait monter la xénophobie, le racisme. Nous combattons ces deux fléaux par la construction de la solidarité internationale des travailleurs/ses !

Pour sauver leur système capitaliste et leurs profits, patrons et actionnaires sont organisés internationalement. Le mouvement syndical doit agir à travers les frontières pour imposer un autre système que celui qui exploite les travailleurs/ses, pille les ressources naturelles et les pays pauvres, organise la faim, la misère et la précarité, attaque partout les libertés démocratiques et les droits fondamentaux… Nous construisons un réseau syndical alternatif en Europe, ouvert à toutes les forces qui veulent lutter contre le capitalisme et le libéralisme, pour les intérêts et les aspirations des salariés-es, pour l’émancipation de toutes et tous, pour le bien commun, pour la transformation de la société.

C’est à eux de payer leur crise. A nous de leur imposer par la lutte nos exigences sociales. Ensemble, nous soutenons: les mouvements de grève et les manifestations qui ont eu lieu ou se préparent dans de nombreux pays d’Europe, la journée internationale du 15 octobre lancée par le mouvement des « indignés » et les manifestations contre le G20

Réseau européen des syndicats alternatifs et de base

Confederacion General del Trabajo (CGT) - Etat espagnol
Confederacion Intersindical - Etat Espagnol
Intersindical Alternativa de Catalunya (IAC) - Catalogne
Confederazione Unitaria di Base (CUB) - Italie
Unione Sindacale Italiana (USI) - Italie
Confederazione Italiana di Base UNICOBAS - Italie
Fédération SUD Vaud (SUD-Vaud) - Suisse
Union syndicale Solidaires (Solidaires) - France
Confédération Nationale du Travail (CNT) - France
Transnational Information Exchange (TIE) - Allemagne


http://www.anarkismo.net/article/20745

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 13 Oct 2011, 11:31
de kuhing
En ce qui nous concernent ( au CAam ) nous n'irons pas tous-tes manifester à Nice début novembre.

Les avis sont partagés.

Le mien est que je ne cautionnerai pas une manifestation organisée par une organisation ( Attac ) qui depuis des années réclame la taxation des transactions financières, ce qui est à l'ordre du jour et, ce n'est pas un hasard, du G20 de Cannes en novembre.

Ce n'est pas un hasard non plus si Attac et consort ont obtenu la possibilité de manifester et d'organiser un concert à Nice alors que la plus petite salle a été refusée aux anarchistes sur tout le département des A-M.

Re: Ne payons pas leur crise !

MessagePosté: 15 Oct 2011, 00:11
de Pïérô
en même temps il serait dommage de leur laisser le terrain et de ne pas porter un autre son de cloche. A titre d'exemple cet appel d'Emancipation :

Communiqué d'Émancipation Tendance intersyndicale

Dégageons le G 20 !

Du 1er au 4 novembre, à Cannes se tiendra un G 20, la rencontre des chefs d’États et de gouvernements
des 20 principales puissances capitalistes du monde.

Cette réunion n’a qu’une seule fonction : tenter d’adopter de nouvelles mesures communes pour
préserver le système bancaire et financier international et les économies capitalistes. Bien évidemment,
il s’agira pour eux de compléter leur politique réactionnaire par de nouvelles mesures contre
l’ensemble des peuples.

Cette réunion du G 20 sera doublée, pour la première fois, d’une réunion du “B 20” (B comme
Business), réunissant les représentants des organisations patronales de ces mêmes pays. Cette
réunion sera présidée par la patronne du Medef.

Mais la crise économique fissure l’unité de façade entre ces gouvernements et patronats : les désaccords
s’accentuent entre les États-Unis et l’Union européenne, au sein de l’Union européenne, et à l’intérieur
de chaque bourgeoisie. De plus en plus, ce qui se profile, c’est : chacun pour soi. Cela ne les empêche
pas d’agir en commun si nécessaire pour prendre de nouvelles mesures de régression sociale.

Confronté à une crise qui ne cesse de s’amplifier depuis l’été 2007, les gouvernements constatent
que toutes les mesures échouent à la régler la crise. Qu'elles se nomment “rigueur” ou “relance”,
“paiement” ou bien “restructuration” de la dette, “ouverture des marchés” ou “protectionnisme”, les diverses politiques n’ont qu’un résultat : de nouvelles souffrance pour l’immense majorité des populations.

Et il en sera ainsi tant que sera préservé le système capitaliste. Dans l’immédiat, il est impératif de
dénoncer les dettes publiques et d’exproprier les grandes banques sous le contrôle de la population.

Mais dans tous les pays, par les manifestations et les grèves, de la Grèce au Chili, les salariéEs montrent
qu’ils/elles ne veulent plus de ces politiques et de ces gouvernements. Les révolutions engagées dans
les pays arabes montrent que même de vieilles dictatures peuvent être balayées.

Il ne s’agit pas seulement de limiter les “excès de la finance”, contrairement à ce que proposent certaines
organisations dites “syndicales” comme la CES (Confédération Européenne des Syndicats). Il s’agit
de lutter contre le capitalisme lui-même et les politiques qui cherchent à préserver ce système.

G 20 et B 20 prétendent gouverner le monde. Mais toutes les politiques conduites antérieurement
ont mené à la débâcle. Il est temps de dire clairement qu’ils sont illégitimes non seulement dans leur
politique, mais aussi dans leur existence. De quel droit décident-ils à la place des peuples ? De quel
droit leur imposent-ils des mesures destructrices ? De ce point de vue, il est dommageable que les
“contre-sommets" altermondialistes tendent vers une forme d’institutionnalisation et de “reforme”
des institutions internationales et européennes actuelles.

C’est sur ces bases clairement anticapitalistes qu’Émancipation participera aux initiatives à l’occasion
du G 20.