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Messagede bipbip » 01 Nov 2016, 18:26

RD Congo : l’opposition enterre ses morts et dénonce « la barbarie de Kabila »

Six corps de militants de l'opposition, tués les 19 et 20 septembre lors des manifestations contre le président congolais Joseph Kabila, ont été exposés publiquement lundi à Kinshasa, ont constaté des journalistes de l'AFP.
(...)
Rassemblements interdits par les autorités

Dans le même temps, le vice-gouverneur de la capitale congolaise Clément Bafiba a rappelé la mesure consistant à différer jusqu’à nouvel ordre tout rassemblement, toute manifestation à caractère politique, à Kinshasa. « Les organisateurs ne donnent aucune garantie quant à leur capacité de conduire sans débordement une manifestation sur la place publique », s’est-il justifié dans un communiqué daté du lundi 31 octobre.

... http://www.jeuneafrique.com/370418/poli ... de-kabila/
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Messagede bipbip » 11 Nov 2016, 17:35

Congo : 23 manifestants étudiants blessés

Une manifestation d’étudiants protestant à Kinshasa contre une hausse du taux de change pour le paiement de leurs frais universitaires, décidé par les autorités académiques (pour payer les 300 dollars que coûte l’inscription, le taux de change avait été relevé à 1.122 francs congolais le dollar au lieu de 967 francs) a été brutalement réprimée. Plus d’une centaine de policiers ont quadrillé dans la matinée le site universitaire, lançant des gaz lacrymogènes en direction des salles de cours de l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA). Deux véhicules ont été brûlés et les devantures de plusieurs commerces endommagées. 23 étudiants ont été blessés, dont cinq grièvement blessés par balle qui ont été transférés à l’hôpital militaire du camp Kokolo pour une prise en charge conséquente.

EDIT (11/11) : Deuxième jour d’incidents

De nouveaux affrontements entre policiers et étudiants ont été enregistrés jeudi dans la capitale de la RDC, pour la deuxième journée consécutive, et des blessés sont signalés. A 09h00 locales, des étudiants de l’Institut supérieur des statistiques (ISS) de Kinshasa ont érigé des barricades, brandi des banderoles et perturbé la circulation sur un boulevard reliant les quartiers populaires de l’est de Kinshasa au centre des affaires de la capitale congolaise. Ils dénoncent l’augmentation par les autorités de l’université des frais d’études, désormais fixés à 350 dollars contre 250 l’année dernière.

Environ 30 minutes après le début de la manifestation, des policiers qui avaient quadrillé le périmètre ont tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser, et les étudiants ont riposté par des jets de pierres. Un agent de l’université a été blessé à la poitrine et un étudiant à la tête.

http://www.secoursrouge.org/Congo-23-ma ... ts-blesses
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Messagede bipbip » 29 Déc 2016, 14:39

RDC-LUCHA à nouveau ciblée par la répression

Nous avons appris que les 18 militants de LUCHA arrêtés le 21 décembre ont été libérés ! Nous attendons de recevoir plus d’informations à ce sujet. La situation en RDC reste instable en raison du refus de président Kabila de céder le pouvoir.

Le 19 décembre 2016, le second et dernier mandat du Président de la République Démocratique du Congo Joseph Kabila a pris fin, comme le prévoit la Constitution, et il ne peut se représenter pour un troisième mandat. Malgré tout, il a décidé de rester au pouvoir. En réaction, plusieurs militants ont organisé des actions demandant que le processus démocratique soit respecté et que des élections soient organisées.

Parmi eux, les membres de LUCHA se sont particulièrement mobilisés en organisant des manifestations pacifiques. Créé en 2012 à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, ce mouvement se consacre aux questions sociales, aux droits humains et à la protection des civils contre les groupes armés. À travers des actions non-partisanes et non-violentes, LUCHA milite pour la justice sociale et la gouvernance démocratique. Les manifestations et les autres actions organisées par LUCHA sont réprimées de façon systématique par les forces de sécurité.

20 jeunes arrêtés à Goma
Un sit-in pacifique a été organisé par l’organisation le 21 décembre dernier devant les bureaux du gouverneur à Goma. Ces jeunes affichaient des pancartes disant « Personne n’est au-dessus de la loi », « Bye bye Kabila », et « Défendre la constitution n’est pas un crime ». Suite à cette action, 20 jeunes ont été arrêtés arbitrairement et sont actuellement détenus par la police. Amnesty International les considère comme des prisonniers d’opinion détenus uniquement pour avoir exercé leurs droits de liberté d’expression et de réunion pacifique.

Deux militants portés disparus à Kinshasa
Le soir du 16 décembre, Gloria Senga et Musasa Tshibanda, eux aussi membres de LUCHA, ont rencontré un autre activiste dans un restaurant à Kinshasa. Après leur séparation, Gloria Senga et Musasa Tshibanda ont été portés disparus.

... https://www.amnesty.be/je-veux-agir/agi ... repression
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Messagede Lila » 21 Mai 2017, 19:30

Le viol comme arme de guerre et de terreur au Congo

Si on vous dit viols collectifs avec extrême violence; parties intimes charcutées par des objets contondants ou tranchants; introduction de caoutchouc brûlé; de sel ou de soude caustique; fusils enfoncés dans le vagin avant de tirer à balles réelles; pétrole déversé au niveau de cette zone juste avant d’y mettre le feu; avortements à mains nues; seins sectionnés; garçons contraints par un fusil sur la tempe de violer mère et soeurs. Des mots crus, des mots durs, une vérité effroyable, qui se déroule en ce moment même au Congo.

Bienvenue au Nord-Kivu, une région située à l’est du Congo et au sous-sol immensément riche où se côtoient or, diamant, pétrole, gaz, étain, tungstène, ivoire, caoutchouc, cuivre et coltan à profusion. Depuis 1998, une guerre impitoyable s’y joue, menée principalement par des milices rwandaises et ougandaises voisines contre la population locale qui les gêne dans leur entreprise de pillage pour les multinationales occidentales. Outre les massacres, des viols d’une extrême violence sont utilisés à l’encontre des femmes y compris âgées, des fillettes, des nourrissons et dans une moindre mesure des hommes. Ceci dans le but de terroriser la population locale, afin qu’elle fuie le pays, laissant le Nord-Kivu aux mains de bandits sans foi ni loi.

Au milieu de cette désolation se distingue l’Honorable Denis Mukwege, un gynécologue-obstétricien spécialisé en chirurgie réparatrice, qui soigne et répare toutes ces victimes de viols. C’est en 1999 qu’il crée l’hôpital de Panzi à Bukavu, sa ville natale et capitale du Sud-Kivu, afin de donner naissance aux nouveaux-nés dans des conditions optimales. Hélas, le destin en décide autrement puisque sa première patiente est une femme violée avec le bas-ventre explosé par des balles. Horrifié, le docteur Mukwege pense que c’est l’oeuvre d’un fou, mais la même année il doit soigner 45 femmes dans le même cas. Le nombre de patientes victimes de traumatismes gynécologiques s’accroît et celui que l’on surnomme « Docteur Miracle » répare les dégâts, devenant un véritable père et consolateur pour ces personnes humiliées au plus profond de leur intimité. Car, outre le fait d’avoir subi un viol atroce qui restera impuni, elles sont rejetées par la famille pour avoir perdu ce qu’elles avaient de plus cher à savoir leur honneur. De plus, atteintes d’incontinence (perte continue et incontrôlée d’urine et de matières fécales) ainsi que de plaies purulentes, elles sont condamnées à la misère et à l’exclusion sociale, ce qui engendre une détresse psychologique immense. Aujourd’hui, Panzi est une fondation (comprenant toujours l’hôpital) qui accompagne ces femmes et filles dans leur reconstruction, leur alphabétisation et même leur auto-défense.

L’horreur atteint son paroxysme lorsqu’on présente à Denis Mukwege une petite fille dont l’abdomen est totalement détruit par la violence des viols répétés. Il n’en peut plus, il décide de se battre pour que cessent ces crimes impunis, il alerte les autorités internationales, voyage pour dénoncer ces exactions commises par des bandes armées de miliciens ou de soldats réguliers, et l’inertie du gouvernement congolais. Par son combat, il commence à nuire aux intérêts de certains, il devient une cible à abattre. Après plusieurs tentatives d’assassinats dont celle du 25 octobre 2002- où l’un de ses proches est abattu- il s’exile en Europe. À son retour en 2003, il est sous protection des casques bleus de l’ONU durant un temps, mais actuellement il doit se débrouiller par ses propres moyens et vit cloîtré dans son hôpital.

Si Docteur Denis Mukwege est en vie et continue de panser des blessures atroces, il n’en n’est plus de même pour le docteur Gildo Byamungu, un autre gynécologue-obstétricien assassiné vendredi 14 avril 2017 de trois balles. Il était le seul gynécologue qui pratiquait à Uvira, dans l’est de la RDC, où sévissent de nombreux groupes armés. Formé par Denis Mukwege dont il était proche, il dirigeait l’hôpital général de Kasonga, dépendant de Panzi, qui avait déjà été attaqué plus d’une fois.

la suite : http://nofi.fr/2017/05/viol-au-congo/38211
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Messagede Pïérô » 22 Juil 2017, 13:13

RDC: 750 millions USD de recettes minières ont échappé au Trésor public en 3 ans

Dans un rapport publié vendredi 21 juillet, l’ONG Global Witness soutient que 750 millions de dollars américains de recettes minières versées par des entreprise minières aux administrations fiscales et entreprises minières publiques de la RDC ont échappé au Trésor public entre 2013 et 2015.

Ce rapport intitulé «Distributeur automatique de billets du régime» analyse les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) au cours de cette période.

«Certaines des transactions que nous avons examinées semblent attribuer à ces administrations le rôle de distributeur automatique de billets du régime de Kabila», explique Pete Jones, responsable de campagne de l’ONG.

«Depuis des années, ajoute Pete Jones, Global Witness et d’autres acteurs documentent les fuites de recettes du secteur minier congolais vers des sociétés-écrans offshore. Nous constatons désormais que même des recettes versées à des organismes d’État au Congo se volatilisent avant même d’atteindre les comptes du Trésor public.»

... http://www.radiookapi.net/2017/07/21/ac ... t%C3%A9%29
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Messagede Pïérô » 05 Aoû 2017, 14:39

Plus de 250 personnes exécutées, dont des enfants

RDCongo En RDC, des massacres ont été commis par des agents de l’Etat, des milices ou des rebelles. Pami les nombreuses victimes, des enfants dont certains n’avaient pas 8 ans.

De terribles violences et des exécutions sauvages ont touché plus de 250 personnes au Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo. Parmi les victimes, figurent 62 enfants, dont trente avaient moins de huit ans. (4 août 2017)
Parmi les 251 personnes tuées figurent 62 enfants, dont trente avaient moins de huit ans, indique un communiqué du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme publié à Genève. Ce bilan a été dressé par une équipe d’enquêteurs du Haut Commissariat sur les massacres ethniques dans la région du Kasaï, ajoute le texte.

Les exécutions ont été soit « extra-judiciaires » et commises par des agents de l’Etat, soit commises par des milices de tous bords ou des rebelles, selon l’ONU. « Ce qui est important pour nous, c’est le nombre d’exécutions », a indiqué une porte-parole du Haut Commissariat

Au moins 80 charniers

Les exécutions ont été commises entre le 12 mars et le 19 juin, précise le Haut Commissariat, qui ajoute que sa Mission en RDC a recensé « au moins 80 charniers dans la région ».

Le rapport se fonde sur des entretiens menées par les enquêteurs avec 96 personnes, qui ont fui vers l’Angola voisin, pour échapper aux violences en cours au Kasaï.

« Les survivants ont évoqué les cris de personnes brûlées vives, la vision de leurs proches traqués puis abattus, et leur propre fuite, terrorisés », a déclaré le Haut Commissaire aux droits de l’Homme Zeid Ra’ad al Hussein.

« Purification ethnique »

« Ces bains de sang sont d’autant plus terrifiants qu’il semblerait que les populations sont toujours plus souvent ciblées en raison de leur appartenance ethnique », a-t-il ajouté.

Devant cette situation, le Haut Commissaire adresse un « avertissement très sérieux » au gouvernement de la RDC, « afin d’agir sans délai pour empêcher que cette violence ne bascule dans un processus de purification ethnique à plus grande échelle ».

... http://www.paradisfj.info/spip.php?article6106
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Messagede bipbip » 01 Mar 2018, 22:14

République démocratique du Congo. Kabila et le dossier cobalt, au premier rang

Quel sera l’enjeu de la prochaine guerre du Congo, celle pour les ressources, qui a déjà commencé? Il s’agit du cobalt, composante essentielle des batteries électriques qui, à terme, devraient équiper nos voitures. Le cobalt, mais aussi les métaux rares (niobium, germanium, antimoine, tantale, tungstène, graphite), sont les vecteurs essentiels des technologies nouvelles, celles qui nous permettront de dépasser l’ère du charbon, celle du pétrole et même celle du nucléaire et nourrir non seulement nos véhicules, mais nos portables, nos ordinateurs, dotés de batteries rechargeables qui se retrouvent dans nos bureaux et nos maisons.

De la même manière qu’hier, le monde a eu besoin du cuivre, puis de l’uranium du Congo, et aussi du colombo tantalite, demain il devra se tourner vers le Congo qui détient la moitié des réserves mondiales de ce minerai stratégique. Et après les troubles qui suivirent l’indépendance, dont le cuivre du Katanga était l’un des enjeux, après les guerres des années 2000, qui visaient le coltan et la cassitérite, on peut se demander si, derrière les troubles actuels ne se profile pas, aussi, la future guerre pour le cobalt.

En effet, les autorités congolaises estiment que si le pays n’a pas bénéficié du boom du coltan au milieu des années 2000, il ne peut manquer celui du cobalt. C’est pourquoi, lors du récent salon consacré aux produits miniers Indaba Mining Africa qui s’est tenu en Afrique du Sud, les représentants de la RDC sont passés à l’offensive. Le ministre des Mines, Martin Kwabelulu, a avancé que le cobalt devait désormais être considéré comme un minerai stratégique et que, comme tel, le taux de redevances devait passer de 2% à 10%. «Nous devons désormais mener des partenariats gagnant-gagnant et revoir en conséquence un code minier jugé dépassé», a souligné le ministre des Mines.

Rappelons que le Code minier actuel, adopté en 2002, fut pratiquement dicté par la Banque mondiale et le FMI. Il faisait la part belle aux investisseurs qu’il s’agissait d’attirer à tout prix dans ce pays ruiné par la guerre et il prévoyait d’importantes exemptions d’impôts et des possibilités de rapatrier les bénéfices sur des périodes de 30 ans.

Dès de la fin de la guerre en 2002, alors que le pays tentait difficilement, de se stabiliser, les investisseurs se sont bousculés et le Congo a connu un boom minier, la production du cuivre passant de 450 000 à un million de tonnes. Mais aujourd’hui, les autorités estiment que l’Etat – et a fortiori le peuple congolais – n’ont guère bénéficié de cette ouverture forcée à la mondialisation. Les «contrats chinois» dont la négociation avait commencé en 2006 ont été le premier symptôme du malaise entre le Congo et les Occidentaux.

En effet, alors que la première version de ces contrats prévoyait des investissements chinois pour une valeur de 9 milliards de dollars, en échange d’une quantité équivalente de cuivre, ces projets durent être revus à la baisse sous la pression des Occidentaux et se réduire à 6 milliards de dollars d’investissements dédiés, en grande partie, à la réhabilitation du réseau routier.

Cependant, l’opacité de ces contrats, l’existence de dessous de table importants suscitèrent de nombreuses critiques et de multiples rapports ont souligné l’intéressement de la famille Kabila dans les contrats miniers.

Ces failles ont affaibli la portée des propos d’Albert Yuma, le président de la Gecamines, qui est aussi le président de la FEC (Fédération des entreprises du Congo). Réputé proche du président Kabila, il a eu des mots très durs à l’encontre des investisseurs miniers occidentaux, qualifiant leurs pratiques de «délinquantes» voire de «criminelles».

... https://alencontre.org/moyenorient/egyp ... syrie.html
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Messagede bipbip » 03 Mar 2018, 21:15

République démocratique du Congo. Kabila et le dossier cobalt, au premier rang

Quel sera l’enjeu de la prochaine guerre du Congo, celle pour les ressources, qui a déjà commencé? Il s’agit du cobalt, composante essentielle des batteries électriques qui, à terme, devraient équiper nos voitures. Le cobalt, mais aussi les métaux rares (niobium, germanium, antimoine, tantale, tungstène, graphite), sont les vecteurs essentiels des technologies nouvelles, celles qui nous permettront de dépasser l’ère du charbon, celle du pétrole et même celle du nucléaire et nourrir non seulement nos véhicules, mais nos portables, nos ordinateurs, dotés de batteries rechargeables qui se retrouvent dans nos bureaux et nos maisons.

De la même manière qu’hier, le monde a eu besoin du cuivre, puis de l’uranium du Congo, et aussi du colombo tantalite, demain il devra se tourner vers le Congo qui détient la moitié des réserves mondiales de ce minerai stratégique. Et après les troubles qui suivirent l’indépendance, dont le cuivre du Katanga était l’un des enjeux, après les guerres des années 2000, qui visaient le coltan et la cassitérite, on peut se demander si, derrière les troubles actuels ne se profile pas, aussi, la future guerre pour le cobalt.

En effet, les autorités congolaises estiment que si le pays n’a pas bénéficié du boom du coltan au milieu des années 2000, il ne peut manquer celui du cobalt. C’est pourquoi, lors du récent salon consacré aux produits miniers Indaba Mining Africa qui s’est tenu en Afrique du Sud, les représentants de la RDC sont passés à l’offensive. Le ministre des Mines, Martin Kwabelulu, a avancé que le cobalt devait désormais être considéré comme un minerai stratégique et que, comme tel, le taux de redevances devait passer de 2% à 10%. «Nous devons désormais mener des partenariats gagnant-gagnant et revoir en conséquence un code minier jugé dépassé», a souligné le ministre des Mines.

Rappelons que le Code minier actuel, adopté en 2002, fut pratiquement dicté par la Banque mondiale et le FMI. Il faisait la part belle aux investisseurs qu’il s’agissait d’attirer à tout prix dans ce pays ruiné par la guerre et il prévoyait d’importantes exemptions d’impôts et des possibilités de rapatrier les bénéfices sur des périodes de 30 ans.

Dès de la fin de la guerre en 2002, alors que le pays tentait difficilement, de se stabiliser, les investisseurs se sont bousculés et le Congo a connu un boom minier, la production du cuivre passant de 450 000 à un million de tonnes. Mais aujourd’hui, les autorités estiment que l’Etat – et a fortiori le peuple congolais – n’ont guère bénéficié de cette ouverture forcée à la mondialisation. Les «contrats chinois» dont la négociation avait commencé en 2006 ont été le premier symptôme du malaise entre le Congo et les Occidentaux.

En effet, alors que la première version de ces contrats prévoyait des investissements chinois pour une valeur de 9 milliards de dollars, en échange d’une quantité équivalente de cuivre, ces projets durent être revus à la baisse sous la pression des Occidentaux et se réduire à 6 milliards de dollars d’investissements dédiés, en grande partie, à la réhabilitation du réseau routier.

Cependant, l’opacité de ces contrats, l’existence de dessous de table importants suscitèrent de nombreuses critiques et de multiples rapports ont souligné l’intéressement de la famille Kabila dans les contrats miniers.

Ces failles ont affaibli la portée des propos d’Albert Yuma, le président de la Gecamines, qui est aussi le président de la FEC (Fédération des entreprises du Congo). Réputé proche du président Kabila, il a eu des mots très durs à l’encontre des investisseurs miniers occidentaux, qualifiant leurs pratiques de «délinquantes» voire de «criminelles».

La volonté congolaise de faire passer le taux de taxation du cobalt à 10% se heurte au «front» des entreprises minières, dont la suisse Glencore, un géant qui pèse 100 milliards de dollars et qui a été cité pour ses liaisons douteuses avec l’homme d’affaires Israélien Dan Gertler, un proche de Joseph Kabila et qui se trouve dans le collimateur de la justice américaine pour des faits de haute corruption, également cité dans les Panama Papers. Quant à Glencore, qui est abondamment citée dans les Paradise Papers, elle n’hésite pas à argumenter et à demander quel usage l’Etat congolais fera des taxes supplémentaires qu’elle serait amenée à payer…

L’exploitation du cobalt est tellement stratégique, pour les multinationales, pour l’allié chinois de la RDC (qui possède lui aussi une bonne part des réserves mondiales de cobalt et de terres rares), et in fine pour le développement économique du Congo lui-même, que la décision finale à propos de la taxation de 10% devra être prise au niveau de la présidence; qui fait aujourd’hui l’objet de pressions intenses.

Alors qu’il est désormais question de recourir à des procédures d’arbitrage (généralement favorables aux sociétés multinationales…), ce volet économique fait certainement partie de l’intense bataille politique qui se déroule actuellement en RDC où des puissances occidentales ont déjà parié sur d’autres acteurs qu’un Kabila dont le mandat a expiré et dont la légitimité a été érodée par de nombreuses affaires impliquant ses proches…

Ce n’est sans doute pas un hasard si le Botswana, un pays d’Afrique australe réputé, lui, pour sa bonne gouvernance et qui a conclu de profitables partenariats avec les sociétés occidentales (en particulier la sud-africaine de Beers), a publié un communiqué dénonçant la détérioration de la situation humanitaire en RDC et accusant le président de retarder les élections et d’avoir perdu le contrôle de la sécurité de son pays. (Article publié dans le quotidien Le Soir, en date du 28 février 2018)

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Re: Le(s) Congo(s)

Messagede Lila » 03 Juin 2018, 20:46

Il y aurait 1152 viols par jour en RDC: stigmatisation et marginalisation des femmes

En République démocratique du Congo les violences sexuelles sont légion. 1152 femmes seraient violées par jour, soit environ 48 viols par heure. C’est autant de femmes qui sont rejetées socialement. Discriminées et stigmatisées par leur communauté, elles doivent vivre seules avec cette image de femme violée.

à lire : https://www.rtbf.be/info/monde/afrique/ ... id=9931764
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Re: Le(s) Congo(s)

Messagede bipbip » 06 Sep 2018, 17:42

R.D. du Congo : Plus de 20 manifestants blessés et 89 arrêtés en RDC

Le lundi 3 septembre, des manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes du pays (Kinshasa, Goma, Lubumbashi, Bukavu...). Ces manifestations organisées par le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) s’opposaient au système de vote électronique qui sera utilisé lors des élections présidentielles du 23 décembre. Lors de ces manifestations, au moins 23 personnes ont été blessées, dont 6 grièvement et 89 ont été arrêtées. Deux manifestantes ont également été victimes d’agressions sexuelles. Une vingtaine de militants ont été libérés après quelques heures.

Les manifestants demande l’annulation de l’utilisation du vote électronique pour les prochaines élections et la correction des listes électorales.

https://secoursrouge.org/R-D-Congo-Plus ... tes-en-RDC
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