Syrie

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Messagede Lila » 13 Mar 2016, 21:06

Des centaines de femmes combattent l’EI en Syrie

Même lors de notre traditionnelle journée de l’infÂme, des femmes se battent pour leurs droits. Dans quel autre partie du monde ce 8 mars peut se venter avoir autant de sens ? On ne peut passer à côté de cette date sans leur rendre hommage.

Elles se battent contre Daesh.

Des centaines de femmes en majorité kurdes combattent Daesh en première ligne en Syrie. On les voit souriantes, fusil à l’épaule, grenades à la ceinture, seules ou en groupe. Elles luttent pour la survie des Kurdes et pour la libération des femmes :

« Nous faisons la guerre, mais nous apprenons aussi pourquoi nous la faisons. Sinon nous serions comme des robots, comme les gens de Daesh. Les raisons de notre engagement sont simples : nous nous battons contre des envahisseurs extérieurs et pour défendre les populations kurdes qui sont la cible de ces fanatiques. Et surtout, nous luttons pour les femmes et contre la vision anti-féministe de l’Etat islamique. Les islamistes croient que, s’ils sont tués au combat par une femme, ils n’iront pas au paradis. Quand ils se trouvent face a nous, ils sont paralysés. Dans cette région, la tradition veut que les femmes soient soumises aux hommes et maintenues dans leur dépendance. Nous nous insurgeons contre cela. Je suis venue me battre pour toutes les femmes du monde victimes de violences et de discriminations ».

Dans la région de Kobanê, les combattantes kurdes ont donné une nouvelle signification à la féminité et ont déconstruit les hiérarchies patriarcales. Un féminisme qui va droit au but.

Si ces combattantes savent qu’elles ne doivent pas être prises vivantes par les barbares Daesh, elles sont la preuve bien réelle que les femmes luttent et lutteront toujours pour leur survie et leurs droits.

La suite : https://sanscompromisfeministeprogressi ... -en-syrie/
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Re: Syrie

Messagede bipbip » 16 Mar 2016, 13:38

Solidarité ! – Les révolutionnaires syriens toujours debout !

Le vendredi 4 mars, des manifestations populaires massives ont eu lieu à travers les zones libérées de la Syrie sous le slogan « La révolution continue » [1]. Plus de 100 manifestations ont été enregistrées ce jour-là du nord au sud du pays.

L’esprit du début de la révolution se retrouvait dans les slogans et chants démocratiques et non confessionnels comme « Le peuple syrien est un et uni », ou comme un manifestant l’a écrit sur une pancarte, « les portes de la révolution pacifique s’ouvrent à nouveau ». Le drapeau révolutionnaire syrien était brandi partout. Il faut souligner que les forces salafistes djihadistes et leurs symboles étaient absentes de ces manifestations, tandis que les soldats de Jabhat al-Nusra ont organisé une contre-manifestation plus petite dans la ville de Ma’aret al-Naaman près d’Idlib, et scandaient des slogans contre la démocratie et la laïcité et pour un État islamique.

Ces mobilisations surviennent une semaine après un cessez-le feu négocié par les États-Unis et la Russie, qui a ralenti le rythme des hostilités mais sans les stopper. Les forces du régime d’Assad et ses alliés ont continué à bombarder et attaquer des zones tenues par l’opposition, alors même que les forces de l’État islamique et de Jabhat al-Nusra, non incluses dans la trêve, n’y sont pas présentes. Selon diverses sources, il y a eu plus de 180 violations du cessez-le-feu par les forces du régime et de l’opposition... dans les cinq premiers jours de la trêve entrée en vigueur le 27 février. La majorité de ces violations ont néanmoins été commises par les forces du régime. 135 personnes ont été tuées, dont 32 civils, dans les régions couvertes par la trêve, et 552 personnes dans les autres zones.

... http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37422
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Re: Syrie

Messagede bipbip » 06 Mai 2016, 11:07

Syrie-Alep. Déclaration des Comités locaux de coordination en Syrie. Lettre des médecins d’Alep

Depuis 2011, nous n’avons eu de cesse de souligner que le caractère même de la dictature du clan mafieux Assad était mis au jour ne serait-ce que par un seul trait de ses objectifs réfléchis: détruire les cliniques et les hôpitaux; tuer le personnel soignant; enlever des blessé·e·s dans des lieux de soins et les torturer à mort; arrêter et tuer des soignants; détruire des centres de soins de Médecins sans frontières (MSF). Cette année, sept de ces centres de MSF ont été attaqués, faisant 16 morts dans le personnel soignant. Tous ces actes relèvent au moins de «crimes de guerre».

Depuis février 2016, chaque convoi d’aide humanitaire – certes absolument nécessaire – arrivant, à grand-peine, dans une ville assiégée, bombardée, affamée – pour la vider de ses habitants – est présenté comme «une avancée significative». N’insistons même pas sur la disproportion criante entre les besoins de la population et les «convois d’aide».

... http://alencontre.org/moyenorient/syrie ... dalep.html
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Re: Syrie

Messagede Lila » 12 Juin 2016, 19:11

Minbej, vaincre ne suffira pas

Parmi les offensives militaires au sol contre les villes syriennes tenues par Daech, il en est une qui porte ses fruits au Nord de la Syrie à Minbej .
« La dernière route reliant Minbej (Manbij) à la frontière turque a été coupée vendredi matin par les Forces démocratiques syriennes (FDS), forces alliées arabo-kurdes soutenues par les Etats Unis et à nouveau la France », a annoncé Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Encerclées, les forces de Daech tentaient hier de briser le siège sans succès.

Ainsi, le principal axe de ravitaillement entre la Syrie et Turquie est coupé à la suite de cet encerclement total de la ville ce vendredi .

3000 combattants des forces démocratiques syriennes, dont 2 500 arabes, ont été engagés, regroupés au sein d’un « conseil militaire de Manbij », créé en avril après plusieurs mois de négociations.

Cette partie de la région était principalement habitée par des populations arabes et turkmènes.

Et le gouvernement turque avait menacé d’empêcher la présence des forces kurdes à leur côté. La Turquie refuse la jonction des territoires kurdes et arabes de la désormais confédération à ses frontières, et voit d’un très mauvais oeil ses accès à la Syrie confisqués, en même temps que ses échanges économiques clandestins avec Daech définitivement bloqués à cet endroit.

Les combats pour reprendre Minbej ont fait au moins 218 morts (159 jihadistes, 22 combattants FDS et 37 civils), selon les chiffres donnés officiellement. Les forces FDS ont déjà repris 79 petits villages aux jihadistes.

C’est dans l’un de ses villages qu’un photographe de l’agence Reuters a pris ces images d’une femme en train d’enlever un niqab.
« Que Dieu les maudisse« , lance Doha Hajj Ali, une villageoise. « Ils disaient aux femmes, cachez vos yeux, soeurs, ou encore n’ayez pas peur de nous, ayez peur seulement de Dieu. Tout était interdit : le maquillage, les fêtes, les mariages« .

Espérons que ces mêmes femmes rejoindront le combat féministe des femmes kurdes, et qu’elles ne retomberont pas sous une autre domination de la part de certains de leurs « libérateurs ».

La suite : http://www.kedistan.net/2016/06/12/minbej/
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Re: Syrie

Messagede bipbip » 19 Juin 2016, 13:42

Syrie : Les QSD sont aux portes de Manbij, des combats intenses en cours

Les Forces Démocratiques Syriennes (QSD) ne sont plus qu’à 700 mètres de la porte sud de Manbij. Depuis la reprise de l’opération de libération de Manbij (le 30 mai dernier), la stratégie des QSD a été d’encercler d’abord largement la ville pour permettre aux civils de fuir et pour étouffer les ressources de Daesh. La "phase 2" de l’opération consiste depuis quelques jours à se rapprocher de tous les cotés de la ville. Les combats sont à présents durs, les islamistes revendiquent sur Twitter une attaque suicide qui aurait décimé plusieurs combattants QSD, mais cette info n’a pas été confirmée.

Des représailles semblent avoir eu lieu à Al-Bab où Daesh aurait enlevé plusieurs centaines de Kurdes pour leur faire payer la défaite imminente à Manbij. La carte ci-dessous date d’hier.

http://www.secoursrouge.org/Syrie-Les-Q ... s-en-cours
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Re: Syrie

Messagede bipbip » 21 Juil 2016, 14:05

En Syrie, la coalition anti-EI tue plusieurs dizaines de civils

C’est la plus grosse bavure jamais commise par la coalition internationale contre l’organisation Etat islamique (EI) depuis son entrée en action dans le ciel de la Syrie, en septembre 2014. Plusieurs dizaines de villageois des environs de Manbij, une ville de 50 000 habitants tenue par l’organisation djihadiste, à 100 km au nord-est d’Alep, ont péri dans des bombardements aériens dans la nuit du 18 au 19 juillet. La coalition conduite par les Etats-Unis, qui comprend dix autres membres dont la France et le Royaume-Uni, mène depuis la fin mai une vaste offensive en partenariat avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), à majorité kurde, pour déloger l’EI de ce carrefour stratégique.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui s’appuie sur un réseau d’informateurs et de médecins sur le terrain, les bombardements ont fait 56 morts civils, dont 11 enfants, dans le village de Toukhar, une dizaine de kilomètres au nord de Manbij. Des photos de corps démembrés, couverts de poussière, en train d’être déposés dans une fosse commune, ont circulé sur les réseaux sociaux. L’organisme de communication des djihadistes de l’EI, Aamaq, évoque pour sa part 160 morts. Selon Hassan Al-Nifi, membre du conseil révolutionnaire de cette localité, qui vit en exil dans la ville turque de Gaziantep mais dispose de contacts sur place, le bilan pourrait être encore plus élevé.

... http://www.lemonde.fr/syrie/article/201 ... wD6z144.99
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Re: Syrie

Messagede bipbip » 31 Juil 2016, 00:30

Syrie. La mise en place de voies d’évacuation pour les civils ne permettra pas d’éviter une catastrophe humanitaire à Alep

Pour soulager les souffrances de milliers de civils, qui vont bientôt manquer de nourriture et d’autres produits de première nécessité, il faut de toute urgence fournir à Alep une assistance humanitaire qui soit impartiale et ne subisse aucune restriction, a déclaré Amnesty International jeudi 28 juillet.

... https://www.amnesty.org/fr/latest/news/ ... eppo-city/
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Re: Syrie

Messagede bipbip » 07 Aoû 2016, 07:48

Syrie/Rojava : Manbij est libéré !

Les Forces Démocratiques Syriennes ont achevé aujourd’hui samedi la libération de Manbij un peu plus de deux mois après avoir lancé leur offensive contre cette localité stratégique. Toute résistance organisée du Daesh a cessé et les combattants des QSD ratissent le centre-ville à la recherche des derniers djihadistes encore présents dans la ville. Les QSD avaient lancé le 31 mai une offensive visant à reprendre Manbij, qui était alors le principal carrefour d’approvisionnement de l’EI, de la frontière turque vers Raqa, sa capitale de facto en Syrie située plus à l’est.

http://www.secoursrouge.org/Syrie-Rojav ... est-libere
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Re: Syrie

Messagede Lila » 17 Aoû 2016, 16:42

Syrie : des femmes brûlent leur burqa après la libération de Manbij des griffes de Daesh

Après la libération de la ville de Manbij le 12 août par l’alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes, de nombreux habitants ont laissé éclater leur joie en brûlant leur burqa ou en rasant leur barbe, symboles de l’oppression imposée par Daesh.

Ils avaient été forcés de vivre sous le califat auto proclamé de l’Etat islamique. La libération de Manbij a donc été accompagnée de scènes émouvantes.

à lire : https://sanscompromisfeministeprogressi ... -de-daesh/
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Re: Syrie

Messagede bipbip » 27 Aoû 2016, 13:58

Géopolitique de la guerre civile en Syrie

Des alliances qui évoluent au fil des combats, un feuilletage de conflits multiples, à la fois religieux, ethniques, sociaux et géopolitiques : voilà ce qui caractérise la guerre civile en cours en Syrie et qui semble remettre en cause la prémisse la plus élémentaire de tout conflit, à savoir distinguer les « amis » des « ennemis ». Mais ce qui se joue en Syrie en dit long, également, sur la situation internationale.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Geop ... e-en-Syrie
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Re: Syrie

Messagede bipbip » 06 Sep 2016, 00:56

Nouveau dossier de 6 articles sur la Syrie

« Bouclier de l’Euphrate », l’intervention en Syrie: Erdogan s’en va-t-en guerre
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article38881

Daraya, Jarablus : Escalade militaire en Syrie sur fond diplomatique
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article38882

Géopolitique de la guerre civile en Syrie
http://www.revolutionpermanente.fr/Geop ... e-en-Syrie

Comprendre la bataille d’Hassaké entre le régime et les kurdes
http://tendanceclaire.org/article.php?id=1048

Comment le régime Assad contrôle l’aide de l’ONU destinée aux enfants syriens
http://alencontre.org/laune/syrie-comme ... riens.html

États-Unis : Terre d’accueil douce-amère pour les réfugiés syriens
http://www.elwatan.com/international/et ... 57_112.php

http://revolutionsarabes.hautetfort.com ... syrie.html
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Re: Syrie

Messagede bipbip » 01 Oct 2016, 11:45

Bombardements massifs et assaut terrestre. Que la barbarie à Alep ne devienne pas une banalité

Depuis six jours, la ville d’Alep connaît le pire bombardement depuis le début de la guerre. L’échec du fragile cessez-le-feu, auquel étaient parvenus la Russie et les États-Unis à la mi-septembre, a marqué la reprise de l’offensive d’Assad et son allié russe sur cette ville stratégique. Plus d’eau, ni d’électricité, des hôpitaux et des infrastructures détruits. Des bombes incendiaires, des attaques chimiques, des bombes anti-bunker, lancées contre la population civile. Les morts et les blessés se comptent par centaines. Jusqu’où ira cette barbarie attisée et alimentée par toutes les forces en lutte en Syrie, à l’exception de la résistance kurde ?

... http://www.revolutionpermanente.fr/Bomb ... e-banalite
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Re: Syrie

Messagede Pïérô » 02 Oct 2016, 03:01

Édito vidéo : « On ne peut pas se taire sur ce qui se passe à Alep »




Syrie: le principal hôpital d'Alep encore bombardé

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Re: Syrie

Messagede Pïérô » 09 Oct 2016, 14:46

L’escalade militaire et criminel du régime Assad et de ses alliés contre Alep et les zones libérées

La guerre du régime Assad et de ses alliés contre la population syrienne continue toujours et s’intensifie, particulièrement contre les quartiers libérés d’Alep – qui ne sont pas sous la domination du régime Assad, ni des groupes djihadistes comme Etat Islamique (EI) ou Fateh al-Sham (ex Jabhat al-Nusra) – à nouveau assiégés et qui compte encore environ 250,000 à 300,000 personnes. Entre le 26 septembre et le 2 octobre, encore plus de 350 civils sont morts, dont une centaine d’enfants, dans les bombardements russes et du régime Assad sur Alep libre, tandis que sur le terrain les forces du régime avec l’aide de plusieurs milliers de combattants du Hezbollah et des milices confessionnelles fondamentalistes chiites encerclent et avancent sur les derniers quartiers sous le contrôle de l’opposition. L’armée syrienne a appelé dimanche le 2 octobre dans un communiqué les groupes d’oppositions armées à évacuer les quartiers est d’Alep affirmant qu’elle garantirait la sécurité de leur passage et leur fournirait l’aide nécessaire. Pour rappel, depuis 2013, le régime de Bachar al-Assad largue des barils d’explosifs sur les secteurs libérés d’Alep, causant des milliers de victimes et des destructions massives.

... https://syriafreedomforever.wordpress.c ... -liberees/
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Re: Syrie

Messagede bipbip » 20 Oct 2016, 14:04

Syrie : Au cœur de la mêlée impérialiste

La guerre civile syrienne est devenue, pour bonne part, le thé­âtre d’un affrontement indirect entre puissances étrangères. Russie, États-Unis, Iran, Turquie, France, pétromonarchies... Qui veut quoi  ? Et le Rojava dans tout ça  ? Essai de décryptage et hypothèses.

Pour la troisième fois cette année, la Syrie a vu l’échec, en septembre, d’une tentative de trêve parrainée par la Russie et les États-Unis. ­Échec principalement dû à la multiplication, au sein de la guerre civile, de forces armées aux objectifs contradictoires, aux alliances mouvantes, aux parrainages incertains. Difficile de faire respecter un cessez-le-feu dans ces conditions. Plus que jamais cependant, Moscou et Washington apparaissent comme le duo sans qui rien ne pourra se faire en Syrie. Au grand ­agacement des autres puissances ingérentes – Iran, France, Turquie, Arabie saoudite… – tenues à distance des conciliabules russo-américains, ou conviées à d’inutiles conférences multilatérales, comme celle de Lausanne le 15 octobre [1].

C’est essentiellement du fait des interventions étrangères que la révolution de 2011 a dégénéré, courant 2012, en guerre civile. Dans cette mêlée des impéria­lismes, chacun poursuit des objectifs, fait des paris, teste ses partenaires et concurrents... Et pendant ce temps, la population civile, otage de ce jeu cruel, fuit par milliers.

Ce que veut la Russie

Avant tout, Moscou veut conserver la Syrie dans son orbite. Ce pays, allié depuis 1971, accueille le seul relais de la flotte russe en Méditerranée : Tartous. Mais garder la Syrie ne signifie pas nécessairement garder Bachar el-Assad. Après cinq ans de massacres, tout le monde sait que le dictateur n’aura plus jamais l’autorité pour régner sur l’ensemble du pays. L’idéal serait donc d’obtenir des négociations et un compromis entre Assad et l’opposition non djihadiste. Puis une transition qui durerait un an ou deux, vers un gouvernement d’union nationale parrainé par Moscou... et débarrassé du compromettant Assad. On l’imagine très bien finir ses jours dans un exil doré en Russie ou en Iran. Ce compromis permettrait d’isoler et de désagréger les forces djihadistes – Daech et le front Fatah al Cham (ex-front Al Nosra, lié à Al Qaeda) – qui prospèrent sur le chaos ambiant.

Mais il y a plusieurs obstacles à ce scénario : primo, Assad peut se montrer indocile et, pour résister à son éviction, saboter un éventuel processus de paix ; secundo, les villes et les brigades rebelles qui ont enduré, depuis cinq ans les barils explosifs et les attaques chimiques, transigeront difficilement sur le départ de Assad ; tertio, sur le terrain (notamment à Alep) une bonne partie des brigades rebelles a besoin, pour tenir, de l’alliance avec le front Fatah al Cham, et elles ne sont pas prêtes à y renoncer pour de très hypothétiques négociations de paix.

Ce que voudraient les États-Unis

Washington n’a jamais fait du renversement de Bachar el-Assad une priorité. Quand François Hollande avait voulu attaquer Damas, en septembre 2013 Obama avait refusé de le suivre. Depuis l’été 2014, c’est encore plus clair : la priorité est la destruction de l’État islamique et, dans une moindre mesure, celle de Fatah al Cham. Dans cette mesure, le scénario russe d’une transition incluant Assad est accepté par les États-Unis depuis mars 2015.

Les obstacles à ce scénario sont cependant tels que, dans les milieux diplomatiques états-­uniens, une autre possibilité est parfois évoquée  : la partition du pays en un Kurdistan, un « Arabistan » et un « Alaouistan » – trois entités ethnico-religieuses dont chacune serait, par la force des choses, le protectorat d’une puissance étrangère. Ce scénario est cependant si dangereux – il amorcerait une remise en cause générale des frontières au ­Proche-Orient – qu’aucun pays voisin n’en veut. Au mot repoussoir de « partition », les Américains préfèrent donc celui de « fédéralisation » [2] – un fédéralisme dévoyé puisque assujetti à une stratégie impérialiste.

Ce que veut la Turquie

Pour Ankara, le renversement de Assad n’est plus une priorité, et la partition du pays – qui conduirait à un Kurdistan autonome – est exclue. Depuis la bataille de Kobanê, fin 2014, le principal souci d’Erdogan est d’enrayer la dissidence kurde en Turquie, et d’entraver l’émergence du Rojava. C’est dans ce but qu’avec le feu vert de Moscou et de Washington, l’armée turque a envahi une portion du territoire syrien pour refouler les milices kurdes à l’est de l’Euphrate.

La « zone tampon » dé­sormais sous son contrôle sert de base arrière aux rebelles subventionnés par Ankara et continue à abriter les filières de soutien à Daech [3].

Des camps de réfugiés pourraient également y être implantés [4]. Ces réfugiés que la Turquie retient sur son sol constituent son meilleur moyen de pression sur l’Union européenne.

À force d’être montré du doigt comme le principal soutien de Daech, Erdogan a néanmoins dû prendre ses distances avec Daech, mais il évitera de rompre complètement, de crainte de représailles sur le sol turc, où les réseaux djihadistes sont très présents.

Ce que veut l’Iran

La priorité de Téhéran est à la fois le maintien du régime syrien actuel, son unique allié dans le monde arabe face à l’Arabie saoudite, et la destruction de Daech. Sans une Syrie maintenue dans l’intégrité de ses frontières, l’Iran perdrait sa jonction territoriale avec son principal agent dans la région : le Hezbollah libanais. Et Daech, qui considère que les hérétiques méritent la mort, menace directement les populations chiites d’Irak et alaouites de Syrie, dont Téhéran se veut le protecteur. Des milliers de soldats iraniens et de miliciens chiites rémunérés par Téhéran sont déployés en Irak et en Syrie pour y faire face.

Ce que veulent l’Arabie saoudite, les EAU et le Qatar

Les pétromonarchies, qui rejettent toute partition du pays, ­voudraient le départ de Assad et sont dépitées du peu d’empressement de Washington sur ce point. En finançant et en armant les forces rebelles, dont le front Fatah al Cham, elles exercent néanmoins une pression sur l’allié américain.

Entre 2011 et 2013, de pieuses donations de businessmen et de princes du Golfe ont également alimenté Daech [5], avant que les pouvoirs publics ne mettent le holà – trop tard, le monstre avait pris de l’envergure et acquis les moyens de son autofinancement.

L’Arabie saoudite redoute à présent les attentats djihadistes sur son sol – trois ont été perpétrés en juillet dernier. La Syrie et le Yémen sont les principaux théâtres de la guerre indirecte que se livrent le bloc sunnite et l’Iran chiite mais, moins résolues, les pétromonarchies n’ont pas encore osé engager des troupes au sol.

Ce que veulent la France, la Grande-Bretagne, la Belgique...

La priorité de Paris, de Bruxelles et de Londres est de tarir le flot des réfugiés et d’éradiquer Daech, le départ de Bachar el-Assad étant clairement passé au second plan. Dès le début de la guerre civile, les services français et britanniques ont activement soutenu l’opposition armée. L’interventionnisme franco-britannique a culminé en septembre 2013, avec la préparation – avortée – d’une attaque contre Damas.

Puis l’attention s’est reportée sur Daech, d’abord en Irak, puis en Syrie. L’opération Chammal, menée par l’armée française, est montée en puissance, avec des forces aéronavales considérables – dont le porte-avions Charles-de-Gaulle –, loin devant les autres États de l’UE engagés dans la coalition (Pays-Bas, Belgique, Royaume-Uni, Danemark).

Ce qu’espère la gauche kurde

La priorité du PYD syrien, c’est de consolider l’autonomie du Rojava, en tirant profit au maximum de la marge de manœuvre que lui donnent les événements : affaiblissement de Damas, aide matérielle de Washington et de Moscou, neutralité de Téhéran, bienveillance de Paris et Londres. Depuis octobre 2015, les milices YPG-YPJ ont formé, avec des brigades syriaques et arabes, les Forces démocratiques syriennes (FDS). Outre ses capacités militaires, l’alternative politique portée par la gauche kurde est un réel atout vis-à-vis des populations locales et de ses soutiens internationaux.

Fin août, lors de l’intervention turque en Syrie, Russes et Américains ont publiquement pris leurs distances avec les FDS [6]... puis ont continué de les aider sans excès de discrétion [7]. Une attitude qui consiste sans doute à tenir la dragée haute à la fois aux Kurdes et à Erdogan… La gauche kurde n’aura pas été surprise par la duplicité de ses alliés de circonstance ; cela constitue en tout cas un utile rappel de la nécessité pour elle de rester parfaitement indépendante dans ses objectifs, d’où que vienne ­l’aide qu’elle accepte.

La difficulté politique, pour les militantes et les militants kurdes est de revendiquer une fédéralisation de la Syrie sans passer pour des « antipatriotes », fourriers d’une partition du pays. Le PYD prend donc toujours soin de préciser que son projet de « confédéralisme démocratique » est compatible avec le maintien d’une Syrie unie. La Turquie, cependant, fera tout pour empêcher ce scénario, et les Occidentaux ne voudront pas contrarier Ankara sur ce point ; d’autre part, il y a un consensus entre Assad et son opposition pour exclure le PYD des négociations de paix, et Moscou comme Téhéran ne lui forceront pas la main sur ce point.

Ce que voudrait le régime de Damas

Partition ou maintien de l’intégrité du pays, ce qui intéresse le régime est avant tout la sécurisation de l’Alaouistan. Et, pour Assad et son clan, la sécurisation de son pouvoir ou, à défaut, de ses biens. Mais la « reconquête » revendiquée de l’ensemble du territoire semble totalement irréaliste. Ne tenant plus que par la volonté de Moscou et de Téhéran, le régime a une marge de manœuvre assez étroite.

Guillaume Davranche (AL Montreuil), avec Cem Akbalik (socialiste libertaire kurde)


[1] « La réunion de Lausanne sur la Syrie s’achève sans clash mais sans avancée » https://www.letemps.ch/monde/2016/10/15 ... sh-avancee, Letemps.ch, 15 octobre 2016

[2] Henry Kissinger, « A Path Out of the Middle East Collapse » http://www.wsj.com/articles/a-path-out- ... 1445037513, Wall Street Journal, 16 octobre 2015.

[3] Jusque-là, Washington et Moscou s’opposaient à une intervention turque. Pourquoi l’avoir avalisée en août 2016 ? En échange de l’arrêt du soutien turc à Daech ? En échange d’un assouplissement envers Bachar ?

[4]  Fehim Tastekin, « Is Turkey falling into its own Syrian trap ? » http://www.al-monitor.com/pulse/origina ... gmire.html, Al Monitor, 1er septembre 2016.

[5] Les États saoudiens et qataris eux-mêmes ont-ils participé à ce financement ? C’est ce qu’affirmait en privé le Département d’État américain en août 2014, dans un mail d’Hillary Clinton http://www.itele.fr/monde/video/dans-un ... que-171430 dévoilé par Wikileaks.

[6] « Remarks With Russian Foreign Minister Sergey Lavrov at a Press Availability », Genève, 26 août 2016 (sur le site du Département d’État américain http://www.state.gov/secretary/remarks/ ... 261303.htm).

[7] « Turquie : Erdogan accuse Washington d’avoir livré des armes aux Kurdes syriens », Lesoir.be, 23 septembre 2016


http://www.alternativelibertaire.org/?S ... e-la-melee
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