Syrie

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Messagede bipbip » 23 Mar 2011, 08:49

communiqué d'un anarchiste syrien.

Le peuple syrien est en mesure de vaincre le tyran

Les tyrans se trompent toujours, car ils ne comprennent pas ce qu'il faut comprendre. Ce que les tyrans comprennent ou croient, c'est que le bâton est toujours suffisant pour vaincre les peuples.

Et ils pensent que c'est comme ça la vie : des maîtres et des esclaves, des pauvres et des riches, les tyrans se trompent principalement parce qu'ils ne comprendront jamais ce que les peuples opprimés peuvent faire.

Les tyrans pensent que les opprimés et les affamés se révoltent, dans d'autres pays, à cause de la faiblesse de la répression, et la brutalité insuffisante du système, les tyrans se trompent car ils croient que ce qui est vrai dans les jours de silence et de soumission, reste aussi vrai les temps de Révolution.

Bachar al-Assad se trompe aujourd'hui car il pensait que lui et ses services de sécurité et les miliciens et tortionnaires de la «sécurité» sont plus fortes que le peuple syrien en période de révolution.

Quand les gens se soulèvent, lorsque les esclaves se lèvent, la faiblesse , la stupidité, l'impuissance et les illusions des tyrans et de leur chiens mercenaires se dévoile. Ils pensent que l'humiliation, l'oppression, la répression comme eux, dureront à jamais, que nous sommes nés avec eux et que nous mourons avec eux. Mais les esclaves écrivent aujourd'hui une nouvelle histoire, une nouvelle épopée pour la liberté dans cet Orient et dans ce monde. Ceux qui écrivent l'histoire aujourd'hui, ce sont les esclaves, la foule, le peuple insensé, les opprimés, et non les tyrans, et leurs bourreaux. Ni leurs criminels !

Aujourd'hui, les syriens se sont révoltés, ce n''est qu'une question de temps pour que Bashar voit, et comprenne enfin, ce que peut faire un peuple asservi dans une période révolutionnaire, période où les peuples sont révoltés, au temps de la naissance de notre liberté, il n'y a pas de place pour les dictateurs dans ce pays des révolutionnaires. Il n'y a pas de place pour les dictateurs, et les tyrans ne peuvent que partir,

Dégage, Bashar !

C'est le temps des pauvres aujourd'hui, c'est l'histoire de notre révolution, et de notre liberté, et tu n'a pas d'autre choix que de partir,

مازن كم الماز Mazen Kamalmaz, anarchiste syrien



traduction française par Berckman CGA, aidé par Cheikh A.
Related Link: http://www.ahewar.org/debat/show.art.asp?aid=251207

http://www.anarkismo.net/article/19083
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Re: Syrie

Messagede Pïérô » 22 Mai 2011, 09:12

Horizons du progrès de la révolution syrienne,
traduction française du texte du camarade anarchiste syrien Mazen Kamalmaz, sur Anarkismo :
http://www.anarkismo.net/article/19625
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Re: Syrie

Messagede bipbip » 13 Juin 2011, 00:21

une autre traduction d'un texte de camarade anarchiste syrien sur anarkismo.net
"Réflexions sur la révolution syrienne" : http://www.anarkismo.net/article/19500
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Re: Syrie

Messagede DjurDjura » 08 Déc 2011, 14:52

Une blogueuse arrêtée tandis que la répression continue


Razan Ghazzawi est une activiste et blogueuse connue en Syrie. | © Jillian York
L’arrestation d’une blogueuse américano-syrienne bien connue, qui fait vraisemblablement suite à ses activités pacifiques en faveur de la réforme, est un nouveau pas en arrière pour le régime syrien, a souligné Amnesty International mardi 6 décembre.

Razan Ghazzawi, 31 ans, a été arrêtée par la police de l’immigration syrienne à la frontière entre la Syrie et la Jordanie dimanche 4 décembre 2011. Elle se rendait dans la capitale jordanienne, Amman, pour assister à un atelier consacré à la liberté de l’information dans le monde arabe.

Née aux États-Unis mais élevée en Arabie saoudite et à Damas, Razan Ghazzawi a mené campagne pour la libération de blogueurs et de militants emprisonnés en Syrie au cours des manifestations populaires en faveur de la réforme qui se poursuivent et de la violente répression des forces de sécurité syriennes.

Le gouvernement avait pourtant promis de libérer les détenu·e·s politiques
«Le gouvernement syrien s’est engagé à libérer toutes les personnes détenues en raison de leur participation aux événements en cours, mais elles sont encore des milliers derrière les barreaux et sont maintenant rejointes par la blogueuse Razan Ghazzawi, qui est bien connue pour son action en faveur de la liberté d’expression, a déclaré Ann Harrison, directrice adjointe par intérim du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

«Razan Ghazzawi est très probablement une prisonnière d’opinion, détenue uniquement pour avoir exprimé pacifiquement ses convictions légitimes. Elle doit être libérée immédiatement et sans condition si elle n’est pas inculpée d’une infraction dûment reconnue par la loi.

«Le fait qu’elle soit actuellement détenue au secret dans un lieu indéterminé l’expose au risque d’être torturée. Les autorités syriennes doivent au moins informer sans délai sa famille du lieu où elle se trouve et lui permettre d’entrer en contact avec ses proches et avec un avocat de son choix.»

Des milliers d’autres personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations en faveur de la réforme en Syrie à la mi-mars, et nombre d’entre elles sont détenues au secret dans des lieux inconnus où les actes de torture et les autres formes de mauvais traitements seraient monnaie courante. Amnesty International a recueilli les noms de 180 personnes qui seraient mortes en détention en Syrie depuis mars 2011.

Razan Ghazzawi a été arrêtée à cause de son engagement militant
Razan Ghazzawi, qui travaille comme attachée de presse au Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression, est l’une des rares blogueuses syriennes à publier sous son propre nom. Elle a diffusé des informations sur les violations des droits humains en Syrie et d’autres sujets sur son blog et sur Twitter (@RedRazan).

D’autres blogueurs ont lancé une campagne en ligne pour obtenir sa libération.

Son dernier article, publié le 1er décembre 2011, célébrait la libération du blogueur Hussein Gher. Ce dernier a été libéré la semaine dernière après avoir passé plus de 30 jours en prison.

Des amis et collègues de Razan Ghazzawi ont fait l’éloge de sa détermination et de son courage. Peu avant son arrestation, elle a déclaré:

«Si quelque chose m’arrive, sachez que le régime ne craint pas les prisonniers, mais plutôt ceux parmi vous qui ne les oublient pas.»

Le 2 novembre 2011, le gouvernement syrien a accepté, dans le cadre des lignes directrices établies par la Ligue arabe pour mettre fin à la violence, de libérer toutes les personnes détenues à la suite du mouvement de protestation. N’ayant pas tenu cette promesse et d’autres engagements – notamment celui d’autoriser l’accès des observateurs internationaux dans le pays – la Syrie a été suspendue de cette organisation régionale.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit agir au plus vite
Le 23 novembre 2011, une commission d’enquête mise en place par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies s’est déclarée «extrêmement préoccupée par les crimes contre l’humanité commis» en Syrie.

Depuis avril 2011, Amnesty International appelle le Conseil de sécurité des Nations unies à saisir le procureur de la Cour pénale internationale de la situation en Syrie afin qu’il enquête sur les violations s’apparentant à des crimes contre l’humanité.

7 décembre 2011




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Re: Syrie

Messagede Pïérô » 09 Fév 2012, 11:46

Communiqué commun d'anarchistes russes et syrien-ne-s

Aux masses, aux opprimé-e-s et aux révolutionnaires de la Fédération de Russie et de la Syrie

Nous, anarchistes russes et syrien, constatons la collaboration honteuse entre les 2 régimes répréssifs syriens et russe, et le soutien du régime dirigeant syrien à la répression sanglante qu'exerce le régime d'Assad contre les masses syriennes en révolte, à la fois en approvisionnant en armes et munitions les forces d'Assad et en fournissant une protection diplomatique aux massacres d'Assad contre les syriens en régime.

Nous voyons cela comme le résultat logique de la similitude quant à la nature répressive et exploitatrice des deux régimes, et comme une part de la guerre qu'ils mènent contre les opprimé-e-s au sein de leur peuple.

En tant qu'anarchistes et anti-autoritaires, nous condamons cette collaboration honteuse et les pratiques répressives des deux régimes, et nous appelons à une forte et fraternelle solidarité entre les masses réprimées, les révolutionnaires et les anarchistes des deux pays, dans leur lutte contre les élites répressives des deux pays.

Автономное Действие / Action Autonome - Russie
الحركة السورية النسوية الأناركية / Mouvement Anarchiste féministe syrien
Anarchistes Syrien-ne-s

Traduction française (Berckman, CGA)
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Re: Syrie

Messagede Pïérô » 11 Fév 2012, 14:25

Communiqué d'Alternative Libertaire :

Solidarité avec le peuple syrien contre les crimes de la dictature

Après plus de 6000 mort-e-s, les Syrien-ne-s attendent toujours que le concert des nations leur chante autre chose que la triste litanie des meurtres, viols, et tortures que leur quotidien leur inflige. Aujourd'hui comme hier, la dictature syrienne de Bachar El Assad ne connaît que l'arme de la répression pour sauvegarder son pouvoir. Devant la ténacité des insurgé-e-s, le tyran n'hésite pas à se livrer à de véritables massacres.

Ces crimes bénéficient de l'indifférence ou du soutien des grandes puissances : les gouvernements européens s’indignent vertueusement depuis un an, les États-Unis menacent des pires représailles, pour la forme, pendant que les dirigeants russes et chinois soutiennent indéfectiblement la dictature syrienne et les exactions qu'elle commet. Ainsi, mardi la Russie de Poutine opposait son veto à toute condamnation de la dictature syrienne par l’ONU, et le lendemain elle envoyait même un médiateur serrer les mains sanglantes du tyran ! Pour négocier la paix ? Ou pour négocier les achats d’armes au sinistre Bachar El Assad, dont la Russie est le premier fournisseur ? Jeudi, ces mêmes chars et artillerie de campagne, intensifient encore plus leur pilonnage d'Homs, faisant 24 mort-e-s supplémentaires.

Il s'agit bien d'un "permis de tuer" fourni en bonne et due forme par l'ONU et la Ligue arabe.

Le peuple syrien n'a rien à attendre des grandes puissances, et une intervention militaire, hypothétique dans l'état actuel des choses, serait de toutes façons pire que le mal, s'abattant, comme toujours, sur le peuple plutôt que sur les tyrans. Pour vaincre la dictature, le peuple syrien ne peut compter que sur lui-même et sur la solidarité des peuples.

Malgré les milliers de tué-e-s, coupé du monde, sans accès à l’internet, désinformé, surveillé, vexé, fouillé, emprisonné et torturé, le peuple syrien s’entête et persiste, chaque vendredi, à braver le sanguinaire El Assad. Il veut, et nous voulons avec lui, la chute du tyran. Il veut transformer son hiver en printemps de révolution. Il veut, et nous voulons avec lui, une révolution populaire en Syrie, que les puissances étrangères et les clans syriens ne pourront lui confisquer !

Solidarité avec le peuple syrien jusqu'à la chute de la dictature !


Alternative libertaire, le 11 février 2012
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Re: Syrie

Messagede DjurDjura » 11 Fév 2012, 17:53

personne n'agit par pure strategie geopolitique, c'est gerbant de laisser crever les gens comme ça et nous , que pouvons nous faire à notre niveau à part soutenir le peuple syrien qui meure un peu plus tous les jours sous les balles de son dictateur sanguinaire et des autres pays complices


Le point de non-retour approche en Syrie


Hocine Belalloufi


Mardi 31 Janvier 2012



Les événements se précipitent dans le dossier syrien. La crise interne et les manœuvres extérieures constituaient, à l’origine, deux phénomènes relativement autonomes. Mais ils convergent de plus en plus et pourraient fusionner pour déboucher sur une guerre civile doublée d’une intervention étrangère. On atteindrait alors, un point de non-retour, aux conséquences imprévisibles.

Cela fera bientôt une année que la révolte d’une partie de la population syrienne a débuté. On avance le chiffre de plus de 5 000 personnes tuées, de milliers de blessées et de milliers de réfugiées, de centaines de disparus et d’un nombre non précisé d’emprisonnés.

Loin de se calmer, les choses ne font qu’empirer. Les combats opposant l’armée officielle aux rebelles de l’Armée syrienne libre (ALS) ont atteint les faubourgs de la capitale. Les insurgés ont finalement été contraints par l’armée de se retirer lundi des quelques quartiers qu’ils avaient réussi à occuper à l’Est de Damas.

L'armée avait déjà lancé une attaque, il y a quelques jours, contre les bases de l’opposition à Hama et à Homs. Le but de ces trois offensives est de reconquérir le terrain perdu face à une ALS qui n’est pas une véritable armée, mais qui bénéficie de l’arrivée de militaires déserteurs, de la présence de civils en armes, de la récupération d’armes et de l’aide de forces extérieures.

En dépit de la dureté des affrontements et de l’importance des moyens employés, du côté du pouvoir en particulier, aucun protagoniste n’a réussi jusqu’ici à l’emporter. L’opposition ne parvient pas à renverser le régime qui ne semble pas connaître, pour l’instant, de défections politiques importantes. Ce dernier, de son côté, n’arrive pas à écraser le soulèvement pacifique et armé d’une partie de la population et de l’opposition. Nous nous trouvons dans une situation d’équilibre des forces

Cet équilibre ressemble fort à une impasse. Jusqu’ici, les deux protagonistes ne voulaient pas réellement négocier. Mais le régime est confronté à une rébellion armée qui prend de l’ampleur et qui est soutenue politiquement et militairement par tout ce que le régime baasiste compte d’ennemis et d’adversaires : Etats-Unis, France, Angleterre, Allemagne, Qatar, Arabie saoudite, Turquie, Kurdes d’Irak, opposants irakiens sunnites, opposition libanaise… Seul Israël semble dans une position de réserve, mais jusqu’à quand ? Le régime se trouve également soumis à des pressions politiques, économiques et financières exercées par Washington, Paris, Londres, Berlin, les régimes arabes et la Ligue du même nom… Il a donc lâché du lest en acceptant la présence d’observateurs envoyés par la Ligue arabe et l’ouverture de discussions informelles avec l’opposition suggérée par Moscou.




L’équilibre des forces mène à l’impasse

En face, l’opposition est divisée. Le Conseil national syrien (CNS) refuse obstinément, depuis plusieurs mois, de négocier quoi que ce soit avec le régime dont il demande invariablement le départ. Il vient d’opposer une fin de non-recevoir à la proposition russe de discussions informelles avec le régime. Le CNS considère que le départ de Bachar El Assad et de son régime constitue une revendication « scellée et non négociable ». Seulement voilà, en politique il ne suffit pas de vouloir, encore faut-il pouvoir. N’étant pas en mesure de renverser le régime, le Conseil national syrien, dirigé par Burhan Ghalioun, est amené à s’inscrire dans une logique de demande d’intervention étrangère. Celle des armées arabes d’abord. Mais celles-ci risquant d’essuyer un échec militaire face à une armée syrienne beaucoup plus puissante que ne l’était l’armée libyenne, le CNS lance en réalité un appel aux grandes puissances du Conseil de sécurité de l’ONU – à l’OTAN plus précisément – afin qu’elles interviennent militairement. Le CNS a par ailleurs refusé de ratifier un projet d’accord avec l’autre composante de l’opposition, le Comité pour le changement démocratique (CNCD). Il entend être l’unique représentant de l’opposition.

Le CNCD, pour ce qui le concerne, se déclare opposé à la militarisation de la révolte populaire laquelle ne peut que provoquer la mort de nombreuses personnes, en particulier civiles, sans que la chute du régime ne soit garantie. Il rejette également toute intervention étrangère, en particulier occidentale. Il compte apparemment sur la durée de la pression exercée par la population sur le régime pour amener ce dernier ou une partie de ce dernier à négocier. Mais le CNCD semble moins influent en Syrie et n’a visiblement pas réussi à mobiliser le monde du travail qui, par une grève générale, serait en mesure de forcer le régime à faire des concessions substantielles.

La tentation libyenne

Les manœuvres de déstabilisation à l’encontre de la Syrie se sont multipliées ces derniers mois, sous couvert de soutien à la partie de la population réprimée par le régime baasiste. La Ligue arabe, sous hégémonie qatarie et saoudienne, c’est-à-dire américaine, tente de rééditer le scénario libyen pour pousser à une intervention armée de l’OTAN. Elle a retiré ses observateurs de Syrie et refusé qu’ils poursuivent leur mission. Puis, par l’intermédiaire du Maroc, membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, la Ligue arabe présente un projet de résolution demandant l’arrêt des violations des droits de l’Homme et l’ouverture d’une transition politique prévoyant le départ et le remplacement du président Bachar El Assad. Ni la Ligue, ni les grandes puissances, n’ont jamais demandé à l’opposition (CNS et ALS) de faire preuve de retenue et de négocier. La perspective de mesures de rétorsion est brandie uniquement contre le régime de Damas s’il ne répond pas positivement à la demande du Conseil. Les Etats-Unis et l’UE (essentiellement la France, l’Angleterre et l’Allemagne), la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite soutiennent la Ligue dans son entreprise.

Cette sainte-alliance n’a jamais demandé au Conseil de sécurité de protéger les populations du Bahreïn, du Sultanat d’Oman, du Yémen et d’Arabie saoudite, confrontées à la répression de leurs régimes respectifs ou à celle d’armées et de polices étrangères (cas du Bahreïn où l’Arabie saoudite a déployé des militaires pour contrer la contestation populaire).

Il est clair que l’unique motivation des grandes puissances occidentales et de leurs relais dans la région, est de briser la chaîne Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth, en son maillon le plus faible, la Syrie. Le coup serait triple en cas de réussite. Le Hezbollah et la résistance nationale libanaise se trouveraient coupés de leurs arrières stratégiques alors que l’Iran se retrouverait plus que jamais acculé dans le Golfe persique, ses capacités d’intervention au Proche-Orient s’amenuisant considérablement. Les pourparlers entre les Etats-Unis et les Talibans qui s’amorcent sous les auspices du Qatar, et ceux que l’Arabie saoudite s’apprête à lancer entre ces mêmes Talibans et le gouvernement de Hamid Karzaï, confirment la stratégie d’encerclement, de l’Iran chiite, par les sunnites. La Russie, enfin, perdrait son dernier allié stratégique dans le monde arabe.

Confronté à une offensive sans précédent, Damas bénéficie du soutien de la Russie et de la Chine. Moscou et Pékin se prononcent contre toute intervention étrangère, contre des sanctions et contre un changement de régime. Les Russes continuent de fournir des armes à la Syrie. Le parapluie russe tend à devenir vital pour la survie du régime de Bachar El Assad. Que Moscou retire son appui, et les grandes puissances se jetteront, sur la Syrie, comme une meute de chiens de chasse sur leur proie. L’avenir du régime baasiste se joue donc en grande partie à Moscou et à Pékin.

Mais le lancement d’une offensive militaire en Syrie, sans l’aval de la Russie constituerait un pari osé et risqué car susceptible de provoquer une réaction de Moscou (rappelons-nous le précédent géorgien) et le chaos dans toute la région. Aucun pays ne sortirait indemne d’une déstabilisation de la Syrie.


LA NATIONdz
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Re: Syrie

Messagede Pïérô » 05 Mar 2012, 02:04

Dans le dossier spécial du mensuel d'Alternative Libertaire de ce mois de mars "Printemps arabe, un an après" un article éclairant sur les enjeux dépassant le cadre national :

Dossier Printemps arabe :

Syrie : La Palestine libre contre Bachar el Assad

La population palestinienne réfugiée en Syrie prend part désormais à l’insurrection populaire. Instrumentalisée par le régime, puis désignée par lui comme « ennemi de l’intérieur », elle s’est finalement retournée contre la dictature baasiste.

Protégés, instrumentalisés ou expulsés au gré des événements, il n’est pas rare que les réfugiés palestiniens aient servi de boucs émissaires aux dictateurs du Proche-Orient. Qu’on se souvienne des massacres de septembre en Jordanie en 1970 ou du Koweït en 1991, dont 300.000 Palestiniennes et Palestiniens furent expulsés, accusés d’avoir pactisé avec l’occupant irakien. Ce passif explique que, dans un premier temps, la population palestinienne en Syrie se soit prudemment tenue à l’écart du soulèvement populaire.

Environ 477.000 Palestiniennes et Palestiniens vivent en exil sur le sol syrien, dont un tiers dans l’immense camp de Yarmouk, en banlieue de Damas. Pour l’essentiel, ce sont des réfugiés issus de la Naqba (la « Catastrophe », l’expulsion de Palestine en 1948) et des vagues d’exode suivantes. Comme ailleurs, les camps palestiniens sont des pôles culturels et politiques dynamiques, comptant des milliers de militantes et de militants des différentes organisations de la résistance. Plusieurs d’entre elles ont d’ailleurs leur siège en exil à Damas : le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche laïque), le Hamas et le Djihad islamique (islamistes). Il faut y ajouter quelques organisations mercenaires, pilotées par le régime syrien, comme le FPLP-Commandement général (FPLP-CG) d’Ahmed Jibril, ou la Saïka, branche palestinienne du parti Baas (nationaliste panarabe, au pouvoir en Syrie).


La région du Golan, question prioritaire

Historiquement, le régime syrien a toujours cherché à instrumentaliser la lutte palestinienne pour servir ses propres intérêts.

La Syrie a été plusieurs fois en guerre avec Israël : en 1948, en 1967 et en 1973. Après celle de 1967, désastreuse pour Damas, Israël a annexé une riche région de Syrie, le Golan, dont des dizaines de milliers de personnes ont été expulsées. Israël exploite aujourd’hui au maximum les potentialités du Golan, qui fournit un tiers de son eau, de l’énergie éolienne, du très bon vin, des pistes de ski…

Cela explique que la Syrie n’ait pas normalisé ses relations avec Israël, contrairement à l’Égypte ou à la Jordanie. Le régime a noué une alliance avec l’Iran et le Hezbollah libanais dont il a tiré un grand bénéfice moral, le Hezbollah ayant joué un rôle essentiel pour chasser Tsahal du Sud-Liban en 2006.

Mais malgré l’image de « résistant à l’ordre américano-sioniste » dont l’État syrien se prévaut, c’est bien le conflit territorial sur le Golan – et non la solidarité avec le peuple palestinien – qui, fondamentalement, l’oppose à Israël, bien qu’il n’ait pas tiré un coup de feu contre son voisin depuis bientôt quarante ans.


Domestiquer la résistance

En 1970, le père de Bachar, Hafez el Assad s’emparait du pouvoir en éliminant l’aile gauche du parti Baas, celle qui soutenait la révolution palestinienne. L’ancien président Atassi passera plus de vingt ans en prison. Ancien secrétaire général du Parti communiste, Riad al Turk sera lui emprisonné et torturé pendant dix-sept ans. A l’époque, le camp de concentration de Tadmor fut rempli d’opposants de gauche.

Depuis toujours, l’État syrien veut un Liban et une Palestine domestiqués. Contre une OLP jugée incontrôlable, Damas a, dès les années 1960, créé des organisations palestiniennes à sa botte : la Saïka en 1966, puis le FPLP-CG en 1968. À partir des années 1970, l’Irak de Saddam Hussein eut également un groupe palestinien à sa botte : celui d’Abou Nidal… qui tua davantage de dirigeants palestiniens que de soldats israéliens. Aujourd’hui encore, le FPLP-CG, toujours dirigé en titre par Ahmed Jibril (83 ans) compte quelques centaines de miliciens supplétifs du régime.

Au printemps 1976, Hafez el Assad intervenait massivement dans la guerre civile du Liban, mettant tout son poids pour éliminer l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui y avait ses bases principales. Pourquoi ? Parce qu’il craignait que les forces coalisées de la gauche libanaise et de la résistance palestinienne s’emparent du pouvoir au Liban et en fassent un pays hostile à Israël et indépendant des desideratas de la Syrie  [1]. Tandis que, d’une main, il brisait la résistance des camps palestiniens du Liban, Hafez el Assad tendait l’autre main aux dirigeants de la résistance palestinienne. En 1982, la direction du FPLP se résigna à installer son siège à Damas. Le Fatah, lui, refusa. En 1983, Yasser Arafat et 4 000 combattantes et combattants se retrouvèrent encerclés dans la ville libanaise de Tripoli avec les tanks syriens d’un côté et les vedettes israéliennes de l’autre. La résistance palestinienne passa à deux doigts de l’anéantissement. C’est le gouvernement français de l’époque qui l’exfiltra vers Tunis. À la même époque, le régime syrien écrasait dans le sang la ville de Hama, insurgée à l’instigation des Frères musulmans, faisant plus de 20.000 morts.

Après la mort d’Hafez el Assad, en 2000, son fils Bachar a poursuivi sa politique de domestication de la résistance palestinienne.


Les Palestiniens montrés du doigt

Quand les premières manifestations du Printemps arabe ont éclaté en Syrie, la population palestinienne s’en est prudemment tenue à l’écart. C’est en fait le pouvoir qui, le premier, a cherché à les impliquer dans le mouvement.

Dès les premières semaines, le régime de Bachar el Assad a en effet accusé les « éléments extérieurs » de fomenter des troubles, montrant du doigt les camps palestiniens. Le camp de Lattaquié, en zone alaouite  [2], a ainsi subi les incursions de sbires du régime, contraignant ses habitantes et ses habitants à construire une barricade à l’entrée. Mais la manœuvre du régime – provoquer des affrontements avec la minorité palestinienne pour dévier contre elle la colère populaire – a échoué  [3].


Le tournant de la « Marche du retour »

Damas a ensuite essayé une autre diversion, toujours en utilisant les Palestiniennes et les Palestiniens.

Le 15 mai 2011, les communautés palestiniennes réfugiées dans les pays voisins d’Israël ont célébré l’anniversaire de la Naqba, comme chaque année, en orga­nisant des manifestations con­vergentes vers la frontière, la « Marche du retour ». Or, pour la première fois, fort opportunément, Damas a autorisé cette manifestation. Un incident frontalier avec l’ennemi héréditaire pouvait ressouder la population autour du régime. Il s’agissait également d’adresser un avertissement à Tel-Aviv et à Washington en montrant le rôle de garant de la stabilité dans la région joué par le régime…

Cette manifestation enthousiaste a été marquée par un fort désir d’unité – chaque faction a renoncé à défiler avec ses propres couleurs, la foule arborant uniquement le drapeau national palestinien. Surtout, la participation massive à cette manifestation a surpris aussi bien le pouvoir syrien que Tsahal. Des centaines de jeunes ont pénétré sur le Golan, malgré les tirs israéliens. Bilan : 3 morts, et d’imposantes obsèques patriotiques dans les camps.

Enhardi, le pouvoir syrien, a demandé au FPLP-CG de con­duire une nouvelle grande manifestation vers la frontière, le 5 juin. Mais cette fois, la manœuvre s’est complètement retournée con­tre Bachar el Assad. Tsahal ne s’est pas laissé surprendre, et a attaqué les manifestants alors qu’ils n’avaient pas franchi la frontière. Une intervention militaire sur le sol syrien, sans que l’armée syrienne lève le petit doigt. Bilan  : 23 morts, et une colère qui se déchaîne contre Bachar el Assad, accusé d’instrumentaliser les Palestiniens. A Damas, les locaux du FPLP-CG sont attaqués et incendiés par la foule, avant que la police la disperse. Dans cette affaire, le FPLP-CG a perdu toute légitimité. Il a été jusqu’à répliquer en emprisonnant et en torturant des manifestants.


Des slogans pour « la chute du profiteur »

Dans les camps, les slogans anti-Israël se doublent à présent de slogans hostiles au régime : « Un, deux, trois : où étais-tu Bachar Al-Assad ? », ou encore « Le peuple veut la chute du profiteur ». Sans toutefois y apparaître de façon organisée et sous leurs propres drapeaux, les Palestiniennes et les Palestiniens ont dès lors pris part aux manifestations contre le régime. Une centaine d’intellectuels palestiniens demandent aujourd’hui à adhérer à la Fédération des écrivains syriens libres, créée contre le régime.

Quant au FPLP, au Djihad islamique et au Hamas, ces organisations ont prudemment apporté leur soutien au peuple syrien – mais pas au régime de Bachar el Assad. Dans le cas du Hamas, des divergences semblent exister en­tre Ismaël Haniyeh, qui gouverne à Gaza, et Khaled Mechaal, qui dirige le parti depuis Damas.

C’est ce dernier qui pousse à la réconciliation, et qui a négocié le dernier accord de gouvernement avec le Fatah.

Dans le cadre des révolutions du monde arabe, la dictature sanguinaire syrienne doit tomber. Et elle n’a aucune légitimité pour essayer de se présenter comme « amie » des Palestiniennes et Palestiniens. Elle a toujours voulu les domestiquer en tant que force et les écraser en tant que citoyens vivant en Syrie.


Pierre Stambul (Marseille), avec Guillaume Davranche (AL Montreuil)


[1] Georges Habache (avec Georges Malbrunot), Les révolutionnaires ne meurent jamais, Fayard, 2008.

[2] Les alaouites sont une branche de l’islam, dont la population est concentrée dans la bande côtière du pays. Le régime syrien est, de facto, contrôlé exclusivement par des alaouites.

[3] Valentina Napolitano, "Les réfugiés palestiniens et la contestation populaire en Syrie", Esprit, juillet 2011.



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Re: Syrie

Messagede ivo » 27 Mai 2012, 19:10

Plus de 13.000 personnes tuées en Syrie depuis le début de la révolte
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Plus de 13.000 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans les violences depuis le début de la révolte en Syrie contre le régime du président Bachar al-Assad. C'est l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui publie ce chiffre aujourd'hui, après avoir dénoncé hier un nouveau massacre à Houla (centre du pays).

Selon l'ONG, au moins 9.183 civils, 3.072 membres des forces gouvernementales et 794 déserteurs ont péri dans la répression du régime de Bachar al-Assad, depuis la mi-mars 2011.


"Bachar al-Assad a environ six mois pour reprendre le pays militairement"
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Comment expliquer le regain de violence en Syrie ? Avec de nouveaux massacres dans la région de Houla, au centre du pays (plus de 100 morts), le régime de Bachar al-Assad semble vouloir reprendre la main coûte que coûte sur les zones contrôlées par l'opposition. Il faut dire qu'il est de plus en plus menacé, et que les mois qui viennent risquent d'être difficiles pour le pouvoir.

Fabrice Balanche, directeur du Gremmo (Groupe de Recherches sur la Méditerranée et le Moyen-Orient)
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Re: Syrie

Messagede ivo » 28 Mai 2012, 08:13

Syrie : des chars pilonnent Hama, réunion à l'ONU
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Au moins 30 personnes sont mortes aujourd'hui dans le pilonnage par des blindés de l'armée syrienne de certains quartiers de Hama servant de base aux insurgés, selon des opposants. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au moins neuf civils ont été tués, et plus de 150 personnes blessés.

Cette attaque s'est produite alors que le Conseil de sécurité de l'ONU se réunissait en urgence au sujet de la Syrie. Vendredi le massacre de Houla dans le centre du pays a fait 108 morts au total, selon un dernier bilan des observateurs de l'ONU en Syrie. Ils ont également confirmé que des obus d'artillerie et de blindés avaient bien été tirés sur un quartier de la ville de Houla.


Le Conseil de sécurité condamne Damas pour le massacre de Houla
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Au terme d'une réunion de trois heures, le Conseil de sécurité de l'Onu indique qu'il condamne "dans les termes les plus fermes possibles" le gouvernement syrien pour le massacre de Houla, dans lequel 108 personnes ont été tuées.

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Préparation des funérailles après le massacre de Houla © Maxppp / capture Sham News Network

"Le Conseil de sécurité a condamné dans les termes les plus fermes possibles la tuerie, confirmée par des observateurs des Nations unies, de dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants(...) à Houla près de Homs, dans une attaque qui a comporté une série de pilonnages effectués par l'artillerie et les blindés contre un quartier d'habitation", a déclaré le président du Conseil de sécurité, le diplomate azerbaïdjanais Tofig Moussaïev, à l'issue d'une réunion de trois heures dimanche soir.

Dans une déclaration commune, les 15 pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies, dont la Russie alliée de la Syrie, demandent au président Bachar al-Assad de retirer les armes lourdes de toutes les villes syriennes.

Dans cette déclaration, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon ajoute que les observateurs de l'Onu ont également observé des blessures par balles sur certains corps. Ce qui pourrait aller dans le sens de combats à l'arme à feu mentionnés par Alexandre Pankine, numéro deux de l'ambassade de Russie à l'Onu, qui avait laissé entendre que les insurgés pourraient être à l'origine de la tuerie.

D'après les Nations unies, au moins 108 personnes ont été tuées dans le massacre de Houla survenu vendredi. L'émissaire international Kofi Annan doit se rendre en Syrie lundi.
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Re: Syrie

Messagede ivo » 29 Mai 2012, 12:48

Syrie : la majorité des victimes du massacre de Houla ont été exécutées
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Ce sont les premières conclusions de l'enquête réalisée sur place par l'ONU. "Moins de 20 des 108 assassinats peuvent être attribués à des tirs (...) La plupart des autres victimes ont été sommairement exécutées", selon les habitants, par des miliciens pro-régime.

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Lors des obsèques des victimes du massacre de Houla © Reuters Shaam News Network

Une confirmation. Ce qui s'est passé à Houla vendredi dernier est bien un massacre. L'ONU ne le dit pas aussi clairement, mais tout de même... A écouter Rupert Colville, le porte-parole du Haut commissaire aux droits de l'Homme, "on croit que moins de 20 des 108 assassinats peuvent être attribués à des tirs d'artillerie et de tanks".

Ce qui signifie que "la plupart des autres victimes (...) ont été sommairement exécutées lors de deux incidents différents" qui ont été perpétrés, selon des habitants, par les "chabiha", les miliciens à la solde du régime.

"Ce fut un événement absolument abominable qui a eu lieu à Houla et au moins une partie substantielle (...) étaient des exécutions sommaires de civils, y compris de femmes et d'enfants", ajoute Rupert Colville. Avant de rappeler prudemment : "je voudrais insister sur le fait que nous n'en sommes qu'aux toutes premières étapes" de l'enquête. Il y aura de toute façon un rapport plus détaillé.

Pour sa part, la Syrie nie toujours "totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste". Une commission conjointe armée-justice doit publier ses propres conclusions sur le massacre demain.


François Hollande annonce l'expulsion de l'ambassadrice de Syrie en France
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Lamia Chakkour, l'ambassadrice de Syrie a Paris, va devoir quitter la France. L'annonce a été faite ce midi par le président de la République, François Hollande, en réponse au massacre de Houla, dans le centre-ouest de la Syrie, qui a fait ce week-end près de 100 morts, dont 49 enfants et 34 femmes, certains exécutés de plusieurs balles dans la tête.

Cette décision sera notifiée à l'ambassadrice "aujourd'hui ou demain", a déclaré le chef de l'Etat à l'issue d'un entretien avec le président béninois Thomas Boni Yayi. "C'est une décision pas unilatérale de la France, mais concertée avec nos partenaires", a-t-il précisé, Berlin emboitant notamment le pas à la France en annonçant aussi l'expulsion de l'ambassadeur de Syrie en Allemagne. François Hollande a par ailleurs annoncé une réunion du groupe des pays "amis de la Syrie" au début du mois de juillet, à Paris.

Le massacre de Houla a provoqué l'indignation de la communauté internationale. "Il y a une limite à la patience", a notamment déclaré le Premier ministre turc Recep Tayyip. Lors d'un entretien hier, François Hollande et le Premier ministre britannique, David Cameron, sont convenus "d'agir ensemble pour accroître la pression de la communauté internationale sur Bachar al-Assad". Dans un entretien au Monde publié aujourd'hui, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, affirme pour sa part que le président syrien "doit quitter le pouvoir".

Après que le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné, à l'unanimité, le massacre de Houla, le médiateur international Kofi Annan s'est rendu aujourd'hui à Damas pour y rencontrer le président syrien Bachar al-Assad.



voir
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Re: Syrie

Messagede ivo » 29 Mai 2012, 13:32

Plusieurs capitales européennes expulsent les diplomates syriens
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Lamia Chakkour, l'ambassadrice de Syrie a Paris, va devoir quitter la France. L'annonce a été faite ce midi par le président de la République, François Hollande, en réponse au massacre de Houla, dans le centre-ouest de la Syrie, qui a fait ce week-end près de 100 morts, dont 49 enfants et 34 femmes, certains exécutés de plusieurs balles dans la tête. Washington, Berlin, Londres, Madrid, Amsterdam, Canberra et Rome (entre autres) ont pris des décisions similaires.
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Re: Syrie

Messagede ivo » 30 Mai 2012, 09:02

En Syrie "une intervention armée n'est pas exclue" affirme François Hollande
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Invité du journal de France 2, François Hollande a notamment évoqué la situation internationale et la Syrie. Il a ainsi affirmé qu'une intervention militaire en Syrie n'était "pas exclue", a condition que cela se fasse sous mandat de l'ONU. Le président de la République a également promis "un coup de pouce au Smic".

Image
François Hollande invité du journal de 20 heures de France 2 pour sa première intervention télévisée depuis son électionimage France 2

François Hollande n'exclut pas une intervention armée en Syrie, il l'a dit sur France 2

François Hollande "n'exclut pas une intervention militaire en Syrie, à condition qu'elle se fasse dans le respect du droit international, c'est-à-dire par une délibération du Conseil de sécurité" de l'ONU. Le président de la République veut néanmoins privilégier d'autres voies pour "chasser le régime de Bachar al Assad".

Sur ce dossier, la communauté internationale est divisée. De nombreux pays occidentaux ont expulsé les diplomates syriens aujourd'hui, mais le régime de Bachar al Assad continue d'avoir l'appui des Chinois et des Russes. François Hollande, qui doit rencontrer Vladimir Poutine - le président russe - vendredi à Paris, espère le convaincre de "condamner" le régime syrien.

Toujours concernant les dossiers internationaux, François Hollande a réaffirmé ce qu'il avait déjà dit, à savoir que les troupes combattantes françaises quitteraient l'Afghanistan d'ici la fin de l'année. "D'autres vont rester pour rapatrier le matériel et après 2013 il y aura une coopération civile ", a précisé le chef de l'État.

....




Face aux massacres, les Syriens de Paris restent mobilisés
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Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées hier autour de la Fontaine des Innocents à Paris. Les militants demandent une intervention rapide de la communauté internationale.

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Les Syriens de Paris restent mobilisés © Radio France Nathanaël Charbonnier

Visages maquillés aux couleurs de la Syrie, images des massacres dans les mains, les manifestants se sont réunis autour d'une Fontaine des Innocents drappée de rouge pour symboliser le sang. Mohamed a quité Damas il y a dix ans : "C'est horrible. Quand on écoute les prénoms et noms de martyrs, on s'attend à entendre les noms de proches..."

Rabbee Alayek, qui appartient au colectif Syrie Liberté, veut "des mesures pour protéger ce peuple héroïque." Michel Morsière, le porte-parole du collectif Urgence Syrie, refuse de se contenter de l'expulsion des ambassadeurs. "Il faut que les vols ne soient plus possibles pour les compagnies syriennes. Il faut que les avoirs soient bloqués. Que le deuxième cercle autour de Bachar le lâche..."

Les Syriens de Paris restent mobilisés, reportage de Camille Payan

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Dans la manifestation © Radio France Nathanaël Charbonnier
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Re: Syrie

Messagede DjurDjura » 30 Mai 2012, 12:24

Moscou et Pékin rejettent toute intervention armée en Syrie



mercredi 30 mai 2012, par La Rédaction



La Russie ne laissera pas le Conseil de Sécurité des Nations unies autoriser une intervention militaire en Syrie, a prévenu mardi le vice-ministre russe des Affaires étrangères tandis que Pékin réaffirmait dans le même temps son opposition à toute intervention armée.

Moscou est "catégoriquement opposée à toute intervention extérieure dans le conflit syrien qui ne ferait qu’aggraver la situation avec des conséquences incalculables pour la Syrie et le reste de la région", a souligné le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, cité par l’agence de presse Interfax.

A Pékin, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Weimin, a rappelé que "la Chine s’oppos(ait) à toute intervention militaire" et qu’elle "ne soutient aucun changement forcé de régime".

Ces mises au point font suite aux propos tenus mardi par le président français François Hollande, qui, face à l’indignation provoquée par le massacre de plus de 100 civils syriens en fin de semaine dernière à Houla, n’a pas exclu une intervention armée dans un cadre international.

Une action militaire "n’est pas exclue à condition qu’elle se fasse dans le respect du droit international, c’est-à-dire par une délibération du Conseil de sécurité", a-t-il déclaré sur France 2.

Depuis le début de la crise syrienne, la Russie et la Chine, qui disposent d’un droit de veto, ont déjà mis en échec deux projets de résolution du Conseil de sécurité qui aurait condamné la répression menée par le régime de Bachar al Assad.

Elles ont en revanche accepté la création de la Mission de supervision des Nations unies en Syrie (Misnus) par la résolution 2043 votée à l’unanimité pour surveiller le cessez-le-feu entré théoriquement en vigueur le 12 avril.

Elles ont également voté la déclaration non contraignante adoptée après le carnage de Houla, qui critique l’emploi par l’armée syrienne d’armes lourdes dans des centres de population et appelle le régime de Bachar al Assad comme ses ennemis à mettre fin à la violence.

Cette déclaration, a poursuivi Guennadi Gatilov, constitue "un signal fort aux parties syriennes et une réaction suffisante de la part du Conseil aux derniers développements". "Nous pensons que toute considération au Conseil de sécurité quant à de nouvelles mesures visant à influencer la situation serait à présent prématurée", a-t-il ajouté.

Le président russe, Vladimir Poutine, sera reçu vendredi soir à Paris par François Hollande.

Pékin a indiqué par ailleurs qu’aucune décision n’avait été prise sur une possible expulsion de diplomates syriens à l’image de ce qui s’est passé dans les pays occidentaux en riposte au carnage de Houla.

"Je n’ai pas entendu qu’il y ait eu le moindre impact sur l’ambassade de Syrie en Chine", a dit Liu Weimin.

(30 mai 2012 - Avec les agences de presse)



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Re: Syrie

Messagede ivo » 31 Mai 2012, 08:19

Le régime de Bachar El Assad reprend le pilonnage de Houla
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/ ... 20714.html
Image
Les militants anti-régime en Syrie continuent de se mobiliser malgré le pilonnage de la ville de Houla, qui a repris.

Après la mort de 108 personnes à Houla il y a moins d'une semaine, le régime syrien a repris les bombardements. La communauté internationale peine toujours à décider d'une riposte.
L'armée syrienne a repris mercredi son pilonnage de la localité de Houla, théâtre d'un massacre dénoncé par la communauté internationale, la violence ne connaissant aucun répit en Syrie avec la mort de 62 personnes malgré les mises en garde internationales.

La principale coalition de l'opposition, le Conseil national syrien (CNS), a accusé la Russie d'encourager le régime de Bachar al-Assad à commettre des "crimes sauvages" après les critiques de Moscou contre les sanctions diplomatiques prises en Occident pour protester contre l'escalade en Syrie.

Les observateurs internationaux impuissants

A Genève, l'adjoint de l'émissaire international pour la Syrie Kofi Annan, le Français Jean-Marie Guéhenno, a dit, après s'être adressé par visioconférence au Conseil de sécurité de l'ONU, attendre des "gestes concrets" du régime sur l'arrêt des violences, la libération des détenus et l'accès humanitaire.

Alors que la communauté internationale ne parvient pas à se mettre d'accord sur la marche à suivre, la répression menée par le régime contre la révolte populaire lancée en mars 2011 et les combats entre soldats et rebelles continuent de plus belle en Syrie, faisant 62 morts, selon des militants.

Toujours pas de respect du cessez-le-feu

L'armée bombardait à l'artillerie lourde en soirée Houla, où 108 personnes ont été massacrées vendredi et samedi, a indiqué le CNS en appelant les observateurs de l'ONU à se rendre dans cette localité du centre de la Syrie et à (...) protéger les civils qui s'y trouvent encore". Les quelque 300 observateurs de l'ONU déployés en Syrie n'arrivent pas à faire respecter un cessez-le-feu préconisé par le plan Annan, entré théoriquement en vigueur le 12 avril mais systématiquement violé.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a affirmé que "les habitants fuient vers d'autres villages de la région de Houla, par peur de nouveaux massacres", faisant état de colonnes de fumée s'élevant au-dessus du village de Taldo, cible de bombardements. Au total, 108 personnes, dont une cinquantaine d'enfants, ont été tuées à Houla et 300 autres blessées selon les observateurs de l'ONU. D'après un responsable de l'ONU, une partie a été victime d'éclats d'obus, ce qui implique la responsabilité du gouvernement, et une partie à l'arme blanche, "ce qui désigne probablement les chabbiha", les miliciens pro-régime.
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