Colombie

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Messagede Pïérô » 16 Aoû 2010, 00:11

Déclaration Internationale contre répression en Colombie

introduction, http://www.anarkismo.net/article/17326 :
Depuis que la répression a pris de terribles proportions en Colombie, le mécanisme de la violence absolu sert à imposer un régime terroriste mafieux, une enclave servile aux intérêts impérialistes des États-Unis dans la région. Le régime actuel exprime la politique la plus sévère de la violence de classe contre les travailleur-euse-s de la région. Cette situation n'est pas seulement dommageable pour les Colombien-ne-s, mais elle représente une menace pour tous les peuples d'Amérique Latine. Les organisations libertaires qui ont signé cette déclaration l'ont fait dans le but de montrer leur solidarité au mouvement libertaire en Colombie. Tout comme le reste des mouvements populaires, ces organisations savent qu'on ne fait pas de quartier dans la lutte contre le Terrorisme d'État et l'Impérialisme.

DÉCLARATION INTERNATIONALE CONTRE LA BRUTALITÉ POLICIÈRE ET LA RÉPRESSION DE LA JEUNESSE EN COLOMBIE

A la date du 6 mai dernier, cinq ans se sont écoulés depuis le meurtre de Nicolás Neira par l'ESMAD (police anti-émeute). Il y a cinq ans, Nicolas défilait à la manifestation du 1er mai. A l'âge de 15 ans, c'était le geste simple d'un jeune homme qui avait donné un nouveau sens à sa vie. Ce jour-ci, par sa lucidité et son sens politique, son enthousiasme et sa détermination, Nicolás Neira fut un vrai militant libertaire, engagé dans les luttes populaires, celles de tous les opprimés - outrepassant les illusions et les manipulations sociales, qui rendent la lutte étrangère à trop de jeunes indifférents. Aux moyens de la force brutale, le pouvoir étatique a mis fin à sa vie le 1er mai 2005. Démuni et ne sachant pas ce qui allait lui arriver, les policiers de l'ESMAD l'ont acculé dans un coin, et l'ont sommairement exécuté à coups de pied et de matraque sur la tête. Après avoir lutté contre la mort quelques jours, il succomba finalement le 6 mai.

En 2009, après des années de silence du système judiciaire et d'impunité, le ministre de la Justice a déclaré deux officiers de l'ESMAD indésirables à leurs postes et les a finalement licenciés pour «omission» dans l'affaire Nicolás Neira. Ce verdict n'est clairement pas suffisant, il représente néanmoins une petite victoire dans la mesure où il constitue l'aveu public de l'assassinat par les forces de police de Nicolas Neira. Ce dernier, ne l'oublions pas, ne fait qu'allonger une terrible liste de jeunes gens assassinés au travers des années par l'ESMAD. Nicolás est la victime de la Police d'État et de sa brutalité, elles-mêmes également responsables du meurtre de jeunes gens comme Carlos Giovanni Blanco (étudiant à l'Universidad Nacional, assassiné en 2001), Jaime Acosta (étudiant à l'Universidad Industrial de Santander, assassiné en 2002), Belisario Guetoto (garçon indigène, tué en 2005), Johnny Silva (étudiant à l'Universidad del Valle, assassiné en 2005) et Óscar Salas (étudiant à l'Universidad Distrital, assassiné en 2006).

Le cadre très flou de la "Démocratie Sécuritaire" laisse de la place à des actes de brutalité policières d'une telle ampleur. Ces actes de brutalité ont touchés d'une manière particulièrement forte la jeunesse à travers une discrimination continuelle, criminalisations, morts, dénonciations, exécutions extra-judiciaires, répression de toutes les formes de protestation sociale, chômage, faible niveau d'éducation, faiblesse de la sécurité sociale et absence d'opportunité d'avenir.

Face à cette morbide réalité, nous, jeunes gens nous engageons sans limite à réaliser nos rêves et nos espoirs libertaires, refusant l'option du silence, et élevons nos voix de protestations dans le but de :

1.Dénoncer la brutalité policière visant la jeunesse, sous le poids de laquelle succomba Nicolãs Neira , et d'exiger le démantèlement définitif de l'ESMAD.
2.Dénoncer la politique de répression de la jeunesse, qui fait partie intégrante de la politique de Démocratie Sécuritaire d'Uriba conduite ces huit dernières années et qui se poursuivra ces quatre prochaines années avec la politique du gouvernement Santos .


Pour une vie digne, la justice et la liberté !
Contre la brutalité policière et la répression de la jeunesse !



1. Red Libertaria Popular Mateo Kramer (Colombie)
2. Revista Hombre y Sociedad (Chili)
3. Organización Revolucionaria Anarquista « Voz Negra » (Chili)
4. Federazione dei Comunisti Anarchici (Italie)
5. Hijos del Pueblo (Équateur)
6. Worker Solidarity Movement (Irlande)
7. Organisation Socialiste Libertaire (Suisse)
9. Unión Socialista Libertaria (Perou)
10. Common Action (USA)
11. Union Communiste Libertaire (Canada)
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Colombie : Le manque d’eau, une torture permanente pour les

Messagede chaperon rouge » 14 Déc 2010, 06:32

Colombie : Le manque d’eau, une torture permanente pour les prisonniers et prisonnières de la prison de Valledupar

Traduction d'un communiqué du 9 décembre de la Fundación Comité de Solidaridad con los Presos Políticos :

La Fundación Comité de solidaridad con los Presos Políticos (Fondation Comité de solidarité avec les prisonniers-ières politiques), dénonce devant la communauté nationale et internationale que les détenu-e-s de la prison de haute sécurité de Valledupar ont communiqué avec notre organisme pour nous informer qu’ils/elles ont à nouveau été privé-e-s d’approvisionnement en eau.

Les détenu-e-s ont indiqué qu’à cette occasion ils/elles complétaient leur 4ième jour sans eau, une situation qui pose un grave risque sur la vie et l’intégrité physique des personnes privées de liberté dans le centre de détention, où plus d’une vingtaine de cas de tuberculose ont été rapportés et où les conditions de salubrité des cellules, des salles de douche et de la cour ont été dénoncées à plusieurs reprises.

Il est extrêmement inquiétant pour notre organisme que près de 10 ans après l’entrée en fonction de la prison de haute sécurité de Valledupar, et en dépit des multiples décisions judiciaires pour que les défaillances structurelles y soient corrigées, le personnel n’a pas été en mesure de normaliser l’approvisionnement en eau des détenu-e-s privé-e-s de liberté. La situation qui est vécue dans la prison de haute sécurité s’est transformée en une torture systématique de la population incarcérée, selon les normes nationales et internationales des droits humains.

Nous considérons que la situation de la prison de haute sécurité de Valledupar est d’une telle gravité, et l’inefficacité de l’État colombien à garantir des conditions de détention dans la dignité est si évidente que la seule solution pour que cessent les graves violations des droits humains est la FERMETURE DÉFINITIVE DE LA PRISON.

Nous réitérons notre exigence au gouvernement colombien, dirigé par le Président de la République Dr. Juan Manuel Santos Calderón et la Direction générale de l’INPEC [Instituto Nacional Penitenciario Y Carcelario], de prendre des mesures URGENTES ET NÉCESSAIRES pour que cessent les graves violations des droits humains de la population carcérale dans la prison de haute sécurité de Valledupar. Par les défaillances structurelles qui affectent l’approvisionnement en eau, et l’absence de résolution immédiate, il faut ordonner la FERMETURE DÉFINITIVE DE LA PRISON.

De même, nous réitérons notre demande à toutes les organisations sociales, défenseures nationales et internationales des Droits Humains, et au mouvement populaire d’exiger aux autorités colombiennes de garantir des conditions de détention dignes à toutes les personnes incarcérées dans la prison de haute sécurité de Valledupar de façon immédiate et que si ce n’est possible, d’ordonner la FERMETURE DÉFINITIVE DE LA PRISON.

Envoyez vos messages aux adresses suivantes:
Dr. Juan Manuel Santos Calderón, Presidencia de la República Cra. 8 No.7-26, Palacio de Nariño Bogotá, D.C., Colombia. Fax: (+57 1) 566.20.71

Dr. Germán Vargas Lleras, Ministerio del Interior y de Justicia Carrera 9a. No. 14-10, Bogotá, D.C., Colombia. PBX (+57) 444 31 00

Dr. Alejandro Ordóñez, Procuraduría General de la Nación Carrera 5 No. 15-80 Bogotá, D.C. Colombia. Fax: (+57 1)342.97.23

Dr. Volmar Antonio Pérez Ortiz. Defensoría del Pueblo Calle 55 No. 10-32 Bogotá, D.C. Fax: (+571) 640 04 91 E-mail: secretaria_privada@hotmail.com

COMITÉ DE SOLIDARIDAD CON LOS PRESOS POLITICOS

9 DÉCEMBRE 2010
Traduction libre du Collectif Emma Goldman
GUERRE À LA GUERRE, À BAS TOUTES LES ARMÉES
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Colombie

Messagede altersocial » 09 Nov 2012, 16:57

Extrême droite : Arrestation au Venezuela d'un baron de la drogue colombien

Le ministre vénézuélien de l'Intérieur et de la Justice a annoncé jeudi l'arrestation au Venezuela du baron de la drogue colombien Jorge Milton Cifuentes-Villa, responsable du trafic international, réclamé à la fois par la Colombie et les Etats-Unis.
"Capture du dangereux chef du trafic de drogue international Jorge Milton Cifuentes Villa, alias JJ, réclamé par la Colombie et les Etats-Unis", a écrit Nestor Reverol sur son compte Twitter. Le ministre n'a pas fourni davantage de détails sur sa capture et son arrestation, mais selon sa description sur la page web du Département d'Etat américain, il est le chef d'un groupe de narcotrafiquants appelé Cifuentes-Villa, qui serait "le principal fournisseur du Cartel de Sinaloa au Mexique". Cette organisation de trafiquants de drogue, qui "opère en Colombie, en Equateur, au Panama, au Mexique et en Espagne", est "responsable du financement et de la coordination de l'envoi d'importants chargements de cocaïne" aux Etats-Unis, selon le Département d'Etat qui a offert une récompense atteignant jusqu'à "5 millions de dollars" pour des informations menant à la capture de Cifuentes-Villa. En outre, le Département d'Etat souligne que l'on suppose que Cifuentes-Villa --qui en 2010 a été accusé aux Etats-Unis d'être impliqué dans le trafic de drogue-- est un "parrain" des paramilitaires des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC, extrême droite). Au cours des dernières années, la plupart des grands barons de la drogue colombiens ont été arrêtés, dont certains au Venezuela, avant d'être extradés aux Etats-Unis. (CYA)
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Messagede altersocial » 01 Déc 2012, 19:36

Echos de l'extrême droite colombienne :

Des employés de Nestlé menacés de mort

Travail-La Suisse politique et religieuse se mobilise pour soutenir des employés de Nestlé menacés de mort en Colombie. Ils ont jusqu’à demain pour fuir ou mourir.

«Aux syndicalistes de Nestlé : Vous devez être exterminés. Vous avez jusqu’au 1er décembre 2012 pour déguerpir de la Valle del Cauca. Le 2 décembre verra le sang couler.» Le tract, signé AUC, pour Autodenfezas Unidas de Colombia ,Bacrim et Aguilas Negras, trois groupes de type paramilitaires, est froid et sans appel. Ces groupes se revendiquent anti-communistes. Ils menacent aussi dans leur tract des employés des firmes Good Year, Coca-Cola et d’entreprises sidérurgiques, la plupart membres du syndicat Sinaltrainal. Au total, onze personnes sont ciblées, leurs noms publiés. Les paramilitaires colombiens ne sont pas habitués à faire dans la dentelle, mais cet ultimatum fait fortement réagir en Suisse. L’ONG Multiwatch, des parlementaires, et même l’Eglise catholique se mobilisent.

L'entreprise Nestlé a condamné publiquement les intimidations et menaces des paramilitaires à travers d'un communiqué publié dans les médias colombiens, diffusé mercredi. L'entreprise basée à Vevey a aussi proposé aux employés menacés des mesures provisoires et est intervenue auprès des autorités locales et nationales.

Déjà près de 20 syndicalistes assassinés en 2012

«La situation est très critiques. Depuis le début de l’année, près de 20 syndicalistes ont été assassinés dans cette région de Colombie, et environ 30 indigènes dans la vallée voisine», explique Stephan Suhner, fondateur de l’organisation Multiwatch, qui surveille le comportement des multinationales face aux droits humains. C’est Multiwatch qui a été interpelée par le syndicat colombien Sinaltrainal, lorsque les menaces se sont précisées. « Il nous a demandé d’organiser un rendez-vous à haut niveau avec la direction de Nestlé. Jusqu’à présent, ce n’a pas été possible. Nous avons passé le relai aux parlementaires de la commission de politique extérieure du National, qui ont voyagé en Colombie début octobre », indique Stéphan Suhner. Et le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg a rejoint le mouvement. « L’évêque Monseigneur Morerod a écrit à ses homologues en Colombie pour dire sa préoccupation».

Une rencontre marquante

Dans le cadre d’un voyage officiel, huit parlementaires ont pu rencontrer l’un des syndicalistes aujourd’hui menacé par les paramilitaires. «Il vit dans un danger constant, mais cela s’est aggravé ces derniers temps. Cette rencontre nous a beaucoup marqués», raconte le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE). Le Genevois a invité ses collègues à écrire aux autorités colombiennes pour dénoncer les menaces des paramilitaires. Il s’est lui-même engagé à prendre contact avec la direction de Nestlé. Le rendez-vous téléphonique a eu lieu dernièrement. «On m’a écouté, c’est positif. Nestlé a tout intérêt à être actif et faire le maximum pour protéger ses syndicalistes là-bas » enchaîne le socialiste. En mars, une plainte a été déposée auprès du ministère public de Zoug à l’encontre de la multinationale pour un meurtre d’employé commis en Colombie. Comme la vie de certains de ses employés, la réputation de Nestlé se joue aussi en Colombie.
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Re: Colombie

Messagede ivo » 20 Jan 2013, 19:47

Les FARC annoncent la fin de leur cessez-le-feu unilatéral
fr info
Les rebelles colombiens des FARC ont annoncé dimanche qu'ils mettaient fin à leur cessez-le-feu unilatéral. Cette trêve qu'ils avaient décrétée pour deux mois en novembre devait permettre de faciliter les pourparlers de paix menés avec le gouvernement colombien.

Fin de la trêve en Colombie. Le cessez-feu que les FARC avaient décrété unilatéralement en novembre est arrivé à son terme ce dimanche. Les rebelles marxistes avaient à l'époque présenté ce geste comme un gage de bonne volonté visant à faciliter les pourparlers de paix avec Bogota.

C'est "le cœur douloureux" que le principal négociateur des rebelles marxistes, Ivan Marquez, a annoncé cette décision, tout en regrettant de devoir reprendre une guerre "dont pourtant personne ne veut dans le pays." Il a expliqué la fin du cessez-le-feu par le refus des autorités colombiennes de respecter elles aussi une trêve.

Les autorités colombiennes se disent prêtes à affronter une recrudescence de la violence / Zoé Béri

Ce cessez-le-feu temporaire avait été proclamé au premier jour des négociations. Une décision saluée dans le monde entier, y compris par leur ancienne otage : Ingrid Betancourt.

La quatrième tentative de pourparlers en 49 ans

L'armée et la police colombiennes ont cependant accusé les rebelles d'avoir mené 57 escarmouches et embuscades pendant la période de cette trêve. Dans le même temps, les forces régulières colombiennes ont tué au moins 34 rebelles.

Il s'agissait de la quatrième tentative de dialogue depuis 1964. Les pourparlers de paix de La Havane visaient à mettre fin à près d'un demi-siècle de guérilla en Colombie. Une guérilla qui a fait plusieurs milliers de morts et des millions de déplacés.
.^o GRAVOS MC ° SC1 ° SC2
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Re: Colombie

Messagede altersocial » 26 Jan 2013, 18:46

Charbon : Préavis de grève à la mine Cerrejón en Colombie

Commodesk - Après 40 jours de négociations pour la signature d’une nouvelle convention collective, la compagnie charbonnière colombienne Cerrejón n’est pas parvenue à arracher un accord à la majorité des mineurs.

La plus grande mine de charbon du pays pourrait donc être paralysée dans les premiers jours de Février, affirme Igor Diaz Sintracarbón, président du syndicat des mineurs.

L’entreprise offre une hausse de salaires de 5% en 2013, contre 2,5% en 2012. Les représentants des salariés ne veulent pas transiger à moins de 7%, compte tenu des bénéfices de l’année. L’entreprise évoque la réduction continue et significative du prix du charbon sur le marché international et l'augmentation notable des coûts de production.

Cerrejón a fait en tout 11 propositions aux 12.000 mineurs, qui bénéficieraient d’une enveloppe globale comprenant une prime de signature, une avance sur salaire, un rehaussement de la couverture santé prise en charge par l’entreprise à 74%, étendue aux familles, un prêt au logement à taux bonifié, et 13% de plus en prime d’ancienneté. Toutefois, en cas de grève, toutes les améliorations proposées dans le cadre de l’accord négocié seraient perdus, affirme l’entreprise.

Le panier comprend encore une aide aux transports, un relèvement de l’aide aux études et des bourses accordées aux enfants des mineurs les plus performants, et une aide aux clubs sportifs des mineurs.

La mine à ciel ouvert de Cerrejón, au nord de la Colombie, a produit 32,8 millions de tonnes en 2012, mais voudrait porter sa production à 40 millions de tonnes d’ici à 2015. C’est pourquoi l’entreprise compte introduire des critères de productivité dans les nouveaux contrats.

La Colombie est le 4e exportateur mondial de charbon, un secteur dominé par les grands producteurs Glencore, Drummond et Cerrejón, appartenant à BHP Billiton, Anglo American et Xstrata. Le pays possède des mines de charbon, d'or et de nickel, mais cherche à exploiter d'autres ressources comme l'argent, le platine, le zinc, le cuivre, le fer, le coltan et l'uranium.
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Re: Colombie

Messagede bipbip » 26 Sep 2013, 13:16

COLOMBIE Un mois de grèves et de blocages

Depuis le 19 août, les paysans colombiens bloquent les routes et affrontent la police. Ce mouvement a fait boule de neige chez les mineurs, dockers, hospitaliers, étudiants, etc. Malgré l’autisme des autorités, le gouvernement semble prêt à "négocier". Entretien avec Beatriz et Constanza, Colombiennes, à Canal Sud

émission à écouter sur SONS EN LUTTES : http://www.sonsenluttes.net/spip.php?article645
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Re: Colombie

Messagede bipbip » 19 Nov 2013, 12:14

Un syndicaliste de Nestlé assassiné en Colombie

Solidarité avec les travailleurs (es) Colombiens en lutte !

La semaine passée, des travailleurs de Nestlé en Colombie ont commencé une grève de la faim pour pousser la multinationale à entrer en discussion avec le syndicat Sinaltrainal.

Depuis plusieurs mois, Nestlé refuse de dialoguer avec Sinaltrainal. Au lieu de chercher une solution au conflit, Nestlé aggrave la situation en lançant des diffamations dangereuses contre le syndicat. Le samedi 9 novembre passé, un syndicaliste a été assassiné.

Le samedi 9 novembre, Oscar López Triviño a été assassiné par quatre coups de feu. Il travaillait depuis 25 ans dans la fabrique de Nestlé à Bugalagrande, en Colombie. Le jour avant, le syndicat Sinaltrainal avait reçu des menaces de mort à travers des messages envoyés aux téléphones portables des travailleurs qui disaient :
« Guérilleros fils de putes si vous continuez d’embêter la Nestlé il n’y aura plus de pardon. Nous allons vous à couper en morceaux. Mort aux communistes de Sinaltrainal ». La menace est signée par le groupe paramilitaire « Los Urabeños ».
Quelques jours avant, quatre syndicalistes de Sinaltrainal avaient commencé une grève de la faim devant la fabrique de Nestlé à Bugalagrande. Les travailleurs avaient recours à cette forme de protestation dans le cadre d’un conflit du travail qui existe depuis longtemps. Nestlé a interrompu le dialogue de manière unilatérale il y a plusieurs mois. L’entreprise, en plus, a augmenté la pression envers le syndicat Sinaltrainal avec des actions comme celle de pousser les nouveaux travailleurs à faire partie de Sintraimagra, le syndicat concurrent qui est proche de la direction de l’entreprise. Ces mesures ont pour objectif d’affaiblir Sinaltrainal et violent les droits syndicaux.
Au lieu de chercher une solution au conflit, la multinationale alimentaire l’a aggravé encore plus à la fin du mois d’octobre, avec un communiqué signé par le président de Nestlé-Colombie Manuel Andrés Kornprobst, qui accusait injustement Sinaltrainal d’appeler à commettre des actes de violence et de sabotage. Ce genre d’accusation, dans le contexte colombien, sont très dangereuses et transforment les syndicalistes en cibles des paramilitaires. Dans le passé, 14 travailleurs de Nestlé ont été assassinés, alors que d’autres ont été victimes d’attentats ou ont dû quitter la région suite à des menaces. Avec l’assassinat d’Oscar López, le nombre de syndicalistes de Nestlé assassinés se monte maintenant à 15.
Après le début de la grève de la faim, la semaine passée, l’organisation de défense des droits humains MultiWatch a écrit une lettre ouverte à Paul Bulcke, CEO de Nestlé, en exigeant que Nestlé entre en immédiatement dialogue avec Sinaltrainal et fasse le nécessaire pour protéger la vie et l’intégrité des syndicalistes menacés et leur famille. L’organisation suisse exige de Nestlé-Colombie qu’elle cesse de délégitimer et de diffamer Sinaltrainal et qu’elle respecte entièrement la convention signée avec le syndicat. De plus, un groupe de vingt – 20 – parlementaires suisses ont adressé une lettre à M. Bulcke, appuyant les demandes de MultiWatch et demandant une rencontré urgente avec Nestlé.
Dans sa réponse à MultiWatch, Nestlé n’a pas répondu aux demandes urgentes mais s’est limitée à faire des déclarations qui donnent une bonne image de l’entreprise. Nestlé a bloqué les lettres de protestation électroniques qui lui sont envoyées, faisant que celles-ci, depuis quelques jours, n’arrive plus à Nestlé mais sont renvoyées à leur destinataire.
MultiWatch proteste énergiquement contre ce comportement de Nestlé. La multinationale est responsable de garantir que toutes ces fabriques respectent les droits syndicaux. Si le chef d’une filiale fait des déclarations qui peuvent mettre en danger la vie des syndicalistes, la maison mère doit intervenir et assurer la sécurité et l’intégrité physique des syndicalistes et de leur famille. Nous exigeons à nouveau que Nestlé intervienne immédiatement et trouve une solution d’accord mutuel dans ce conflit de travail. La maison mère doit prendre ses distances des diffamations qui mettent en danger la vie de ses travailleurs. Nestlé doit garantir qu’il n’y ait pas d’autres menaces, actes de violence ou assassinat de syndicalistes. Elle doit faire cesser les mesures antisyndicales contre Sinaltrainal et respecter entièrement la convention signée. Il est également nécessaire qu’une enquête indépendante et complète soit réalisée sur les menaces contre les travailleurs et les travailleuses et sur l’assassinat d’Oscar López Triviño.
MultiWatch, 10 novembre 2013

http://www.cnt-so66.org/spip.php?article25
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Re: Colombie

Messagede bipbip » 11 Avr 2014, 07:50

Tierralta (Colombie) : La police anti-émeute et l’armée expulsent des centaines de squatters de terrains

Le week-end dernier, près de 2000 personnes ont occupé trois terrains dans le périmètre urbain de Tierralta, en Colombie.

Les autorités sont intervenues très rapidement pour exiger, “par le dialogue”, que les squatters quittent les terrains occupés. Le bon vieux “dialogue” unilatéral qui se résume à une menace claire: “vous dégagez maintenant ou on vous envoie des flics armés !”

Un couvre-feu quotidien a ainsi été décrété par le maire de Tierralta, Carlos Arturo Cogollo, dès la fin de la semaine dernière, de 19h jusqu’à 7h le lendemain matin.

Le gouverneur du département de Córdoba, Alejandro Lyons Muskus, a réuni un Conseil Extraordinaire de Sécurité avec comme thème principal le cas urgent de Tierralta. À la fin de ce Conseil, il a été décidé que la police et l’armée enverraient des renforts (300 policiers, notamment de l’Esmad, police anti-émeute colombienne) pour empêcher l’occupation des plus de 30 hectares squattés à Tierralta.

Dans la journée du dimanche 6 avril, au moins 130 familles qui squattaient ces terrains ont été expulsées par l’Esmad et l’armée.

Des affrontements ont eu lieu entre squatters et forces armées de l’État pendant la nuit de dimanche à lundi. Plus d’une quinzaine de personnes ont été blessées et admises à l’hôpital San José, dont une moitié de membres des forces de l’ordre.

Il s’agit de la troisième émeute en moins de dix jours à laquelle la police se trouve confrontée dans le département de Córdoba. La première a eu lieu dans la ville de San Pelayo lors d’une autre opération d’expulsion et la deuxième a eu lieu à Cereté suite à un coup de feu tiré par un adulte sur un jeune mineur.

http://fr.squat.net/2014/04/09/tierralt ... expulsent/
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Re: Colombie

Messagede Pïérô » 11 Juin 2014, 11:26

Cali (Colombie): Plus de 500 personnes sont expulsées d’un terrain squatté et se retrouvent sans logement
http://fr.squat.net/2014/06/07/cali-col ... -logement/
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Re: Colombie

Messagede Pïérô » 02 Juil 2014, 01:45

Pasacaballos : Deux jours de révolte suite à l’expulsion d’un terrain squatté

Jeudi 26 juin 2014, dès 6 heures du matin, plus de 300 flics anti-émeute de l’Esmad (Escuadrón Móvil Antidisturbios) ont commencé à procéder à l’expulsion d’un terrain squatté dans le village de Pasacaballos (situé une vingtaine de kilomètres au sud de Carthagène des Indes). Une résistance importante s’est opposée à cette expulsion.

... http://fr.squat.net/2014/06/30/pasacaba ... more-29000
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Re: Colombie

Messagede bipbip » 21 Jan 2015, 02:18

Nouvelle vague de menaces : paramilitarisme actif ou stratégie de dissuasion par la terreur ?

quand les médias alternatifs et les organisations sociales sont taxés de "terroristes"

Ces dernières semaines les médias de communication alternatifs, des étudiants des universités publiques et des leaders sociaux de diverses régions de Colombie ont reçu des menaces de mort de la part des paramilitaires d’extrême droite à cause de leurs supposées alliances avec les guérillas et le "terrorisme".


Des menaces ont déferlé en novembre - décembre sur les médias critiques colombiens et sur de nombreux leaders sociaux, provenant de destinataires différents mais toutes avec une même signature : celle du langage “paraco” (paramilitaire d’extrême droite), avec des informations qui pourraient faire penser aux fruits du labeur des services de renseignements de l’État... Menaces inquiétantes du fait du nombre de journalistes tués par an en Colombie : au moins 56 journalistes assassinés depuis 2000 (142 depuis 1977).

Lamentablement ces situations ne sont pas nouvelles. Il suffit de se rappeler des paroles récentes du Sénateur Álvaro Uribe (président de la République de 2002-2010) taxant ces médias d’être “au service du terrorisme” pour avoir osé retransmettre l’audience publique spéciale où des explications lui ont été réclamées sur ses liens avec le para-militarisme.

On peut analyser que c’est quand les médias alternatifs ou les référents sociaux “dérangent”, que ressurgit la stratégie du pamphlet et de la menace. En effet, les menaces sont tombées au moment-même où fut révélé le scandale des “écoutes illégales” des tables de négociations de La Havane (entre les FARC et le gouvernement), écoutes organisées par l’extrême droite.
Ou bien encore lors du scandale du général Alzate (avec le discrédit jeté sur les forces militaires quant à l’inconséquence flagrante de l’un de ses plus hauts gradés) et l’évidence des liens d’un certain nombre de militaires et de policiers avec les "bandes criminelles" ou BACRIM, autre nom donné aux paramilitaires.

L’un des groupes faisant les promotions de ces pamphlets menaçants, se faisant appeler “Bloc Capital des Aigles Noirs”, a déjà ciblé ses menaces sur des personnalités politiques de "gauche" (le maire de Bogotá ex-membre de la guérilla du M19, des sénateurs...) et des “organisations de défense des droits humains”, autre nom pour parler des mouvements de base luttant contre les multinationales, les compagnies minières et pétrolières et les crimes paramilitaires ou gouvernementaux.

Il serait irresponsable d’ignorer simplement les menaces, étant donné l’impunité dont jouissent les secteurs criminels en lien avec l’agence gouvernementale de renseignement et les forces militaires. Cependant, ces menaces, par l’ampleur du nombre de “cibles” signalées dans les lettres, paraissent avoir un autre but : celui de terroriser.
Et ce dans un contexte de reprise des dialogues de paix de La Havane et l’expectative nouvelle que se concrétisent les dialogues avec l’ELN (autre guérilla d’extrême gauche plutôt guévariste : l’Armée de Libération Nationale), au grand dam de l’extrême droite opposée à toute idée de négociation.

L’un des collectifs de presse menacés par les paramilitaires analyse : “Le profil des médias menacés montre clairement qu’ils tiennent des postures critiques face aux forces militaires. C’est une stratégie d’intimidation, pour que cesse leur travail social ou d’investigation. Et ce, surtout dans le cas des journalistes à qui il est demandé de se taire, pour qu’ils ne portent plus à connaissance certains processus sociaux dans lesquels nous avons identifié que, hormis le fait de parler de "paix", il y a une ligne très claire en faveur des droits humains, et un signalement de la corruption et des exactions des bandes criminelles.”

Nous, médias alternatifs, journalistes et personnes impliquées dans la lutte sociale, dont fait partie Colombia Informa, continuerons nos projets. Mais sans laisser de côté les précautions légales et de sécurité, vu qu’on ne peut oublier la longue liste des assassinats perpétrés par le para-militarisme - toujours actif, au-delà de la véracité ou de la gravité des pamphlets en question -. De la même manière que ce qu’il se passe avec les syndicalistes (la Colombie détient le triste record mondial) ou les leaders sociaux ou paysans. Conscients de la situation, tout comme de la nécessité prioritaire d’avancer dans la construction d’un futur comptant sur une paix véritable, sans peurs mais avec des changements, nous réaffirmons la déclaration faite par les médias menacés : "ni celle-là, ni aucune menace n’empêchera que nous fassions notre travail pour la défense des droits humains ; les menaces au lieu de nous isoler et nous intimider, nous unissent dans la défense des droits du peuple".

La Colombie en chiffres :
- 5,2 millions de déplacéEs par la violence entre 1985 et 2010 (sur une population globale de 40 millions)
- 173 000 assassinats, conséquence de la violence principalement paramilitaire entre 2005 et 2010
- + de 100 000 prisonnierEs de la guerre sociale dont 9 000 prisonnierEs politiques (insurgéEs de la lutte armée, d’organisations des droits de l’homme, d’associations de protection environnementale, ou tout opposantE au régime)
- plus de 5000 faux positifs (personnes tuées puis habillées en guérillerros pour justifier l’argent investi par les USA dans le Plan Colombie)
- plus de 2800 syndicalistes assassinéEs depuis 1984 plaçant la Colombie au premier rang mondial.
- 2004 : 8 millions d’hectares explorés pour la production d’hydrocarbures contre 38 millions en 2011
- 30% des militaires ont pour fonction de protéger les infrastructures pétrolières


un peu plus sur les paramilitaires :
PARAMILITAIRES OU « PARACOS »
En 1959, c’est la révolution castriste à Cuba. L’État colombien a peur de la contagion et veut se débarrasser des opposants qui veulent une réforme agraire. Il emploie pour ça l’armée et les paramilitaires ou « paracos » d’extrême droite. Dès 1965, l’État avec le soutien des USA légalise l’entraînement et l’armement de troupes de « civils armés » par l’Armée.
Grâce au soutien de l’Armée, les groupes paramilitaires, alors au service des grands propriétaires terriens et des éleveurs bovins, se structurent au sein d’une stratégie nationale de contre-insurrection. Prenant le nom de coopératives d’auto-défense agraires, les « CONVIVIR » signifiant « vivre ensemble » (sic), les paramilitaires fusionnent et prennent le nom d’AUC, « Autodéfenses Unies de Colombie ».

Conflit de basse intensité et stratégie paramilitaire
Outre les actes de torture attribués prioritairement aux mercenaires classiques de l’État (police, armée), la majorité des crimes est attribuée aux paramilitaires avec en 5 ans, environ 200 000 assassinats et des milliers de disparus.
Le rôle du paramilitaire ou « paraco » est à la fois de protéger les intérêts des propriétaires terriens et l’implantation des transnationales (Coca-Cola, Chiquita...) mais aussi de faire le « nettoyage social » pour éliminer non pas les insurgéEs, comme Uribe l’a soutenu dans les médias, mais la population civile dont :
les syndicalistes ; les étudiantEs gênantEs... et les opposantEs de l’Union Patriotique (UP), parti d’extrême gauche dont tous les membres ont été décimés dans les années 80 soit environ 7500 personnes, les militants, les communautés qui ont massivement voté pour l’UP...), véritable génocide politique ou plan d’extermination appelé « baile rojo » (danse rouge).
les « déviantEs » : les enfants des rues, les punks, les « improductifs »...
les indienNEs, les afrodescendantEs, les paysanNEs, qui ne veulent pas quitter leurs terres.
Les moyens utilisés sont la terreur des populations par des massacres sur des vivantEs à la tronçonneuse à la campagne et les couvre-feux dans les quartiers pauvres urbains. Après 18h, chaque personne trouvée est liquidée. On parle aujourd’hui de 3000 fosses communes en Colombie.

traduction et remise en forme du texte du collectif de Colombia Informa, média alternatif colombien
+ extrait brochure sur la Colombie "paroles de ColombienNEs"

http://lenumerozero.lautre.net/article2812.html
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Re: Colombie

Messagede bipbip » 08 Fév 2015, 11:50

un compagnon assassiné par les paramilitaires

quand paix rime avec violence

Il y a quelques jours seulement, l’analyse de l’avalanche de menaces paramilitaires sur les leaders sociaux et les médias alternatifs jouait la carte de la force... comme quoi les paramilitaires ne pourraient pas tuer tout le monde démontrant alors une stratégie de la terreur plus qu’un paramilitarisme actif...
Mais ils ont tué Carlos...


Le 19 janvier, à Bogotá, Carlos est sorti de chez lui pour aller à une réunion en ville. Il n’y est jamais arrivé. Le 21 janvier, il a été retrouvé à 60 km de Bogotá, le crâne défoncé.
Carlos, 29 ans, faisait partie des personnes très actives, membre du MOVICE (Mouvement des Victimes des Crimes d’Etat), et de la Coordination Régionale du Mouvement politique des Masses Sociales et Populaires du Centre Oriental de Colombie et membre du Congreso de los pueblos (1).
Ces mouvements sociaux et politiques auxquels appartenait Carlos faisaient partie de la longue liste des organisations sociales et politiques menacées par les Aguilas Negras (aigles noirs) dans un contexte de discussion de “paix”.

EN COLOMBIE, LA PAIX APPELLE LE MEURTRE

Suite à un accord de paix survenu avec le gouvernement Bétancur en 1984, les guérillas ont eu le droit de monter un parti politique : l’”Union Patriotique” regroupant diverses tendances. De nombreux guérilleros sont alors sortis de la jungle pour enfin profiter d’une liberté politique longuement espérée... Mais devant le raz-de-marée électoral, la réaction des Libéraux-Conservateurs ne s’est pas fait attendre : des milliers de mort, de disparus... des fosses communes dans tout le pays... On parle alors de génocide politique et de survivants de l’”UP” et d’“¡A Luchar ! ”. Même des communautés ayant massivement voté pour eux se sont fait massacrer.

De la même manière, lorsque les guérillas du M-19 et du Quintim Lamé ont déposé les armes en échange d’une super-constitution en 1991, les conséquences ont dépassé malheureusement les expectatives. Suite à la constitution, les indiens en pleine euphorie avaient pour la plupart arrêté la lutte pendant plusieurs années.
Autre conséquence, alors que des communautés entières allaient auparavant en prison pour avoir osé lutter pour récupérer des terres arrachées violemment, la constitution de 91 ayant légalisé cette lutte.... les communautés se sont alors fait décimées, massacrées...

Autre accord, autres massacres...

Au moment où les Farc sont au plus fort de leur capacité de prendre le pouvoir, en 1998, le président Pastrana a gagné du temps en lançant “un processus de paix” en démilitarisant toute une zone de la Colombie : le Caguán (zone plus grande que la Suisse) ... En sous-main, Pastrana a négocié au même moment avec les Etats-Unis le plan Colombie représentant des milliards de dollars pour lutter contre l’extrême gauche sous prétexte de lutte anti-drogue (pour ne pas choquer la communauté internationale).
Dès que la zone est revenue sous controle de l’Etat, la vengeance perpétrée par les paramilitaires et les militaires a été féroce contre les communautés jugées favorables aux guérillas.
Des centaines et des centaines de mort sur les places publiques des villages, découpés à la machette, tronçonnés vivants, des têtes d’enfants transformées en ballons de foot. L’horreur.

C’est là que l’on peut se poser plusieurs questions :

Est-ce que les conditions de sécurité sont réunies pour un dialogue de paix ? C’est-à-dire quelles seraient les garanties après un dépot d’armes des guérillas pour que les membres ne deviennent pas des ”objectifs militaires à abattre” des militaires ou paramilitaires ? En effet, bon nombre de guérilleros entrent en clandestinité pour avoir manifester à 13 ans pour une meilleure éducation...
et redoutent de rentrer dans la vie civile non sans raison.

Mais au-delà des guérilleros qu’en est-il de la situation des civils ? Des personnes qui luttent pour une “paix avec justice sociale” ? pour que des changements sociaux s’opèrent radicalement face à la venue massive des multinationales et compagnies minières et pétrolières...

Ce qui est clair c’est que les paramilitaires sont bien présents et toujours très actifs.
Des liens ont été officiellement établis entre eux et les multinationales (la BP, Drummond, ou encore la bananière Chiquita qui a aussi un role dans le coup d’Etat du Honduras...) , ces dernières payant les paramilitaires pour récupérer des terres que les paysans ne veulent pas vendre, pour liquider ou faire disparaitre les opposants aux projets miniers, pour assassiner les syndicalistes et les leaders sociaux, les membres des comités des droits humains.

Ce qui est clair, c’est que le paramilitarisme comme bras armé du capitalisme, associé aux bataillons militaires spécialisés dans la sécurité des multinationales, ne va pas en déclinant avec “la paix” voulue par le président Santos (et peut-être le prix Nobel qui va aller avec...).

Au-delà de ces menaces sur des membres d’organisations, des milliers de personnes anonymes sont tenues sous le joug des paramilitaires.
Les paramilitaires tiennent en joug la population de Buenaventura qui se fait découper à la machette dans les Casas de Pica qui ont fait scandale ces derniers-mois pour le non paiement de quelques milliers de pesos (quelques euros).

En aout durant une caravane dans le Narino nous avons rencontré un homme dont la mère de 62 ans s’est fait tronçonner dans sa ferme, les os des poignets brisés... Seul, cet homme a dénoncé et suite à sa dénonciation, a reçu des menaces d’hommes cagoulés chez lui. Mais cet homme n’a pas laché et a redénoncé pour réclamer cette fois une protection de l’Etat, qui hypocrite lui a laissé un téléphone portable.... sur lequel il a reçu des menaces de mort le visant lui et toute sa famille.

Hypocrite le gouvernement lâche des téléphones portables, bien pratiques pour surveiller les leaders sociaux menacés.
Hypocrite le gouvernement joue les JE SUIS CHARLIE lors de la parade organisée par l’ambassade de France, jouant les démocrates.
(Mais en même temps, c’est ça la démocratie représentative...)

1 – Le Congrès des Peuples : C’est justement pour en finir avec ce vieux monde que les organisations de base travaillent au sein du Congreso de los Pueblos avec une volonté de laisser de l’espace à chacun, sans hiérarchie centralisatrice mais en assemblées et sur consensus.
Durant la Minga (grosse mobilisation) de 2009, les indiens Nasa ont voulu par une marche monstre rencontrer les organisations sociales du pays. Echanger avec elles, et se rassembler pour chasser le gouvernement et les multinationales.

Pour le Congrès des peuples, la paix n’est pas seulement le silence des armes, mais la garantie d’une vie digne pour toutes et tous qui comprend l’émancipation de toutes formes d’oppression et de domination capitalistes, patriarcales, coloniales et impérialistes. En ce sens, les conclusions et mandats émanant du Congrès national de la paix (2013) visent à resserrer, renforcer et consolider ce que nous appelons la solidarité des peuples, la diplomatie populaire et l’incidence publique avec selon la perspective suivante : la paix n’appartient pas aux gouvernements mais aux peuples, c’est pourquoi elle n’a pas de nationalité, et n’est donc pas un enjeu exclusif à la Colombie. Ceci nous oblige à bâtir la paix en partenariat avec d’autres processus qui vivent dans des lieux militarisés, envahis et affectés par les logiques de la guerre. Ainsi, la paix en Colombie et dans le continent est l’affaire de tous les processus sociaux et populaires.

Si des différences d’ordres idéologique et pratique existent entre certaines tendances politiques, le bocage de fin 2013 a permis un regroupement au sein de la Cumbre (Sommet) Paysanne Agraire Ethnique et Populaire de tous les mouvements sociaux du pays. La Cumbre a pour but de se rassembler autour de luttes sociales contre l’arrivée massive des multinationales et les inégalités sociales ayant mené au conflit armé.
C’est contre ce regroupement de forces et ce travail de fonds que luttent les paramilitaires ou les "Bandes criminelles" que ça soit à la campagne ou en milieu urbain, montrant clairement ce qui les dérange.
Les mouvements sociaux colombiens auront encore bien des luttes à mener pour obtenir une paix marquée par la justice sociale...

A défaut de rassemblements devant les ambassades colombiennes, pour envoyer un mail cinglant aux autorités colombiennes, il suffit de cliquer ici : http://pasc.aegir.koumbit.net/fr/action ... za-salcedo

http://lenumerozero.lautre.net/article2814.html
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Re: Colombie

Messagede bipbip » 10 Fév 2015, 04:09

Colombie: dernières nouvelles des luttes de squatters

Le dimanche 18 janvier dernier, dans le quartier de San Crístobal, situé au sud de Bogotá, plus de 300 personnes expulsées d’un terrain occupé ont manifesté dans le centre de la capitale colombienne et ont fini par affronté les forces de l’ordre (notamment l’Esmad, flics anti-émeutes de Colombie). Sept personnes ont été arrêtées.

... http://fr.squat.net/2015/02/07/colombie ... squatters/
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Re: Colombie

Messagede bipbip » 01 Mar 2015, 14:59

Cali (Colombie): pas d’expulsion sans affrontements

Lundi 16 février 2015, les flics anti-émeute de l’ESMAD de la police métropolitaine de Cali sont intervenus dans le secteur de Venecia del jarillón del río Cauca, à Cali, pour expulser et détruire une dizaine de logements.

Très rapidement, les habitant-e-s se sont physiquement opposé-e-s aux flics et des affrontements assez violents ont eu lieu. Les flics de l’ESMAD ont été caillassés comme il se doit en de telles circonstances. Les habitant-e-s révolté-e-s s’en sont également pris à un bulldozer servant à détruire les logements expulsés.

... http://fr.squat.net/2015/02/27/cali-col ... ontements/
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