Italie

Re: Italie

Messagede ivo » 11 Sep 2012, 07:31

Pluton ressort des enfers. Manlio Dinucci
http://www.millebabords.org/spip.php?article21402
« Site Pluto » (Site Pluton) était pendant la guerre froide le plus grand dépôt d’armes nucléaires de la US Army en Italie. Dans ses souterrains, à l’intérieur de la colline de Longare (Vicence), étaient gardés plus de 200 engins nucléaires « tactiques » : des missiles à courte portée, des projectiles d’artillerie et des mines de démolition. Prêts à déclencher l’enfer nucléaire sur le territoire italien.
Inactivé officiellement en 1992 comme dépôt, le site a été en partie affecté à des communications satellitaires. Il est, ainsi, quasiment tombé en léthargie. A présent cependant Pluton est en train de se réveiller, prêt à assumer de nouveau sa pleine fonction guerrière. Des travaux sont en cours à l’intérieur de son périmètre fermé et surveillé. Le projet prévoit la construction d’un édifice de 5mille m2, dans lesquels seront entraînés avec des technologies d’avant-garde les soldats étasuniens, surtout ceux de la 173ème brigade basée à Vicence. Personne par contre ne sait quelles réelles activités se dérouleront derrière son mur de « protection », haut de 6 mètres. Ni, non plus, à quel usage seront affectés les souterrains du site. Les mystères de Pluton continuent ainsi, sous la chape du secret militaire, garanti au Pentagone par les accords secrets entre les deux gouvernements. Aucun mystère par contre sur le fait que la réactivation du site entre dans le renforcement de tout le réseau de bases militaires étasuniennes dans le territoire de Vicence : c’est là que s’est installé le US Army Africa, et la 173ème brigade potentialisée a été autorisée en 2007 par le gouvernement Prodi (1) à construire une nouvelle base dans l’aire de l’aéroport Dal Molin. Ici s’ouvre donc un scénario encore plus inquiétant : comme déclaré par Francesco Cossiga (2) le 28 février 2007 au sénat, la 173ème brigade est « un instrument du plan de dissuasion et de rétorsion, y compris nucléaire, appelé Pointe de diamant ». Les Usa –confirme la Fédération des scientifiques américains (étasuniens, NdT) dans un rapport de mai 2012- maintiennent 50 bombes nucléaires par avion à Aviano (région de Pordenone, Frioul-Vénétie-Julie) et 20 à Ghedi Torre (Brescia). Ce ne sont pas des résidus guerriers de la guerre froide, mais d’efficientes bombes B-61, plus de dix fois plus puissantes que celle de Hiroshima, qui, par lots, seront remplacées par une nouvelle bombe nucléaire, la B61-12, beaucoup plus puissante. Les bombes sont gardées dans des hangars spéciaux avec les chasseurs prêts pour l’attaque nucléaire : des F-16 étasuniens à Aviano et des Tornado italiens à Ghedi Torre. L’aéronautique italienne a participé à la manœuvre étasunienne de guerre nucléaire « Steadfast Noon », en mai 2010 à Aviano et en septembre 2011 à Volkel AB en Hollande. Il n’est donc pas exclu que le « Site Pluto » exhumé servira aussi à des manœuvres de guerre nucléaire et éventuellement, à nouveau, comme dépôt et centre de manutention d’armes nucléaires. Surtout quand les F-16 et les Tornado seront remplacés par les chasseurs F-35 de cinquième génération, pour lesquels a été projetée la nouvelle bombe nucléaire B61-12. Au lancement de laquelle se prépareront aussi les F-35 italiens.

L’Italie continuera ainsi à violer le Traité de non-prolifération qu’elle a souscrit, s’engageant solennellement à « ne pas recevoir de quiconque des armes nucléaires, ni le contrôle sur de telles armes, directement ou indirectement ». On cèle ceci et d’autres choses dans les souterrains de « Site Pluto », sur la superficie duquel sera construit un édifice qui, a-t-on garanti, sera à faible impact environnemental, doté de panneaux photovoltaïques pour ne pas polluer.

Edition de mardi 4 septembre 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati ... pz/328125/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

(1) Gouvernement Prodi de “centre gauche”

(2) Francesco Cossiga, président de la république 1985-1992
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Re: Italie

Messagede altersocial » 05 Oct 2012, 17:17

Flo a écrit:
Des ouvriers contre le crime industriel

jeudi 16 août 2012 par Pièces et main d’œuvre

À Tarente, ces jours-ci, des ouvriers et des habitants dont le « niveau de vie » et le « pouvoir d’achat » dépendent d’un complexe industriel, proclament que leurs vies valent plus que leurs emplois.

Une grande manifestation d’ouvriers contre la fermeture de leur usine au nom de la défense de l’emploi et de l’économie : c’est ce qu’aurait dû être la journée du 2 août 2012 à Tarente, dans les Pouilles, au sud de l’Italie. Une ville dévastée par l’Ilva, aciérie monstrueuse qui a tué, blessé et rendu malades des centaines d’habitants et de travailleurs depuis cinq décennies (cancers, maladies respiratoires et cardio-vasculaires, surmortalité de 15 %), ravagé l’environnement et contraint la population à vivre recluse pour fuir les dioxines.
...


:arrow: Autre article très intéressant sur l'usine de Tarente :

Refuser le chantage santé contre travail, lutter pour le revenu garanti : l’exemple de l’ILVA à Tarente (Italie)

Mouvement Communiste/Kolektivně proti Kapitălu

Bulletin n°2 15 sep­tem­bre 2012

LES FAITS

L’usine sidér­ur­gique ILVA, de Tarente, ville de 200 000 habi­tants, dans les Pouilles, appar­te­nant au groupe RIVA, est la plus grosse usine sidér­ur­gique d’Italie, cons­truite en 1961, c’est la plus ancienne en acti­vité, la plus dan­ge­reuse et la plus pol­luante, et elle emploie direc­te­ment 11 500 sala­riés et indi­rec­te­ment près de 9 500 sala­riés de la sous-trai­tance dans une région où le taux de chômage offi­ciel atteint 30 %. Sa capa­cité annuelle de trans­for­ma­tion de matières pre­mières est de plus de 20 mil­lions de tonnes par an pour une pro­duc­tion réelle de 8 mil­lions de tonnes d’acier.

Le 26 juillet, le tri­bu­nal de Tarente après une longue enquête, avait annoncé la fer­me­ture des hauts-four­neaux et de la coke­rie pour cause de pol­lu­tion. Se basant sur des rap­ports d’experts, les magis­trats repro­chent au site d’avoir rép­andu dans l’envi­ron­ne­ment des pro­duits chi­mi­ques toxi­ques, comme la dioxi­ne1. Produits qui auraient fait grim­per le taux de can­cers dans les quar­tiers popu­lai­res pro­ches de l’usine. Le ver­dict était sans appel ; l’usine devait être fermée, sa dan­ge­ro­sité étant plus qu’avérée : plus de 386 morts par cancer iden­ti­fiés par la jus­tice bour­geoise au cours des 13 der­nières années dans son envi­ron­ne­ment immédiat et un taux élevé de cancer dans les quar­tiers pro­ches. Le 10 août, l’usine est placée sous séqu­estre par la magis­tra­ture.

Aussitôt, un concert de pro­tes­ta­tion una­nime s’élève ras­sem­blant le patron, les syn­di­cats de l’usine (et des autres établ­is­sements du groupe en Italie2) et les partis de gauche : il faut déf­ende l’emploi et donc l’usine, poumon de la région. Ce front uni appelle à des journées de grève et de mani­fes­ta­tions. La famille Riva mobi­lise à son tour l’enca­dre­ment et met à la dis­po­si­tion des « grév­istes » les cars pour pro­tes­ter contre la menace de fer­me­ture. À court d’argu­ments, le patron fait planer aussi la menace de fermer tous ses établ­is­sements d’Italie. Et cela a l’air de fonc­tion­ner. Les grèves sont sui­vies et les mani­fes­ta­tions ras­sem­blent du monde. La déf­ense de l’ordre capi­ta­liste semble triom­pher sans par­tage.

Hégémonique ? Pourtant, en oppo­si­tion, à cette una­ni­mité pro­clamée, un groupe d’abord minus­cule ras­sem­blant quel­ques ouvriers de l’usine dont les plus anciens ont connu les belles années de l’auto­no­mie ouvrière, des ouvriers d’autres usines, des habi­tants du quar­tier, des jeunes, des chômeurs, s’orga­nise et se ren­force. Se nom­mant d’abord « Comitato cit­ta­dini operai Taranto » (Comité habi­tants-ouvriers de Tarente), ils dif­fu­sent un bul­le­tin dans lequel ils pro­cla­ment que c’est « à l’État et à la famille Riva de payer les conséqu­ences du dés­astre pour la santé qu’ils ont créé3 » Changeant d’appel­la­tion en « Comitato cit­ta­dini e lavo­ra­tori liberi e pen­santi »4 (Comité habi­tants et tra­vailleurs libres et pen­sant), le 31/07/2012, ils décident de frap­per un grand coup lors d’un mee­ting syn­di­cal, le 02 août, pour y déf­endre leur point de vue : refu­ser le chan­tage à l’emploi au prix de la santé.

Ils choi­sis­sent comme emblème le Piaggio four­gon­nette à trois roues (l’Apecar) et c’est der­rière ce véhi­cule qu’ils inves­tis­sent le mee­ting syn­di­cal, mon­tent sur la tri­bune et y expli­quent leur posi­tion : le refus du chan­tage « ou la vie ou l’emploi. » Une fois cette appa­ri­tion publi­que réussie, le succès va gran­dis­sant accom­pa­gné de la haine des syn­di­cats et des partis de gauche comme de droite. Ils dén­oncent les syn­di­cats qui déf­endent les pro­fits des patrons et pas les besoins des ouvriers.

Le gou­ver­ne­ment entre en scène pour paci­fier la situa­tion le 17 août : il fait sien­nes la tota­lité des pré­co­ni­sations détaillées par la juge de Tarente en charge de l’enquête pré­li­min­aire, Patrizia Todisco, à un point près : pas d’arrêt des hauts four­neaux. Dans le même esprit d’apai­se­ment d’une situa­tion incan­des­cente dans la ville et qui est deve­nue un grand sujet de débat poli­ti­que natio­nal, ILVA a annoncé le même jour qu’elle allait inves­tir 146 mil­lions d’euros pour la déf­ense de l’envi­ron­ne­ment. Une somme qui s’ajoute aux 336 mil­lions d’euros mis sur la table par l’État. Or, pour rendre le site non nui­si­ble, ce sont plutôt 5 à 8 mil­liards d’euros qu’il fau­drait débo­urser... Sans comp­ter les mil­liards d’euros qu’il fau­drait inves­tir pour effa­cer en partie les dégâts à l’envi­ron­ne­ment et aux êtres humains pro­vo­qués par des dizai­nes d’années de pol­lu­tion indus­trielle. Pollution indus­trielle qui, par ailleurs, n’est pas uni­que­ment le fait d’ILVA mais aussi d’une cimen­te­rie et de l’arse­nal de Tarente.

La FIOM, le syn­di­cat des mét­all­urg­istes, engagé dans une ten­ta­tive de recom­po­si­tion de l’extrême gauche ita­lienne, com­mence à se déso­li­da­riser des autres syn­di­cats d’État et tente de conci­lier « le tra­vail et la santé ». Mais pas ques­tion pour elle aussi d’arrêter imméd­ia­tement la pro­duc­tion à chaud du com­plexe sidér­ur­gique. « L’acier sert à tout le monde », se jus­ti­fie son secrét­aire général Maurizio Landini, un ancien ouvrier mét­all­urg­iste de Reggio Emilia, bas­tion du sta­li­nisme en Italie.

Le comité se ras­sem­ble tous les jours sur des places différ­entes : Piazza della Victoria (01/08, 13/08) Piazza Gesu (03/08), Piaza Masaccia (07/08, 10/08). Il appelle à des mani­fes­ta­tions (02/08, 17/08). Le succès est gran­dis­sant notam­ment le 17 août où ils réun­issent plus de 2 000 mani­fes­tants bra­vant l’inter­dic­tion de défiler de la Préfecture pour ne pas per­tur­ber la venue à Tarente de deux des minis­tres les plus en vue du gou­ver­ne­ment Monti. Le 31 août, le comité ras­sem­ble encore plu­sieurs mil­liers de mani­fes­tants dans le quar­tier proche de l’usine. La lutte conti­nue. Le point cru­cial reste celui de la fer­me­ture imméd­iate de l’aciérie et de la garan­tie de revenu des tra­vailleurs privés d’acti­vité.

QUELLES PERSPECTIVES ?

Pour que la lutte puisse conti­nuer, il faut esti­mer le rap­port de force. Quelle est le « poids » du comité ? Le groupe ini­tial était de 30 per­son­nes et au fil des jours, il a cru, 200, 500, 1 000, 2 000…Dans l’usine, elle-même, il peut comp­ter sur un sou­tien d’envi­ron 1 000 ouvriers ce qui fait moins de 10% ; une mino­rité, donc, mais qui fait face à un front syn­di­cal, certes plus nom­breux, mais en train de se fis­su­rer (voir plus loin) et avec la majo­rité des ouvriers atten­tis­tes, tout en sui­vant les consi­gnes syn­di­ca­les.

Le front syn­di­cal se léz­arde un peu. La FIOM natio­nale, dans le cadre de son combat poli­ti­que contre la CGIL, désavoue la sec­tion locale de l’ILVA et lui demande de pren­dre en compte les aspi­ra­tions exprimées par le comité. Le patron fait le dos rond sûr de l’appui du gou­ver­ne­ment pour ne pas fermer l’usine. Gouvernement qui, fine­ment, a évité le conflit avec la magis­tra­ture et fait tout pour que l’agi­ta­tion retombe. La magis­tra­ture, pour sa part, recule sur le point de l’arrêt de la pro­duc­tion à chaud et se can­tonne dés­ormais à indi­quer les mesu­res concrètes à pren­dre sans délai pour endi­guer la pol­lu­tion. Désormais, le Comité ne peut comp­ter que sur ses seules forces. Ceux qui espéraient que les juges auraient fait le tra­vail jusqu’au bout, sont déçus.

Le comité est une véri­table expres­sion des différents sec­teurs du prolé­tariat : ouvriers de l’usine et d’autres usines, chômeurs, préc­aires, retraités, etc. Au comité, se sont agrégés des sec­teurs des cou­ches moyen­nes sala­riées ou pas qui misent tout sur la déf­ense de la santé et de la ville en tant que telle en oubliant la reven­di­ca­tion fon­da­men­tale de la garan­tie des reve­nus. Son prin­ci­pal axe de lutte, le refus cou­ra­geux du chan­tage « l’emploi ou la santé » (alors que les pre­mières mani­fes­ta­tions syn­di­ca­les se fai­saient der­rière le mot d’ordre « plutôt mourir du cancer que de faim ! ») est bien une expres­sion concrète de l’auto­no­mie ouvrière. Dépasser le cadre borné de l’usine ne peut que réjouir tous ceux qui, depuis des dizai­nes d’années, voient les ouvriers courbés face aux différents chan­ta­ges patro­naux (« mieux vaut des licen­cie­ments que la fer­me­ture de l’usine », etc.). A l’évid­ence, se réaff­irme la pra­ti­que des ouvriers d’il y a 40 ans, tant dans les luttes contre les licen­cie­ments que contre la moné­ti­sation de la santé, pour les auto-réd­uctions : c’est au patron de payer et de nous payer s’il veut licen­cier, s’il doit mettre les ins­tal­la­tions aux normes, etc.

C’ÉTAIT HIER

Justement, il est bon de rap­pe­ler une expéri­ence de l’auto­no­mie ouvrière en Italie, entre 1968 et 1980, celle du Comité ouvrier de la Montedison de Porto Marghera.5 Comme toutes les expres­sions de l’auto­no­mie ouvrière de cette époque, quels qu’en soient les noms (Comités uni­tai­res de base, Assemblée auto­nome, Assemblée étudiants-ouvriers, Comités ouvriers, etc.), les mem­bres du Comité ouvrier met­tent en avant les mêmes reven­di­ca­tions (aug­men­ta­tions uni­for­mes des salai­res, com­pres­sion vers le haut de l’éch­elle des salai­res, parité des avan­ta­ges ouvriers/employés, réd­uction des caden­ces, intég­ration des ouvriers de la sous-trai­tance, etc.) et prônent les mêmes mét­hodes de lutte (assem­blées d’ate­lier puis d’usine, cortèges inter­nes, refus de la délé­gation, etc.) et inter­vien­nent éga­lement à l’extérieur de l’usine : sur les ques­tions du trans­port (luttes des ban­lieu­sards de Chioggia), du loge­ment (occu­pa­tion, baisse des loyers), de la réd­uction des fac­tu­res d’élect­ricité, de la vie chère (contre la hausse des prix dans les bou­lan­ge­ries et les super­mar­chés).

Mais sur­tout, ils vont remet­tre en cause la noci­vité de leur tra­vail dans l’usine (notam­ment à l’ate­lier de chlo­rure de vinyle) en refu­sant, contrai­re­ment aux syn­di­cats, d’accep­ter que les atta­ques à la santé des ouvriers soient com­pensées par des primes à mar­chan­der avec le patron. Au contraire, ils imposèrent par la lutte le prin­cipe selon lequel si un ate­lier était nocif alors ils n’y tra­vaille­raient plus tant que le patron ne le rende pas non-nocif et s’il n’y arri­vait pas, dans ce cas, l’ate­lier devait être fermé. Bien sûr, pen­dant ce temps, les ouvriers étaient payés et se ren­daient à l’usine pour y dis­cu­ter de poli­ti­que et des actions à mener. Ils en venaient ainsi à cri­ti­quer les conséqu­ences de la pro­duc­tion sur la vie dans la région envi­ron­nante et sont ainsi les pre­miers « éco­log­istes » à refu­ser l’aspect mor­tifère du capi­tal et à remet­tre en cause le tra­vail sala­rié.

Les cama­ra­des étaient des opéraïstes pas des usi­nis­tes. Ils com­pre­naient les usines non comme un lieu de pro­duc­tion (tout en conti­nuant d’ana­ly­ser le cycle pro­duc­tif pour com­pren­dre en quoi tel type d’orga­ni­sa­tion de pro­duc­tion condi­tion­nait ou pas telle forme de lutte ouvrière) mais d’abord comme un lieu de luttes où les ouvriers se cons­ti­tuaient en classe pour soi.

ET DEMAIN ?

Pour ce faire, évid­emment, il faut une orga­ni­sa­tion, sous forme de comités, d’assem­blée, par usine, par quar­tier qui se cen­tra­lise par le bas.

Nous n’en sommes pas encore là, bien sûr, à Tarente, et il est vrai­ment trop tôt pour dire si le signal envoyé par le Comité sera repris ailleurs. Voyons main­te­nant quel­ques points fai­bles de ce comité :

• Le sou­tien à la Justice,

• Un cer­tain loca­lisme.

Le combat mené par la juge Patrizia Todisco est remar­qua­ble par son obs­ti­na­tion et son cou­rage à affron­ter le plus gros employeur de la ville et de la région alors que celui-ci béné­ficie de plu­sieurs dizai­nes d’années d’« omertà », de cor­rup­tion pas­sive et active de poli­ti­ciens et de syn­di­ca­lis­tes. Néanmoins, si le rés­ultat du pre­mier juge­ment a été, cette fois-ci favo­ra­ble à la popu­la­tion, l’action de la magis­tra­ture a vite cor­rigé le tir en recu­lant sur l’arrêt immédiat de la pro­duc­tion à chaud et sur la nomi­na­tion d’un com­mis­saire. L’ancien préfet de Milan, Bruno Ferrante, qui avait été dans un pre­mier temps des­saisi de sa fonc­tion de direc­teur d’ILVA de Tarente, se voit remis en selle en seconde ins­tance par le Tribunal. La jus­tice, comme tout corps séparé pro­duit par la société de clas­ses, fait partie du camp adverse. Les mili­tants du Comité en font aujourd’hui l’expéri­ence. En aucun cas, l’appel à la jus­tice doit rem­pla­cer, voire se sub­sti­tuer à l’acti­vité auto­nome des ouvriers en lutte pour leurs besoins.

Le succès cer­tain ren­contré par le comité et les tâches imméd­iates qui l’occu­pent, l’aspect local de la lutte, ris­quent de res­trein­dre son dével­op­pement poli­ti­que et sa capa­cité concrète de deve­nir un phare pour les exploités de tout le pays et au-delà. Pour l’heure, il n’y a pas, ailleurs en Italie et sur­tout dans les autres sites ILVA, de réaction favo­ra­ble aux objec­tifs du Comité. L’État, ses partis et ses syn­di­cats, et les patrons rem­por­tent un cer­tain succès dans leur ten­ta­tive de réd­uire la ques­tion de l’ILVA de Tarente à une simple affaire de délais pour boni­fier le site. « Le comité veut tout et tout de suite mais pour chan­ger, il faut du temps. », ânon­nent-ils en choeur. La reven­di­ca­tion du revenu indép­endant de l’acti­vité avancée par le comité est passée sous silence. C’est pour­tant le point poli­ti­que­ment le plus sen­si­ble et cen­tral. Aux ouvriers cons­cients de le mettre en avant par­tout quand le chan­tage à l’emploi devient plus pres­sant.

MC/KpK le 15 sep­tem­bre 2012

1 L’usine possède trois unités de fabri­ca­tion : phase à chaud (acier, coke), lami­noirs et fabri­que de tubes. C’est cette der­nière qui dégage de la dioxine lors du revê­tement des tôles.

2 Gênes, Novi Ligure, Racconigi et Patrica.

3 Bulletin du 01/08/2012.

4 Voir le site : http://www.face­book.com/CittadiniEL....

5 Voir le livre qui vient de sortir : « Pouvoir Ouvrier à Porto Marghera », de D.Sacchetto et G.Sbrogiò, aux éditions Les nuits rouges.
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Re: Italie

Messagede ivo » 05 Oct 2012, 18:57

Italie : lycéens et étudiants manifestent contre l'austérité
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Des milliers d'étudiants et de lycéens manifestaient ce vendredi en Italie dans de nombreuses villes du pays. Ils protestent contre les mesures d'austérité du gouvernement, notamment dans l'éducation.

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Des heurts ont opposé les jeunes aux forces de l'ordre à Rome, à Milan et à Turin © AFP /Filippo Monteforte

Grèce, Espagne, Italie, pas un jour sans protestation contre les mesures d'austérité imposées partout en Europe. Ce vendredi, des milliers d'étudiants et lycéens italiens ont envahi les rues de Rome, Naples, Milan et Turin. Ils s'insurgent contre l'austérité décrétée par le gouvernement de Mario Monti dans tous les secteurs, notamment dans celui de l'éducation, et lui reprochent, ainsi qu'à l'Union européenne " d'imposer une école qui ne sera suivie que par ceux qui peuvent se le permettre".

En Italie, les frais de scolarité et d'inscription aux universités sont devenus prohibitifs pour bon nombre d'étudiants, comme c'est aussi le cas en Irlande depuis une décennie, et en Grande-Bretagne, où les frais de scolarité ont doublé depuis deux ans.
Lycéens et étudiants italiens reprochent surtout à Mario Monti de ne pas avoir pris des mesures contre les coupes budgétaires dans l'éducation, décidées par le précédent gouvernement de Silvio Berlusconi.

Des heurts brefs et quelques blessés. A Rome, un dispositif policier important accompagnait les manifestants, des heurts brefs ont fait quatre blessés légers parmi les policiers.
A Milan, les manifestants ont voulu s'en prendre aux établissements bancaires quand ils ont été chargés par les forces de l'ordre.
A Turin, cinq étudiants ont été légèrement blessés et 15 ont été interpellés puis relâchés.
Des manifestations anti-austérité ont également eu lieu à Palerme, Pise, Florence et Bologne.

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... ce n'est que le début ...
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Re: Italie

Messagede ivo » 18 Oct 2012, 11:06

La pauvreté toujours en hausse en Italie
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/1 ... italie.php
La pauvreté ne cesse de croître en Italie et implique de nouvelles couches sociales, essentiellement des retraités et des femmes, a indiqué aujourd'hui l'organisation humanitaire catholique Caritas qui dénonce l'absence de politique sociale adéquate. "La crise renforce la pauvreté que nous connaissions auparavant et fait naître en même temps de nouvelles pauvretés", a déploré Francesco Soddu, directeur de Caritas Italie, lors de la présentation du dernier rapport de son organisation sur la situation sociale dans la péninsule.

Selon le rapport, "les politiques sociales actuelles sont clairement incapables de gérer les nouvelles formes de pauvreté, les nouvelles urgences sociales qui ont augmenté en raison de la crise économique et financière". Caritas indique ainsi avoir augmenté de 44,5% son aide matérielle aux plus pauvres au cours des six premiers mois de l'année, par rapport à la même période de l'année 2011, soulignant que le nombre d'Italiens demandeurs d'une assistance a augmenté de 15,2% pendant la même période.

Par rapport à 2009, le nombre de femmes aux foyers qui a demandé de l'aide a augmenté de 177,8% tandis que le nombre de retraités dans le même cas a grimpé de 65,6%.
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Re: Italie

Messagede ivo » 20 Oct 2012, 19:06

Italie: Une manifestation pour l'emploi à Rome
http://www.20minutes.fr/ledirect/102633 ... mploi-rome
Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi dans le centre de Rome à l'appel de la CGIL, la principale confédération syndicale d'Italie, pour dénoncer les suppressions d'emplois, les fermetures d'usines et la politique d'austérité menée par le gouvernement de Mario Monti.

Des employés de tous les secteurs de l'industrie se sont massés devant la basilique Saint-Jean de Latran en tenant à la main des ballons rouges et en brandissant des banderoles où on lisait notamment «Monti, va t'en!».

Sur son site internet, la CGIL demande au gouvernement de prendre des mesures pour l'investissement et l'emploi, notamment en faveur des jeunes et des femmes.
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Re: Italie

Messagede ivo » 26 Oct 2012, 18:23

Silvio Berlusconi condamné à un an de prison ferme pour fraude fiscale
fr info
L'ancien président du Conseil italien était initialement condamné à quatre ans ferme, mais trois ans ont été amnistiés. Berlusconi est également interdit d'exercer un mandat public pendant trois ans. Il est accusé d'avoir artificiellement gonflé le prix des droits de diffusion de films, achetés par des sociétés-écrans lui appartenant, lors de leur revente à Mediaset.


Ce n'est pas si courant, mais le tibunal de Milan est allé au-delà des réquisitions du parquet, qui avait réclamé trois ans et huit mois de prison pour Silvio Berlusconi. Ce sera finalement quatre ans feme pour l'ancien président du Conseil. Sauf que trois ans ont été amnistiés : le Cavaliere a bénéficié d'une loi d'amnistie de 2006, promulguée par la gauche pour réduire la surpopulation carcérale.

Il y a aussi une interdiction d'exercer un mandat public pendant trois ans - ce qui tombe bien : il y a deux jours, Berlusconi, 76 ans, a renoncé à conduire son parti, Peuple de la liberté, aux élections du printemps prochain...

C'est ce que l'on a appelé le procès Mediaset - du nom de son empire audiovisuel. Berlusconi était accusé d'avoir artificiellement gonflé le prix des droits de diffusion de films, achetés par des sociétés-écrans lui appartenant, lors de leur revente à Mediaset. Le groupe aurait ainsi constitué des caisses noires à l'étranger et réduit ses bénéfices en Italie pour payer moins d'impôts.

Dans son réquisitoire, le procureur avait estimé que les coûts d'acquisition avaient été gonflés de 368 millions de dollars pour la seule période 1994-1998, et de 40 millions pour la période 2001-2003.

C'est donc le dénouement - provisoire, Berlusconi a la possibilité de deux appels - d'un procès qui a débuté voici six ans, et suspendu à de nombreuses reprises - la dernière, en avril 2010, après adoption d'une loi accordant l'immunité pénale pendant 18 mois.


Berlusconi et la justice, une (déjà) longue histoire
fr info
Condamné à quatre ans de prison ferme (susceptible d'appel) dans l'affaire Mediaset, Silvio Berlusconi n'a encore jamais été condamné définitivement.

1994 : corruption de policiers. Accusé d'avoir versé des pots-de-vin à la police financière, il est condamné en première instance en 1997 à 33 mois de prison. Acquittement en appel en mai 2000 en partie pour prescription, décision confirmée en Cassation en octobre 2001.

1995 : faux en bilan. Accusé d'avoir financé avec une caisse noire l'achat du joueur de football Gianluigi Lentini pour son club, le Milan AC, il bénéficie de la prescription en novembre 2002, grâce à une loi dépénalisant le faux en bilan, votée par sa majorité au Parlement.

1995 : accusé de fraude fiscale dans l'acquisition d'une luxueuse villa, à Macherio, près de Milan, il bénéficie de la prescription.

1995 : accusé de faux en bilan lors de l'acquisition de la société cinématographique Medusa, Silvio Berlusconi est condamné à 16 mois de prison en première instance en décembre 1997. Il est acquitté en appel en février 2000, décision confirmée en cassation en octobre 2001.

1995 : accusé de financement illégal du Parti socialiste italien (PSI) à travers une société off-shore, la All Iberian, il est condamné en première instance à 28 mois de prison en juillet 1998. Acquitté pour prescription en appel en octobre 1999, confirmé en cassation en 2000.

1996 : accusé de faux en bilan dans un autre volet de l'affaire All Iberian, il est acquitté en septembre 2005.

1998 : accusé de corruption de juges pour empêcher le rachat de la société de produits agroalimentaires publique SME en 1985 par l'industriel Carlo De Benedetti. Silvio Berlusconi est acquitté définitivement par la Cour de cassation en octobre 2007.

Outre l'affaire Mediaset, M. Berlusconi fait l'objet actuellement de deux autres procès :

Rubygate (prostitution de mineure et abus de pouvoir). Il est accusé d'avoir rémunéré Ruby, de son vrai nom Karima El Mahroug, mineure marocaine, en échange de prestations sexuelles entre janvier et mai 2010. Et d'avoir fait pression sur la police de Milan afin de la faire libérer après son interpellation pour un vol fin mai 2010.
Unipol pour "violation du secret de l'instruction", en raison de la publication par le journal appartenant à sa famille de retranscriptions de conversations couvertes par le secret de l'instruction.


.......


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Re: Italie

Messagede ivo » 27 Oct 2012, 19:02

Dizaines de milliers de jeunes à la manifestation "No Monti day" contre la rigueur
http://www.liberation.fr/depeches/2012/ ... eur_856432
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Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, pour la plupart jeunes, ont défilé samedi au coeur de Rome, à l'appel de partis d'extrême gauche, associations et syndicats autonomes, pour protester dans le cadre d'un "no Monty Day" contre les mesures d'austérité du gouvernement italien.

Le défilé a débuté vers 12H30 GMT et se déroulait dans le calme, sous une nuée de drapeaux rouges arborant la faucille et le marteau.

Les magasins ont fermé leurs devantures et le parcours était placé sous stricte surveillance policière pour éviter tout débordement, comme cela avait été le cas lors d'une manifestation analogue à l'appel des "indignés" il y a un an contre le gouvernement de Silvio Berlusconi, alors que l'Italie était dans la tourmente financière.

"Avec l'Europe qui se rebelle, chassons le gouvernement Monti", était inscrit sur une grande banderole en tête du cortège parti de piazza della Repubblica et arrivé plus d'une heure plus tard piazza San Giovanni à 1,5 km de là. Sur un autre calicot, on peut lire "le patron est mort".

Seuls petits incidents, des petits groupes de jeunes des centres sociaux ont envoyé des oeufs, des bouteilles et des pétards contre des succursales de banques italiennes.

Les manifestants arboraient des marionnettes géantes de Mario Monti, Angela Merkel et Barack Obama. Ils répondaient à l'appel notamment du Parti communiste des travailleurs et de Refondation communiste, et de syndicats autonomes.

Le collectif No Tav contre le train à grande vitesse devant relier Turin à Lyon, à l'origine d'une contestation ayant été parfois marquée par des incidents violents dans une vallée alpine, et des mouvements d'étudiants et de précaires qui protestent contre l'austérité et le chômage soutiennent l'initiative.

La préfecture de Rome a imposé un parcours au cortège, interdisant toute circulation automobile dans le quartier, et le maire de la capitale a lancé un appel aux manifestants à "respecter la ville".


pas un mot sur fr info, 10s au jt fr3 (contre 5mn sur les pompes à talons....)
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Re: Italie

Messagede altersocial » 28 Oct 2012, 08:39

Violentes émeutes en Italie

vidéo

Certaines villes ont été le théâtre d’affrontements violents. A Rome, des casseurs, armés de matraques et de pierres, infiltrés par les manifestants, s’en sont pris aux forces de l’ordre. Celles-ci ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. D’après les observateurs, ces affrontements seraient les plus violents depuis le sommet du G8 à Gênes en 2008. Au coeur de ces tensions, figure Mario Monti, le président du Conseil italien décrié pour sa politique d’austérité.

“J’essaie juste de vous expliquer comment on en est arrivé là et pourquoi le gouvernement précédent vous a promis beaucoup trop et pourquoi nous ne pouvons pas tenir ces promesses aujourd’hui”, a-t-il dit en réponse à des critiques qui venaient de lui être faites par des militants hostiles à sa politique.

Dans toute l’Italie, c’est le No Monti Day (Un jour sans Mario Monti). Ces manifestations géantes sont organisées par des partis et des syndicats d’extrêmes gauche hostile au président du conseil.

“Monti ne travaille que dans l’intérêt des banques et pour leurs bénéfices. Nous, les citoyens, il s’en fiche complètement, on ne l’intéresse pas”, explique un sympathisant communiste.

Face aux difficultés économiques , Mario Monti avait appliqué une politique de rigueur dès son arrivée au pouvoir il y a un an. Une politique qualifié de “massacre social” par les manifestants.
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Re: Italie

Messagede ivo » 28 Oct 2012, 09:59

justice et politique en italie ....


Berlusconi déterminer à réformer la justice italienne
http://www.youtube.com/watch?gl=FR&v=89UiMEzc-cE
http://fr.euronews.com/ Silvio Berlusconi est amer après sa condamnation à un an de prison ferme pour fraude fiscale. Lors d'une conférence de presse improvisée à Lesmo près de Milan, l'ancien président du conseil italien a réagi à cette annonce et dénonce un acharnement judiciaire.

"Notre démocratie n'est pas réelle. Nous vivons dans une dictature dirigée par les juges. Nous ne vivons pas dans une démocratie mais dans une "judiciocratie". Je me sens donc dans l'obligation de rester en politique et de concentrer mon prochain combat politique sur la réforme de la Justice", a-t-il déclaré.

Mais en l'état, cette peine reste inapplicable en raison des recours auquel a droit Silvio Berlusconi. Le magnat des médias, 76 ans, a toutefois confirmé qu'il ne se représenterait pas aux élections législatives au printemps 2013.


Berlusconi promet de "combattre la dictature des magistrats"
http://www.lemonde.fr/europe/article/20 ... _3214.html
Vos réactions (10)

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Berlusconi menace de faire chuter le gouvernement Monti

http://lci.tf1.fr/monde/europe/berlusco ... 12379.html
Silvio Berlusconi a annoncé samedi que son bloc de centre droit pourrait retirer son soutien au gouvernement de coalition de Mario Monti, une mesure qui risque de précipiter l'Italie dans le chaos politique avant les élections législatives d'avril 2013.
Condamné vendredi à de la prison ferme dans un procès pour fraude fiscale, Silvio Berlusconi ne décolère pas. D'où sa menace samedi de faire chuter le gouvernement de coalition de Mario Monti, qui bénéficie actuellement du soutien du parti du Cavaliere.

"Nous devons reconnaître le fait que l'initiative de ce gouvernement est une poursuite d'une spirale de récession pour notre économie", a déclaré l'ancien président du Conseil lors d'une conférence de presse donnée au lendemain de sa condamnation (lire notre article : "Berlusconi condamné à de la prison ferme". "Dans les jours à venir, nous déciderons avec mes collaborateurs s'il vaut mieux retirer immédiatement notre confiance à ce gouvernement ou la maintenir compte tenu du calendrier électoral", a-t-il dit.

Le gouvernement Monti, composé de techniciens non-élus, bénéficie du soutien du centre gauche, du centre droit et du centre. Dans l'hypothèse où la totalité du centre droit, dont le Peuple de la liberté (PDL) du "Cavaliere", lui retire son soutien, cette équipe n'aurait pas d'autre choix que de démissionner. Mario Monti est arrivé au palais Chigi, siège de la présidence du Conseil, en novembre 2011 en pleine crise de la dette. Cet ancien commissaire européen a fait adopter des hausses d'impôt, des coupes budgétaires et une réforme des retraites pour diminuer l'endettement de l'Etat qui représente 126% du PIB, selon le FMI.

"Politique hégémonique de l'Allemagne"

L'ancien chef du gouvernement a également condamné l'équipe Monti pour avoir appliqué ce qu'il a appelé la politique économique "hégémonique" de l'Allemagne. Il a accusé la chancelière allemande Angela Merkel et l'ancien président Nicolas Sarkozy de "chercher à assassiner ma crédibilité politique internationale". Dans un entretien publié auparavant, il a laissé entendre qu'il pourrait ne pas quitter le devant de la scène politique comme prévu, tout en confirmant par la suite qu'il ne serait pas candidat pour la présidence du Conseil (lire notre article : "Berlusconi se sent obligé de rester en politique"). Il n'a en revanche pas exclu de briguer un poste de député en avril.

Silvio Berlusconi, qui est âgé de 76 ans, n'a pas donné de précision sur la date à laquelle sera prise la décision de soutenir ou non le gouvernement Monti. Mais dimanche, les élections régionales en Sicile constitueront un test de la force du centre droit italien. En cas de mauvais résultat pour Monti, Berlusconi pourrait alors décider d'entamer sa guérilla anti-gouvernementale.

1 - excellent, ils ne s'en cachent meme plus ^^
2 - monti, comme tant d'autres en europe, est un ancien de goldman sachs ...
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Re: Italie

Messagede Ulfo25 » 08 Déc 2012, 20:23

Berlusconi aurait anoncé sa candidature aux législatives italiennes

L'ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi a annoncé samedi 8 décembre qu'il sera candidat aux prochaines élections législatives et briguera pour la sixième fois la tête du gouvernement.


"C'est avec tristesse que je retourne à la vie publique, a-t-il dit à des journalistes, filmé par sa chaîne de télévision TGCOM24. Et je le fais une nouvelle fois par sens des responsabilités." "J'entre en scène pour gagner. Quand je faisais du sport, quand je travaillais et que j'étudiais, je ne suis jamais entré en compétition pour avoir une bonne place, mais toujours pour vaincre", a-t-il ajouté, mettant fin à un suspense entretenu depuis plusieurs semaines.


Silvio Berlusconi a annoncé une réunion dimanche de son parti de centre droit, Peuple de la Liberté (PDL), ainsi que des contacts avec son ex-allié populiste, La Ligue du Nord, en espérant "arriver à une décision qui puisse nous permettre de voter ensemble pour le même candidat".

CONTACTS DANS LE MONDE DE L'ENTREPRISE, DU SPORT ET DE L'UNIVERSITÉ

Dans cette déclaration improvisée, le Cavaliere, 76 ans, a rejeté les critiques du chef du centre gauche, Pierluigi Bersani, qui l'avait traité d'"irresponsable" : "Bersani a déjà commencé la campagne électorale, et, selon moi, nous avons fait preuve d'un haut sens des responsabilités".

M. Bersani a été choisi comme candidat à l'issue de primaires au sein du parti démocrate (PD) et les sondages le donnent largement vainqueur en cas d'élections au printemps. M. Berlusconi a annoncé vouloir présenter aux élections de "nombreux visages nouveaux", "car il y a de nombreuses personnes qui ont le droit de se sentir fatiguées". Il a dit avoir pris dejà de nombreux contacts dans le monde de l'entreprise, du sport et de l'université.

En marge d'une soirée à La Scala, vendredi soir, le président du Conseil italien, Mario Monti, avait ironisé sur Berlusconi, en relevant que "le Roi Soleil s'était un peu éloigné" de lui.

SAUVER UNE "ITALIE AU BORD DU PRÉCIPICE"

En pleine crise des marchés européens, le Cavaliere avait accepté il y a un an de s'effacer pour permettre au gouvernement de techniciens de Mario Monti de parer aux menaces financières contre l'Italie. Le centre droit avait soutenu comme le centre gauche le gouvernement Monti.

Le Cavaliere avait annoncé fin octobre qu'il renonçait à se présenter au poste de chef du gouvernement. Mais mercredi soir, il assurait être "assailli de demandes des siens pour revenir au premier plan", ajoutant vouloir sauver une "Italie au bord du précipice", minée par le chômage et l'alourdissement de la fiscalité.

Les élections législatives sont normalement prévues en mars prochain mais la fronde des parlementaires du PDL contre le gouvernement Monti en poste depuis novembre 2011 pourrait conduire le président Napolitano à convoquer plus tôt les électeurs. Silvio Berlusconi a assuré samedi que le PDL sera "responsable" et votera le budget.


Lien : http://www.lemonde.fr/europe/article/20 ... _3214.html
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Re: Italie

Messagede ivo » 09 Déc 2012, 20:16

le meme qui jurait de ne plus faire de politique ?? ^^
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Elections en Italie, février 2013 : Rivoluzione civica !

Messagede neo » 27 Déc 2012, 22:41

http://www.lepartidegauche.fr/actualite ... ique-20115

Vite la révolution civique!
Mardi 25 Décembre 2012


"Rivoluzione civica". Tel devrait être le nom de la liste électorale anticapitaliste qui se présentera aux élections législatives les 24 et 25 février prochain en Italie. Cette liste est née de plus de 100 assemblées locales et nationales qui se sont déroulées durant tout le mois de décembre sur tout le territoire. Elle fait participer d’égaux à égaux société civile, mouvements et partis politiques de l’autre gauche.

C’est une bonne nouvelle pour l’Italie et pour l’Europe que naisse enfin en Italie une convergence des luttes pour la défense de l’environnement, des mouvements sociaux et des partis organisés. Cela donne la possibilité au peuple italien de dire non au populisme berlusconien, à l’austérité eurolibérale de Mario Monti et à la collaboration à ces mêmes politiques que propose le centre gauche de Pierluigi Bersani.

Lutte contre la corruption et les mafias, défense et promotion des biens communs, opposition aux politiques austéritaires, voilà les trois piliers de cette liste qui se propose, jusque dans son nom de porter la révolution civique et citoyenne en Italie.

Le Parti de Gauche se félicite de cette initiative qui, en remettant au centre de l’action et de la discussion politique le peuple, rompt de manière radicale avec avec les politiques d’accompagnement à l’austérité des sociaux-démocrates et offre une réponse de gauche aux souffrances que celle-ci produit, loin du poujadisme de l’ex-comique Beppe Grillo.

...............................................................................................................................................

http://www.lepartidegauche.fr/actualite ... atie-19861

Le PGE appelle les Italiens à faire progresser le « 4e pôle » pour la justice sociale et la démocratie
Lundi 10 Décembre 2012
Parti de la gauche européenne


Le retour du Cavaliere et la démission de Mario Monti, l’homme de Goldman Sachs qui gouverne depuis novembre 2011 sans avoir été élu, rebattent les cartes de la vie politique italienne. Après un an dans un « régime spécial », les Italiens pourront enfin voter en février.
Les forces qui ont soutenu l’instauration d’un « gouvernement technique », voté les mesures d’austérité, et fait progresser le discours antipolitique de Grillo, tentent aujourd’hui de se refaire une virginité, tant le rejet de la politique de Monti est fort dans le peuple italien.
Ces stratégies inquiètent les marchés et l’UE qui recommencent les pressions, demandant aux partis de s’engager à « respecter les engagements » : c’est à dire les réformes du travail, les privatisations, etc.
Les combats pour la justice sociale et la souveraineté populaire n’ont jamais été aussi liés. Le Parti de la gauche européenne appelle les citoyens italiens à leur soutien aux forces qui travaillent à la création d’un « 4e pôle », celui de l’alternative à l’austérité et de la défense de la souveraineté populaire pour libérer l’Italie et l’Europe du néolibéralime et de la dictature des marchés.
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Re: Italie

Messagede ivo » 27 Jan 2013, 19:53

Berlusconi défend "l'action positive" de Mussolini
fr info
Silvio Berlusconi a suscité le tollé ce dimanche en soulignant que Benito Mussolini avait fait beaucoup de bonnes choses. A un mois des élections législatives, au cours desquelles le "Cavaliere" espère revenir sur le devant de la scène, ces déclarations ont généré une vague de protestations.

Image
Accoutumé du fait, le "Cavaliere" a lancé une nouvelle polémique © Reuters - Max Rossi

Aucun doute, Silvio Berlusconi est de retour en politique. En défendant ce dimanche l'action positive de Benito Mussolini - mis à part les lois dites "raciales", antisémites -, l'ancien président du Conseil italien a renoué avec les polémiques.

"Les lois raciales représentent la pire faute d'un leader, Mussolini, qui en revanche a fait de bonnes choses dans tant d'autres domaines", a affirmé le "Cavaliere", qui espère profiter des élections législatives prévues en février prochain pour remonter en selle. Il s'exprimait à Milan en marge d'une cérémonie à l'occasion de la journée de la mémoire de l'Holocauste.

Par ailleurs, un jour après que que la chancelière Angela Merkel a estimé que l'Allemagne avait "une responsabilité permanente pour les crimes du national-socialisme", Silvio Berlusconi a comparé l'Italie de Mussolini à l'Allemagne nazie. Pour lui, clairement, son pays "n'a pas les mêmes responsabilités que l'Allemagne".

Le régime de Benito Mussolini, au pouvoir de 1922 à 1943, a adopté à partir de 1938 une série de mesures connues sous le nom de "lois raciales", qui excluaient notamment les juifs de l'armée et de l'enseignement et limitaient leur droit de propriété. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, plus de 7.000 hommes, femmes et enfants juifs italiens furent exterminés dans les camps de la mort.

Réactions outrées en chaine

A la suite de ces déclarations - faites le jour de la Mémoire de la Shoah -, plusieurs responsables politiques de gauche ont exprimé leur indignation. "Les paroles de Berlusconi sont une honte et une insulte à l'histoire et à la mémoire. Qu'il s'excuse aujourd'hui même auprès des Italiens", a twitté le président du groupe du Parti démocratique (PD, gauche) à la Chambre des députés. Plus outré, encore, leleader de l'Italie des Valeurs (IDV), Antonio Di Pietro a déclaré que le "Cavaliere" était "ni plus ni moins que la caricature" de Mussolini.

Les association juives italiennes ont aussi critiqué les propos de Silvio Berlusconi. "Les déclarations de Silvio Berlusconi sont non seulement superficielles et inopportunes, mais aussi (...) privées de sens moral et de fondement historique", a dénoncé le président de l'Union des communautés juives italiennes, Renzo Gattegna. "De telles déclarations doivent être rejetées et démontrent à quel point l'Italie a encore du mal a accepter sérieusement sa propre histoire et ses propres responsabilités", a-t-il conclu.

Face au tollé, le chef du groupe Peuple de la Liberté (PDL) à la Chambre, Fabrizio Cicchitto, est monté au créneau pour défendre le fondateur de son parti. "La dictature fasciste n'a jamais atteint l'horreur de celle des nazis et de celle de Staline", a-t-il cherché à relativiser, affirmant que "le débat instrumentalisé qui s'est ouvert détourne le sens des paroles de Berlusconi, qui se référait évidemment aux politiques d'aide sociale et de soutien aux familles" du Duce.

apologie de la "politique sociale" de mussolini le jour de la Mémoire de la Shoah ... joli ^^
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Mobilisation antifasciste contre la répression

Messagede altersocial » 16 Fév 2013, 14:16

Mobilisation populaire antifasciste à Teramo :

Plus d'un millier de manifestants antifascistes a manifesté ce 11 février contre la répression de l'Etat italien à l'appel de l'ACTION ANTIFASCISTE TERAMO en réaction à la condamnation à 6 années d'emprisonnement contre 5 jeunes antifascistes de la ville suite à une manifestation sociale du 15 octobre 2011 à Rome.



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Re: Italie

Messagede ivo » 21 Fév 2013, 11:29

Elections italiennes : le choix d'une population écrasée par la crise
...
Une colère noire contre les banquiers

L'autre gros problème soulevé par la quasi-totalité des responsables de PME que l'on croise en Lombardie, ce sont les banques qui ont "fermé le robinet de crédit". "C'est scandaleux", explique Giorgio Richardelo, "ces banques ne veulent plus nous prêter alors que depuis des décennies, c'est nous qui avons fait leur patrimoine. C'est injuste. Il faut que je bataille chaque jour sur chaque ligne de crédit avec mon banquier" s'énerve-t-il.

En colère ce petit patron vient d'écrire au président du conseil Mario Monti, chef du gouvernement technique aux commandes du pays depuis la fin 2011. "Je voulais lui dire en somme : oui peut-être que votre cure d'austérité avec 100 milliards d'économie a rassuré les marchés, la finance et Bruxelles, mais elle a créé des dégâts irréversibles sur le terrain, dans l'économie réelle", explique-t-il.
...
"La politique d'austérité me fait enrager. Ils veulent faire payer aux plus pauvres la mauvaise gestion passée du pays. On devient des esclaves. Moi, le chômage m'a brisé. Je n'ai plus de rêve je passe mon temps avec mon stylo et mon carnet à compter le moindre euro pour survivre."
...
Ces personnes en marge du monde du travail se tourneraient bien vers Pôle emploi. Mais le gouvernement Berlusconi en 2003 a supprimé le service public de l'emploi. Il reste donc les agences d'intérim, et pour les quelques aides, ils doivent s'adresser directement au trésor public. Ce qui relève du parcours du combattant.

Du coup, ce sont les syndicats qui assurent le lien avec les chômeurs. Au bureau milanais de la CGIL - premier syndicat du pays avec six millions de membres - l'essentiel de l'activité n'est pas de préparer des manifestations, mais d'aider les chômeurs qui affluent et prennent un ticket pour attendre leur tour.

Comme beaucoup de salariés de la CGIL, Corrado Mandreoli a quasiment une mission d'assistante sociale. "Ici dans nos bureaux, je vois défiler tous les jours des situations désespérées. Dans l'histoire du mouvement ouvrier, on a eu des périodes difficiles, mais là, c'est différent, il n'y a aucune perspective. Les relations humaines en souffrent, c'est la guerre entre tous pour le moindre job. Les cas de dépressions, de recours aux anxiolytiques et de suicides sont de plus en plus nombreux", raconte-t-il amer.
...
La colère des petits patrons, la détresse des chômeurs favoriseront-elle le centre gauche en tête des sondages ? Beaucoup sont tentés aussi de succomber aux sirènes de Beppe Grillo, le Coluche italien, comédien reconverti en politique avec son mouvement "5 étoiles", à gauche toute. Grillo remplit les places publiques et veut créer la surprise.

>>>
http://www.franceinfo.fr/politique/le-p ... 2013-02-21
commentaires:
Pourquoi font ils des élections ces italiens ? il suffit qu'ils demandent à Bruxelles une équipe de technocrates formatés par Goldman Sachs pour remplacer leurs élus ? quelle perte de temps.

Voilà ce qui nous attend...


>>>
Qui est Beppe Grillo ?
>>>
http://www.franceinfo.fr/europe/beppe-g ... 2013-02-19
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