Italie

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Messagede Nico37 » 06 Aoû 2011, 21:27

Italie: un maire interdit la vente de sandwiches et autres kebabs Le Point-AFP

Le maire de Cittadella (près de Padoue, nord) a décidé qu'à partir de vendredi il ne serait plus possible d'ouvrir des établissements vendant des sandwiches et kebabs à emporter dans le centre historique, notamment en raison de l'odeur dégagée par ces produits.

Ces "activités artisanales ne conviennent pas à l'urbanisme de notre centre historique (à cause de leur) typologie de consommation, leurs odeurs...", a expliqué par téléphone à l'AFP Massimo Bitocci, qui est aussi député de la Ligue du Nord, le parti anti-immigrés allié de Silvio Berlusconi.

"Si quelqu'un veut manger du kebab, qu'il le fasse chez lui ou hors du centre historique de Cittadella", ajoute-t-il, avant de trancher définitivement: "Ils ne font pas partie de notre tradition".

Il présente aussi sa réglementation comme une réglementation "de nature urbanistique", justifiée par le fait que selon lui ces activités "ne respectent pas les normes hygiéniques et sanitaires".

Ce n'est pas la première fois que le maire de Cittadella, coutumier des déclarations à l'emporte-pièce, fait parler de lui.

En 2009, il avait fait scandale avec des mesures contre les mendiants, les vendeurs ambulants et le stationnement des caravanes, pour éviter la formation de camps de nomades. Il avait aussi proposé des travaux d'utilité publique "forcés" pour les mineurs de moins de 16 ans consommant de l'alcool.
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Re: Italie

Messagede Nico37 » 23 Aoû 2011, 14:50

Déclarations chocs d'une formation néofasciste 23.08.2011

Les étrangers et les gays dehors" ; "Rétablissons la peine de mort" ; "Mort aux politicards" ; "L'Italie doit quitter l'Union européenne" : c'est fort de ces déclarations coup-de-poing que Gaetano Saya, président du "parti nationaliste italien" (formation néofasciste créée en 2009), vient de lancer une grande campagne d'adhésions sur Internet. La Repubblica relate que depuis quelques jours une vidéo à la gloire du leader nationaliste et de l'armée circule également sur les réseaux sociaux, Facebook en tête. Symboles et rhétorique nazis y ont la part belle.


UN MINI-«DUCE» DE PACOTILLE LÈVE UNE ARMÉE ANTI-GAY 23 août 2011 | par F.T.

Gaetano Saya devant son «Soleil noir» inspiré de la mystique SS.
Une enquête est ouverte contre Gaetano Saya, chef excentrique du groupuscule Droite nationale. Il recruterait des miliciens pour nettoyer l'Italie des étrangers et des homos.
Il prétend avoir été membre de Gladio, un réseau secret anticommuniste actif pendant les «années de plomb» du terrorisme extrémiste en Italie: Gaetano Saya n'a manifestement pas déposé les armes. Le leader du groupuscule Droite nationale vient de lancer un appel à combattre «les communistes, les Tziganes, les Albanais, les Marocains, les musulmans et autres, de couleurs diverses» et déclare également la guerre aux homosexuels, qu'il compte «bouter hors du Parlement et des institutions», rapporte le site Gay.it.
Saisi par la députée du Parti démocrate ouvertement lesbienne Paola Concia, l'Office national contre les discriminations raciales, une institution dépendant du ministère de l'Egalité des chances, a ouvert une enquête à la suite de ces «déclarations publiques incitant à la haine raciale et contre les homosexuels». Elle pourrait, à son tour, saisir la justice italienne contre le petit Duce.

RECRUTEMENT DE «LÉGIONNAIRES»

Réelle menace ou bluff mégalo, Saya recrute des «Légions pour la sécurité et la défense de la patrie» pour mener à bien son programme délirant de «nettoyage» de l'Italie. Il envisage même de faire défiler ses «troupes» à Gênes, les 24 et 25 septembre prochains. L'ex-barbouze de 56 ans n'en est pas à son coup d'essai. En 2005, il avait été arrêté pour avoir tenté de monter une milice chargée, entre autres, de kidnapper l'ex-activiste communiste et terroriste présumé Cesare Battisti.

ADMIRATEUR DES SS

Son parti, qui se réclame de l'aile dure de l'ancien MSI néofasciste (aujourd'hui dissout), a adopté pour symbole le «soleil noir», un insigne tout droit sorti de la mystique SS. Saya et ses fidèles n'hésitent pas, d'ailleurs, à prendre la pose dans des uniformes de pacotille très similaires à ceux des bourreaux du IIIe Reich. Assez inquiétant pour que le président de la communauté juive de Rome, Riccardo Pacifici, demande l'interdiction de la manif gênoise. «Un personnage comme Saya devrait faire bondir de leur chaise tous les citoyens du pays, réagit Pacifici dans «La Repubblica». Tout cela exige une réaction ferme, décidée et non superficielle.»
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Messagede Nico37 » 18 Sep 2011, 17:59

RACISME : Les néo-nazis "Blood & Honour" marchent sur Rome JEUDI, 15 SEPTEMBRE 2011 07:00

Ils prêchent le racisme et s'inspirent des idées d'Hitler. Le 28 octobre le premier meeting italien, organisé par les boneheads de Rome.

Musique et engagement politique au service des idéologies racistes, Le mouvement "Blood & Honour", fondé en Angleterre mais désormais transformé en réseau international, a son identité écrite dans son nom, rappel explicite de ce "Blut und Ehre", qui fut la devise de la Jeunesse hitlérienne.

Interdite, il y a quelques années en Allemagne pour activités éversives, “surveillé spécial" en Grande Bretagne pour ses liens avec les hoolingans et les actions anti-immigrés du groupe naziste C18, le mouvement débarque également en Italie.

Le 28 octobre, anniversaire de la marche fasciste sur Rome, se tiendra dans la capitale, le premier meeting de la collonne italienne de B&H.

Au milieu des croix celtiques, les bras tendus et les hymnes à la suprématie blanche. la manifestation sera abritée à la Casa Italia Colleverde, à via Monte Bianco, un espace géré par le groupe S.P.Q.R Skin. Un choix qui semble avoir divisé l'extrême droite si bien que "Veneto Fronte Skin" et "Casa Pound" prennewnt les distances.

Entre-temps B&H marchent sur Rome. Au rythme d'une musique qui ne fait tout autre que donner des frissons.

Elvio Pasca
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Messagede Sid » 11 Déc 2011, 13:44

http://lereveil.ch/no-tav-resistance-en-val-suse-a

Aujourd’hui 8 décembre est l’anniversaire de la bataille de Venaus, où le mouvement NO-TAV avait "chassé" les forces de l’ordre de la vallée.
Trois cortèges étaient au rendez-vous avec l’objectif d’arriver jusqu’aux barrières qui protègent l’infâme chantier du train à haute vitesse et dénoncer la machine à fric derrière ce projet. Un cortège, parti de Susa et ouvert par les gosses de la vallée, est allé contester une des responsables de cette "oeuvre" de la modernité, à savoir l’entreprise Sitaf. Les autres deux cortèges, partis de Giaglione et Chiomonte, se sont dirigés vers la "presidio" de Clarea en bloquant l’autoroute.
Puis les manifestants se sont tournés vers le chantier pour faire tomber les barrières, protégées par un présence massive des forces de l’ordre. Bien que les flics commencent toute de suite à utiliser les canons à eau, les gens ne reculent pas et continuent à couper les clôtures. Quand les flics essayent de sortir des barrières se font repousser par les manifestants. Les policiers commencent donc à lancer massivement des lacrymos (même depuis les hélicoptères, apparemment !) qui incendient une partie de la forêt qui entoure le chantier. Les manifestants résistent à coup de cailloux et de bombes "carta", ce n’est que après des heures que les flics arrivent à les repousser vers l’autoroute, encore bloquée par des autres NO-TAV.
Entretemps Anonymous sabote le site du député Ghiglia - qui s’était distingué pour avoir invoqué une répression farouche conte le mouvement - sur le quel on retrouve une video contre le train à haute vitesse.

A SARA DURA !
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Re: Italie

Messagede Sid » 11 Déc 2011, 20:59

http://juralib.noblogs.org/2011/12/11/n ... -decembre/

NO-TAV : Compte-rendu de la conférence de presse du 9 décembre 2011, rapport aux événements du 8 décembre

Le mouvement NO-TAV s’oppose depuis une vingtaine d’années à la mise en place du TGV dans la vallée de Susa. Ce projet européen est purement économique et ne tient aucunement compte de l’avis de ses habitants.

Une journée de mobilisation intense a eu lieu jeudi 8 décembre.

Au départ, trois points de rassemblement. Un blocage de l’autoroute partait de Susa. À Giaglione et à Chiomonte, les manifestants se sont rassemblés puis rejoints dans la vallée pour couper les grilles qui encadrent la zone du futur chantier. Ils ont ensuite tenté de tenir le campement face aux forces de l’ordre.

Deux aspects ressortent de cette conférence de presse ; deux aspects qui tentent de mettre à mal la mobilisation : 1. La violence des policiers, une violence de bande ; 2. La volonté manifeste des politiciens et des journalistes de criminaliser la mobilisation.

1. La violence des policiers, une violence de bande

Jets de pierres sur les manifestants en train de couper les grilles ainsi que sur des journalistes, tirs tendus de bombes lacrymogènes… scènes de tension dans cette journée du 8.

On dénombre trois blessés graves : une personne a reçu une bombe lacrymogène dans l’œil (il a d’ailleurs perdu son œil), une autre a été blessé au crâne (traumatisme cranien).

Les représentants des differents comités de la mobilisation dénoncent la volonté manifeste des forces de l’ordre de faire du mal. Il ne s’agit plus d’empêcher ou de “protéger”.

Les policiers ont empêché les blessés graves de sortir de la vallée pendant une heure malgré l’insistance des médecins. Il s’agit d’une situation totalement anormale car même en temps de guerre, les blessés ont le droit d’être secourus.

Les forces de l’ordre ont également saccagé le campement de la mobilisation et sont repartis avec des effets personnels, le générateur d’électricité et des outils.

2. La volonté manifeste des politiciens et des journalistes de criminaliser la mobilisation

Le nouveau ministre de l’Intérieur utilise le terme de “terrorisme” pour qualifier la lutte de Susa.

La répression de cette lutte sert d’exemple dans tout le pays pour empêcher le reste de l’Italie de se révolter dans ce contexte global de crise et de mesures d’austérité. Le nouveau gouvernement utilise Susa pour donner le ton.

Tous les partis politiques de gauche comme de droite tentent de délégitimer le mouvement.

Les médias servent de rampe de lancement à cette volonté politique.

Ils corroborent les dires du ministre de l’Intérieur en parlant d’un climat de peur et d’insécurité dans la vallée provoqué par le mouvement No-tav. Cette représentation tente de créer une frontière qui n’existe pas entre les gens de la vallée et d’autres personnes pertubatrices. En réalité, ce sont les habitants de Susa qui tiennent la lutte.

Ils dénoncent l’organisation d’une manifestation d’enfants lors du blocage de l’autoroute. Les enfants auraient été utilisés comme “barricades” face aux forces de l’ordre. En réalité, le blocage de l’autoroute permettait une manifestation familiale et festive contrairement aux autres points de rendez-vous, plus violents.

Ils tentent de donner l’image d’un mouvement désuni : les pacifistes légalistes d’un côté, les violents illégalistes de l’autre. Ce conflit n’existe pas.

Leur plus gros mensonge est de dire que le chantier pour le TGV a déjà commencé pour toucher les subventions européennes : les seuls travaux en réalité effectués sont la mise en place d’un grillage encerclant un camp policier à ciel ouvert. Les gens du coin appellent cet enclos, le “chantier qui n’existe pas”.

Cette lutte résonne étrangement avec d’autres combats en Europe ; par exemple, avec celle de la ZAD près de Nantes qui s’oppose à la construction d’un aéroport international.

Compte-rendu du 10 décembre 2011.
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Re: Italie

Messagede ivo » 18 Mai 2012, 19:11

En Italie, des groupes anarchistes reprennent certaines méthodes des Brigades Rouges
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En Italie, après l'attentat qui a blessé le patron d'Ansaldo, une entreprise publique du nucléaire, le ministre de l'intérieur a réuni hier le comité national pour l'ordre et la sécurité. Il a décidé de prendre des mesures pour protéger certaines personnes. L'attentat avait été revendiqué par la Fédération Anarchiste Informelle qui a menacé d'autres actions, alors que les manifestations violentes d'exaspération contre les agences du fisc se multiplient dans le pays. Tout cela rappelle les années sombres des années 70-80.

Si on en est pas encore là, pas plus tard que ce matin, l'inscription "Mort à Orsi" a été découverte sur un mur dans un des bureaux du personnel de l'entreprise publique Ansaldo Ernegia à Gênes. L'inscription était signée BR pour Brigade Rouges avec le signe de l'étoile à 5 branches. D'après la direction, ce serait l'acte d'un mythomane. Mais pourtant, le 7 mai dernier un autre chef d'entreprise était visé. Roberto Adinolfi, le PDG d'Ansaldo Nucleare, s'était fait tirer dans les jambes. Cet attentat avait été revendiqué par un groupuscule d'extrême gauche. Suite à une réaction de l'Etat, 550 personnes sont désormais sous protection. Mais on est loin des années 70. A l'époque, les groupes souhaitaient déstabiliser l'Etat alors qu'il s'agit plutôt désormais d'épisodes de tension sociale liés à la crise dans le pays.

Selon Marc Lazar, sociologue, spécialiste de l'extrême gauche et de la vie politique italienne, "il faut être très prudent sur la comparaison avec les années de plomb". Mais il avoue qu'il "n'est pas surpris par la montée de la tension sociale en Italie... Ce qui est plus surprenant, c'est l'activité de ces groupes anarchistes qui reprennent certaines méthodes des Brigades Rouges avec des attentats ciblés comme ces tirs dans les jambes". Il ajoute aussi que des groupes italiens s'inspirent de groupes grecs où la situation est encore plus grave. "On peut se demander s'il n'y a pas un risque d'extension en Europe" s'interroge-t-il.

Attentats en Italie : l'Analyse de Marc Lazar - LE DOSSIER FRANCE INFO


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Re: Italie

Messagede ivo » 23 Mai 2012, 12:47

En Italie, le comique Beppe Grillo bouscule le paysage politique
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Il est parfois surnommé "le Coluche italien". Avec son mouvement "cinq étoiles", Beppe Grillo vient de créer la surprise aux élections municipales.

Beppe Grillo, c'est d'abord un slogan : "Vafanculo", littéralement "va te faire foutre". En Italie, avec ses amis, il vient d'obtenir 12% des suffrages aux élections municipales. Un de ses candidats, Federico Pizzarotti, remporte la ville de Parme, une commune de 200.000 habitants environ. La classe politique prenait Beppe Grillo pour un comique, une sorte de Coluche - version italienne. Elle découvre un phénomène : à 63 ans, avec ses cheveux en bataille et sa barbe poivre et sel, l'amuseur veut casser tout le système politique.

Grillo est un homme populaire, et depuis longtemps. Dès les années 1980, il attire le public dans les cabarets, puis à la télévision. A l'époque déjà, il se moque des dirigeants, dénonce la corruption. Il défend les citoyens, les consommateurs. Puis il décide d'aller plus loin. En 2007, il anime le "Vaffanculo Day", avec des manifestations massives contre la classe politique. Deux ans plus tard, nouvelle étape : il crée un mouvement baptisé "cinq étoiles". Le succès est immédiat : 100.000 personnes le rejoignent.

Grillo se méfie des médias traditionnels. Il préfère s'exprimer sur son blog, très consulté. Sur Facebook, il a 830.000 amis. Plus de 500.000 personnes le suivent sur twitter. Elles guettent ses bons mots, et ses formules à l'emporte-pièce. Sans arrêt, Grillo interpelle les dirigeants italiens. Hier, Silvio Berlusconi, aujourd'hui, Mario Monti, l'austère président du conseil. Il le surnomme "Rigor Montis", une allusion à "rigor mortis", la rigidité des cadavres.

Beppe Grillo dénonce le "capitalisme" et la dérive de l'Etat. Il défend ce qu'il appelle "l'hyper démocratie". Son programme ? La mise en place d'un salaire minimum - il n'y en a pas en Italie -, mais aussi le retrait de la zone euro, et des mesures d'économie tous azimuts : sur le salaire des hommes politiques ou encore sur les dépenses militaires.

En face, les partis traditionnels accusent Beppe Grillo d'être populiste, démagogue. Le comique balaie ces attaques. Il compare son succès à la victoire des Soviétiques, à Stalingrad, en 1943, et il annonce qu'il prépare la suite : les élections législatives, organisées l'an prochain.
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Re: Italie

Messagede ivo » 28 Mai 2012, 09:08

Mauvaise surprise pour les retraités italiens
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Avec la réforme des retraites adoptée en décembre dernier par le gouvernement Monti à peine arrivé au pouvoir, les retraités sont les plus impactés par la crise. D'autant que cette réforme a "oublié" des centaines de milliers de personnes. On les appelle les "esodati".

Marisa est ancienne cadre à La Poste italienne. En 2009, alors qu'elle a 57 ans, son entreprise lui propose un départ en pré-retraite. La Poste avait prévu de faire partir en trois ans 15.000 salariés. Elle accepte les 30.000 euros bruts, censés couvrir les 3 années manquantes jusqu'à sa retraite fin 2012. Mais en décembre, arrive la réforme, l'âge de départ est repoussé et Marisa réalise qu'elle ne sera en retraite qu'en 2017. Mais elle ne touchera pas un euro de plus. Elle se retrouve donc sans salaire, sans pension de retraite, sans travail, et sans revenus. Comme elle, les syndicats estiment qu'ils sont plusieurs centaines de milliers en Italie. Le gouvernement affirme que des ressources ont été dégagées pour régler le cas de 65.000 de ces "esodati".

Taxes en tous genres

Mais ceux qui sont déjà à la retraite rencontrent eux aussi des difficultés. Le mari de Marisa est à la retraite depuis un an. Giuseppe, 62 ans, a fait toute sa carrière à la banque nationale du travail, groupe BNP. Sa retraite est confortable mais il est confronté, comme beaucoup d'autres retraités, aux augmentations de taxes en tous genres qui touchent les Italiens. Pour redresser les finances du pays, le gouvernement de Mario Monti a par exemple augmenté la TVA qui est passée à 21%, il a rétabli la taxe sur l'habitation principale, ce qui représente un mois et demi de pension, selon les calculs de Giuseppe. Le prix de l'essence a également augmenté.

Les retraités et les "esodati" s'organisent via les réseaux sociaux. Les parlementaires ont été saisis. Marisa et Giuseppe ne voient pas l'avenir de leur pays en rose. Ils approuvent les mesures de Mario Monti visant à sauver l'Italie mais demandent plus d'équité.
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Re: Italie

Messagede ivo » 29 Mai 2012, 09:54

Pas de répit pour la chasse aux fraudeurs
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La suite de notre série sur l'Italie. Aujourd'hui, l'une des priorités de Mario Monti, la lutte contre l'évasion fiscale. Elle fait polémique en Italie à cause des nombreux cas de suicide de chômeurs ou d'entrepreneurs pris à la gorge et qui accusent le fisc de les pousser à bout. Mais Mario Monti a redit que si tout le monde payait des impôts, tous en paieraient moins et les services publics seraient de meilleure qualité.

Les fins limiers de la lutte contre l'évasion fiscale se trouvent dans des bureaux assez impersonnels de l'Agenzia delle Entrate, le fisc italien. Les agents s'appuient sur le logiciel Serpico, qui permet de passer au crible des millions de données, bancaires, mais pas seulement. Il permet de croiser des fichiers sur lesquels apparaissent les propriétaires de bateaux, de voitures de luxe, d'appartements, y compris les dépenses d'énergie et de voyages. En croisant ces données, les agents arrivent à débusquer des contribuables dont la situation parait peu cohérente (faible revenu déclaré mais nombreuses propriétés immobilières par exemples). Le contribuable doit donc s'expliquer sur ces incohérences.

Fraude en baisse, mais supérieure à la moyenne européenne

L'année dernière, 50.000 lettres ont été envoyées à des personnes ou entreprises aux situations "incohérentes". Sur la déclaration suivante, 32.000 de ces contribuables ont déclaré 189 millions de revenus supplémentaires. En Italie, le pourcentage de ceux qui trichent sur la TVA, ce qui est le plus facilement mesurable, est passé de 31 à de 27%, contre 15% en moyenne en Europe. Le but est d'inciter les italiens à déclarer au plus près de la vérité.

La lutte contre l'évasion fiscale s'accompagne aussi de vastes opérations coup de poing, des opérations de communication visées à toucher les esprits, comme celle qui s'est déroulée en décembre dans la station de ski huppée de Cortina. En 2011, 12,7 milliards d'euros ont été récupérés par le fisc, c'est 15% de plus que l'année précédente.
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Re: Italie

Messagede ivo » 30 Mai 2012, 09:46

Dans la jungle des contrats précaires
fr info
Mario Monti assure vouloir œuvrer pour les jeunes, mis à l'écart du marché du travail, et aussi pour les générations futures en stoppant l'endettement du pays. Le chômage des jeunes de 15 à 24 ans frôle les 36% en mars, selon les chiffres de l'institut italien de la statistique. parmi les 25-34 ans, 40% habitent encore chez leurs parents, la moitié parce qu'ils ne trouvent pas de travail et qu'ils ne peuvent pas s'en sortir tout seuls.

En Italie, il existe 46 formes de contrats de travail de toutes sortes, parmi lesquels par exemple des "contrats de projet" sans durée, ou encore des "partita IVA", contrats réservés en théorie aux professions libérales. La plupart de ces contrats ne sont accompagnés d'aucune protection sociale, pas d'indemnisation chômage prévue.

Beaucoup de jeunes Italiens subissent ces contrats précaires d'extrême flexibilité. C'est le cas par exemple d'Astrid, archéologue, employée abusivement comme "partita IVA". Après 10 années d'études, 11 ans d'expérience sur le terrain, son objectif, c'est d'arriver à toucher, en moyenne, 1.000 euros par mois.

Parents, enfants : la famille fragilisée

Le parlement travaille actuellement à faire le ménage dans ces contrats ; on parle aussi d'un revenu minimum pour les fins de contrats de projet qui n'ont actuellement aucune indemnisation. Jusqu'à présent, c'est la famille qui servait d'amortisseur social pour ces précaires. Mais avec la crise qui touche aussi les parents, la situation devient intenable.

Lors des 20 dernières années, les dépenses de consommation des familles ont augmenté plus vite que leurs revenus. Résultat, moins de capacité d'épargne. Depuis 2008, le pouvoir d'achat des foyers a baissé de 5%.

Le logement hors d'atteinte pour les précaires

Les jeunes précaires ne peuvent même plus penser à se loger. A Rome, un appartement normal, deux pièces, cuisine, salle de bain, dans une zone ni centrale ni périphérique, coûte 350.000 euros. Une somme que des jeunes comme Astrid ne pourront jamais débourser. Du coup, le nombre d'enfants est en baisse.

L'Italie est le pays d'Europe qui a le plus faible taux de natalité, après l'Allemagne et la Lettonie. On compte 1,42 enfant par femme, grâce aux populations immigrées (2,07 enfants par femme chez les étrangers, contre 1,33 chez les Italiens). L'Italie est devenue le deuxième pays d'Europe le plus vieux, après l'Allemagne. Mario Monti dit vouloir réduire la précarité dans le pays. Mais Astrid est sceptique. Le problème, dit-elle, c'est que sans contrôle, personne ne se mettra en règle
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Re: Italie

Messagede ivo » 31 Mai 2012, 08:46

Vers un renouveau de la classe politique ?
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La situation politique italienne est assez particulière : depuis la démission de Silvio Berlusconi, en novembre dernier, c'est un gouvernement non élu qui est à la tête du pays, mais qui bénéficie de l'appui de quasiment toutes les forces politiques au parlement. Mais le désamour des Italiens envers la classe politique ne cesse de grandir. Ils reprochent au personnel politique d'être trop payé, corrompu et de mal s'occuper des affaires du pays. Ce qui fait le lit d'une nouvelle formation politique atypique : le Mouvement 5 étoiles.

Image
Beppe Grillo, comique italien, s'en prend aux partis politiques. © Reuters Alessia Pierdomenico

Ce mouvement est né avec le blog le plus visité d'Italie, celui du comique Beppe Grillo. Depuis des années, il pourfend la société de consommation, prône la sortie de l'euro et s'en prend surtout aux partis politiques, accusés de mener l'Italie au gouffre. Beppe Grillo encourage donc les citoyens à se saisir eux-mêmes de la politique. Comment ? En s'organisant via internet et les forums de discussion.

C'est ainsi que naissent un peu partout des groupes "Movimento 5 Stelle" qui réunissent des gens aussi divers que des retraités ou des étudiants, des employés ou des professions libérales, des avocats, des enseignants, des représentants de commerce ou des artistes.

Un mouvement sans locaux

Les propositions des 5 étoiles sont discutées et autour de ces piliers (l'environnement, l'eau, la connectivité, le développement et les transports), un programme national est élaboré puis décliné selon les réalités locales. Mais avec une règle au dessus de toutes les autres : ne pas se former en parti politique structuré. Il faut que ce soient les citoyens qui s'expriment directement. Le Mouvement n'a pas de locaux, pas de moyens financiers.

Les détracteurs du Mouvement, à savoir les responsables politiques et les médias italiens, l'accusent de brandir des propositions incohérentes et inapplicables, de ne pas pouvoir assumer de charges électives réelles, et surtout de n'être qu'un mouvement populiste.

Lors des dernières élections municipales partielles, le Mouvement 5 étoiles a remporté la mairie de Parme, avec Federico Pizzarotti, un jeune élu de 39 ans. La moyenne d'âge des candidats présentés avec le label Mouvement 5 étoiles était de 32 ans. Les derniers sondages le présentent comme la deuxième force politique du pays en intentions de vote.
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Re: Italie

Messagede ivo » 20 Juin 2012, 08:29

Le juge, la Mafia et la trahison de l'Etat
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20 ans après son assassinat, le fils du juge Borsellino, l'une des icônes de la lutte anti-Mafia en Italie, parle d'une trahison au plus haut niveau de l'Etat italien.

Image
L'Express

C'était il y a 20 ans... A quelques semaines d'intervalle, deux attentats visaient deux juges italiens, tous les deux des icônes de la lutte anti-Mafia. A chaque fois le même scénario et la même image qui avait fait le tour du monde, une voiture désintégrée sur l'autoroute par des centaines de kilos d'explosif. La Mafia n'avait laissé aucune chance au juge Falcone puis à son ami le juge Borsellino.

20 ans après, pour la première fois, le fils de Paolo Borsellino, devenu commissaire de police, s'exprime sur la mort de son père. Il le fait dans l'Express de cette semaine. Qui a assassiné son père ? Il évoque "une trahison au plus haut niveau de l'Etat italien".
D'ailleurs en octobre dernier, six condamnés à perpétuité ont été libérés : ils avaient été condamnés après l'attentat, mais la justice a fini par reconnaître leur innocence, et l'enquête a été rouverte.

Delphine Saubaber dans l'Express parle d'un nouveau scénario qui affleure, d'un scandale d'Etat sur fond de tractations secrètes entre l'Etat et la Mafia dont les plus hautes autorités italiennes étaient informées. Selon le fils du juge, son père a été tué pour "raison d'Etat", littéralement "trahi et poignardé dans le dos". Une thèse qui repose notamment sur des confidences faites par le juge Borsellino juste avant sa mort.

Manfredi, le fils du juge, explique aussi dans l'Express que son père se savait menacé, qu'il voyait les cadavres de ses amis et de ses collaborateurs victimes de la Mafia s'accumuler autour de lui, et qu'au milieu de ce bain de sang, il n'avait qu'une obsession : sauver sa famille.

Alors il laissait de temps en temps, volontairement, une brèche dans sa protection, pour adresser un message à la Mafia : regardez, si vous voulez me tuer, inutile de massacrer ma famille avec moi, il y a des moments où je suis seul et sans défense...

Message reçu, le juge disparaissait dans une gigantesque explosion près de Palerme le 19 juillet 1992. Avec ses cinq agents de sécurité, tués eux aussi dans l'attentat, mais le dernier voeu du juge exaucé, sa famille était épargnée et aujourd'hui elle demande la vérité.
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Re: Italie

Messagede leo » 23 Juil 2012, 20:28

[NoTAV / Val Susa] Plusieurs milliers de manifestants prennent d’assaut le chantier

lundi 23 juillet 2012

Dans le cadre des activités du Camp d’Été de lutte contre le projet de construction de la LGV Turin-Lyon [TAV, treno a alta velocità en italien] dans le Val Susa, le mouvement No TAV avait annoncé l’organisation d’une « passeggiata » nocturne à l’intérieur du chantier pour le samedi soir 21 juillet.
Ils et elles ont tenu parole…


Le mouvement NoTav avait annoncé que ce serait un été de lutte et c’est bien le cas. Des milliers de NoTav sont sortis des campements de Giaglione et de Chiomonte et ont convergé vers le site du chantier pour l’assiéger. Ce fut un moment important s’ajoutant à une séquence de lutte qui a commencé avec le campement des étudiants NoTav.

La ‟promenade” dans le chantier se fraie plusieurs passages en force…

Deux mille manifestants NoTav ont assiégé le chantier de Chiomonte ce samedi soir. Quand ils sont arrivés au site, ils se sont approchés soudainement de la clôture et la police a commencé à utiliser les canons à eau et les gaz lacrymogènes. La réponse de la manifestation a été déterminée : des barrières ‟new jersey” (fameuses pour leur solidité) ont été arrachées et plusieurs mètres de la clôture en béton ont été abattus avec des masses, des phares utilisés pour éclairer les travaux comme en plein jour ont été cassés, des morceaux importants de la seconde clôture métalliques ont été découpés et arrachés, permettant aux NoTav d’entrer dans le chantier.
Les tirs continus de gaz lacrymogènes par les militaires ont provoqué un incendie qui a été contrôlé par les NoTAV, et ont fermé l’autoroute dans la direction de Bardenecchia - Torino.

« La vallée ne veut pas de vous ! » a été le slogan le plus crié au moment de l’attaque du chantier. Un an après l’expulsion de la ‟République libre de la Maddalena”, le mouvement NoTAV est toujours présent dans son territoire, sans crainte de poursuites judiciaires.

Environ 2000 personnes ont participé à cette « promenade nocturne », 1500 au départ du camp de Chiomonte et 500 de celui de Giaglione, afin de rappeler aux forces de police qu’elles ne sont pas les bienvenues dans la vallée. « Dehors les forces d’occupation ! » a été crié par les deux cortèges partis en direction de la clôture du chantier.
Grosse participation des personnes présentes, comme la veille (vendredi) lors de l’action de blocage des grilles des entreprises Italcoge et Martina qui font partie intégrante du système politico-maffieux du TAV Turin-Lyon.
L’assaut du chantier s’est fait en deux endroits, du côté de Val Clarea et du côté de la zone archéologique. De grands morceaux de la clôture en fil de fer barbelé ont été arrachés ainsi que de nombreuses barrières de ciments entourées de plastic appelées ‟new jersey”. Des dizaines de personnes ont pu pénétrer dans le chantier. Cette occupation des lieux a duré environ 30 minutes, puis les manifestants ont décidé d’arrêter, se sont attendus, regroupés et sont repartis ensemble, en cortège, en direction de Chiomonte.

Un policier a été blessé aux jambes, sans doute par un pétard assourdissant qui l’aurait fait chuter.

Le jour venu, il apparaît que les dégâts sont assez importants, la clôture a été totalement arrachée sur des dizaines de mètres, ainsi que le mur d’enceinte en béton rajouté pour renforcer la protection du chantier. D’autres ouvertures ont pu être faites dans d’autres endroits. Plusieurs tourelles supportant des phares d’éclairage du chantier ont été abattues.

Comme d’habitude, le gouvernement veut criminaliser et diviser

Le ministre de l’Intérieur a réagi en disant que ce qui s’était passé dans le Val Susa n’était pas « une manifestation de dissensus » mais de « la violence à l’état pur qui n’a rien à voir avec les problèmes de la construction de la ligne de chemin de fer Lyon-Turin », ajoutant qu’il fallait « condamner sans hésitation et isoler les groupes violents qui ont l’intention d’utiliser le Val di Susa pour leurs objectifs de guérilla ».
Pour renforcer ces propos, la police parle d’une action militairement organisée et préparée, et maintenant de 11 blessés dans ces rangs, dont 1 plus sérieusement touché, c’est-à-dire 10 très légèrement atteints...
Une chose est sûre, la police doit enrager devant cette action relativement bien préparée, sans arrestation, et qui l’a prise totalement au dépourvu.

Le mouvement NoTAV revendique et assume cette action directe collective

A cela, le mouvement NoTAV a répondu dans un communiqué que « cela s’appelle résistance, ministre, résistance. », en ajoutant, « on va vous aider : elle se pratique en groupe et se décide même en assemblée ouverte ».
« Cela s’appelle lutte en défense du territoire et passe nécessairement par le conflit actif avec ce qui est un chantier complètement militarisé. Cela s’appelle lutte populaire parce tout un peuple s’oppose aux trains à grande vitesse, et selon sa capacité, chacun cherche à contrer ce qui apparaît maintenant comme le plus grand vol des contribuables de l’histoire. »
Le communiqué se poursuit ainsi : « Nous croyons qu’il est important d’appeler les choses par leur nom et par conséquent cet exercice s’adresse à ceux qui aiment faire les distinguos lorsqu’ils regardent la Vallée et ne font pas de traités de sociologie à deux balles ou ne lancent pas de mandats d’arrêt comme ceux auxquels nous avons assisté.
Cela nous fait sourire de lire les chroniques des supporters qui spéculent sur combien de mètres de clôture ont été coupés, ou de lire Bersani
[secrétaire du Parti Démocrate, centre-gauche, ex-PCI] quand il nous parle de Démocratie.
Cela nous fait sourire et un peu pleurer aussi, mais pas de tristesse ou de rage, seulement par la faute des centaines de lacrymogènes qu’on nous tire dessus à chaque fois, démocratiquement s’entend.
Pour cela, nous revendiquons le droit à la Résistance et l’usage de masques à gaz pour se protéger du cyanure contenu dans les lacrymogènes qui pleuvent en masse, ainsi que, pour les mêmes raisons, la protection de la tête et du corps pour ne pas devenir la cible facile de ceux qui jouent au tir au pigeon dans le chantier.
Hier soir, nous avons ouvert plusieurs passages dans le chantier et nous avons montré qu’il n’est pas aussi inviolable qu’on le pense : nous avons fait ce que nous disons, comme toujours.
La lutte populaire est longue et est faite de moments différents entre eux, mais qui concourent tous à un unique objectif, celui d’arrêter le TAV et comme nous y croyons intensément, nous mettons tout en œuvre pour réussir. »


La lutte continue. Le camp estival se poursuit, avec des activités, débats, actions quotidiennes.

Le 23 juillet, XYZ pour OCLibertaire

_ _ _ _ _

Source : http://www.notav.info/

Plus d’infos (en italien) et une vidéo de la « promenade » sur le même site.


Original : http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1217
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Re: Italie

Messagede spleenlancien » 24 Juil 2012, 23:16

bastamag! a écrit:Au procès ultime (en Cassation) des dix personnes poursuivies pour « dévastation et pillage » au cours des manifestations contre le sommet du G8 de Gênes (2001), onze ans plus tard, et alors que le carabinier assassin de Carlo Giuliani a été acquitté, cinq personnes ont vu leurs peines de prison confirmées, dont une est envoyée à l’ombre pour dix ans, cinq autres sont renvoyées en jugement pour évaluation d’éventuelles circonstances atténuantes. Quelques jours plus tôt, le procès des flics massacreurs de l’école Diaz s’était conclu par des peines qui leur permettront d’éviter de passer un seul jour en prison. Les chefs de ces abrutis qui ont tabassé presque à mort et torturé des gens souvent déjà blessés ont tous été promus, dont le principal, De Gennaro, soutenu par la gauche et la droite dans sa carrière, est maintenant à la tête des services secrets.

Dans un texte écrit peu après ces trois journées de juillet qui ont marqué un tournant historique dans l’affrontement entre le gouvernement du monde et ses opposants, j’affirmais « le rejet radical de l’obscène discours sur la "violence", qui réunit sous le même vocable la casse des choses effectuée par des manifestants et les cassages de gueule forcenés pratiqués par les forces de l’ordre, qui met sur le même plan le bris de vitrines et le bris des os, et le meurtre pur et simple, qui furent l’œuvre des flics. Ceux qui accordent autant d’importance à la destruction des biens qu’à celle des personnes montrent de quel côté de la barricade ils se trouvent : c’est justement contre ce gouvernement des choses que nous (des milliers de gens) nous nous sommes insurgés. Ensuite il faut bien dire que, face à cette ville qui semblait incarner comme un nouveau pas en avant vers la minéralisation du monde, devant le mufle casqué et blindé de Big Brother, la pulsion destructrice me semble plutôt une manifestation vitale. Plus généralement, je dirais que je n’ai pas envie de parler avec ceux qui, en face de la vie qui nous est faite, n’ont jamais ressenti l’envie de tout casser ».

Aujourd’hui, « l’obscène discours sur la violence » triomphe. Sur le site des Wu Ming, vous pourrez avoir accès, en italien et en d’autres langues, à une série d’interventions sur le sujet, dont une de Patti Smith en concert à Bologne. L’ami Wu Ming 4 a écrit un très beau texte dans la nuit qui a suivi ces condamnations. En voici la traduction (le titre est de moi) :

« Il est clair que cette nuit il n’y a aucune gloire. Et demain matin, aucun horizon. C’était aussi par antiphrase qu’était titré le film de Stanley Kubrick, un des plus beaux contre le caractère obtus et inhumain du militarisme. La trame est connue : durant la Première Guerre mondiale, sur le front occidental, un général français inepte lance une attaque impossible contre une fortification allemande. Les troupes françaises ne réussissent même pas à sortir des tranchées, elles sont fauchées par les mitrailleuses, renvoyées en arrière. L’attaque est une catastrophe totale. Pour ne pas passer pour un incapable, le général attribue la faute à la lâcheté de ses soldats et donne l’ordre d’en fusiller cent, tirés au sort. Le Haut Commandement lui en concède trois. Trois boucs émissaires, qui paieront pour tous, même si ce n’est la faute de personne ou, plutôt, si c’est celle des chefs. De ceux qui ont voulu la guerre.

La justice italienne, ce soir, n’est pas différente de la justice militaire dans le film de Kubrick (qui s’était inspiré d’un événement réel). Là aussi, il y avait un bon avocat de la défense, qui était vaincu par une sentence grotesque, presque caricaturale dans son absurdité. La justice italienne a décidé que cinq personnes paieraient pour tout le monde. Cinq autres pourraient s’y ajouter. Et, ainsi, on fait politiquement jeu égal avec le jugement sur l’école Diaz. Peu importe que les condamnations des policiers concernent le tabassage et le massacre préorganisé de personnes, qui plus est sans défense, tandis que les condamnations des manifestants sont motivées par la destruction de choses, d’objets inanimés, au milieu du chaos généralisé.

L’un d’eux se prend dix ans de prison. Dix ans. Presque le même laps de temps écoulé depuis lors. Entretemps, comment savoir ce que sont devenues les vies de ces personnes par rapport à cette époque. Entretemps, les dégâts matériels aux choses ont été réparés, les assurances ont remboursé, le monde a changé. Entretemps sont passées en boucle sur tous les canaux de communication, jusqu’à devenir partie de l’imaginaire collectif, les images de ce qu’a été Gênes durant ces journées, du comportement des forces de l’ordre, du climat qui régnait. Entretemps, sur le G8 de Gênes, on a tourné des documentaires et des films, publié des dizaines de livres, fait couler des fleuves d’encre. Et après tout cela, doit arriver la sentence qui prétend faire payer l’addition à dix personnes, métaphoriquement tirées au sort par le destin, par le truchement d’une vidéo plutôt que d’une autre, d’une photo prise une seconde avant plutôt qu’une seconde après. Les trois soldats du film de Kubrick.

J’étais à Gênes au mois de juillet d’il y a onze ans. J’étais derrière le premier rang des boucliers de plexiglas via Tolemaide, quand le cortège a été chargé à froid et asphyxié par les gaz, sur une portion du parcours autorisé. Avec dans le dos dix mille personnes, il n’était pas possible de reculer, et la seule solution pour nous sauver et empêcher que les gens soient écrasés, a été de repousser la charge comme on pouvait, et, à la fin, après le désastre, après la bataille, après la mort, de protéger la queue du cortège qui repartait en arrière sous les jets des autopompes. Et j’étais là aussi le lendemain, avec tant d’autres, à grimper dans des ruelles et des sentiers avec les hélicoptères sur nos têtes, jusqu’au dessus de la ville, pour ramener tout le monde à la base.

J’aurais pu être l’un d’eux. Un de ces fantassins tirés au sort. Mais non, je suis là en train d’écrire, au cœur de la nuit, incapable de dormir, sachant déjà que demain ça ira mieux, que je dormirai un peu plus, et que, peu à peu, je pourrai m’offrir le luxe de réduire tout cela à un mauvais souvenir lointain. Pas eux. Les vies qu’ils ont menées ces onze dernières années s’interrompent et Gênes recommence du début. Ce pays a la fin qu’il mérite.

À Gênes en 2001, nous manifestions contre le pouvoir oligarchique des grands organismes internationaux. Nous pensions surtout aux cures ratées néolibérales que le FMI imposait aux pays les plus pauvres, dévastant leurs économies par le chantage et les étranglant par le mécanisme de la dette. Aujourd’hui, c’est notre tour de subir cette cure, en Italie, c’est eux qui commandent, les commissaires non élus de la Banque centrale européenne, et ils appliquent la même recette à base de coupes dans la dette publique, dont le but, en définitive, se réduit à un simple énoncé : sauvons les riches.

Nous avions raison.

Nous avons perdu.

L’ennemi garde les otages.

Jusqu’à ce que la marée reparte à l’assaut. »

Introduction et traduction : Serge Quadruppani

Texte : Wu Ming 4

Publié initialement sur le blog Les contrées magnifiques
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Re: Italie

Messagede Flo » 20 Aoû 2012, 16:52

Des ouvriers contre le crime industriel

jeudi 16 août 2012 par Pièces et main d’œuvre

À Tarente, ces jours-ci, des ouvriers et des habitants dont le « niveau de vie » et le « pouvoir d’achat » dépendent d’un complexe industriel, proclament que leurs vies valent plus que leurs emplois.

Une grande manifestation d’ouvriers contre la fermeture de leur usine au nom de la défense de l’emploi et de l’économie : c’est ce qu’aurait dû être la journée du 2 août 2012 à Tarente, dans les Pouilles, au sud de l’Italie. Une ville dévastée par l’Ilva, aciérie monstrueuse qui a tué, blessé et rendu malades des centaines d’habitants et de travailleurs depuis cinq décennies (cancers, maladies respiratoires et cardio-vasculaires, surmortalité de 15 %), ravagé l’environnement et contraint la population à vivre recluse pour fuir les dioxines.

Le PIB d’abord. L’Ilva représente 72 % de celui des Pouilles. L’emploi est la « première des priorités », comme disent ici le Front de gauche, le PS, les Verts et les syndicalistes. Des emplois, l’Ilva en fournit 11 500 à Tarente. Aussi les centrales syndicales – CGIL, CISL, UIL – marchent-elles main dans la main avec le patron, Riva, troisième producteur d’acier en Europe. Ensemble, ils défendent leur machine de mort contre la décision de mise sous séquestre prononcée par une juge le 26 juillet 2012, pour raison de salubrité publique.

Le 2 août, donc, les ouvriers devaient manifester spontanément – en cars affrétés par la boîte – afin de donner l’image d’une ville mobilisée pour l’industrie. Mais la manip’, selon l’AFP, a tourné court. « La manifestation a été interrompue par des contestataires qui ont sifflé les dirigeants syndicaux présents dans le cortège et lancé oeufs et fumigènes. Ce groupe accuse les syndicats de collusion avec la direction de l’usine Ilva (groupe Riva) et de défendre l’activité de l’usine plutôt que la santé des ouvriers et des habitants de Tarente. Les contestataires ont pris d’assaut le podium où devaient s’exprimer les syndicalistes, notamment la leader nationale de la CGIL, principal syndicat italien, Susanna Camusso. Les forces de l’ordre sont intervenues mais le meeting a tout de même été suspendu. » (1)

Qui sont ces contestataires ? Des intellectuels coupés des masses, des ennemis du prolétariat drapés dans leur bonne conscience écologiste, diraient les syndicalistes d’Arkema, de PSA, de Doux, militants du NPA, de Lutte ouvrière, du Front de gauche, et autres souteneurs de la réindustrialisation. Lisons plutôt le récit de cet assaut luddite par ses coupables, membres des « Cobas » (Comités de base), du « Comitato cittadini e lavoratori liberi e pensanti », de « Taranto respira », entre autres.(2)

Ayant convoqué une réunion en place publique au son du tam-tam quelques jours avant la manif, les opposants à l’usine meurtrière ont constitué un comité d’habitants et de divers collectifs. Mais aussi d’ouvriers de l’Ilva qui ont de longue date dénoncé de l’intérieur ses ravages ; le payant parfois cher, dans la plus parfaite indifférence de la FIOM-CGIL, syndicat majoritaire auquel ils appartenaient pourtant. « "La santé prime sur tout le reste, même le travail", lance l’un d’eux ».(3) Objectif du comité : « attaquer frontalement Riva et ses responsabilités, CGIL-CISL-UIL et les politiques pour leur complicité ». Et de dénoncer le chantage exercé sur la ville par l’industriel, « le système maffieux clientéliste inimaginable » mis en place par le syndicat principal, un « système de peur, de chantage, de manipulation ». (4) Oui, mais l’emploi n’a pas de prix.

La distribution massive de leur tract ayant reçu bon accueil, les contestataires ont eu l’honneur d’une campagne d’intimidation des syndicats, annonçant une « invasion de No-TAV, de black blocks, des centres sociaux, et autres amabilités ». (5) L’histoire serait imparfaite si cette campagne n’avait été déclenchée par un « imbécile d’écologiste » (sic). « Pensez un peu à qui on a affaire ! », soupirent à juste raison les anti-Ilva. (6) De notre côté des Alpes aussi, les écotechs Verts font campagne pour une industrie durable. (7)

En dépit de ces manœuvres, les contestataires ont gagné la bataille du 2 août : après l’interruption des discours des leaders syndicaux, nul ne peut ignorer qu’à Tarente, une partie de la population, appuyée par des ouvriers de l’Ilva, proclame que nos vies valent plus que nos emplois. Salut à ces ennemis du crime industriel, du parti industriel et de sa mafia.

Fermez Doux, PSA, les centrales nucléaires ! Fermez les usines et la société industrielle !

NOTES :
- (1) AFP, 2/08/12
- (2) www.cobas.it/Notizie/La-magn...
- (3) Le Monde, 15/08/12
- (4) www.cobas.it/Notizie/La-magn...
- (5) www.cobas.it/Notizie/La-magn...
- (6) Idem
- (7) Cf L’Enfer Vert. Un projet pavé de bonnes intentions, par TomJo (éditions Badaboum, 2011), en ligne ici.

Lire aussi :
- Une chercheuse contre les crimes industriels, Pièces et main d’œuvre, 8 août 2012
- Le cancer de l’industrie – Syndicalisme et chimiothérapie, Pièces et main d’œuvre, mai 2012

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=383

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