Italie

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Messagede bipbip » 29 Juil 2017, 16:27

Nouvelles d’Italie

La grève du 16 juin : un scandale ! Refus d’entrer dans le jeu des Patrons, politicards et syndicalistes du régime.

Le 16 juin, la grève des travailleurs des transports aéroportuaires, portuaires, chemins de fer et associés, logistique et autoroutes, a été plus ou moins, somme toute, une réussite. Il est sûr que le succès fut supérieur à ce qu’en attendait ses promoteurs, quelques syndicats de base (Cub Trasporti, Sgb, SiCobas, avec l’adhésion du SolCobas et, partiellement, de l’Usb). Ce qui a contribué au succès ce fut surtout le grand mécontentement des travailleurs que la triade Cgil,-Cisl-Uil n’a pu que difficilement contenir dans quelques cas où domine leur clientélisme. Par conséquent, ce ne sont pas les questions de cartes syndicales, mais bien la question de l’unité des luttes des travailleurs, une unité transversale qui est en train de se généraliser. C’est bien ce qui effraie syndicalistes et politiciens du système.
La grève a été déclenchée contre le projet de privatisation des transports publics, en particulier le transport des passagers (urbains et ferroviaires). Le transport reste un des rares secteurs qui jouit encore d’une bonne participation de l’État et des administrations locales. Ce qui fait baver les multinationales des transports privés et les requins des milieux financiers. Le gouvernement Gentiloni s’emploie à leur offrir cette poule aux œufs d’or. En bottant le cul des travailleurs du secteur et aux « clients » de ces services.
Les pernicieuses conséquences de la privatisation rejailliront sur TOUS : les travailleurs du secteur devront supporter une dégradation de leurs conditions de travail ; les passagers, en particuliers les « pendolari » (travailleurs qui se rendent quotidiennement de leurs villages à leurs lieux de travail dans les centres urbains où sont les industries et les établissement secondaires et universitaires) devront subir une dégradation du service et une augmentation des tarifs.
L’enjeu est de taille, et explique la forte colère qu’exprime la grève à l’égard des politiciens et des syndicalistes, parmi lesquels Renzi, Del Rio, Furlan. Colère qui s’est exprimé même si le grève s’est déroulée en respectant scrupuleusement la loi. (ci-dessous commentaires à chaud).
Ces messieurs édictent les règles et les respectent tant qu’elles leur conviennent. Ou qu’il y sont contraints.

Nous savons bien par expérience que parmi les conséquences des privatisations, il y a la flexibilisation du travail : l’outsourcing, l’externalisation, c’est-à-dire la mise aux enchères. Un des pièges où se sont jetées les coopératives qui en arrivent à gérer le travail avec des critères mafieux, et avec la connivence de la triade Cgil-Cisl-Uil, comme on a pu le voir dans la logistique et les luttes des porte-faix.
Face à cette perspective il est agréable de constater que de nombreux porte-faix ont participé, en particulier à Modène et à Piacenza, eux qui doivent faire face quotidiennement aux joies du travail aux moins offrant. [voir : Si Cobas Lavoratori Autorganizzati].
Et c’est avec une grande satisfaction que nous avons pu constater qu’à Milan, sont également descendues dans la rue (en Piazza del Duomo!) les femmes de chambres de quelques grands hôtels, elles aussi soumises à des conditions de travail esclavagistes, gérées par les habituelles coopératives [voir : SOL Cobas - Sindacato degli Operai in Lotta Cobas].
Un vent nouveau commence à souffler, ce sont les chaudes rafales des luttes.
d. e., Milano, 17 juin 2017

Commentaires à chaud :
Le gangster Renzi opposé à la grève
Après la grève réussie du 16 juin, la colère du chef du parti des patrons, Pd, a explosé. Pour Renzi le droit de grève doit être régulé. Ce qui, pour le gangster Renzi, signifie doit être supprimé. Pour Renzi seules sont acceptables les processions organisées le samedi et le dimanche. Processions organisée rigoureusement en-dehors des heures de travail.
Pendant les 1000 jours où ce gangster a fait tout ce qu’il pouvait faire en faveur des patrons, il a oublié le droit de grève. Durant ces années il a fait voter des lois de toutes sortes contre la grève. Mais aucune loi ne peut arrêter les travailleurs fatigués de subir la misère à laquelle les contraignent les patrons.
Renzi, nous n’en sommes qu’au début.
(Un travailleur – de Operai Contro)

Alors faites moi comprendre : Jadis la grève était un instrument de lutte dans les mains des travailleurs (en Italie ! ailleurs ça le demeure), aujourd’hui elle est réglementée par des lois faites par le gouvernement, aujourd’hui elle est devenue un instrument des gouvernants et des patrons ; j’ai entendu la dame qui dirige la Cisl critiquer la grève des transports du 16 juin, j’ai entendu un monsieur du gouvernement (G.S. Santoro, voir http://www.rainews.it/dl/), affirmer qu’en France par exemple il n’y pas de loi sur la grève ; quand on a tenté de légiférer, cela a déclenché une grève « sauvage » dit-on – et elle a été rejetée, « Mais ici chez nous [en Italie] c’est impossible » a-t-il dit avec grande conviction. Et bien ! Il a raison en effet, cela paraît impossible. Parce que nous nous sommes fait tout prendre, jusqu’à ce précieux instrument de lutte des travailleurs. Mais pensons-y un moment. Renverser cette situation, par contre, est encore, est toujours possible. Il suffit de le vouloir. Et de le faire.
(Silvia Ferbi)

(traduction Toni, groupe Germinal de la FA)


http://monde-libertaire.fr/?article=Nouvelles_dItalie
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Re: Italie

Messagede bipbip » 27 Aoû 2017, 15:45

Émoi en Italie après une violente évacuation de réfugiés à Rome

La violente expulsion de dizaines de réfugiés squattant un immeuble du centre de Rome a illustré cette semaine la nouvelle fermeté de l'Italie et les tensions liées à sa difficulté à intégrer les récentes vagues d'immigration.

Plusieurs centaines de personnes, essentiellement des militants de gauche et de nombreux réfugiés, ont manifesté samedi après-midi dans la capitale italienne pour réclamer la fin de ces expulsions. "Notre seule faute est la pauvreté", proclamait une bannière. Selon plusieurs médias, le ministère de l'Intérieur prépare d'ailleurs une directive exigeant qu'une solution de relogement soit mise en place pour les plus vulnérables avant toute évacuation de squat.

Ce n'était pas le cas le 19 août à l'aube, quand des policiers ont fait irruption dans un immeuble désaffecté illégalement occupé par quelque 800 personnes à deux pas de la principale gare de Rome, Termini. La plupart sont arrivées d'Érythrée ou d'Ethiopie il y a 5, 10 ou 15 ans, exhibent volontiers leur permis de séjour de réfugié et les enfants parlent italien avec l'accent romain. Elles ont eu 15 minutes pour faire leurs valises.

Et jeudi, la police a dégagé à coups de canon à eau et de matraques les dizaines de réfugiés restés camper sur place, qui ont répliqué en jetant des bonbonnes de gaz et des pierres. Les images ont d'autant plus marqué en Italie qu'une vidéo a montré un responsable de la police lancer: "Ceux-là doivent disparaître, tant pis pour eux. S'ils jettent quelque chose, cassez-leur un bras."
L'opposition de droite a applaudi cette fermeté à son goût trop tardive dans un pays marqué par des arrivées massives ces quatre dernières années, tandis que les défenseurs des droits de l'Homme ont dénoncé une démarche dans la lignée de la récente campagne contre les ONG secourant les migrants au large de la Libye.

... http://www.nicematin.com/faits-de-socie ... ome-162396
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Re: Italie

Messagede bipbip » 02 Nov 2017, 14:25

Italie : Le syndicalisme de base est toujours là

En Italie, dans les années 1980, se sont développés des syndicats dits «  de base  », en opposition à la ligne très modérée des trois grands syndicats majoritaires. Un état des lieux de cette dynamique, entre perspectives anarcho-syndicalistes et verrouillage institutionnel, avec Sandro et Giovanni, deux camarades de l’USI.

En Italie, il existe trois syndicats majoritaires. Le premier, la Confederazione Generale Italiana del Lavoro (CGIL), est le principal syndicat italien, lié dans le passé à l’ex-Parti communiste italien, et qui revendique aujourd’hui 5,5 millions d’adhérents. Ensuite vient la Confederazione Italiana Sindicati Lavoratori (CISL), 4 millions d’adhérents et adhérentes, fondée en 1948, suite à la scission du courant catholique de la CGIL. Enfin, l’Unione Italiana del Lavoro (UIL), créée en 1950, suite à une nouvelle scission, cette fois des sociaux-démocrates (2,2 millions d’adhérents).

Régression sociale et bureaucratie syndicale

La bureaucratie syndicale, dès la fin des années 1970, a adopté une ligne modérée qui a conduit en 1980 à la défaite dramatique des travailleurs de la Fiat, inaugurant une période de régression, avec l’acceptation passive des restructurations de la production, provoquant un affaiblissement progressif des structures syndicales majoritaires. Pour contester leur hégémonie, le mouvement des syndicats de base s’est développé en Italie à partir de la fin des années 1980, en dehors du syndicalisme confédéré, en particulier à la suite des grèves dans l’enseignement en 1986-1987. Par la suite, d’autres syndicats de base sont apparus dans la santé, les chemins de fer, les aéroports... mais également dans quelques entreprises industrielles comme Fiat, où ils restent cependant très minoritaires. Ce mouvement est éparpillé et non exempt de sectarisme et de concurrence entre les différents sigles.

L’Unione Sindacale di Base (USB), qui revendique 250 000 adhérents, est née il y a 8 ans. Les principales luttes menées l’ont été dans la sidérurgie mais surtout dans la compagnie Alitalia. Elle est présente dans l’industrie (Piaggio, FCA qui est la nouvelle Fiat) et dans les transports publics, et occupe aussi une place importante dans l’ASIA (une association pour le droit au logement). En dehors de l’USB, on doit mentionner lesComitati di Base (Cobas), et notamment le CIB-Unicobas (dont l’Altrascuola-Unicobas fait partie), qui est une organisation libertaire importante couvrant différents secteurs (Santé, Éducation, Administration publique) fortement représentée au sein du secteur éducatif ainsi que parmi les fonctionnaires et les services de santé. On compte 21 sections opérationnelles avec 5 000 adhérents dans 40 villes. En ce qui concerne particulièrement l’enseignement public, CIB-Unicobas a combattu l’inefficacité des évaluations de poste pour les professeurs, fondées essentiellement sur des questionnaires (Concorsone). En 2000, ce système a été rejeté après une grève lancée à l’appel de Unicobas et Cobas puis très largement suivie par plus de 50 000 professeurs  : à cette même occasion, le ministre Luigi Berlinguer démissionna de son poste de ministre de l’Éducation. Par ailleurs, on peut noter l’existence de l’Unione Sindacale Italiana (USI), un syndicat anarcho-syndicaliste qui est en expansion progressive dans le secteur public et privé, qui a des sièges à Rome, Milan, Udine, etc. et est présente dans une trentaine de provinces avec ses syndicats nationaux.

Pour mieux comprendre l’état du syndicalisme italien et cette dynamique des syndicats de base, ce sont deux syndiqués, Sandro de l’USI-AIT de Milan, et Giovanni de l’USB de Livourne, qui témoignent pour AL.

À la différence des syndicats de base dont l’image complexe n’est pas très positive, et dont les phénomènes de bureaucratisation ont pris de l’ampleur selon Sandro – favorisant des luttes de pouvoirs, des scissions – l’USI-AIT s’est créé grâce à des sections locales afin de mettre en œuvre l’autonomie dans les pratiques syndicales. L’USI refuse le principe des permanents, ce qui l’oppose aux autres syndicats de base. La pratique des rotations tous les trois ans est inscrite dans les statuts.

Une pratique de rotation inscrite dans les statuts

Le contexte, pour Giovanni, est celui-ci. Il existe depuis janvier 2014, un accord sur la représentativité unique des travailleurs entre les trois gros syndicats confédérés et le patronat. Cet accord tente de limiter la présence d’autres syndicats dans les entreprises. Le principe est de donner la représentativité aux délégué.es appartenant aux trois gros syndicats signataires de l’accord qui supportent la représentativité unique. Depuis, si la majorité des représentants d’une entreprise signe un accord avec la majorité des syndicats confédérés, il est impossible de le contester ni de faire grève. La menace est claire  : ou un syndicat accepte l’accord imposé par les autres, ou il se voit sans droit de représentation. Cet accord veut dire que les procédures de négociations dans l’entreprise doivent être acceptées. On parle clairement de clauses anti-grèves car le syndicat signant l’accord se servira de son influence pour éviter une contestation des travailleurs sur ce même accord. La majeure partie des syndicats de base a bien sûr dénoncé cet accord imposé par les syndicats confédérés pour tenter de les éliminer. «  Un des plus gros problèmes que nous connaissons actuellement, est l’attaque du droit de grève dans certains secteurs  » explique Giovanni. Cette attaque est menée de front par le nouveau gouvernement et les trois gros syndicats confédérés. En Italie, il existe une loi, la 146 datant de 1990, qui limite le droit de grève dans les secteurs publics (musées, transports et la santé). En raison de cette loi, avant de déclarer une grève, le syndicat doit activer une procédure en demandant une rencontre avec l’entreprise ou le patron. Si l’accord ne se fait pas, il y a une deuxième rencontre à mettre en place avec la préfecture et si il n’y a toujours pas d’accord, une demande doit être faite à la commission de garantie nationale. De fait avec cette loi, il n’y a quasiment jamais de grève dans les secteurs publics. Si une syndicat prend l’initiative d’une grève sans l’accord, il devra payer une amende s’élevant jusqu’à 20 000 ou 30 000 euros. De plus, en ce moment le gouvernement est en train de discuter encore une nouvelle loi afin de limiter encore plus le droit de grève. Il semblerait que les grèves ne puissent être proclamées que par les syndicats majoritaires. Les autres syndicats n’ayant pas assez d’inscrits, ils se verraient refuser le droit de grève. Ce serait la pire attaque du droit de grève jamais vue depuis l’après guerre. Si la loi passe, tous les syndicats de base seront balayés.

Une phase de reconstruction du mouvement ouvrier

«  On peut certainement continuer à penser en terme de trahison des dirigeants de la CGIL ou de l’incapacité du syndicalisme de base  » pour Sandro et Giovanni. Pourtant, il est certain que les syndicats de base se trouvent limités dans leur possibilité d’intervenir. Il faut voir ça comme une phase de reconstruction car le mouvement ouvrier aujourd’hui se retrouve confiné. Le problème n’est pas seulement l’adaptation des syndicats, mais l’adaptation des travailleurs  : leur liberté, leur droit à s’organiser. «  Il faut trouver le moyen de s’organiser sur le terrain de la représentation et c’est pour cela que nous parlons aujourd’hui de reconstruction des syndicats à partir des travailleurs sur les lieux de travail  », concluent les syndicalistes.

Lulu (AL Nancy)

http://www.alternativelibertaire.org/?I ... oujours-la
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Re: Italie

Messagede bipbip » 12 Nov 2017, 21:12

La guerre des oliviers

Italie du Sud : arbres millénaires et labos tueurs

Novembre 2015. Deux cents personnes entrent dans la gare de San Pietro Vernotico, région des Pouilles, en Italie. En bloquant les voies ferrées, elles s’opposent au plan Silletti, qui prévoit l’abattage massif des oliviers du Sud, supposément infectés par la bactérie « Xylella », ainsi que la pulvérisation massive de pesticides mortels. 46 personnes passent en procès ce 6 novembre 2017 pour « manifestation non déclarée et interruption d’un service public ». L’occasion de revenir sur une lutte contre le développement industriel imposé aux habitant.es du sud de l’Italie par l’État, les laboratoires de recherche publics et une poignée de multinationales : comment la modernité combat ses méfaits en en produisant de nouveaux. Et comment les arbres résistent.

Appel à solidarité avec les inculpé.es.

... http://jefklak.org/?p=4749
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Re: Italie

Messagede bipbip » 14 Nov 2017, 21:09

#WeTooGether : En Italie, les féministes ont un plan !

Le 25 novembre aura lieu la Journée Internationale contre les violences faites aux femmes, le mouvement Non Una Di Meno (Pas Une de Moins) organise une manifestation nationale à Rome, nous reproduisons ici leur appel qu'elles ont traduit en français.

Nous sommes la marée qui a traversé les rues de Rome le 26 novembre 2016. Nous sommes les mêmes qui le 8 Mars ont organisé la première grève globale avec des femmes du monde entier, de la Pologne à l’Argentine, des États-Unis à la Turquie, de l’Espagne au Brésil. Le 25 Novembre prochain nous submergerons à nouveau les rues de Rome, pour lancer un message clair : nous ne nous arrêterons pas tant que nous ne serons pas libérées de la violence des hommes et de genre sous toutes ses formes.

En une année de mobilisation, de campagnes, d’assemblées nationales et thématiques, grâce à la mise en réseau des expériences et connaissances féministes,nous avons écrit un Plan féministe contre la violence masculine et de genre, un instrument de lutte et de revendication, un document de proposition et d’actionque nous porterons dans les rues de Rome le 25 novembre prochain. Un document politique féministe qui considère la violence masculine et de genre comme un phénomène structurel et systémique qui ne peut être résolu par l’augmentation des sanctions pénales ou par des plans d’urgence, mais qui doit se baser sur l’expérience des centres contre la violence faite aux femmes et du mouvement féministe. Pour lutter contre la violence masculine et de genre, nous ne voulons pas plus de police dans les rues ni de l’assistance, mais plutôt l’autonomie, la liberté et la justice sociale !

Combattre la violence masculine et la violence de genre signifie remettre en question la culture et les relations sociales sous-jacentes. Nous n’avons pas besoin de tuteurs ou de gardiens, nous ne sommes pas des victimes et nous n’avons pas cherché la violence qui nous prend pour cibles. Nous nous battons pour un changement structurel, à partir de l’école, du travail, de la santé, de l’administration judiciaire et des médias, nous exigeons le respect de nos parcours de liberté et d’autodétermination et de notre indépendance. C’est pour ça que nous réclamons les moyens et les ressources pour s’autodéterminer et décider de nos vies.

Le Plan est notre programme de lutte contre la violence patriarcale et capitaliste. Nous ne nous arrêterons pas face au viol et aux féminicides quotidiens. Nous ne nous arrêterons pas tant que nous ne serons pas libérées du sexisme que nous vivons dans les lieux de travail, du harcèlement, de la discrimination et de l’abus de pouvoir, mais aussi de la violence de l’exploitation quotidienne et de la précarité. Nous ne nous arrêterons pas tant que nous ne serons pas libérées des violences que nous vivons à cause des compressions budgétaires prévues par les gouvernements nationaux et européens qui appauvrissent nos vies et attaquent les centres contre la violence faite aux femmes et leur autonomie. Nous n’arrêterons pas tant que nous ne serons pas à l’abri de la violence dans les médias sociaux et les journaux, qui nous blâment ou qui nous victimisent en nous réduisant au silence.

Nous ne nous arrêterons pas tant que nous ne serons pas libérées de la violence du racisme institutionnel et des frontières, tant que les viols seront exploités pour justifier le racisme au nom des femmes. Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas aboli les mesures institutionnelles qui de fait exposent les femmes migrantes aux violences quotidiennes des camps de réfugié.e.s, tels que les accords bilatéraux avec la Libye et la Turquie, et qui attaquent les migrantes, les prostituées et les trans au nom d’un « décorum » inacceptable, comme le font les lois Minniti.

Nous inonderons l’espace public pour affirmer la détermination de nos revendications, de nos pratiques quotidiennes de changement, de mutualisme et de solidarité : la force des milliers de femmes, trans et queer qui ensemble se reconnaissent dans #Metoo, moi aussi, pour le transformer en #WeToogether, Nous ensemble.

Nous serons dans la rue pour lutter pour notre autonomie. Nous voulons être libres de circuler dans les villes et à travers les frontières, de pouvoir décider de nos vies dans les hôpitaux et les tribunaux, de choisir notre destin au-delà des rôles qui nous sont imposés. Nous voulons un revenu d’autodétermination, un salaire européen minimum, l’état social et les droits, pour être libres de choisir ce que nous faisons de nos corps et de nos vies.

Nous ne nous arrêterons pas : nous avons un plan!


https://npa2009.org/actualite/feminisme ... nt-un-plan
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