Haïti

Re: Haïti

Messagede Lila » 19 Nov 2017, 21:18

Haïti : La Minujusth, l’autre visage de l’occupation

La mission de la Minustah (la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti) s’est achevée dans notre pays sans qu’un véritable bilan officiel ne soit effectué pour évaluer cette « mission de stabilisation » dont l’ONU s’est portée garante. Pourtant cette « présence » militaire onusienne dans le pays a duré plus de treize ans et a couté des milliards de dollars. Ce serait la moindre des choses de rendre public un bilan dans les deux langues officielles pour montrer comment cette « stabilisation » a été réalisée dans l’intérêt du peuple.

Mais pour l’ONU, là n’est pas la question, parce qu’elle sait que ce bilan existe bel et bien, et qu’il est un véritable fiasco. C’est pourquoi elle s’évertue maintenant de faire oublier les vrais impacts de cette occupation mortifère sur la population haïtienne : viols d’enfants, d’adolescents et adolescentes, assassinats de jeunes dans les quartiers populaires, introduction de l’épidémie du choléra causant plus de 10 000 morts, etc.

Ce bilan est connu. On en discute, on en parle. Et les voix se lèvent un peu partout pour réclamer justice et réparation. À ces cris, l’ONU répond par un silence assourdissant, ou pire encore par des excuses perfides de Ban Ki-moon et aujourd’hui par des promesses fallacieuses de Mamadou Diallo.

Ce dernier, responsable maintenant de la Minujusth (Mission onusienne pour l’appui à la justice en Haïti), prend fonction dans un pays où toute une partie de la population fut traumatisée, décimée et continue de mourir à cause d’une force militaire onusienne qui occupa le pays pendant plus de treize ans.

M. Diallo dit en être conscient, pourtant sa mission actuelle consiste à diluer un double paradoxe : celui de faire oublier par des fausses promesses les méfaits de la Minustah, malgré qu’il soit évident que ces crimes ne peuvent en aucun cas être passés sous silence, et celui de légitimer un autre organisme de l’Onu, la Minujusth, dont la fonction serait d’aider à l’établissement de la justice, malgré le fait que l’Onu elle-même est responsable de l’une des plus grandes injustices commises contre le peuple haïtien durant les vingt dernières années.

Si on analyse effectivement la mission de la Minujusth, les contradictions éclatent au grand jour. Son principal objectif consiste à aider l’État haïtien à développer et à professionnaliser la police nationale déjà existante, le CIMO (Centre d’intervention et de maintien d’ordre) ce qui, dans les faits, se traduira par une plus grande répression du peuple haïtien. On a vu cette force réprimée violemment les ouvriers et ouvrières du textile lors des manifestations pacifiques exigeant l’augmentation du salaire minimum. Le pouvoir de maintenir l’ordre dont cette police se dit investie est en réalité le pouvoir de défendre le statu quo, le pouvoir de garder intact l’ordre des dominants.

On ne peut dans la situation actuelle renforcer l’État du droit comme le prétend la Minujusth sans du coup interroger le droit de cet État d’exister, de fonctionner tel quel, c’est-à-dire ayant à sa tête un gouvernement illégitime qui ne prend en considération aucun des besoins réels de la population. On ne peut prétendre « renforcer » un État de droit, alors que cet État, de par sa nature et son orientation, n’existe que pour défendre, sans compromis, les intérêts de la classe dominante et d’une certaine classe politique. On ne peut considérer instituer une « pratique » de droit à l’intérieur des institutions de l’État au bénéfice du plus grand nombre, alors que cet État est assujetti aux intérêts de puissances étrangères et à ceux d’une oligarchie sous-traitante qui perçoit la classe ouvrière comme un ensemble d’individus n’ayant aucun droit, ou pire, comme un groupe d’indigènes à exploiter à volonté.

Prétendre défendre les « droits de l’homme » dans un tel contexte, comme le veut encore la Minujusth, c’est tomber dans la plus pure hypocrisie, une mise en scène macabre digne d’un roman de Kafka.

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Re: Haïti

Messagede bipbip » 17 Juil 2018, 13:48

Les révoltes contre les hausses de prix font chuter le gouvernement

Vendredi 6 juillet, le gouvernement d’Haïti, obéissant en cela aux injonctions du FMI, décidait de ne plus subventionner certains produits, notamment les carburants. Ce qui signifiait une augmentation de 38% pour l’essence, 47% pour le gasoil et 51% pour le pétrole servant aux lampes à pétrole. Alors qu’il n’y a pas d’électricité dans les quartiers pauvres !

Le gouvernement a annoncé la mesure au moment du match Belgique-Brésil, espérant sans doute que les esprits seraient surtout occupés à soutenir le Brésil, équipe très populaire à Haïti. Cela n’a pourtant pas suffi: aussitôt la décision connue, des habitantEs sont descendus par milliers dans les rues pour crier leur colère. Les manifestantEs s’en sont pris aux signes de richesse du pays, les banques, ou les hôtels de luxe. Les supermarchés ont été pris d’assaut et les manifestantEs repartaient avec des denrées de première nécessité. La ville de Port-au-Prince a été bloquée, et l’explosion a également touché des villes de province, dans le nord, sur le plateau central, et au Sud. Partout, la population pauvre a laissé exploser sa colère.

Le lendemain, samedi 7 juillet, le gouvernement publiait un décret annulant celui de la veille et du même coup les hausses de prix. Ce qui n’a pas empêché les émeutes de se poursuivre pendant encore quelques jours, jusqu’à provoquer la démission du gouvernement samedi 14 juillet.

... https://www.anti-k.org/2018/07/16/haiti ... vernement/
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