Haïti

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Messagede Phébus » 15 Jan 2010, 06:32

Une analyse communiste libertaire des évènements:

Tremblement de terre à Haiti : Solidarité avec le peuple haïtien
José Antonio Gutiérrez D.
http://www.anarkismo.net/article/15504

Un appel communiste libertaire à envoyer des fonds au bon endroit:

Appel à la solidarité et à l’envoi de fonds pour les travailleurs d'Haïti !
Miami Autonomie et Solidarité et Réseau de Solidarité Haïti Batay Ouvriye
http://www.anarkismo.net/article/15510
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appel à la solidarité ouvrière Haïti

Messagede JPD » 16 Jan 2010, 11:01

appel à la solidarité ouvrière
Haïti :
Une catastrophe pas naturelle !

La solidarité des peuples
contre l’humanitarisme


samedi 16 janvier 2010, par OCLibertaire

Une catastrophe naturelle vient de s’abattre sur Haïti, dont nous ne percevons en ce moment que la surface.

Les haïtiens vont se battre pour reconstruire leurs vies et leurs maisons, probablement pendant des décennies à la lumière de cet effondrement sans précédent, à la fois physique et social. Pourtant, en dépit de l’imprévisibilité des tremblements de terre, cette catastrophe est artificielle, elle est une monstruosité de notre époque.

http://www.batayouvriye.org/Francais/Accueil.html


L’ampleur des dégâts du tremblement de terre fait partie du coût de l’exploitation effrénée qui, à tous les niveaux, met le profit au-dessus de la santé, de la sécurité et du bien-être du peuple haïtien. Sous les yeux du monde entier prêt à aider, le pouvoir est en train d’en faire une opportunité. Les travailleurs haïtiens et les paysans se battent pour leurs droits, même au niveau le plus élémentaire de l’existence depuis des décennies, tandis que les forces d’occupation de l’ONU, l’État et les élites dirigeantes maintiennent la misère sociale sans fléchir. Maintenant que Port-au-Prince est en ruine, de nouvelles opportunités apparaissent pour les dirigeants qui aspirent à la reconstruction d’Haïti selon leurs propres intérêts. Il en va de même pour les travailleurs et paysans haïtiens de faire valoir leur droit à leur propre pays, Haïti, dans lequel ils ne seront pas forcés de vivre dans des bâtiments dangereux ni de ne travailler que pour remplir les poches des élites, étrangère ou locale.

Quand nous cessons de regarder l’horreur pour prendre des actions décisives, les progressistes peuvent offrir une alternative. Il y a un désir fort et beau de faire quelque chose, d’aider les autres en ces temps de besoin. Nos actions sont plus fortes lorsque nous nous organisons nous-mêmes et faisons un effort concerté dans l’unité. En ce moment même, nous pouvons avoir plus d’impact en nous engageant à agir directement en solidarité avec les mouvements sociaux autonomes d’Haïti. Ils présentent la meilleure option possible pour le peuple haïtien, et sont dans le plus grand besoin. Dans le même temps, nous sommes les mieux placés pour les aider du fait de notre intérêt commun comme personnes engagées dans le combat contre un système qui travaille à nous exploiter tous.
Nous appelons à la solidarité de peuple à peuple, engagée dans une lutte commune.
Ce n’est pas seulement une question d’argent pour l’aide, mais aussi un acte autonome et indépendant de solidarité internationale qui met en lumière la faillite des forces d’occupation, les sociétés multinationales et les élites haïtiennes qui sont les principaux responsables de l’état de délabrement de Haïti.
Il va couler des flots d’aide et de l’argent sera donné comme une forme de charité jusqu’à la prochaine catastrophe. Notre action de solidarité doit, en aucune manière, rester exclusivement un acte d’aide humanitaire. Elle ne doit pas non plus être un acte apolitique, et nous ne devons pas donner le feu vert à ceux qui souhaitent tirer profit de la souffrance des autres. Cette démarche doit être un acte de solidarité envers les personnes qui se battent en Haïti et leurs organisations, et dans le même temps rejette les élites haïtiennes totalement ineptes et leur appareil d’État responsables de la faillite en Haïti. Le tremblement de terre est peut-être une catastrophe naturelle, mais l’État d’Haïti, la pauvreté abjecte des masses et l’injustice ignoble de l’ordre social sont, eux, artificiels.

Nous sommes en relation avec une organisation, Batay Ouvriye [Bataille Ouvrière], et nous mettons nos moyens et notre temps à les aider à reconstruire après la catastrophe et à poursuivre la lutte pour un Haïti et un monde meilleurs.
Batay Ouvriye est une organisation combative ouvrière et paysanne de base avec des travailleurs organisés un peu partout en Haïti, en particulier les travailleurs surexploités dans les ateliers industriels clandestins et les zones franches de libre échange.
Le collectif « Autonomie et Solidarité Miami » a mis en place un moyen d’envoyer de l’argent à Batay Ourviye. Si d’autres souhaitent envoyer de l’argent à Batay Ouvriye, s’il vous plaît envoyez un courrier électronique à :

miamiautonomyandsolidarity(at)yahoo.com

Le Réseau de Solidarité avec Batay Ouvriye Haïti appelle tous les progressistes à se joindre à lui au lendemain de la catastrophe du séisme pour l’aider à organiser un soutien en faveur des divers syndicats et associations de travailleurs, mouvements paysans, réseaux militants dans le mouvement Batay Ouvriye en Haïti.

Nous tenons à différencier notre orientation pour les efforts de secours aux sinistrés des autres organisations et institutions impérialistes sur le terrain.

Nous voulons renforcer le camp populaire dans la prise en charge de la reconstruction de leur vie avec dignité, indépendamment du contrôle réactionnaire et impérialiste.

Salutations, Mario Pour le Réseau de Solidarité avec Batay Ouvriye Haïti [Batay Ouvriye Haiti Solidarity Network]

Traduction OCL / Courant Alternatif

Pour en savoir plus : sur http://oclibertaire.free.fr/

Présentation de Batay Ouvriye « Qui sommes-nous ? »

et

Ni larmes de crocodile, ni silence
Solidarité avec le peuple haïtien

de José Antonio Gutierrez D.

Traduction OCL
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Re: Haïti

Messagede JPD » 16 Jan 2010, 11:20

C'est vraiment con, le même texte traduit deux fois !!! A quand un lieu où on annonce ce qu'on est en train de traduire ?
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Re: Haïti

Messagede Pïérô » 16 Jan 2010, 11:25

C'est pour celà que j'ai déplacé ton topic ici, car il existait déjà un topic sur la question. :wink:
Anarkismo me semble être pourtant l'espace approprié.
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Haïti

Messagede Phébus » 16 Jan 2010, 18:45

Dans ce cas précis, j'ai su qu'il y avait une traduction en chemin parce que le MAS l'a annoncé sur le forum ABC quand ils ont posté la version anglaise. Je dirais que dans la moitié des cas, les traductions de textes d'Anarkismo sont annoncées sur ABC [dans la section réservées aux éditeurs]. Dans l'autre moitié des cas, je dois les traquer sur Internet. Sinon, il y a parfois des gens qui s'annoncent dans les commentaires sur Anarkismo directement.
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Re: Haïti

Messagede Phébus » 16 Jan 2010, 18:57

Actuellement, le meilleur forum de coordination international communiste libertaire est probablement Anarkismo. Depuis que nous sommes membres et que nous participons activement à la gestion du site et du réseau, nous sommes beaucoup moins dans le noir. Pour l'instant, la communication et la coordination générale se fait beaucoup en anglais, via le forum ABC. Sinon, il y a aussi une liste de discussion électronique en castillan. Résultat, il y a un peu une cassure. Mais c'est vraiment  à des années lumières de tout ce que j'ai pu voir depuis une décennie. Il commence même à y avoir des rencontres «face à face». Sérieux, si l'OCL est capable de vivre avec la déclaration de principe, le mieux serait sans doute de la signer et d'envoyer un délégué sur le forum. C'est probablement là que se retrouvent la plupart des vos amis du monde entier.
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Re: Haïti

Messagede leo » 17 Jan 2010, 14:37

Je ne connais pas ce mouvement « Alliance Internationale des Habitants » à part ce que l’on peut lire sur ce site : droit au logement, défense des territoires…

Quelques infos sur ce qu’ils essaient de faire en direction de Haïti (il y a une VF de ces textes)

http://www.habitants.org/news/inhabitan ... cion_haiti

http://www.habitants.org/news/inhabitan ... _movements

Cela peut être un complément à Batay Ouvriye dont on ne sait pas (encore) ce qu’ils sont devenus.

A suivre donc…
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Re: Haïti

Messagede JPD » 18 Jan 2010, 17:28

Sérieux, si l'OCL est capable de vivre avec la déclaration de principe, le mieux serait sans doute de la signer et d'envoyer un délégué sur le forum. C'est probablement là que se retrouvent la plupart des vos amis du monde entier.



Collaborer, échanger, participer, discuter cela me paraît une bonne chose.
"Vivre ensemble" serait sans doute plus compliqué ! L'OCL n'est pas plateformiste (ni synthésiste bien entendu !)
`
Et puis "Là où c'est possible, le travail à l'intérieur des syndicats se doit d'être le coeur de notre activité. Nous rejetons donc le point de vue discréditant l'activité dans les syndicats parce qu'étant membres de la classe ouvrière, il n'est que normal d'être également membres de ces organisations de masse. À l'intérieur de celles-ci, nous combattons pour des structures démocratiques similaires à celles des des syndicats anarcho-syndicalistes comme la CNT des années 1930." Ce passage devrait poser évidemment pas mal de problèmes à l'OCL.

Amitiés
JPD
 
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Re: Haïti

Messagede Antigone » 23 Jan 2010, 16:14

Il est maintenant acquis que sous le prétexte de l'aide humanitaire, on assiste bel et bien au début d'une occupation militaire à Haiti.
Des unités de marines spécialisées dans la répression des émeutes ont été dépêchées de toute urgence ces derniers jours et se sont déployées dans tout Port-au-Prince, Pour les grandes puissances, il s'agit de combler le vide du pouvoir, de prévenir toute révolte, et de rétablir une domination, même sous la forme d'un Etat fantoche.

Pendant tout le week-end, les haitiens ont pu voir le ballet incessant des avions cargos au dessus de leurs têtes. 600 avions venus apportés des centaines de tonnes de nourriture qui ont immédiatement été stockées dans les hangars de l'aéroport.
Les américains ont décidé d'affamer délibérément les populations, de créer des tensions pour justifier leur présencce, histoire de montrer qui étaient les nouveaux maitres.
L'économie commence avec l'organisation de la pénurie. C'est une des lois de base du capitalisme, une priorité que les forces américaines ont tenu à rappeler. On a vu à la télé des hélicoptères balancer quelques cartons de biscuits énergétiques comme on jouerait avec des bêtes affamées. Les boites de ration sont délivrées au compte-goutte à ceux qui acceptent de se soumettre, de se ranger sagement à la queue-leu-leu et de dire merci.
Les soldats américains avaient affiché moins de mépris en 1948 quand ils avaient organisé un gigantesque pont aérien pour ravitailler pendant près d'un an les habitants de Berlin Ouest.

On nous promet que Haiti sera reconstruit. La belle blague !
Que représentent les 100 millions de dollars d'aide promis par Obama, les 200 millions que l'UE a décidé de débloquer pour ne pas être de reste, les 70 millions du FMI etc ? Rien. Des sommes dérisoires. L'équivalent de ce que l'armée américaine dépense en quelques heures e guerre en Afghanistan. De la broutille comparée aux milliards de mouvements spéculatifs enregistrés tous les jours sur les places boursières.
On va reconstruire des batiments administratifs, gouvernementaux, des hopitaux, des écoles, des résidences, sans oublier les églises... On a réparer les voies de communication, redonner un semblant de vie à la zone portuaire, mais on ne relogera pas le million et demi de sans arbris qui dorment sous les baches. Les camps de réfugiés qu'on nous fait découvrir à la télé vont devenir des bidon-villes, une réserve permanente de lumpen prolétariat, des copies conformes de ceux qui s'étendent partout aux abords des grandes villes surpeuplées du Tiers Monde.

Dans quelques jours, les journalistes vont être rappelés par leurs rédactions. La misère extrème démeurera. Les militaires américains et onusiens resteront pour l'encadrer. L'oligarchie pourra à nouveau faire des affaires et remplir ses coffres.
Antigone
 

Re: Haïti

Messagede leo » 24 Jan 2010, 10:44


Un nouvel Appel à la solidarité internationale ouvrière vient de nous parvenir de l’organisation haïtienne Batay Ouvriye : Etat des besoins et nouveaux contacts.

BATAY OUVRIYE


APPEL À LA SOLIDARITÉ SUITE AU TREMBLEMENT DE TERRE
DU 12 JANVIER 2010 À PORT-AU-PRINCE


Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 à Port-au-Prince, Haïti, nous a lourdement frappé au niveau des masses populaires.

En effet, aux côtés des bâtiments publics effondrés en grand nombre, ce sont nos quartiers populaires qui ont été les plus détruits. Ceci n’est pas surprenant, ce sont les plus fragiles, les plus instables : c’est là que l’Etat n’a jamais su répartir les services minima, allez voir chercher à consolider nos maisons, allez voir s’en occuper sérieusement. Au contraire, nous avons toujours été menacé d’expulsion, de « déplacement », de sorte que nous-mêmes n’avons jamais su non plus, encore moins pu nous concentrer sur l’amélioration de notre propre habitat.
Pendant que certains capitalistes cherchent à forcer les ouvriers à retourner travailler dans des usines fissurées ; pendant que les propriétaires des grands magasins se refusent à distribuer gratuitement leurs marchandises et exigent même que leurs prix augmentent ; pendant que tout le monde peut constater l’absence flagrante et honteuse de l’État, son incapacité, son incompétence (lui qui, certainement, ne sait que voler, « magouyer », en ne défendant que les grands propriétaires fonciers, les bourgeois et autres multinationales) ; pendant que la police nationale, soi-disant là pour « protéger et servir », brille également par son absence devant la catastrophe d’une part, et, d’autre part, face aux gangs qui sévissent (certainement, elle ne sait que réprimer le peuple) ; pendant que les forces impérialistes profitent de l’aide qu’ils administrent pour, de manière éhontée, approfondir leur domination et transformer les relations en une véritable tutelle sans partage… les ouvriers, travailleurs de tous genres, masses populaires en général subissent cette situation catastrophique où elles se retrouvent les bras cassés.

Une certaine presse a favorisé le développement d’aspects franchement progressistes, permettant un minimum de coordination à partir du terrain même, des comités populaires conséquents travaillent sans relâche à porter aide et secours. Seulement, partout, les moyens font énormément défaut. En vérité, en plus de nous avoir frappé violemment, le tremblement de terre nous laisse sans recours autonome et nous dépasse complètement.

À Batay Ouvriye, même si la plupart de nos cadres et membres ont pu sauver leur vie, plusieurs d’entre nous ont perdu des membres de leur famille, leur maison, leurs rares biens… plusieurs sont blessés, estropiés et, en plus d’avoir à enterrer nos morts, la survie nous devient de plus en plus difficile.

Dans la mesure du possible, nous essayons d’éviter de passer par les circuits officiels dominants mais il est tout aussi vrai que la situation devient intenable ! C’est ce qui nous amène aujourd’hui à lancer cet APPEL À LA SOLIDARITÉ en direction de tous les ouvriers, travailleurs et progressistes conséquents du monde entier pour tâcher de nous aider à sortir de cette terrible passe.

Selon un inventaire provisoire rapidement réalisé, nos besoins les plus immédiats sont les suivant et s’élèvent à :

Maisons à réparer US $ 50,000.00
Pertes de biens 20,000.00
Soins aux blessés et aux estropiés 10,000.00
Survie immédiate 30,000.00
S’occuper des morts 10,000.00

Total provisoire US $ 120,000.00

A cela, il nous faut ajouter 40% d’inflation, étant donné que les prix ne cessent d’augmenter et que nous ne savons pas où cela nous mènera. Pour un TOTAL plus certain, d’alors : US $ 170,000
Maintenant, divers contacts que nous avons commencé à développer suite à la dernière grande mobilisation autour du salaire minimum sont eux aussi dans des conditions similaires. Nous devons les aider également. Ceci demande une somme additionnelle. D’un autre côté, dans les zones où vivent nos principaux militants, des mouvements de solidarité populaire ont été mis sur pied. Nous devons les intégrer résolument, tout en y apportant l’orientation que nous pensons nécessaire en ce moment. Immédiatement également, dans le cadre de la reconstruction que les classes dominantes commencent déjà à planifier, nous devons prendre l’initiative organisée de mettre sur pied nos propres orientations afin de faire face à la prochaine catastrophe qu’elles nous préparent. Ceci également exigera des dépenses.

En tout et pour tout, nos calculs s’élèvent alors à un GRAND TOTAL de US $ 300,000 C’est ce qui permettra à nos membres de survivre, d’aider nos divers contacts de tout genre et, enfin, de commencer déjà à construire et propager une orientation politique ample, forte et collective, aujourd’hui dedans la lutte de survie même mais déjà apte à prévoir et faire face de manière structurée à l’autre genre de catastrophe qui nous attend : la future domination impérialiste qui, conjointement avec les classes dominantes locales et leur Etat réactionnaire, prend déjà des formes extrêmes.

Nous remercions à l’avance tous ceux qui comptent contribuer. Le moment d’une telle débâcle demande non seulement une SOLIDARITE renforcée mais encore un rapprochement conscient, initial ou en approfondissement, pour une lutte commune internationale.

Pour ceux qui comptent nous faire parvenir de la nourriture, de l’eau ou encore des vêtements, des médicaments, des petits mobiliers… l’adresse de notre local principal à Port-au-Prince est :

Batay Ouvriye, Delmas 16, # 13 bis.

Pour ceux qui comptent envoyer du cash, notre compte bancaire est le :

Bank Name : City National Bank of New Jersey
Bank Address : 900 Broad Street, Newark, NJ 07102
ABA Number : 0212-0163-9 City of NJ Newark

For further credit to :

Account Number : 01 000 9845
Account Name : Batay Ouvriye
Account Address : FONKOZE, Ave. Jean Paul II, # 7, Port-au-Prince, HAITI

Naturellement, nous rendrons public toutes les sommes reçues et nous informerons de nos activités au fur et à mesure de leur déroulement.

BATAY OUVRIYE

Port-au-Prince, ce 20 janvier 2010


==================
Le site de Batay Ouvriye n’est pas actualisé compte tenu de la situation locale. Le réseau Miami Autonomie et solidarité qui collecte également les fonds a mis en place un nouveau site de versement, suite aux problèmes du précédent.

https://salsa.democracyinaction.org/o/8 ... e_KEY=5875

==================


Une initiative libertaire lyonnaise


L’Organisation Communiste Libertaire-Lyon appelle à la création d’un collectif « Solidarité avec le Peuple Haïtien » (SPH) ayant pour but de mener des actions concrètes de solidarité. Nous nous adressons en priorité aux groupes et aux individu(e)s parties prenantes des mouvements libertaire et alternatif, mais aussi à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans la démarche décrite ci-dessous.

Nous pensons que le temps presse, aussi pour ne pas trop attendre nous proposons une réunion le

mercredi 27 janvier 2010 à 19 h à la librairie la Gryffe (5 rue Sébastien Gryffe, 7ème)


Haïti : une catastrophe pas naturelle !


Si le séisme est un phénomène naturel, le désastre qui l’a suivi ne l’est pas.

Il y a des causes sociales, économiques et politiques à l’effondrement des maisons et des bâtiments : l’effondrement de l’économie haïtienne consécutive à des décennies de dépendance, de dictatures sanglantes soutenues par les grandes puissances, de mesures du FMI qui ont accéléré la destruction de l’agriculture et la bidonvillisation des principales villes, à commencer par sa capitale Port-au-Prince aujourd’hui pratiquement rasée.

L’aide qui va arriver se fera dans un cadre capitaliste. Des « opportunités » de business, d’enrichissement, de profits vont pulluler, seront saisies par tous les requins disponibles (en matière de BTP, en France, on connaît, mais la rapacité capitaliste est sans frontière) et laisseront le pays et ses habitants dans une situation aussi exsangue que maintenant.

Sans rejeter les ONG globalement, le minimum est d’avoir un regard critique sur la manière dont les fonds et les aides sont et seront distribuées. Avec aussi cette idée que la critique n’est jamais plus efficace que quand elle se transforme en action et fait de ceux qui la portent les protagonistes de la solidarité.

Alors que les médias d’Amérique du Nord et d’Europe (ceux des pays « développés ») mettent en scène les corps souffrants des Haïtiens, les destructions des bâtiments officiels (ONU, ambassades, palais présidentiel, grands hôtels pour occidentaux…) et insistent bien sur l’action humanitaire de ces mêmes pays « développés » et de leurs chefs d’Etat (Sarkozy, Obama…), il semble tout à fait justifié et logique que des gestes et des propositions de solidarité se fassent jour de manière indépendante, pour allier l’efficacité d’une aide directe à ceux qui en ont besoin et la dénonciation de l’hypocrisie des grandes puissances de la planète au sujet d’Haïti.

Il nous semble même décisif que des démarches multiples, organisée par des gens eux-mêmes, par des mouvements de base, par des structures syndicales, associatives, groupes politiques locaux ou par des regroupements créés pour l’occasion, essaient de donner un caractère politique et social à une aide directe. Aide de personnes à personnes, de mouvements à mouvements, dans le cadre de mobilisations collectives de sensibilisation (organiser des évènements – fêtes, concerts, collectes et prises de paroles,… – pour recueillir des fonds, par exemple), d’une solidarité internationaliste, en envoyant des fonds (et toutes autres choses utiles) à des collectifs, à des mouvements, à des organisations haïtiennes se battant depuis des années pour la défense des intérêts de la classe ouvrière et de la paysannerie, pour l’émancipation sociale et politique.

Ces mouvements, déjà en grandes difficultés avant la catastrophe, sont à aider dans leurs tâches de reconstruction en même temps que doit se reconstruire les projets et les possibilités d’un Haïti différent, solidaire, où les Haïtiens pourront, enfin, reprendre leur destin en mains et décider eux-mêmes du type de société qu’ils souhaitent construire.

Dans ce cadre général, beaucoup de forces, organisées ou non, peuvent confluer, s’additionner, acquérir rapidement une visibilité, une utilité et une efficacité.


Infos supplémentaires et liens : http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article690
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Re: Haïti

Messagede leo » 09 Fév 2010, 19:44

Lyon : Appel du collectif « Solidarité avec le Peuple Haïtien »


Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a plongé le peuple haïtien dans une situation de désastre, à laquelle répondent des élans de solidarité dans le monde. Un séisme est bien un phénomène naturel, mais l'ampleur de la catastrophe qui s’en est suivie n’est pas accidentelle : elle prend son origine dans des rapports d’oppression et d’exploitation capitaliste. Les moyens existent pour limiter les effets des catastrophes naturelles : par exemple, les constructions anti-sismiques au Japon et en Californie. La vulnérabilité aux crises n’est donc pas inéluctable ou prédisposée par une « malédiction », elle relève de l’inégalité entre les classes et les nations prises dans le système de l’impérialisme. Ce sont maintenant les classes populaires qui subissent le plus durement les conséquences du séisme, comme elles ont subit la hausse brutale des prix agricoles au printemps 2008. Elles se sont alors révoltées : ce furent par exemple les émeutes de la faim. Ce sont les classes populaires, pas les soldats ni les humanitaires, qui ont assuré la solidarité immédiate après le séisme.
La Révolution haïtienne de 1804 marque la victoire du premier mouvement anticolonial et antiesclavagiste, la victoire d’une émancipation menée par d’anciens esclaves noirs contre l’Etat colonial français. La France fera payer cher à ces « nègres », qui pour la première fois brisaient les chaînes de l'esclavagisme, en leur imposant 70 ans de « réparations », en réalité une rançon : c'est le début de la dette d'Haïti. La mise sous tutelle directe du pays par les Etats-Unis commence par la longue période d’occupation militaire, de 1915 à 1934. Intervenue en 1994 pour remettre en place Jean-Bertrand Aristide et en 2004 pour le chasser, en accord avec la France, l’armée américaine se saisit aujourd’hui de l’opportunité du séisme pour prendre le contrôle des ports et du trafic aérien et protéger les grandes propriétés. Les grandes puissances ne sont nullement guidées par le désintéressement et la motivation humanitaire, elles se positionnent pour saisir les « opportunités » de profits que fournira la reconstruction du pays. Quant à l’aide octroyée par la France et les Etats-Unis, elle représente le cinquième de ce que coûte quotidiennement l’occupation militaire de l’Irak et de l’Afghanistan.
L’action et l’aide matérielle des ONG se feront aussi dans le cadre du capitalisme, responsable des conditions de vie inhumaines imposées aux masses haïtiennes. Avec les directives du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, les classes dominantes ont sacrifié l’agriculture paysanne au bénéfice d’importations subventionnées par les pays riches. Le riz américain (80% du riz consommé) a éliminé la moitié des petits propriétaires et a accéléré l'exode rural et l'extension des bidonvilles. Contraints de quitter les campagnes, 80% des haïtiens sont au chômage, et ceux qui trouvent un emploi sont soumis au despotisme d’usine pour un salaire de famine. Nous refusons que les actes de solidarité soient maintenant employés à la reconstruction d’une société où 1% de la population détient 50% des richesses. Les mêmes causes reproduiront les mêmes effets !
L’alternative c’est la solidarité internationale avec les organisations de lutte en Haïti qui se battent pour la défense des intérêts de la classe ouvrière et de la paysannerie, pour l’émancipation sociale et politique. Le syndicat de classe Batay Ouvriye (« Bataille Ouvrière ») a lui-même lancé un appel à la solidarité internationale pour faire face à cette terrible situation, et renforcer les organisations capables d’arracher de meilleures conditions de vie. Bien loin de la mise en scène par les médias occidentaux de corps souffrants et impuissants, Batay Ouvriye sollicite les soutiens concrets et autonomes du monde entier pour que les projets de reconstruction permettent en même temps d’édifier un Haïti libéré et maître de son destin.
Combattant contre l’impérialisme et son hypocrisie, nous nous associons à leur démarche et souhaitons prendre part à la solidarité avec le peuple haïtien. Nous avons créé un collectif « Solidarité avec le Peuple Haïtien » pour mettre en place des actions nécessaires et concrètes. Ce collectif reste, bien entendu, ouvert et nous appelons les organisations et individus qui se reconnaissent dans cette démarche à nous rejoindre.
Nous revendiquons en outre l'annulation définitive de la dette d'Haïti, et la régularisation immédiate et totale de tous les sans sans-papiers touchés par le séisme d'Haïti.

Fédération Syndicale Etudiante, Organisation Communiste Libertaire - Lyon, Union Pour le Communisme, Voie Prolétarienne – Partisan, et des individus.


Un repas de soutien est organisé le vendredi 12 février à partir de 19h au CSA
(18 rue des Tables Claudiennes dans les pentes de la Croix-Rousse)

===
Valence (26)
Agréablement surpris de l'élan de générosité qui pousse à Valence. En effet avec des camarades nous sommes en train de construire une solidarité sur de bases claires. En effet une organisation ouvrière répertoriée existe à Haïti, Batay Ouvriye (« Bataille Ouvrière »)

Les camarades de Lyon organisent un repas de solidarité au CSA à la croix rousse. Cette initiative peut se développer à Valence (Drôme).
Dés samedi 13 février à 14h il sera possible de nous contacter au 8 place St jean ou par un mail au laboratoire@no-log.org


http://lelaboratoire.over-blog.com/arti ... 58517.html
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Re: Haïti

Messagede Pïérô » 09 Mar 2010, 18:48

Un texte du numéro 27 du journal Cause commune de l'UCL sur anarkismo http://www.anarkismo.net/article/16043 :

Plus d'un mois s'est écoulé depuis ce séisme qui, selon les bilans actuels, aurait fait plus de 1,2 million de sans-abri et près de 300 000 disparu-e-s, soit 3,3 % de la population. Malgré l'apparente solidarité internationale, la terrible catastrophe haïtienne camoufle une occupation militaire sans précédent du pays.

Alors que les médias délaissent tranquillement le dossier afin de retourner à des sujets « plus vendeurs », une guerre silencieuse pour la prise de possession des ressources naturelles et de la reconstruction fait rage sur la petite île.

La première réponse à cette crise fut l'envoi de 20 000 soldats états-uniens et d'une armada de navires - dont un porte-avion nucléaire ! - afin d'occuper rapidement les points névralgiques du pays, dont l'aéroport de Port-au-Prince, provoquant ainsi le blocus de l'entrée de vivres et de médicaments. Afin de tirer un bénéfice maximal de ces nouveaux marchés, 13 000 soldats des États-Unis, plus de 10 000 soldats étrangers et 3 000 policiers de l'ONU occupent le pays … et risquent d'y demeurer encore longtemps.

De manière générale, l'opinion publique considère que la pauvreté du pays réside dans sa vocation essentiellement agricole. Pourtant, Haïti recèle de très intéressants gisements de substances minérales de grande valeur économique. Il faut se rappeler qu'à l'origine cette île fut exploitée principalement pour ses ressources en or. Cette exploitation abusive n'a vraiment cessé qu'à l'épuisement des sites aurifères en surface. Depuis lors, l'activité minière dans la partie occidentale de l'île d'Haïti a connu une décroissance (1).

Cinq siècles de génocide…
L’'île d'Hispaniola, nommée ainsi lors de sa découverte par Colomb en 1492, était habitée à ce moment par 400-500 000 autochtones qui eux la nommaient Ayiti. Colomb, après la découverte de gisements d'or, y établit une colonie reposant sur la brutalité, le vol, le pillage et le génocide des autochtones habitant l'île. En 1519, la population, décimée par l'effroyable brutalité espagnole, la famine et les épidémies, est estimée à 3000 personnes. Afin de remplacer les esclaves autochtones dans les mines, on achemine des esclaves du continent africain. La partie ouest d'Hispaniola (Haïti), qui est vite dépourvue de minerai, est rapidement abandonnée par les Espagnols.

Assurant le relai des Espagnols, la France prend possession de l'île et amorce, grâce aux 30 000 esclaves africains amenés de force chaque année, à cultiver la canne à sucre et l'indigo. En 1697, la France devient officiellement souveraine de cette partie de l'île et la renomme St-Domingue. Après une guerre de libération sous le commandement de Toussaint L'Ouverture et des « républicains noirs », l'île proclame son indépendance en 1804 et est renommée Haïti (2). En 1825, par la force, la France oblige Haïti à rembourser pour dédommagement l'équivalent actuel de 45 milliards de dollars, dont le remboursement ne sera complété qu'en 1972 (3).

Une odeur de pétrole
Pour de nombreux observateurs haïtiens, l'aide américaine n'est pas le résultat d'un quelconque sentiment humanitaire, mais bien celui d'une stratégie militaire. Un sismologue haïtien, Daniel Mathurin, déclarait en 2008 qu'une vingtaine de sites pétrolifères ont été découverts à Haïti. Selon lui, ces réserves seraient beaucoup plus importantes que celles du Venezuela (4). Bref, une réserve pétrolière stratégique dans la cour arrière des États-Unis. Les élites politiques du pays savent d'ailleurs depuis les années 1950 que Port-au-Prince est situé sur un gigantesque puits de pétrole dont le gouvernement américain avait formellement exigé l'arrêt des forages. Maintenant que la ville n'est que décombres et que la population fuit la capitale, il est beaucoup plus aisé pour l'Oncle Sam, sous couvert de reconstruction, d'entamer des travaux de forages d'envergure sans alarmer la communauté internationale. D'où la nécessité d'une démonstration de force pour que les « concurrents » internationaux et les Haïtiens qui pourraient avoir la mauvaise idée de résister au pillage de ces richesses comprennent bien le message. Des travaux de reconstruction aux frais du gouvernement haïtien sous forme de prêt seront d'ailleurs effectués en échange de ressources énergétiques (5). Un « pétrole contre nourriture » nouveau genre…

Les intérêts canadiens
Le Canada, en tant qu'allié des É.-U., attend son accord afin d'entrer en force pour protéger ses intérêts économiques. Nul doute que les privilèges canadiens acquis par ses forces policières et militaires occupant officieusement le pays depuis 2004 (sous l'égide des Nations Unies), seront obstinément défendus par notre gouvernement. Déjà, cette occupation a permis l'exploration minière intensive par plusieurs compagnies minières canadiennes - dont les Montréalaises SIMACT et Majescor - qui ont découvert des gisements importants d'or et de cuivre dans le nord-est d'Haïti (6). Par ailleurs, selon des données publiées au Québec, le sous-sol haïtien possèderait des gisements de bauxite, de soufre, d'argent et d'iridium. Ce dernier, qui est un minerai important dans le domaine de l'armement et de l'équipement de haute technologie, serait le deuxième gisement le plus important de la planète (7).

En plus des ressources et de la reconstruction, le contrôle d'Haïti est bénéfique pour les États, car elle assure l'accès à une main d'œuvre à très bon marché à 30 minutes de la Floride. L'occupation permettra également de faire main basse à long terme sur Cité Soleil (l'un des plus grands bidonvilles de l'hémisphère nord), une zone convoitée par les É.-U. qui veulent en faire une zone franche. Et quoi de mieux que quelques dizaines de milliers de soldats pour stabiliser une fois pour toutes le pays dans ce qui s'annonce être un nouveau plan Marshall des années 2000 ?

Est-il encore possible de croire sérieusement que les gouvernements se soucient du peuple haïtien? Alors que les populations des pays occidentaux présents là-bas croient sincèrement que leurs gouvernements apportent une aide réelle à la population haïtienne, nous assistons actuellement à un nouveau déploiement d'impérialisme dans toute sa brutalité militaire et économique. Haïti n'a pas besoin de militaires, mais plutôt d'une solidarité internationale concrète afin d'appuyer par tous les moyens possibles l'essor de mouvements combatifs qui permettront aux travailleurs, aux travailleuses et aux précaires de décider eux-mêmes de leur propre avenir.


(1) http://www.bme.gouv.ht/mines/
(2) http://www.anarkismo.net/article/15586br /> (3) "N'effaçons pas la dette française envers Haïti". Libération, 06/01/04
(4) http://www.montraykreyol.org/spip.php?article871
(5) " Le rôle des ONG en Haïti soulève beaucoup de questions ".Haïti Liberté, 10/02/10.
(6) http://www.majescor.com
(7) " Les vautours s'acharnent sur le cadavre ", Haïti Liberté, 03/02/10.

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Re: Haïti

Messagede Pïérô » 24 Fév 2012, 01:47

forces d´occupation militaire hors d'Haiti !

C'en est trop : Nous demandons aux forces d´occupation militaire des Nations Unies en Haïti de mettre fin à leur mission

Il existe plus de mille raisons pour que les forces de l´ONU abandonnent Haïti. Il n´existe aucune raison capable de justifier leur présence. Qu´est-ce que la MINUSTAH nous a-t-elle apporté? Repassons rapidement ses actes les plus connus:

• Plus de 10.000 morts à cause de la violence “paramilitaire” ou “humanitaire”;
• Plus de 6.000 morts à cause de l´épidémie de choléra que les soldats de la MINUSTAH ont propagé dans le pays en déversant leurs matières fécales dans les eaux des rivières;
• Plusieurs milliers de viols (pour le moins 35.000 depuis 2004 jusqu´à 2006, selon le Journal “Lancet”);
• Plus de 700.000 personnes se retrouvent encore sous des tentes de fortune, 2 ans après le tremblement de terre;
• 2 élections mascarades où moins de 22% de la population ont voté ;
• Un développement passant uniquement par le truchement de l´établissement de zones franches;
• Le développement d'une insécurité favorable au retour des éléments nostalgiques des “bons vieux jours” de la dictature duvalieriste

Depuis 2004, la MINUSTAH se balade à travers le pays sous le couvert de raisons humanitaires. Mais, jamais elle n'aurait dû y aller. De plus la lsite de ses résultats est plus que surprenante pour une mission dite “humanitaire”.

Depuis le début, nous avons toujours su que cette affaire d´aide humanitaire était un mensonge. Quand les grandes puissances interviennent c´est en général pour défendre leurs intérêts, mais jamais pour protéger les majorités opprimées et les appauvries. Quand elles interviennent, elles le font pour des raisons économiques et rien en les empêche d'étoufer (sous couvert “d'aide humanitaire”) toute forme de résistance locale à leurs dessins. Nous avons déjà pu observer cela à maintes reprises. Mais pauvre Haïti... jamais les coups n'avaient été aussi durs.

Pourquoi ? Il nous faut remonter à la naissance de la République d'Haïti en 1904, fruit d'une révolte d'escalves -la première république noire du monde. Dés lors, aux yeux des puissances « civilisées » de l'Occident, Haïti est devenue une république paria. De fait, elles ont fait à chaque fois que cela était possible tout pour s'assurer que les haïtiens soient pour toujours un peuple opprimé et appauvri. A peine l'indépendance conquise elles leur ont imposé des dettes illégitimes, ils ont souffert des blocus, embargos, occupations et interventions militaires, en même temps qu'elles leur imposait toute une classe de dictateurs en fonction des intérêts de telle ou telle puissance : la France la première, l'Allemagne ensuite et aujourd'hui les Etats-Unis. L'Occident « civilisé » à fait preuve de la sauvage bestialité qu'il porte en lui dans son traitement sauvage d'Haïti.

Mais, pour bien comprendre ce qui se passe ces dernier temps en Haïti, il nous faut examiner l´année 1986, qui a été un moment décisif dans l´histoire du pays. Il y a eu une grande mobilisation des masses à travers tout le pays pour déraciner le dictateur “Baby Doc” Duvalier qui avait le soutien des États-Unis et celui de la France. Ces puissances n'ont pas pu tolérer qu´un petit pays du Tiers-Monde, appauvri, dans les Caraïbes ait tenu ferme pour contrecarrer le plan des États-Unis dans le but de construire sa propre démocratie. Depuis lors, c´est la “communauté internationale”, sous la direction des États-Unis, qui a tout entrepris pour éliminer le mouvement populaire qui avait déraciné le dictateur. En premier lieu, elles ont imposé une nouvelle dictature militaire dans le pays; et puis en 1991, elles ont réalisé un coup d´État contre Aristide, le premier président élu, après 7 mois au pouvoir. Elles ont ensuite imposé un autre régime militaire. En 1994, elles ont remis Aristide au pouvoir pour pouvoir appliquer un plan néo-libéral, laissant ensuite le pays s'enliser dans une grave crise ayant comme conséquence l'émergence d'une dette externe illégitime. Entre-temps les entreprises multinationales ont continué leur exploitation à outrance. Au retour d´Aristide au pouvoir en 2000, lorsqu'il a commencé à montrer une certaine résistance dans l'application de la politique néo-libérale qu´il avait signée à son retour d´exil, le pays fût victime de sanctions internationales sous l'accusation de comportement “anti-démocratique”, lesquelles ont ruiné l'économie.

Finalement en 2004, quand ils se sont rendus compte que cela n´était pas suffisant pour renverser Aristide, et que ce dernier avait touché l´orgueil d´une puissance comme la France en demandant à ce pays de rembourser la dette de l´indépendance payée par Haïti (de 1825 à 1948), la CIA a entraîné un groupe d'ancien militaires néo-duvalistes en République Dominicaine et a commandité un coup d'état militiare en février 2004. Par la suite les Etats-Unis envoyèrent des troupes, allèrent chercher Aristide armes au poing pour le mettre dans un avion et l'envoyer en République Centrafricaine. Le Brésil qui était prêt à tout pour obtenir un poste permanent au Conseil de Sécurité des nations Unies, pris à sa charge le commandement de la MINUSTHA, pour remplacer les troupes de la France, des Etats-Unis et du Canada qui occupait l'île depuis le départ d'Arisitdes quelques mois plus tôt, donnant ainsi une couverture de “légitimité” à cette occupation de la mal nommée “communauté internationale”.

Tout ceci est bien connu et est bine documenté. Personne ne peut nous accuser de développer un argumentaire basée autour d'une théorie du complot. En 2006, Wikileaks a publié un message de l'ambassadeur américain affirmant: « Si la MINUSTAH quitte le pays de manière prématurée, elle laissera le gouvernement haïtien vulnérable face à l'émergence des forces politiques populistes et hostiles à l'économie de marché- renversant le progrès que nous avons accomplit ses 2 dernières années ». La MINUSTAH « est un outil indispensable pour la réalisation des intérêts politiques clés du gouvernement des Etats-Unis à Haïti »

Donc, quel est le rôle de la MINUSTAH? La MINUSTAH n´est pas identique aux autres forces d´occupation. Elle est plus que ça. Il s´agit d´une force armée qui oblige le peuple haïtien à se soumettre au régime de facto mis en place dans le pays depuis 2004 (en dépit du déguisement démocratique à travers de diverses mascarades électorales à faible participation). Haïti représente un cas particulier, car depuis 1995 Aristide avait mis fin à l´existence de l´armée (parce qu´on considérait que cette armée durant toute son histoire défendait seulement les intérêts des nantis et organisait des coups d´état). Donc il était impossible de réaliser un coup d´état classique. C'est la raison pour laquelle ils ont dû faire appel à des militaires étrangers pour exécuter la besogne. Le problème, c´est que les mercenaires de la CIA qui avaient réalisé le coup d´état en se posant comme “combattants de la liberté” à la manière des CONTRAS (au Nicaragua), ne pouvaient pas diriger le pays. Ils ont donc été obligés de faire appel à des troupes internationales pour imposer la “paix”, les casques bleus de l´ONU. Ils ont réprimé et attaqué les pauvres en même temps qu'ils permettaient à des groupes paramilitaires financer par des hommes d'affaires et des oligarques d'opérer. Ce n´est pas surprenant quand nous nous souvenons que ces militaires de la MINUSTAH proviennent de certains pays où l´armée est responsable d´une série de violations des Droits Humains, tel le Maroc, la Jordanie, l´Urugauy, le Brésil, le Pérou, ou encore le Sri Lanka, etc.

Il est temps de mettre un terme à cette farce. Le 29 février 2012 sera le huitième anniversaire du coup. Cela fera huit ans qu'a commencé cette forme de tutelle impérialiste. Ce sera le huitième anniversaire de la ruine complète du peuple haïtien. Nous tous -organisations solidaires, médias alternatifs, tous- nous devrions commencer l'agitation pour que ce jour soit un jour de démonstration massive de solidarité avec le peuple haïtien dans sa lutte pour la libération du joug militaire odieu de la MINUSTAH. Maintenant le peuple haïtien exige avec la plus grande force la fin de l'occupation d'Haïti -après l'épidémie de choléra, les attaques répettées contre les quartiers populaires, les violences sexuelles systématiques comme démontré par la vidéo des troupes uruguayennes agressant sexuellement un jeune. Nous devrions tous nous unir pour soutenir leur voix.

Il y aura des gens de bon cœur qui croiront, à tort, que le peuple haïtien ne devrait pas être abandonnée par la «communauté internationale». Mais remettons les pendules à l'heure: la soi-disant «communauté internationale» a depuis longtemps abandonné le peuple d'Haïti, du moins du point de vue de purement «humanitaire». Tout ce qu'a fait l '«Occident civilisé» au cours des dernières décennies est à l'origine des douleurs des masses haïtiennes, les affamer, les humilier, leur voler tout ce qu'ils pouvaient leur voler et ne rien leur laisser. La soi-disante «communauté internationale» n'a jamais montré des signes d'une réelle préoccupation pour le peuple haïtien, comme en témoigne la réponse extraordinairement inefficace au tragique tremblement de terre de l'année dernière, qui a seulement servi à remplir les poches des organismes internationaux avec des milliards de dollars que le peuple haïtien ne verra jamais. Alors que l'ONU a refusé de donner plus de la moitié de l'argent nécessaires pour des activités humanitaires cette année (le montant total demandé était de 382 millions de dollars) [2], alors que pour résoudre le problème de ceux qui n'ont nulle part où vivre après le tremblement de terre de 2010 ne coûterait que 200 000 000 de dollars [3]. En même temps l'ONU qui a été incapable d'obtenir seulement 100 000 dollars pour lutter contre l'épidémie de choléra qui a fait plus de 6.000 victimes jusqu'à présent, consacre environ 850.000 0.000 dollars dans cette force d'occupation militaire coûteuse qui est un affront au peuple haïtien [4]. Au lieu de saisir l'opportunité du tremblement de terre pour reconstruire une meilleure Haïti, comme l'a déclaré cyniquement Bill Clinton (probablement le gars dans le monde avec le plus de sang haïtien sur les mains), plusieurs millions de dollars de contrats ont été attribués auprès de grandes sociétés américaines sans aucune obligation de se conformer avec des résultats concrets, laissant ainsi des centaines de milliers de personnes dans la rue [5]. Plutôt que de profiter de cette occasion pour réaliser une vraie réforme agraire pour remettre aux paysans la terre qu'ils méritent, ils préfèrent accaparer ces terres pour y installer des zones franches sous prétexte de développer Haïti.

Tout ce qu'à fait « l'occident civilisé » c'est d'ingérer dans les affaires d'Haïti, de l'obliger à accepter un régime néo-duvaliériste et détruire ce qui restait du mouvement de 1986. Cette occupation à l'instar des autres interventions effectuées par les États-Unis depuis 1986 avec les régimes terroristes qu´ils ont l´habitude de soutenir, est une manœuvre pour démoraliser le peuple haïtien et mettre fin à ses revendications, faire comprendre que toute résistance est vouée à l´échec, et faire croire que les duvaliéristes sont les meilleurs dirigeants pour Haïti. Nous sommes certains que le peuple haïtien prouvera qu´ils ont tort: toute l´histoire de ce pays est une lutte constante contre la domination, il s´agit tout simplement d´un nouveau chapitre que ce peuple est en train d´écrire.

C´est le moment de dire: c´en est trop! Il existe plus de mille raisons pour exiger le retrait immédiat des forces de l´ONU. Il n´existe aucune raison capable de justifier leur présence. Il faut unir nos forces pour envoyer ce 29 février un message clair à la “communauté internationale”: le peuple haïtien n´est pas seul.

Nous disons haut et fort:

À bas les mensonges, À bas MINUSTAH!
À bas l´occupation, À bas MINUSTAH!
À bas les violences sexuelles, À bas MINUSTAH!
À bas les abus, À bas MINUSTAH!
À bas les assassinats, À bas MINUSTAH!
À bas le racisme, À bas MINUSTAH!
À bas le colonialisme, À bas MINUSTAH!
À bas les interventions, À bas MINUSTAH!
Respect pour la dignité et le droit à l´autodétermination du peuple haïtien!
Il existe plus de mille raisons pour exiger le retrait immédiat des forces de l´ONU d´Haïti. Il n´existe aucune raison capable de justifier leur présence.

José Antonio Gutiérrez D.
Henry Boisrolin
Elsie Haas
Isabel Ledesma
Franck Séguy


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Re: Haïti

Messagede ivo » 31 Oct 2012, 12:51

Haïti dévasté par Sandy...dans l'indifférence
fr info
Sandy a ravagé Haïti. Au moins 52 personnes ont perdu la vie, 15 sont portées disparues et on compte au moins 19 blessés. Les récoltes sont ravagées, le bétail décimé, le choléra guette, l'aide internationale est demandée d'urgence. Alors que le monde entier a les yeux rivés sur les Etats-Unis, Haïti concentre les plus gros dégâts provoqué par l'ouragan. Dans l'indifférence.

Image
L'ouragan Sandy a fait au moins 52 victimes en Haïti. Et des dégâts considérables. © SIPA AUGUSTIN JEAN JACQUE/EFE

Haïti semble maudite. La petite île caribéenne se relève à peine du séisme qui l'a frappé le 12 janvier 2010. 370.000 personnes vivent toujours dans des refuges de fortune. Les conséquences du passage de l'ouragan Sandy le week-end dernier pourraient s'avérer dévastatrices pour la population. Haïti concentre les plus lourdes pertes humaines de la catastrophe : 52 morts, 15 disparus et19 blessés. Et le bilan pourrait s'alourdir.

Récoltes détruites, bétail décimé, routes coupées

Les régions de l'île les plus touchées sont le département de l'ouest incluant Port-au-Prince (une vingtaine de morts) et le sud (18 morts et de nombreuses destructions). L'un des principaux problèmes restent également les réseaux routiers. Plusieurs villes sont toujours inaccessibles à cause des tronçons de routes coupés et des ponts effondrés et endommagés.

Mais l'ouragan Sandy a surtout détruit l'essentiel : 70% des récoltes ont disparu dans le sud de l'île et le bétail a subi de lourdes pertes. Plusieurs agriculteurs pauvres n'auront rien à manger dans les semaines qui viennent. Les dégâts concernent surtout les cultures d'avocats, de fruits de l'arbre à pain, de maïs et de vétiver, une plante utilisée en parfumerie.

Le gouvernement n'a pas encore estimé la valeur des dommages causés par Sandy. Plus de 50 centimètres d'eau se sont abattues en 24 heures sur certaines régions du pays. Il faudra plusieurs jours pour dresser un premier bilan.

Le choléra guette

Haïti est frappé par une épidémie de choléra depuis octobre 2010. En deux ans, la maladie a touché 685.000 personnes et fait 7.550 morts. L'ouragan Sandy, détruisant les abris de fortune et posant des problèmes immédiats d'hygiène, pourrait relancer l'épidémie.

Environ 17.000 personnes ont d'ailleurs été placées dans une centaine d'abris provisoires ouverts par les autorités qui craignent une recrudescence de la maladie.

Appel à l'aide internationale

L'État a commencé à organiser la distribution de vivres, d'eau potable et de biens de première nécessité. Mais l'île ne pourra se relever seule.

L'Union européenne s'est dite prête à soutenir les efforts de "reconstruction" dans les régions touchées par Sandy. Le gouvernement haïtien a annoncé l'arrivée prochaine d'une aide du Venezuela qui a envoyé un bateau et un avion cargo avec de l'eau et de la nourriture.
"Le fascisme n’est jamais accidentel ou spontané : il est la réponse du capitalisme à la crise."
- Larry Portis - Qu'est-ce que le fascisme ? -

!!!! AUX GUILLOTINES CITOYENS !!!!
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Re: Haïti

Messagede Pïérô » 01 Fév 2013, 00:16

Haiti : Syndicat à la Zone Franche de Caracol

Zanmikamarad,

En cette fin de mois de janvier 2013, nous avons enfin obtenu l’attestation, annexée, de notre Syndicat des Ouvriers du Parc Industriel de Caracol (SOPIC – et SOPEK an kreyòl), affilié à notre Intersyndical Premier Mai – Batay Ouvriye (ESPM-BO en kreyòl).

À l’intérieur de (et face à) la planification impérialiste (Zones Franches, Agro-industrie, Tourisme, Mines), c’est un point d’une extrême importance.

D’autant que cela fut atteint de haute lutte, ayant dû faire face à l’intransigeance des Coréens (propriétaires les plus réactionnaires que nous connaissions) puis, d’une certaine façon, à l’indolence des fonctionnaires de l’État haïtien et, enfin, aux craintes des camarades ouvriers et ouvrières fraîchement embarqués dans cette exploitation.

Fort heureusement, la bravoure de certains et certaines, permet les avancements les plus innatendus...

Mais, nous le savons, dans cette conjoncture où le duvaliérisme (c.a.d. la repression, l’obscurantisme et l’archaïsme le plus abject) ont de nouveau la dragée haute; et l’opportunisme rampant, son accompagnateur naturel (ô combien magnifié ces temps-ci), la voix la plus attentionnée... nous le savons, il nous sera ardu et difficile de faire fonctionner cette “société” asseptisée, isolée sous la dictature la plus féroce où, nous le savons tous, les droits des travailleurs sont les plus ignorés et bafoués du monde, même quand ces hommes et femmes du peuple seront, comme toujours, les seuls et vrais producteurs des “richesses” dont les “démocrates” et les idéologues à la solde de la bourgeoisie se gargarisent tant.

La lutte ne fait que commencer!
BATAY OUVRIYE

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