Krach économique en vue ? (2e partie)

Krach économique en vue ? (2e partie)

Messagede Antigone » 31 Oct 2009, 18:22

Challenges - 31 oct 2009

Neuf banques mises en faillite en une journée aux Etats-Unis

LOS ANGELES (Reuters) - Les autorités américaines ont fermé vendredi neuf banques, un record pour une seule journée depuis le début de la crise financière.
Cette opération porte à 115 le nombre de banques mises en faillite depuis le 1er janvier, soit le plus haut niveau annuel depuis 1992. Les analystes s'attendent à ce que d'autres surviennent encore d'ici la fin de l'année.

Parmi les neuf établissement fermés vendredi se trouve la California National Bank, qui devient donc la quatrième plus grosse faillite du secteur cette année.
La plus grande institution financière à s'être effondrée depuis le début de la crise est Washington Mutual, qui détenait 307 milliards de dollars d'actifs à sa fermeture en septembre 2008.
Le groupe US Bancorp a racheté vendredi les neuf établissements en question, qui étaient détenus par FBOP Corp, et hérite ainsi de 18,4 milliards de dollars d'actifs et de 15,4 milliards de dollars de dépôts.

Dans un "avenir proche", les neuf banques devraient être renommées sous la marque US Bank, qui est la filiale de US Bancorp orientée sur la Californie mais aussi présente dans l'Illinois et l'Arizona pour un total de 770 antennes dans ces trois Etats.
US Bancorp n'a rien précisé au sujet de l'avenir des employés des neuf établissements.

La California National Bank dispose de 68 antennes dans l'ensemble du sud de la Californie, pour plus de 7 milliards d'actifs.
Elle a perdu environ 500 millions de dollars après avoir fortement investi dans les actions préférentielles de Fannie Mae et Freddie Mac, qui ont perdu pratiquement toute valeur après le rachat par le gouvernement fédéral de ces deux groupes de refinancement hypothécaire.
Antigone
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede Antigone » 02 Nov 2009, 20:23

Encore une faillite. Celle-ci est de taille. Les 2 milliards de dollars et des poussières injectés par le gouvernement américain auront été en pure perte.
Et ce n'est qu'un cas parmi des dizaines d'autres. Le système bancaire est encore lesté de milliers de milliards de dollars de créances douteuses qui vont mettre longtemps, très longtemps à être épongées... si tant est qu'elles le soient un jour.
Je rappelerais que les principaux états industrialisés sont actuellement endettés à hauteur de leur PIB (!!)... Le système financier capitaliste est en survie artificielle.

Boursier.com - 2 nov. 2009

Banques: le groupe financier CIT passe finalement par la case faillite...

Après des mois de suspense, le prêteur américain CIT Group a finalement déposé son bilan ce week-end. Acteur incontournable du financement des PME, CIT Group devient la cinquième plus grosse faillite du pays en termes d'actifs (71 milliards de dollars) après celles de Lehman Brother (2008), Washington Mutuel (2008), WorldCom (2002) et General Motors (2008).

CIT, qui compte un million de clients à son actif, dont beaucoup de commerces de détail, fait face à 68 milliards de dollars de dettes au total, dont 3 milliards arrivant à échéance cette année et 8 milliards l'an prochain. Les difficultés du groupe se sont intensifiées en juillet, alors que devait expirer en août une tranche d'un milliard de dollars de sa dette obligataire, qu'il n'était pas en mesure de refinancer.

Cette mise sous la protection du Chapitre 11 n'est toutefois pas une surprise: elle a été âprement négociée depuis des semaines par les créanciers et devrait être suivie d'une restructuration drastique en vue d'une sortie rapide de ce statut. En attendant, la procédure ne concerne que la maison mère, les agences CIT et ses filiales pouvant ainsi poursuivre leurs activités, précise CIT dans un communiqué.

Après l'accord in extremis, vendredi, du financier Carl Icahn, plus de 76% des créanciers soutiennent désormais le plan de restructuration, qui doit encore être approuvé par le tribunal des faillites de New York. Ce plan devrait permettre de "réduire d'endettement total d'environ 10 miliiards de dollars, de réduire nettement les besoins en liquidités au cours des trois prochaines années, d'améliorer les ratios de capitalisation et d'accélérer le retour à la rentabilité", précise CIT.

L'une des principales conséquences du dépôt de bilan de CIT sera la perte quasi-complète pour le gouvernement américain des 2,3 milliards de dollars qu'il avait injectés dans le groupe dans le cadre du plan de sauvetage du secteur bancaire. Quand à l'action CIT Group qui ne valait plus que 0,72$ vendredi soir, elle ne sera plus cotée à la Bourse de New York à partir d'aujourd'hui.
Antigone
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede Antigone » 15 Nov 2009, 17:08

Des Etats endettés jusqu'au cou qui calculent leurs dépenses au plus juste alors que le remplacement des énergies fossiles nécessitent des investissements colossaux. Voila un cocktail explosif !

Le jour où une crise financière majeure va se combiner avec une crise de l'énergie, et que le baril de brut atteindra 200, 300, 500 $ par exemple, le système fera "BOUM !!!" Il faudra quelques années pour que l'on y arrive mais on va y arriver. Tous les spécialistes de la question le disent.
Au cours des quinze prochaines années, le monde va connaitre des alertes de plus en plus chaudes sur lesquelles les pays du G8, du G20 apposeront des rustines, tout en essayant de minimiser l'ampleur du désastre.
Il est assez symptomatique que le dernier rapport de l'A.I.E. n'ait pas fait l'objet de longs commentaires dans la presse. AÎe !

Le Figaro - 11 nov. 2009

L’AIE s’inquiète du manque d’investissement dans l’énergie

Dans son bilan 2009, l’Agence internationale de l’énergie chiffre à 10.500 milliards le coût de la lutte contre le réchauffement.

C’est un paradoxe : au moment où les quelque 6,6 milliards de Terriens ont plus que jamais faim d’énergie, on apprend que les investissements dans l’exploration et la production de gaz et de pétrole ont chuté de 19% en 2009. C’est l’une des informations les plus étonnantes qui ressortent du volumineux (691 pages) rapport annuel de l’Agence internationale de l’Energie (AIE), présenté ce mardi à Londres.

La crise est directement à l’origine de ce retournement. Avec un corollaire : pour la première fois en quarante ans, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont baissé, d’environ 3%. «La chute des investissements est une mauvaise nouvelle, commente Fatih Birol, économiste en chef de l’AIE, car lorsque la demande de pétrole va redémarrer avec la reprise économique, faute de production, il risque d’y avoir une très forte montée du prix du baril, qui en retour, fragilisera la reprise.»

Malgré ce propos peu rassurant, l’AIE est accusée de surestimer les réserves de pétrole et de minimiser le risque d’une pénurie. C’est ce qu’affirmait un article opportunément publié ce mardi par le Guardian. Citant des sources internes à l’AIE, le quotidien anglais évoquait des pressions américaines. Accusations «sans fondement», a rétorqué ce mardi Fatih Birol, qui revendique la neutralité des rapports de l’AIE relus par plus de 200 ex­perts extérieurs. «Nous sommes toujours critiqués, mais on me reproche en général d’être au contraire trop alarmiste», poursuit l’économiste turc de l’agence. De fait, Fatih Birol assure que les pays non-membres de l’Opep auront atteint leur pic de production d’or noir, non pas à un horizon lointain, mais dès 2010 !

D’ici à 2030, 93% de la demande supplémentaire d’énergie proviendra des pays non-membres de l’OCDE (pays émergents et en développement), à commencer par la Chine et l’Inde. Pour satisfaire ces ogres, même si la communauté internationale se lance dans une politique active de substitution des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) afin de lutter contre le changement climatique, l’Opep devra augmenter sa production de 30% au cours des vingt prochaines années. Selon l’AIE, la demande mondiale de pétrole pourrait culminer autour de 2025. Une chose est sûre, résume Birol : «L’ère du pétrole bon marché est révolue.»

«Scénario 450»

Les investisseurs sont, de leur côté, soumis à une grande incertitude, souligne-t-il. «Tout le monde attend ce que va donner la conférence de Copenhague sur le climat», qui s’ouvre dans moins d’un mois. L’AIE, fondée en 1974 juste après le premier choc pétrolier pour sécuriser les approvisionnements d’or noir, a désormais endossé l’armure du combattant contre le changement climatique. Les ministres de ses 28 États membres, réunis à Paris le mois dernier, soutiennent le «scénario 450». 450 «parties par millions» (ppm), c’est la concentration de gaz à effet de serre que l’atmosphère ne devrait pas dépasser dans la seconde moitié du siècle pour éviter une hausse moyenne de la température de plus de 2 °C. Au-delà, les experts de l’ONU prévoient un scénario incontrôlable. Respecter ce quota signifie interrompre l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre dès 2020. «Nous montrons, pays par pays, en développant toutes les énergies propres disponibles et en insistant sur les économies d’énergie que le scénario 450 est réaliste, assure Nobuo Tanaka, le directeur exécutif de l’AIE, même si ce sera très difficile.»

L’investissement, colossal, évalué par l’agence pour opérer la révolution énergétique est de 10 500 milliards de dollars d’ici à 2030. Mais prévient Nobuo Tanaka, chaque année d’inaction coûtera 500 milliards supplémentaires.


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

La crise des finances privées est en train de se transformer en crise des finances publiques.

Les risques qu'une crise de confiance qui avait affecté les banques l'année dernière se reporte à présent sur les Etats se précisent. Les variations importantes sur le cours des monnaies auxquelles on assiste depuis quelques mois, alors même que les taux d'intérêt sont pratiquement nuls, laissent supposer qu'il y a de grosses tensions entre les Etats.
Etant donné le niveau de leur endettement, la mise en faillite d'un Etat d'un pays industrialisé (plus important que l'Argentine) est désormais une hypothèse que les responsables du FMI n'écartent même plus.
On se remet à parler ouvertement de protectionnisme, de chacun pour soi. Il suffirait d'un nouveau coup de boutoir pour envoyer aux oubliettes les résolutions communes qui avaient été adoptées en toute urgence au lendemain du krach.

Jusqu'à présent, on avait supprimé des milliers de fonctionnaires. On pourrait bien les payer de moins en moins jusqu'à ne plus les payer du tout à l'avenir, au nom de la réduction des déficits publics ou par suite d'une banqueroute.
En tout cas, voila une injonction qui annonce de manière certaine une nouvelle vague de luttes sociales en Europe...

France Soir - 11 nov. 2009

Déficit budgétaire - La France doit revenir sous la barre des 3% du PIB

AFP - La Commission européenne, gendarme budgétaire de l'UE, a demandé mercredi à la France de ramener d'ici 2013 son déficit public, gonflé par la crise, dans la limite de 3% du Produit intérieur brut (PIB). Elle rejette ainsi la demande de Paris qui souhaitait bénéficier d'une année supplémentaire pour rétablir son déficit.
La Commission accepte donc de prolonger le délai qui avait été précédemment accordé à la France, en raison de la gravité de la crise économique. La date butoir prévue pour la France était fixée au printemps dernier. Elle a été repoussée à 2013, a annoncé à la presse le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia.

Paris plaidait pour bénéficier d'un délai jusqu'en 2014. La ministre française de l'Economie Christine Lagarde avait en effet prévenu mardi qu'il serait "extraordinairement difficile" et "fort peu réaliste" de ramener le déficit public du pays sous la barre des 3% du PIB en 2013, le plafond fixé au niveau européen.

Le Premier ministre François Fillon lui-même avait annoncé la semaine dernière qu'il présenterait début 2010 une stratégie pour ramener le déficit, attendu l'an prochain au niveau record de 8,5% du PIB, sous les 3% "à l'horizon de 2014".

Nouvelles tensions entre Paris et Bruxelles
Du coup les tensions sur la question des déficits entre Paris et Bruxelles, récurrentes ces dernières années, renaissent. "Je connais très bien les arguments" de la France sur la date butoir de 2013, a répondu laconiquement M. Almunia, en réponse à une question sur les objections de Paris.

La Commission fait valoir qu'elle doit traiter tous les pays avec équité. Selon elle, le Pacte européen de stabilité et de croissance (PCS) ne permet d'accorder, dans le contexte actuel, qu'une année supplémentaire aux pays comme la France. Le PCS est le Pacte selon lequel les pays de la zone euro s'engagent à coordonner leurs politiques budgétaires nationales et d’éviter l’apparition de déficits budgétaires excessifs.

Par ailleurs, Paris et Bruxelles se disputent également à propos du projet de grand emprunt national que compte lancer le président Sarkozy pour financer des projets d'investissement d'avenir, dans la recherche, les nouvelles technologies ou les voitures moins polluantes. Son montant devrait être compris entre 25 et 50 milliards d'euros, et risque d'augmenter le poids de la dette publique.

L'écart entre les déficits de la France et l'Allemagne se creuse

De manière générale, M. Almunia a paru s'inquiéter de l'écart qui se creuse en matière de déficits entre la France et l'Allemagne. "Ces deux économies, qui sont les plus importantes de la zone euro et deux des trois plus grandes de l'UE, devraient agir de manière cohérentes concernant leurs stratégies budgétaires respectives. Car, à défaut, la coordination des politiques économiques et la gouvernance économique en Europe sera impossible", a-t-il dit.

Berlin table sur un déficit de 3,7% seulement cette année, très inférieur à celui de la France. Pour la suite, Berlin s'attend à un chiffre de 6% en 2010, ramené à 5% en 2011, 4% en 2012, puis 3% dès 2013.
Antigone
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede leo » 16 Nov 2009, 17:28

C’est vrai que la crise du secteur financier est en train de se résorber par les mécanismes classiques du capitalisme de concentrations / absorptions / éliminations des canards boiteux. Les plus grandes banques (c’est-à-dire les plus solides) se sont renforcées au détriment de celles qui ont été éliminées (123 banques ont disparu aux USA depuis début 2009 + 25 faillites en 2008). Et ce n'est pas fini, même si peut-être le plus gros est fait.

Et ce système financier s’est restructuré grâce à un transfert des pertes (dettes) de ce secteur financier privé aux Etats, par des prêts, des achats d’actifs pourris ou par des nationalisations (Royaume Uni), selon le vieil adage du : privatisons les profits, socialisons les pertes.

Maintenant, les Etats au bord de la faillite ?

Dans la zone euro, c’est sans doute difficile à imaginer car la monnaie unique créé une sorte de tampon commun où il ne peut y avoir de spéculation sur les monnaies ou même des solutions monétaires nationales (dévaluation)… Et, jusqu’à un certain point bien sûr, les Etats se compenseront mutuellement en cas de besoin : cela avait été envisagé il y a quelques mois lorsque il se disait que la Grèce se rapprochait de la cessation de paiements : elle tient quand même le pompon européen avec un déficit budgétaire de 12% du PIB ! (soit l’équivalent du taux de déficit légendaire des USA).

Ceci étant, si tous les pays laissent filer les déficits comme c’est le cas actuellement…

Mais en dehors de la zone euro, c’est du domaine du possible. Et les conséquences peuvent être énormes s’il s’agit de pays importants comme la Grande Bretagne qui est parmi les plus endettés (11% de déficit), avec une récession persistante et une monnaie en chute régulière…

Le défi de l’“après-pétrole” vient compliquer la situation.

Les issues proposées sont essentiellement d’ordre technologique, avec des coûts d’investissement exorbitants, y compris le nucléaire (voir les surcoûts actuels de l’EPR)
C’est là qu’intervient, entre autre, la taxe carbone : en renchérissant les coûts du pétrole/charbon, il s’agit d’aider à la création d’un marché rentable des autres sources d’énergie… Mais des énergies chères ont d’autres conséquences sur le reste de l’économie, entre autre celle de réduire la demande (la consommation) et donc de provoquer de nouveau une surproduction, et là pas seulement sur l’immobilier ou l’automobile…

Le secteur financier (bancaire essentiellement) est dans l’ensemble en cours de restructuration (sans être pour autant complètement “sauvé”) et va aller mieux.
Mais la crise est encore largement devant nous !
D’autant que, le secteur bancaire restructuré, pourra de nouveau se lancer dans des opérations spéculatives, risquées, par exemple sur les nouvelles technologies (“vertes” ou “nanos”)…

On vit dans un monde formidable !
leo
 
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Re: Krach économique en vue ?

Messagede Antigone » 17 Nov 2009, 17:21

Les Echos - 17 nov. 2009

Le FMI favorable à une nouvelle devise mondiale

PEKIN (Reuters) - Si le monde veut bénéficier d'une plus grande stabilité monétaire, il ne peut plus dépendre d'une seule monnaie de réserve internationale, comme c'est le cas depuis l'abandon de l'étalon-or, déclare le directeur général du FMI.
Dominique Strauss-Kahn a confirmé que cette nouvelle monnaie de réserve pourrait être basée sur le système des droits de tirage spéciaux (DTS), l'unité de compte utilisée par le Fond monétaire international (FMI).
"Il s'agira vraisemblablement d'un panier. Dans un monde globalisé, il n'y plus de place pour une solution nationale", a-t-il déclaré lors d'un forum.

Lors d'une conférence organisée un peu plus tard, Dominique Strauss-Kahn a également souligné que Pékin avait besoin d'un yuan plus fort dans le cadre d'une série de mesures visant à stabiliser l'économie chinoise, un message martelé à plusieurs reprises par le directeur général du FMI lors de sa visite en Chine
Prié de dire, lors d'une conférence de presse, quand la Chine devait commencer à laisser s'apprécier sa monnaie, également connue sous le nom renminbi (RMB), il a répondu : "Le plus tôt sera le mieux".
"Parce que cela serait cohérent avec la nouvelle politique économique en Chine. Cela prendra du temps car il ne s'agit pas là de quelque chose que l'on peut modifier d'un jour à l'autre", a poursuivi le directeur général du FMI.

La Chine a maintenu un taux de change de 6,83 yuans pour un dollar depuis juillet 2008 après une hausse de 21% de la devise chinoise par rapport au billet vert sur les trois années précédentes.
"Au FMI, nous sommes convaincus que le RMB est sous-évalué et qu'il est dans l'intérêt, non seulement de l'économie mondiale, mais aussi de l'économie chinoise de procéder à une réévaluation de la devise", a déclaré Dominique Strauss-Kahn.
Il a souligné qu'une monnaie sous-évaluée entraînait des distorsions économiques, ce qui peut avoir certains avantages pour le pays concerné mais aussi représenter des coûts pour des secteurs d'activité moins liés à l'exportation.
"La Chine possède ainsi un avantage commercial mais elle souffre également de prix qui sont faux, susceptibles d'aboutir à de mauvaises décisions en matière d'investissements à long terme", a poursuivi Dominique Strauss-Kahn.
"Il est temps que la Chine, après avoir tiré beaucoup d'avantages d'une monnaie sous-évaluée, se fixe comme objectif une stabilité à long terme. Celle-ci ne peut être atteinte qu'en éliminant les distorsions."

PAS DE TEMPS À PERDRE
Dominique Strauss-Kahn a ainsi joint sa voix à celle du président américain Barack Obama, qui a encouragé son homologue chinois Hu Jintao à favoriser l'appréciation du yuan, à l'occasion d'un entretien à Pékin entre les deux hommes centré sur les relations commerciales et les taux de changes.

Hu Jintao, de son côté, n'a pas évoqué le niveau de la monnaie chinoise, sujet de friction entre les deux pays, lors des déclarations faites après la réunion, sans possibilité de questions par les journalistes.
Le président chinois a en revanche salué le climat "franc, constructif et fructueux" des discussions qu'il a eues avec Barack Obama à l'occasion du premier déplacement du président américain en Chine.
"Je suis heureux de noter l'engagement chinois lors de précédentes déclarations à oeuvrer à terme pour des taux de change plus orientés vers le marché", a déclaré le président américain en évoquant les monnaies.

Dominique Straus-Kahn s'est dit inquiet de voir s'affaiblir la volonté politique de réformer le système monétaire international dans l'hypothèse où, d'ici un an, les signes les plus visibles de la crise économique auront disparu.
Il a estimé que l'élan de coopération était quelque peu retombé et ce seulement six mois après le sommet du G20 à Londres, où les plus grands pays du monde s'étaient mis d'accord sur la nécessité de mettre en place des changements destinés à assurer un ordre financier international plus stable.

Un ancien dirigeant du FMI, Michel Camdessus, a estimé qu'il ne fallait pas rater l'occasion offerte de réformer le système monétaire mondial.
"Il y a une fenêtre d'opportunités favorable. Elle ne va pas rester ouverte indéfiniment", a-t-il déclaré.
Michel Camdessus a apporté son soutien à l'idée émise au début du printemps par le gouverneur de la banque centrale chinoise proposant de remplacer le dollar par les DTS comme monnaie de réserve "supra-nationale".
Le corollaire de ce renforcement du rôle des DTS serait des changements de gouvernance au FMI permettant de faire pencher encore davantage la balance des pouvoirs vers les pays émergents, a poursuivi Michel Camdessus.
Dans cette optique, le panier composant les DTS devrait être modifié et inclure le yuan, voire la roupie indienne et le real brésilienne, a encore déclaré l'ancien directeur général du FMI.
Alan Wheatley et Simon Rabinovitch


La proposition de D. Strauss-Kahn est désarmante de naïveté. Elle revient à demander à ceux qui se font la guerre de se battre à armes égales et d'être fair-play. Les dignitaires de Pekin doivent être morts de rire... Si le directeur du FMI en vient aujourd'hui à faire ce genre de proposition, c'est que la machine est bien plus mauvais état qu'on ne veut bien le dire.

Depuis les années 90, le système financier se ment à lui-même. Tout ce qu'il affiche est faux et l'est chaque jour davantage.
La plupart des économistes sérieux reconnaissent par exemple que l'indice actuel du Dow Jones qui avoisinne les 10 000 points devrait en réalité se situer 3 à 4 000 points plus bas. Le krach qui a fait plonger les bourses l'année dernière n'a pas permis de vidanger complètement les circuits, ce qui aurait permis de repartir sur des bases saines. Or on constaté déjà quelques mois seulement après la grosse alerte, qu'une bulle spéculative est en train de se former qui va faire très mal quand elle éclatera.

Le taux des monnaies est lui aussi totalement décalé par rapport à ce qu'il devrait être. Et celui qui parle encore de réformer le système monétaire international croit vraiment au Père Noël...

L'administration américaine a besoin d'un dollar bas pour financer ses dépenses de guerre, soutenir son marché intérieur, doper sa croissance, satisfaire le yankee moyen pour qui ne pas consommer, c'est ne pas vivre.
De son côté, la Chine marque l'Amérique à la culotte en alignant le yuan sur le dollar. Elle la tient aussi par les couilles après lui avoir racheté pour plus de 800 milliards de dollars de bons du Trésor... Les chinois en sont réduits à épargner faute de n'avoir les moyens de consommer ce qu'ils produisent, et leurs dirigeants font ce qu'il faut pour faire durer cette situation le plus longtemps possible tant qe cela profitera à la croissance économique du pays.
Pour l'instant USA et Chine sont partenaires puisqu'ils jouent la même partie. Partenaires, oui, mais surtout adversaires puisqu'ils s'opposent avec leurs armes spécifiques.

Pour l'instant, l'un consomme et s'endette, l'autre épargne et engrange.
Ce round d'abservation durera jusqu'à ce que Pekin décide de récolter les fruits de sa politique. Il décollera alors le yuan du dollar et tentera de faire imposer sa monnaie dans les échanges internationaux.
Quand ce jour viendra, il sera trop tard pour se mettre aux abris... Strauss-Kahn le sait bien et sa dernière intervention résume bien son impuissance à éviter l'inévitable.
En prenant place dans la limousine qui le ramenait chez lui, il a dû laisser échapper un "pff..."
Antigone
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede Antigone » 21 Nov 2009, 11:04

Telegraph - 18 nov. 2009

La Société Générale indique à ses client comment se préparer à un 'effondrement global'

pour les anglophones, voici le texte original:
http://www.telegraph.co.uk/finance/econ ... lapse.html

La Société Générale a conseillé à des clients de s’apprêter à un éventuel « effondrement économique global » au cours des deux années à venir, dessinant une stratégie d’investissements défensifs pour éviter la destruction de richesse.

Dans un rapport intitulé « scénario du pire cas de dette », l'équipe d’évaluation bancaire a indiqué que les mesures de secours de l'Etat au cours de la dernière année ont simplement transféré les responsabilités privées sur les épaules d’un Etat fléchissant, créant tout un ensemble de nouveaux problèmes.

La dette globale occupe un pourcentage beaucoup trop élevé dans le PIB de presque toutes les économies riches (350% aux USA), que l’on parle de dette publique ou privée. Elle doit être réduite par un travail Herculéen de « baisse de niveau (de vie) », des années durant.

« Jusqu'ici, personne ne peut dire avec la moindre certitude si nous avons en fait échappé à la perspective d'un effondrement économique global, » indique la page 68 du rapport, dirigé par le chef de l’équipe dévaluation, Daniel Fermon. C'est une exploration des dangers, pas une prévision.

Selon le scénario de la banque Française intitulé « Bear Case » (la pire des trois issues possibles), le dollar perdra davantage de valeur et les actions ordinaires globales seront à nouveaux au ralenti. Les prix des propriétés dégringoleront à nouveaux. Le pétrole retombera à 50 dollars en 2010.

Les gouvernements ont déjà utilisés leurs mesures fiscales. Même sans nouvelle dépense, la dette publique explosera dans un délai de deux ans à 105% du PIB au Royaume-Uni, à 125% aux USA et dans la zone Euro, et à 270% au Japon. La dette mondiale des Etats atteindra les 45 000 milliards de dollars, en d’autres termes elle aura été multipliée par 2.5 en une décennie.

(Les chiffres Britanniques semblent bas car leur dette était initialement basse. M. Ferman a dit que le Royaume-Uni convergerait vers le niveau de l'Europe avec une dette représentant 130% de son PIB d’ici 2015, sous le scénario du «Bear Case »).

Le poids de la dette est plus grand qu'il ne l’était après la Deuxième Guerre Mondiale, quand les niveaux nominaux semblaient identiques. Le vieillissement de la population rendra encore plus difficile d’éponger la dette par la croissance. « Une dette publique élevée semble entièrement insoutenable à la longue. Nous avons presque atteint le point de non retour pour la dette des gouvernements, » a-t-elle indiqué.

Le report de la dette pourrait être vu par certains gouvernements comme un moindre mal.

S’il en est ainsi, l'or « grimpera et grimpera » comme seul refuge contre l’argent papier. La dette privée des ménages augmente également.
Même si le taux d'épargne aux USA se stabilise à 7%, et que toute cette épargne était utilisée pour la dette, il faudra encore 9 ans pour les ménages pour réduire le ratio dette/revenu aux niveaux sûrs des années 80.

La banque a indiqué que la crise actuelle montre « des similitudes criantes » avec le Japon durant sa décennie de perdition (ou ces deux décennies), avec une grande différence : Le Japon pouvait rester à flot en exportant dans une économie globale robuste et en laissant le Yen chuter. Il est impossible que la moitié du monde poursuive en même temps cette stratégie.

Les conseillers de la Société Générale préconise de vendre les dollars et les actions ordinaires cycliques dites « courtes », telles que la technologie, l'automobile, et le voyage pour éviter d'être pris dans « la spirale déflationniste inhérente ». Les marchés émergents ne seront pas épargnés.
Paradoxalement, ils sont davantage liés à la croissance Américaine que Wall Street lui-même. Les produits agricoles s’en sortiront bien, tiré par le sucre.

M. Fermon a dit que les obligations toxiques à risque élevé perdraient 31% de leur valeur pour la seule année 2010. Cependant, les fonds souverains « produiraient des retours boostant » imitant le glissement séculaire des rendements vus au Japon, étant donné que la récession frappe. En dix ans, le rendement du Japon est tombé à 0.40%. Le FED maintiendra le niveau des rendements en achetant plus d’obligations. La Banque Centrale Européenne en fera moins, pour des raisons politiques.

La proposition de la Société Générale d’acheter des fonds souverains est controversée. Un certain nombre de fonds doutent que le scénario du Japon se répète, du moins parce que Tokyo est peut-être elle-même au bord d'une crise de la dette.

M. Fermon a dit que son rapport avait électrifié les clients des deux côtés de l'Atlantique. « Tout le monde veut savoir quel sera l'impact.
Beaucoup de « Hedge Funds » et de banquiers sont inquiets, » a-t-i dit.
Antigone
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede sebiseb » 21 Nov 2009, 16:07

Antigone a écrit:La Société Générale indique à ses client comment se préparer à un 'effondrement global'

En gros, la révolution selon la SG.. :evil:
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Re: Krach économique en vue ?

Messagede Antigone » 23 Nov 2009, 19:16

... Autrement dit, le système financier a des chances de s'en sortir si, dans les mois qui viennent, les gouvernements parviennent à nous faire payer le prix de ce sauvetage. Le FMI annonce la couleur. Le printemps 2010 va être chaud.

La Tribune - 23 nov 2009

L'économie mondiale "encore vulnérable" selon le patron du FMI

REUTERS - Dominique Strauss-Kahn a souligné que la priorité pour les pays les plus riches était de définir un plan pour sortir des déficits budgétaires creusés par plus d'un an de lutte contre les effets de la récession.

L'économie mondiale va mieux mais reste à la merci du moindre bouleversement, a déclaré lundi le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), ajoutant que la consolidation de la reprise dépendait des mesures qu'allaient prendre les différents pays dans les mois à venir.

Dominique Strauss-Kahn a souligné que la priorité pour les pays les plus riches était de définir un plan pour sortir des déficits budgétaires creusés par plus d'un an de lutte contre les effets de la récession, tout en précisant qu'il était trop tôt pour retirer les mesures de soutien à l'activité.
"Nous recommandons la plus grande prudence, parce qu'il est plus douloureux de retirer ces mesures trop tôt que trop tard", déclare-t-il dans le cadre du texte d'un discours que le directeur général du FMI doit prononcer devant le congrès annuel de la Confederation of British Industry (CBI), l'organisation patronale britannique.
Depuis l'accélération de la crise financière qui a suivi la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008, les gouvernements et banques centrales du monde entier ont injecté ou garanti des milliers de milliards de dollars pour maintenir à flots le système financier et, plus largement, l'activité économique. Parallèlement, les taux d'intérêt ont été ramenés à des niveaux historiquement bas dans la plupart des pays développés.

Dominique Strauss-Kahn a estimé que ces mesures ont contribué à juguler les effets de la crise.
"Maintenant, nous nous trouvons à un moment critique. La permanence de la reprise va dépendre des décisions qui seront prises dans les mois à venir par les gouvernants", a-t-il dit. Il voudrait ainsi que ceux-ci commencent à mettre au point les stratégies visant à remettre de l'ordre dans des finances publiques malmenées par la crise.

Dominique Strauss-Kahn a ainsi déclaré qu'une fois retirées les mesures de soutien à l'économie, il ne faudra pas hésiter à comprimer les dépenses publiques, voire, le cas échéant, à augmenter les impôts.Il a réaffirmé son appel au maintien de la coopération entre différents pays, même si les stratégies de sortie de crise peuvent différer d'une capitale à l'autre.

Dominique Strauss-Kahn s'est dit moins préoccupé par le maintien sur une période prolongée d'une politique monétaire accomodante.
"En particulier dans les pays développés, la politique monétaire peut rester accomodante pendant un certain temps au vu de l'absence de signes inflationnistes à l'horizon", a-t-il dit. "Mais certains pays émergents sont confrontés à d'autres défis qui les obligeront peut-être à relever leurs taux d'intérêt plus vite que prévu."
Antigone
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede Antigone » 30 Nov 2009, 17:02

Entretien avec un vampire:
Marc Faber, gestionnaire de fonds Suisse et rédacteur à Gloom Boom & Doom

Marc Faber fait partie de cette génération de l'ère Reagan qui voyait dans l'enrichissement permis par le "laisser faire, laisser aller" du libéralisme la solution à crise économique des années 70. Il est depuis revenu sur terre et ne voit plus du tout comment tout cela va se terminer. Dans cet entretien, il parait particulièrement déprimé...
Malgré tout, quand il évoque l'hypothèse d'une once d'or côtée à 2 billiards de dollars, je crois qu'il exagère beaucoup. Peut-être qu'en se montrant catastrophiste à l'extrème cherche-t-il à exorciser sa peur du vide.

Business Intellingence Middle East (bi-me) - 30 nov. 2009
Pour les anglophones: http://www.bi-me.com/main.php?id=42214& ... &mset=1011

Dans ses sombres prévisions, Marc Faber prévoit un effondement financier menant à la guerre

Parlant lors d’une conférence mercredi à Singapour, Faber a dit : « La crise n'a rien résolu. Au contraire il y a moins de transparence aujourd'hui qu'il n’y en avait avant. La facture du gouvernement augmente, et les abus qui ont mené à l'unique cause de la crise continuent ».

« Je pense que par la suite il y aura une grande débâcle économique et alors l'expansion du crédit dans son ensemble touchera à sa fin, » a ajouté Faber.

« Avant que cela n’arrive, les gouvernements continueront à imprimer de l'argent qui en temps donné conduira à un taux d'inflation très élevée, et l'économie ne répondra plus à aucun stimulus ».

Dans une de ses prévisions les plus sombres, Faber, surnommé Dr. Doom, a dit que « la famille moyenne sera frappée par cela, et par conséquent afin de détourner l'attention des gens, les gouvernements iront à la guerre ».
« Les gens me demandent contre qui ? Hé bien, ils inventeront un ennemi, » a indiqué Faber.
« À un certain moment, quelque part dans l'avenir, nous aurons une guerre – à laquelle vous devez vous préparez. Et en temps de guerre, le [prix] des produits courants montent fortement, » a déclaré Faber.

« Si vous voulez vous protéger contre la guerre, ce n’est pas en possédant des dérivés chez UBS ou AIG, mais vous devez posséder des biens physiques, comme des terres cultivables et des produits agricoles. Voila quelque chose que vous pouvez considérer pour vous comme une sécurité et une barrière personnelle. Vous devez posséder des produits, » a-t-il ajouté.

Dans une interview avec Bloomberg Television à Singapour Mercredi, Faber a indiqué que « ce qui continuera à se produire c’est que le S&P 500 et le Dow Jones chuteront par rapport à l’or. »
« Je pense que l'or montera encore plus, » a-t-il ajouté.
« Atteindra-t-il les $2,000, $200,000 ou $2 billiards ? Je ne sais pas, » a indiqué Faber.
« Mais si on continue avec l’argent papier dans le monde, alors les prix grimperont avec le temps. Les prix monteront plus pour les choses dont on ne pourra pas augmenter l'approvisionnement, et l'approvisionnement en métaux précieux est très limité. »

Faber s'attend à ce que le gouvernement des USA augmente sa dépense de stimulus si l’index Standard & Poor 500 chute à 900. Le déficit budgétaire des USA sous l'administration du Président Barack Obama a atteint un niveau record de 1400 milliards de dollars juste pour l’exercice 2009. La dette s'élève à 9,9% de l'économie nationale, ayant triplé par rapport au déficit de 2008.
« Je ne pense pas que le S&P chutera en-dessous des 800 ou des 900, et augmentera par la suite nominalement parlant, mais pas nécessairement en valeur réelle, » a-t-il dit, prévoyant une correction de la mesure « dans un futur proche ».

Faber a averti d'un effondrement du système capitaliste « tel qu’on le connait aujourd'hui », d’énormes défauts de paiements des dettes des gouvernements et l'appauvrissement de grands segments de la société occidentale.
Dans une interview en Mai avec CNBC, il a dit que les banques centrales continueront à imprimer de l'argent à grande vitesse, mais à long terme cette stratégie mènera à une chute dans le pouvoir d'achat et dans les niveaux de vie, particulièrement dans les pays développés.

Les années 2006 et 2007 ont été « le pic de prospérité » et l'économie mondiale n'est pas prête de revenir de sitôt à ce niveau, a-t-il ajouté.
À moins que le système soit nettoyé de ses déchets, « de la même manière que le communisme s’est effondré, le capitalisme s'effondrera, » selon Faber. « La meilleure manière de traiter n'importe quel problème économique est de laisser le marché faire les choses. »
« Je répète ce que j'ai dit dans le passé, » a déclaré Faber. « Aucun citoyen décent ne devrait faire confiance à la Federal Reserve, pas même une seconde. Il est très important d’avoir de l'or car le gouvernement rendra le dollar (à long terme) inutile. »
Antigone
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede Antigone » 03 Déc 2009, 16:36

World Socialist Web Site - 03 dec. 2009

Les politiciens allemands et les médias mettent en garde contre la prochaine crise financière mondiale

Dans les hautes sphères du milieu politique allemand la crainte d’un second krach financier international dépassant en intensité et en impact celui de l’automne 2008 augmente de jour en jour.

Ce week-end, la chancelière Angela Merkel et le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, (tous deux de l’Union chrétienne-démocrate, CDU) ont mis en garde que la crise économique était loin d’être terminée. « Nous avons tout d’abord réussi à limiter les effets de la crise sur les gens, mais le plus dur est à venir, » a dit Merkel au cours d’une réunion du CDU.
Schäuble a comparé la présente crise financière à la chute du Mur de Berlin vingt ans plus tôt. « La crise financière changera le monde aussi profondément que le fit la chute du Mur [de Berlin]. L’équilibre entre les Etats-Unis, l’Asie et l’Europe est en train de se déplacer radicalement, » a-t-il déclaré au journal Bild am Sonntag. Il a également appelé les banquiers à faire preuve de retenue dans le versement des bonus.

Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, a émis des craintes quant à un effondrement social en cas d’une nouvelle série de faillites bancaires. « Il est certainement trop tôt pour dire que la crise est finie, » a-t-il déclaré lors d’un congrès bancaire à Francfort en ajoutant l’avertissement : « Nos démocraties n’accepteront pas une seconde fois de voler au secours de l’économie financière avec l’argent des contribuables. »

L’énorme bulle spéculative qui s’est formée sur les marchés d’actions au cours de ces huit derniers mois est considérée être le plus gros facteur de risque d’un nouveau krach. Les indices boursiers les plus importants, le Dow Jones, le Nikkei japonais et le DAX allemand, ont grimpé de 50 à 60 pour cent depuis mars. Les cours du pétrole brut, du cuivre et d’autres matières premières ont plus que doublé. Ces énormes augmentations ne sont fondées sur aucune croissance économique correspondante. Au contraire : l’activité économique a chuté dans de nombreux pays et de nombreuses entreprises affichent encore des pertes.

La montée des cours est due à la quantité énorme de liquidités que les gouvernements et les banques centrales ont injectée dans l’économie. Les institutions financières sont en mesure d’emprunter à taux d’intérêt quasi zéro des sommes d’argent illimitées auprès des banques centrales et de réaliser ainsi des gains spéculatifs considérables. De même, les milliers de milliards provenant de l’argent des contribuables et qui ont été dépensés pour renflouer l’économie ne sont pas utilisés pour des investissements mais sont destinés à des activités spéculatives, à l’octroi de dividendes élevés aux actionnaires et au versement de bonus exorbitants aux banquiers.
« Les cours boursiers grimpent parce que l’argent doit aller quelque part, et non pas, parce que les actions en soi sont considérées comme attractives, » écrit l’hebdomadaire économique allemand Wirtschaftswoche, dans son analyse de l’actuel essor boursier. Selon le magazine, le price earning ratio (PER), le rapport du cours d’une action au bénéfice par action d’une entreprise d’un secteur donné, a atteint un maximum historique de 133. A partir d’un PER de 14 ou plus l’on estime que les actions sont surévaluées.
Les conséquences de la crise font que des centaines de milliers de travailleurs, rien qu'aux Etats-Unis perdent leur emploi tous les mois, que les travailleurs sont obligés de subir des pertes de salaires et que les programmes sociaux sont réduits à grande échelle. Dans le même temps, les orgies d’enrichissement en haut de l’échelle sociale ont atteint le même niveau qu’avant la crise, voire même un niveau bien supérieur.

Les grandes banques d’investissement et les fonds spéculatifs débourseront cette année plus de 100 milliards de dollars de bonus à leur personnel. Goldman Sachs, la banque américaine a mis de côté 17 milliards de dollars à cette fin. En Allemagne, les 30 plus grandes entreprises cotées au DAX projettent de transférer au printemps 2010 plus 20 milliards d’euros à leurs actionnaires. Ce qui représente 71 pour cent de leurs bénéfices nets. Lors de l’année record précédente, en 2007, ce chiffre avait seulement été de 45 pour cent. En conséquence, il en restera d’autant moins pour de nouveaux investissements.
Telle est la toile de fond des avertissements émis par Merkel, Schäuble et Trichet. Ils craignent que l’enrichissement impudent de l’oligarchie financière, en corrélation avec une nouvelle crise sur les marchés financiers, ne déclenche une rébellion sociale incontrôlable.

De nombreux analystes considèrent qu’un autre krach financier est inévitable. Le numéro de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel de cette semaine a annoncé en couverture en style bande dessinée un article intitulé: « La bombe à milliards ». L’article de douze pages commence en faisant remarquer que la question n’est pas de savoir si l’actuelle bulle boursière va éclater, mais plutôt quand cela va se produire…
S’ensuit un tableau dévastateur de l’état actuel de la société capitaliste : « En plein milieu d’une économie mondiale encore frappée par la crise, l’élite financière est à nouveau en train d’engranger des milliards, » peut-on lire dans l’article. « La vieille cupidité est de retour et les vieux hybrides aussi. » Jamais auparavant dans l’histoire économique moderne, « l’industrie financière n’avait eu droit à un accès aussi libre aux finances de l’Etat. » Der Spiegel met en garde expressément contre le « risque d’une hyperinflation, une dépréciation ultra rapide de la monnaie, comme l’avait connue l’Allemagne au début des années 1920. »
Parallèlement, en citant Adair Turner, le président de l’Autorité britannique des services financiers, l’article souligne les effets idéologiques de la crise. Il n’est pas seulement question d’une crise de banques individuelles, mais aussi d’une crise de « la pensée intellectuelle » : « Notre conception que les prix véhiculent d’importantes informations, que les marchés se comportent rationnellement en se corrigeant eux-mêmes en cas d’irrationalité, tout cela a été remis en question. » En d’autres termes, le capitalisme et l’économie de libre marché sont totalement discrédités.

Der Spiegel dirige sa principale attaque contre le gouvernement américain. « L’industrie financière aux Etats-Unis est régulée par l’industrie financière, et pas par le ministre des Finances [secrétaire au trésor], » se plaint-il en énumérant de nombreuses personnalités dont les carrières ont commencé dans la haute hiérarchie de banques telles Goldman Sachs pour les mener à des postes dans la haute hiérarchie du secrétariat au trésor ou dans le proche entourage du président Barack Obama, pour ensuite faire le parcours inverse. « Si l’on regarde les Etats-Unis avec la même froideur analytique que la Russie, » observe l’article en citant l’économiste américain, James Galbraith, « l’on ne pourrait s’empêcher de parler du pouvoir d’un oligopole constitué de politiciens et de banquiers. Les puissants individus à Wall Street ou à Washington ne sont pas moins interconnectés que le sont le premier ministre Vladimir Poutine et les magnats industriels qui contrôlent l’empire russe des matières premières. »
Der Spiegel parle au nom de cette section de l’élite dirigeante allemande qui veut mettre fin aussi vite que possible aux mesures inflationnistes du financement de l’Etat et de la politique de l’argent bon marché en plaidant au contraire pour une baisse de la taxe professionnelle et des économies budgétaires drastiques. Bien que ceci entraînerait un démantèlement substantiel des programmes sociaux et un accroissement à court terme du nombre de faillites bancaires et de licenciements, cela passe pour un moindre mal par rapport à un soudain effondrement de l’économie et ses conséquences sociales incalculables.

En essence, l’attitude de Der Spiegel correspond à celle du gouvernement de Berlin. La coalition sortante entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates avait déjà fait inscrire un « frein à l’endettement » dans la constitution peu de temps avant les élections législatives de septembre et qui oblige à présent le nouveau gouvernement à suivre la voie d’une politique d’austérité draconienne. Le nouvel endettement de l’Etat qui s’élève actuellement à 86 milliards d’euros doit être réduit à 10 milliards d’ici 2016. Le ministre des Finance Schäuble a souligné à maintes reprises vouloir appliquer le frein à l’endettement et respecter le pacte de stabilité de l’Union européenne limitant la dette publique à trois pour cent du Produit intérieur brut.

Mais, diverses pressions politiques intérieures et extérieures font que l’application de cette politique d’austérité sera retardée d’environ un an. La chancelière Merkel craint une érosion plus grande du soutien du CDU et la perte de sa majorité gouvernementale au Bundesrat (la chambre haute du parlement allemand) si elle appliquait immédiatement après les élections des coupes sociales. Au niveau international, il existe de sérieuses différences avec Washington et Londres en matière de politique financière et qui avaient déjà provoqué des conflits lors du sommet du G20 à Pittsburgh.

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne qui ont sacrifié une grande partie de leur base industrielle au secteur financier ont beaucoup moins intérêt à une politique monétaire restrictive que l’Allemagne dont l’économie d’exportation compte parmi les plus fortes du monde et qui redoute les effets d’un faible dollar sur sa compétitivité. La véhémence avec laquelle Der Spiegel attaque à présent le secteur financier américain révèle l’acuité des tensions mutuelles et qui sont rarement abordées ouvertement.
La population laborieuse doit considérer tout ceci comme un avertissement. La crise mondiale du capitalisme a atteint un point où le compromis social et politique n’est plus possible. Les travailleurs doivent se préparer à des luttes sociales féroces.

Peter Schwarz
Antigone
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede Antigone » 05 Déc 2009, 13:27

Ce matin, dans l'émission "Boulevard des entrepreneurs" de France Inter, un intervenant s'inquiétait à propos des risques de faillites des Etats petits et grands. Le cas des Etats Unis, dont le secteur bancaire est complètement gangrené par les actifs pourris, semble pas mal inquiéter. Les faillites bancaires continuent de s'enchainer. Beaucoup de banques auraient menti sur leur véritable situation. Si un 2e krach se produisait, l'administration américaine n'aurait pas de quoi renflouer.
Les USA réprésentent le tiers de la consommation mondiale. "s'ils tombent, tout tombe" concluait cet intervenant.

Challenges - 05 dec.2009

Les autorités américaines ferment six nouvelles banques

WASHINGTON (Reuters) - Les autorités américaines ont annoncé vendredi la fermeture de six nouvelles banques, portant à 130 le nombre de faillites d'établissements bancaires cette année aux Etats-Unis.

Le fonds de garantie des dépôts bancaires (FDIC) a annoncé la fermeture de trois banques en Géorgie, portant à 24 le nombre de faillites dans ce seul Etat. Trois autres banques ont mis la clé sous la porte en Virginie, dans l'Illinois et dans l'Ohio.

La principale faillite concerne l'AmTrust Bank de Cleveland, dans l'Ohio, qui avait 12 milliards de dollars d'actifs et 8 milliards de dollars en dépôt.
Les cinq autres banques avaient des actifs inférieurs à un milliard de dollars. Il s'agit de la Tattnall Bank, de la Buckhead Community Bank, de la First Security National Bank (Géorgie), de la Benchmark Bank (Illinois) et de la Greater Atlantic Bank (Viriginie).
Ces six faillites devraient coûter plus de 2,3 milliards de dollars au fonds d'assurance du FDIC.

Les faillites de banques aux Etats-Unis ont atteint cette année leur plus haut niveau depuis 1992. Cette année-là, 181 établissements avaient été fermés. En 2008, on avait dénombré 25 défaillances bancaires et seulement trois en 2007.
Le FDIC estime que les faillites bancaires vont lui coûter au total une centaine de milliards de dollars sur la période 2009-2013.
JW
Antigone
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede Antigone » 08 Déc 2009, 17:01

P = Portugal
I = Italy
G = Greece
S = Spain
________

P.I.G.S.

Les Echos - 08 dec 2009

Après Dubaï, peur sur les "PIGS"

Le bloc des quatre pays jugés fragiles de la zone euro - Portugal, Irlande, Grèce, Espagne - fait l'objet de rumeurs croissantes sur les marchés, qui ont déclenché un repli des Bourses mardi. La note de la Grèce a été abaissée par Fitch.
AFP/Kostas TsironisAprès la fin du mirage Dubaï, la peur d'un retour de flamme de la crise financière concerne désormais les " PIGS". L'acronyme volontairement péjoratif attribué par des traders anglo-saxons à l'ensemble Portugal-Irlande-Grèce et Espagne ("Spain" en anglais) fait florès depuis quelques semaines sur les marchés et dans la presse britannique. Il n'est pas étranger à l'accès de faiblesse des Bourses mondiales mardi, à la faveur de l'abaissement de la note de la Grèce par l'agence Fitch.

En raison de fortes "inquiétudes" sur les finances publiques du pays et d'"incertitudes" sur la reprise économique, Fitch a en effet baissé sa note de A- à BBB. Lundi, Standard and Poor's avait déjà mis sous surveillance la note de crédit à long terme du pays. Ce deuxième coup de semonce a fait chuter mardi la Bourse d'Athènes de 4,8% en début d'après-midi. Soumise à de fortes pressions depuis la crise de Dubaï, la Grèce se trouve dans le collimateur depuis deux semaines en raison de l'explosion de son déficit public, prévu à 12,7% du produit intérieur brut (PIB), et de sa dette publique, attendue à 113% du PIB pour la fin de l'année et à 120% en 2010. Selon Fitch, la dette publique grecque pourrait en réalité atteindre près de 130% de son PIB. Côté croissance, ce n'est pas brillant non plus : le PIB s'est contracté de 0,4% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent et a reculé de 1,7% en glissement annuel, selon les dernières données du service national des statistiques (Esye). Le gouvernement grec compte sur un recul du PIB de 1,2% en 2009, et de 0,3% en 2010, selon le projet de budget.

La Grèce vient d'être dégradée, mais l'Irlande, le Portugal et l'Espagne inquiètent aussi. Fortement endettés, touchés de plein fouet par la récession, un ou plusieurs de ces pays pourraient être forcés de quitter la zone euro, selon certaines rumeurs de marché. Faux, rétorquent les économistes, qui notent que l'abandon de la monnaie unique serait au contraire synonyme de confusion et de perte de protection d'un véritable bouclier économique et monétaire. La véritable interrogation toucherait plutôt à l'impact d'une aggravation potentielle des difficultés des " PIGS " sur l'ensemble de la zone euro. La monnaie européenne perdait d'ailleurs plus d'un cent face au dollar mardi en milieu d'échanges.
Antigone
 

Re: Krach économique en vue ?

Messagede leo » 09 Déc 2009, 16:25

Dette publique de la Grèce

113%... 120 %...du PIB ?

Ce deuxième coup de semonce a fait chuter mardi la Bourse d'Athènes de 4,8% en début d'après-midi. Soumise à de fortes pressions depuis la crise de Dubaï, la Grèce se trouve dans le collimateur depuis deux semaines en raison de l'explosion de son déficit public, prévu à 12,7% du produit intérieur brut (PIB), et de sa dette publique, attendue à 113% du PIB pour la fin de l'année et à 120% en 2010.


135 % !
d'après la Deutsche Bank

Qui dit mieux !

Après Dubaï, attention à la Grèce

Par Pierre Rousselin

Les signes inquiétants de faiblesse de la Grèce effraient la zone euro et menace sa stabilité.


La quasi-banqueroute de Dubaï ravive les inquiétudes de voir des États surendettés et affaiblis par la crise plonger à leur tour. Au plus près de nous, la Grèce donne d'inquiétants signes de faiblesse, qui menacent la stabilité de la zone euro elle-même.

La Grèce a ceci de particulier que les chiffres y sont fantaisistes. Vingt-huit ans après son entrée dans l'Union européenne, les statistiques officielles y sont encore savamment maquillées pour maximiser les subventions et minimiser les déséquilibres des comptes publics.

Élu en octobre, le nouveau gouvernement s'est aperçu que le déficit budgétaire avait été outrageusement sous-estimé. Évalué jusque-là à 6% du PIB pour l'année en cours, le déficit atteindra plutôt 12,7%. La dette publique, elle, est chiffrée par la Deutsche Bank à 135% du PIB

Les agences de notation ont dégradé la Grèce pour tenir compte du risque de voir le pays ne plus rembourser ses emprunts. Résultat : il lui est de plus en plus difficile de placer ses obligations pour financer sa dette.

En cas de banqueroute, l'Europe viendra-t-elle au secours d'Athènes pour préserver la zone euro ? Les Grecs en sont persuadés. Autant que Dubaï comptait sur le soutien d'Abu Dhabi. Mais, dans les deux cas, rien n'oblige les fourmis à voler au secours des cigales, si ce n'est la crainte d'être ­entraînées dans un cycle infernal.

Comme Budapest, il y a un an, Athènes pourrait avoir recours au FMI, si elle acceptait de se plier aux conditions très strictes imposées par l'institution internationale. C'est un danger théorique : l'Union monétaire ne veut pas que le FMI intervienne dans un pays membre. Cela ferait trop mauvais effet et affecterait le prestige de l'euro.

Alors que faire ? La Grèce cherche à placer ses obligations auprès de banques chinoises. L'idée est bonne, même si l'on attend de connaître les conditions en retour. Ce dont Pékin a vraiment besoin, pour ­diversifier ses avoirs en dollars, c'est d'un marché obligataire européen. La chose n'est pas facile à mettre en place. Il serait temps de s'y préparer.

En attendant, la Grèce doit mettre de l'ordre dans ses affaires, cesser de trafiquer ses comptes et couper dans des dépenses publiques d'un autre âge. Dans ces conditions, la solidarité fonctionnera. Mais les socialistes au pouvoir à Athènes ne peuvent attendre de cadeaux d'une Europe en crise, qui plus est très largement conservatrice.


et aussi...

Jean Claude Juncker : la situation économique de la Grèce est tragique (Info-Grèce):
http://www.info-grece.com/modules.php?n ... e&sid=5022

Notation Fitch : la Grèce rétrogradée en catégorie B. La spéculation mise sur l'écroulement de l'économie grecque (Info-Grèce) :
http://www.info-grece.com/modules.php?n ... e&sid=5027

La pression s'accroît sur les finances publiques grecques (Les Echos) :
http://www.lesechos.fr/info/inter/02025 ... ecques.htm


Manquerait plus qu'une bonne grosse crise sociale en Grèce, et boum !
leo
 
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Re: Krach économique en vue ?

Messagede leo » 12 Déc 2009, 13:12

Il est clair que les économistes et politiciens européens sont dans une phase d’inquiétude.

L’UE, qu’elle soit dans l’euro-zone (avec les PIGS) ou en dehors (Royaume-Uni), est en turbulence, principalement à cause du creusement des déficits publics.

Si pour l’instant, c’est la Grèce qui tient le pompon du record absolu, les premières mesures viennent apparemment d’un des PIGS : l’Irlande qui vient de décider vendredi 11 décembre la baisse des prestations sociales. Devraient suivre la semaine prochaine la baisse des allocations chômage et des salaires des fonctionnaires (on parle de -5% en moyenne)…

Inutile d’aller plus loin.
La solution au creusement des déficits est toute trouvée et était prévisible : la baisse des dépenses de l’Etat ; salaires directs des fonctionnaires, salaires indirects que sont les prestations “redistributives”, baisse drastiques des budgets de fonctionnement des équipements publics, vente (en entier ou à la découpe) des entreprises publiques quand il en reste…

Mais la dette publique devient “providentielle” pour la bourgeoisie : elle va servir à accélérer le démantèlement de la protection sociale, des services publics, etc. Ce n’est pas nouveau : le capitalisme a toujours cherché à transformer une crise en nouvelle opportunité de développement, de croissance.
C’est d'abord une simple question de coût politique : comment faire passer la pilule (avec quels alliés, quel consensus…).
Et aussi sans doute d'impasse économique : une politique de l'"offre" ne va pas suffire et s'il y a baisse de la "demande", sur quoi s'appuyer pour relancer un cercle vertueux ?

On a encore rien vu.
La nouvelle vague offensive (de l’Etat/capital) qui vient… risque bien d’être terrible.

Un œil donc sur la crise, un autre sur les scénarios (budgétaires, fiscaux, industriels…) de « sortie ».
leo
 
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Re: Krach économique en vue ?

Messagede Antigone » 13 Déc 2009, 12:52

Challenges - 12 dec 2009

L'Irak satisfait de la série d'appels d'offres pour le pétrole

BAGDAD (Reuters) - L'Irak pourrait à l'avenir faire jeu égal avec la production pétrolière de l'Arabie saoudite, a estimé samedi le ministre du Pétrole Hussein al Chahristani, au terme d'une série d'appels d'offres jugée fructueuse.
A la clôture des enchères, qui portaient sur dix contrats, les compagnies auxquelles ils ont été décernés ont évalué à 4,765 millions de barils par jour le potentiel des gisements concernés, ce qui ferait pratiquement doubler la production nationale. Une première série d'appels d'offres avait eu lieu en juin.

Si tous les accords conclus jusqu'ici ou en cours de négociations sont mis en oeuvre, l'Irak aura une capacité de 12 millions de barils par jour, qui le classera devant la Russie et tout près de l'Arabie saoudite (12,5 millions), s'est félicité Chahristani.
"Cette deuxième série (d'appels d'offres) est un succès majeur pour le gouvernement irakien et le ministère du Pétrole", a quant à lui déclaré Ali al Dabbagh, porte-parole de l'exécutif, interrogé par Reuters.

Une trentaine de compagnies se sont portées candidates, en dépit de l'insécurité. En perte de vitesse, la guérilla reste toutefois capable d'actes retentissants, comme l'attentat qui a fait 112 morts, mardi à Bagdad. les firmes américaines sont en revanche restées indifférentes à cette deuxième série d'enchères.
"Les terroristes ont essayé de convaincre les compagnies (...) que l'Irak est instable et que le risque l'emportera sur l'investissement. Mais ce message n'est pas passé et ne les a pas dissuadées. Elles sont venues et ont formulé des offres qui ont étonné le secteur pétrolier", a souligné Chahristani.

RISQUE JURIDIQUE

Parmi les contrats en jeu, celui de la phase II de l'énorme gisement de Kourna Ouest a été attribuée à la compagnie russe Loukoil et à son partenaire Statoil.
Le consortium était notamment en concurrence avec dont le français Total. Il table à terme sur une production de 1,8 million de barils par jour et a accepté de reverser 1,15 dollar par baril. Le gisement est estimé à 12,9 milliards de barils.

Shell et le malaisien Petronas avaient remporté vendredi l'appel d'offres pour l'exploitation de celui de Majnoune, devançant le consortium formé par Total et le chinois CNPC, avec une offre de 1,39 dollar par baril.
Peu après, CNPC et ses partenaires Petronas et Total ont obtenu le contrat du champ d'Halfaya avec une offre à 1,40 dollar par baril.

L'Irak détient les troisièmes réserves mondiales de pétrole et leur qualité comme la facilité d'exploitation de ces champs offrent aux géants du secteur une opportunité rare alors que les réserves se raréfient au Moyen-Orient.

Les premières enchères, en juin, ont été marquées par la prudence de nombreuses compagnies, faute de clarté sur les contrats et face aux risques juridiques et politiques, qui s'ajoutent à l'insécurité. Un seul contrat a alors été attribué, à BP et au chinois CNPC.
Bagdad a modifié les conditions de l'appel d'offres pour favoriser la concurrence, en mettant l'accent sur le prix par baril offert afin de dissuader les compagnies de gonfler leur offre en se fondant sur des hypothèses de production trop optimistes.

Le risque juridique, lui, est loin d'avoir disparu. La réforme de la législation est retardée depuis plusieurs années en raison de divergences politiques, ce qui laisse planer la menace d'une dénonciation future des contrats.
Les compagnies ont toutefois peu de chances de signer définitivement ces contrats avant les élections irakiennes prévues en mars et elles n'engageront aucun investissement avant cette échéance. Même si les accords devaient être modifiés par la suite, elles seront en position de force pour une éventuelle renégociation.

Margerie ne cache pas la déception de Total en Irak

MANAMA, Bahreïn (Reuters) - Christophe de Margerie, directeur général de la compagnie pétrolière française Total, est déçu de l'issue des appels d'offre sur l'exploitation du pétrole irakien mais explique qu'il ne voulait pas l'emporter à n'importe quelle condition.
"Ce que nous avons perdu, c'est une opportunité d'investissement. Et j'en suis mécontent. Mais je n'étais pas prêt à payer le prix", a-t-il expliqué dans un entretien accordé samedi à l'agence Reuters.

Le groupe français était pourtant le favori pour l'attribution de l'exploitation du site de Majnoune, mis aux enchères cette semaine avec une dizaine de contrats. Mais Royal Dutch Shell et la compagnie publique malaisienne Petronas ont fait vendredi une meilleure offre.
L'offre de Total sur la phase 2 du site de Kourna Ouest a également été rejetée samedi au profit d'un consortium formé par le russe Loukoil et le norvégien Statoil, qui l'a emporté en acceptant une rémunération de 1,15 dollar par baril.
"A 1,15 dollar, on ne peut pas mener une politique de développement viable", estime De Margerie. "Ça ne couvre pas les coûts à long terme. Et ce n'est pas notre stratégie, notre stratégie n'est pas de faire des offres à ces niveaux-là."

Total n'est pas sorti les mains totalement vides de cette nouvelle série d'appels d'offres sur le pétrole irakien. Associé au chinois CNPC, il a remporté le champ d'Halfaya mais, ne détenant que 25% du partenariat créé pour l'occasion, il n'en sera pas l'opérateur.
"L'Irak reste un pays important où nous voulons investir, il y a différents gisements", souligne De Margerie. "Je continue de penser que nous n'avons pas tourné la page irakienne. Le Moyen-Orient vous apprend comment être patient."


Elle est marrante cette vente aux enchères... Et en plus, elle tombe vraiment bien !
L'exploitation des champs pétroliers irakiens devrait permettre de stabiliser pendant un moment le prix du baril sous la barrière des 80 $ qui est la limite fixée il y a quelques semaines par le président de l'OPEP au délà de laquelle il ne répondait plus de rien. Cela s'ajuste avec la révision à la hausse faite par l'AIE de la demande mondiale.
Comme les Etats vont être absorbés au cours des prochains mois par la réduction des déficits, la bombe pétrôle + dette semble être temporairement désamorcée.
L'endettement des PIGS qui affaiblit la zone euro, permet au dollar de se réévaluer, et de donner un peu d'air au commerce. Un vrai cadeau de noël pour les hommes d'affaires ! Mais bon, il ne faudra pas non plus que le dollar monte trop haut puisque c'est la monnaie d'échange des matières premières.

Tout ceci ressemble à un numéro de cirque qui consiste à faire tourner des assiettes sur des tiges. Il faut sans cesse relancer les assiettes pour les empêcher de tomber... mais il y en a toujours une qui finit par tomber.
Antigone
 

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